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 Une Nouvelle Page De L'Histoire

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MessageSujet: Une Nouvelle Page De L'Histoire   Une Nouvelle Page De L'Histoire Icon_minitimeMer 11 Sep - 14:59


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Centes Decima, le Monarque.

Les traits fins et altiers de l’homme derrière le mouvement Décima se tordirent peu à peu pour laisser place à une mine déconfite, emplie d’une infinie tristesse. C’était la fin pour eux, et il en avait pleinement conscience. Tous ses alliés avaient soit été défaits lors de la grande guerre, soit contraints de fuir la queue entre les jambes pour espérer survivre à cet ultime fiasco. Centes avait du mal à se faire à cette idée… Celle que la cause qu’ils défendaient n’était plus que les vestiges d’une ambition démesurée… Celle que tous leurs efforts avaient été vains… Celle que tous ses camarades morts au combat pour lui ne seraient jamais vengés… Une larme solitaire coula le long de son visage alors qu’il essayait de ne pas trop faire montre de ses sentiments auprès des rares amis qui lui restaient. Le désespoir était déjà bien assez palpable dans la salle du trône, devenue une infirmerie improvisée pour ses proches. Agamemnon Tyu, Bexinos Majô, Zakka Li, Hisae Ito, Sail Kamizuri, Croustille, Goliath, et enfin William Lancaster. C’étaient les noms des chevaliers rescapés, les seules personnes en qui il vouait encore une certaine affection en ce bas monde. Ils s’agissaient de celles et ceux ayant accepté de le servir sans sourciller, de mettre leurs vies en jeu au nom de ses idéaux, de l’aider dans sa folle quête d’égalité, et surtout de devenir ses confidents, ses amis. Voir la plupart d’entre eux blessés et dans un état aussi déplorable, cela attisait en son for intérieur une envie encore plus brûlante qu’auparavant d’anéantir le Gouvernement Mondial, la Marine et la Révolution de l’Ombre, les institutions à l’origine de tous ses malheurs. Cependant, il savait pertinemment que cette vengeance qu’il désirait tant n’était rien de plus qu’un doux rêve, désormais. Il fallait que le Monarque se rende à l’évidence, le mieux qu’il pouvait espérer dans la situation présente, c’était de réussir à passer entre les mailles du filet de la justice, comme il avait pu le faire par le passé. Avec un peu de chance, peut-être réussiraient-ils à échapper au sort peu enviable qu’on leur destinait ? Au fond, cette pensée même l’irritait au plus haut point et il devait se faire violence pour l’accepter, mais que pouvait-il bien faire d’autre ? Sa survie et celle de ses êtres chers passait bien avant son orgueil. En un sens, ils devaient tous rester en vie pour honorer les hommes et les femmes s’étant sacrifiés au nom de la cour Décima. C’était en tout cas ce que se répétait intérieurement le blondinet le plus recherché du monde pour se convaincre de la nécessité de sa décision.

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Agamemnon Tyu, deuxième chevalier.

-« Un problème, majesté ? » S’enquit Agamemnon ayant gardé ses traits humains, la preuve de sa défaite contre les forces gouvernementales.
-« Non, je pensais juste à ce que diraient Natao, Jude, et Shuuya s’ils étaient encore là, » répondit Centes, pensif. « Crois-tu qu’ils approuveraient mes choix ? »

Un léger silence s’installa entre les deux hommes. Le maudit du lion semblait y réfléchir en englobant toute la salle de son regard perçant. Tout le monde était là aux côtés du souverain, à l’exception d’Hisae qui avait insisté pour monter la garde dans les couloirs vu qu'elle était de loin la plus en forme. Le Tyu devait reconnaître que les mots n’étaient pas vraiment son fort, ou plutôt, ils ne l’étaient plus. Cela faisait bien longtemps qu’il avait troqué sa langue de bois issue de son ancienne vie d’élite pour un langage plus direct, plus franc, bien plus digne d’un guerrier. De plus, son état plus que pitoyable suite à sa défaite contre les Vice-amiraux Archer et Ortenssia ne l'aidait pas vraiment à se concentrer. Il fallait dire que la seule chose lui permettant de tenir debout malgré son épuisement était sa volonté de fer. Toutefois, cela ne voulait pas dire qu’il était incapable d’user de tact, voire de prodiguer un certain réconfort lorsque les circonstances le demandaient. Il le prouva en cet instant précis, avec une réponse se voulant aussi ferme que rassurante :

-« La question ne se pose même pas. Vous avez accompli bien des prouesses, et c’est en grande partie pour cela que chacun d’entre nous s’est rallié à vous. Votre bonté et votre détermination nous ont tous convaincus de la justesse de votre cause. De plus, rares sont ceux qui peuvent opposer une telle résistance à ces chiens du Gouvernement Mondial. Vous avez fait de votre mieux tout du long, alors nul besoin de vous tourmenter ainsi, mon roi. »
-« Tu as raison, mon ami, » sourit le Monarque, en partie apaisé. « Cela ne sert plus à rien de revenir sur le passé. Ce qui importe réellement, c’est le futur. »

Une Nouvelle Page De L'Histoire 555954CrustyUne Nouvelle Page De L'Histoire 682554VoyageurUne Nouvelle Page De L'Histoire 633974Pion4
Kelogs Kayla, Kamizuri Sail, et William Lancaster.

Sur ces mots, il se leva, faisant montre de tout le charisme dont il disposait, et s’apprêta à adresser à ses fidèles sujets des paroles pleines d’espoir pour combattre la tristesse et la mélancolie s’étant emparées d’eux. Malheureusement, son discours ne put jamais passer le seuil de ses lèvres. En effet, un cri de terreur résonna à travers la salle du trône, mais pas n’importe lequel. C’était celui de Croustille, de loin la plus jeune chevalière de l’ordre. Sur son visage, on pouvait déceler sans peine une peur viscérale et une douleur qu’elle n’avait presque jamais arboré devant ses amis. Des larmes coulaient sans discontinuer de ses pupilles, telles un torrent suivant inlassablement son cours. L’incompréhension était ce qui caractérisait le mieux tous ceux présents dans la pièce. Ils n’arrivaient pas à saisir pourquoi elle avait éclaté en sanglots aussi subitement, elle qui, la minute d’avant, était silencieusement au chevet de William, dont l'état critique l'obligeait à rester allongé pour se reposer. Ce fut Sail qui tâcha en premier de mettre au clair cette histoire, pris d’un mauvais pressentiment qu’il imaginait sans peine être partagé par tous les autres.

-« Qu’est-ce qu’il y a Croustille ?! » Dit-il en la prenant dans ses bras pour essayer de la calmer. « Quel est le problème ?! Dis-nous tout ! »
« C’est... C’est Hisae, » tenta-t-elle d’expliquer en reniflant. « Elle est morte ! »


La nouvelle tomba sur l’assemblée aussi durement qu’on aurait pu s’y attendre. La surprise, la tristesse, la colère et bien d’autres sentiments se succédèrent tour à tour sur les survivants de la guerre. La plupart auraient aimé croire à une hallucination collective, une blague de mauvais goût, ou toute autre chose du genre. Malheureusement, s’il y avait bien une chose dont ils avaient tous appris à ne pas douter hormis les dires de Centes, c’était le fluide perceptif du premier chevalier. Cependant, une question se posait : comment cela avait-il bien pu arriver ? Un ennemi se serait-il introduit à leur insu dans la Slow House ? Comment avait-il fait cela ? Un poing rageur vint frapper avec force le trône. Puis, dans un instant de lucidité, le Monarque appuya sur un bouton près de son siège, faisant descendre du plafond un écran semblant des plus sophistiqués, somme toute l’un des derniers cadeaux de la défunte Himiko. Le système de surveillance à base d’escaméras modifiées montra alors ses images, mais rien n’apparut, si ce n’est le néant absolu. La main tremblante du leader s’affaira alors à appuyer sur un second bouton qui permit de rembobiner l’enregistrement. Ils purent alors constater qu’une minute plus tôt, un homme entièrement vêtu de noir s’était infiltré dans leur base, marchant à une vitesse ridiculement lente. À peine était-il entré que le neuvième chevalier, Hisae, s’était lancé à ses trousses avec la vitesse et la grâce qui la caractérisaient. Quant à la suite, elle fut sans appel et ne put que susciter des frissons et des regards incrédules. Sans même daigner lancer un regard à son adversaire, l’intrus réalisa un mouvement d’une rapidité effarante avec sa dague, qui laissa une entaille béante sur la jeune femme. Cette dernière retomba au sol, se vidant rapidement du précieux liquide carmin qu’elle recelait. Elle leva une main faible et hésitante en direction de son bourreau qui ne lui accorda pas plus d’importance que précédemment. Alors, une substance plus sombre que l’obscurité elle-même s’échappa de lui et commença à engloutir le corps de la mourante, tandis que le visage de l’inconnu se dirigea directement vers l’escaméra modifiée. Qui qu’il fût, il arborait une mine inexpressive faisant pourtant froid dans le dos, un geste que le souverain compris comme un « vous êtes les prochains. » Cette image laissa ensuite place au néant pendant que l’ennemi reprenait sa route à la même cadence.

Une Nouvelle Page De L'Histoire 1854716echevalierUne Nouvelle Page De L'Histoire 804316AngelUne Nouvelle Page De L'Histoire 990308Goliath
Zakka Li, Bexinos Majô, et Goliath.


-« Non… Pas lui… Pas déjà… » Furent les seuls mots qui purent quitter les lèvres de Centes.
-« Fuyez-tous, je vais essayer de gagner du temps ! » Hurla Zakka Li, cachant son désespoir derrière son sens aigüe du sacrifice.
-« Oh, et qu’est-ce que tu vas bien pouvoir faire à toi seul contre ce monstre, Li ? » Demanda Bexinos, indigné devant cette proposition insensée. « T’as bien vu la facilité avec laquelle il a défait Hisae, tu ne le retiendrais même pas quelques secondes ! »
-« Je… J’improviserais… »
-« Cela ne servirait à rien, les dés sont jetés, » marmonna dans sa barbe un Goliath résolu. « Si nous voulons avoir une chance de le ralentir, nous devons tous nous y mettre, c’est la seule option viable. »
-« Et pendant ce temps… Vous pourrez vous enfuir, majesté, » termina Agamemnon, faisant montre de toute sa volonté alors qu’il s’avançait lentement vers ses frères d’arme.
-« Y… Y a-t-il de la place pour un cinquième larron… dans votre plan ? » S’enquit le Lancaster, se relevant difficilement et tâchant de se montrer digne malgré son corps recouvert de bandages.
-« Dans ton état ? Tu n’y penses pas, imbécile ! » L’invectiva Sail, incrédule devant les dires du logia. « Et vous autres, arrêtez de jouer les héros ! À quoi bon sauver le roi s’il n’y a plus personne pour le protéger, hein ?! »

Le Messager pensait chacun de ses mots, surtout concernant Akainu. Ce n'était pas pour rien que lui et Kayla avaient décidé de rester à ses côtés pour l'aider au besoin. En effet, le sacrifice héroïque de John Pacifique avait permis à l'amirale Midoritaka de vider son chargeur sur lui, et inutile de dire qu'elle n'y était pas allée de main morte. C'était pour cela qu'il avait dû quitter le champ de bataille si précipitamment, causant un certain déséquilibre des forces en faveur de la marine. S'il ne l'avait pas fait, nul doute qu'il ne serait plus de ce monde à l'heure qu'il était. Tous avaient le regard dirigé vers une seule et même personne en cet instant de crise : Centes Décima. Ce dernier n’arrivait pas à dire ou faire quoi que ce soit, il était comme paralysé par la perspective sombre qui s’offrait à lui, un avenir sans ses amis où il vivrait comme un paria rejeté de tous et constamment en cavale. C’était là le meilleur scénario qu’il pouvait envisager présentement et il n’arrivait tout simplement pas à le supporter. Son esprit était écrasé par le poids des attentes de ses subordonnés, et un véritable maelstrom d’émotions contradictoires occupait ses pensées. Il lui était tout simplement impossible de se concentrer dans de telles conditions. La fin n’avait jamais été aussi proche, à ses yeux, et les sévisses que l’envoyé du Gouvernement Mondial comptait sans doute lui faire subir le tiraillaient. Que devait-il faire ? Que pouvait-il faire ? Le blondinet baissa la tête, submergé par ce sentiment prononcé d’impuissance. Il avait l’impression de sombrer peu à peu dans les ténèbres, comme Hisae avant lui. Le bourreau serait-il déjà arrivé ? Aurait-il fait irruption dans la pièce pendant que le paramécia divaguait ? C’était fort probable… Soudain, l’homme le plus recherché du monde sentit quelque chose d’étrange. C’était à la fois chaud et agréable, mais aussi troublant, d’une certaine manière. Il rouvrit les yeux et put constater qu’une petite fille en pleurs serrait sa main avec tendresse, malgré la peur apparente sur son visage.

-« S’il te plaît… » Lâcha faiblement Croustille. « Ne me laisse pas toute seule… »


Une surprise non dissimulée pointa alors sur le faciès du concerné qui ne put que rester silencieux devant une telle démonstration. Son regard détailla les traits de l’enfant avant de s’attarder sur ceux de chacun des ses chevaliers… Non, de ses amis. Il afficha un sourire un peu triste se voulant rassurant et passa une main dans les cheveux de la gamine avant de pousser un léger soupir. Il avait encore laissé ses émotions dicter de A à Z sa conduite… Quoi qu’il en soit, c’était terminé : il savait exactement ce qu’il voulait faire. Cela ne risquait pas de plaire à tout le monde, mais c’était la meilleure solution à ses yeux.

-« Kamizuri Sail… Kelogs Kayla… Lancaster William… Je vous ordonne de vous enfuir par les tunnels secrets. »
-« Quoi ? »
-« Nooooooon ! »
-« Qu’est-ce que… ça veut dire ? »
-« Les autres… Je vous ordonne de rester ici et de gagner du temps pour eux avec moi. »

Le Messager et Akainu, accompagnés d’une Croustille absolument dévastée, furent pris d’une incompréhension frappante alors que leurs corps bougeaient tous seuls vers un des nombreux passages secrets de la Slow House. Zakka Li et Bexinos Majo protestèrent vivement, saisissant parfaitement les implications des ordres qu’on venait de leur donner à tous. Agamemnon et Goliath, quant à eux, affichèrent des mines solennelles, gardant le silence comme ultime preuve de respect envers l’homme qu’ils avaient décidé de suivre. En faisant cela, le Monarque avait montré ses vraies couleurs à l’assemblée. Il leur avait à tous rappelé pourquoi ils s’étaient mis à son service. En fin de compte, on pouvait dire ce qu’on voulait de lui, au fond, il n’était pas aussi horrible que s’évertuaient à le dire leurs ennemis. S’il était certes sans pitié avec ses adversaires, il était quand même capable de faire preuve d’une infinie bonté envers ceux qu’il chérissait. Voilà la vraie personne qu’était Centes Décima. En se sacrifiant de la sorte avec quelques uns de ses hommes de confiance, il s’assurait que l’assassin d’Hisae porterait son attention sur eux en priorité, quitte à laisser une avance considérable à de potentiels fuyards. C’était aussi simple que ça. De toute façon, il doutait franchement que ce tueur implacable le laisse s’enfuir lui en particulier. Alors quitte à perdre la vie, autant le faire avec panache tout en permettant à ceux ne pouvant pas combattre de s’en sortir.

-« Croustille, ne pleure pas… Une personne aussi douce et gentille que toi ne pourra jamais rester seule bien longtemps. »
-« Non non non non, ça ne peut pas se terminer comme ça ! » Éclata en sanglots la plus jeune du groupe.
-« Sail… Je te remercie pour tes bons et loyaux services, tu auras été un ami précieux jusqu’au bout. »
-« Non, dis pas n’importe quoi ! » Répondit-il, les larmes aux yeux. « C’est à moi de te remercier pour ton amitié, pas l’inverse… »
-« Et William… Nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour apprendre à nous connaître, mais je respecte profondément ta détermination. Veille sur mes amis, s’il te plaît. »
-« Je ferais de mon mieux, » rétorqua le chien rouge en serrant les dents et en tâchant de ne pas rendre apparente la douleur qu'il ressentait à chaque pas.
-« Mes amis, je vous confie mes rêves et mes espoirs. Tant que vous vivrez, ils continueront d’exister à travers vous. Bonne chance à tous, puissiez-vous échapper à tous vos poursuivants. »

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Sergueï Ivanovitch, le quatrième amiral.

Les trois héritiers de la volonté du Monarque s’engouffrèrent alors dans le passage secret qui se referma par la suite. Les cinq hommes restants se préparèrent quant à eux à faire face à l’ennemi le plus terrifiant qu’ils aient eu à affronter dans leurs vies. Soudain, à peine deux minutes plus tard, les portes de la salle du trône s’ouvrirent violemment, laissant entrer un tapis noir grouillant qui ne tarda pas à envahir chaque parcelle du sol, à l’exception faite du trône sur lequel se tenait la cible principale de ce raid punitif… Une silhouette s’avança avec la même lenteur caractéristique qu’auparavant. D’un coup, l’ambiance jusqu’alors tendue devint sombre, oppressante. C’était comme si les ténèbres déployées par cet individu aspiraient même le semblant d’espoir que nourrissaient les chevaliers. L’homme leva la tête pour lancer un regard perçant vers celui qui se prétendait être la seule personne méritant de gouverner le monde. La détermination de Centes fondit alors comme neige au soleil. Bien sûr, il avait déjà entendu parler de cette légende vivante dont le seul nom suffisait à faire frémir même le plus aguerri des criminels. Cependant, c’était la première fois qu’il le voyait en personne et s’il devait bien reconnaître une chose, c’était que sa réputation n’était pas volée… En ce bref instant où leurs iris s’étaient croisés, le blondinet n’avait décelé qu’une seule chose dans les pupilles de leur ennemi : la haine. Une haine viscérale, profonde, implacable, semblant tout droit sortie des tréfonds de l’esprit dérangé de ce monstre. Le pire, ce n’était même pas l’absence de pitié ô combien palpable dans son attitude même, non. Ce qui avait véritablement suscité une peur profonde et incontrôlable chez l’impudent qui avait osé défier le Gouvernement Mondial sans hésitation, c’était la façon dont il avait perçu cette haine. Elle ne semblait pas du tout dirigée contre lui en particulier, tout du contraire, même. Il l’avait vu porter exactement le même regard sur chacun de ses subordonnées les uns après les autres… La seule conclusion que le chef des Décimas avait pu en tirer, c’était que l’assassin d’Hisae éprouvait exactement la même chose pour tous les hors-la-loi du monde entier, quels qu’ils soient. Le couronné n’arrivait pas à comprendre comment on pouvait en arriver à un tel résultat. Était-ce un fanatisme exacerbé par sa religion ? Ou bien s’agissait-il d’autre chose de plus complexe ? Quoi qu’il en soit, en cet instant précis, le roi comprit qu’il avait pris la bonne décision en restant ici pour permettre à d’autres de s’enfuir. Maintenant, qu’il avait cet ennemi sous les yeux, il ne doutait absolument pas que ce dernier ne l’aurait jamais laissé s’enfuir. Non, le marine l’aurait traqué où qu’il aille sur le monde, contre vents et marées, tout cela dans un seul et unique but : assouvir sa soif de justice. Tel était l’amiral Shinseishi, tel était Sergueï Ivanovitch.

-« Je vois qu’on m’a préparé un petit comité d’accueil, » constata-t-il après avoir analysé la salle rapidement. « Mais où donc se trouvent le traitre, le premier et le troisième chevalier ? »
-« Tu crois qu’on va te le dire comme si de rien n’était ?! » Beugla Bexinos, courroucé.
-« Jamais ! » Ajouta Zakka, indigné.
-« Ah, je vois. »

Oui, il voyait exactement par où ils étaient partis. Si on aurait pu croire que ses paroles étaient destinées aux Décimas, il n’en était en fait absolument rien. Il n’était pas réellement dans ses habitudes de discuter avec des hérétiques, qui plus est des criminels de cette ampleur. C’était juste une perte de temps, comme avaient pu le souligner les chevaliers avec leurs réponses tout sauf coopératives. Toutes les remarques faites jusqu’à présent par l’intrus étaient destinées à lui-même. Aussi, la raison pour laquelle il avait déployé ses ténèbres était double. Premièrement, c’était pour gêner ses ennemis qui étaient obligés d’user du fluide de l’armement sur leurs pieds pour ne pas sombrer dans les abysses. Deuxièmement, c’était pour sonder la pièce à l’aide de cette substance d’une infinie noirceur, c’était notamment comme cela qu’il avait pu noter un tunnel dissimulé dans lequel sa création pouvait se déverser à travers les fentes du mécanisme. Il en déduisit donc que c’était par-là que les fuyards avaient pris la poudre d’escampette, s’extirpant ainsi du champ d’action de son fluide perceptif. Ils pourraient être allés n’importe où, suivant la configuration inconnue de ces tunnels… M’enfin, il pourrait toujours s’occuper d’eux un peu plus tard. Pour l’instant, il devait se concentrer sur les criminels à sa portée. Après tout, sa cible principale était d’ores et déjà prise dans sa toile, agissant tel l’animal acculé qu’elle était. Pendant ce temps, ses pauvres laquais tentaient le tout pour le tout, lançant leurs dernières forces dans une bataille qu’il estimait vaine. Au final, que pouvaient faire quatre hommes diminués si ce n’était retarder l’inévitable ? Cette pensée amena un rictus amusé sur le faciès de l’amiral qui devrait penser à remercier Chairoka plus tard. En faisant tout pour éloigner les Constantinistes de la bataille finale, elle n’avait réussi en fin de compte qu’à affaiblir ses propres forces et à leur donner à eux une occasion en or de profiter des lauriers de la victoire. Quelle ironie.

-« Il est temps de mettre un terme à ce conflit qui n’a que trop duré, » dit-il en levant une main droit vers Agamemnon.

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Alors, sans crier gare, celui-ci fut aspiré à grande vitesse vers le détenteur du logia le plus atypique du monde tandis que ses alliés essayaient sans succès de le rattraper. Instinctivement, le lion décida d’user de l’élan prodigué par cette attraction mystérieuse pour asséner un coup de hache plus violent qu’à l’accoutumée. Il avait bien évidemment repris sa forme éveillée sans réfléchir aux conséquences pour lui-même. Enfin, ce n'était pas tout à fait vrai. Le Tyu n'était peut-être plus aussi réfléchi qu'il l'était jadis, mais il n'était pas non plus devenu sot. Il savait pertinemment le sort qui l'attendait s'il donnait le meilleur de lui-même dans un tel état, mais il était tout à fait prêt à sacrifier sa propre vie pour obéir aux directives de son souverain. Et puis, il doutait franchement d'avoir la moindre chance de survie quoi qu'il en soit, alors autant donner tout ce qu'il avait dans ce dernier combat. Malheureusement, cette transformation ne changeait absolument rien à son état de fatigue avancé ou aux nombreuses blessures qu’il avait eut à endurer par le passé, loin de là. Aussi, son mouvement manquait cruellement de vitesse comparé à ce qu’il aurait pu faire en temps normal, laissant donc tout le loisir à son ultime ennemi de se décaler juste ce qu’il fallait pour éviter l’attaque de la seule créature qui aurait réellement pu le blesser dans cette salle. L’arme se planta dans le sol qu’elle fendit en deux en même temps qu’une bonne partie de l’architecture sur une longue distance. Pourtant, cela ne suffit qu’à arrêter momentanément la technique de son assaillant qui la réutilisa dès que possible. La suite ? La main du maudit des ténèbres reprit là où elle s’était arrêtée et entra en contact avec le corps du zoan, dont l’intellect entravé par son éveil et le désespoir l’avaient poussé à miser tout son fluide sur une offensive bien trop lente en l’état pour s’avérer véritablement efficace. Alors, le Tyu fut forcé de reprendre forme humaine, étant désormais à deux doigts de perdre connaissance pour sombrer dans un sommeil dont il ne se réveillerait sans doute jamais. Toutefois, malgré l’état pitoyable dans lequel son corps se trouvait, son esprit, lui, refusait d’abandonner. Dans un cri de rage venant du plus profond de son âme, son fluide royal se manifesta encore une fois avant de se taire à jamais. Plus utile qu’on aurait pu le croire, cet accès de volonté déconcentra son bourreau qui ne remarqua que trop tard la charge conjointe des autres chevaliers. La lame de Zakka couverte de fluide ainsi que d’ondes, le marteau de Goliath agrémenté de son enrobage avancé, et pour finir le coup de poing le plus violent qu’avait à donner Bexinos. Toutes ces attaques touchèrent au but en même temps, soulevant un énorme nuage de poussière, mais lorsque celui-ci se dissipa, Sergueï était toujours debout. Pire encore, ses vêtements étaient les seuls à avoir réellement soufferts de l’assaut simultané. En effet, il avait pu protéger ses points vitaux avec son propre fluide pile au bon moment. En somme, le seul coup qui avait porté était celui de Bexinos, pour un résultat franchement discutable.

-« Centes… Il est temps que tu goûtes au désespoir, celui que les vermines de ton espèce prennent un malin plaisir à susciter chez les honnêtes gens. »

Le Monarque vit alors avec horreur leur adversaire jeter le corps d’Agamemnon au sol comme on se débarrasserait d’un déchet. Puis, d’un mouvement au moins aussi rapide que celui qui avait coûté la vie à Hisae, l’Ivanovitch se retourna pour asséner une seule et unique taillade avec sa dague, condamnant au passage ce pauvre Majo dont l’observation ne lui avait pas servi à grand-chose. Ses entrailles se répandirent sur le sol tandis que la vie quittait peu à peu son corps. Li et Goliath, eux, furent un peu plus chanceux. Grâce à ses talents d’épéiste, le premier eut le réflexe salvateur d’ériger sa garde après son attaque. De ce fait, à défaut de subir le même sort funeste que son compagnon, il fut projeté avec virulence contre un mur dans lequel il s’encastra purement et simplement. Le second fut tout simplement sauvé par son expérience, il savait pertinemment que la position dans laquelle ils se trouvaient était parfaitement propice à une contre-attaque. Il avait donc entreprit de protéger ses organes vitaux d’une plaque noirâtre qui lui avait permis de supporter sans broncher une lame d’air à bout portant. Malheureusement pour lui, cette protection certes admirable ne tint pas réellement la route lorsque le Constantiniste décida d’asséner un second coup, cette fois-ci concentré sur lui et couvert de fluide offensif. Le blindage pourtant bien solide du colosse fut traversé comme du beurre et la lame sainte n’eut aucun mal à transpercer le palpitant de son ennemi qui aurait pu tomber lourdement au sol si la matière noire n’avait pas amorti sa chute. Quant à Zakka, il ne fut guère plus qu’un jeu d’enfant à achever. Le quatrième amiral s’avança vers lui, lentement, sûrement. Pas l’ombre d’une lueur de pitié dans son regard, seulement de la haine. Bien vite, ses pas le portèrent vers le sabreur qui tenta vainement d’opposer une résistance avant de voir la main du bourreau s’enrouler autour de sa nuque. Un léger craquement se fit entendre, puis le son caractéristique d’un corps entrant soudainement en collision avec les ténèbres. Les quatre cadavres des chevaliers les plus puissants et les plus fidèles de Centes gisaient au sol où ils se faisaient engloutir inlassablement. Sergueï, implacable, les avait tous abattus de sang-froid. Il ne montrait pas l’ombre d’un remord ou d’une réjouissance. Non, son visage était inexpressif, illisible, contrairement à ses pupilles brillant toujours de cette même haine qui l’habitait. Le blondinet aurait pu céder à ses émotions primaires devant ce monstre terrifiant. Il aurait pu essayer de plaider pour sa vie, de demander une mort rapide ou quoi que ce soit du genre. Toutefois, il n’en fit rien. La colère froide qu’il éprouvait et son orgueil lui interdisaient tout bonnement de faire cela. Il ne laisserait pas ce plaisir à son bourreau.


-« Je vois que mon plan pour te tenir à l’écart des événements a échoué, » lança le roi, tâchant de rester neutre.
-« … »
-« Comment cela se fait-il ? Tu as envoyé quelqu’un d’autre à ta place ? »
-« … »
-« Je n’y crois pas. Le petit toutou de Constantin a préféré mettre un terme à ma vie plutôt que d’assurer lui-même la sécurité de son maître. Je ne sais pas si je devrais le plaindre ou me sentir honoré. »
-« … »
-« Tu ne dis rien… Dois-je en déduire que j’ai vu juste ? C’est donc cela, l’étendu de la considération que tu portes à ton pseudo-gou… »

Jusque-là, l’Ivanovitch avait copieusement ignoré les palabres futiles du condamné à mort tout en continuant sa route avec sa même lenteur implacable. Cependant, lorsque ce dernier tenta d’insulter le père du Constantinisme, la réaction du religieux fut sans conteste la preuve de son ire : sans plus attendre, il attira le leader Décima à lui et enserra le cou avec une colère palpable. Cette dernière causa bien des sueurs froides à sa victime qui, bien malgré elle, laissa s’échapper sa terreur.

-« Écoute-moi bien, monarque fantoche. Ton règne est terminé. Tes alliés sont presque tous dans la tombe ou en passe de l’être, et tes rêves de grandeur vont s’achever ici même avec ta misérable vie. Cela ne sert plus à rien de faire le fier, tu es fini, admets-le. »
-« Tu… tu te trompes ! » Affirma le concerné, ayant dû réunir tout son courage pour tenir tête ainsi à son interlocuteur. « Tant qu’il y aura des gens sur cette terre capables de s’opposer à vous, mon rêve perdurera, peu importe que je sois là pour le voir ou non ! Un jour, le gouvernement paiera pour ses crimes atr… »
-« N’emploie pas des mots dont tu ne connais vraisemblablement pas la signification, » fut la seule réponse de son interlocuteur dont la lame pénétra profondément la chair du faux roi. « Un être aussi limité que toi ne pourra jamais comprendre la grandeur de l’institution qu’il s’évertue à combattre inutilement. Le Gouvernement Mondial a existé, existe et existera pour l’éternité. Sais-tu pourquoi ? Car il représente la justice, la vraie, celle qui châtie les déchets tels que toi. Maintenant, retourne donc dans les abysses que tu n’aurais jamais dû quitter et vois, vois de tes yeux abjects le sort qui attend tous les hérétiques comme toi ! »

Le Monarque aurait aimé lancer une remarque acerbe à son bourreau, lui dire que sa justice factice ne triompherait pas indéfiniment et que la vérité au sujet du siècle oublié finirait par éclater au grand jour. Malheureusement, la seule chose qui traversa sa bouche fut le sang qu’il crachota tant bien que mal. Le logia le laissa alors tomber dans les ténèbres qui l’aspirèrent à la même vitesse que ses comparses alors que le liquide carmin coulant dans ses veines s’échappait de son abdomen. La dernière chose qu’il verrait était évidente pour lui : le noir total, absolu. Une vision qu’il lui serait impossible de fuir, où qu’il aille et quoi qu’il fasse. Une vision qui le hanterait jusqu’au bout et le rendrait probablement fou, comme bien d’autres avant lui. Sergueï lui avait réservé une mort particulièrement lente et douloureuse. Ce n’était pas par sadisme, cependant. Il voulait tout simplement laisser le temps à ce pauvre hère de réfléchir à ses nombreux crimes, et peut-être de les regretter avant la fin. C’était sa façon à lui d’être miséricordieux, sa façon à lui d’appliquer les préceptes du Constantinisme. Soupirant, il sortit un petit livre de sa poche gauche et commença à le lire à haute voix en suivant rapidement le chemin qu’avaient sans aucun doute emprunté les fuyards. Il arriva bien vite au bout et eut la mauvaise surprise de constater qu’il s’agissait d’une voix sans issue. Pour être plus précis, il se terminait au niveau d’une grotte menant directement sur la mer. Autrement dit, il avait échoué à rattraper Akainu, Sail et Croustille à temps. Il secoua la tête, ayant visiblement sous-estimé la capacité de ces ennemis à lui échapper. M’enfin… Tous les autres étaient morts et Centes Décima lui-même n’en avait sans doute plus que pour quelques minutes. C’était quand même une victoire. Il compléta sa prière pour les âmes damnées de ceux qu’il avait éliminés, puis ferma son livre saint, rendant bien apparent le symbole de sa religion.

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