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Can I call you mother? [Présent][Ft Vesper]
Nemesis
Ignis Irae
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Mar 3 Mai - 23:53






Can I call you mother?




Assise devant l’escargophone, la logia hésitait. Elle avait promis à Red de le passer, cet appel, mais rien n'y faisait, sa main tremblait, sa respiration était saccadée, sa volonté minée.

Douglas lui même avait donné le numéro, affirmant que Sorcière répondrait présente si Nemesis souhaitait un jour se ranger. Mais il y avait trop de variables en jeu. Et si elle ne répondait pas? Et si elle lui tournait le dos? Et si c’était un piège? Et si, tout simplement, malgré l’aide qu’elle acceptait de lui apporter, c’était elle-même qui la fuyait?

Elle soupira, contemplant toujours l’escargophone qui émergeait de son sommeil, ouvrant un oeil pour la surveiller avant de se replonger tranquillement dans ses rêves, laissant sa propriétaire à ses pensées.

Celle-ci finit par prendre une décision, frottant doucement la carapace du gastéropode qui finit par se réveiller, presque surpris qu’on lui en laisse le temps. Ses deux yeux s’étirèrent un instant avant de fixer la blonde devant lui. En tournant un peu son regard, il pouvait voir un doigt frémir à côté de sa carapace, tremblant avant de finir par enfoncer, à peine, si doucement qu’il ne le sentait pas, l’une des touches, puis une autre, jusqu’à composer un numéro.

L’escargophone retentit jusqu’à parvenir à contacter son congénère avant de transmettre les paroles que celui-ci détectait.

Sorcière? Nous avons à parler je pense. Je vous attend au Repenti, sur Yakoutie Island.

Si sa voix avait été calme mais sèche jusque là, la jeune femme raccrocha presque immédiatement, le coeur battant la chamade et les paumes moites. A côté du téléphone, la photo de Sorcière et de l’enfant qui deviendrait pirate trônait, renvoyant simplement le regard apeuré de la cuisinière.

Elle tomba soudainement sur sa chaise, comme vidée de ses forces, contemplant l’image avant de fermer les yeux, l’escargophone la contemplant. Elle enfonça de nouveau quelques touches, plus sûre d’elle cette fois.

Désiré? Est ce qu’on a une salle de libre au second étage dans les jours à venir?

La salle 18 est libre madame. Il y a une réservation demain soir, mais ensuite rien pour deux semaines.

Parfait. Passez la en réservée sous mon nom. Si une femme arrive et se présente sous le nom de Sorcière, traitez la comme une invité de marque, amenez là en salle 18 et contactez moi. De suite.

Bien compris madame.

Ne restait qu’à attendre la suite.



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Vesper Ahriman
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Mar 10 Mai - 17:28





What's a mother ?


-Et donc, compte tenu de la baisse de mes effectifs, il m’est imposé de procéder à une révision de mes troupes afin d’effectuer une étape de rengorgement, pour renforcer les pertes essuyées et les désertions causées par la dernière mission mission que mes forces ont menés à bien. A cet effet, je requiers un temps de réadaptation de quelques mois pour tout mon équipage, ainsi qu’à mes forces, pour organiser un recrutement et former les nouveaux éléments. Je nous vois donc dans l’indisponibilité de répondre à un appel de renforts, sauf extrême urgence, et étant donné le non intérêt de ma présence auprès de mes troupes qui se consolident, je me permet également de prendre mes jours de repos.

La sorcière termina sa phrase en ouvrant la bouche pour laisser une cuillère guidée par son amant qui déposait de gelée royale. Les mains de Vesper étaient en forte voie de guérison, même si elles avaient souffert d’un peu de chaleur produites par une lame au dial de feu pendant sa dernière mission. Néanmoins les médecins lui avaient conseillé de les utiliser le moins possible si elle voulait les revoir avec une peau fraîche, donc elle les gardait loin des actions. Elle dictait donc les mots qu’elle aurait pu écrire à sa servante, qui notait avec le plus grand soin les futures correspondances avec le quartier général dont elle dépendait. Elle avait également fait venir Dagan, ou plutôt il s’était proposé de la rejoindre pour prendre soin d’elle, ce qu’elle avait accepté. Il s’occupait donc de lui donner la becquée, entre autres choses.

La demoiselle qui la servait vint lui présenter la lettre et le coude droit du vampire se transforma en nuée de sciure pour prendre la plume et signer. Il lui était toujours possible d’utiliser son pouvoir, mais être servie était tellement plus agréable. Suite à cela, la demoiselle prit congé et Dagan fût un peu plus fougueux dans son amour, allant embrasser sa bien aimée avant qu’un son ne l'interrompt. C’était la complainte d’un escargophone chapeauté, le malheureux étant comme à son habitude plongé dans l’obscurité la plus totale.
-Ne bouge pas je m’en occupe, proposa Dagan avant de se diriger vers le porte-manteau.

Il y dénicha le chapeau pointu qu’il retourna avant de décrocher le combiné d’un geste habile, le portant à son oreille avant d’ouvrir la bouche, s'arrêtant de respirer et de produire le moindre son en entendant le timbre de la voix qui lui parvenait et dont il pouvait confirmer visuellement en portant l’escargophone à la lumière du soleil, observant les yeux particuliers de sa fille. Il entendit le message adressé à la mère de la petite, l’invitant à la rejoindre sur Yakoutie Island, dans un lieu curieusement nommé le Repenti. Était-ce un établissement funéraire ? Un centre anti-délinquant ? Rien n’était sûr. Le blond tâchait de garder un visage assez composé, malgré son air probablement décontenancé et ce même avec ses lunettes noires.
-Une mauvaise nouvelle ? s’enquit Vesper, curieuse mais peu empathique, plus professionnellement sérieuse dans son attitude.
-Comment dire… Tu te souviens Mirror Ball ?
-Je… Oh.. Je suis mise en examen ?
-Nan, ta.. notre fille..
-Il lui est arrivé quelque chose ?
-Je ne sais pas, elle veut te voir apparemment, sur Yakoutie.
-Brrrr…

Le frisson qui parcourait le dos de Vesper était assez synonyme de ses souvenirs de l’île glaciale. L’endroit était paisible en un sens, assez figé d’aspect et d’inimitiés, si l’on excluait la présence de l’influence d’un des fleurons constantiniste et de quelques pirates.
-Brrr, et c’est tout ? s’étonna Dagan.
-Tu n’a pas l’air paniqué non plus, je ne vais pas m’alerter sans raison. Elle veut me parler, ce n’est pas comme si elle savait, d’ailleurs pour un message aussi court, c’est peut-être même un piège…

La sorcière se tritura une mèche des doigts avant d’avouer son inquiétude :
-Je ne sais pas à quoi m’attendre, les derniers rapports à son sujet sont mitigés, ils l’ont vue coopérer sous la contrainte, être plutôt volontaire dans ses actions mais pouvoir être sûr de lui faire confiance.
-Et je ne peux pas dire que je ne l’ai pas entendue dire que si elle était dans son propre cas, elle ne serait pas nécessairement encline à ouvrir un dialogue, se remémora le blond en se frottant le menton.
-...
-Mais on saura pas tant qu’on y sera pas allé, ca ne sers a rien de tirer des plans sur la comète, elle veut peut être juste te larguer un bonhomme ou se ranger.
-...
-Dans un autre registre, mon amour, je crois qu’il va bientôt être temps, souligna Dagan en soulevant ses lunettes pour soutenir le regard de sa bien aimée.

Vesper leva les yeux vers Dagan, le jaugeant de pieds en cap.
-Déjà ?
-Pour toi c’est peut-être court, mais je pense t’être assez égal désormais.
-Hmmm..
-Le sujet revient de loin, mais mes vœux sont toujours les mêmes qu’autrefois, et tu sais que pour mon métier cela ne sera qu’un avantage.
-Si c’est ce que tu désire…
-Dit comme ça on dirait une demande égoïste, mais tu sais très bien mes raisons d’en arriver là, et comme tu te plaisait à le dire si souvent, j’ai largement eu le temps de mûrir ma réflexion.
-Quand ?
-Tu sais bien quand..
-Je veux dire quand est-ce que tu veux que l’on..
-Je ne sais pas, avant la fin de l’année ce serait bien, je suppose.
-Soit.

Dagan avisa la sorcière en tendant le chapeau, elle hocha la tête et il le lança parfaitement.
-Direction Yakoutie alors, lâcha le blond en attrapant son long manteau noir.


-----


L’air frais et humide n’était pas particulièrement agréable, mais cela n’était que de courte durée, en principe. Seul Dagan en souffrait, puisque Vesper s’était pulvérisé de manière à s’en prémunir. Ils déambulaient le bras l’un dans l’autre, avant d’aviser chacune des petites boutiques et leurs noms parfois saugrenus.
-C’est dingue, on arrive pas à le trouver.. s’exclama le blond.
-Vu son statut, si la boutique lui appartient, cela doit être quelque chose de détourné, dissimulé, discret, pensa à voix haute la sorcière.
-Excusez moi ! interpella Dagan, je cherche un endroit qui s'appelle le Repenti, vous savez où cel…
-Oui bien sûr, voyez par là, levez les yeux… indiqua le passant en pointant une direction. Encore, encore, là, l’enseigne se voit bien pourtant.
-Oh ! Oh… Mer..ci, se rattrapa le blond.
-Si c’est à elle, elle se cache bien à la vue de tout le monde en plein dans leur champ de vision.. souligna le vampire dans un murmure après que le passant se soit écarté.
-Repenti, restaurant, je… y’a que moi que cela choque ? s’étonna l’ordinaire suave blondin.
-C’est curieux, mais ce n’est pas la première chose un peu saugrenue dans son appellation, et tant que cela ne coule pas, quelle importance ?
-C’est vrai.

Le couple traversa la rue, puis une autre et arriva enfin devant le bâtiment.
-J’espère qu’elle invite, signala le blond en regardant la carte au comptoir d’entrée, en patientant après avoir sonné la clochette.
-Vous désirez ? demanda l’homme chargé de l'accueil.
-Sorcière, je viens suite à une invitation, il y a quelques jours de cela.
-Je vois, répondit l’homme avant de scruter ses livres, invitée de marque, salle dix-huit.

Le garçon frappa dans ses mains et comme s’il avait invoqué une créature, quelqu’un sortit comme par magie d’un lieu insoupçonné, s’inclinant brièvement avant d’enjoindre le couple de le suivre. L’intérieur du bâtiment était très chic, approprié pour le luxe affiché sur la carte et les prix associés, relevant ou d’une volonté d’avoir un service onéreux, ou d'extrême qualité. Pour l’instant, ni l’une ni l’autre partie du couple ne pouvait se plaindre du personnel ni de l’état des lieux, et en entrant dans la pièce qui leur était dédiée, si doute il y avait encore, il aurait été atomisé dans l'œuf. C’était beau, propre et élégant, le parfum sophistiqué mettait en appétit et les deux adultes furent installés avec le plus grand soin avant de se voir proposer des collations qu’ils hésitèrent un moment à accepter. Voyant qu’ils devraient patienter, les deux se décidèrent à entamer par un cocktail commun, étudiant des yeux l’endroit après la sortie du loufiat de luxe.
-Y’a pire comme cadre, avoua Dagan.

Vesper eut un demi sourire.
-Je ne peux pas m'empêcher de penser que si je l'avais gardée, elle aurait pu avoir un restaurant comme celui-ci pour elle et financé par mes soins.
-D’un autre côté, elle serait peut-être morte des conséquences de la guerre, rappela Dagan.
-Maudite guerre… souligna Vesper d’un ton assez froid, comme pour écarter ce souvenir.
-C’est la première à laquelle j’ai participé, je me souviens de chacune des fois où Slynt a sauvé mon cul d’ignorant… lâcha le blond avant de se pencher pour boire à la paille.
-Elle était longue, on a eu presque autant de morts de froids et de faim que des actions de l’ennemi, je me suis demandé comment tu t’en sortais chaque fois que je devais être sur le front, je ne pouvais pas m'empêcher de m’inquiéter pour elle, aussi.
-Et tout cela en te battant, parfois les gens ont raison en te qualifiant de monstre, mais pas pour les raisons qu’ils pensent.
-J’avais déjà fait quelques grandes batailles, et puis j’étais moins…
-Humaine.
-Ce qui est paradoxal, en considérant toutes les choses qui m’habitent lorsque je me bat, même aujourd’hui. Tu te souviens du type que je t’ai dit avoir vaincu ? Celui avec les dials.
-Oui.
-Je ne me suis même pas rendu compte que je le tuais.
-C..
-J’en ai d’autres en tête un peu plus loin, mais en vérité, je n’ai pas tant changé que cela, je ne me soucie toujours que de ce que je pense m’appartenir, le reste..
-Tu es honnête de le dire, je côtoie des gens qui s’avèrent tout aussi cruel parfois mais qui se voilent la face quand il s’agit de reconnaître leurs penchants. Et heureusement, dans ton cas, ce sont les criminels qui trinquent..
-...
-Vesper ?
-J’ai quelques morts innocentes à mon actif, et pas nécessairement loin dans le passé.
-Que..
-J’ai été affamé par quelqu’un, j’ai perdu le contrôle, mais à part lui, personne ne sait, personne ne le croira… Juste, cela me reste sur la conscience, et pas nécessairement en mal.
-On sait tous deux que si tu a choisi la marine c’est pour une raison bien spécifique, je ne peux pas tellement te reprocher d’être ce que tu es, je te comprends.
-Merci, remercia Vesper avant de boire à son tour.



Vesper Ahriman
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Mar 10 Mai - 20:23






Can I call you mother?




Jour après jour, la cuisinière ne pouvait s’empêcher de paniquer, de sentir son cœur se serrer, d’épancher son stress sous formes de gueulantes à l’encontre du reste du staff en cuisine qui n’avait probablement qu’une hâte, qu’elle se calme.

Elle regrettait presque avoir raccroché immédiatement, se privant ainsi de savoir si Sorcière viendrait ou non, en combien de temps, armée ou non, bref, tous les détails plus ou moins importants. Si elle désirait même la voir. Sorcière souhaitait-elle la rencontrer? Peut-être, peut-être pas, la logia n’avait guère moyen de le savoir autre que d’attendre. Aurait-elle dû menacer, prendre l’île en otage pour forcer cet échange? Probablement pas, elle avait plus ou moins réussi à se donner une bonne image auprès du gouvernement, ce n’était pas le moment de la ruiner. Elle était déjà instable et probablement encore sujet à débat auprès des hautes pontes…

Par bonheur pour les troupes en cuisine, leur patronne, bien que compétente, ne leur criait pas dessus à l’heure actuelle. Elle avait eu l’obligeance de les prévenir qu’elle prenait sa journée, ce à quoi ils n’avaient pu répondre qu’un “Bien compris”. Après tout, elle était la boss, et si elle prenait les rênes une fois en cuisine, elle n’avait techniquement aucun titre et n’était même pas salariée dans son propre restaurant. Et même si c’était le cas, qui irait engueuler la patronne si elle souhaitait un jour de repos? Probablement personne.

Elle était donc là, étalée en étoile sur son lit, contemplant le plafond en réfléchissant aux dernières trouvailles de Samuel, prétendument expédiées par l’un de ses amis situé sur le Nouveau Monde. Mais honnêtement, qui envoyait des fioles de maladie et des armes d’un matériau si dur “juste comme ça”, d’autant plus à un ami fait durant une école de commerce? Elle sentait au fond d’elle qu’un jour ou l’autre, elle devrait bien interroger Samuel à ce sujet, simplement pour s’assurer de ne pas être embarquée dans une affaire de mafia commerciale.

Elle sursauta au “peuleupeuleu” caractéristique de l’escargophone avant de décrocher paresseusement.

Madame, vos invités sont arrivés et sont installés en salle dix-huit.

Elle se releva brusquement, les mots bloqués dans sa gorge avant de parvenir à laisser échapper une réponse.

Merci Désiré. Assurez-vous qu’ils ne manquent de rien, j’arrive aussi vite que possible.

Bien Madame.

Elle avait attendu la chose, et maintenant que sa mère était là, elle était comme sonnée, se levant lentement avant de s’orienter vers un placard contenant ses quelques possessions vestimentaires. Elle avait préparé une tenue pour cette rencontre, commandée chez un couturier de l’île avec suffisamment de renommée pour attirer la plupart des clients de North Blue.

Elle quitta rapidement son pyjama pour enfiler la chemise de soie et le pantalon blanc, observant quelques instants la grande cape bleue et noire, aux lourdes épaulettes dorées, exactement comme elle se rappelait la cape de Red. Une cape que celle-ci ne portait quasiment jamais, prétextant qu’elle était lourde, peu pratique, trop chaude, et qu’elle ne lui allait pas. Une cape dont elle ne s’était pourtant jamais détachée, et qu’elle ne portait que lors de grandes occasions. Une cape que Nemesis estimait ne pas encore avoir le droit de porter. Une fois Corsaire peut-être aurait-elle les épaules pour.

Le tricorne noir et or en revanche se posa sans hésitation sur sa tête. Lui était indispensable aujourd’hui. La capitaine pirate avait vraisemblablement été une grande amie de sa mère, et la moindre des choses était de lui permettre un au revoir. Elle-même avait eu bien du mal à le faire. Elle savait que ce ne serait sans doute pas facile, mais elle n’était pas assez cruelle pour l’interdire à qui que ce soit souhaitant payer ses respects à la femme ayant sillonné les mers et les bouteilles.

Elle se contempla dans le miroir quelques secondes avant de tourner le dos, se dissipant en un nuage mince dirigé droit vers le restaurant, se rematérialisant devant la grande porte que Bark ouvrit pour elle sans dire mot. Elle ne lui en voulait pas vraiment, elle avait bien essayé de leur enseigner la politesse, mais non seulement elle n’était pas réellement un modèle, les jumeaux étaient un peu lents, en plus d’être menaçants. Elle avait fini par abandonner et les avait placés à la fois comme videurs et comme portiers.

Les employés la saluèrent sur son passage et, étonnamment, elle répondit à chacun d’entre eux, en profitant pour demander à Désiré de faire monter une bouteille de rhum Diplomatique. C’était quelque chose d’impensable encore quelques mois auparavant, et pourtant, elle les avait non seulement acceptés, mais avait également retenu leurs noms. Un progrès parmi tant d’autres, qui d’ici quelques années ne serait peut-être guère plus qu’une évidence.

S’arrêtant devant la porte, elle finit par intégrer une donnée. Vos invités. Sorcière n’était pas seule. Avait-elle soupçonné un piège quelconque et amené quelqu’un pour aider à la capturer? Il était trop tard pour s’en soucier, le dé était déjà jeté.

Elle ouvrit la porte pour découvrir qu’effectivement, sa mère était venue avec quelqu’un qu’elle reconnaissait. Des cheveux aussi pâles que les siens, un surnom ridicule, son père. Ce n’était pas quelque chose que la primée avait anticipé, mais si elle y réfléchissait, c’était au fond très logique.

Elle referma la porte, sachant pertinemment que le maître d’hôtel s’annoncerait avant d’entrer et s’assit en face de ses géniteurs. Elle retira le tricorne pour le déposer sur la table face à elle avant de se rendre compte qu’elle ignorait comment réellement aborder les choses. Dire immédiatement qu’elle savait? Trop pressé, et elle avait besoin de se calmer d’abord. Sa nervosité était probablement apparente et elle finit par prendre la parole, bien que difficilement.

Bonsoir… Je… suppose que vous ignorez pourquoi j’ai appelé n’est-ce pas?

Elle s’arrêta un instant, hésitante, mais leur laissant le temps de répondre.

J’ai… beaucoup réfléchi après notre rencontre. A mon enfance. A mon futur. A ma vie en général. Mais je pense qu’avant tout, j’ai réfléchi à quelque chose que vous avez laissé derrière vous sur Mirror Ball.

Tirant le cliché de l’une des poches du pantalon, elle le plaça sur la table avant de lever les yeux, fixant Sorcière puis Dagan. Elle se sentait mal. Elle avait chaud. Elle avait le cœur sur les lèvres et l’envie de fuir. Elle n’en avait pas le droit. Si elle fuyait ça maintenant, tout ce qu’elle essayait actuellement de rebâtir s’effondrerait définitivement.

Avez-vous quelque chose à me dire?



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Mer 11 Mai - 2:41





Cat out of the bag, I repeat, cat out of the bag


La demoiselle ne se fit pas trop attendre, a vrai dire les deux amoureux n’avaient tout juste eu le temps de finir leur conversation avant que les sens de Dagan ne crispent légèrement son attention. Vesper était attentive à ses signes, et comme il enlevait ses lunettes, l’annonce était claire, elle était là. La porte s’ouvrit sur une petite femme, pantalon blanc, tricors en intérieur, de quoi justifier une malédiction. De leur côté les deux partenaires étaient vêtus de noir et de blanc, manteau noir pour lui, blanc pour elle, mais ces affaires là, comme leurs chapeau, leur avaient été gentiment soustrait à l’entrée dans l’établissement, il y faisait de toute manière assez chaud. Nemesis s’occupa de s'asseoir sous les yeux concernés des deux, sans qu’ils ne laissent plus que cela leurs émotions transparaitres, puis elle prit la parole.
-Bonsoir… Je… suppose que vous ignorez pourquoi j’ai appelé n’est-ce pas ?
-Disons que la conversation a été quelque peu brève, souligna Dagan avec un sourire plaisant. Heureusement pour nous et pour toi tu te trouvais dans le champ de vision de ton escargot, il aurait été difficile de deviner qui parlait sans cela, indiqua-t-il en tapant d’un index le haut d’une pommette, désignant un de ses yeux.

La jeune femme prit un temps pour enchainer sur ses motivations, puis posa une copie d’une photographie a peine plus jeune que Nemesis elle-même. Les doigts du blond firent glisser la chose sur la soie de la table, vers sa propriétaire originale, puis après son mouvement de tête approbateur, il la ramena vers sa nouvelle détentrice.
-Bon, j’imagine que le chat est sorti du sac, répondit dans un ricanement le blond avant de prendre une gorgée de cocktail, puis d’affirmer un visage plus sérieux. Ce n’est qu’une photographie, et comme nombre de clichés, ce n’est pas le genre de chose impossible à falsifier. Si tu nous en fait part, c’est probablement parce que tu dois avoir encore des réserves, qu’il te manque certaines choses pour finir le puzzle. Je pense que le mieux pour commencer est d’en parler calmement, à tête reposée, de ce qui nous lie.

Vesper opina du chef, l'œil humide fixé sur Nemesis. Elle posa ses deux mains jointes sur la table dans un geste de compassion et le blond passa une des siennes dessus, en support, avant de la laisser parler, l’encourageant en lui disant de s’orienter sur les connexions qui prouvent son identité. Une brume de sciure s'éleva paisiblement, avec des fragrances d'essences mixées, donnant au parfum la senteur typique de l'île jusqu'alors supposée natale de Nemesis, fleurie, pas comme le champ de bataille enneigé dans lequel elle avait poussé son premier cri. La forme de l'île se dessina, lentement, puis avec plus de détail proche, dévoilant la stature d'une femme confiant un poupon, des tremolos se faisant ressentir dans la construction, trahissant les émotions qui se ravivaient avec les souvenirs de la sorcière.
-Lorsque j’ai choisi de te laisser vivre une vie paisible avec les Archers, je ne pensais pas qu’il arriverait ce qu’il t’es arrivé. Je ne sais pas si tu gardes encore les souvenirs des jours que tu as vécu en leur compagnie, mais quand ils se sont imposés à moi comme la seule solution entre cela et te faire vivre les affres de la guerre dans laquelle je luttais à l’époque. Cela n’excuse en rien mon abandon, plus encore après les raids et ce navire…
-Mais cela appuie les faits que tu a vécu, dont elle est consciente et qu’il est difficile de réfuter, souligna Dagan calmement.

Vesper laissa un petit temps avant de reprendre, la brume prenant l'apparence de Red, mais une version jeune que Nemesis aurait peut-être de la peine à reconnaitre avant d'y songer. C'était l'image de princesse en exil qui était revenu dans la tête du vampire, celle qu'elle avait guidé sur sa voie contraire. Le parfum qu'elle portait alors lui était resté en tête, il y avait des notes de terreur, mais également un arrière point de raffinement que l'on ne retrouvait que dans la noblesse.
-Tu a fini par faire la connaissance d’Elizabeth, dont je n’ai plus de nouvelles depuis longtemps, vu la femme qu’elle étais, je me doute que le destin a fini par la rattraper, et j’en suis vraiment désolée.

La sorcière prit une longue gorgée pour redresser le cap de ses émotions chamboulées par l’idée de ce qui avait pu arriver alors que l'image de Red disparaissait comme prise dans des flammes. Puis des souvenirs plus chaleureux refirent surface pour la réconforter, apaisant son expression et reformant la princesse, mais plus mature, avec le sourire d'une femme heureuse, un parfum d'embrun mêlé à celui de la vapeur douce d'un alcool de bonne facture.
-Notre rencontre date de deux ans avant, et même à l’époque, ses objectifs et les miens ne convergeaient vers une solution pacifique que lorsque nous nous trouvions sur une île particulière, au climat empêchant les luttes entre individus. Après que tu ai été recueillie par elle, elle m'a fait part de sa découverte, et j’ai décidé de te laisser faire tes propres choix, ne désirant te récupérer que si tu te présentais à la marine ou que tu te trouvais dans le besoin et sans passif criminel lourd. C’était sûrement très idiot de ma part, j’aurais bien pus te reprendre à Elizabeth, mais elle s’est entichée de toi, et je voyais bien dans son regards qu’il y avait bien plus qu’une simple affaire d’équipage entre vous. Tu n'as pas trop tardé à faire parler de toi, et même si cela m’attristais quelque peu de te voir faire ce genre de choix pour ta vie, au moins j’avais trois idées sur lesquelles me reposer et qui me réconfortaient. L’une, que tu n’étais pas seule, et que l’amour que je ne pouvais pas te signifier, en un sens, t’était donné par une personne que j’appréciais. L’autre, que malgré tes choix et les obstacles en face de toi, tu étais une fille en bonne santé, vaillante, ayant du succès dans ce que tu entreprenais, même si c’était dans un autre camps, au moins tu t’en sortais la tête haute, et j’étais fière de toi. Et enfin, tu étais heureuse, du moins pour autant que je sache d’après les dires d’Elizabeth, les moments d'allégresse n’étaient pas si rares.

La sorcière sirota un instant le cocktail en ne quittant pas des yeux l'image souriante de Nemesis poupon devenant une fille, puis une femme, pastiche plus enjouée de son avis de recherche de l'époque, sans aucune note ni fragrance autre que celle de la foudre avant de frapper, lourde de regret, puis elle reprit après avoir passé une main sous son œil larmoyant.
-Je n’ai pas cessé de garder l'œil sur ce que tu faisais, convoitant le moment propice à une rencontre sans jamais véritablement le voir venir, jusqu’à que tu me tombe toute cuite dans la bouche à Mirror Ball. Je dois t’avouer que j’ai perdu le cap sur ta surveillance quand l’équipage d’Elizabeth a disparu en même temps qu’elle, je n’avais pour te suivre que les rapports et ton pouvoir particulier m'empêchait de suivre tes déplacements.
-Pour ma part, indiqua Dagan en se grattant la tête d’un air sincèrement désolé. J’aimerais te dire que j’ai été aussi attentif à toi que ta mère l'a été, malheureusement mes activités requérant bien plus de travail sur le terrain et un timing bien serré, il m’a été difficile de libérer du temps pour organiser des recherches discrètes. Pour ce qui est de la garde, d’une part je dirais que le souhait de ta mère est m… Les souhaits de ta mère sont ma volonté, d’autre part au début je n'étais qu’un mercenaire presque trop jeune pour être père à ta naissance. J’ai pris part à la même guerre qu’elle, avec le double de travail qu’implique un rang inférieur, et part après… Je n’ai pu qu'œuvrer dans l’ombre pour te faciliter la tâche à certains moments qu’avec un peu d’arrière pensée tu reconnaitras peut-être. Ce ne sont que des excuses, et je comprendrais si tu ne veux, ou ne peux pas l’accepter.
-Notre conduite est loin d’être irréprochable, et si c’était à refaire, il y a nombre de choses que je changerais. Les doutes ne m'ont jamais quitté a chaque décision qui m'éloignait de toi.

Le mutisme s'emparait des deux amoureux qui s'entre regardaient un instant comme pour juger qui devait parler de nouveau. Cela faisait beaucoup d'informations déjà, mais ce fût finalement Vesper qui se décida à rouvrir la conversation.
-Tu as sûrement des questions à poser, n’hésite pas, encouragea la mère.

Le tout était une suite de monologues un peu lourds et indigestes, et les deux n’avaient pas douté un instant en se confiant que les émotions allaient se succéder sur le visage de Nemesis, comme le couple lui-même était passé par plusieurs airs mélancoliques, nostalgiques ou sérieux. Ils avaient soutenu le flot de parole, si bien qu’il aurait été difficile de parler en même temps, mais les deux se seraient interrompus si elle avait voulu faire une remarque, ou bien auraient prêté une oreille attentive à des remarques.


Vesper Ahriman
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Nemesis
Ignis Irae
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Mer 11 Mai - 20:05






Can I call you mother?




La photo n’était restée qu’un instant sur la table avant d’être doucement repoussée vers la blonde. Refus de la récupérer, don de parents anxieux ou simple reconnaissance des faits, elle l’ignorait. Son géniteur prit la parole, ne tentant même pas de cacher les choses. Aussi dure la réalité serait-elle, il prenait probablement la bonne décision, le retour de flammes lorsque la terroriste découvrirait le pot aux roses n’étant pas à prendre à la légère. S’il était certain qu’elle avait fait des progrès quant à sa gestion de la colère et ses relations interpersonnelles, elle n’était pas pour autant prête à pardonner à tous.

Sa Couleur se déploya en même temps que la sciure de Sorcière, ne détectant aucune intention hostile dans le bâtiment. Elle réduisit sa concentration à la pièce uniquement afin de pouvoir suivre la conversation tout en restant aux aguets, principalement par méfiance et sécurité. Les fragments de bois s’assemblèrent rapidement en une construction ondulante, presque instable, mais définitivement reconnaissable. La primée avait grandi dans cette maison après tout, au moins ses premières années.

Amaryllis Island avait été un havre de paix aussi longtemps qu’elle l’avait connu, et bien plus longtemps encore. Un pont miteux utilisé deux fois par an tout au plus, une population restreinte qui se connaissait comme la famille qu’ils étaient probablement tous à un degré plus ou moins proche, des maisons sommaires, mais accueillantes, un climat doux. C’était là l’île qu’elle avait jusqu’alors considérée comme son berceau, à tort comme à raison. Elle y avait finalement été placée pour éviter une guerre, dont elle ignorait tout au delà de la participation de ses parents visiblement. C’était une raison comme une autre de la laisser aux bons soins de quelqu’un d’autre, et selon la durée de la chose, il aurait pu être compliqué de reprendre l’enfant. Encore plus si la guerre avait fini après le passage des esclavagistes, auquel cas ils auraient perdu sa trace…

Nemesis ferma les yeux, la mâchoire serrée, pour découvrir en les rouvrant une figure familière, bien que rajeunie. Chevelure flottant au vent, léger air arrogant, mais qui lui donnait finalement un côté charmeur, Red, qui s'appelait vraisemblablement Elizabeth? C’était un léger choc pour la logia, qui peinait à lier un nom aussi puant de richesse et de noblesse à la capitaine pirate alcoolique et dévergondée qu’elle connaissait.

Mais dans le fond, sa génitrice avait raison. Ce qu’il y avait entre Red et Nemesis dépassait le simple lien entre une cuisinière et sa capitaine. Red avait été une mère de substitution pour elle là quand elle ignorait quoi faire ou où aller. Si la décision de Sorcière de ne pas récupérer sa fille à ce moment-là pouvait être débattue des heures durant, ce n’est pas celle-là que la blonde lui reprocherait. Ses années à bord du Purpura étaient les plus belles de sa vie, les escales où elle descendait avec sa capitaine ses plus beaux souvenirs.

Finalement, elle avait toute sa vie était surveillée de loin ou de près par sa mère, que ce soit par les mots des Archer ou par ceux de Red. Un abandon qu’elle n’avait jamais su compléter. Un lien qu’elle n’avait jamais su couper et, si elle était là, probablement un lien qu’elle n’avait jamais vraiment voulu rompre non plus.

Son père de son côté avait décidé de jouer franc-jeu, avouant clairement avoir beaucoup moins porté son attention vers elle, quand bien même il avait essayé lorsqu’il le pouvait. Finalement, ce qui ressortait vraiment de cette discussion, c’était des regrets.

Que ce soit les parents ou l’enfant, tous en étaient remplis. Eux, de ne jamais réellement avoir repris contact. Elle, de ne jamais avoir su. Des questions, elle en avait un certain nombre qui rebondissaient dans son esprit confus.

Elle laissa le silence planer un instant, essayant d’organiser ses pensées, de remettre de l’ordre et de calmer sa respiration. Finalement elle ouvrit la bouche.

J’en ai… certaines. Mais avant…

Elle posa sa main sur le tricorne, doucement, le caressant avec regret.

Ce tricorne est tout ce qui reste de Mère. Au final, elle n’aura pas été rattrapée par son destin, seulement par celle qu’elle voyait comme sa fille.

Du bout des doigts de la volcanique, les cendres se dispersèrent dans la pièce, non pas en un brouillard asphyxiant, mais pour reproduire une scène. Red, le visage aminci à l’extrême, allongée dans son lit, sa poitrine se soulevant à peine, une jeune fille à ses côtés pleurant en silence. Après quelques instants, les cendres se dissipèrent, se réintégrant au corps de la logia.

C’est elle qui m’a offert ce fruit. Les… conséquences… auront été trop lourdes à porter. Pour elle comme pour moi. Sur son lit de mort, ses dernières volontés étaient que je l’appelle Mère et que j’hérite du navire. La seconde partie ne s’est pas passée comme elle l’espérait mais… Je pense que vous devriez lui faire vos adieux.

Elle leur laissa un instant, une boule dans la gorge. Elle avait fini par réussir à faire les siens il y a peu de temps, mais c’était une plaie à vif, qu’elle venait quasiment de rouvrir à grand coups de dents. Une larme s’échappa, roulant le long de sa joue sans qu’elle cherche à l’arrêter. En d’autres temps, elle aurait vu cela comme une marque de faiblesse et l’aurait faite évaporer, mais… Red méritait cette larme, et bien plus encore.

Un léger toquement retentit à la porte, auquel la patronne ordonna d’entrer. Un homme chauve, au nez légèrement crochu et à l’air chafouin entra, un plateau à la main sur lequel trônait trois verres et une bouteille rondelette au sommet scellé par la cire. Il les déposa doucement sur la table avant de s’incliner légèrement, quittant les lieux à la demande de la blonde, qui saisit le haut de la bouteille pour faire fondre le sceau, la cire rassemblée en une petite boule par des mouvements de cendre jusqu’à laisser apparaître le bouchon, qu’elle retira maladroitement, servant les trois verres.

Elle n’avait guère l’habitude de boire, pour ne pas dire qu’elle n’avait sans doute jamais vraiment touché un verre, mais c’était une tradition du Purpura. Lorsque des négociations étaient possibles, la capitaine ouvrait une bouteille de Diplomatique, prétextant que cela portait bonheur, ou du moins que cela aidait à adoucir les gens. Cela tenait probablement de la superstition plus que d’une quelconque réalité, mais si simplement ouvrir cette bouteille pouvait aider…

Elle contempla le fond de son verre un instant avant de s’exprimer.

Je ne vous forcerai pas à boire si vous ne voulez pas. Mère m’a simplement appris que pour les discussions difficiles… Le Diplomatique était un allié fidèle. C’était peut-être seulement une excuse pour boire, mais…

Elle n’osa finir sa phrase. Elle espérait. Elle souhaitait simplement mettre toutes les chances de son côté pour que les choses finissent bien. Qu’elle puisse apprendre à apprécier ses parents, ou au moins à les connaître. Que tout ne se termine pas dans ce restaurant, qu’elle avait fait construire uniquement pour montrer que la criminalité n’était ni une fin, ni une prison. Et peut-être pour se prouver à elle-même qu’on pouvait remonter la pente tant qu’on ne lâchait pas prise.

Humant doucement le verre, l’odeur forte d’alcool, de fruits et de fumée lui fît froncer les sourcils avant qu’elle ne penche le contenant lentement, le goût intense du rhum manquant de la faire recracher immédiatement. Elle avala pourtant, le liquide brûlant tout ce qu’il traversait comme du feu liquide, mais l’aidant à trouver le courage de commencer.

Je pense qu’on peut commencer par la plus simple… Votre nom, Sorcière. Je n'ai pas cherché à l'apprendre, mais je pense que c'est une bonne façon de débuter. Après tout, c'est le mien aussi non?

Ensuite... Est ce que j’ai un prénom? Ou est-ce que vous avez laissé ce soin aux Archer?


L'autre question qui lui brûlait la langue était plus délicate, et pour être honnête, elle n'était pas sûre de vouloir une réponse... Elle hésita un instant, reprenant une gorgée du liquide brûlant, retenant de justesse une quinte de toux face à son goût auquel elle n'était pas habituée.

" Est ce que... Enfin..."

Elle se contorsionna légèrement sur sa chaise, visiblement mal à l'aise.

" Est ce que... vous aviez demandé à Mère... de ne pas me parler de vous?"

Si ses parents répondaient par l'affirmative, ce n'était guère une bonne nouvelle. Certes, sa génitrice avait avoué ne pas souhaiter la récupérer à l'époque où la gamine grandissait sur un navire pirate, mais cela n'empêchait pas qu'elle aurait pu vouloir au moins communiquer. Dans le cas contraire... Cela prouvait simplement que dans l'affaire, Red était loin d'être blanche de toute culpabilité également.

© Jawilsia sur Never Utopia


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