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[Présent] Une chasse qui débute
Fizz
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Fizz
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Mer 14 Nov - 23:31
Une chasse qui débute



Alban Mallory IV


Tu n’as réellement aucune piste ?

Je tends une fois de plus le fin carré de tissu aux initiales brodées en ta direction. Et une fois de plus, tu lèves sur moi un regard agacé, perché sur ton épaisse racine.

Je sais pas ce qu’il te faut pour comprendre que je suis pas un chien, Al.

Je soupire, mes épaules s’affaissant. Tu n’as sans doute pas idée à quel point j’en suis conscient. Car oui, tu es toujours un furet, Fizz. Cela n’a pas changé, depuis que nous nous connaissons. Peut-être te le fais-je savoir moins souvent qu’auparavant, mais la réalité de la chose n’en est pas altérée. Tu es toujours un furet, rassure-toi. Je me garde cependant bien de te le faire remarquer.

Pas moins agacé, tu en retournes à ton observation. Devant toi, des arbres. Exactement comme la dernière fois que nous nous sommes arrêtés, il y a cinq minutes de cela. Et exactement comme la dernière fois que nous nous sommes arrêtés, tu scrutes la forêt d’un air frustré, tout en te grattant machinalement l’oreille. Ton cerveau tourne à plein régime, et pourtant rien n’en sort. Tout ici se ressemble, et nous n’avons pas le moindre semblant de début d’indice. Chercher un homme dans une forêt… Quelle sotte idée.

Cela nous a pourtant semblé parfaitement approprié, au début de la journée. Lorsque la rumeur de la disparition de l’homme s’est mise à courir, au sein de la cour, pour bien rapidement se confirmer. Toi et moi nous sommes regardés, un regard complice, de ceux qui suffisent à échanger mille mots. Nous y avons immédiatement vu l’occasion que notre famille attend depuis maintenant plusieurs mois : celle d’entrer dans les bonnes grâces du Roi. Celle de rendre sa splendeur au blason Mallory, celui que tant que nobles et anciennes familles lorgnaient avec envie. Celle, pour toi et moi, de peut-être enfin réaliser notre rêve commun.

Pourtant, à présent que nous avons cédé à l’impulsion, explorateurs en herbe que nous sommes, nous éclipsant après notre leçon du jour pour traverser, pour la toute première fois, les portes de la capitale seuls, force est d’admettre que nous nous sommes laissés aller à l’excitation. Sans la moindre préparation, sans l’ombre d’une piste à suivre, nous ne sommes pas prêts.

Tout en scrutant les arbres, tu repenses à ces décombres que nous avons traversé. Le Grey Terminal. C’est la première fois que nous le voyions de nos yeux, et il s’avère parfaitement fidèle à sa réputation. Tu revois, lorsque tu clignes des yeux, les quelques visages pâles, maigres, sales, qui nous ont dévisagé lorsque nous avancions, méfiants, entre les détritus. Tu entends ces voix derrière nous m’interpellant, me questionnant sur la richesse de mon accoutrement, de ces deux hommes vêtus de loques, empestant l’alcool et la fange, qui se sont approchés si près de nous que tu as dû user d’une barrière pour les repousser, avant que nous ne prenions nos jambes à nos cous sous leurs quolibets et leurs menaces, pour arriver finalement, à bout de souffle et terrifiés, sous le couvert des arbres.

Ta fourrure se hérisse tandis que tu te remémores ces moments, et que tu entrevois l’immensité du mur qui nous sépare de ces pauvres créatures, ces détritus comme aiment à les appeler nos semblables, qui peuplent ce lieu infernal. Tu trembles un rien lorsque mes mains viennent te saisir tendrement pour te déposer sur mon épaule, où tu viens te loger contre ma nuque. Ma main vient te gratter l’arrière du crâne, tandis que je reprends la marche, et tu te tranquillises peu à peu.

Nous allons le trouver, Fizz.

Tu hoches la tête, reprenant du poil de la bête, mais au fond de toi tu doutes de cette affirmation. Comment deux enfants, à peine sortis de leur palais, retrouveraient un garde-chasse perdu dans une forêt qu’il connaît comme sa poche ? Cette question te brûle les lèvres, mais tu ne la poses jamais : le Destin, le Hasard, Dieu, qui sait donc, y répond avant que tu ne te résolves à le faire.

Tu tires sur mon oreille d’une patte, afin d’attirer mon attention sur la réponse. Interdit, je m’en approche, lentement, craintivement. Tu mets patte à terre. Je scrute les alentours d’un regard inquiet. Je crois apercevoir des mouvements dans chaque buisson dense, chaque branche basse à ma portée. Une fois n’est pas coutume, tu ne souffres pas de tant de peurs ; l’excitation de la découverte t’emporte bien trop fort. Tu t’avances jusqu’au bord de la petite flaque, renifles le liquide écarlate. Quelques pas sur ta droite, et tu te saisis d’une touffe de poils blancs, accrochée aux épines d’un arbuste, que tu observes longuement avant de la tendre en ma direction d’un air triomphal.

Un lion de montagnes ?
Quelque chose du genre, certainement !

Un fauve qui, de toute évidence, n’est plus présent. Et qui n’a visiblement pas quitté les lieux de par lui-même, par ailleurs : le large sillage laissé dans l’herbe et les brindilles brisées en témoignent assez clairement. Tu me souris, cette étincelle dans tes yeux venant de s’allumer. Celle que je hais voir, tant elle est systématiquement synonyme de mauvaise idée. Et pourtant, je me dois bien de sourire aussi. La chance nous sourit, après tout.

Tu t’élances le long de la trace laissée par l’animal, ou plutôt par celui qui l’a traîné.

Fizz, attends !
Tu n’attends pas. Tu ne m’écoutes pas. A vrai dire, tu ne m’as qu’à moitié entendu. La joie de l’aventure s’est emparée de toi, et le reste n’a plus d’importance. A la fin de cette journée, peut-être aurons-nous gagné le droit tant convoité de poursuivre cette aventure bien au-delà des limites de l’île. Tu ne peux pas attendre. Soupirant, je t’emboîte le pas.

La marche nous semble durer une éternité. De temps à autre, quelques gouttes de sang, quelques poils perdus, quelques branches rompues nous indiquent que nous nous trouvons toujours sur la bonne voie. En dehors de cela, rien…

Et pourtant, tu te figes. Il t’a semblé entendre quelque chose. Tes oreilles se dressent, se tournant d’elles-mêmes, t’indiquant la direction vers laquelle diriger tes yeux. De longues secondes se passent, dans le silence de la forêt. Tes petits yeux noirs sondent la végétation dense, mais tu ne décèles rien.

Ton cœur manque un battement, lorsque des bruits se font brusquement entendre dans ton dos, mais ce n’est que l’envol d’une dizaine d’oiseaux particulièrement zélés. Ta patte sur la poitrine, il te faut quelques secondes pour normaliser ta respiration, puis tu éclates de rire. Que tu es bête de te paniquer pour si peu.

Juste des piafs, Al… Al ?

Ton rire s’arrête net, lorsque tu réalises. Un tour sur toi-même, et je n’apparais nulle part. Peut-être que ce n’était pas si bête est la seule pensée qui te traverse l’esprit tandis que tu sens le collet se serrer autour de tes chevilles et que tes pattes quittent brusquement le sol.





Fizz
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Fizz
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Dim 18 Nov - 10:27
Une chasse qui débute


Cesse de mentir, ou je m’occupe de ton familier !

Lentement, tu ouvres les yeux. Tout te paraît flou. Il te faut quelques secondes pour t’acclimater à la pénombre ambiante, mais tu finis par discerner les parois de la petite grotte aménagée, éclairée à la lumière d’une torche qui empeste l’air ambiant d’une odeur de graisse brûlée. La fumée te prend à la gorge, et tu toussotes légèrement. Tu t’arrêtes lorsque tu m’aperçois, assis sur un tas de fourrures contre la paroi rocheuse, les chevilles solidement attachées par une corde de chanvre.

Navré de me répéter, mais vous faites erreur. Et Fizz n’est pas un familier.

Le visage fermé, les yeux ardents, je semble regarder en ta direction, mais je ne m’adresse visiblement pas à toi. Confus, tu te grattes l’oreille. C’est alors que tu remarques que tes pattes ne touchent pas le sol. Tu flottes à un demi-mètre au dessus des tapis de peau, suspendu par l’arrière de la nuque. Difficilement, tu te dévisses le cou pour finir par voir celui qui te tient entre ses épais doigts rugueux.


Wyatt London


Si tu ne reconnais pas le petit homme, tu n’as pas le moindre doute sur son identité. Tu es partagé entre l’excitation de l’avoir enfin retrouvé, et l’appréhension de son humeur visiblement peu accueillante. Le laid poignard d’acier noir dans sa main droite fait drastiquement changer la balance. Tu commences à te débattre, tes pattes arrières balayant vivement l’air, en vain. L’homme te tient fermement. Je prends la parole, d’une voix qui se veut douce et apaisante.

Calme-toi, Fizz. Tout va bien. Ce brave monsieur semble nous prendre pour ceux que nous ne sommes pas, et...
Je te prends exactement pour celui que tu es ! T’as été envoyé par Krug, me dis pas le contraire ! Tu peux lui dire qu’il aille se faire mettre, il mettra pas la main sur Doudou !

Doudou ? Frustré, tu te pinces le museau. Toujours émergent de l’inconscience, tu ne saisis presque rien, et ta tête te fait un mal de chien. L’incompréhension et la peur te rendent acariâtre. Tu grognes.

Je sais pas qui est Doudou, mais c’est sur toi qu’on veut mettre la main, sombre imbécile !

Sous la surprise, l’homme te lâche et recule d’un pas. Il est vrai que même à la cour, certains ne sont pas au fait de la présence parmi les familles nobles d’un furet bavard.

Tu te réceptionnes maladroitement sur tes pattes, et tu accours vers moi, inquiet. Je te caresse la tête, rassurant, et tu peux bien voir que je n’ai pas été réellement malmené. Je tourne à nouveau mon attention vers l’homme qui nous fixe avec un mélange de confusion et d’énervement, et je m’adresse à lui avec la voix du seigneur, calme mais inflexible. Il ne m’effraye pas outre mesure ; malgré son instabilité apparente, il semble avoir plus peur de nous que l’inverse.

Ce que mon frère veut dire, c’est que Son Altesse s’inquiète de votre absence prolongée. Nous sommes venus nous assurer qu’il n’a pas à craindre pour votre santé.

Et vous ramener au Palais, pour que vous puissiez assurer votre travail. Tu te retiens de le rajouter, sachant aussi bien que moi l’importance du choix des mots employés en pareil contexte. Nous avons après tout été formés à être de futurs diplomates.

Pourtant le petit chasseur n’est pas dupe. Il expulse de l’air de son nez épaté, et ses lèvres s’étirent en un sourire amer. Posant sa lame sur un petit tabouret de bois près de lui, il se passe la main dans ses cheveux noirs en broussaille, puis fixe à nouveau sur nous ses yeux ébène, fronçant ses épais sourcils.

Krug se fout de mon bien-être, blondinet. Il sait juste où est son intérêt. Tout ce qu’il veut, c’est...

Il s’interrompt, tournant la tête vers l’entrée de la grotte d’un air triste. Tu suis son regard, et tu comprends immédiatement. Dans l’embouchure de la petite caverne se tient un grand animal somptueux, au pelage d’un blanc éclatant et aux bois couleur or. Un cerf céleste, une créature d’une rareté presque légendaire. Le fantasme de tout chasseur, réputé pour offrir chance et fortune éternelle à toute personne qui se montre capable de ramener un tel gibier. Et lorsque tu l’observes, tu comprends l’origine de la superstition. Une aura pure et apaisante, presque sainte, émane de l’animal. J’en ai le souffle coupé. La bonté incarnée dans un corps physique.

Nous comprenons également bien vite pourquoi certains leur accordent, dans les récits, une intelligence humaine. La lueur qui brille dans ces yeux bleu pâle humides ne ment pas. Une lueur que je connais bien ; j’ai pu l’observer pour la première fois, il y a huit ans de cela, au fond d’une boîte au ruban rouge.

Doudou, non ! Il faut que tu t’enfuies !

Le cervidé accorde un regard doux au petit homme barbu, puis avance d’un pas, affichant une sérénité presque indécente, malgré un boitement visiblement fort douloureux. C’est alors que tu remarques le liquide rouge qui macule son flanc et le haut de sa patte arrière, qui peine à s’appuyer au sol.

Captivé, tu t’approches, lentement, de l’animal. Celui-ci baisse vers toi un regard empli de bienveillance, et renifle bruyamment. Le London, figé, observe la scène depuis sa place avec effroi.

Une plateforme translucide, inclinée, te sert de rampe jusqu’à la créature. Une patte férmée, les doigts croisés, tu tends l’autre, avec une prudence infinie, vers la tête de cet être si beau. La respiration sifflante, il renifle à nouveau, t’observant longuement, puis se penche. Un coussinet rose  se pose tendrement sur un museau blanc.

Et la caverne sombre s’éclaire soudain.





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Dim 18 Nov - 10:28
Une chasse qui débute



Le Soleil est bas à l’horizon, frôlant doucement la crête rocheuse qui délimite le ciel à l’Ouest. Les rares nuages se teintent de rose pâle et d’or, en un somptueux spectacle de couleurs.

Un spectacle qui se reproduit devant nos yeux, sur la magnifique robe blanche d’un grand cerf, plus époustouflante encore à présent qu’elle est baignée de lumière. Seule tache sur ce tableau idyllique,  les bandages de lin qui enserrent à présent l’arrière du corps de l’animal. Une perturbation infime que nous pardonnons tous sans la moindre difficulté.

Debout sur une barrière, les yeux fixés sur le coucher de soleil, tu caresses distraitement la nuque du cervidé. Lorsque l’astre céleste entame sa disparition derrière les montagnes, tu sais qu’il est temps.

Mettant patte à terre, tu reviens vers nous, et adresses un signe de tête respectueux au petit homme qui s’avance à son tour, fébrile. Une main caleuse se pose sur les naseaux de l’animal, qui baisse la tête pour la frotter tendrement contre celle du chasseur. Deux petits bras enlacent la large nuque blanche, et les deux êtres restent ainsi, immobiles, durant de longues minutes.

Finalement, la noble créature recule d’un pas, s’échappant doucement de l’étreinte. Il tourne vers nous un regard profond, durant plusieurs secondes, puis se détourne enfin et s’éloigne d’un pas lent, boitant légèrement.

Nous restons là, immobiles, longtemps après que cette superbe apparition ait disparu au cœur de la forêt.

Puis, alors que la nuit tombe, je m’avance prudemment, pour me placer aux côtés de l’homme que nous cherchions, et poser une main sur son épaule. Une minute encore se passe, avant que je ne me décide à rompre le silence.

Vous sentez-vous prêt à rentrer ?

Le petit homme lève sur moi un regard baigné de larmes et hoche presque imperceptiblement la tête, se mordant la lèvre inférieure. C’est d’une voix basse, presque un chuchotement, qu’il me répond enfin.

Oui. Il est temps. Il faut bien que quelqu’un mène la chasse...


Le plus loin possible d’ici, s’entend.



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