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[Présent] Pour Saba
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Sam 23 Juil - 16:38



Le soleil avait bien entamé sa chute depuis le zénith et bon nombre de touristes campaient déjà quelques rooftops, leurs escargophones photographiques parés afin de capturer le moment parfait : celui où les ailes d’ocres de l’astre se déploieraient pour enlacer l’horizon.  Il s’agissait là d’un exquis spectacle, disait-on, pouvant marquer votre mémoire à jamais, rendant terne tout autre couché de soleil.

En contrebas, nombreux étaient les humains peuplant la capitale de Saba, celle-ci pouvant être perçue comme de nombreux cercles concentriques, virtuels uniquement, sauf pour les remparts séparant la cité centrale de sa banlieue précaire. Pour un homme-bête des bidonvilles, comme pour la majeure partie des touristes, l’on pouvait apprécier la douceur de l’air de la capitale. De nombreux systèmes de ventilation et d’humidificateur au-devant des commerces, restaurants et habitations permettaient de rendre plus agréable le climat rude de l’île : un véritable oasis urbanisé. Plus l’on se rapprochait des quartiers connexes au palais du Cheb, plus les rues étaient fleuries et bruyantes : l’activité n’avait jamais autant été si importante. Et pour cause, l’on disait que dans les vingt quatre heures à venir, Khaloud II allait réaliser une annonce toute particulière.

    -Bagagaga ! Elle est bonne c’te bavette.
    -Pas plus que l’autre que j’ai vue tout à l’heure !


Une petite silhouette cavalait dans toute cette activité, passant par une terrasse où elle, ainsi que sa poursuivante, put entendre quelques absurdités. Qu’importait pour l’ombre, ses petits pieds se détachaient puis tapaient aussitôt le sol dans un rythme grandissant, portant son corps d’une ruelle à l’autre en naviguant dans la foule, jusqu’à perdre la jeune femme à la chevelure ardente qui la poursuivait jusqu’alors. Celle-ci fit une pause, comme lassée par ce jeu stupide. Et l’autre qui prenait ses aises en délaissant le palais. Qu’avait-elle fait au ciel pour se retrouver dans pareille situation ? Enfin, qu'importait, elle aussi avait le droit de se détendre. Tant que la petite n’arrivait pas à la lisière des bidonvilles, cela ne risquait pas d'après les autres alors pourquoi se prendre le chou ?

Au niveau des remparts, des affiches ainsi qu’une poignée de berrys étaient distribuées à divers hommes-bêtes qui retournaient dans leur banlieue aussitôt. Leurs yeux s’affairaient sur le visage figurant sur le papier leur ayant été donné avant de s’intéresser aux écrits dessus. Mort ou vif, qu’on le souhaitait, le Cheb également le désirait, cependant il n’était pas le seul à vouloir rencontrer cet individu. Selon Vergono et Chahla, il pouvait s’agir là de leur futur héros.

Le dernier Ookami.

    -D’après la dernière transmissions de Molly, il devrait déjà être sur l’île ce tocard de loup. Grognerait l’homme-chat, heureuse personne ayant déjà eu l’occasion de croiser l’énergumène.


[Présent] Pour Saba  R6m9
Vergono

Au niveau de la côte, une toute autre histoire suivait son bon cours. Un navire marchand s’était légèrement détaché de deux autres pour accoster au port, celui-ci semblait en mission et ciblait un ponton spécifique. Sur la terre ferme, en contrebas du niveau premier du quai, un homme-fouine portait sa main en visière pour tenter de faire une mise au point sur le vaisseau.

    -Ils sont là, préparez-vous à les recevoir ! Lança-t-il en se retournant.


La voix de la fouine tremblait. Ce moment-là lui et ses confrères l’avaient attendu pendant longtemps : recevoir enfin une aide extérieure, celle de figures d’importances de la révolution. La rencontre avait été planifiée en amont pour éviter les contrôles au port par les hommes du Cheb et ainsi permettre l’arrivée discrète des révolutionnaires d’East Blue. Ces derniers, menés par le Lock, se faisaient passer par des simples commerçants : leur navire était rempli de fruits et légumes, denrées valant de l’or sur Saba.

    -Monsieur Loke, des personnes semblent nous attendre. Pensez-vous que l’on est déjà repérés ? Si oui, il faut absolument mettre en place…
    -Tu stresses trop mon petit, s’il y a un pépin, on le réglera en temps et en heure. Ais confiance aux autres.
    -Mais nous sommes en terre inconnue, nous n’avons même pas fait de reco…


La sonnerie d'un Den-Den Mushi dans la poche du cowboy interrompit l'autre. Locky tira l'appareil hors de sa veste, c'était sans aucun doute l'appel qu'il avait attendu durant tout le trajet. Le regard du barbu se porta aux frêles yeux de son subalterne, sa main s'apposa alors sur le couvre-chef du stressé, comme pour lui transmettre du courage.

    -Pause, je prends ça. Prends les commandes si tu veux, ça va durer un temps. Gère les affaires, le gamin et la bleusaille. Tu peux le faire, Obi. Locky se retourna alors, portant son escargophone aux lèvres. Allô ?


Le Knightwalker n’eut pas le temps de déglutir que son leader claquait derrière lui la porte de l’habitacle principal, laissant le jeune homme au premier plan. Son regard se porterait sur la nouvelle qu’il eut l’occasion de rencontrer deux jours auparavant, au moment d’embarquer. Sa mine se ferma un temps, comme déconvenue, puis le vert remit son képi en place sur son crâne.

    -Bon, tu suis ce que je te dis ! Ordre de Monsieur Loke. Il est passé où encore le mioche ? Encore à piquer des fruits dans la cale, ça ne fait aucun doute. On accoste dans même pas deux minutes.


Que des pistonnés, quel enfer.

[Présent] Pour Saba  Khrr [Présent] Pour Saba  Opem
Locky Loke, Leader de la révolution d'East Blue ; Obi Knightwalker


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Karim Ookami
Karim Ookami
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Dim 24 Juil - 22:42
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Du monde
Pour Saba










Près des remparts :

Le vieux regard céruléen se portait sur la silhouette hybride en face de lui. Une capuche couvrait son visage et ses oreilles, tandis que sa queue était rentrée dans son pantalon. Il n’avait lui-même pas pris tant de précautions, sa peau tannée habituée au soleil de la décharge de Goa. Autrefois, sa vie était pépère, tranquille. Aujourd’hui, il avait participé et assisté à plus de tentatives d’insurrections qu’il n’avait envisagé qu’il y en avait dans ce bas-monde. Ce qui le retenait encore aux côtés de cet homme-bête, c’était l’étouffant sentiment de liberté qui le parcourait à chacune de leurs aventures. Bon, d’habitude il restait dans le navire… Et il aurait aimé pouvoir s’y prélasser à nouveau, cependant c’était loin d’être son tour. La Bête des Mers n’avait pas été amarrée au port traditionnel : habitués de Saba, les pirates avaient pris un chemin différent, utilisant les tunnels et les remparts la nuit pour entrer dans la capitale de l’île.

C’était dans cet environnement où le soleil brûlait le jour, et où la lune gelait la nuit que tous avaient abordé… Et s’étaient séparés aussitôt. Alors pourquoi s’était-il retrouvé en trinôme avec Karim ? Il n’en savait fichtre. A vrai dire on lui avait demandé une seule chose : se tenir prêt. Prêt à quoi ? Même l’Ookami n’en avait aucune idée.

Quand il était arrivé aux portes de la ville et était allé à l’auberge, personne n’avait semblé faire attention à lui. Cependant ce jour-là après s’être réveillé tard, décuvant encore de la veille, l’homme-loup s’était décidé à s’éloigner du palais pour aller dans les banlieues. Ainsi lorsqu’il vit trainer au niveau des remparts un avis de recherche jeté au sol, il s’en saisit pour constater avec étonnement, se tournant vers le vieillard :

- Eh, vous avez vu ?! J’suis riche !
- … T’es abruti ou quoi ?
Lâcha le vieil homme. Qui c’est qui nous a foutu un Capitaine pareil ? Marmonna-t-il en s’adossant à l’ombre d’une rue alors que le soleil avait raison de son endurance.
- Mais l’Vioc’ ! Regarde, 205.600.000 ! Bon, c’pas un chiffre rond…
- C’est un nombre,
corrigea la voix fâchée de l’homme.
- Ouais, enfin voilà quoi… Et toi, t’en penses quoi ? Demanderait-il en se tournant vers la créature qui se trouvait à ses côtés.

Le chien-loup jappa un coup en remuant la queue. Faudrait peut-être lui donner un nom, n’est-ce pas ?

Dans la Banlieue :

Eileen observa son escargophone et soupira. Elle s’était retrouvée dans le pire trinôme du monde… Enfin, selon elle. Il y avait la grognasse qui les avait rejoints à St-Johns, Sasha, et Aichounne dont le comportement craintif dans cette ville semblait dire qu’elle connaissait à la fois bien les lieux et les détestait. En tout cas, la médecin aurait préféré se retrouver avec Karim ou Jean-Gab, au moins elle aurait pu boire des grosses quantités d’alcool.

- Avec cette chaleur-là, tu ne penses qu’à te torcher la gueule ? Demanda la jeune femme-chat. En tout cas, ces banlieues ont l’air précaires. Normalement, on touche encore de l’oseille ici.

Sasha semblait avoir compris le problème de Saba en peu de temps, sur la concentration extrême des richesses dans le centre de la ville qui entourait le palais. En tout cas, c’était comme ça que ceux qui venaient du bidonville et de la banlieue pouvaient le considérer. Pour Aichounne, ces lieux n’étaient synonymes que de souvenirs qu’elle aurait aimée mettre derrière elle.

- Bon, une femme-chien, une femme-démon et une femme-chat arrivent en ville, elles font quoi ? Fit mine de demander Eileen en sortant son escargophone. Excusez-moi, j’aimerais parler à la personne qui nous a invitée ici ? On a... égaré le Capitaine…

Si Molly Orloss répondait, elle pourrait comprendre qu’Eileen était effectivement gênée par cette nouvelle. Ils ne savaient pas où était le capitaine de leur équipage. En tout cas, elle lui demanderait si possible un lieu de rendez-vous pour rejoindre les révolutionnaires.

Dans le Bidonville :

- Il va falloir qu’on nous explique comment on a réussi à tous finir avec une prime sur la tête.
- Tous ? Pas l’Vioc’ ! Se plaignit Jean-Gab qui ronchonnait devant l’écart de prime entre lui-même et Shalon, alors que ce dernier était un pacifiste convaincu.

Les deux hommes avaient été amenés à coopérer. D’ailleurs, ils étaient accompagnés de Sebastian et de Castiel. Les membres de leur équipage s’étaient dispersés dans le bidonville pour squatter les bars, et eux n’avaient pas vraiment décidé de faire preuve de discrétion. Le maudit des vêtements leur avait fait des tenues confortables pour l’occasion, n’ayant pas conscience qu’il valait mieux se couvrir complétement par un temps pareil. Vive les coups de soleil ! J’Örkad et Andy étaient restés sur le navire, parce que : « Fallait bien que quelqu’un s’y colle et puis le temps de Saba, ça m’assèche la peau. » avait justifié la femme-poisson. L’homme-arbre avait simplement dit qu’il préférait lire un bon livre plutôt que de faire le travail de la Révolution.

Et les frères Friers dans tout ça ? Trop gentils pour leur propre bien, de toute évidence. Le Capitaine des Bandanas Pirates et son second avaient décidé d’observer d’un peu plus près celui qu’ils considéraient comme leur nouveau mentor, Karim Ookami. Problème ?

- Où est-ce qu’il a bien pu passer ?
- Aucune idée,
marmonna Jean-Gab. Il aurait au moins pu me prendre avec lui. Il est chiant quand il s’y met.
- Ce n’est pas une façon de parler, gronda Shalon alors qu’Aichounne n’était pas là pour faire la morale au garçon et que ce dernier en profitait.
- Pfff.

Après avoir abordé la veille, ils s’étaient dirigés dans les bidonvilles pour tenter de repérer les révolutionnaires qu’ils étaient censés retrouver. Cependant c’était Eileen qui possédait le numéro, et ils n’avaient pas eu la jugeotte de la contacter pour l’instant. En tout cas, les quatre primés étaient déterminés à trouver les personnes avec qui ils allaient pouvoir échanger sur le sort de cette île, avant que Karim ne décide de foncer vers le palais pour sortir le Cheb de celui-ci…



Spoiler:
Karim Ookami
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Shura Emberys
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Dim 31 Juil - 20:14



pour saba

ft. karim ookami & seiran yurei
novembre 1507, saba, east blue
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Le regard de la jeune femme se laissa aller sur les contours sylvestres de ce pont qu'elle avait eu tant d'occasions de contempler auparavant. Cet embarcadère avait été le témoin de ses allées et venues le long de ses lames sylvestres à adorer la mer dans un mutisme porteur de souvenirs, à s'envoler dans les airs pour ne respirer à plein poumons que ses effluves marines qui lui rappelait tant les flots de Water Seven ou de Logue Town – jamais ne s'était-elle véritablement entichée de ces comparses dont le visage lui était aussi similaire que les douces dunes d'Alabasta. Un mirage inconnu – là était la plus grande ressemblance.

Sa dextre était venue se loger sous la courbe de son visage, près de sa mâchoire où l'ossature de ses doigts supporterait la sienne. L'air las de ces discours d'irrévérencieux, elle avait abandonné son attention aux recoins du haut mât parant son bois du miroir naturel de l'océan, un soupir muselé depuis trop longtemps sur ses lèvres. À quelques occasions, elle s'était laisser aller à la douce opportunité d'une discussion avec ces êtres – un infant donc l'aigreur de naître n'avait pas encore quitté son corps, un autre devenu adulte sans se défaire de l'indécence de se croire souverain du monde. Très vite, cet engouement s'était transformé en agacement silencieux face aux rétorques de ce duo dont l'éducation manquait cruellement ; aussi l'on ne l'avait pas prise à réessayer.

Elle avait toutefois pris soin d'observer les rapports qui unissaient ces différentes âmes, du caractère de chacun : là où Lucky Lock paraissait mener l'embarcation d'une main relativement ferrailleuse, son acolyte avide de reconnaissance semblait n'agir que dans ce seul but – cherchait constamment à prouver sa valeur comme son importance. Si cela avait pu l'attendrir dès les premiers instants, le temps avait su pimenter cela d'une pointe d'insupportable.

Aussi, lorsqu'elle vit l'adulte se détourner d'eux pour répondre à l'appel de son escargophone loin de la cacophonie des vagues et de leurs présences – elle nota toutefois la bienveillance de ses paroles envers ce fameux Obi – la jeune femme libéra enfin le soupir qui taraudait ses lèvres depuis lors.

« Prenez un autre ton quand vous ordonnez ; vous avez bien trop de subordonnées pour vous méprendre à penser que je suis l'une d'entre eux., sussura-t-elle le sourcil arqué par son audace. J'ai cru comprendre qu'une rencontre nous attendait, peut-être pourriez-vous en développer l'objectif ? Il m'a semblé comprendre qu'une certaine Molly Orlos était à remercier pour cette entreprise et je crois supposer que votre acolyte vous porte suffisamment d'égard pour vous autoriser à « gérer la bleusaille » ; soit tout autant les tenir au courant de nos buts pour qu'ils ne deviennent pas des poids dans l'entreprise. »

Si son ton avait pu se faire plus doucereux sur sa reprise de parole – d'une simple tape sur les doigts rappelant à son vis-à-vis qu'elle n'était en rien subalterne mais alliée – ses pensées ne cherchaient nul mal. Alexei avait été de cette même trempe, sur la base marine de Logue Town : son arrogance et son désir de voir son existence reconnue l'avait mené à pourfendre mortellement le flanc de son amant. Dans sa mort, il avait reçu des lauriers ; pour la jeune femme, elle n'en avait gardé que la colère de son deuil.

À l'image de ses comparses du jour, elle avait attaché un certain soin à se fondre dans leur couverture. Son habit épousait les leurs en cela qu'il ne constituait aucune attache semblable à leurs mouvements et laissaient fleurir leurs rôles momentanés de marchands sur leurs faciès. Un murmure s'était glissé à son attention, lors du trajet – celui que ces denrées fruitées égalaient l'or aux yeux des habitants de cette île, laissant à son esprit seul la conclusion que les plus simples nécessités de nourriture avaient tous les attraits de la rareté et où la famine, elle, serait certainement des plus communes.

« Connaissez-vous l'île de Saba ? Je dois avouer n'avoir jamais posé le pied sur ses terres, et quelques informations ne seraient pas de refus sur la situation de l'île ; tant politique qu'humaine. J'imagine que votre expérience vous en a certainement offert quelques-unes. »

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récapitulatif:

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THE ETERNAL CONQUEROR







SHURA EMBERYS


Shura Emberys
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Mar 2 Aoû - 20:20




Les bidonvilles constituaient le lieu le plus précaire de Saba, l’endroit où les conséquences des actions du Cheb étaient le plus visibles. Une population tassée dans des bâtisses médiocres et délabrées, retapées du mieux qu’elles pouvaient l’être à coup de cordages et de bois. Des adultes amoindris par la faim, le visage creusé par un soleil éreintant qui consumait leur eau en leur fripant la peau. Des enfants qui essayaient de vivre du mieux qu’ils le pouvaient, ayant la chance d’être inconscients de leur état, des conditions de vies déplorables dans lesquelles ils évoluaient. Après tout, le bon et le mauvais n’étaient que des notions basées sur la comparaison : comment admettre que l’on vit précairement lorsque l’on ne sait ce qu’est une vie lambda ?

Leurs estomacs rugissaient, pourtant, comme un signal lancé à ces petits.

Plus que la nourriture, c’était l’eau qui leur faisait défaut. Aussi, Jean-Gab et ses camarades pouvaient faire ce constat : «fais soif» ; «de l’eau» ; «c’est pas bon le sel» que des suppliques lancées en plaintes anodines dans leur quotidien où eau était rare et boire sa sueur était courant. Le cumul de l’ensemble rendait leurs parents fous, mais que pouvaient-ils faire ? Il n’y avait aucun moyen de changer la situation, certains groupuscules d’hommes-bêtes avaient ce courage pourtant, mais jusqu’à ce jour rien de visible et de conséquent n’était observable. L’espoir subsistait-il d’ailleurs ? L’on disait qu’il s’agissait de l’argent des pauvres.

Puis le trio étranger pourrait assister à un amassement dans l’une des nombreuses habitations. Les yeux ébahis, les enfants contemplaient un seau dans lequel était déposé un bloc de glace. Avec la chaleur, celui-ci deviendrait eau dans peu de temps. Selon le timing, lorsque leurs parents seraient en mesure de leur faire boire, elle pourrait encore être fraîche. De l’autre côté, des gens de ce même peuple remerciait en se courbant une silhouette qui s’éloignait vers d’autres habitations, plusieurs enfants dans son sillage. Il s’agissait d’un homme-mangouste à la fourrure rouge et blanche. Une figure bien connue dans les bidonvilles.

[Présent] Pour Saba  Ynni
Aire Huline


Ailleurs sur Saba, dans l'obscurité, un escargophone se mit à chanter. Aussitôt, un main à la fourrure lilas l'aggripa et le porta dans sa bouche entrouverte. Drôle de comportement, était-ce la faim qui le poussait à toujours faire ça ?

    -Oh, je vois. Répondit une douce voix à l’appel d’Eileen. C’est dommageable. Nous allons essayer de le contacter. La communication ne semble pas sécurisée, dites-moi où vous vous trouvez. Etes-vous dans la banlieue ? Quel est le nom de la taverne la plus proche ? Vous donnez un point d’accès serait risqué. Moi c’est Umeshu.


En fonction des indications données par son interlocutrice, le contact aurait pu s’organiser pour qu’un de ses camarades puisse se rendre au lieu identifié afin d’aller chercher ce qu’il devina être les alliés de l’homme-loup. Un homme-chien serait ainsi dépêché le plus tôt possible. Après ce premier appel, Umeshu contacta Vergono pour le tenir informé, il avait d’autres choses sur le feu qui nécessitait une action dans les plus brefs délai. De son côté, l’homme-chat était responsable de l’accueil de l’Ookami. Tenu informé par son collègue, il pesta intérieurement de cette première déconvenue, qui ne serait certainement pas la dernière, pour composer à son tour le numéro que l’Orloss lui avait transmis concernant ce type.

    -Karim ? Vous êtes cherchés de partout. Mon boss vous attend, c’est lui l’ami de Molly. On peut se rejoindre en contrebas de la porte Ouest des remparts. L’Ouest c’est le côté où le soleil se couche, pour info.


La dernière précision était importante à souligner pour le révolutionnaire, après tout le souvenir qu’il avait de l’Ookami était qu’il n’était pas le couteau le plus aiguisé du tiroir. Aussi, autant lui donner des indications le plus claires possibles plutôt que de risquer de le retrouver dans un endroit improbable.

    -C’est pour discuter de comment on va se farcir le Cheb sans risquer le peuple. Ajouterait Vergono, s’il reconnaissait bien Karim au bout du fil.


[Présent] Pour Saba  R6m9
Vergono

De l’autre côté des remparts, la petite silhouette continuait de cavaler de ruelle en ruelle, slalomant entre les citadins quand besoin s’en faisait. Elle avait semble-t-il réussit à semer la rouquine qui la poursuivait, aussi elle se permit une courte pause pour reprendre son souffle.

    -Chat !


Son épaule se fit toucher au moment où la voix nasillarde venant de son dos atteint ses oreilles. La petite n’eut le temps de comprendre ce qu’il se passait que son instinct premier réagit pour elle : elle hurla un bon coup, tout en se retournant vers qui l’avait touchée. Sa mâchoire tomba alors, découvrant la petitesse et l’allure de l’individu. De suite, elle se sentit désolée, ses pommettes virant au rouge.

    -Tu m’as fait peur désolé ! Je… tu voulais jouer avec moi ? Moi c’est Shahdi. Bégaya-t-elle.
    -Oh, oui on peut jouer ! Répondit le petit être surpris. Moi c'est Nep' !


Spoiler:

[Présent] Pour Saba  Twpa [Présent] Pour Saba  Opem
Bad Lulu ; Obi Knightwalker

Elle en posait des questions la blondinette, n’avait-elle pas pu réaliser ses recherches d’elle-même ? Obi pesta dans sa tête, la proactivité et les bonnes manières se perdait au fil du temps visiblement. Sa révolution à lui ne valoriserait pas ce genre de personne arrivée ici par l’aide d’un autre. Qu’importait, il allait composer avec et lui montrer l’exemple à partir de maintenant. La patience et la tolérance lui permettrait de gravir les échelons, c’était ce que sa maman lui racontait lorsqu’il était plus jeune.

    -Saba c’est une île d’hommes-bêtes, le Cheb est un dictateur qui monopolise l’ensemble des ressources. Il leur donne le strict minimum pour survivre dans la précarité. C’est son zoo à ciel ouvert, pour te faire simple. Nous, on est là pour soutenir la révolution locale menée par un certain chat, là.


Le Knightwalker se retourna sèchement en direction du ponton duquel ils étaient dorénavant proche. Deux hommes-fouines s’étaient groupées au point où le vaisseau marchand allait débarquer. C’était leur travail, contrôler les arrivants ainsi que leurs marchandises. Au moindre problème, ils n’auraient pas hésité à contacter leurs collègues hommes-ours pour calmer les contestants et les embarquer dans les geôles.

    -Vous voyez ? On est déjà attendu ! C’est pas génial ça ? Lulu, sort de la cale ! C’est l’heure.
    -Qu’est-ce que tu cries ? Je suis là, moi.


Le gamin au képi sortit sa tête d’une caisse de fruits entreposée sur le pont. Son regard candide se posa sur le suce-boules d’Obi, après quoi le mioche s’attarda sur la tronche de la nouvelle. Elle avait une belle tête et de bouts atouts, ça lui plaisait, dommage qu’il ne pouvait pas blairer les blondes.

    -C’est l’heure de la mission du coup ? Moi j’y vais, on va refaire le portrait au Cheb ! Beugla-t-il tout excité à l’idée d’utiliser ses nouveaux jouets.


Les oreilles des hommes-fouines se secouèrent en captant les mots clés de la phrase balancée naïvement. C’était des cas sociaux ces types, leur collègue en contrebas leur avait informés plus tôt qu’il s’agissait de nouveaux marchands et qu’il fallait être ainsi plus doux au contrôle, ce afin de ne pas les effrayer et perdre potentiellement de nouvelles relations. Le commerce devait bien se porter, surtout en ces temps-ci. Malgré cette information, il s’agirait de remettre un contrôle musclé au menu : le bras gauche d’un des hommes-fouines sur le ponton s’agita haut dans les airs, faisant signe à ces collègues plus loin. A ce geste, la personne à l’étage inférieur du quai qui avait surveillé jusqu’alors l’arrivée du navire se mit à stresser. Son escargophone fut tiré hors de sa poche, il fallait agir au plus vite.

    -Ils vont se faire contrô…


Nul temps de finir sa phrase qu’une explosion retentit une centaine de mètre plus loin, une déflagration dévorant une partie d’un bâtiment. A peine l’impact de l’onde de choc estompé, une seconde prit la suite : un pan d’un des entrepôts – où étaient acheminées les marchandises - se faisant expulser de sa structure par les flammes. Des silhouettes affluèrent alors depuis la ruelle dont provenait la première explosion vers les quelques navires en train d’accoster plus loin : à leur tête un homme, brandissant un sourire étincelant, survolant les corps en partie calcinés de plusieurs hommes-bêtes et humains. Le chaos allait bientôt régner sur ce port.

    -C’est l'heure de la récolte !


[Présent] Pour Saba  Cs7z
???



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Karim Ookami
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Mer 3 Aoû - 21:48
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Pour Saba










Au niveau des bidonvilles :

Alors que le quartier des pauvres résonnait d’une triste et insatiable sécheresse, entassant les assoiffés sur leur propre impuissance, les quatre hommes de l’équipage de l’Ookami furent happés par l’étrange scène qui se déroulait sous leurs yeux. L’homme-mangouste avait donné un bloc de glace, à première vue, au beau milieu du désert. Pour Shalon, qui était peut-être le seul des trois à penser, c’était quelque chose qu’il ne trouvait pas anodin. Le temps qu’il formule une hypothèse, Castiel avait déjà pris la parole en s’exclamant :

- Un Robin des Bois des temps modernes ! A tous les coups, il a volé cette glace aux plus riches.
- Tu as vu la distance avec les habitations du quartier riche ?
Protesta Jean-Gab qui était le plus proche en âge.
- Alors ce serait quoi ? Un Ice-Dial ?

Il se souvenait en avoir vu sur le navire de Karim, avant que ce dernier ne les fasse tomber dans l’eau par accident. S’extrayant du groupe, Shalon s’approcha de l’hybride à la fourrure blanche et rouge, intrigué par les motifs qui y étaient peut-être naturellement dessinés.

- Excusez-moi, ferait-il en interrompant la marche suivie de l’homme. Mais qui êtes-vous ? Et que faîtes-vous ici ?

Pour l’homme-bouc, une chose était certaine : il fallait déterminer si la personne en face était une potentielle ressource pour ce qu’ils allaient vivre d’ici quelques heures sur l’île de Saba. En attendant, un Robin des Bois des temps modernes pouvait très bien être un révolutionnaire, et donc une personne pouvant les mettre en relation avec le réseau qu’ils recherchaient.

Au niveau de la banlieue :

Eileen regrettait à moitié d’avoir appelé, tant elle ne savait pas où elle se trouvait. Finalement, elle se déciderait à donner le nom de la taverne la plus proche tandis que Sasha se contenterait d’aller se cacher dans un coin en attendant que quelqu’un ne vienne les chercher, toujours de sorte à ne pas être prise entre deux feux si jamais on leur tendait une embuscade. La femme-chat avait confiance en ses capacités, elle ne s’attendait cependant pas à ce que tous les révolutionnaires soient des personnes « agréables ».

Pourtant, quelques instants plus tard, la jeune femme-démon décrocherait à nouveau son escargophone et soupirerait.

- C’est toujours Eileen. Vous croyez que je n’aurais pas appelé Karim s’il avait eu son escargophone sur lui ? Enfin, s’il est introuvable pour l’instant, laissons-lui le temps de se faire remarquer… Mais je vous conseille d’être rapides, il a tendance à ne rien faire dans la demi-mesure.

Au niveau des remparts :

S’il était à présent plus hautement primé qu’au départ de Juluma, l’Ookami était encore loin d’atteindre les autres strates de la piraterie. Il s’en fichait, à vrai dire : sa propre prime n’était pas une fin en soi. Il se contentait de faire ce dont il avait envie, et ne souhaitait pas entrer dans les conflits géopolitiques, pour peu qu’il sache ce que géopolitique signifiait. Le Vieux tenta d’ailleurs de le lui expliquer alors qu’il partageait sa pensée, cependant le temps commençait à peser sur lui.

- Faudrait qu’on aille trouver un truc à boire, mais il fait encore chaud, dirait Karim en soupirant. Est-ce qu’on doit prendre de la hauteur ?
- Tu veux te faire repérer, gamin ?
- Ouais… Ouais, en fait. J’aimerais bien.
- Tu sais, je disais ça pour rire.


Un soupir las quitta le vieil homme qui prit appui contre la maison derrière lui. Il observa l’homme-bête qui s’élançait en un seul saut sur le toit, et redescendit presque immédiatement.

- J’ai vu une rousse qui court.
- Et ?
- Je vais l’attraper.
- Pourquoi ?
- Pour choper des informations.


Le chien jappa alors que l’homme-loup s’était mis en action, fendant la distance qui le séparait de la rouquine pour la choper, si elle se laissait faire, et la ramener au niveau du vieillard. Il avait déjà fait ça, avec un certain jeune homme qui avait failli y laisser une crise cardiaque. Pourtant, le blond semblait savoir ce qu’il faisait au point de dire :

- Dis-nous tout ce que tu sais !
- Woof, woof ! Confirma le chien-loup.
- Au grands dieux, qu'il est con
, protesta le vieil homme.



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Karim Ookami
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Fizz
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Fizz
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Dim 14 Aoû - 8:11
Pour Saba
Automne 1507 – Feat MJ, Karim Ookami, Shura Emberys






-Heeep garçon ! Encore un pi.. hips ! Un pi… hips ! Encore un pichet!

Le nez et les joues déjà cramoisies par les trois cruchons précédents, le vigie chancelle sur sa chaise en vociférant à l’attention du jeune serveur aux traits de renard, s’attirant de toutes parts des regards d’indignation silencieuse. Que ce soit par son allure débraillé malgré ses vêtements de marque ou par son attitude exubérante, le marin dénote sévèrement du reste de la clientèle du luxueux établissement dans lequel vous avez été installés. Affalé dans un immense canapé de cuir rouge au milieu du salon de thé au rez-de-chaussée de l’hôtel, une mèche poivre-et-sel plaquée sur son visage après un abandon définitif de la part du ruban de soie qui la retenait avec les autres en un catogan serré, il enfile godet sur godet – il n’a pas été nécessaire de lui dire deux fois que le forfait boisson était à volonté. Ce qui n’arrange bien entendu rien au désagrément provoqué par sa présence aux bonnes gens qui peuplent les fauteuils avoisinants.

En face de lui, plus sobre et discret mais tout aussi bourru d’apparence, donc pas plus à sa place parmi cette haute bourgeoisie, un minuscule homme à la barbe noire soigneusement taillée le fixe en silence. Ses pieds bottés balancent du haut de son siège capitonné sans le moindre espoir d’atteindre le sol. L’une de ses mains pianote nerveusement sur l’accoudoir ouvragé, tandis que l’autre sort à intervalles bien réguliers une montre à gousset d’une poche interne de son gilet. Entre les deux hommes, sur une table basse de bois lustré, un large bol de raisins reste intouché. Le petit homme relève la tête lorsqu’un jeune mousse à la chevelure ébouriffée s’approche d’un air timide, dansant d’un pied sur l’autre tandis que son supérieur l’interroge d’un regard perçant.

-M’sieur London, j’ai tout cherché, j’vous promets… Il est pas dans la suite.

A ces mots, le petit homme bondit sur ses pieds, ce qui implique une chute considérable du haut du fauteuil.

-Mezzo, debout.
-Maiiiis Wyatt, le pi… hips!

A hauteur de genoux, Wyatt London, naturaliste et bosco du Corte-Real, toise son compagnon ivre mort en retenant une flopée de jurons. Après un intense effort de concentration trahi par un douloureux froncement de sourcils, la vigie reprend la parole.

-Puis c’est pas… hips ! c’est pas la première fois qu’on perd le Prince, si ? Pas la dernière non plus, si tu… hips ! si tu me demandes. Il reviendra d’lui-même, comme tou… hips ! Comme toujours !

Un profond soupir traverse le corps du petit homme. Difficile de lui donner tort.



_________________________


Quatre jours auparavant

-Prince de Goa ? Ben je… Attendez, vous voulez bien ? Beck, va vérifier tout ça steplait. Enfin, sauf votre respect, Monseigneur.

Tandis que l’homme-fouine, sceptique mais prudent, envoie son collègue trouver la marche à suivre auprès de leur supérieur, tu fusilles du regard le matelot qui vient d’énumérer tes titres du haut du pont du navire d’une voix pompeuse. Tu avais pourtant été d’une clarté absolue : vous deviez accoster l’île sans attirer l’attention sur vous. Une exigence que l’équipage n’a pas semblé comprendre, certainement pas aidé par son côté atypique compte tenu de ton rôle d’émissaire royal, ni par ton refus total de leur fournir la moindre indication sur les raisons de cette escale. Toujours est-il, te dis-tu tandis que les poils de ta nuque se hérissent, que la demande n’était pas bien complexe. Vous n’êtes pas là en visite officielle, et ni ton identité ni tes affiliations ne devaient être connues – tu ne souhaites pas devenir un invité protocolaire en de telles circonstances. Pourtant, lorsqu’en approchant de l’embarcadère tu es sorti de ta cabine et tu as levé les yeux en direction du grand mât du Corte-Real sur un étendard national flottant toujours fièrement au vent, bien en évidence malgré tes consignes, tu as déjà quelque peu déchanté.

Ainsi soit-il ; tu serres les dents. Tu aurais préféré loger incognito dans la banlieue jusqu’au moment venu, tant pis. Aujourd’hui encore, tu seras diplomate, missionné sur place par ton suzerain pour faire acte de présence durant cette annonce apparemment très spéciale – tu as hoché la tête avec assurance lorsque le douanier l’a évoqué, comme si tu savais exactement ce dont il s’agissait. Voici donc les raisons de ta présence. Aujourd’hui encore, tu seras Fizz Mallory, émissaire royal et Dauphin de Goa.

Sauf que tu es un furet, Fizz.


_________________________


Retrouver un homme-loup dans une botte de foin. Enfin, dans une cité peuplée principalement d’hommes-bêtes. Pas évident. Voilà plusieurs dizaines de minutes que tu t’es frappé le front du plat de la patte, réalisant brusquement que tu aurais pu, tout simplement, appeler. Comme n’importe quel être civilisé qui cherche à croiser une personne en particulier, un jour en particulier, dans une ville tentaculaire – sans accord préalable ni de localisation précise, ni d’heure. Mais c’est trop tard, tu as déjà réussi à fausser compagnie à ton équipage au moment où ils risquaient le moins, ce n’est pas pour retourner à l’hôtel maintenant. Pour l’instant, s’ils ont remarqué ton absence, ils doivent croire que tu es simplement parti pour une de tes distraites explorations urbaines en perdant toute notion du temps. Mais ils t’ont déjà trouvé étrangement évasif à votre arrivée ; si tu y retournes avec une excuse bancale pour repartir aussitôt, ils finiront par suspecter quelque chose.

Voilà donc pourquoi tu déambules depuis maintenant près de deux heures dans l’enceinte de la ville, sans nulle idée d’où tu vas. Peut-être certains occupants des terrasses t’ont-ils déjà aperçu trois ou quatre fois – tu as remarqué que tu décrivais sans le vouloir des cercles autour de deux artères plus importantes que les autres. En bon touriste, tu sillonnes les rues principales, tu flânes devant les vitrines – et tu en profites pour écouter des bribes de conversation partout autour de toi : si la plupart te font sourire ou lever les yeux au ciel, tu as encore bon espoir d’entendre quelque chose qui te mette sur la bonne voie. Après tout, ce n’est pas n’importe quel homme-loup que tu cherches dans ta botte de foin ; celui-là est tout sauf discret. C’est comme si, en lieu et place d’aiguille, on avait caché un grelot. Non, un carillon. Non, un gong. Bref, tu as peu de doutes sur le fait qu’il finira bien par signaler sa présence de façon plus que remarquable. Il n’y a plus qu’à compter sur la chance pour que tu ne sois pas dans les derniers à le repérer.

A un croisement près d’un fleuriste tenu par une femme arborant un large sourire et son jeune fils, tu débouches soudain sur une avenue plus large. Sur ta gauche, entre les toits des bâtiments, tu peux deviner les contours d’une construction autrement plus imposante. Un léger frémissement parcourt soudain tes babines : bien sûr ! Pourquoi continuer à tourner en rond ? Pourquoi chercher à le retrouver, quand tu connais avec certitude UN endroit où tu n’as aucun doute de le voir débouler à l’improviste ?

Bon pied bon œil, tu te diriges donc d’un pas sûr en direction du palais, saluant d’un geste léger la paire de massifs gardes ursidés qui arpentent la rue. Comment comptes-tu pénétrer dans ce qui est de façon très évidente l’édifice le mieux gardé à des dizaines, si ce n’est des centaines, de kilomètres à la ronde ?

Tu auras bien le temps de t’en inquiéter en arrivant à la porte.




Fizz
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Shura Emberys
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Ven 19 Aoû - 23:53



pour saba

ft. karim ookami & fizz
novembre 1507, saba, east blue
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Shura avait porté une attention toute particulière aux paroles de son comparses, lui enseignant tantôt les tribulations de cette terre face à ce pouvoir qui le dominait, tantôt l'état dans lequel était plongé la foule – ce peuple au règne et au droit arraché petit à petit par les plus grands. Elle n'avait jamais compris ce genre de sentiment, ce besoin si viscéral d'opprimer son prochain, de placer sa dignité et son être plus bas que la terre même, où son talon pourrait venir étrangler sa voix afin que plus jamais elle ne s'élève envers soi. Elle exécrait les Dragons Célestes pour cette raison même. Les habitants de cette contrée avaient beau ne pas voir siéger sur leurs nuque un collier d'esclaves... ils étaient tout autant ceux de l'égoïsme et de l'omnipotence de ce suzerain dépourvu de noblesse.

Elle voulut lui répondre, lui intimer de nouvelles paroles pour en apprendre davantage sur ces terres qu'elle ne connaissait pas encore ; mais lorsque l'écho de sa voix voulu outrepasser ses lèvres, ce fut le tonnerre d'une explosion qui succéda à ses mots. Sa silhouette sursauta, finement, de cet étonnement qui avait tout de l'imprévu et de la surprise – que s'était-il passé ? N'arrivaient-ils pas tout juste...
Ses yeux s'écarquillèrent. Le port.

Les appuis de la jeune femme vacillèrent, l'espace d'un instant – une secousse avait soulevé l'océan, à peine suffisamment pour que l'on ne la ressente en écho sur le pont de ce navire. Son regard traversa l'onde marine, outrepassa les détours des larges mâts lorsqu'elle fit un pas sur le côté pour mieux observer ce spectacle brûlant. Là, devant elle, une seconde déflagration perça le flanc d'un entrepôt, soufflant ses débris aux confins de l'écume. L'ombre d'une ruelle se discernait, faiblement, sous l'arche des flammèches qui l'avaient recouverte il y a une seconde. Une attaque... mais qui ? S'en prendre au port reviendrait à entraver les affaires du Cheb...

Shura voulu se retourner vers Obi, le questionner, savoir si son supérieur avait pu partager un détail concernant leurs potentiels opposants, des individus qui pourraient entraver leur opération... mais en voyant ainsi l'air décontenancé qui avait étreint son visage, ses yeux chercher désespérément la présence de Locke... elle comprit. Elle vit son poing se crisper au coin de ses yeux, ses iris se parer de cette sourde colère amenant à l'indignation ; et d'un seul coup, ce fut l'éclat de joie du plus jeune qui la fit réagir de nouveau, d'un sursaut presque instinctif. Le garçon semblait s'extasier, comme s'il ne s'agissait là que d'un spectacle visant à ravir son attention des plus beaux atours de majesté ou de spectaculaire – un tour de magie, l'impression grandiose de l'irréel.

Obi paru bouillir. Son teint s'était rembrunit, animé par une ardente envie d'agir, de prémunir et d'accourir, si ce n'était pour ces chaînes invisibles qui parurent le clouer sur place, incapable de faire ployer sa chair aux injonctions de son esprit. L'incertitude – envers lui-même, certainement – et le manque de confiance le tenaillaient de toute part ; ils étaient ces adversaires sourds et muets qu'il ne parvenait pas même à discerner tant ils lui semblaient naturels. Autant, peut-être, que l'insouciance n'habitait Lulu sans réaliser la gravité de ce qu'il observait alors.

Le minois de la blonde se referma, sa mâchoire se tendit légèrement : Obi ne sauterait jamais le pas sans que l'on le lui intime. Il avait besoin d'ordres, de cadre – d'être certain.
Alors, sa voix se fit douce, mais ferme – posée comme empreinte d'urgence. Son regard épousant l'océan vint se figer dans le sien, comme pour lui soutenir le poids de ses paroles.

« Écoutes ta colère sans la laisser te dominer. Le plus important pour le moment est de venir en aide à la population – c'est pour elle que ce coup d'état a été fomenté. »

Elle observa une fois encore le large où s'était tenu l'explosion, avant d'ajouter :

« Si les choses se passe mal, tu n'auras qu'à dire à Locke que c'était mon initiative. Il ne t'en voudra pas d'avoir voulu veiller sur « la bleuzaille ». »

Ses talons la détournèrent de son air hasardeux, pavant son chemin jusqu'aux abords de la cabine où la hâte enrobait chacun de ses pas. Sa dextre s'enferma sur la garde de son bisento tandis que sa jumelle se pressa contre la dague qui siégeait dans l'ombre de ses vêtements afin de s'assurer de son éternelle présence ; et d'une paume fauchant l'air, ses doigts se refermèrent sur les reliefs d'une cape olive – presque terreuse.

De quelques enjambées, sa silhouette surgit sur le bord du navire, au-devant de la position d'Obi. La jeune femme ne marqua un temps d'arrêt que pour détourner son attention une ultime fois vers l'endroit où se trouvait le garçonnet de plus tôt, et de lui héler, à haute voix :

« Lulu ! Dis à Locke que nous sommes allés regarder les feux d'artifice de plus près. Ce serait le bon moment pour amorcer son plan avec une telle distraction. »

Elle entrevit à peine l'urgence qui s'était épris des traits du Knightwalker avant de bondir jusqu'au port, et abandonner derrière elle le navire où demeurait encore le reste de l'escadron.

Un fin sourire se dessina sur son visage lorsqu'elle embrassa l'air marin vêtu de toute la chaleur des braises s'éteignant dans ses bras aqueux – il n'était pas si acerbe, finalement. Ce n'était qu'un enfant dont l'intime besoin de reconnaissance dépassait son propre libre arbitre. Elle le voyait, derrière elle, à s'évertuer d'avancer aussi vite qu'il ne le pouvait pour se tenir sur les lieux le premier, ne serait-ce que pour l'affirmer avec fierté devant ses pairs.
S'il y avait bien une chose que Ra lui avait appris, ce n'était autre que le revers meurtrier que la précipitation pouvait emmener avec elles aux frontières de leurs vies.

« Sois prudent, n'importe quel bâtiment pourrait exploser à son tour. », lui souffla-t-elle lorsqu'il rejoignit son flanc.

Elle s'arrêta à quelques pas de la rue principale menant à l'entrepôt, dans l'un des recoins du bâtiment succédant à celui en flammes afin de jeter un coup d'œil en direction des nouveaux arrivants.

Elle murmura, doucement, à son comparse : « As-tu déjà vu cette hyène auparavant ? Pourquoi s'en prendrait-il à cet entrepôt ou aux habitants ? Sa destruction impacte forcément les affaires du Cheb... s'il lui est opposé, pourquoi attaquer la population ? »

__________________________________________________________
récapitulatif:

_________________


THE ETERNAL CONQUEROR







SHURA EMBERYS


Shura Emberys
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Sam 20 Aoû - 1:33




[Présent] Pour Saba  Ynni
Aire Huline


    -Moi ? Je donne de la glace aux gens pour pas qu’ils finissent assoiffés. Je suis Aire, Aire Huline !


Il avait naïvement répondu au cornu après s’être tourné vers lui, puis l’homme-mangouste le détailla brièvement avant de faire un pas en arrière, portant sa patte velue sur ses lèvres comme s'il venait de commettre une gourde. Aire Huline venait de voir les humains dans le sillage du bouquetin, était-il possible qu’il s’agisse d’un envoyé du Cheb ? Peut-être était-il en train de se jouer de la candeur et de la spontanéité du touffu. Peut-être que le glacier en avait déjà trop dit !

    -Vous, plutôt, que faites-vous ici ?! Balança-t-il en pointant Shalon et son groupe du doigt. Vous ne m’aurez pas !


S’il s’agissait véritablement de mercenaires, le Huline n’aurait pas hésité à sortir le grand-jeu. Il l’aurait fait sans tergiverser, quitte à devoir faire mal à son prochain. Pour le peuple comme pour ses frères qui avaient été embarqués au mitard.

    -N’allez pas sur le terrain de la violence, peu importe qui vous contraint, il y a toujours moyen de vous tirer de ce sort.


[Présent] Pour Saba  R6m9
Vergono


Vergono s’était tapé le crâne de sa paume, il en avait déjà assez après un seul appel. Pourquoi s’emmerdait-il avec cet homme-loup déjà ? Le félin allait devoir s’activer et trouver un moyen de localiser Karim avant qu’il fasse quelque-chose de répréhensible. Bien que la bêtise naïve de l’Ookami était un facteur qui pouvait créer des situations improbables et amusantes, ça l’aurait emmerdé de devoir s’occuper du sale boulot et de rendre des comptes au lion. Umeshu l’avait informé de la position de celle qu’il avait visiblement appelée, aussi l’homme-chat se mit en route pour enquêter. Il fallait bien commencer par quelque-part, la taverne était à une vingtaine de minutes à pied. Sur le chemin, Vergono porta son escargophone à ses lèvres.

    -Son groupe ne sait pas où il est, peut-être qu’il se trouve dans la cité. Ça serait problématique.


Il raccrocha aussitôt en pestant, puis accéléra la cadence jusqu’à la taverne de la Cuvée Sèche. Repérer Eileen n’était pas un problème pour lui, il l’avait déjà vue et une femme démon dans tel quartier sortait du lot. Aussi, il y avait une autre composante qui attirait l’attention. Des soûlards grimés de rides, pareils à des raisins secs, lorgnaient tous la femme-chienne l’accompagnant. C’était qu’une si jolie jeune femme était rare dans la région, surtout si prête de ce genre de lieu. Lorsque le révolutionnaire vit Eileen, il se rendit face à elle en balançant séchement ses mots.

    -C’est moi, Vergono, celui que vous avez eu à l’appareil. Vous savez où peut être Karim ? C’est là tout votre groupe hormis lui ? Le boss l’attend, le temps va commencer à presser.


Aucun effort de socialisation, c’était vraiment pas son truc.

[Présent] Pour Saba  Dnnn
???

    -Tout ce que je sais ? Lâche-moi déjà, malpropre ! Lâche moi sinon je hurle et t’auras toute l’attention du monde !


Devait-elle appeler l’autre ? Elle pouvait très bien le faire, mais admettre que la mioche lui avait échappée l’emmerdait fortement. Ce gars encapuchonné aussi, lui les brisait, c’était quoi ces manières ? Quelle journée de merde. Quittant ses pensées, il lui fallut peu de temps pour analyser sa situation, perdue dans cette ruelle, soulevée par un inconnu accompagnée d’un toutou enjoué et un vieillard perplexe.

    -Puis t’es qui au juste ? Continua-t-elle en se débattant, balançant ses cheveux dans tous les sens, notamment dans la gueule de son assaillant pour l'emmerder.


En même temps, deux fines dagues fendirent l’air pour se figer devant le vieil homme non loin du ravisseur. Les avait-il vues provenir de derrière la rousse ? L’une se trouvait face aux deux trous d’yeux du vioc’, l’autre à côté de sa jugulaire.

    -Lâche moi et mes acolytes invisibles épargneront ce type. Finirait-elle en rictus, si on ne l’avait pas dégommée avant.


[Présent] Pour Saba  Cmst

Le palais se dressait en plein centre de la cité, laquelle était organisée tout autour comme le Cheb l’avait voulu. Le monument était considéré par beaucoup comme l’un des joyaux architectural des blues, selon beaucoup sa beauté reposait sur une combinaison rythmée d’éléments concaves et convexes. Peu d’hommes-bêtes eurent l’occasion de s’y rendre, hormis les servants, par moment les plus riches y étaient conviés dans de grandes fiestas organisées généralement à la dernière minute. L’on disait que le propriétaire des lieux, Khaloud II, faisait cela pour meubler son temps, abattre son ennui. Le furet s’approcha sans problème, il pouvait contempler sa grandeur, diverses mosaïques sur fond d’or disposées ci-et-là sur des blocs de marbres servant de bases de piliers se relayant les uns les autres tout autour du palais.  Des gardes étaient disposés à l’image des piliers, il s’agissait d’hommes-zèbres qui se tenaient stoïque, au garde à vous, un fusil dans le dos.

L’entrée principale du bâtiment central était accessible à tous, les portes géantes étaient ouvertes ce jour-là, quatre gardes dispatchés en binôme de chaque côté de celle-ci. En son devant, Fizz pourrait apercevoir deux personnes en pleine discussion. Une jeune femme portant une tenue de garde, un casque visé sur le crâne et une clope au bec, ainsi qu’un homme torse nu face à celle-ci, dos à la bestiole.

[Présent] Pour Saba  Vkmx [Présent] Pour Saba  7m1p
Lizbeth Flynch ; Kin Levi


    -Quel goujat ! Comment le Cheb peut laisser passer ce genre de remarques ?
    -Donnez-moi l’ordre et je m’en occupe, il n’a de fort que l’apparence.
    -Surtout pas ! Son pouvoir nous est plus qu’utile. Il n’est pas remplaçable.
    -Il n’est pas remplaçable, pas remplaçable…


Pourquoi toujours ça ? Les pouvoirs de l’un ne sont pas remplaçables, les connaissances d’un autre ne sont pas remplaçables. C’était quoi cet argument à deux balles ?

    -Oh, tout mignon ! S’écria soudain la jeune femme, voyant qu'une créature se détachait de l'avenue principale pour se rapprocher des portes, allant en leur direction.


Lizbeth mit de côté le Levi pour se focaliser sur cette petite bebête, un furet certainement, si elle s'en rapprochait elle pourrait en être certain. Allait-elle s'en rapprocher ? Cela suffit à énerver le brun, encore de l’attention bazardée ailleurs. C'en était trop. D’un vif pas, il s’élança à une vitesse surréaliste devant la bestiole, puis le plat de son pied mué d'un frisson vint la percuter.

    -Nooooon Kin ! Les mains gantées de la Flynch vinrent cadrer ses pommettes, figeant sa surprise. Elle s'aggrava alors à l'encontre du taré. Pourquoi t’as fait ça ? Au pied !
    -Grgngrngrn.


Pourquoi avoir fait ça ? Et pourquoi donnait-elle toujours plus d’importance aux autres ? Pourquoi ne le considérait-on que lorsque besoin s'en faisait, au juste ? C’était insupportable. Tout le monde semblait irremplaçable, tout le monde semblait valoir l’attention d’un autre, tout le monde sauf lui. Il grommelait intérieurement, le mercenaire à la coupe au bol et au dos tatoué n’en pouvait simplement plus. Lui, ce qu’il voulait, c’était juste un poil d’attention et un os à ronger à défaut de jouer avec.

[Présent] Pour Saba  Op8t [Présent] Pour Saba  R1x0
Shahdi ; Nepentes


    -Alors, c’est quoi le plan ? Je comprends pas les règles d’ton jeu.
    -On attend la nuit pour y aller. Ils feront dodo, ça sera plus simple.
    -Hein…


Devait-il la considérer comme complètement idiote ou mettre cette réflexion sur le dos de son âge ? Nepentes semblait dépité, se retrouver là, tapis dans un buisson décoratif de terrasse, à contempler au loin l’entrée du palais du Cheb.  Sa main en visière, il plissait les yeux afin d’identifier les silhouettes plantées depuis un bon moment à l’entrée, au-devant des gardes homme-zèbres. Ses yeux sortirent alors de ses orbites, voyant l’une des ombres se mouvoir à toute vitesse pour tirer un coup franc dans une petite silhouette. La mâchoire de Nep’ tomba en grand, peut-être que Shahdi n’avait pas tort finalement.

    -Nooooon ! C’est méchant. Nenep' suis moi !


La mioche avait également assisté à la scène, Fizz avait été propulsé au loin pour violemment atterrir dans une façade fleurie d’un beau bâtiment. Elle tira la main de son nouveau camarade pour le contraindre à la suivre jusqu’au point de chute de la créature qui serait bien amochée, pouvait-elle encore se mouvoir ? En tous les cas, sa tête serait certainement dans les étoiles en ces instants. Une fois à ses côtés, la brunette s'abaisserait pour la prendre dans ses petits bras, câlinant le frêle corps comme un objet que l’on chérissait et protégeait.

    -Oh, tout choupi ! On va te soigner petit machin mignon, faut voir dame Doragol pour ça. Nenep’, on fait pause sur le jeu un temps ! C’est par là, suis-moi.
    -QUOI ?!


Elle se mettrait en chemin sans plus attendre, la bestiole lovée contre elle. La soirée du petit bonhomme allait être longue.


[Présent] Pour Saba  Twpa [Présent] Pour Saba  Opem [Présent] Pour Saba  Cs7z
Bad Lulu ; Obi Knightwalker ; Issa Gomae

Le révolutionnaire sentit son cœur battre comme un fou, cogner dans sa poitrine comme s’il était sacrément pressé. Son esprit vrillait derrière les meurtrières de son âme, des iris tourbillonnantes droguées au stress et l’ensemble des hormones l’accompagnant. Peur et hésitation valsaient dans son corps, le jeune homme était là en quête d’assistance, d’une main tendue pour le tirer d’affaire. C’était un véritable malaise qui était à ses trousses.

Alors elle survint de nulle part, du moins, de là où il ne l’attendait pas. Cette blondasse pistonnée se mua en un véritable phare, indiquant la voie à suivre. Ses mots semblaient justes, faisaient échos avec ses propres idéaux si bien qu’Obi pesta de ne pas les avoir sortis lui-même. Il ne pouvait décidemment pas la blairer, cette bleusaille, et pourtant elle lui était vitale en cet instant : le mépris douteux qu’il ressentait pour elle constituait une solide accroche lui permettant de rester à flot.

    -Oui Lulu… oui, tiens informé Monsieur Loke ! Balança-t-il à la suite de l’Emberys avant de s’élancer dans ses pas.
    -Un feu d’artifice ? Pour qui elle m’prend c’te vieille. Pesta le gamin.


De toute façon, il n’avait pas prévu de bouger de là. Les explosions, c’était comme les tatouages : ça allait aux autres, pas à lui. Et s’il pouvait gratter une petite discussion en tête à tête avec Locky il ne s’en serait pas privé. D’ailleurs, que foutait-il toujours dans sa cabine ? Elle allait durer combien de temps, sa conversation téléphonique ? C’était que Bad avait enfin de parler flingues.

    -Aller les gars, on s’active ! On récupère un max et on crame le reste.


De son côté, l’homme-bête et sa clique s’étaient réunis à quelques mètres de l’entrepôt, ignorant le chaos qu’ils avaient initié. Ils devaient vite pour ce genre d’opération, pas de stress, ils étaient habitués. Aussi, la dizaine d’hommes entourant l’apparent leader du mouvement s’activèrent à rentrer muni de sacoche dans l’entrepôt, d’autres sortaient des leurs des bouteilles en verre dans chacune desquelles était fourgué un torchon. Le cornu sourit, ça allait le faire, fissa et facile. D’autres de ses gars gardaient la ruelle afin de couvrir ses arrières et ce n’était pas des tocards de commerçants ou ces peureux de gardes qui allait l’emmerder. Personne ne voulait s’en prendre à lui ni à son boss.

Terreur. Effroi. Souffrance.

Trois termes qui assiègeraient l’esprit du Knightwalker en s’étant approché du lieu de la première explosion, essayant de reléguer Shura dans son sillage. Des hommes-bêtes comme simples humains avaient été pris dans le souffle de l’explosion, certains étaient calcinés, partiellement pour les chanceux, d’autres étaient inertes, écrasés par des débris du bâtiment planté. Des voix frêles lui soufflèrent leur détresse, tourmentant à jamais son cerveau. Puis la tempête de l’action le ramena à la réalité : quatre hommes-bêtes issus d’une ruelle adjacente au port, à l’angle de laquelle l’explosion eut lieu, se mirent à hurler en sa direction tout en courant. Quel était le sens de leurs paroles ? Obi n’eut le temps de cogiter, leur course s’arrêta net dans d’écarlates giclures. Une silhouette à deux longues oreilles enjamba les désormais carcasses en continuant son chemin. Ce pelage immaculé, ce kimono sombre ceinturé de rouge et ses deux katanas.

    -Issa Gomae.
    -Putain de Djin, on pouvait pas espérer pire !


Tandis que les hommes d’Issa tombèrent au sol, l’homme-bête à l’initiative de l’explosion semblait dans une délicate position. Lui et ses gars étaient pris en étau, devant eux se trouvait une connaissance de longue date en un homme-lapin qui se présentait à tous. Il était là, marchant doucement et sûrement en sa direction, sortant de la ruelle d’où il provenait pour poser pied sur le quai principal. Le Gomae regardait autour d’eux, à sa gauche, à quelques mètres de lui, c’était la panique complète : les commerçants, gardes et douaniers étaient en train de décamper à toute vitesse en partant dans la direction d’où proviendrait Obi et Shura. A sa droite, l’entrepôt flambait partiellement, et derrière lui c’était le grand bleu, la mer et son hasard.

    -Où est X ? Questionna l’épéiste, en accélérant sa marche, posant sa patte sur la garde de l'un de ses katanas.
    -Espèce de… putain de merde ! Se plaigna le cornu en extirpant son Den Den Mushi de sa poche.


Ce fut à cet instant que le Knightwalker tiqua, son pas s’accéléra, dévorant la distance lui séparant de la scène. Il dégaina alors son épée pour s’interposer entre les deux interlocuteurs. Il fit ainsi face au responsable de l’explosion et sa clique pour les pointer de sa lame. Celle du peuple.

    -Espèce de criminel ! Rends toi de suite avant que je sois obligé de te découper pour tes crimes !


Il n’allait pas laisser Shura prendre l’initiative ce coup-ci. En passant devant elle, il eut envie de la remercier au fond de lui, ce ne fut que passager, il se recentra rapidement sur ses intentions primaires.  Ses couilles étaient retroussées au maximum dans son slip, son front suait à grosse goutte, mais sa peur était modérée. Oui, il était tranquille, Obi avait saisi que le criminel craignait le héros qui se trouvait dorénavant dans son dos. C’était un révolutionnaire, certainement, un défenseur du peuple, un homme qui travaillait avec Molly Orloss. Ce Djin semblait de cette trempe.

    -Djin, c’est ça ? Questionna-t-il, se tournant vers le principal concerné. Héhé, laisse-moi me présenter : je suis Obi Knightwalker, le représentant de Lo-


L’unique image renvoyée par ses deux yeux se scinda en parties divergentes. Ressentit-il une vive douleur le parcourir ou sa conscience s’était-elle déjà éteinte ? Issa, les hommes-bêtes, comme Shura, pouvaient assister à cette scène cauchemardesque : les deux morceaux d’Obi se détachèrent verticalement dans une effusion sanglante et, lorsque dans un bruit mat, la carcasse du révolutionnaire lâcha son dernier souffle, le Gomae extériorisa ce que tous pensèrent pendant que l’Usagi rengaina son arme et réitéra sa question.

    -C’est la merde, putain c’est la merde.
    -Où est X ?


Djin Usagi
[Présent] Pour Saba  Sc3c




    -Ca sent mauvais.
    -Recommande si ça à l’air dégueu’ !
    -T’es d’un con parfois. C’pour ça que t’es mon pote, bagagaga !


Sur ce braillement, l’homme-démon de trois mètres se leva d’un raclement de chaise. Il contempla son assiette un temps, regardant sa bavette bien entamée, puis se plongea dans l’arche de pierre blanche. Si les humidificateurs externes permettaient d’oublier les chaleurs souvent extrêmes de Saba, le passage en intérieur constituait toujours un réel plaisir. C’était là son kiff, ce changement d’air et cette soudaine chute de température. A l’ombre des colonnes jonchant la salle, le colosse s’avança vers la longue table rectangulaire à laquelle étaient attablées mainte personnes.

Une fois à hauteur d’une en particulier, à la moitié de la longueur gauche de la table, le tas de muscles se courba pour murmurer quelques mots à l’oreille de son maître.

    -La petite a disparue et on a un autre soucis. Ce-
    -May et Lizbeth sont là pour ça. Finis ton repas, Big, le temps fera le reste. L'homme s'essuya la lèvre avec un tissu en soie et reprit. Calme aussi le demeuré qui te sert d’ami, ma tolérance a un seuil avec ces gens.
    -Je sais, je sais, il part bientôt où vous savez.
    -Grand bien, ils apprendront dans ce cas ! Que toute action engendre son lot de conséquences.



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Shura Emberys
Shura Emberys
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pour saba

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L'écho de ses paroles ne semblait avoir trouvé aucune consœur, aucune réponse si ce n'est le hurlement d'une hyène au loin dont le désespoir paraissait se faire l'égal de la frayeur des habitants. La jeune femme osa un coup d'œil envers son acolyte dont elle lui avait intimé la prudence quelques secondes plus tôt ; observa son accoutrement plus proche du soldat que du marchand dans la crainte tacite qu'il ne lui apporte des regards couvés de rancœur. Elle avait remarqué à quel point son désir de reconnaissance l'avait amené à se montrer imprudent, à courir, courir pour la semer dans son sillage afin de siéger en premier sauveur, combien sa volonté mal placée occultait tout danger en faveur de la gloire.

Elle craignait son inconsistance avec la même ferveur qu'elle s'inquiétait des actes de ce pilleur. Elle était force comme faiblesse, faille comme source de grandeur – elle qui n'avait jamais eu d'homme sous ses ordres d'une telle sorte, pourrait-elle seulement la canaliser ?

Au loin, son attention sembla capter l'arrivée d'une tout autre présence : celle d'un homme bête dont les longs appendices trahissait sa promiscuité avec les lapins. Instinctivement, son corps se rapprocha du renfort métallique contre lequel leurs silhouettes s'étaient appuyées, dans cette si maigre tentative de dissimuler davantage sa présence. En vain, en un sens ; il se paraissait accaparé par nulle autre chose que l'être qui se tenait face à lui, sans regard pour autrui.

Le connaissait-il ? Sûrement, si l'on s'en tenait à ce nom qui flottait si librement sur ses lèvres dans un air de familiarité – la véritable question était de savoir s'il se tenait à ses côtés en allié ou en ennemi. « Où est X ? »... Est-ce un code ?
Elle n'eut pas le temps d'apporter plus de réflexion à cette pensée : déjà, Obi s'était élancé au-devant de leur position pour s'interposer entre ces deux individus, pressé par cette même hargne qui l'avait taraudée plus tôt. Sa voix s'éleva, presque criarde, afin de tenter de le rattraper, la main tendue vers l'ombre qu'il délaissait derrière lui... sans pour le moins y parvenir.

« Obi ! Att– »


Ses mots se tarirent sous le poids d'une anxiété grandissante, de peur que son acte ne dévoile leur présence à tous deux. Tenu là, dans cette candeur injurieuse qui offrait son échine à un inconnu sans se soucier qu'un quelconque assaut ne pourrait s'en suivre, il avait commis une erreur qui lui vaudrait le prix de sa vie.

Elle vit ses actes se dérouler comme s'il ne s'agissait que d'un film répété par un Escaméras, que ces paroles présentées étaient celles d'un axe prédestiné dont elle ne pourrait influer la course. Observatrice de son manque de discernement, elle était témoin de l'affront fait à la logique, à l'offrande faite à son appétit d'acceptation et de sublime : dans sa mort, il n'y eut que la vaste suprématie de l'attendu, de la conséquence et du dégoût.

Comment avait-il pu s'élancer aussi facilement sans examiner la situation ?
Comment avait-elle pu le laisser faire ?

Son corps se fendit en deux aussi aisément que s'il n'avait été bâti d'une chair de cire, tranché par une lame qu'elle ne put même empêcher d'être dégainée. Il y avait dans son acte le naturel de l'exécution, d'une mise à l'épreuve dont la seule orfèvre tenait dans l'hémoglobine qui couvrait le pelage de cet homme du même péché que son acier.
Il n'existait pour elle de plus précieux qu'une vie humaine ; à ses yeux, il ne semblait rien tenir de plus dérisoire.

Elle se tint là, tétanisée sur place comme si ses muscles avaient épousé la quiétude de la glace et de la neige : comme si le froid de l'hiver avait jeté son dévolu sur ses pensées et sa psyché pour en occire le réel et l'évidence. Elle se souvint du sang qui avait un jour tâché ses mains, de celui qui avait emporté le cœur d'un amant dans la quiétude d'une nuit. Cette boucherie avait tout de son contraire : vif à défaut d'embrasser la langueur, arbitraire et désinvolte.

Pourquoi, alors, sa langue s'était parée des plus beaux atours de la répulsion, ses entrailles ne s'étaient tordues de l'humiliation et du mépris de l'existence d'un autre ? Elle avait contemplé son lot de cadavres, autrefois – aimés comme inconnus – mais jamais dans ce lot de violence qui s'offrait tout entier au dérisoire et à l'insignifiant.

Lentement, son ombre se plissa aux aurores de sa chute, dissimulée dans ce renfort d'acier et d'argent qui ne saurait protéger suffisamment son esprit. Ses genoux heurtèrent le sol silencieusement, assourdis par le fracas de ce maelström qui se jouait au plus profond d'elle.

Un seul son réchappait dans sa psyché, tel un écho dépourvu de toute forteresse pour en perpétuer le sens :  pourquoi ? Était-il ennemi ? Allié à cette hyène dont le seul désir était celui de détruire ? Pourquoi semblait-il aussi apeuré, craintif ? Désemparé, peut-être, à l'idée de subir un sort similaire ? Pourquoi l'avoir tué ? D'une façon si violente qu'elle appelait aux représailles d'une colère bouillonnante, si monstrueuse qu'elle reflétait l'indifférence et l'insolence de tout vécu, tout souvenir et toute existence ? L'avoir tranché comme s'il ne méritait ni considération, ni respect ; que ces années de vies n’avaient aucun but, aucune raison d'être. Qu'il fût aussi insignifiant qu'un insecte parcourant vaguement le monde où la lâcheté se mêlait à l'ignorance pour mieux être écrasés dans la paume des puissants.

Ses pensées spiralaient indéfiniment dans la quête d'une quelconque réponse, d'un quelconque geste qui lui apporterait la quiétude d'une explication : celle de la loi du plus fort, de camps ennemis, opposés où la nécessité prévalait sur toute forme de fraternité. Sa logique lui soufflait ces murmures au creux de son oreille, lui intimait tant d'enseignement qu'elle ne pouvait en créer pour lui faire garder un semblant de raison – mais au fond d'elle, Shura savait.

Son geste n'était pas anodin. Il était le propre de tout être, le résultat de différences et de principes qui ne pouvaient égaler les siens. Elle connaissait la diversité du monde pour l'avoir effleuré du doigt, la multiplicité de ces points de vue et des songes de chacun.

Là où elle avait observé la mort d'un homme, elle avait été confrontée à la naïveté sa propre nature.

Pourquoi l'avait-elle emmené ?

Son estomac se rebella de nouveau, tordant sa silhouette sous le joug du dégoût. Sa paume s'imposa contre les reliefs de fer de cet abri tandis que tant d'ombres fusaient sur ses flancs pour s'échapper, et dans cette clarté involontaire lui imposant sa faute, elle vomit comme elle haït sa propre crédulité.

Si les choses se passe mal, tu n'auras qu'à dire à Locke que c'était mon initiative.

Elle était celle qui avait considéré sa vie d'une façon aussi sûre et désinvolte que ces flammes ne lui apportaient l'immortel ; celle qui avait pensé qu'aucun danger ne le taraudait comme nul ne la menaçait jamais. Qu'agir sans prévenir était dérisoire, puisqu'un filet serait toujours présent pour la rattraper, pour panser ses plaies et ses erreurs : dans son ego criant de désarroi, elle avait pensé pouvoir protéger là où elle en était incapable. Azwelle l'avait prévenu.

« Ne penses jamais, je dis bien jamais, que ton pouvoir pourra te sauver.
C’est à toi et toi seule de le faire. »

Sa naïveté l'avait tué de la même manière qu'elle tuerait encore et encore les âmes sous son commandement, jusqu'à ce qu'elle ne comprenne à quel point elle était responsable de leurs vies comme elle ne l'était de la sienne. Elle ne pourrait les guider, les mener à cette grandeur inespérée qu'elle affublait des dorures de la liberté sans le comprendre.

Pourquoi l'as-tu enjoins à te suivre lorsque tu ignorais comment le diriger ?

Elle ne pourrait gouverner sans protéger les âmes sous sa responsabilité, d'autrui, comme d'eux-mêmes ou de ses propres erreurs : panser leurs blessures comme son ignorance. Un roi veillait sur ses sujets comme il ne les couvent de son pouvoir et de sa protection ; aujourd'hui, sa puissance l'avait aveuglée jusqu'à occulter sa propre mortalité. Celle d'Obi. Toute âme en ce monde est destinée à mourir, à s'éteindre – et jamais ces flammes salvatrices comme sa volonté ne pourront les en détourner.

En désirant le pouvoir, elle devait en accepter la responsabilité. Celle de prendre sous son aile les espoirs comme les existences des âmes rejoignant sa cause ou voguant à ses flancs comme des égaux. Celle de devoir tuer pour préserver, d'épouser à armes égales la volonté de détruire pour mieux prospérer.
Elle devait comprendre à quel point la confiance était synonyme de risque ; combien celle qu'elle pouvait inspirer était gage d'une âme malléable comme d'une offrande. Ses hommes lui offraient leurs vies ; sa seule responsabilité était de les honorer à la hauteur de leur engagement. Les principes qu'elle chérissait ne valaient pas leur sacrifice.

Tel un animal blessé dont le seul instinct était de chercher la sûreté, le corps de la jeune femme se pressa dans le recoin inanimé de ce refuge, l'esprit alourdi par tant de pensées qu'elle ne put en discerner ; de murmures intrusifs qui s'imposaient à elle d'une façon si déraisonnée qu'elle fut incapable de les rapprocher du réel. Son crâne la tourmentait, assaillie d'une douleur enivrante qui se refusait à mourir dans ses veines. Elle tambourinait, encore et encore, emplissait son esprit du seul ordre que celui de survivre.

Timidement, ses doigts vinrent se presser autour du combiné de son Escargophone immaculé, d'une si vaine tentative que celle de chercher à contacter l'âme demeurée sur ce bateau – Lucke – pour donner un sens à cet irréel... mais il n'y eut de seul écho à sa douleur que le combiné absent de cet objet placide, condamnée à l'attente et à l'écoute de ces êtres assassins.
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récapitulatif:

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THE ETERNAL CONQUEROR







SHURA EMBERYS


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