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[Exemple de Présentation] Where is Ryan ? Ryan is in the Seken
Dan Eudoras
Dan Eudoras
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Feuille de personnage
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Dim 4 Sep - 22:29

Ryan D. Crusade



  • Nom : D. Crusade
  • Prénom : Ryan
  • Surnom : Exemple de Prez
  • Âge : 21 ans
  • Sexe : Masculin
  • Race : Humain
  • Lieu de naissance : Grand Line
  • Camp : Marine
  • Métier : Médecin
  • FDD / Arme : Zoan du Kiwi
  • Équipage : /
  • Buts / Rêves : Aider les citoyens.


Description Physique

Il y a une particularité à noter sur Ryan dès à présent. Ses cheveux sont blonds, fins et coiffés sur le côté, laissant une grosse mèche dépasser du côté droit, touffue et rebelle. Son regard est en lui-même un exercice de la nature à part entière : la couleur change en fonction de ses émotions. Quand il est calme, ils sont d’un bleu sans prétention, ni océan, ni ciel, un juste milieu. Quand il ressent une émotion forte, ils se tournent vers le bleu océan jusqu’à la plus profonde de ses teintes, cousine du noir. A contrario, lorsqu’il pense froidement, ses yeux prennent la couleur d’un ciel sans nuage, un banal ciel d’East Blue par exemple. Comment cela est possible ? Réaction chimique, gêne héréditaire sur son code génétique, c’est impossible à dire. Tout ce qu’il est possible de savoir, c’est que cette particularité n’a aucun effet sur lui, il s’agit juste de quelque chose d’esthétique qui prévient tout de suite son interlocuteur quant à la couleur locale.

Il a les épaules larges et les muscles puissants. C’est un combattant au corps à corps aisé, qui apprécie le contact du sang sur sa peau quand celui-ci vient du corps des ennemis du Gouvernement. Il est recouvert de cicatrices héritées de la Grande Guerre qu'il garde en souvenir des soldats tombés au combat. Ayant vécu dans des conditions extrêmes dans sa jeunesse, il accueille aussi certains stigmates de cette époque qui se distinguent cependant des blessures faites à l’épée.

Généralement, il se balade en tenue de Marine mais lorsqu'il est en civil, il porte un long manteau noir, agrémenté d'un tee-shirt d'une couleur aléatoire, rouge en général. Sa hache se trouve toujours tenue par un système de maintien dans son dos.


Description Mentale

Vous aurez facilement deux personnes comme Ryan sur un champ de bataille. Principalement parce qu’il est d’un tempérament téméraire et rentre-dedans. Il aime se battre, c’est un fait indéniable, il aime le sang de ses ennemis sur sa peau, et le contact de l’acier d’une épée avec celui de sa hache. C’est une sensation qu’il n’échangerait pour rien au monde. Mais blesser un innocent en revanche, c’est une autre histoire.

Ce caractère téméraire est contrebalancé par une intelligence tactique qui l’oblige à réfléchir à chaque coup qu’il porte sur le champ de bataille. Il n’est pas de ceux qui possèdent les capacités tactiques des grands dirigeants, du Général des Armées, ou du moins c’est ce qu’il pense. Il n’a jamais réellement essayé de diriger, puisqu’on ne le lui a jamais demandé, il sait juste naturellement rassembler les gens autour de lui. Cette assurance est redoublée par sa volonté à toute épreuve : Même si la bataille est perdue d’avance, il n’abandonnera pas si la vie de ses camarades est en jeu.

Une autre chose à savoir sur lui : Il a beau être téméraire lors des batailles, il est en général très calme en dehors et il faudra être réellement exécrable ou capricieux pour l’énerver. De même, la couleur de ses yeux représentatifs de son état d’esprit est en majeure partie froide, comme s’il était plongé dans une vaste et intense réflexion. Il se montre en général distant avec les autres, ne créant pas facilement de liens à première vue, bien qu’en réalité il s’attache trop vite, et n’est pas particulièrement bavard avec ses proches. Il respecte la hiérarchie et obéira toujours à un ordre sauf si celui-ci est foncièrement mauvais. Ce Ryan-là a été façonné par ses expériences, mais ce n’est encore qu’une esquisse de ce qu’il pourrait devenir.


Histoire

« L'absurde n'a de sens que dans la mesure où l'on n'y consent pas. » - Alfred de Musset

Il y a une ville sur une petite île perdue sur Grand Line, une ville nommée « Sun City ». Ses habitants sont de joyeux lurons, des blagueurs invétérés, et croyez-moi quand je dis cela. Certains d’entre eux sont bons vivants, ils aiment avoir un coup dans le nez, se bagarrer à en perdre quelques dents. C’est le genre de chose qui arrive souvent ici : on sort des cadavres des bars, et tout le monde en rigole, même la famille. Surtout la famille, car comme on dit, « Mieux vaut en rire qu’en pleurer », vous ne trouvez pas ?

Et puis pleurer, mais pleurer à quoi bon ? Pour qui ? Pleurer, ça ne ramène pas les morts, ça fait juste chialer les gosses. On se doit de leur apprendre la vie, aux gamins, sinon ils finissent comme Ryan. Oh, vous savez, c’était un brave gamin, celui-là. Il avait l’habitude de rire comme les autres, même s’il sonnait faux. Tout ce qu’on demande c’est l’illusion de la gaieté. Une « illusion courtoise », comme dirait l’autre. Mais ce petit merdeux n’est pas comme les autres.

Sa mère a essayé de le remettre dans le droit chemin, elle lui a foutu deux torgnoles et elle lui a interdit de pleurer. Il est trop sensible ce gosse ! Ah, et puis merde, il me donnait moi aussi envie de pleurer. Je crois que j’ai jamais eu aussi honte de toute ma vie, mais quand mes yeux se sont embués, au lieu de rester comme un chêne à attendre que le temps passe, je lui ai foutu un coup de pied dans le ventre. Il a craché du sang sur mes chaussures, alors j’ai recommencé. Tout ça parce que mon gamin était mort. Son meilleur ami, qu’il disait. La famille, c’est précieux, mais ça sert à rien de pleurer. Mon père me l’a appris, et le père de mon père l’a appris à celui-ci. Qu’on soit un homme ou une femme, on ne pleure pas, bien sûr.

Si je vous raconte ça, c’est pour que vous compreniez. Que vous compreniez qu’on n'a pas eu le choix. Ce Ryan… c’est juste un gamin, mais lui il est vivant. Et puis les gamins ça doit s’endurcir. Alors on l’y a envoyé. Je vous jure que j’étais contre. Mais on était obligé, c’est pour son bien. On sait bien que l’Enfer nous rattrapera, qu’il nous punira pour nos crimes envers nos enfants. Mais nos gosses ne doivent pas payer le prix de leur naissance : Nous le paierons de nos âmes s’il le faut, mais nos marmots ne le paieront jamais plus.

____________________


« - C’est impossible de sauter jusque là-bas, tu vas crever ! »

Il y a trois enfants sur la branche de l’arbre. L’un d’entre eux, le plus âgé, Ryan – identifions-le tout de suite – est blond, un peu comme la paille qu’on recueille pour faire nos nids ou le soleil qui accompagne nos voyages, selon son exposition à la lumière. Il a le regard un peu bleu, mais au final personne n’y fait attention, ici. Ses yeux ont l’air de joyaux, de saphirs. Trop concentrés sur leur survie ces mioches ne me remarquent pas arriver. Ils se trouvent dans la Forêt des Souvenirs, comme les humains l’ont nommée. C’est un beau lieu pour une pie qui y a élu domicile. Mes ailes battent alors que je fonds sur le jeune Ryan. Le blondinet se rattrape à une branche en esquivant habilement mon attaque – il s’est bien amélioré en deux mois de survie – mais celle-ci craque et il tombe la tête la première vers le sol.

Je ne travaille pas pour les charognes, moi ! Alors je volette vivement, arrivant à proximité du futur cadavre. Quand je tente de lui chaparder ses yeux, il se redresse dans les airs et utilise une branche plus solide sur le passage pour se rattraper. Les hurlements des autres gamins m’agacent, mais ça semble lui donner de l’adrénaline et je finis par stagner dans les airs. Il s’amuse à sauter de branches en branches à présent, et tente à nouveau de rejoindre ses copains en me jetant un regard inquisiteur. Quel affreux voyou celui-ci ! Ah, si seulement je pouvais obtenir ses yeux plus clairs que le ciel en cet instant.

Quand je me pose sur une branche un peu plus éloignée de la sienne, pour éviter un potentiel coup de lance-pierre, il se met à observer les alentours et somme un des autres gamins de me surveiller. Ce n’est donc pas aujourd’hui que je vais pouvoir lui en faire voir de toutes les couleurs. Me grattant les plumes, je fais mine de me désintéresser de leur aventure. On l’appelle La Forêt des Souvenirs parce que nous, les pies, nous habitons les lieux depuis des siècles maintenant ! Notre présence est incontestable, et nos nombreux vols sont attestés. Ne croyez pas que ça me fasse plaisir, cette réputation de chapardeuse. Il n’y a rien que j’ai plus en horreur que la sensation d’être détestée. Mais bon, on n’y peut rien, c’est dans notre nature. Comme c’est dans celle de ces gamins de pleurer et de tenter de survivre.

Depuis trois ans, j’en ai vu passer des imbéciles dans leur genre, mais Ryan est malin. Il a réussi à unir et conduire les différents petits groupes pour créer une véritable communauté d’enfants ! Il a instauré l’hygiène, la chasse, les gardes et a même réussi à brûler quelques branches, ou peut-être était-ce un autre, qui sait. Avant, les gosses s’entretuaient, et les adultes disaient dans le village que c’était « la sélection naturelle ». Je n’y crois pas, mais alors pas du tout ! Nous, les animaux, nous sommes soumis à la sélection naturelle : notre intelligence est très limitée, nous vivons par instinct, et uniquement par instinct ! C’est parfois peut-être mieux, au moins nous n’avons pas à nous inventer pour exister.

« - L’oiseau nous regarde encore, grand-frère ! »

Tout le monde l’appelle « grand-frère », même s’ils n’ont pas de liens de sang. Ça les rassure sûrement, mais nous, on n’a pas besoin de ça. Déjà, notre langage est tronqué, nous ne gardons que l’essentiel : communiquer avec les bébés, pour la reproduction, et prévenir du danger. Peut-être que j’en oublie, pardonnez ma mémoire sélective.

Mais revenons-en aux enfants ! Avant, ils avaient un tyran comme chef. Je ne me souviens plus de son nom, il est mort avec lui de toutes les manières. Il avait des yeux de monstre, et croyait dominer le monde du haut de ses quinze ans. Il en a fait crever des gamins, pour sûr ! Il a même envahi mon nid à plusieurs reprises dans l’espoir d’y trouver mes œufs, et une fois, il m’a pris mes pauvres petits. Avec Ryan, ça n’arriverait pas ! Il a même aidé un de mes petits tombé du nid. Je l’ai vu, mais je n’ai pas senti son odeur sur mon oisillon, comme s’il en était dépourvu.

Donc, ce gamin avant Ryan, était un vrai tyran. Puis le blondinet est arrivé, avec son sourire lupin et ses yeux océans. Ah, il n’était vraiment pas content ! Un coup sec, pas une once d’hésitation ! Il a planté le silex dans la gorge du jeune homme. Les autres se sont affolés, mais il les a calmés. Il est bon avec les autres. Un bon petit gars.

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La pie se concentre trop sur les détails. Moi, je souffre des péripéties de ces enfants, mais je les vis aussi avec eux. Je suis l’arbre sur lequel ils sont montés et qu’ils n’ont pas l’air de vouloir quitter. Vous vous demandez peut-être ce qu’ils font là, à observer l’horizon, mais surtout pourquoi ils ont été placés là, dans cette forêt. Il y a beaucoup de choses que vous ne savez pas. Je vais donc vous raconter les bruits que le vent m’a rapportés, lors de ces froides nuits d’hiver.

Je suis ici depuis un demi-siècle, et l’histoire de cet enfant est une première. Ryan, car c’est bien lui dont vous voulez entendre parler sinon vous n’écouteriez pas un vieil arbre inanimé qui s’adresse à vous comme un conteur à son auditoire, avait un ami d’enfance, un certain Steve. Ils traînaient toujours ensemble, collés comme des siamois, indissociables comme des frères. Ils étaient innocents, comme l’innocence qui s’incarne tragiquement dans les êtres les plus fragiles. Et arriva ce qui devait arriver, une nouvelle banalité chez les humains : lors d’une bagarre, un homme cassa une bouteille de vin et planta le goulot dans l’œil de Steve. Il en mourut dans la nuit, et personne ne pleura. Personne, mais Ryan n’est pas personne. Ses pleurs ont ému la forêt, ont fait trembler les branches et frémir les buissons, ont parcouru les chants des oiseaux et les hurlements plaintifs des mammifères.

Il avait été la première personne à pleurer sincèrement en plusieurs décennies. C’est le genre de choses que les humains n’aiment pas, mais que la nature accueille avec patience. Et les hommes ont compris qu’il était le cœur d’une infection qui risquait de se propager, mais ils n’ont pas eu le cœur à tuer un autre de leurs enfants. Alors ils l’ont banni, banni jusqu’à ce qu’il se soit repenti de ses péchés, dans la partie hostile de l’île là où sont envoyés les criminels juvéniles. Tous ceux autour de lui maintenant sont des morveux qui ont volé, tué ou tout simplement été identifiés comme une menace pour la ville. Tous ceux qu’ils n’ont pas pu exécuter pour leur crime à cause de leur âge.

Quand Ryan est arrivé, il a pris le pouvoir pour défendre les opprimés. Il ne croit pas que ces enfants soient méchants, et moi non plus. Ils sont justes tarés, inconscients. C’est leur défaut ultime, leur seul défaut à vrai dire. Mais comme un grand-frère, le blond veille sur eux. En arrivant ici, il avait déjà quelques bases ! Une maîtrise de son corps plus avancée que celle des autres gamins. Et pourtant, on aura beau dire, il a quand même réussi à s'améliorer. A présent, sa société fonctionne bien. C’est une jolie société d’enfants. Ah, ils viennent de descendre de mes branches. Je me sens soulagé d’un poids, celui de l’innocence ! Qu’il est lourd à porter quand il est brisé en plusieurs morceaux. Ryan est le dernier à descendre, il regarde encore l’horizon quelques instants, comme guidé par un espoir muet. Il n’y a rien là-bas, juste la ligne scintillante de l’océan. Parfois, je me demande s’il veut partir, et si oui, comment s’y prendra-t-il.

Le moment venu, il saura.

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« - Grand-frère, il y a un bateau sur la côte ! »

Ryan regarde le garçon qui vient de lui parler et lui demande de lui indiquer la direction pour qu’il aille voir lui-même. Il faut aussi qu’ils restent cachés, au cas où les marins se trouveraient être de vilaines personnes capables de leur faire du tort. J'en oublie presque la politesse, je suis la ceinture, moi. Celle qui permet de retenir les pantalons bouffants et qui tient les couteaux de chasse. On a tendance à ne pas faire attention à moi, surtout quand je suis de si basse facture : je n’ai pas de boucle décente, mon cuir est entaillé de toute part et je risque de me briser à n’importe quel moment. Heureusement mon possesseur fait attention. Il espère ne pas avoir à se séparer de moi de sitôt, enfin sauf si une occasion d’en avoir une meilleure se présente. Et qui pourrait le blâmer.

Il me resserre en arrivant sur la côte. Ses yeux balayent sûrement l’océan en ce moment. Nous sommes arrêtés quand une bête sauvage sort de nulle part. Ryan effectue un mouvement du pied précis, l’animal se heurte à celui-ci et valse quelques mètres plus loin. Sûrement un nouveau dans les parages, la plupart des autres animaux ont déjà appris qu'il vaut mieux se tenir éloigné de ce petit bonhomme. Si je pouvais rigoler, je le ferais d'ailleurs ! La créature part sans demander son reste, et le bateau à proximité s’avance. C’est un navire étrange, tout de fer recouvert, il ne ressemble pas à ces bâtiments de plaisance en bois que Ryan avait l’habitude de voir au port de son village natal.

Le mastodonte de fer s’avance vers la côte et le blondinet reste là, figé sur place, craintif ou admiratif. J’aimerais bien voir sa tête en ce moment ! Je suis sûr que c’est un spectacle qui vaut le détour ! Quand les hommes en uniforme posent pied à terre, ils dévisagent longuement le gamin.

« - Tu es tout seul ? Demande un homme, une cigarette pendant à la main. »

Le petit ne réagit pas. Je tente de me serrer mais impossible, je ne suis qu’une ceinture inanimée après tout. Un homme arrive alors avec un escargot bizarre et indique qu’une urgence requiert leur attention immédiatement. Un « Tu veux venir avec nous, gamin ? » retentit alors, et d’autres enfants arrivent les uns après les autres, sortant des bois. « On ne fait pas garderie… Embarquez-les, on va les sortir de cette forêt. ». Bonjour la civilisation ! Ryan va enfin pouvoir se débarrasser de moi.

Il voyage le loupiot, il voyage ! Ah, mais il me garde quand même un sacré bout de temps. Sur une île, la plupart des marmots sont évacués mais le mien est plus résistant, il a le regard d’un homme bon, d’un homme prêt à tout pour aider le peuple à ce qu’on dit. Il ne pleure plus maintenant, Ryan. Le pauvre petit a déjà donné les seules larmes sincères dont il était capable, et il vivra avec sa peine des années durant. Peut-être toute sa vie.

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On a du vous raconter déjà pas mal de choses sur Ryan. Ce blondinet est intéressant sur plus d’un point. Et pour moi, c’est sûrement ‘le plus intéressant des hommes’. Je dirais bien sûr ça de n’importe lequel de mes maîtres. Depuis qu’il a seize ans, il ne pense qu’au combat, à se jeter corps perdu dans la bataille. C’est une attitude irrespectueuse pour celui qui est manié dans cette affaire, c’est-à-dire moi en l’occurrence. Je le lui dis parfois ! Je lui fais faux bond à la dernière minute, et il est proche de la mort à chaque fois, mais il est incapable de se corriger. Il est têtu ce gamin. Trop pour son propre bien.

La personne qui lui a enseigné la maîtrise de la hache à manche long est un vieil homme aujourd’hui décédé. Comment ce vieux con est-il mort ? En glissant sur la glace, en plein hiver. Paf, fracture du crâne, il n’y avait rien à faire. Depuis, mon maître apprend en autodidacte. C’est un apprentissage plus lent, et il culbute parfois à certains endroits, mais c’est en souvenir du vieil homme qu’il dit. Et avec moi, il partage tout. Quand il nettoie ou polie ma lame, il me parle. Les autres marins dans les bases où il passe le prennent pour un cinglé, ce qui a le don de le faire rougir. On ne dirait pas comme ça, mais il a un côté timide ce gamin !

La situation, imaginée comme cela, peut paraître ridicule, mais c’est beaucoup plus grave dans l’esprit de ce jeune homme. Il est tout le temps sur ses gardes, méfiant avec tout le monde et froid avec la majorité. Les seules fois où il se déride, c’est quand son seul ami vient le voir. C’est un Colonel qui vaque sur les Blues avec son équipage. Il l’emmène parfois pour des missions diverses et variées, comme taper des révolutionnaires ou anéantir des pirates. C’est dans ces cas-là qu’il se sent vivant ! Transpercer la chair, ôter la vie, il n’y a rien de mieux. Cette sensation de pouvoir assombrit ses yeux et attise sa colère. Le Colonel le lui fait remarquer de temps à autre, mais il ne le critique jamais. Les deux hommes sont très proches, sans pour autant s’entendre particulièrement bien. Ils ne parlent pas la majorité du temps, c’est ce qui rend leur relation si bizarre. Le seul fait d’être l’un à proximité de l’autre semble les apaiser mutuellement. Moi, je ne crois qu’en l’amitié que les batailles font éclore.

Quoiqu’il en soit, Ryan est passé inaperçu ces dernières années. Il a beaucoup voyagé, c’est sûrement son principal avantage. Il connaît le monde et le perçoit non pas d’un point de vue pessimiste mais d’un point de vue réaliste. Il sait comment les choses fonctionnent là, et il n’est pas près de vouloir les faire changer. Il accomplit son boulot, la sale besogne, et ne lui en demandez pas plus. Tant qu’il est conscient de ces choses-là, tout ira bien. Il ne nous mettra pas dans le pétrin ! Ah, mais vous voulez peut-être savoir plus précisément ce qu’il a fait ces dernières années. Il a participé à la Grande Guerre ! Ah, cette bataille, je m’en souviendrai toute ma vie. Marineford, le sang des révolutionnaires sur ma lame… Et la sensation de plusieurs épées qui apprennent à mon maître ce qu’est la vie, ça n’a pas de prix. Il n’en est pas ressorti indemne, bien sûr. Mais il en est ressorti plus fort. Plus dangereux. Et comme à chaque fois qu’il frôle la mort, il a appris de ses erreurs.

« - Mettez-vous en place ! Les révolutionnaires arrivent, nous devons les repousser ! »

La voix d'un vieux Colonel résonne dans tout le bâtiment tandis que mon jeune maître trépigne d’impatience. Il me saisit vivement au passage tout en commençant à se diriger vers le pont, prêt à en découdre mais l’homme en charge des lieux semble avoir d’autres projets pour lui. Il le stoppe, fronce les sourcils, grogne un court instant – il n’a pas le temps, comme à son habitude, de s’éterniser en recommandations – et finit par lâcher un ordre d’une voix inhabituellement sèche. « Va aider à charger les boulets, maintenant ! ». Il ajoute ensuite un « Déjà que t’es pas censé être ici » grisant pour le marine. Alors que Ryan grimpe quatre à quatre les marches en direction des canons, deux choses attirent son attention : la barrière violette qui arrête les boulets de canon comme s’il s’agissait d’une agression à peine bonne à prendre en compte et la couche de glace qui se forme au-dessus de l’eau. En réalité, de là où il est, il ne peut apercevoir ce qui est à l’origine de ce phénomène de glaciation mais il ne doute pas qu’il doit s’agir du fameux Elimane Loyckh. Plus au loin, son regard ne peut malheureusement pas capter la présence du chef de la Révolution, un homme auquel il aurait aimé, un jour, se confronter. Pourtant, tout en continuant à grimper vers les canons, il remarque l’attaque d’un homme vers le créateur de la glace qui apparaît finalement dans son angle de vision. Un cyborg, se propulsant à une vitesse hallucinante. Plus loin, un bloc de platine tombe dans l’eau, dévié par les tirs d’un sniper sur l’un des bateaux. Ryan capte les deux actions du coin de l’œil, mais continue sa course. On lui a donné un ordre et il serait prêt à tout pour l’exécuter.

Par lui suite, comme dans chaque guerre l’inévitable se produit, les révolutionnaires commencent à répliquer avec l’armement des bateaux détournés de la marine. Une explosion retentit au-dessus de nos têtes – enfin, de la sienne et de ma lame –, et un bloc s’écroule juste à côté de mon maître. Les canons du port viennent d’être presque entièrement anéantis en quelques tirs, et des cadavres gisent déjà parmi les décombres. Des fantômes de veuves et d’orphelins hantent ma lame, et viennent s’accumuler sur le sol de Marineford par la faute des hors-la-lois. S’il s’était trouvé avec eux, ce beau garçon aux yeux d’un bleu presque océan ne s’en serait sûrement pas sorti, aussi habile fut-il.

Comme mû par la peur, le blond recule et écarquille les yeux. Il doit avoir une sacré frousse celui-là ! En même temps, six navires de guerre de la marine se sont rendus vers les révolutionnaires, et deux ont été survolés par une étrange créature qui semble endormir les membres à bord. Un papillon aux ailes effrayantes, la seconde du chef de la Révolution.

« - Monte vers les canons plus haut ! Hurle le Colonel en commençant à courir, ayant rattrapé Ryan après lui avoir demandé de monter. »

Le jeune soldat a dû oublier l’armement supérieur, les canons situés un peu plus haut au cas où les premières lignes de défense sont détruites. Bien sûr, le blond a encore le choix : Rejoindre les canonniers ou profiter du spectacle ici, participer à la bataille de sa vie. Et le choix est vite fait : Comme à son habitude, il choisit l’option la plus téméraire. Se joindre directement à la bataille contre les révolutionnaires. Quelques-uns d’entre eux débarqueraient d’ici quelques secondes, dépassant la couche de glace sur l’eau et se dirigeant vers le Quartier Général. Le Colonel le regarde un long moment avant d’acquiescer d’un signe de la tête. Pendant ce temps, le chef de la révolution s’élève vers le ciel, inatteignable, sous la forme d’une météorite et le colonel se transforme en géant de glace. Décidément, ce champ de bataille ne manque pas de spectacle à observer.

Ma lame frémit déjà à l’idée d’être recouverte du sang impur de ceux qui se trouvent en ces lieux sans autorisation. Et tandis que le blond s’élance dans la Grande Guerre, des révolutionnaires viennent à sa rencontre. Il n’y a heureusement à proximité aucun haut-gradé dans les rangs adverses, juste du menu fretin déjà assez fort pour donner à Ryan du fil à retordre. Il est encore faible ce jeune homme, encore frêle.

Deux ses coups atteignent ses cibles alors que trois d’entre elles commencent à le transpercer au niveau du torse : une rapière et deux épées bâtardes. Sa musculature permet d’arrêter en partie la course des armes ou du moins de ne pas leur permettre d’aller en profondeur. Tout à coup, derrière lui, le Colonel qui l’a amené ici utilise son corps imposant mais habile pour placer des prises de catchs sur les révolutionnaires.

Quelques secondes plus tard, le monde devient brusquement lourd autour de Ryan, et il flanche presque sous le coup de cette puissance invisible. Une force surhumaine semble le retenir de s’écrouler, contrant l’effet de cette anormale pesanteur : Du Haki des Rois. Son allié, le Colonel à côté de lui, tient bon mais quelques révolutionnaires à côté de lui flanchent comme des mouches.

« - Mes adversaires ! S’insurge alors le blond en se tournant vers le quartier général où se déroule l’affrontement des titans, jetant un regard noir à l’homme dont l’équipage vient de débarquer : l’Empereur Liga D. Tengen. »

Le marine aux côtés de mon maître semble reculer, comme si quelque chose venait de l’effrayer. Alors que Ryan se retourne, il peut apercevoir l’offensive menée par Taka Sayouri, une Maréchale de la Révolution, celle qui dressait plus tôt les barrières violettes grâce à son fruit particulier.

« - A couvert ! Ordonne le Colonel alors que le blond semble tout à fait prêt à donner sa vie contre la puissante bretteuse pour la ralentir ne serait-ce que quelques secondes. »

Laissant passer les forces armées tel un traitre, maintenant son jeune disciple au sol, l’homme aux cheveux grisonnant a pris la plus sage décision. Celle de sauver ce gamin, ce futur médecin, ce marine. Un peu plus loin, un Vice-Amiral s’occuperait de la jeune femme, mais pour le moment il n’y a rien que Ryan puisse faire. Pourtant, comme pris dans un élan de courage ou de folie surréaliste, le Colonel dégage le blond d’un coup de pied, le fait tomber sur la place en contrebas et s’élance vers la jeune femme. Si mon maître doit courir dans la direction opposée, il n’en remarque pas moins, après être tombé sur des révolutionnaires retardataires, que son protecteur s’est éteint contre la Maîtresse des Mots.

« - Et merde ! Hurle-t-il sans pouvoir attirer l’attention de la bretteuse, découpant la tête d’un ennemi d’un coup de hache furieux et désespéré. »

A ce moment-là, le Colonel de Glace se dirige vers la Maréchale. Si Ryan ne peut lui être d’aucune utilité, sa poigne se raffermit alors qu’il observe son supérieur s’élancer dans la bataille. Il est réellement galvanisé par la prestance de Loyckh Elimane. En s’éloignant cependant de ce champ de bataille, mon maître continue de donner des coups et d’en recevoir avec la rage des combattants.

Combien de temps cela dura-t-il ? Combien de temps macula-t-il les rues de Marineford de son sang et de celui de ses ennemis ? Combien de temps, enfin, avait-il dû faire face à la mort dans cet enfer terrestre ?

C’est quelques dizaines minutes plus tard que les pirates firent demi-tour avec leur Empereur, une fripouille qui s’est mêlé à la bataille pour rappeler qu’il existe. Il a l’air sympathique pourtant, encore un homme que le marine aurait pris plaisir à affronter si l’occasion s’était présentée. Alors, après quelques minutes supplémentaires, un commandant vient réquisitionner l’aide du blond pour transporter un soldat blessé.

« - Mais… Et la bataille ?! »

Ryan s’en veut sûrement de ne pas pouvoir en faire plus. Mais les révolutionnaires battent en retraite, et on lui indique clairement qu’une sanction sera prise s’il désobéit aux ordres. Sans lutter, il me range dans son dos et lâche une dernière injure en voyant s’enfuir au-dessus de sa tête trois révolutionnaires, trois Maréchaux.


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Il n’y a pas que la bagarre dans la vie. Entre tuer des vies et les sauver, l’équilibre n’est jamais bien évident. C’est pour ça que Ryan m’a toujours sur lui : son attirail de médecin. Je suis composé de compresses, d’alcool à haut degré, de divers petits éléments tels que des scalpels ou des attèles. Il m’emporte avec lui, en même temps que sa hache, et ne me quitte que lorsqu’il doit réellement aller combattre. Je suis son bien le plus précieux quand il s’agit de sauver la vie des gens. Mais vous demandez-vous comment, dans cette vie tumultueuse, la médecine a-t-elle bien pu prendre une place ? Je suis ici pour l’expliquer, mais avant, un peu de médicament contre les migraines ? Prenez, j’insiste, c’est à base d’herbes naturelles, un ami herboriste de Ryan les a glissées il y a quelques temps dans une de mes sacoches, mais lui ne les a toujours pas remarquées. Autant que ça serve à quelqu’un !

Je vais donc vous aider à comprendre, en partie, comment les choses se sont déroulées. Ryan n’est pas ce qu’on appelle « un médecin né ». Il est à l’origine maladroit avec ses mains, hésitant, et ce n’est que par nécessité qu’il est devenu le soigneur qu’il est aujourd’hui. Ses gestes sont de plus en plus précis avec le temps, vous savez. Il pourrait pratiquer une appendicectomie les yeux fermés… Enfin, il serait un fou de le faire, mais il pourrait ! Je crois… Ah, la première fois qu’il a soigné quelqu’un, c’était à ses quatorze ans. Le colonel qui l’a recueilli est un homme d’une grande puissance mais il se blesse tout le temps. Quand l’apprenti combattant a remarqué ça, il a commencé à lui appliquer les premiers soins, puis s’est naturellement tourné, en parallèle de son entraînement, vers la médecine appliquée. Il est spécialisé dans la chirurgie traumatique, un domaine qui demande une réactivité extrême. Contrairement aux médecins qui portent une blouse blanche, lui en a toujours une noire lorsqu’il voyage. Comme un ange de la mort, certains disent. Cela décontenance, cela effraie, mais à quoi bon rassurer les agonisants ?

Après quelques années d’apprentissage, il a commencé à opérer. D’abord sur des cadavres – je me souviens qu’un de mes scalpels a été souillé par les infects résidus de l’estomac d’un mort – puis sur les vivants. Il a aussi déjà opéré des animaux, pour aider quelques camarades, mais ce n’est pas son domaine de prédilection. Il préfère de loin les humains : sauver la vie d’un homme offre une sensation différente que trancher le fil de la vie sur le champ de bataille. Il faut être minutieux, et parfois, la hache m’a dit qu’il reproduisait cette minutie contre ses ennemis. Son comportement est décidément lunatique. Enfin, passons, je vais vous raconter sans les détails, surtout avec les impressions que me donne mon apparat, la première opération de Ryan.

C’était un homme de quarante ans. Transpercé par une lance en dessous de l’abdomen, lésions multiples, perte de sang importante. Il a été admis rapidement mais un champ de bataille avait réquisitionné la plupart des chirurgiens aptes de l’hôpital. Ryan n’avait jamais opéré en solo, mais comme il l’a dit à ce moment-là en saisissant ma hanse : « Il y a un début pour tout. ». Alors il s’est lancé, il a demandé à ce qu’il soit transféré en salle stérile, à ce qu’on lui apporte des injections, des machines, des poches de sang et des outils. En quelques minutes tout était prêt et il a commencé la plus importante opération de sa vie. Les dégâts étaient étendus, mais il a réussi à stopper les hémorragies, à faire repartir son cœur – deux fois ! – et a même réparé les dégâts majeurs avant l’arrivée d’un chirurgien qualifié qui a pris le relais. On lui a dit « Bon boulot », et on en a retiré le mérite, mais il s’en fichait. Une vie était sauvée, celle d'un soldat qui se fit tuer deux mois plus tard en repartant trop tôt à la bataille, mais ils s’en fichaient. Satanés médecins incompétents. En temps de guerre, ils ont tendance à renvoyer trop tôt les malades à l’abattoir. « Bah, s’ils peuvent emporter un ou deux ennemis avec eux » qu’ils disent !

Je crois que j’ai de la chance avec Ryan, il préfère sauver des vies qu’en gâcher, et prend donc soin de ses patients. C’est un bon petit gars. On vous l’a déjà dit ? En même temps, toutes ces voix qui vous parlent depuis tout à l’heure ne sont pas vraiment objectives. Notre lien avec ce jeune homme peut être affectif comme la hache, la ceinture et moi, ou contemplatif comme l’arbre et la pie. En même temps, qui nous en voudrait ? Personne ne fait attention à nous : Nous sommes votre quotidien. Pas celui de tout le monde bien sûr, mais certains d’entre vous. Et ce garçon qui regarde le ciel avec une couleur aussi pure que celle de ses yeux… Cela doit être le destin qui l’a mis sur notre route. Je serais heureux que vous me compreniez. A présent, disparaissez ! Ryan prendra le relais prochainement, il vous narra peut-être les aventures qu’il a vécu, et peut-être que cela vous intéressera ou vous ennuiera à mourir. Je m’éteins tout doucement, ma voix devient à murmure et… Un dernier souffle.


Hors Roleplay



  • Pseudo : One Piece Seken
  • Âge : 11 ans de vie en communauté
  • Comment avez-vous connu le forum ? : Je suis le forum.
  • Un mot à dire ? : Fais vite ta présentation on veut rp avec toi !!!



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Dan Eudoras
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