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Jiva
Jiva
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Équipage : La Coalition

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Mar 20 Fév - 15:47


Entretemps





Spoiler:

-Bo-bo-bo-bo ! Quand est-ce qu’on lui coupera sa tête ?
-Hein ?
-Qu’on se débarrassera d’elle, pour prendre sa place.

Mon regard torve parcourut le gigantesque corps de cette vieille connaissance. Buffalo Bill, un exilé d’Elbaf, qui s’était reclus loin des siens vagabondant en tant que chasseur de prime pour embrasser une nouvelle routine. Un mode de vie bien modeste, confortable plus que tout, loin des raids qu’entreprenaient les Vikings, loin des rêves de gloire et de sommet. Loin de tout élan vital, condamné à s’en retrouver esseulé et à s’y complaire. Et, pourtant, Bill était l’un de ces gars qui, arrivé à l’horizon cent-vingt, avait eu le malheur de faire le constat suivant : sa vie s’était rapidement déroulée et il lui restait, selon l’espérance de vie moyenne, au moins un bon demi-siècle à arpenter ce monde. Le point affligeant, qui crucifiait ses pensées, étant sans doute celui-ci : comment avait-il pu dépenser tout ce temps ici pour, au final, ne rien accomplir ? Plus encore ne rien retenir de particulier, sinon ses années consumées en plaisir éphémères, un jour poignardant le suivant : l’inertie de l’inaction l’embourbant dans un misérable quotidien. Qu’aurait-il ainsi fait des années à suivre ? De ce tronçon de vie à explorer, un qui se situait plus près de la fin que du commencement. Comment s’assurer d’au mieux exploiter ce temps qui lui restait, faire en sorte qu’il fût le bon, sinon le meilleur d’entre tous, celui où, enfin, Bill se serait accompli ? Ces questions, une à une, elles vous parasitaient et torturaient. On ne pouvait s’en défaire, sinon en se laissant corrompre et happer par maintes distractions. Maquiller son quotidien morne et vide à l’aide de liqueur, par exemple. C’était une chose de laquelle j’étais moi-même un expert, ce type l’était aussi.

C’était bien parce que cette mécanique huilée m’avait fait victime que je pus m’en servir en ce jour. Puisque la routine quotidienne était la même pour tous, le cheminement de pensée correspondait certainement. Aussi, après le premier verre accueillant une soirée supplémentaire, un éclair de lucidité éprit le vagabond : son ego, du moins ce qu’il en restait, cherchait à se sortir de ces eaux-troubles en envisageant tout moyen à portée de main. Un sursaut d’amour propre qui permettait une prise de recul soudaine sur notre présente situation, l’état dans lequel on s’était laissé trainer. Avec lui vint la surprenante envie de s’extirper de cette boue enivrante, mais, souvent, nos mains ankylosées n’étaient pas suffisantes pour nous tirer en surface. Il fallait qu’un autre en notre genre nous tende une main, qu’il nous regarde avec des yeux aussi vitreux que les nôtres tout en nous faisant la promesse suivante : « à deux, on s’en sortira mon frère. La lumière nous reviendra et nous reviendrons sur le devant de la scène. Car, ce que nous sommes, plutôt que de vulgaires figurants, ce sont bien des protagonistes. ».

La question que le Bill m’avait lancée me surprit : j’eus la confirmation d’avoir cueilli son intérêt, que sa main saisisse celle que j’avais plongée dans sa mêlasse. Evidemment que prendre la place de celle que nous décidâmes de parasiter était l’un des nombreux jalons de notre remontada sur la vie.

-Lorsqu’elle sera suffisamment réputée pour que son second et que son troisième commencent à être mentionnés dans ses coups rapportés.

Je fus surpris oui. Car, au moment où cette question sonna ma réussite dans mon entreprise - celle de rallier à notre cause une âme expérimentée - l’inquiétude me traversa en frisson. Aurais-je pu m’en prendre à cette femme ? La réponse ne me venait guère en évidence. A l’idée de la poignarder, mon esprit s’embrumait, brouillant cette image à réaliser.

___
Spoiler:

De retour à l'archipel, sur la seconde île laissée à l'abandon, véritable vivier de chasseurs-chômeurs, le mercenaire s’était arrêté net aussitôt la patte posée à quai. Son museau se retroussa à trois reprises, s’imprégnant de l’atmosphère ambiante pour y déceler ou non un signal que Sha crut détecter. Les mirettes du chasseur s’ouvrirent en grand dans l’ombre de son couvre-chef : il ne s’était guère trompé et avait bel et bien flairé une odeur familière. Un parfum qu’il ne pensait pas retrouver en ces lieux, considérant les dernières informations que les siens lui avaient rapportées. « La Chamille » ; « La Machiat » ; « La Chatte » : peu importait les noms utilisés pour qualifier cette organisation, il s’agissait là d’une grande famille d’hommes-chats à la botte d’un seul et même maître. Leur renommée était faible sur le Nouveau Monde, ces félins préférant agir de manière déconsolidée. Chacun avait sa propre mission et évoluait majoritairement indépendamment des autres membres. L’on racontait qu’ils s’étaient ainsi infiltrés dans mainte organisations pour, peut-être un jour, tenter de renverser l’ordre établi. Tout n’était que rumeurs les concernant. Leur existence même n’étant que fabulations pour certains.

Quoiqu’il en était de son organisation, le Boboo avait rejoint l’Alliance des Chasseurs de Primes plusieurs années de ça. Il conduisait une vie de mercenaire des plus banales : un avis de recherche, une traque, une récompense. Les informations grappillées dans le processus se cumulaient à la prime touchée et avaient cette fâcheuse tendance à s’éparpiller dans d’autres esgourdes félines. Parfois il lui arrivait de disparaître de Doerena entre deux traques, on racontait qu’il retournait au pays voir les siens et leur apporter son soutien en subvenant à leurs besoins. Une âme charitable en apparence, donc.

-Là.

Les mirettes du félin s’était arrêtée sur un navire aux voiles blanches partiellement déchirées. Elles étaient salies par endroit, grisâtres plus qu’immaculées, comme si on les avait délavées d’une précédente teinture. Intriguant si l’on s’y arrêtait et s’interrogeait sur l’histoire de ces pauvres voiles. Qui l’aurait fait ? Ici, sur le Nouveau Monde, où le simple fait de naviguer constituait une épreuve et faisait couler beaucoup d’encre à chaque trajet. Son fluide perceptif associé à son odorat surdéveloppé lui permirent de dresser un rapide état des lieux : deux présences, dont une teintée de la familière fragrance. Etrangeté que cette voix lui fût ainsi inconnue.


-Hey ! Toi, toi, toi ! Feula-t-il presque, une fois introduit dans le bâtiment d’intérêt. Oh, réveille-toi ! T’es qui pour porter l’odeur de Galéon ? Alla-t-il droit au but, ses pattes prêtes à dégainer les lames à ses hanches.

La question sonna comme mauvais réveil pour son interlocutrice qui ne capta que le dernier mot.  Ses yeux s’ouvrirent brusquement alors qu’elle se redressa dans son lit, les coudes en appui. Une invective retournée pour se déglairer.

-Répète un coup.

___

«-Il est de retour auprès des siens et compte y rester. Il nous a rapporté ne jamais avoir été si heureux qu’au moment où son frère l’a retrouvé sur Shabondy.»

L’invité surprise était parti depuis plusieurs minutes, sans le moindre problème : si la pirate qu’il avait mis de mauvaise humeur aurait pu le massacrer si l’envie lui en prenait, celle-ci avait été paralysée par un sort nouveau. Des maux de crânes jusqu’alors peu expérimentés. Le doute, plus encore la remise en question de ces années jusqu’alors vécues.

«-Tu n’as été qu’une bête à laquelle il s’est raccroché. Comme une puce le fait avec nous.»

La céruléenne s’était rendue à la salle d'eau pour se tirer de l’ivresse cotonneuse que sa trop longue sieste et l’affligeant réveil associé lui infligèrent. Le robinet s'ouvrit. Les mains de la jeune femme frottèrent frénétiquement son visage, comme si elle pouvait faire disparaître ces remises en question de sa tête. Après quelques minutes, elle se redressa péniblement, ses mains sur le cadre de l'évier.

«-Un camarade à défaut de la solitude et de l'ennui !»

En se redressant au-dessus de l’évier, l’ancienne détenue se retrouva violemment face à elle-même. L’atmosphère se contracta d’un coup tandis que ses mirettes détaillèrent son propre reflet.

Des cernes violacées soulignèrent son épuisement, mettant en valeur son regard. Ses yeux rougis, son visage tiré de fatigue, une face cadavérique figée dans une expression morne. Un masque mortuaire duquel on aurait oublié de clore les paupières. La résultante de la fatigue jusqu’alors accumulée, non pas seulement issue de leur trajet depuis Risky Red, ni de l’affrontement qu’elle y avait eu, mais de l’ensemble de ces années à se négliger, tuer le temps avec les premières distractions lui tombant sous la main. Souvent l’alcool que son ami lui proposait de partager.

Galéon lui parut soudainement si lointain. Mais était-ce seulement vrai ? Jiva tenta de se remémorer des moments où le violacée aurait pu aborder son passé. Son visage se brouilla aussitôt dans ses souvenirs.


Elle s’observa un temps, puis un phénomène innommable lui parvint en une claque. Ce reflet qui lui était balancé par le miroir avait quelque chose de particulier, la plongeant dans une bulle d’incompréhension.


Il lui sembla que ce reflet n’était pas le sien, comme si cette personne captive dans la glace était indépendante d’elle. Jiva ne sut précisément l’expliquer, c’était là une sommation de détails : son souffle, le soulèvement de sa poitrine, la plissure de ses yeux, la contraction de ses muscles faciaux et avant-bras et tout un tas d’autres petits signes visibles lui parurent différent l’espace d’un instant. Certains mouvements étaient comme anticipés, d’autres retardés.

Ce constat la frappa avec violence.

L’écart se creusait tant les battements de son cœur grimpaient. C’était de pire en pire, ce reflet se dissociait dangereusement de son corps. Elle eut envie de prouver que ce phénomène n’était pas réel, impossible, sûrement là une conséquence de sa fatigue et de ses maux que son corps lui forçait à prendre en considération cette fois-ci. Un contrecoup de ce qu’elle venait de vivre et tout ce qui avait précédé. Son vécu tout entier semblant la rattraper sans préavis.

Son reflet lui lança un rictus comme pour la narguer et, bientôt, ses traits se changèrent pour devenir ceux d’un autre.

«-Ne te laisse pas distraire par cette raclure d’homme-bête, je te l’ai déjà dit : ça te perdra.»

Lao Rance.

La tension enfla en son intérieur. La main de celui qui la hantait, depuis le départ de celui qu’elle avait considéré comme son meilleur ami,  sembla s’élever pour sortir hors du miroir.

Angoisse.

«-Je te l’avais dit, Jiva. Les faibles se rattachent aux forts pour au mieux espérer s’élever avec eux. Tu ne peux faire confiance à personne ici.»

La belle cherchait dans cette glace une issue de secours, une soupape. Des larmes se mirent à couler lentement sur son visage, silencieuses et dénuées de tristesses, baignant dans une énergie plus sombre.

«-Toute amitié n’est qu’illusion chez les pirates. L’autre n’est qu’un moyen de plus de parvenir à nos fins.»

Ses sourcils se froncèrent, ses maxillaires se crispèrent, son esprit grinça.

La paume de Lao s’apposa sur son front, les yeux de la femme redevenue enfant se fermèrent.

«-Tu me manques, tu sais.»

Il fallut un effort incommensurable à Jiva pour rouvrir ses paupières. Quand elle y parvint, son reflet l’imita. L’expression de folie grimant son visage lui procura un soulagement paradoxal. Ce n’était qu’une hallucination, sûrement causée par la rechute des effets de sa boisson.

Et, pourtant, l’état dans lequel s’était retrouvé son visage l’inquiétait. Les sillons humides sur ses joues en terreau d’une obscure introspection. Une qui l’amena à enfin comprendre les litanies parfois vomies par Basil. Être un protagoniste entouré de figurants distants. Des personnes avec lesquelles elle n’aurait plus jamais pu se lier naïvement. Seule sa famille et les potentiels autres protagonistes importaient.

Contre l’enfer des autres, la promesse d’un jardin d’Eden.


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Membre du club officiel des "Victimes d'Erwin le vicieux"
Jiva
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