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PV Solo - Flashback - Quelle est la situation ? Un nouveau fruit !
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Mar 5 Fév 2013 - 21:23























South Blue – Military Island


La mer était déchaînée, un violent orage faisait rage et le navire de guerre révolutionnaire avait du mal à progresser dans la tempête. Je fus obligé de débarquer sur une plage déserte. Le bateau repartit alors, me laissant seul. J’attendis de le voir disparaître complètement avant de m’atteler à la tâche qui m’avait été confiée. Je devais faire un rapport de la situation de ce royaume. Je n’en avais d’ailleurs jamais entendu parler, et je ne connaissais rien de cette île. Pour éviter que l’on me remarque, il avait été décidé que l’on me déposerait en pleine nuit. Seulement, je me trouvais donc dans l’obscurité, sous le tonnerre, et il n’y avait rien. La forêt qui se trouvait dans mon dos était un accès impossible avec les éclairs, je n’avais d’autre choix que de parcourir la côte et d’espérer tomber sur de la civilisation ou de pouvoir m’abriter temporairement. Je m’élançais donc d’un pas énergique vers l’inconnu. Le commandant m’avait bien fait comprendre ce qu’était l’organisation dont je faisais désormais part. Je comprenais la motivation, je réussirais ma mission et ferait mes preuves. Je m’en sentais capable mais pour le moment je devais bien avouer que j’étais trempé ! Courant pendant un moment dans le sable, je fini enfin par trouver un toit temporaire de fortune, fait de rochers. Me calant dans le trou, je décidai de me reposer et d’attendre la fin du déluge.

Le lendemain matin, je fus réveillé par le reflux de la mer et les mouettes qui volaient non loin. Il me fallait reprendre la route, le temps était revenu à la normale avec un ciel bleu et un soleil tapant. Ma promenade continua et je vis enfin des habitations, peu de temps après mon lever. C’était un village de bord de mer, avec des maisons et des cabanes. Il n’y avait qu’un seul ponton où étaient attachées deux barques. De ma position, rien n’était à signaler. Pourtant rien qu’en approchant je ne sentais pas d’activité. Rien ne bougeait, il n’y avait pas de bruits comme si l’endroit était désert. En inspectant les lieux, je compris qu’il était abandonné. Les maisons étaient en ruines et vides. Certaines s’étaient écroulées et il n’y avait donc âme qui vive dans les parages. M’approchant des canots, je vis pourtant des filets de pêches en excellent état. J’en déduisis qu’il y avait bien des êtres vivants non loin, et je choisissais alors de patienter en m’asseyant contre le mur d’une baraque.

Peu de temps après, une présence se fit sentir. Deux hommes passèrent devant moi sans me remarquer et montèrent dans la barque. Ils prirent la mer et restèrent au large. Je les regardais faire sans intervenir, moi aussi je savais pêcher mais je voyais bien qu’ils étaient professionnels. Ce ne fut pas long et à leur retour ils me jetèrent un regard méfiant, me voyant pour la première fois. M’approchant, le premier qui était barbu m’accosta.

- Toi ! Qui peux-tu bien être ? On ne ta jamais vu ni même aperçu dans le coin. Qu’est-ce que tu fais ici ?

- C’est très malpolie de demander le nom de quelqu’un avant de donner le sien, lui répondis-je en lui souriant. J’allais devoir appliquer les conseils du commandant. Ne pas laisser paraître les émotions, rester calme, toujours avoir un coup d’avance. Ce serait un excellent entraînement.

En les détaillants, je compris qu’ils étaient tous les deux des civils qu’on aurait pris pour des réfugiés. Tenus débraillées voir déchirées, sandales, chapeaux ou foulards, ils n’étaient pas beau à voir et semblaient être deux rustres. Les accompagner me permettrait de trouver un foyer, de manger mais aussi de rencontrer d’autres habitants. Il renifla, légèrement agacé de ma réponse.

- Mon nom est Fox, et lui c’est Nick. Nous sommes tous deux résidents de l’île. Ca te va, t’es content ? Alors, t’es qui ?

Avoir autant parlé le gonflait d’énervement, je devais le calmer rapidement.

- Je m’appelle William… et je me suis échoué sur la plage cette nuit qui est un peu plus au sud. Comme vous pouvez le voir j’ai marché jusqu’ici sans savoir où j’allais et je ne sais même pas quel est ce royaume. Je vous serais reconnaissant de m’indiquer un village ou une ville si le cœur vous en dit. Bon, mon histoire n’était pas mauvaise et il avait l’air d’y croire dur comme fer, ça tombait bien.

- Ok, viens avec nous tu dois être affamé. Tu n’es pas le seul à avoir atterrit ici ces derniers jours, j’ai trouvé un autre type dans ton genre en début de semaine, en mauvaise état lui aussi. Il est sur l’île. Bon allez on y va, trêve de jacasser ce n’est pas à coter, et ne nous perds pas de vue sinon tu seras perdu. Il prit alors la direction de la forêt. Un autre naufragé ? Bref. Comme prévu, j’allais découvrir le peuple de Military Island et j’avais aussi hâte de pouvoir manger un bout. L’odeur du poisson qu’ils avaient emporté m’emplissait les narines et je ne pensais plus qu’à ce moment tout le long du trajet.

Emergeant d’entre les arbres, nous arrivâmes sur une petite place où grouillait une faible activité. Il n’y avait pas foule et je remarquai tout de même l’étrange accoutrement de ceux qui se massaient devant nous. Tous me regardaient d’une drôle de façon, je n’aimai vraiment pas l’ambiance qui régna tout d’un coup sur le campement de fortune. Tous sortaient à l’extérieur pour venir me voir. Je n’étais quand même pas un phénomène de foire ! Fox me fit signe de continuer et de le suivre, je traversai alors le rassemblement pour atteindre le seul bâtiment fait de pierre. Des questions grouillaient dans la boîte crânienne et d’autant plus quand je fus réceptionné par un homme d’une quarantaine d’année. Alors que tous m’observaient, il s’avança et me proposa d’entrer. Pourquoi pas ? Fox et Nick disparurent avec leur cargaison, me laissant seul.

- Etranger, soit le bienvenu, me dit-il alors l’inconnu en passant à son tour la porte. Et je m’excuse pour l’hostilité dont font preuves les habitants. Il faut les pardonner, ils ont vécus tellement d’horreurs qu’ils se méfient de tous ceux qui s’aventurent ici. Il me souriait et se montrait amical. Grand, bien bâtit, le visage franc et le regard bienveillant, je me sentis tout de suite à l’aise. Alors, poursuivit-il, tu te trouves dans la maison principale. C’est comme une mairie ! Je me nomme Alberford et je dirige en quelques sortes la vie qui se passe ici. Tu m’as l’air bien fatigué et je te proposerai volontiers du repos, mais avant ça j’aimerai en apprendre un peu plus sur toi. Peux-tu me dire comment tu t’appelles et ce que tu fais ici ? Après ça je pense que tu voudras manger, m’annonça-t-il en riant. Vraiment, il était très gentil.

- Comme je le disais aux deux pêcheurs, je suis William, et je me suis retrouvé ici lors de la tempête, sur une plage, sans savoir où j’étais. C’est un coup de chance que d’arriver ici. Et j’apprécierai effectivement un bon repas.

- Bien, alors mangeons ! Il apporta alors sur la table une cocotte d’où s’évadait de la fumée. Tout en dégustant, je lui posai différentes questions qui me tenaient à cœur. Moins il aurait le temps de parler, moins il me poserait de questions qui pourraient me gêner.

- Quel est cet endroit ? Ce pays ? Pourquoi les gens d’ici sont-ils si hostiles ? Vous m’avez parlé d’horreurs et d’un vécu. Ce village a l’air très pauvre et replié sur lui-même, ce bâtiment est le seul en pierre et il y a des ruines au port. Vous m’accueillez avec bienveillance, pourquoi donc ?

- Bien, bien. Nous sommes à Military Island, sur South Blue évidemment ! Si tu me disais que tu t’étais endormi sur East Blue et réveillé ici, ce serait le naufrage le plus loufoque du siècle. Bref, donc comme tu as pu le remarquer, cette île est peu peuplée, puisque tu te trouves dans la capitale qui est en passant l’une des rares villes. Pour t’informer plus précisément encore, il n’y ici que montagnes, forêts, plages, lacs et diverses grottes souterraines. Il se gratta la tête avant de m’expliquer qu’il existait aussi un campement de bandits dans les hauteurs du pays. Alors oui, nous n’avons pas de biens particuliers, mais cela doit-il nous empêcher de vivre heureux ? Je reçois tout étranger mourant de faim et de fatigue sous mon toit, ce n’est pas un repas qui nous tuera. Concernant cette pauvreté, nous n’avons pas le choix. Nous vivions autre fois sur les côtes, de la pêche et du petit commerce avec les îles alentours mais les attaques de pirates se faisant de plus en plus violentes et fréquentes, nous avons tout abandonnés pour nous regrouper ici, où personne ne nous trouvera. Nous pouvions nous défendre autrefois, et la marine nous apportait son aide. Le nom de Military Island provient d’une base marine qui se tenait non loin en bord de mer. Mais elle a été désertée sans qu’on sache pourquoi. Toujours est-il que désormais, nous sommes livrés à nous même. Ils ne répondent pas à nos appels en aide et nous avons donc dû fuir la guerre contre les pirates. La base est désaffectée et n’est plus utilisable non plus. Ce n’est qu’un vestige du passé désormais. Nous apprenons à vivre avec les massacres et pillages qui ont été perpétués contre nous, et les faibles accrochages avec les pillards. Ce pourquoi je te sers à manger sans me soucier de l’avenir. Tout comme je l’ai fait hier pour ce Gerrard.

- Gerrard ? Est-ce celui que l’on m’a évoqué ? Je suis autrement surpris de votre récit, et attristé à l’idée que la marine ait quittée cette île. C’est impardonnable de leur part d’abandonner les citoyens à leur sort. Pour vous informer à mon tour, ce n’est malheureusement pas la première fois que j’apprends que la marine ne se comporte pas comme elle le devrait, ou voudrait le faire croire. Et ce Gerrard, qui est-il ? Vous avez sans aucun doute parlé avec lui. Je me montre sûrement très curieux, mais j’aimerais le rencontrer.

Avec un sourire, Alberford haussa les épaules et m’indiqua l’extérieur du doigt.

- Il est partit ce matin en direction de l’ancienne base. Je ne sais pas ce qu’il voulait y trafiquer cependant. Tout comme toi, il se serait échoué depuis plusieurs jours et a alors apparu en plein milieu de la journée, éreinté et affamé. Je n’ai pas su grand-chose de lui, tout comme je ne sais pas grand-chose de toi, souffla-t-il dans ma direction avec un air inquisiteur. Mais tu devrais te reposer, tu pourras me compter ton histoire une prochaine fois ! Vas te coucher voyons, profite d’un lit chaud.

Je ne me fis pas prier, et après l’avoir remercié pour le repas et lui avoir serré la main, je partis promptement me faufiler sous les draps du couchage douillet pour sombrer très vite dans un sommeil profond.

Je m’étais désormais infiltré, et demain j’aurais à loisir le temps d’enquêter. Je parcourais ce royaume et découvrirait ses secrets. J’irais visiter cette base de la marine, et ce dénommé Gerrard m’interpellait aussi, qui pouvait-il bien être ?


William Fly


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Mer 6 Fév 2013 - 18:59























South Blue – Military Island

Le soleil brillait de mille-feux, la tempête était donc passée et le temps de la mer du sud avait repris son cours normal. Midi approchait et je traversais énergiquement les arbres en direction de l’ouest, où Alberford m’avait indiqué la position de l’ancienne base de la marine. J’apercevais déjà l’orée du bois ce qui voulait dire que j’étais proche de ma destination.

M’exposant à la chaleur, je pris un moment pour descendre le sentier qui parcourait la côte. La vue était magnifique, un vrai paradis, une eau claire et transparente, percée par une lumière terrible qui vous assommerait si vous restiez trop longtemps sous ses rayons. La falaise semblait insurmontable, aussi haute et abrupte que le mat des plus grands navires de cet océan. Pour terminer, une plage de sable fin sans roche longeait South Blue et l’idée de piquer une tête me traversa l’esprit. Mais je vis très rapidement le bâtiment qui se dressait plus loin sur l’île et qui surplombait toute la végétation. Son imposante taille mettait dans l’ombre la nature des alentours, malgré les rayons qui filtraient à travers la ruine.

Je pus passer par la porte d’entrée, grande ouverte, et pénétrer dans l’ex-antre maritime. D’un rapide coup d’œil, je compris que je mettrai plusieurs heures pour explorer l’endroit. Les tours et les créneaux étaient détruits, les quelques portes donnant sur l’extérieur tenaient à peine sur leurs gonds, les vitres brisées ne pouvaient être énumérées et les murs eux-mêmes se trouvaient dans un état pitoyable. La grande majorité des pièces étaient vides, seuls quelques meubles cassés, draps en lambeaux et canons rouillés n’avaient pas été déplacés. La grande salle me sembla être un excellent endroit pour faire une pause. En y réfléchissant, il était évident que la zone avait subi une attaque massive à la vue des dégâts, et probablement la fuite des soldats ainsi que des pillages. Il ne restait rien de vendable ici et je ne trouverais rien d’intéressant. Au moins pourrais-je noter dans mon rapport que Military Island possède un point très intéressant pour appréhender l’ennemi. Force est de constater que ça n’a pas empêché sa destruction. Je sentis alors une présence dans mon dos. Me retournant, je fus particulièrement surpris de voir un jeune homme de grande taille. Il avait de longs cheveux noirs, une bonne musculature, un sabre pendait à sa taille et il portait comme vêtement un smoking noir. Se tenant debout, à la sortie, me dévisageant calmement et fumant sa cigarette, il patientait et attendait une réaction. Qui était-ce ? Gerrard ? En le regardant dans les yeux, je me déliai alors la langue.

- Bonjour, je m’appelle William et je visite tranquillement les lieux. Je suis un écrivain particulièrement inspiré aujourd’hui ! Pas de réaction, regard vitreux, je continuai donc. Je suis surpris de voir quelqu’un d’autre que moi dans les parages. Vous êtes aussi un intéressé ? Vous êtes Gerrard, n’est-ce pas ? Il souria, baissa les yeux et s’approcha. Je venais d’amorcer une discussion stérile, mais que je connaisse son nom l’avait perturbé.

- William ? Je suis bien Gerrard et je suis tout autant surpris de vous voir, et encore d’avantage que vous ayez entendu parler de moi, me dit-il en me tendant la main. Accepteriez-vous que nous prenions l’air ? Je la lui serrai et il me montra la porte. L’après-midi était bien avancé et cet inconnu transpirait l’assurance, je me demandai bien ce qu’il avait pour être dans une telle effervescence. Tout en marchant et en me lorgnant des yeux, il se décida à reprendre la conversation.

- Vous êtes écrivain, je suis un simple civil chercheur d’or. Malheureusement, il me semble avoir fait chou blanc ! Il n’y a que de la pierre ici, tout comme il n’y a que du bois et de la paille dans ce village qu’ils nomment capitale, blagua-t-il. Comment connaissiez-vous mon nom ?

- Je suis arrivé hier dans ce pays, et j’y ai rencontré des habitants qui m’ont informés qu’un autre naufragé était passé par chez eux. Le dénommé Alberford m’a brièvement parler de vous et du fait que vous vous trouviez ici. Je ne devrais pas être surpris après tout. Alors oui, je suis écrivain, certes, mais je suis aussi plus ou moins explorateur. J’aime découvrir les vestiges du passés, leur histoire et ce qu’ils peuvent offrir. Vous l’avez déjà visité, n’est-ce pas ? Avez-vous découvert quelque chose ?

Il fut alors en pleine réflexion, je trouvais étrange ce changement de personnalité, lui qui paraissait si fier de lui, le voilà craintif. Il cachait sans aucun doute un détail et n’osait pas m’en parler. Je n’avais pas franchement confiance en lui mais je n’avais pas vraiment le choix, mon enquête ne devait omettre aucun détails. Il releva la tête pour m’expliquer.

- Effectivement, j’ai avant tout entendu parler de cette base par les autochtones, puis j’ai trouvé une bibliothèque avec quelques parchemins, dont un journal de bord sûrement oublié par un quelconque équipage relatant leur aventure, leur assaut et leur pillage. Il est dit qu’au moment où la bataille semblait gagner et que les forces de la marine s’enfuyaient, diverses groupes et organisations envahirent les lieux. Ils n’appartenaient pas à un équipage pirate, ils sortaient de la forêt et n’avaient pas d’emblème particulier. Toujours est-il que le journal parle d’un combat inégal, car épuisés, les étrangers les mirent en déroute et s’emparèrent de tout ce qui se trouvait ici. J’imagine que le livre est tombé de la poche du capitaine qui l’a emmené avec lui, et voilà. On peut encore voir des squelettes si vous avez fait attention. Tout porte à croire que ceux qui ont volés l’intégralité des richesses sont les bandes des montagnes. J’en ai vaguement entendu parler, mais il s’agirait d’un clan qui agit indépendamment des autres. Ils agressent les villages quand ils n’ont plus à boire ou à manger, ils patientent que les pirates accostent pour les prendre par surprise et leur voler leur trésors. J’ai prévu de les espionner, ils doivent posséder tellement d’or !

Il me disait tout cela d’un regard imperturbable, brûlant et décidé. Moi, je savais que je devrais faire un tour chez eux, le commandant comptait sur moi ! Impossible de le décevoir, j’avais le devoir de remplir ma mission, ce que je ferais avec brio ! Résolu, je passais le reste de la journée avec Gerrard à bavarder de tout et de rien, nous remarquions tout deux que nous nous entendions très bien. Je savais désormais qu’il était né sur South Blue et qu’il avait grandi en voyageant. Nous avions bien ri quand nous avons décidé de se tester, lui au sabre, moi au poignard, ce qui semblait dérisoire vu la taille de sa lame ! Nous avions établis un campement non loin du bâtiment en pierre et avions décidé de dormir près d’un feu. Gerrard avait mon âge, mais il est clair que quelque chose clochait chez lui, il ne me disait pas tout, je le voyais clairement hésiter quand il parlait de son passé.

Au petit matin, me réveillant doucement, je vis qu’il avait disparu sans me prévenir. Peut-être était-il dans les montagnes, lui qui voulait s’y rendre très rapidement. Je préférais me rendre à nouveau à la base et trouver cette bibliothèque. Les livres potentiels qu’elle pouvait caché me donnaient l’envie d’y jeter un œil. En marchant dans un couloir, j’entendis une voix. M’approchant doucement, je vis dans l’entrebâillement de la porte un humain en smoking noir qui tenait un bébé den den mushi dans sa main. Tendant l’oreille, je pus comprendre l’objet de la conversation.

- Oui monsieur. J’ai découvert le campement des hommes des montagnes et situé l’emplacement exact du coffre.

- Continuez comme cela, aspirant Gerrard, et vous pourrez intégrer le cipher pol à l’aboutissement de cette épreuve. Je vous rappelle que l’obtention de ce coffre est primordiale pour la suite du projet !

- Oui monsieur !

- Recontactez-moi quand ce sera fait. Bonne chance.

Sur le chemin du retour, je repensais à ce qui se passait. Gerrard était un aspirant au cipher pol ? Ce qui voulait dire qu’il était un agent directement lié au gouvernement. Et quel était ce coffre dont ils parlaient ? Je me devais de la jouer fine, cette mission prenait une autre envergure. Il prit la route vers les sommets, et je fis de même. Le suivant en cachette tout le long du parcours, il s’arrêta près d’un buisson, progressant alors lentement et accroupi. Je pouvais entendre le bruit que faisaient les brigands, combien étaient-ils ? Relevant légèrement la tête, je pouvais en compter une douzaine. Du coin de l’œil je surveillais Gerrard qui ne bougeait pas. La nuit tomberait dans peu de temps, peut-être attendait-il le moment.

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Plongés dans le noir depuis plusieurs heures, les voleurs dormaient ci et là, paisiblement ou bruyamment au clair de lune. L’homme du gouvernement bougea avec vivacité et accéléra le pas en direction de la cabane principale quelques mètres plus loin. Il traversa le cantonnement à pas de loup, sans se faire remarquer, et grimpa les marches le plus doucement possible. Sûr de lui, il ouvrit la porte et pénétra dans l’ombre de la baraque. Que faire ? Je me décidai à bouger et le suivre. Posté sur la terrasse, je risquai un œil par le biais d’un carreau et remarqua un coffre en métal, fermé par un cadenas grossier. Etait-ce ce dont parlait l’homme du den den mushi ? Que renfermait-il ? Gerrard semblait réfléchir et ne bougeait plus. Il se décida à forcer l’ouverture et cassa la fermeture. Les bandits se levèrent tous ensembles d’un seul mouvement et comprirent rapidement que quelqu’un s’était introduit chez eux. Je m’accroupis du mieux que je le pouvais dans un coin sombre et patientait, attendant de voir la suite. Et la surprise fut totale quand je vis mon nouvel ami fuir en courant à travers brousse, sans rien emporter, complètement paniqué et désabusé. Ils se mirent alors en chasse et abandonnèrent le bivouac. Patientant un peu, je me décidai à entrer à mon tour dans la masure en bois et m’approchai de la malle. Quelle fut ma surprise de voir de l’or scintillant ! Il y en avait plus que l’on n’en aurait voulu. Repensant aux villageois, j’emportai la caisse et entreprit de la donner à Alberford.

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- Incroyable ! Où as-tu eu cet argent ?

Le maire était en larme, les yeux écarquillés par la somme qu’il pouvait imaginer devant ses yeux. J’étais rentré sans encombre et lui avait offert le contenu sans broncher ni rechigner. J’étais heureux pour lui, pour ceux qui étaient dehors, pour ce qu’ils pourraient faire.

- Disons que je l’ai découvert, il me semble que ça paierait tous les dédommagements que vous avez pu subir, sauf physiquement, et que cela pourra vous aider. Qu’en dites-vous ? Je vous le donne, prenez tout ! Avec ceci, vous pourrez désormais construire une véritable ville, des armes, vous protéger, prospérer et vivre ! Vous pourrez vous développer et survivre ! Une nouvelle vie commence pour vous et vos concitoyens, Alberford. Sachez seulement que je reviens de la montagne. Le sous-entendu était clair et il comprit tout de suite ce que je voulais dire. Il se mordit la lèvre, inquiet.

- Je ne peux pas accepter William. Ceux à qui tu l’as dérobé viendront nous le reprendre dès qu’ils auront compris ton larcin. Tu dois le remettre en place ! Il paniquait !

- Réfléchissez ! Calmez-vous Alberford ! Comprenez que ceci vous aidera et assurera la pérennité des habitants pour très longtemps ! Ceux qui descendront des montagnes, j’en ferais mon affaire. Je vous protégerai le temps que vous ayez acheté des armes et autres. Vous devez vous battre et prouver que vous pouvez tous vivre en harmonie ! Sans eux ! Ils ne sont que pillards et malandrins, stoppez-les une fois pour toute ! Je vous conseille de mettre au courant la population, je vais commencer à compter.

Il ne se fit pas prier et partit, sans omettre une réponse. Tranquillement, je remarquais que sous la montagne d’or, il y avait une carte de l’île en question qui indiquait une position, à l’ouest de l’île. Un parchemin l’accompagnait et au fur et à mesure qu’avançait ma lecture, je compris qu’il avait été écrit par un officier de la marine. Il expliquait au colonel de la base qu’il leur donnait la sécurité d’un objet non décrit. Sans me reposer, je pris la carte et le parchemin et décidai d’aller vérifier par moi-même les dires. Sur place, je compris que le mur du fond de la grande salle était amovible. Le parchemin et la carte me permirent de trouver le mécanisme et un trou apparut alors. A l’aide d’une torche de fortune, je m’éclairai le court chemin qui me séparait d’une caverne creusée à même la falaise. Un petit coffret posé sur une étagère en bois attira mon attention. L’ouvrant à l’aide du poignard, je fis une découverte très étrange. Au fond se trouvait un étrange fruit rose avec des feuilles vertes encastrés dedans. A son côté se trouvait une lettre. Elle expliquait que c’était un fruit du démon ! Rien que ça ! Un fruit du démon, ces fruits légendaires et très rares qui étaient recherchés par tous sur les mers et conféraient à celui qui les mangeait un pouvoir surhumain en contrepartie de ne plus pouvoir nager ! L’idée de le manger me traversa l’esprit. Après tout, si je le mangeai, je ne pourrais peut-être plus nager mais je pourrai aider les autochtones à vaincre les brigands des montagnes et réaliser mon rêve. Ca ne pouvait pas me faire de mal après tout, pourquoi se poser la question ? Si je suis ici, c’est que j’y ai été amené ! Approchant le fruit de ma bouche, lentement, très lentement, je fermai les yeux en tremblant et je croquai alors plusieurs bouchées. Il n’y avait aucun effet. Et s’il était périmé ? Si j’allais mourir ? Le goût était horrible, acide et salé, je crachai, crachai, mais rien ne sortait. Me retrouvant à quatre pattes, je ne voyais pas de changement en moi. Je croyais devenir fou. Qu’avais-je fait ?

Il me fallut du temps avant de reprendre mes esprits. Calmement, je me relevai et je repris le chemin en sens inverse pour rentrer. Mais au fur et à mesure que j’avançai, ma vue se troublait. Le sol s’éloignait ! Mes mains s’agrandirent et des griffes démesurées apparurent alors sous mes yeux, sans que je comprenne comment ! Que se passait-il ? Des écailles rouges recouvraient ma peau, j’avais chaud, très chaud ! J’avais trop chaud ! Il me fallait de l’eau et je couru comme je pus jusqu’à la plage, tombant de la falaise. Au contact du sol, je n’avais pas aussi mal que je le pensai. La chute avait été très rude de plus de 30 mètres de haut et me voilà sans gros dommages ! Que se passait-il ? Avançant vers la mer je me rappelai soudain que je ne pouvais pas la boire, étant salée, mais que je ne devais pas la toucher sous peine de couler. Voulant vérifier cette information, je m’approchai prudemment avant de glisser les griffes et les doigts dans le liquide. Une faiblesse m’envahit tout de suite et mon regard se porta sur mon reflet. Quelle surprise ! Reculant, effrayé, je respirai bruyamment et essoufflé je me décidai à retourner voir cette forme que je n’aurais jamais cru voir un jour de ma vie. Glissant ma tête au-dessus des eaux, je ne vis non pas mon reflet comme je l’entendais, mais je vis une gueule énorme, des crocs immenses, des écailles rouges à la place de la peau, des naseaux renâclant de la fumée. N’en croyant pas mes yeux, je portais mes mains à mon visage, mais ce furent des pattes immenses que je vis alors dont des griffes acérées se tenaient au bout. Mes yeux étaient écarquillés, je ne pouvais le concevoir ! Je m’étais transformé en dragon ! J’étais un dragon ! Tournant la tête, je vis deux ailes impressionnantes ainsi qu’une queue hérissée de pointes et de piques. Tout ceci recouvert d’écailles. Je sentais le feu dans mon gosier, un feu ardent, pas de doute, j’étais bien un dragon ! Mais que se passait-il ! Quel fruit avais-je pu manger ! La stupeur laisse la place à la curiosité. Pouvais-je voler ? Pouvais-je cracher du feu ? Quelle était ma taille ? Je désirais maintenant manger, j’avais très faim, et je me surpris à vouloir de la viande en grande quantité. Je m’exhortai à faire battre mes ailes, mais je n’y arrivais que trop faiblement et le feu que je voulais sortir de ma bouche n’était que de la bave. Soupirant, je me demandais comment je pourrais revenir à la normale. Soudain très fatigué, je m’écroulai sur le sable et m’endormit d’un coup.

________________________________

- Réveille-toi ! William ! Debout, vite !

- Hum ? Qui c’est … Je reçus soudain de l’eau ce qui eut pour coup de me réveiller instantanément. Je vis le visage de Gerrard face à moi, crispé. Ah c’est toi, qu’est-ce que tu me veux ? Je repensais à ce qui m’était arrivé. Etais-je un dragon actuellement ? Il ne me semblait pas, je regardais mes mains et vit qu’elles étaient bien humaines. Je n’avais pas rêvé au moins. Non, j’étais bien sur la plage, tout comme avant de m’écrouler, et je n’avais plus qu’une faible chaleur dans le ventre. Souriant, je me disais que j’aurais toujours chaud.

- Pourquoi tu souris ! L’heure est grave, je me suis planter cette nuit et maintenant j’ai foutu dans la merde les gens qui habitent ici ! Tu dois m’aider !

- De quoi tu parles Gerrard … tu ne vois pas que je dormais ? Me tenant la tête, je me levais comme je le pouvais, craignant de me transformer à tout moment.

- Ecoute ! On est en pleine après-midi ! Y a un problème là ! Tu vois cette nuit … j’ai essayé d’aller prendre un coffre chez les brigands des montagnes, mais ça a mal tourné et je me suis retrouvé en fuite et j’ai finalement dû en combattre un que j’ai tué. Sauf que là ils vont s’en prendre aux civils ! Ils me cherchent ! Tu dois m’aider ! Il était plus qu’énervé, ce qui m’énervai d’un coup aussi. Le prenant par le col, je lui donnai ma façon de penser.

- Arrête de te foutre de ma gueule ! Tu crois que je sais pas qui t’es toi ! Je t’ai entendu l’autre jour parler via un den den mushi, toi, Gerrard, l’aspirant au Cipher Pol ! Alors te la joue pas avec moi ! Arrête de faire l’abruti, je sais ce que t’as voulu faire et je sais comment ! J’étais là parce que je t’ai suivi ! Et maintenant tu veux que je te protège ? Et les autres dans tout ça ? T’es bien du gouvernement mondial toi ! Abruti ! La fureur montait pour chacun d’entre nous. Se détachant de moi, il me repoussa avant de m’empoigner la main.

- C’est moi qui me la joue ? Me prends pas pour un con, je t’ai vu le soir où t’es apparu sur Military ! Comme si un écrivain de ton âge pouvait se balader comme ça et aller voir, bizarrement, le seul endroit intéressant de l’île ! T’es quoi, un pirate ou un terroriste !

- Fermes-la où je t’éclate sur place ! Tu viens de mettre dans la boue tous les efforts des habitants, faut aller les sauver maintenant ! Parce que quand t’es partit du camp, moi j’ai récupéré le coffre et je l’ai amené à Alberford pour qu’il puisse vivre heureux avec l’argent, tu aurais jamais fait ça toi hein !

- Bien sûr que si ! Mais là tu m’engueules alors que c’est ta faute ! Ca ne serait pas arrivé si t’avais pas touché au trésor ! Pourquoi tu le leurs as donné, j’en avais besoin pour ma mission !

- Quoi ? Ta mission ? Tu sais ce que j’en pense de ta mission ? Arrête de m’emmerder, dépêchons nous d’aller aider les autres, grouille ! Et je pris la route en courant le plus vite possible. Je bouillonnais intérieurement sans savoir si cela venait du dragon ou de l’humain. Il me rattrapa et se mit à ma hauteur, me défiant du regard jusqu’à l’arrivée finale.

- Quand tous sera finit, on règlera nos compte ! Et il sortit de la forêt avant moi.

La grande place était pleine de monde. Terrorisés, les femmes et enfants étaient repliés dans un coin, les hommes se tenant debout, face aux adversaires. En les comptants, je compris que la douzaine d’individus de la nuit n’avait rien à voir avec la troupe se tenant ici. Ils étaient bien deux ou trois plus et armés de fusils et de sabres, prêts à exécuter les villageois. Se retournant, ils firent signe à l’un d’eux, un grand gros et gras bonhomme mesurant 3 têtes de plus que nous, que nous étions là. Ils regardèrent d’abord Gerrard et à leur activité, ils le reconnaissaient. Puis ils se tournaient vers moi et rigolaient en me montrant du doigt. Le gros s’avança vers nous d’un pas lourd soulevant la poussière.

- Tu es là toi ! Je suis Haguma, chef des brigands de la montagne et recherché pour 2 millions de berrys. J’ai appris que tu as essayé de nous prendre un coffre pas vrai ? Et ce certain coffre a disparu dans la nuit, étrange non ? Déjà, là, j’essayai de relativiser, de rester calme. Mais on m’a ensuite raconté que tu avais abattu l’un de mes hommes. Et tu crois que je vais te laisser vivre maintenant ? Il continuait ainsi de discuter. J’analysai la situation et voyait que nous étions maintenant visés par la majorité des bandits. Gerrard prit soudainement la parole à mon encontre.

- William ? Je trouve que ce mec parle un peu trop. Excuse-moi si je m’occupe d’eux. Tu sais maintenant que j’ai l’ambition d’intégrer le Cipher Pol, je n’ai donc plus besoin de me cacher à tes yeux de rebelles. Tout comme tu n’as plus à le faire, car tu es dans les deux cas un ennemi du gouvernement. Je décidai de m’adresser directement aux hommes de la capitale.

- Villageois ! Défendez-vous ! C’est aujourd’hui que vous vous libérerez définitivement de cette oppression !

A peine avais-je finis, à peine Haguma entamait un rire tonitruant repris par ses sbires, que Gerrard amorçait le combat. Je le vis partit très vite vers ses adversaires et dégainer son sabre. Je vis les habitants sauter sur les brigands et se battre de toutes leurs forces. Je sentis le sang emplir mes narines, je sentis le feu me prendre. Et je me surpris à sentir ma transformation. Mes forces se décuplaient et je grandissais à mesure que je devenais un dragon. Tout le monde s’arrêta net pour me regarder, les yeux exorbités par le spectacle que je leur offrais. Je n’avais pas de peur, non. Je n’avais sur le moment envie que de chair. Me tournant vers le chef, je ne fis qu’un mouvement de coup pour le croquer, qu’un mouvement de queue pour assommer mes ennemis à portée. Cette bataille ne dura qu’un faible temps. Je ressentais la fatigue revenir petit à petit, et je me forçai à reprendre ma taille humaine au prix de terribles efforts et de souffrance. Un fruit du démon, qu’est-ce que c’est compliqué à gérer !

- William ? Tout va bien ? C’était Alberford qui, suffoqué, prenait de mes nouvelles. Je n’étais pas passé inaperçu ! Et à vrai dire, tout le monde me regardait d’un œil étrange, certains méfiants, d’autres soulagés, d’autres heureux. Jetant un regard aux alentours, je compris que j’avais fait des dégâts. Plusieurs cabanes avaient été détruites, le dénommé Haguma était dans un état très critique, et les autres étaient neutralisés. Me tenant droit face au maire, je lui lançai un petit sourire.

- Vous voyez, monsieur, vous pouvez maintenant vivre en paix et prospérer. Je serai fier de continuer à vous aider cependant. La marine a disparu des lieux, et pour éviter d’autres attaques, je pense que nous pourrions nous arranger !

- Nous discuterons de tout cela une autre fois, avant tout, il me faut vous remercier, toi et Gerrard. Merci de notre part, de notre part à tous, pour l’aide que vous nous avez apporté. Grâce à vous, en seulement quelques jours, vous nous avez libérer d’une menace pesante. Il se tourna vers les citoyens et leur annonça alors de se reposer et de reprendre des forces. L’avenir, ils le verraient demain.

Gerrard marcha vers moi.

- Alors comme ça tu as mangé le fruit ? Nous étions à sa recherche depuis le début, tu sais. C’était ma mission. Il soupira. J’imagine que maintenant que je ne peux plus le prendre, je n’intégrerai jamais le Cipher Pol. Je ne t’en veux pas, après tout, tu ne pouvais pas savoir. Je suis juste fatigué maintenant. Que vas-tu faire ?

- Désolé pour toi. J’ai décidé que je protégerai Military Island le temps que des amis viennent se mettre en place ici. Après ça, je partirais. J’irais probablement sur Grandline. Tu veux venir ?

- Non merci, je rentrerai au QG de la marine faire un rapport et je verrai la suite. Il semblait gêné. Bonne chance à toi pour la suite, à une prochaine fois peut-être. Il me tendit la main.

- Toi aussi, fait attention.

Je la lui serrai et nous partîmes nous coucher. J’appris plus tard qu’il était partit très tôt, contrairement à moi. Mon rapport au commandant avait été très apprécié et il m’avait annoncé qu’il ferait en sorte de s’implanter un jour ici. Ils désiraient, dans l’avenir, construire une base de la révolution sur ce royaume. Ils défendraient aussi les habitants. Moi de mon côté, ma mission était remplie. Je décidai alors de rester quelques semaines sur place, à apprendre d’avantage à contrôler mes nouveaux pouvoirs pour la suite.


William Fly



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