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Concours d'écriture Noël 2022
Maître-Jeu
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Dim 4 Déc - 20:24

Cette fin d'année s'annonce magique. Vous, petits êtres de lumière, offrez nous votre talent sous au pied du sapin !

Il est temps de rendre hommage à vos talents d'écrivains pour ce concours ! Vous avez carte blanche pour réaliser un texte (Nouvelle, poésie, théâtre, essai ...) qui distraira l'ensemble des lecteurs au travers d'un seul et unique thème commun à bon nombre de concours :
"Un cadeau de Noël idéal pour le personnage de votre choix"


Dans l'idée, ce serait de raconter un cadeau que vous avez choisis d'offrir à un PJ/PNJ/PI. Le pourquoi, comment du choix, la façon de l'offrir, bref, tout ce qui entoure ce cadeau !!!

Vous pouvez bien entendu choisir des gens que vous n'avez pas rencontré irp, inventer des liens etc ! Tout est HRP et full hors-série, donc faites vous plaisir !!!

 Vous avez jusqu'au 15 Janvier.

Des lots ! Oui des lots pour les trois gagnants ! Le premier choisit un lot parmi les trois, le deuxième prend un lot parmi les deux restants, le troisième prend le dernier lot !


Spoiler:

Maître-Jeu
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Erwin
Erwin
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Sam 14 Jan - 17:47

Nouvelles



A chacun son...

La liste s’étendait jusqu’au bout de la pièce, finissant par s’enrouler sur elle-même pour donner l’impression d’un rouleau dont on ne distinguait pas la fin. Le vieil homme assis dans son fauteuil regardait les noms dont l’ordre n’avait ni queue, ni tête, mais qui lui convenait parfaitement. Il sourit avec un air détendu : à chaque nom était associé un cadeau qui représentait en quelques sortes la valeur de leurs actions de l’année passée. « Lida Asya – Orange » : cette pauvre femme avait eu une année difficile après tout, mais ses exactions avaient mené à de nombreux drames. Certains recevraient un sou, d’autres du charbon. Les meilleurs auraient ce qu’ils désiraient le plus au monde. Certes, pour John Pacifique, la première idée avait été « des jambes » mais il l’avait modifié pour « un bel encrier dont l’odeur lui rappellerait sa jeunesse ».

Nikolas Klaus, aussi surnommé « Le Père Noël », prit la direction de son atelier. Des petits elfes chantaient en travaillant un air de jazz – enfin, « elfes », mais ce n’était ni plus ni moins que l’espèce à partir de laquelle les Dévoreurs étaient nés – et semblaient crier à l’agonie quelques notes plus hautes que les autres. Quand l’un se blessait par sa bêtise, tous souffraient à l’unisson. Leur lien mental était si puissant qu’ils n’étaient peut-être en réalité qu’une seule et unique entité. Parfois, des écarts se produisaient...

♫Mamamia, Here I go again… ♪

La pensée dissonante fut bientôt pestée par l’ensemble de l’atelier. Un cri strident retentit tandis que Pantoufle, l’un des chats du Père Noël, attrapait le malheureux elfe dissident et l’avalait d’un seul coup.

- Recrache ça, sale matou ! Hurla le vieil homme qui, avant de frapper ledit tigré, se jura comme à chaque fois que l’année prochaine il serait sur la liste des enfants sages.

Quand la boule de poils recracha ce qu’il venait d’avaler, le pauvre elfe traumatisé repartit au travail en chantant à nouveau l’air de jazz que les autres entonnaient avec l’énergie du désespoir. Plus que trois nuits et ils pourraient enfin envoyer les cadeaux aux quatre coins du monde… Heureusement, cette fois-ci c’était le service postal de la Mère Noëlle qui s’occupait de délivrer, grâce à son nouveau postier : un dénommé Sail.

Le matériel

- J’ai trouvé le cadeau idéal ! Hurla Yang dont les yeux étaient cernés à l’extrême.
- LE CADEAU I-DE-AL ?! S’enjailla Mikai qui n’en pouvait plus de leurs interminables réunions.
- Euh… Plaît-il ? Demanda l’ambassadeur de Flevance en ne comprenant pas ce que cela venait faire ici.

Ils étaient en pleine réunion, et si tous tentaient de se concentrer sur la chose, Yang avait tout simplement abandonné à cause de son manque de sommeil. Il s’était donc mis à imaginer ce qu’il pourrait offrir à ses enfants pour Noël qui était au tournant. Heureusement, cette année il avait moins de cadeaux à faire… Enfin, malheureusement, mais encore fallait-il trouver un petit bonheur dans leur malheur. Le plus beau cadeau pour lui ça aurait été d’en avoir plus à offrir…

- Peut-on se… Et quel cadeau ? Fit finalement Iralia qui elle-même devait offrir quelque chose à son garde du corps, par tradition, et ne voulait pas encore taper dans le poison.
- Un aéronef, c’est une sorte d’engin volant, je crois que la Division Scientifique en a encore…
- Détruits. Remerciez l’Archer, maugréa Mikai. S’il avait privilégié la défense de mes inventions à sa vie…

Le râle était présent. Pour Mikai, la reconstruction de son laboratoire était le plus beau cadeau au monde. Enfin, de l’un de ses laboratoires… Et Lars… Comme d’habitude, il était bien mystérieux. Ah, et Silver, mais tout le monde l’oubliait celui-ci. Peut-être que le Père Noël pourrait lui offrir une personnalité cette année ?

L'immatériel

- Le plus beau cadeau du monde c’est…
- C’est toi.


Les deux vieillards s’étaient amourachés quarante ans plus tôt, alors qu'ils étaient déjà vieux à ce moment-là. Certains, des mauvaises langues, pourraient dire qu’ils étaient nés vieux… Ce qui était peut-être vrai, qui aurait pu prouver le contraire ? Ces deux personnes n’étaient pas très connues, et elles ne cherchaient pas à l’être. Lidy, la demoiselle aux cheveux autrefois d’un beau bleu marin et aujourd’hui d’un bleu électrique pétant, avait été tuée. Enfin, officiellement elle s’était noyée à cause du corail machin… Et Fudo n’était pas vraiment meilleur qu’elle puisqu’il aurait été assassiné par ses propres alliés à force de leur faire des crasses dans le dos. Après avoir disparu de la circulation tous les deux, ils s’étaient retrouvés, avaient beaucoup bu et… un pari en entrainant un autre, ils avaient finalement quitté leurs corps pour « mourir » dans celui de vieilles personnes trouvées au hasard dans la rue.

L’une des raisons de leur départ était sûrement le fait que les enfants de Lidy étaient devenus des délinquants notoires et mettaient les continents à feu et à sang. Etrangement, Fudo l’évoquait régulièrement avec une certaine fierté. Elle n’était pas vraiment pour… Mais à quoi bon lutter quand ses rhumatismes la prenaient. Alors elle allait voter pour l’exclusion des Longues-Jambes de l’île, et elle se disait qu'elle avait fait son devoir de citoyenne, puis revenait auprès de son ami avec qui elle passait de longues nuits d’insomnies.

Aux premiers flocons de neige, ils se faisaient chaque année le même cadeau et le découvraient comme s’ils ne l’avaient jamais vu. Ils s’échangeaient leurs cœurs le temps d’une journée. C’était la confiance qu’ils éprouvaient l’un envers l’autre, leur plus beau cadeau.
Erwin
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Aslan Moore
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Dim 15 Jan - 15:46
Ceci est une lettre de remerciement pour la confiance accordée par Lidy Olsen de la part d'Aslan, en espérant qu'elle offre un brin de bonheur avec le cadeau qui l'accompagne.

Préparez-vous mademoiselle
Ou bien vous en tomberez de votre chaise
Un cadeau idéal vous attend
Royalement installé sur son piédestal

L'emballage est flamboyant
Imposant ainsi toute sa superbe
Donnant envie même aux moins curieux
Y a-t-il un diadème ? ou bien un simple souvenir

Oh, je peux vous l'assurer
L'idéal est aussi vrai que je l'imagine
Saissisez-vous du cadeau
Et nulle doute que vous serez comblé
N'est-ce donc pas un livre d'histoire que vous espériez ?
Aslan Moore
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Antarès
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Dim 15 Jan - 21:30


Tue l'amour


Un homme énucléé, vêtu d’un costume immaculé, les accueillit à l’entrée de la luxueuse salle dont le marbre et les murs étaient à l’image du trois pièces. Celle-ci avait été vidée de l’ensemble de ses meubles, ne demeurait qu’une table carrée en son centre, cadrée de deux chaises et d’une table d’appoint destinée à ne pas trop charger la table des tourtereaux. L’hôte entra alors dans la salle, s’aidant de sa canne et de son fluide perceptif pour conduire ses clients spéciaux à leur place.

-Aujourd’hui, donc, vous aurez le droit à notre menu étoilé d’exception. Le visage de l’aveugle chercha celui de la femme qu’il percevait aux côtés de la voix de son contact. Madame, il a été fait sur-mesure sous l’impulsion de monsieur. A sa demande, le Chef Etcheboutze a conçu douze services uniques qui ne sauraient être reproduits une seconde fois. C’est là une grande chance.
-Pour moi, il est même doublement étoilé. Le brunet posa délicatement sa main au derrière de l’épaule de sa tendre. Pour l’une des rares fois de sa vie, celle-ci aurait pu le voir grimé d’un sourire candide : sans arrière-intention. A quoi pouvait-il bien penser ?
-Mon investiture pourrait être plus ou moins rapide, je le serais sûrement d’ici la mi-année tu me diras. Merci, Fudo.

Un raclement de chaise plus tard et les deux se retrouvaient face à face attablés, une rose bleue pour seule séparation.

-Toujours aussi terre à terre, hein. Laisse toi vivre un peu et détends toi. Personne ne sait qu’on est ici, et ceux qui le savent ne pourront plus le dire.

A ces mots, une vague naquit du fond de ses yeux pour faire frémir l’atmosphère, le notifier de sa présence : lui, cet homme damné qui s’apprêtait à vivre l’un des rares moments paradisiaques de sa vie. Un bruit mat aurait pu être entendu à l’entrée de la salle, un second l’avait suivi dans la foulée avec une note boisée. Le serveur avait eu le malheur d’entendre son prénom.

-Les autres conviendront mieux.

A ces mots, un pion identique rentra puis vint à leur hauteur. Celui-ci avait une carte à la main sur laquelle était écrit en lettres d’or divers noms de plats. A la différence de son prédécesseur, cet homme n’avait pas d’oreilles : il en avait été privé. La carte fut tendue au vairon, ses yeux roulèrent sur les inscriptions avant de se poser sur la crinière céruléenne de cette femme lui faisant face. Les affres du temps n’étaient là que pour sublimer une beauté qu’elle avait déjà à leur toute première rencontre.

-Laisse toi surprendre pour une fois, Lidy. On va débuter par le premier service : carpaccio, dé de poires en vinaigrette de mangue et verrine chaud-froid de tartare-sauce écarlate.

Il pouffa un coup, ça faisait combien de temps que le brun ne s’était pas senti si léger ? Ici, avec elle lui faisant face, rien ne pouvait l’atteindre. Absolument rien.

Le futur du monde souterrain et terrestre réunis dans cette bulle hors du temps.

Ce jardin d’Eden.

-C’est débile, leur appellation.
-Et tu peux me dire de quoi est le carpaccio ? J’aime pas trop les monstres des mers.
-Tu le sais déjà, non ?

Un rictus comme réponse. Fudo n'était pas surpris, avec le temps, il avait appris à lire en elle comme dans un livre ouvert. Du moins il voulait le croire.

Une boule de nerf naquit ainsi dans son estomac.

Elle savait déjà.

___


Le temps fila sous ses yeux, rythmé par le déroulement d’un vaisselier en porcelaine. La Secrétaire Générale des Armées boulotait chaque plat qui lui était amené : du carpaccio ils étaient passés à des brochettes et un semblant de bavette.

-Elle est drôlement tendre. Je l’aurais imaginée plus nerveuse. C’étaient là les seules paroles qu’elle lui offrait, un maigre compromis pour cette femme n’aimant s’ouvrir.
-Essaie la joue, elle doit être moins fondante.
-Même pas.
-Peut-être qu’à la fin elle s’est décrispée.
-Tu crois ?
-Au vu de comment je m’y suis pris, j’en doute.

Le mafieux s’était arrêté un temps, repensant de suite à sa sombre condition et les tourments qui l’éprenaient au quotidien. Son esprit avait dérapé, laissant les volutes de tension déborder de son estomac à l’atmosphère de la pièce. Comment un être voué à prendre la place de nouveau Souverain des Ombres aurait pu se défaire de ses maux pendant plus d’une demi-heure ? C’était impensable, il n’était voué qu’à détruire autrui sinon s’autodétruire. Et, pourtant, le regard pétillant de l’intrépide lui faisant face le poussait à s’extirper de ces tribulations. Fudo se reprit alors, après tout il devait savourer ce moment, celui d’offrir sur plateaux d’argent ce que Lidy avait souhaitée pendant des années.

-Mais le chef est dit être le meilleur de Paradise. Il a dû trouver un moyen en la laissant tirer et la détendre. Tu sais, pour toi je ne veux que le meilleur.
-Elle tirait encore la gueule à la fin ?

Toujours ce pragmatisme et cette habitude à se dérober de l’attention, de passer d’une douceur à son égard à autre chose. Occulter tout l’amour qui lui était adressé pour ne pas risquer de faillir sous ses émotions. C’était comme ça qu’elle était, cette femme, et c’était pour ça qu’il l’aimait : la Olsen était insaisissable.

-Tu penses souvent tirer la gueule à l’avenir ?
-Je le fais déjà, tu sais. Ses yeux s’arquèrent en accents circonflexes.

Une véritable forteresse. Renforçait-elle ses défenses en ce moment précis en prévision de la suite ? Le sans nom avait fait face à bien des choses dans sa vie, mais à cet instant il se sentit conquérir par le stress. Quel mot employer ? Comment débloquer la situation sans mettre vulgairement les pieds dans le plat ? Le vairon voulait lui prouver que l’enfant turbulent et rageux qu’il avait été s’était assagi avec le temps. Que dans ce répertoire, il pouvait faire des efforts et être distingué : bien qu’un amour froid le seyait actuellement, il avait fait comme son vieil ami et s’était permis de rêver.

Rêver grand, mais surtout, rêver d’une chose que bien des lambdas avaient. Plutôt que se demander ce qu’était la vue depuis les sommets, lui souhaitait ressentir ce qu’un être secondaire pouvait en menant une vie banale bercée d’ignorance.

Le serveur tira le sans nom hors de ses interrogations en posant une cloche d’argent sur la table d’appoint. Le figurant invita alors son client à la lever lorsqu’il le souhaitait : c’était là l’avant dernier service. La Olsen coupa cependant l’herbe sous le pied au criminel, tirant à elle la demi-sphère, révélant le met.

-Bouillon de cerveau au kimchi et yeux pochés. Finit-elle en posant son regard sur ce qu'il restait de la tête de la Padsin, feu Cinq Etoiles.

Son crâne avait été coupé au niveau du front pour obtenir un récipient et un couvercle. Y était sis une partie de son cerveau haché ainsi que ses globes oculaires, le tout baignant dans un bouillon purpurin. La céruléenne entreprit alors de servir de plusieurs louchées Fudo, puis elle remplit son bol avant d’entamer ce plat avec une certaine satisfaction. Elle voulut l’extérioriser, toujours sans en faire trop, pour aller dans le sens de celui dont elle appréciait la compagnie. Il s’agissait après tout de l’un des seuls à pouvoir réellement comprendre son calvaire quotidien. Lui non plus ne pipait mot. Elle pouvait aisément percevoir les nuances de stress et de joie qui l’éprenait en ce moment-même. Mais, c’est bien parce qu’elle avait malheureusement connaissance de la suite que Lidy ne pouvait rien dire de plus.

Pourquoi devrait-elle se lancer sur ce terrain glissant ?

-T’es moins bavard d’un coup. Tenta-elle, tout de même.
-Je déguste, c’est un soulagement d’être là avec toi pour entretenir ce secret de plus.

Le bonhomme bégayait presque, il renvoyait une image aux antipodes de ce qu’il incarnait dans son propre monde, l’Underground. Enfantin et incertain. C’était donc ça, ce en quoi le transformait la céruléenne : elle pouvait comprendre, qu’en un sens, c’était sans doute un sentiment agréable. Celui de trouver une personne pouvant nous faire oublier le présent, nous renvoyer à la légèreté de l’enfance. Bien qu’elle n’ait jamais été candide.

-Tu as une autre idée en tête, Fudo. Tu repenses encore à comment elle t’a arrachée à l’exil ? Tu devrais la remercier, si on est là tous les deux, si on s’est retrouvés, c’est grâce à elle.

Le stress le consuma à ces mots. Un raclement de chaise l’arracha au repas pour lui permettre de prendre de la hauteur. Un instant, Lidy crut y percevoir du danger : avec lui, elle ne savait après tout jamais sur quel pied danser.

-Je pensais que tu ne devais pas l’utiliser sur moi, ce pouvoir. Mais c’est devenu un automatisme : quand tu ne comprends pas une chose, tu fonces obtenir toi-même une explication.
-C’est ma tare, tu sais que je ne souhaitais pas le faire.
-Tu gâches à chaque fois ces moments de surprise en agissant ainsi.
-Tant que je suis avec toi c’est pas un soucis de ne plus pouvoir jouir de l’effet de surprise. Je suis heureuse d’être ici et j’apprécie tout ça.

Le criminel se courba vers celle qu’il admirait.

-Mais…
-Mais c’est ce qui suit qui m’attriste. Finit-elle.

Elle savait et lui avait su qu’elle le savait au moment même où l’hôte les avait accueillis. Cette personne avait toujours eu un train d’avance sur lui et cela ne saurait être changé. Mais Fudo ne le souhaitait pas. Il la désirait telle quelle : celle qui incarnait la raison pour laquelle le damné ne souhaitait pour rien au monde remonter le temps et modifier ses actes, par peur de ne pas la rencontrer.

Il sortit sans piper mot de la pièce, après tout, toute explication était inutile.

Elle savait.

Toujours.

Elle savait tout, sur tout.

___


Lorsqu’il revint dans la pièce, ce fut en portant de ses doigts un dernier plateau d’argent. Sur celui-ci une autre cloche.

L’ultime service.

Le brun se posta cette fois-ci aux côtés de son invitée, puis posa le plateau sous ses yeux. Elle l’entendait déjà, ce son sourd et répétitif se manifester sous l’argenterie.

-J’ai un rêve, Lidy, et on peut le réaliser à deux.
-Lequel ?
-Celui de partir ensemble. Maintenant qu’on en est là. Sa main vint cueillir le dos de celle de Lidy pour la conduire au sommet de la cloche. On pourrait changer d’identité avec mes pouvoirs. Ne plus jamais être traçable et se refaire une vie de zéro. Tu pourrais choisir le corps que tu veux, moi j’en prendrais un un poil plus grand.

Une déglutition et son haki des rois se manifesta. Cette fois, il n’était dirigé sur personne d’autre que lui : il voulait terrasser ses propres incertitudes, sa peur du rejet, et tenter sa chance pour concrétiser ce qu’il touchait du bout des doigts.

Non pas les sommets, mais…

-On pourrait enfin se libérer de nos malédictions qui nous ruinent tant. S’émanciper de cette folie qu’est à nos trousses, qui menace de nous cueillir à chaque réveil, à chaque évènement. Le sans nom souleva alors la cloche au travers de la main de Lidy, y révélant un cœur battant encore. Son propre cœur Tous ces types qui complotent pour nous faire choir, sinon nous imposer des obstacles et nous mettre définitivement la main dessus : on pourrait s’en défaire une fois pour toute. Je te l'offre et, quand on aura changé de corps, on le détruira.
-Quel intérêt de perdre ce pourquoi on a souffert alors que l’on est si près du but ?

D’un revers de la main, Lidy repoussa celle de son camarade. Elle planta alors son regard dans ses yeux bicolores, reflets de l’instabilité du Roi Fou, celui qu’il a toujours été.

-Être ensemble, c’est évident, non ? Bazardé dans l’incompréhension, le maudit prit du recul par peur de dire une absurdité pour celle qu’il aimait. Peur de se faire rejeter.
-On l’est déjà.
-C'est ça que t'appelles être ensemble ? Si t’es vouée à la lumière, ma place est à l’opposé. Tu sais que l’on ne pourra jamais être à deux dans cette vie, le monde a été fait ainsi. Il est voué à nous maintenir séparés. Regarde ce que je dois faire pour qu’on ait notre moment de paix.
-Et on en aura d’autres.
-Dans combien de temps et à quel prix ?

Un regard vain pour seule réponse.

-L’après n’est pas envisageable, donc. Fudo s’était adressé cette phrase à lui-même, comme pour confirmer les doutes qui l’avaient assailli jusqu’alors. Pour lui, il n’y avait pas de futur à deux. La solitude était son seul avenir en l’état. Une vie morne et austère, ponctuée par des hauts qui n’étaient là que pour le faire chuter toujours plus bas.
-C’est la contrepartie des sommets. C’est sans doute pour ça que ton seul ami a abandonné.
-Je pense plutôt qu’il a accepté le bonheur des petites choses. Et c’est ce que j’ai envie de vivre à tes côtés. Vivre une vie paisible et être complètement libre de faire ce que l’on souhaite, en se fichant des responsabilités que l’ambition impose…

Vexé, le maudit finit alors son œuvre en tendant à la mouette ses couverts. La seconde suivante fut vécue en éternité, puis la sentence tomba.

-Je ne le ferai pas, Fudo. Je ne peux ni te suivre, ni finir ce repas.
-Une vie privée de toi ne m’intéresse pas. Autant que t’en finis-
-Arrête de ne penser qu’à toi, s'il-te-plaît. Poussée au pied du mur, elle avait été forcée d'utiliser cette formule.

Soudain vint la bruine.

-Lidy…Le manipulait-on ? Etait-ce des larmes sincères ? Il ne savait pas sur quel pied danser. Non, plutôt, il ne pouvait l’admettre. Si elle l’aimait, pourquoi le rejetait-elle ? La voix de l’ancien enfant vira alors aux basses. Une nouvelle vie ou ça, tu choisis. D’une façon ou d’une autre, j’obtiendrais mon départ à zéro. Ne laisse pas le monde te contrôler, réfléchis par toi-même et pas au travers de la mémoire d’autres personnes. Si tu écoutes ton cœur, tu feras le bon choix.

Ses talons se tournèrent.

-C’est ça, mon véritable cadeau, je te laisse le choix. Je te le laisserai toujours, mais je ne peux plus vivre ainsi.Son pied se décolla alors du marbre, initiant sa marche. Un mois, t’as un mois pour me donner ta réponse. Autrement, je choisirais par défaut. Egoïste que je suis.

Il disparut en ombre, à nouveau. Quand est-ce que Lidy l’aurait revue ? Seule elle pouvait le décider.

Le cœur était dans ses mains.


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Shura Emberys
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Dim 15 Jan - 23:41

Amour courtois

Aux doux yeux d'un ange,
On leur soupire bien souvent le statut et la vertu ;

Les couve du rôle de gardien, sentinelle et amant étrange,
de tant de titres conférant l'aurore et le salut.

D'un souffle gracieux et triomphant,
Il y eut alors l'un de ces enfants :

Issu non d'un seigneur, non d'une idole,
Mais des affres d'une vie destinée à pâtir,
Dont la seule chaleur d'une auréole
N'avait suffi à l'étreindre du repentir.

Son nom fut couvé de carmin : de la tiédeur
De ce qui ne fut, ni de sera jamais
L'écho, l'orfèvre d'un doux sommet ;
mais d'un simulacre de sang et d'aigreur.

Aux cieux autrefois sa voie destinée,
Il enfreint ses lois, se détourna de son chemin ;
on le nomma bandit, escroc, fripon ou vaurien.
De malfaisance, sur terre il fut cerné,

Mais à l'aube de l'Hécatombéon,
Il fut gracié : le suivant, sacré –
Et le préparant à recevoir la providence du péon,
On oint ses ailes de courage et de dignité.

Sa grâce s'étendit jusqu'aux rives où,
Doucement, l'on vit se loger les courbes du héron
Qui, de son égide, s'exauça tel Obéron :
Le pardon fut son théâtre, d'un amour ô si doux
Qu'il réchauffa ardemment son âtre, sa poitrine
Que les poètes ne purent qu'imiter avec tant de rimes.

À celui qui put tout absoudre,
On se demanda bien souvent si,
chaviré par la poudre ou par la foudre,
ce ne fut pour Hauteclair qu'il choisit l'aristocratie.
D'une âme de gredin,
À celle de Paladin,
Il n'y eût depuis le premier jour
ni autre désir ni idolâtre
que de chérir pour toujours
celle dont la chevalerie ne se laissa abattre.

Ainsi, l'on offrit à ce Célestin,
Le don et la compagnie
de celle à qui il eut dédié sa vie :
Qu'à l'occasion d'un si simple festin,
Il put pleinement contempler,
sa grâce et celle de son épée.

Au gardien aux ailes repenties, alors,
On concéda Meredith Cœur de Héron,
Pour un fragment de temps si loin de l'Achéron
qu'il eut tous les attributs de la fiction et du folklore.



résumé:

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THE ETERNAL CONQUEROR







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