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 Verchamps D. Rosanne - La Pugnacité a un nom. [En Cours]

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Verchamps D. Rosanne

Verchamps D. Rosanne
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MessageSujet: Verchamps D. Rosanne - La Pugnacité a un nom. [En Cours]   Verchamps D. Rosanne - La Pugnacité a un nom. [En Cours] Icon_minitimeJeu 27 Juin - 20:17

Verchamps D. Rosanne - La Pugnacité a un nom. [En Cours] Cg6GGsT
Verchamps D. Rosanne
Carte d'identité
Verchamps D. Rosanne - La Pugnacité a un nom. [En Cours] Taekwo10Nom : Verchamps D.
Prénom : Rosanne
Age : 29 ans
Sexe : Femme
Faction : Chasseuse de Primes
Lieu de naissance : Castidorado sur l'océan South Blue
Mon physique
Je suis une belle femme. Faites-vous partie de ceux qui considèrent ce type d'affirmations d'un œil méprisant, jugeant que je ne peux qu'être vaniteuse et égocentrique ? Si tel est le cas, je préfère d'emblée contredire vos attentes. Je n'attends rien de particulier de ma beauté qui, au demeurant, m'a plus joué de tours qu'elle ne m'a été utile, jusqu'à présent : en revanche, cela ne m'empêche pas de la constater très objectivement. Comment pourrait-il en être autrement ? Je suis une fine dame d'un mètre soixante-et-un, à la taille de guêpes et aux hanches certes discrètes, mais néanmoins développées. Je ne suis pas de ces mères pondeuses par essence que la nature a doté de seins opulents, mais mes formes se laissent néanmoins apercevoir, et désirer par la majeure partie de la gent masculine. Quant au reste, force est d'admettre que je suis dotée d'un physique plutôt athlétique, sportif, tout en énergie, tout en souplesse. Et pourtant, les apparences sont à ce titre relativement trompeuses : essayez de me plier et, contrairement au roseau, je romprai. Je suis attente de la terrible et rarissime maladie des os de verre, dans sa forme certes la moins virulente, celle-là même que les chercheurs appellent pédantement l'osteogenesis imperfecta I. Qu'implique-t-elle, au juste ? Commençons par cela, et je vous décrirai ensuite le reste de mon corps, si vous le voulez bien.

Comme beaucoup d'entre vous le savent probablement déjà, la maladie des os de verre se conclut médicalement par une fragilité du réseau osseux chez un individu, généralement depuis sa naissance jusqu'à sa mort. Il en existe de multiples variantes mais je suis atteinte, fort heureusement, de la moins dangereuse d'entre toutes. Cela ne m'empêche pas d'être dotée d'un physique particulièrement frêle et fragile : le moindre choc peut causer chez moi des dommages graves qui, sans être irréversibles, peuvent mettre plusieurs mois à se résorber entièrement à chaque fois. La variante de la maladie dont je suis souffrant n'altère fort heureusement si mon apparence, ni ma taille : en tout cas pas suffisamment pour que cela soit visible du premier coup d’œil. Je suis en effet la plus petite membre de ma famille, mais ayant eu le privilège indiscutable de voir le jour parmi d'immenses spécimens, cela ne saute en public pas suffisamment aux yeux pour être un symptôme flagrant digne de ce nom. Quant à mon corps, il ne souffre pas de la moindre déformation : sinon d'une anomalie singulière mais absolument bénigne. Ma sclère, la partie traditionnellement blanche des yeux, est en effet teintée d'un bleu léger et discret. Quant aux autres indicateurs de cette maladie, la surdité et les troubles de la dentition, j'en ai fort heureusement été absolument épargnée : en somme, je suis malade, mais pas assez pour être qualifiée ouvertement de souffrante. A contrario, j'ai rapidement appris que rien ne me serait offert, que je fus en pleine santé ou prête à être plongée dans un linceul : il appartient à tout un chacun de paver son propre chemin, et c'est par conséquent ce que je m'évertue à faire, loin d'attendre de tout un chacun complaintes bienveillantes et obséquiosités mielleuses. Je ne suis plus une enfant, mais une femme forte qui s'assume : ma maladie n'est qu'un frein parmi tant d'autres, que je finirai assurément par surpasser, tôt ou tard.

Revenons au fait, et achevons ces simagrées au plus vite. Mon teint est hâlée, très légèrement, mais suffisamment pour trahir mes origines méridionales : mes cheveux, d'un noir pur et profond, sont également un bon indicateur géographique de mon patrimoine génétique. En règle général, je les agrémente d'une pointe d'un rose vif, tout en me rasant de très près le flanc gauche de mon crâne : tout ceci pour des raisons plus techniques qu'esthétiques, en fin de compte, que je ne tarderai guère à vous expliciter. Pour finir d'agrémenter ce joli minois, je suis dotée de sourcils fins mais denses, lesquels surmontent des yeux brillants d'un rare éclat violet. Nul facétie ou artifice derrière cette teinte à la fois désarmante et inhabituelle : c'est, là aussi, un cadeau héréditaire. Ces yeux, j'ai la fâcheuse tendance à les plisser à la moindre occasion, que je sois frustrée ou amusée, attristée ou intéressée : c'est un tic qu'il me faudrait idéalement corrigée, puisqu'il en dit long sur les troubles qui m'habitent et qui devraient m'être intimes, mais qui, en fin de compte, contribue très largement au charme taquin que je dégage. Un signe distinctif réside également non loin de mes paupières : c'est un grain de beauté, timide, qui apparaît au-dessus de ma pommette gauche non loin de la commissure de mon œil. Il est l'ultime bastion de mon originalité faciale, tout le reste déjà décrit excepté : quant au reste, que ce soit ma bouche fine et facétieuse quelquefois colorée d'un violet seyant ou mon nez tout en longueur, lui aussi très étroit, voire filiforme, rien ne dénote réellement avec ma féminité affichée et assumée. Il m'arrive de me montrer coquette, et de doter mes lobes d'oreilles de bijoux, mais ceux-ci sont en règle générale assez uniformes. Les boucles pendantes ne sont pas de mon goût, outre le handicap flagrant qu'elles incarnent lorsque vient l'heure des festivités martiales.

Quittons le visage, et descendons quelque peu. Ne nous attardons pas, s'il vous plaît, ni sur mon cou gracile et délicat, ni sur ma poitrine ferme et galbée : cela n'intéresse personne, exception faite de quelques mâles en rut, aux pulsions trop dévorantes. Ma taille, comme je l'expliquai préalablement, est assez finement dessinée : mes hanches légèrement plus larges m'assurant une bonne stabilité, une certaine fermeté sur mes appuis. Elles surmontent des jambes longues, ouvragées par le labeur et les précautions, et n'ont jamais été déformées malgré toutes les sévices qu'elles ont eu à endurer : cela trahit mon caractère soigneux et ma volonté ardente, sans nulle doute. Je ne me laisse pas abattre par ma pathologie singulière, cela va sans dire, mais j'ai néanmoins conscience du fait qu'elle dicte ma vie et qu'elle me force à opter pour certains choix, pour certaines facilités, et pour une infinie prudence à la moindre occasion. Le reste risque de vous désintéresser hautement, voire de vous lasser en moins de temps qu'il ne faut pour le dire : exception faite, peut-être, de la tenue vestimentaire qui est habituellement mienne. J'ai une hygiène irréprochable et, à ce titre, je change de tenue journalièrement... Je tends peut-être même sur la métrosexualité, lorsque les occasions me sont données, et je dispose d'une garde-robe suffisamment vaste pour satisfaire mes envies quotidiennes en la matière. En revanche, la tenue que je revêt le plus souvent, c'est l'armure que je me confectionne moi-même. On m'a donné une maladie qui, a priori, aurait dû m'empêcher de devenir la pugiliste que je rêvais devenir : j'ai promptement compris qu'il existait a minima une option, et je n'ai pas tardé à la choisir. Mon corps n'est pas infaillible, et alors ? L'acier, lui, l'est bien plus. De facto, même si j'affectionne particulièrement les tenues moulantes et prêtes du corps qui assurent une grande liberté de mouvements, mes vêtements sont généralement dotées d'artifices en tout genre qui me permettent à la fois de protéger mes os, de stimuler mes muscles, et de faire pleuvoir l'enfer sur mes ennemis. Des plaques en acier censément entourer mon corps afin d'absorber les chocs, une cape courte qui masque une part de mes formes et use d'elles comme d'une planque où se nichent de nombreuses armes, des griffes qui surmontent mes gants et me permettent de repousser les ennemis qui s'avéreraient trop collants : à la vérité, j'ai potentiellement plusieurs décennies d'avance sur une bonne partie de l'humanité en terme de technologie développée, exception évidente faite de la Section Scientifique, et je développe cet atout pour former une tenue de combat certes discrète, mais qui tient assurément plus de l'armure cybernétique que de l'uniforme d'écolière.

Ce que la nature m'a pris, mon cerveau et mes efforts me l'ont rendu, prouvant à tout un chacun que la fatalité n'est rien au regard de la pugnacité.
Mon caractère
Le voyeurisme à son paroxysme, n'est-ce pas ? Après avoir fait l'étalage de ma beauté et de mes faiblesses physiques, vous me demandez désormais de dénuder le fil de ma pensée et de décortiquer ma psyché ? Soit. Vous allez être servis.
Je suis dotée d'une détermination en acier trempé. Peut-être cette détermination est-elle emprunte d'un soupçon d'opiniâtreté... Ou peut-être n'est-elle qu'un mirage, censé camoufler un comportement d'odieuse gamine puérile et capricieuse. Je ne dirais pas que je suis incapable de renoncer à ce qui me fait envie... je dirais plutôt qu'il m'est impossible d'y renoncer tant que j'entraperçois un moyen de parvenir à mes fins, y compris infime. Il m'est impossible de me résigner même lorsqu'on me demande de miser gros pour tenter d'empocher le pactole. J'aime les risques, sans doute : je ne conçois simplement pas que qui ou que quoi que ce soit me dicte ma conduite et, par extension, mon existence. Il m'est intolérable de ne pas pouvoir choisir, d'être cantonnée à des options restreintes, de voir mes possibilités bridées et mes libertés entravées. C'est plus fort que moi, et il m'arrive même parfois de commettre des impairs sous le coup de la frustration... Mais cette force, cette témérité, cette volonté inébranlable est sans conteste la plus belle de mes signatures. Je ne m'agenouille pas, et personne ne me contraint à réaliser quoi que ce soit que je ne désirerais pas. Nulle prison ne peut me retenir, ni d'airain ni d'idées, et nombreux sont ceux qui peuvent d'ores et déjà en témoigner à l'heure actuelle. A contrario, en règle générale, ceux qui me nuisent finissent tôt ou tard par s'en mordre les doigts : car l'une des facettes de mon tempérament ardent est sans nul doute mon esprit revanchard, à la limite du vindicatif. La justice ne me suffit que trop rarement, en l'état, et m'en remettre au karma ou à ces grotesques fantaisies ne me ressemble guère.

Je ne suis pas croyante. Je n'ai aucune raison de l'être. Je n'ai jamais été véritablement vicieuse, sans pour autant être définie comme étant absolument vertueuse. J'ai longtemps été une jeune femme équilibrée, avec ses tares, pour sûr, mais aussi et surtout avec ses qualités. J'étais sans doute trop inconséquente, trop festive. Sans doute ai-je manqué de sérieux et de gravité à plus d'une reprise, et sans doute ai-je déjà choqué ou dérangé par le biais de ce comportement frivole... Pour autant, il ne m'est jamais arrivée de sombrer dans de glauques travers, ou de nuire à quiconque de manière directe et volontaire. J'ai, toutefois, été manipulée, salie, et brisée de telle sorte qu'il me fut difficile de me reconstruire. Comble de l'ironie, on m'assigna cette maladie terrible qui me percuta comme une lame de fond et menaça de faire de ma vie un parfait naufrage... Comment diable pourrais-je, dans ces conditions, m'en remettre à une quelconque entité divine ? Considérer que tout est gouverné par le destin, et que je ne suis qu'une pièce sur l'échiquier d'une forme de vie suprême, menant à la baguette les insectes que nous sommes à des fins tout bonnement incompréhensibles ? Les Constantinistes ne sont pas les plus risibles des croyants, même s'ils font indéniablement parti des plus grandiloquents : ceux qui remettent leur existence entière entre les pattes d'un homme-faucon taillé de profil ou d'une espèce de vieillard barbu porteur de toge sont si farfelus qu'il m'est difficile d'entretenir avec eux un simulacre de discussion sereine et sérieuse sans avoir envie de leur rire au nez. Suis-je hautaine, à ce titre ? Possiblement. Il va sans dire, quoi qu'il en soit, que je ne suis guère la femme la plus tolérante qui soit. Mais, une fois encore, cela ne m'oblige pas à cracher au faciès de tout un chacun. Après tout, tant que ces croyances absurdes demeurent dans le cadre de l'intime, je me contente de les respecter : si on m'en fait l'étalage comme d'une source de fierté, en revanche, il peut arriver que mon ego tatillon me pousse à combattre ces prophètes imbéciles par la force acerbe de mes mots.

Et je dois me vanter, honnêtement : je suis assez douée à ce petit jeu. Les grands discours ou les phrases percutantes, les injures moqueuses ou les litanies épiques, tout cela est de mon registre. Je suis une femme d'intellect, à défaut d'être dotée d'un corps aussi musculeux et endurant que celui d'un Amiral. Je suis également dotée d'une culture conséquente, bercée par des années de lectures assidues et diverses. Je m'intéresse à bien des sujets, par ailleurs, quand bien même certains me sont autrement plus plaisants que la moyenne... Les technologies, les innovations scientifiques et le travail d'ingénieur, à titre d'exemple, sont le fondement de mes passions et de mes passes-temps. C'est une évolution naturelle de ma psyché qui se fit, sans nul doute, lorsque j'appris que mon corps ne serait jamais suffisamment performant pour me permettre d'atteindre le trop convoité titre d'amiral... Quand je vous dis que je suis une femme de volonté ! Ces passions mises à part, je ne mentirai pas : je suis d'un ennui morbide. Si je ne m'étais pas à ce point entichée pour la vision de la justice que je cultive en mon for intérieur, je serais probablement devenue une espèce de misérable boulangère, s'extirpant de sa prison de farine par le biais de livres et de documentaires, de contes provenant d'autres îles, d'autres océans, d'autres horizons. Il m'arrive encore très souvent de rêver, de fantasmer, d'imaginer ce que j'aurais pu être ailleurs, dans d'autres circonstances, si mon vécu avait différé. Si je ne suis plus une enfant, mon esprit est encore très fréquemment tourné vers l'ailleurs. Je suis une rêveuse, c'est ainsi...

Mais je suis également capable du plus sinistre des réalismes lorsque le moment l'exige. Dans ces situations, il m'arrive même de devenir froide, bien malgré moi, et d'autant plus depuis que je fus trahi -une aventure dont vous aurez forcément vent, à en considérer objectivement votre curiosité maladive. Depuis cette expérience des plus déplaisantes, je demeure généralement moins amicale, plus acerbe, plus directive avec ceux qui m'entourent, exception faite d'une poignée d'élus ayant réussi à fissurer la carapace que je me suis façonnée afin de me protéger des agressions extérieures. Ceux-là peuvent encore voir de moi des réminiscences de la jeune femme insouciante que j'étais autrefois, sans pourtant pouvoir en apprécier la teneur globale. Je pense que cette part-ci de ma psychologie est morte et enterrée, qu'elle ne surgira jamais plus avec la même intensité, la même folie bienveillante. Je ne suis pas nécessairement faite pour être heureuse : je ne le suis plus, en tout cas, comme je le fus jadis. Il m'arrive de passer, à ce titre, plusieurs heures voire plusieurs jours à ne jamais décrocher de mon travail... La traque, l'exécution ou la capture de criminels. Les arrêter et les livrer aux autorités compétentes est bien plus qu'un passe-temps fructueux, à mes yeux : c'est un devoir auquel je me livre avec une discipline et une rigueur farouches. A ce titre, ma patience est parfois si vaste qu'il serait difficile de la quantifier par des mots : considérez donc simplement qu'à l'instar d'un félin, je peux camper sur mes positions pendant de terribles et éreintantes heures, jusqu'à ce que ma proie finisse précisément là où je la souhaite. La chasse n'est pas un métier facile et hasardeux : cela nécessite une attention de tous les instants, a fortiori lorsqu'on pense que tout est enfin gagné. Car cela coïncide généralement étrangement avec le début des ennuis...

Comment parachever cette description quasiment exhaustive ? J'ai sans doute omis, volontairement ou non, de vous parler de mes origines nobiliaires... Vous en saurez sans nul doute davantage en temps ou en heure, mais sachez que je proviens d'une famille fortunée, où les bonnes manières sont une coutume avec laquelle on ne transige jamais. Sans doute mon phrasé irréprochable et alambiqué puise-t-il une généreuse part de ses racines de ce vécu désormais lointain : toujours est-il que je n'aime guère me rappeler de cette époque où l'art était mon carcan, et où mon sens du devoir était sans cesse réprimé. Pour autant, je devrais en toute logique y puiser une certaine satisfaction : je tenais tête à mon père avec une telle férocité que je me forgeais indubitablement le comportement de fer qui est actuellement le mien. Si on tenta de m'inculquer le dégoût des pauvres et des démunis, j'appris plutôt la miséricorde et l'envie d'aider au-delà de toute défiance, au-delà de toute animosité... Car même ceux dont je me moque et que je méprise méritent une vie paisible, à condition qu'elle ne trouble en aucun cas celle d'autrui. Suis-je une fervente défenderesse de la veuve et de l'orphelin ? Peut-être. Mais, dans ce cas, j'en suis certainement la moins manichéenne !  
(c) par elfyqchan pour Never-Utopia


Dernière édition par Verchamps D. Rosanne le Ven 26 Juil - 8:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Verchamps D. Rosanne - La Pugnacité a un nom. [En Cours]   Verchamps D. Rosanne - La Pugnacité a un nom. [En Cours] Icon_minitimeVen 26 Juil - 8:07

Verchamps D. Rosanne - La Pugnacité a un nom. [En Cours] Cg6GGsTIntroduction : le décor.
Castidorado. Combien d'entre vous connaissent ce nom, au juste ? Les plus fortunés, sans nul doute. Laissez-moi vous conter l'histoire de cette île avant de m'appesantir sur mon propre passé : un brin de contexte n'a jamais fait de mal à quiconque.

Castidorado n'avait à l'origine rien d'une île phare sur l'océan de South Blue. Il y a encore trois cent ans, elle n'était garnie que d'une minuscule succursale de la Marine, et l'économie locale tournait quasiment intégralement autour de la pêche, des bancs de poissons colorés et goûtus transitant dans la zone généralement deux fois par an, au début et à la fin de l'hiver, pour s'aventurer plus au nord, où les températures demeuraient plus clémentes tout au long de la saison d'été. Puis le commerce noir commença à s'inviter dans les environs : Trader était certainement déjà placée entre les mains véreuses d'un ersatz de la Guilde Marchande tel que nous la connaissons aujourd'hui, Military Island et Armaggedon ne tarderaient guère à être le théâtre d'affrontements sanglants... En somme, les plus grands royaumes environnants vécurent bientôt leurs heures les plus sombres. Et Castidorado, de son côté, continua son petit bout de chemin sans intéresser personne. Son cadre luxueux demeura inchangé, sa barrière de corail fut épargnée de tout saccage, sa flore et sa faune purent se développer librement sans jamais craindre le braconnage. Cette petite perle égarée au beau milieu du plus brûlant des océans ne tarda guère à attirer l'attention des agences de voyage, ces rapiats proposant leurs services aux nobles de Mariejoa et du monde entier pour dénicher de sublimes destinations où reposer leurs corps joufflus, loin de l'agitation de leurs sociétés grouillantes et hypocrites. Tant et si bien que l'endroit fit progressivement parler de lui : on en chassa les pauvres pêcheurs qui, de toute façon, n'avaient pas vraiment les moyens de se confirmer sur l'île en opposant la force aux imprécations dont on les accablait, et on y bâtit de luxueuses villas, de superbes restaurants, de magnifiques opéras. Tout l'océan s'embourbait dans un conflit généralisé et dans la criminalité la plus sordide : sauf ce petit îlot de bonheur qui, bientôt, devint l'une des destinations favorites de ces Grandes personnes, des décideurs politiques aux artistes les plus unanimement salués, en passant par les riches héritiers et les hommes d'affaires auréolés de succès.

Bien sûr, tout cela ne se mit en place que très progressivement : tant et si bien qu'il n'y a encore qu'une petite centaine d'années, l'île n'abritait qu'une centaine de résidents permanents, pour l'essentiel des vieillards soucieux de terminer leur existence avec quiétude. Aujourd'hui, l'île est devenue méconnaissable. Les villas se sont entassées à un point tel qu'il faudrait désormais créer des passerelles flottantes afin d'augmenter la superficie de cet îlot dénué de toute verdure. Et je ne plaisante pas : il s'agit réellement d'un projet actuellement en supervision, mené par tout un tas d'artisans et d'ouvriers qualifiés, attirés là par les bourses denses de leurs potentiels clients. Vous commencez à comprendre pourquoi il m'était complexe de me plaire dans un cadre aussi faussement idyllique : c'était un étalage de richesse et de luxe constant, un spectacle indécent auquel mes parents s'adonnaient à cœur joie tandis que mes mirettes, elles, demeuraient de tout temps tournées vers les exploits dont certains marines étaient les auteurs.

Mes parents, justement. Parlons-en. Ils furent les premiers de notre auguste famille, les Verchamps, à s'installer à Castidorado. Pourquoi diable, me demanderez-vous ? Parce qu'ils aimaient se montrer. Sans doute aiment-ils toujours profondément ceci, par ailleurs, et où qu'ils soient : je ne suis simplement plus en contact avec eux depuis belle lurette, aussi permettez-moi de parler d'eux au passé. Ils aimaient se montrer, disais-je donc : ils aimaient cela tant et tant qu'ils en avaient fait leur carrière. Ma mère était la moins tapageuse des deux... Elle n'était qu'une peintre sans grande gloire, dont les tableaux garnissaient certes les murs de certains palaces, mais qui n'avait en aucun cas le prestige de mon paternel. Si elle ne l'avait jamais rencontré, sans doute aurait-elle dû se contenter d'une vie modeste, ses toiles ne lui fournissant pas un revenu suffisant pour s'affaler dans le faste et l'abondance de luxe... Mais fort heureusement pour elle, elle fit sa rencontre : elle était belle femme, à mon instar, et sut trouver la voie vers son cœur. Elle enfanta plus vite qu'il ne s'en douta, et ils décidèrent donc de forger un foyer, ensemble, estimant sans nul doute l'un et l'autre qu'ils avaient affaire à un partenaire respectable qu'ils pourraient assumer sans honte au cours des mondanités auxquelles ils allaient immanquablement se mêler. Car mon père, j'y reviens, est un homme d'une renom indéniable. Verchamps D. Hector. Son nom ne vous dit rien ? Il a tendance à remplacer cette particule étrange par une autre, afin de se donner des allures grandiloquentes : Hector de Verchamps. Il est le violoniste le plus célèbre, à l'heure actuel, ou en tout cas l'un de ceux qui défraie le plus la chronique. Et je dois l'admettre... il dispose d'un certain talent, que nul ne saurait nier. Combien de salles a-t-il ému aux larmes, grâce à ses litanies vibrantes et mélancoliques ? Combien de sanglots a-t-il causé, et combien de sourires sont nés grâce à son art ? Pourquoi fallut-il, à son plus grand désarroi, que sa fille unique n'éprouve rien du tout face à ses chefs d’œuvres ? Pourquoi fallut-il que sa seule fille, son unique bijou, le seul être qui devait permettre à son talent de lui survivre, devienne par la force des choses une badaude dont nulle mélodie n'habitait les rêves ? Une grossière et grotesque néophyte qui à l'évidence le resterait, tant ses goûts semblaient aux antipodes de ceux de ses tristes parents ? Je fus sans nul doute sa plus grande désillusion, sa plus grande déception. Et j'y puise aujourd'hui une relative satisfaction.

La musique me laissait indifférente. Je n'appréciais guère ces mélopées mielleuses, obséquieuses, censées me souffler à l'oreille ce que je devais ressentir, ce qu'il me fallait penser. Je n'ai jamais été femme à me laisser gouverner par qui ou quoi que ce fut, je vous l'ai déjà signalé : dès mon plus jeune âge, ces sonates censément transcendantes me laissèrent de marbre, et je décidai formellement qu'elles ne me causeraient jamais rien d'autre qu'un ennui morbide. Autant dire qu'à compté de ce jour, toute tentative de m'apprendre le solfège, le piano, le violon ou même la flûte aboutirent à des échecs retentissants. Je n'étais pas dénuée du talent de mon père, à l'évidence : mais je n'en avais pas le cœur, disaient mes professeurs, tous unanimes. Aussi fus-je pointée du doigt par bien des adultes, et ce dès ma plus tendre enfance, lorsqu'ils considérèrent unilatéralement que je n'étais ni plus ni moins qu'un marmot apathique... Ils ne pouvaient pas plus se tromper.

Chapitre I : Je serai amirale !
Mon père et moi jouissons d'un bien triste point commun : nous sommes aussi entêtés l'un que l'autre. Aussi fit-il de son mieux pour m'inculquer les bonnes manières et, sur le long terme, pour me transformer en une copie conforme de lui-même. Il souhaitait sans nul doute pouvoir m'afficher au cours de ses soirées mondaines, en tant que petite pianiste prodige, en tant que véritable virtuose en devenir... J'imagine qu'il percevait déjà cette fausse sensation de fierté qui l'inonderait lorsque ses plus prestigieux convives défileraient devant lui pour le couvrir de louanges quant à la qualité de mon éducation, et quant à l'indubitable talent dont j'étais imprégnée... Qu'elle ne fut pas sa déception lorsqu'il se rendit compte que, dès ma plus basse enfance, je tendais à m'éloigner généreusement de la vision qu'il avait de moi depuis ma conception ! Une question me taraude encore aujourd'hui : suis-je devenue celle que je suis par pur hasard, car tout un chacun se construit grâce à un tissu d'expériences et grâce à ce qui lui serait intrinsèque, ou le suis-je devenue dans l'optique de fuir les carcans oppressants imposés par mon paternel dans l'optique de me guider vers l'avenir qu'il estimait être le meilleur ? Dans un cas comme dans l'autre, à peine fus-je en âge de penser, de parler et de vagabonder que je portais tout mon intérêt sur les silhouettes en bleues qui arpentaient Castidorado afin d'en maintenir la paix sociale. Petit-à-petit, je me renseigner sur ces braves et honnêtes gens, les marines, qui semblaient dévoués à autrui au point de placer leur propre existence au second plan : je compris qu'il s'agissait là pour l'essentiel de réels héros, et, à force d'écumer les coupures de presse dès que je fus en âge de lire, et à force de scruter du côté des photos dont les journaux abondaient, je m'entichai sottement pour un héros en pleine heure de gloire qui défrayait les chroniques en multipliant les coups d'éclats. John Pacifique. Cette figure austère et juste, ce corps athlétique et sévère, cette jeunesse prometteuse furent autant d'éléments révélateurs qui me permirent de comprendre instantanément où se trouvait ma voie. Je devais devenir Marine, afin de combattre au nom de la justice, afin d'empêcher les criminels de malmener les innocents : c'était plus fort que moi, et jamais ce rêve ne me quitta totalement.

Dans un foyer ordinaire, nombre de parents se réjouissent à l'idée d'avoir enfanté un être suffisamment désintéressé pour vouloir s'engager dans les troupes de combat du Gouvernement Mondial. Bien sûr, la plupart sont instantanément gagnés par l'appréhension et l'inquiétude, mais aucun n'oserait réellement réprimer les intentions louables de son moujingue de faire le bien. L'empathie, la solidarité, la fraternité, ce sont de belles qualités qui semblent aller de paire avec une carrière de cet acabit... Et ce sont, bien évidemment, des qualités auxquelles mon propre paternel est tout-à-fait hermétique. Ma mère elle-même ne tarda guère à se gausser de cette destinée que je m'étais tracée : mais on considéra qu'il s'agissait simplement d'un brin d'innocence et de folie lié à mon bas âge, voué à disparaître tôt ou tard. On ne prit pas mon opiniâtreté au sérieux et ce fut là leur plus grossière erreur : il partait immédiatement avec un sérieux handicap et ils ne purent jamais, dès lors, me ramener sur le sentier qu'ils avaient d'ores et déjà tracé pour moi. Lorsqu'on m'asseyait face à un sublime piano à queue, j'orientai mon regard vers la fenêtre et, lasse, je soupirai en épiant les mouvements erratiques des navires sur les flots, avançant au gré des vagues et des vents. Lorsqu'on tâchait de m'apprendre à décortiquer une partition afin d'en comprendre la composition, je rêvai que toutes ces notes étaient autant de soldats en rangs serrés, qui s'attelaient à tenir une pose impeccable tandis que leurs supérieurs les plus décorés défilaient afin d'apprécier leur rigueur millimétrée. Lorsqu'on me demandait d'écouter une création inédite de mon père ou de l'un de ses collègues, je m'exécutai à grand peine : mais déjà mes pensées m'emmenaient loin de ce caillou insipide, par-delà les flots qui m'entouraient de toute part, vers les gigantesques et vibrants édifices de Marineford ou d'Enies Lobby. Et l'école me passionnait quasiment aussi peu : j'étais certes une gamine capable, intelligente et dotée d'une mémoire aberrante, mais je n'en étais pas moins dissipée, tête en l'air, simplement ailleurs. Beaucoup de mes professeurs m'apprécièrent instantanément, malgré mon attention parfois toute relative, parce que j'étais discrète et disciplinée : mais tous savaient que je ne serais pas le genre de femme à courir les amphithéâtres et à multiplier les diplômes, aux quatre coins des mers bleues. Je crois que même eux comprirent avant mes parents que ma volonté était irrépressible, et qu'elle triompherait de tous les obstacles qu'on tenterait de lui opposer...

Il est une anecdote, à ce titre, que je me dois de vous conter.
Je vous ai déjà brièvement évoqué John Pacifique qui, à l'époque, âgé d'une vingtaine d'années tout au plus, n'en était bien sûr pas arrivé à son titre glorieux de vice-amiral : mais une autre figure s'est ancrée dans ma mémoire d'une façon si indélébile qu'il s'agirait sans nul doute de l'un de mes ultimes souvenirs si on entreprenait de me les ôter tous. A l'époque, il n'était peut-être encore qu'un vice-amiral... A moins qu'il n'ait obtenu son galon d'amiral quelques mois auparavant seulement ? Dans un cas comme dans l'autre, il fut envoyé sur South Blue dans l'optique d'y mener quelques missions tenues secrètes... Winch Alucard, celui qui par la suite deviendrait le général des armées du Gouvernement Mondial, autrement connu sous le nom de Kamiji, jeta l'ancré sur ce caillou brillant qu'était Castidorado, sans doute pour une simple visite de courtoisie censée inspirer les soldats qui s'y trouvaient et rassurer les nobles qui, petit-à-petit, constataient que l'agitation sur South Blue gagnait du terrain et menaçait leur vie paisible. Ce qui advint ce jour-ci, je suis encore en mesure de vous le narrer en détails : mon père, qui n'était pas sot, flaira mon insistance avant même que je ne sois tenue au courant de cette visite improbable et historique pour notre caillou sans histoire. Il tâcha de me cacher cette information par tous les moyens, et s'arrangea pour m'enfermer dans ma chambre, à l'étage de notre villa grandiose... Mais lorsque je vis un immense galion pointer le bout de son nez, je compris qu'on ne m'avait pas tout dit : et je décidai de faire ce que tout enfant digne de ce nom aurait fait à ma place. Je pris appui sur le rebord de ma fenêtre et me laissait glisser jusqu'au jardin, puis m'élançai dans la rue en enjambant le muret jouant le rôle de clôture, à l'époque pas très haut. Je me jetai jusqu'au port aussi promptement que mes jambes maigrelettes me le permirent, et j'arrivai enfin à l'instant même où l'immense bâtiment naval jetai l'ancre : je parvins, grâce à ma taille menue, à me frayer un chemin au travers de la foule... Et je tombai nez-à-nez avec ce visage bienveillant, souriant, qui ajusta ses lunettes tout en me tapotant la tête aimablement.

Je ne pus me retenir et, sous le regard attendri des nobliaux qui s'étaient amassés là, je jurai que je deviendrai une marine, comme "John Pacifique", et que je finirai même par devenir amirale grâce à mes petits poings, à l'époque guère plus gros que deux abricots. Il sembla flatté par cet excès de détermination chez un si petit être, me jura qu'il soufflerait mon engouement à John en personne, puis il m'assura que j'étais en mesure d'y parvenir si je disposais simplement de suffisamment de persévérance pour ce faire. Et il me planta là, appelé par ses devoirs, tandis que je demeurais époustouflée et admirative, mes mirettes pleines d'étoiles, prête à soulever des montagnes pour réussir, un jour ou l'autre, à recroiser sa route.

Chapitre II : Fugue inévitable.
Inutile de vous préciser, je présume, que cette bravade fut vue d'un très mauvais œil par mes géniteurs, mon paternel a fortiori. Ils étaient déjà courroucés que je porte davantage d'attention aux nouvelles qui me parvenaient au sujet du Gouvernement Mondial qu'à mes études ou qu'à l'apprentissage artistique dont je faisais les frais : ils furent sans nul doute les locaux les moins attendris, de tout Castidorado, lorsqu'ils eurent vent de mes frasques. Je fus immédiatement consignée dans ma chambre, et ce jusqu'à nouvel ordre; ce qui signifiait, qu'on s'entende bien, jusqu'à ce que mes progrès soient jugés suffisants... autrement dit, à jamais. On s'arrangea pour que les journaux qui échouent finalement entre mes mains soient datés, trop périmés pour s'attirer ma pleine curiosité : on fit en sorte de me tenir au courant du nécessaire, bien sûr, afin que ma culture générale n'ait pas à pâtir de ce qui fut, selon le propre vocabulaire de mon père, une "pension temporaire", mais je n'entendis des lors plus parler ni du glorieux John Pacifique, ni du lucide Kamiji, qui ne furent dès lors des compagnons plus que dans mes rêves. On me choya, on me berça et on m'encouragea lorsqu'on nota quelques menus progrès, quasiment inespérés : on me houspilla et on me dépouilla de mes rares sources de divertissements et de satisfactions lorsqu'on constata que je ne focalisai guère mon attention sur ce qui auraient dû s'avérer être mes priorités. Finalement, le temps s'écoula. Par jours, d'abord, puis par semaines... Et finalement par années entières. Mes bien-aimés géniteurs semblèrent estimer qu'il m'était peu préjudiciable, finalement, de demeurer cloîtrée dans ma tour d'ivoire et que je ne leur fournissais pas la moindre raison de croire que je serais moins dissipée en dehors de cette dernière : et une décennie fila, me transformant en une superbe adolescente, mais ne me dépouillant guère de mes intentions initiales. La Marine jamais ne quitta mes ambitions, et mon rêve se fit même de plus en plus concret : puisqu'on m'avait empêchée des années durant de muscler mon corps et mon esprit comme il se devait, il me faudrait fournir davantage d'efforts lorsque ma liberté serait recouvrée. Là où certains se contentaient d'une ou de deux heures d'efforts physiques plus ou moins soutenus par jour, il me faudrait en fournir deux, trois fois plus... et s'il s'avérait que je m'effondrai d'épuisement, ce serait seulement signe que je manquai terriblement de pratique et que je devais, une fois de plus, redoubler de ferveur. J'étais bien loin de me douter que rien de tout ceci n'aurait jamais lieu... et que le chemin que j'emprunterai finalement serait aux antipodes de celui que je m'étais schématisée en mon for intérieur, depuis ma plus tendre enfance.

Bref ! Toujours fut-il que je n'étais alors âgée que de seize ou de dix-sept ans. J'avais passé suffisamment de temps enfermée, songeai-je alors, et il me fallait de toute urgence trouver un moyen de m'extirper de ce carcan oppressif. Une seule voie s'offrait à moi : la fugue. Encore et toujours, les progrès qui étaient les miens semblaient trop modestes aux yeux de mon père, insuffisants, voire inexistants, selon les matières et ses états d'âmes. Il était d'une sévérité changeante, mais généralement pour le pire. Plus le temps filait et plus je le trouvais acariâtre, froid... L'affection qu'il me portait initialement sembla se muer insidieusement en une espèce de cordialité de rigueur, sans plus : avec le recul, je ne serais guère étonnée d'apprendre qu'il envisageait alors le plus sérieusement du monde que j'étais en vérité le fruit d'un odieux adultère. Toujours fut-il que s'il nourrit effectivement cette idée, il ne me l'exposa jamais frontalement... Pas plus qu'à ma mère, à ma connaissance. En somme, je pensais et non sans raisons que j'allais tôt ou tard finir par voir tous mes rêves de sortir de cette villa libre réduits en poussière. Jour après jour, semaine après semaine, je me mis même à fantasmer une possibilité qui me semblait concrètement de plus en plus crédible : et s'ils décidaient finalement de m'affubler d'une moitié quelconque, de force, afin de ne pas se couvrir d'opprobre ? Je redoutais le mariage forcé comme la peste. Je savais qu'il n'était pas monnaie courante et que mes parents eux-mêmes auraient sans doute répugné avoir à user d'une telle méthode : en revanche, je savais également qu'ils abhorraient tout autant la situation actuelle, sinon plus. Sans doute voulaient-ils également que je me marie, que je trouve un foyer où m'installer, un parti avantageux auquel me lier... mais comment diable aurais-je pu leur présenter un tel cavalier, considérant que les rares personnes avec lesquelles j'étais tenue de m'entretenir étaient les membres de ma famille, les précepteurs, et quelques rares visiteurs triés sur le volet ? Le personnel de maison lui-même m'évitait comme le diable... sans doute là une charmante attention de la part de mon père adoré, censément éviter des sources de distractions, et donc de pertes de temps.

La fugue, donc. Si je n'étais pas la femme la plus libre de Castidorado, il serait erroné d'affirmer que j'étais en détention, pareille à une otage ou à un prisonnier d'une importance capitale. Ma chambre était ouverte, ma fenêtre n'était pas garnie de barreaux ou de planches, et je pouvais encore aller et venir assez librement dans les couloirs pour ne pas être incendiée à chaque fois que l'on m'y trouvait : en revanche, on me suivait du regard, on s'assurait que je ne flâne pas trop et, lorsque j'étais sagement assise à mon bureau, on me rendait visite une ou deux fois par heure pour vérifier que mes lectures étaient aussi assidues qu'elles devaient l'être. Dans ces conditions, il allait sans dire que fuir n'était pas chose impossible... Peut-être mes parents croyaient-ils naïvement que je n'aurais jamais le courage de m'en remettre à un comportement aussi irrationnel, aussi désespéré. A ce titre, ils furent sans doute surpris mais, une fois de plus, je n'en aurai jamais la moindre certitude : car je ne les revis jamais, à compté de ce jour. Je passai le pas de la porte au plus noir de la nuit et je m'élançai sur les impeccables pavés de Castidorado dans la direction du port. Il fallait que j'y trouve un refuge, un navire sur lequel embarquer vers une île lointaine, où nul ne viendrait me dénicher : dès lors, je pourrai m'enrôler dans la première garnison qui me passerait à portée de main, et le tour serait joué. Simple comme bonjour, songeai-je naïvement, sans me douter un seul instant du danger que j'encourrais en agissant avec une telle légèreté, une telle désinvolture. Cette île avait toujours été protégée, d'abord par le manque d'intérêts flagrant qui y résidait, ensuite par les liens privilégiés que la population locale avec les grandes personnes du Gouvernement Mondial, rendant les représailles trop violentes pour quiconque essayerait de s'y aventurer avec de néfastes intentions. Et j'avais, au sein de cette île, vécu dans un cadre particulièrement favorisé, privilégié, bercée par des parents aimants, quoi qu'autoritaires, entre quatre murs solides, derrière une barrière et une clôture aussi inébranlables... Autant dire que je n'avais jamais, ô grand jamais réellement souffert.

Ce jour-ci, tout changea. 

Chapitre III : Effroi.
Toute évasion comporte son lot de péripéties incontournables... et ses découvertes. Les miennes furent terribles. Alors que je n'avais jamais éprouvé de peur véritable, viscérale, celle-là même qui nous tétanise, qui hérisse nos poils et nous rend profondément irrationnels, imprévisibles, nous renvoyant à l'état des animaux qui nous n'avons jamais totalement cessé d'être, et alors que je n'avais jamais eu à supporter de sourde douleur, de terrible agonie, je fus ce soir-là confronté à l'une et à l'autre de ces petites nouveautés, dont l'une d'entre elle s'avérerait fatalement familière par la suite, et par la force des choses. Mais pour que vous puissiez comprendre cela, je vais déjà m'empresser de vous raconter ce que je fis, après avoir pris la poudre d'escampette, et ce qu'il advint de moi, ce que j'eus à subir une fois mon forfait accompli.

Je souhaitais m'éloigner de la villa aussi promptement que possible, vous dis-je : je me doutais que mon paternel ne tarderait guère à sonner l'alerte et à s'en remettre aux forces de l'ordre quant à ma recherche, à moins qu'il ne décidât subitement que je ne valais guère plus qu'un clou et que mon départ n'était finalement pas une si mauvaise surprise... Aussi me fallait-il disparaître au plus vite de Castidorado, tant que je n'étais pas absolument certaine que la deuxième option soit plus réaliste que la première. Le port était ma destination initiale, car c'était sans nul doute en frayant avec les marins que je pourrais saisir une alléchante opportunité. Cela étant, je n'étais pas sotte : je n'avais pas de franche connaissance en matière de navigation, et mes bras frêles de bourgeoise qui n'avait jamais eu à tenir une pelle ou une faux de toute sa brève existence ne faisaient pas non plus de moi l'égale des matelots que l'on trouvait en abondance sur les docks, à la recherche d'un capitaine bienveillant à la recherche de main d'oeuvre courageuse. La clandestinité était sans aucun doute la plus judicieuse des démarches qui s'offrait à moi : il me fallait choisir l'équipage qui serait le mien quant aux jours ou aux semaines à venir avec un grand soin, pour m'assurer que ce voyage ne se transformerait pas en calvaire ou, pire encore, qu'on ne me rapporterait pas fissa à Castidorado dès lors que la faim me pousserait hors de ma cachette, en imaginant que mon père serait bien susceptible d'offrir une somme rondelette au marchand véreux qui parviendrait à me ramener à son courroux autoritaire. L'échec était absolument inenvisageable : car si je retournais vivre sous le même toit qu'eux, il allait sans dire que mon existence n'en serait rendue que d'autant plus pénible... Mes ultimes libertés seraient annihilées, et je ne serai jusqu'à la fin de mes jours plus qu'une soupirante éplorée, caricature grotesque de ces princesses prisonnières d'une tour d'ivoire, contraintes à se repentir de leur irresponsable conduite dans un luxe et un faste qu'elles ne faisaient que répugner.

Je m'égare, une fois de plus : revenons-en au fait. Je m'aventurais jusqu'aux docks, où j'observai un moment durant le ballet incessant des marins qui s'engageaient dans les hangars et en ressortaient trempés de sueur, portant sur leurs épaules divers barils, caisses ou tonneaux qu'ils se chargeaient d'amener jusqu'aux quais, sur lesquels ils s'enfilaient alors en file indienne, d'un pas résolu et au rythme quasiment militaire. Ils fonctionnaient de la sorte, en majorité en petit groupe, généralement trois ou quatre, rarement plus de six, et abreuvaient à ce moment-là de la soirée une demie-douzaine de navires différents, de la caravelle marchande légère et remplie de soieries richissimes au bâtiment de guerre du Gouvernement Mondial, en station provisoirement. Il me fallait par conséquent un moyen de m'infiltrer efficacement à bord de l'un de ces titans de bois sans risquer de me faire pincer au passage : en définitive, je devais soit attendre que les heures les plus sombres de la nuit n'arrivent enfin, au moment où les matelots s'en iraient consommer leur temps de repos dans les auberges de passage qui bordaient le port, soit jeter mon dévolu sur un autre bateau, en espérant vainement qu'il ait déjà été chargé et que son départ soit programmé pour l'aube. Ce fut à ce moment-ci que je ressentis un premier sentiment d'anxiété puissant, qui s'enracina en moi et ne me quitta guère durant les heures qui suivirent : il y avait tant d'inconnues et tant de raisons que mon forfait soit découvert et avorté que je commençais très franchement à douter de mes chances de réussite. Mais je m'étais engagée, envers et contre les représailles qui j'imaginais sans la moindre difficulté : il me fallait donc mener cette insanité à son terme, et ce par tous les moyens. A ce titre, je décidai que le risque prévalait sur la sécurité, puisque j'étais de toute manière d'ores et déjà en situation de péril tangible... Il me fallait donc opter pour l'un des navires actuellement en cours de chargement, en estimant très simplement qu'il s'agissait des embarcations qui avaient le plus de chances de quitter les eaux de Castidorado dès le lendemain matin.

Mais il était évident que je n'arriverais à rien tant que les docks pullulaient de silhouettes musculeuses avançant en file indienne avec la rigueur martiale des parades de la Marine : il fallait a priori attendre qu'ils délaissent les quais pour m'y engager plus aisément, plus secrètement. Où tuer le temps, en attendant ? En filant de chez mes bienveillants géniteurs, je n'avais pas embarqué la moindre piécette, et je manquais cruellement d'amis véritables chez lesquels m'inviter : je jetais donc mon dévolu sur l'un des entrepôts que ces marins semblaient avoir méthodiquement vidée de la plupart de sa substance, en espérant y trouver un refuge provisoire plus que profitable. Un peu de repos serait le bienvenue, rien que pour remettre de l'ordre dans mes neurones : au moment venu, il me faudrait sans nul doute faire preuve de tout le sang froid que j'étais susceptible d'invoquer... Je ne me doutais pas, alors, que je risquais au contraire de perdre toute once de jugeote d'une seconde à l'autre.

Comment était-il arrivé là ? Comment s'était-il caché, alors que l'entrepôt devait, un peu plus tôt dans la soirée, fourmiller de la même activité que le restant des quais au même instant ? Qui était-il, et pourquoi était-il un être aussi foncièrement mauvais ? Je ne le sus jamais, et je ne pense pas me tromper en admettant que je ne le saurais jamais. D'un autre côté, je me fichais, me fiche et me ficherai bien de son identité : elle n'est qu'accessoire et c'est ce qu'il me fit, ou plutôt ce qu'il faillit me faire qui me marqua au fer rouge, indélébilement. J'avais tout juste refermé discrètement la porte derrière moi qu'on m'avait fait choir, et qu'on avait étouffé mes cris de stupeur naissants en plaquant une main large sur ma bouche : je me sentis suffoquer mais cela ne m'empêcha pas d'entendre distinctement les menaces graveleuses qu'on proféra à mon encontre. Un ivrogne, un bandit de bas étage, une crapule quelconque qui jusque-là avait réussi à la jouer suffisamment fine pour échapper à la vigilance sévère des représentants de l'ordre : une saloperie, en somme, un sous-homme. Voilà ce qu'il était, et les pulsions qui l'animaient étaient aussi viles et basses qu'on pouvait l'attendre chez un déchet de cette trempe. En tombant sur moi lourdement, de manière à m'empêcher de gesticuler davantage, je sentis qu'il plaçait mon bras dans un angle des plus inconfortables : et l'os ne tarda guère à craquer, m'apportant la douleur dont je vous ai parlé un instant plus tôt. La frayeur, elle, se fit croissante : et elle bondit d'un coup d'un seul lorsque je sentis son haleine fétide s'inviter au creux de son cou, lorsque ses mains pécheresses glissèrent le long de mon buste, s'attardant sur les contours de mes formes naissantes, encore immaculées à cet âge.

Mais elle disparut, finalement, petit-à-petit. Lui, je connais son nom : je le connus tôt, et je le connaîtrai sans nul doute jusqu'à ma mort. Sergio Alterno, un commandant de la marine brillant, un jeune officier qui, à n'en pas douter, se dirigeait vers les plus hautes strates de commandement de l'armée. C'est lui qui passa la porte le premier, en guidant une petite unité constituée de ses plus fidèles hommes d'armes : et c'est lui qui décocha un coup de pied magistral à mon agresseur, le projetant contre un mur et l'empêchant de me tourmenter davantage. Tandis que ses soldats me prenaient en charge en me rassurant, en me confirmant que j'avais évité le pire, lui fit son travail, celui-là même qu'on attendait d'un gradé de son envergure : et je dois admettre qu'il le fit admirablement bien. Ce fut un passage à tabac d'une violence inouïe qui se profila devant mon regard. Mon cœur battait encore à la chamade, je peinais à articuler un seul mot et je n'avais qu'à moitié conscience de ce que je venais de vivre, et de ce que j'aurais pu vivre sans l'intervention bienfaitrice de ces vaillants soldats : en somme, j'étais en état de choc et on s'en rendit compte sans peine. On m'escorta jusqu'au navire de cette unité de choc, où se trouvait un jeune médecin, fringant et enthousiaste, dont le nom aussi m'est familier : Ben Stocker, infirmier de son état, se chargea de me rassurer et de me réconforter tandis que les militaires, de leur côté, balançaient le porc vicié qui s'en était pris à moi dans leurs geôles provisoires. Direction Impel Down pour ce malheureux rompu par une séance musclée de coups de savates efficacement maîtrisés... Et lorsqu'il parla de contacter mes parents, imaginant que j'étais de sortie pour une soirée arrosée ou que je m'étais simplement égarée, ce fut à mon tour de me faire entendre : c'était proprement hors de question.

Chapitre IV : Le Rêve Éveillé.
J'avais donc fait entendre ma voix quant à la possibilité de m'en retourner chez mes parents : mon entêtement manifeste et le ton sec de ma négation étonnèrent Ben au plus haut point, et il sembla prendre bonne note de ce refus catégorique. Plus tard, je lui expliquai avec espoir et ardeur que j'ambitionnais depuis mon plus jeune âge de m'enrôler dans la marine : à ce moment-ci, je compris qu'il me fallait tout lui souffler. Absolument tout. Ainsi apprit-il concernant les relations pour le moins houleuses qui m'unissaient à mon père, pour l'éducation forcée dont je faisais les frais, pour la carrière prometteuse qu'on m'imposait sans réellement chercher à obtenir mon accord, sans se soucier nullement de mon bien-être. Il sembla touché, réellement. Il fit preuve d'une empathie colossale, qualité à laquelle je n'étais guère coutumière : puis il fit en sorte de réaliser son ouvrage sans me malmener de questions douloureuses supplémentaires, se hâtant de détourner le sujet sur des vérités plus triviales, moins profondes. Il traita mon bras cassé avec une méticulosité et une douceur que je n'avais non plus jamais connues, et il se chargea de me rassurer quant aux conséquences potentielles de cette blessure, qui s'avérerait, selon ses propres dires, superficielles sur le long terme. Selon lui, je n'avais pas idée du nombre de soldats qui s'en rentraient chez eux criblés de contusions de cet acabit... et la plupart, force était de l'admettre, s'en retournaient à l'assaut des brigands au bout de trois à six mois. Je retrouvai alors un brin d'espoir, et il se rendit sans difficulté compte de mon engouement : il me questionna quant à sa cause, estimant qu'il ne s'agissait pas là que d'un soulagement banal, et je me confessai à lui sans l'ombre d'un doute, estimant qu'il avait incontestablement été la plus attentionnée de mes fréquentations depuis ma naissance. Je lui appris que mon rêve était de devenir marine, et qu'à cette idée, mon père était absolument hermétique. Je lui fis comprendre que cette ambition était ancrée si profondément en moi qu'elle pouvait pratiquement servir à résumer l'intégralité de mes décisions, jusqu'à présent, et je lui appris que j'étais prête à tout pour un jour réaliser des exploits dignes de John Pacifique lui-même. Mon honnêteté sembla l'atteindre en plein cœur, puisqu'après de longues insistances de ma part, il me promit d'évoquer ce sujet au commandant Alterno, son supérieur et ami : je l'en remerciai chaleureusement, puis me retirai dans une chambre qu'on m'avait octroyé pour les temps à venir.

Lorsque je rencontrai Sergio pour la seconde fois, je compris sans peine qu'un changement était à l'oeuvre, fondamental quant à la suite de mon épopée. Mais je me dois tout d'abord de vous le décrire, dans les grandes largesses. Sergio n'était à cette époque pas spécialement bel homme : en revanche, il était brave, comme j'avais d'ores et déjà pu le constater. De surcroît, il était plus viril que bien des nobliaux que j'avais jusqu'à présent eu l'opportunité de fréquenter, bien malgré moi... Il l'était même largement plus que le médecin, Ben Stocker : ses biceps massifs, son torse ample difficilement couvert par un uniforme qui semblait être sur le point d'éclater, il était quasiment une caricature de ce que les officiers devaient être, à mes yeux, pour inspirer le respect infini de leurs subordonnés du premier coup d’œil. Mais là où je l'attendais sévère et abrupt, il s'avéra finalement plutôt affable : il était délicat, doté de bonnes manières, avenant et prévenant. L'une de ses priorités sembla être de s'enquérir de l'état de mon bras. Lorsque je lui appris qu'il m'était déjà nettement moins douloureux, il sembla sincèrement réconforté : puis seulement il décida d'aborder les sujets de fond, ceux-là même qui nous amenaient à nous rencontrer. Mais j'avais déjà un mal fou à décrocher mon regard et mes pensées de son faciès brut, buriné, anguleux. Il n'était pas parfait. Il ne ressemblait pas aux hommes fringants qu'on pouvait voir à tout bout de champ, choisis comme égéries par diverses marques, diverses entités, artificiels à souhait, censément plaire au plus grand nombre. Il n'était pas métrosexuel, et cela sautait aux yeux : sans doute cela contribua-t-il à me charmer, car je trouvais dans cette aspect rugueux, tranchant et sans concession le réconfort dont j'avais grandement besoin.

Ses dires, eux aussi, furent intraitables. Il condamna la conduite irresponsable de mon paternel qui était, selon ses propres propos, "un nobliau frustré cherchant à tout prix à façonner l'existence d'autrui pour palier à ses propres manquements". En tant que marin, il m'assura être fréquemment confronté à ce type de profils nauséabonds, et me rassura quant au fait que je n'étais en aucun cas tenue par la fatalité de ressembler un jour à cet odieux paternel que je prenais de plus en plus de plaisir à haïr en mon for intérieur : c'était précisément ce que j'avais besoin d'entendre. Que me prit-il alors, je ne saurais le dire : toujours fut-il que je m'entichai de ce commandant rigoureux comme je ne m'étais jamais entichée d'aucun autre homme auparavant. Peut-être ressemblait-il trop à John Pacifique, tout en étant franchement plus accessible que celui qui, au fil du temps, était arrivé aux prestigieuses responsabilités de vice-amiral... Toujours fut-il que ma présence au sein de leur navire fut finalement acceptée : il ordonna que ma chambre devienne ma résidence principale, m'assura que j'aurais de temps à autres l'opportunité d'apprendre dans le domaine de la navigation, dans celui de la médecine ou dans celui de la cuisine et qu'il me serait possible, à l'avenir, une fois totalement remise de mes séquelles, de bénéficier des mêmes entraînements que les pugilistes que son équipage comptait. J'en fus plus que satisfaite, et je le quittai alors le cœur palpitant, tant d'un amour candide et platonique que d'une résolution renouvelée, plus ardente que jamais. J'allais devenir marine, et j'allais devenir pugiliste : j'allais échapper au contrôle malsain de mon géniteur, et j'allais m'engager sur la voie qui me plaisait tant, depuis mon enfance la plus tendre. A fortiori, j'allais enfin pouvoir m'échapper de Castidorado, ce qui fut acté lorsque les voiles s'abaissèrent, dans l'heure de cette rencontre singulière... et j'allais par conséquent pouvoir courir le monde, à la recherche de ses mystères, de ses anomalies, de ses miracles, de ses plus munificentes créations. J'étais plus qu'une enfant rêveuse, à cet instant : j'étais une jeune femme qui, enfin, effleurai du bout des doigts tous les rêves qui avaient jamais été les siens. Peut-être aurais-je dû prendre davantage en considération les réticences affichées de Ben Stocker à l'idée de me faire rencontrer le commandant : peut-être aurais-je dû demander à ce qu'on me dépose simplement sur la prochaine île leur servant d'escale, où il me serait possible d'entrer dans les rangs du Gouvernement Mondial par des moyens plus traditionnels... Mais tout cela, à cet instant précis, ne me caressa pas même l'esprit. J'étais simplement trop heureuse pour être soucieuse, et je n'avais alors pas développé l'attention aux détails qui devint par la suite l'une de mes spécialités.
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Verchamps D. Rosanne

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Verchamps D. Rosanne - La Pugnacité a un nom. [En Cours] Cg6GGsTChapitre V : la naïveté est un vilain défaut.
Me serait-il permis de digresser quelque peu, une fois n'est pas coutume ? J'imagine que oui. Vous m'avez demandé de résumer mon histoire : aussi le fais-je avec discipline et méthode. Cela étant, je ne me vois guère user d'un rôle de scénariste lorsque tout ce qu'il me faut réaliser, c'est un simple exercice de mémoire... j'estime qu'il est par conséquent plus enrichissant de vous faire parvenir l'histoire telle qu'elle fut plutôt que l'histoire telle que je la vécus. Vous vous souvenez des réticences affichées de Ben Stocker à l'idée de me faire rencontrer le commandant Sergio Alterno ? Elles n'étaient pas une lubie déraisonnable ou vaine. Le médecin avait de réelles et tangibles raisons d'essayer de m'éloigner de son supérieur, vaille-que-vaille : il n'y parvint pas, parce qu'il n'est guère dans sa nature de brider les libertés d'autrui. De plus, il cultivait encore, à cette époque lointaine, une relative affection pour celui qui, longtemps durant, avait été son principal frère d'arme et plus intime confident. Néanmoins, le temps et la rudesse de la vie en haute mer avaient façonné le commandant comme autant de vagues impétueuses : petit-à-petit, il s'était bouffi d'un orgueil intarissable et incurable, auquel je ne m'étais moi-même pas encore réellement confrontée. Il y avait beaucoup de femmes à bord du navire duquel j'avais embarqué, et je m'étais une fois posée la question, naïvement, de savoir si l'une d'entre elles s'était autrefois liée à Sergio d'une façon plus ou moins intime. Lorsque lui et moi entamions une relation secrète, toutefois, je me contentais bêtement d'éloigner ces considérations de mon esprit : je songeais simplement être plus belle, plus douce et plus malignes que les autres femmes à bord, auxquelles je ne parvenais guère à me lier d'amitié, et je les reléguais au rang d'éternelles figurantes de ma propre vie. En fin de compte, le seul avec qui je tissai de réels liens, exception évidente faite du commandant, fut Ben Stocker : une fois remise sur pieds, je continuai à lui rendre visite a minima une fois par jour et, lorsque mon cher et tendre était trop occupé par ses prérogatives, c'était avec lui que je dînais et que je passais le plus clair de mon temps. Il devint par la force des choses un excellent ami, sur qui je pensais pouvoir compter de façon certaine et infaillible : le temps m'apprit que je ne savais pas encore à quel point j'avais raison.

Sergio était un coureur de jupons. Beaucoup de pimbêches, et j'en étais une moi-même, s'entichait de lui, de ses gros bras et de ses responsabilités : il les souillait tant qu'il le pouvait, puis les jetait sans le moindre ménagement. Nombre de membres de son équipage changeaient à chaque escale : mais je ne me rendais compte de rien. Le temps passa, les jours se succédèrent et je fus bientôt moi-même remise sur pieds. Il me fut alors donné de comprendre une part de ces démissions subites et étranges, que je croyais être des événements réguliers et normaux dans la vie de tout équipage du Gouvernement Mondial. Il en demandait tant et plus à ses subordonnés que rares étaient ceux qui avaient les nerfs suffisamment solides pour lui obéir à la lettre des mois durant : seuls quelques officiers aux postes privilégiés tenaient réellement le coup, à vrai dire. Plusieurs matelots ne dormaient que très rarement, et via des cycles de plus en plus réduits, tant leurs responsabilités prenaient une ampleur dévorante : ceux-là quittaient le navire les premiers, en règle générale. Mais les jeunes femmes accortes qu'il prenait comme maîtresses, elles aussi, finissaient par déserter : parce que ces pimbêches-ci étaient généralement moins patientes que moi. Je découvrais tout, et je ne me rendis pas compte tout de suite, par conséquent, que rien de tout ce que je subissais n'était normal. Je pensais que son désintérêt temporaire était monnaie courante dans un couple, puisque le seul référentiel que j'avais en la matière étaient mes propres parents, loin d'être des amants fusionnels. Je pensais que la compagnie fréquente des dames qui frayaient avec lui était somme toute naturelle, et contrainte par ses devoirs. J'imaginais que s'il ne voulait pas que notre union soit connue du plus grand nombre, c'était parce qu'il espérait me protéger de possibles provocations et injures : je pouvais être perçue comme une parvenue, comme une opportuniste, après tout... Au final, seul Ben se trouvait être au courant de notre relation : et, petit-à-petit, inexplicablement, il prit ses distances avec moi. Il avait de plus en plus de mal à me regarder dans les yeux, de plus en plus de mal à se montrer enjoué en ma présence. J'estimais sottement que son travail devait l'accabler d'une fatigue croissante : c'était effectivement le cas, mais pas seulement. Là où, par amour, je demeurais aveugle, lui, par amitié, était plus lucide que jamais. Il comprit que son vieil ami n'était plus, qu'il avait été remplacé par un gradé suffisant, hautain et tyrannique. Il comprit qu'il avait sa part de responsabilité dans la relation qui s'était tissée entre Sergio et moi-même : et comme il ne se sentait pas le courage de me révéler le pot-aux-roses, il faisait en sorte, trop mal-à-l'aise pour demeurer naturel plus de quelques secondes, de ne plus trop croiser ma route.

Mais, cela aussi, s'avérait de plus en plus complexe. Au fil des entraînements, mon corps eut à subir de nouvelles fractures. Ben, qui n'avait jamais été confronté à pareille anomalie, tâcha de faire des recherches en parcourant les quelques bouquins qu'il avait dans son cabinet : il ne découvrit rien. Et pour cause ! Y aurait-il un seul deuxième cas d'agent du Gouvernement Mondial atteint de maladie des os de verre ? En règle générale, c'est une pathologie découverte à la naissance ou durant la petite enfance. Toutefois, ayant été surprotégée, on n'avait jamais eu la possibilité de me la diagnostiquer : je ne m'étais jamais réellement fait mal, je vous le rappelle... Pourquoi aurait-on appris à un fringant médecin destiné à une carrière dans la Marine à diagnostiquer une maladie à laquelle il n'allait certainement pas être confronté ? C'était un manquement aberrant à son apprentissage, mais un manquement logique : aussi estima-t-il simplement que j'étais à la vérité de faible constitution et que redoubler d'ardeur dans mon apprentissage suffirait à gommer cette fragilité. Après tout, certains puissants pugilistes étaient capable de défoncer des plaques d'acier à mains nues sans que leurs os ne soient incommodés le moins du monde : un brin de persévérance de ma part suffirait sans nul doute à corriger ce souci, non ?
Et bien non, et cela fit tout le contraire. Mes périodes de convalescence se multiplièrent, et bientôt, Ben s'avoua vaincu. Il essaya d'user de ce prétexte pour me dissuader de prolonger ma vie en tant que soldate : il se heurta bien entendu à un mur infranchissable. Il capitula, donc, et tâcha dès lors de me soigner au mieux, tout en éprouvant de plus en plus de sérieuses difficultés à l'idée d'avoir à me faire face. Puis, un beau jour, il prit sa décision.
(c) par elfyqchan pour Never-Utopia
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