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 Yahoo ! C'est que ça groove ! [Mission]

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Clyde Jenkins
Lethal Weapon
Clyde Jenkins
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Race : Humain
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MessageSujet: Yahoo ! C'est que ça groove ! [Mission]   Yahoo ! C'est que ça groove ! [Mission] Icon_minitimeMar 13 Nov - 20:35


Road KamelotRoad KamelotNom de la Mission : Yahoo ! C'est que ça groove !
Nombre de Personnages : Un

Descriptif : Un beau jour (ou un mauvais jour, à toi de voir), Trevor te contacte pour partager une information qu'un de ses contacts, un homme prénommé Bing, lui a passé. Apparemment, un marchand vivant sur une île voisine de ta position a une dent contre un instructeur de danse prénommé Orgo Montenegro. En effet, ce dernier aurait une sale réputation de séducteur rivalisant même celle de Clyde. Il aurait eu une relation amoureuse avec plus de la moitié de ses étudiantes, dont la fille du marchand en colère. Celui-ci offre une généreuse récompense à quiconque kidnappera cet homme pour qu'il lui donne une leçon personnellement. Attention, le danseur à beau être un casanova reconnu, cela ne veut nullement dire que ses étudiantes et autres conquêtes ne tenteront pas de protéger leur amour. Remarque tu pourrais toujours le prévenir de ce qui plane au-dessus de sa tête, qui sait ce qui pourrait arriver ?
Précision : Orgo pratique un style de combat utilisant la danse, il est extrêmement redoutable et possède de nombreux contacts. Attention, ce contrat n'est pas une prime offerte par la marine, il faudra donc faire les choses correctement si tu ne veux pas être considéré comme un criminel ! Peut-être trouver un moyen d'incriminer ta cible avant de t'y attaquer ?
Récompense :  250 000 B et une information sur l'emplacement d'un contact de Bing si tu ramène Orgo au marchand pour qu'il s'en occupe personnellement. La moitié de ça si tu administre la correction toi-même (ou fait croire que tu l'a administré). Une information sur une ex-flamme de Orgo et un petit cours de danse combative si tu lui vient en aide "correctement". 3 nouvelles conquêtes, une blonde, une brune et une rousse si tu décide d'ignorer cette histoire et d'aller séduire des petites donzelles ! Attention on te demande un (38/50) pour avoir une de ces récompenses (sauf la dernière) !


Yahoo ! C'est que ça groove !
Mission solo
Une aubaine


"Follow your emotions anywhere
Is it really magic in the air?
Never let your feelings get you down
Open up your eyes and look around"
Imagination – Just an Illusion

Just an Illusion - Imagination

- Z’auriez pas une cigarette, m’sieur ?
La tête de Clyde pivota en direction d’un jeune homme qui l’observait, souriant nerveusement en attendant une réponse. Le chasseur de primes soupira, ferma le seul œil valide qu’il lui restait et rejeta la tête en arrière. Puis, délaissant la jeune damoiselle collée contre lui, il chercha dans l’une des poches intérieures de sa veste son paquet de clopes avant de l’ouvrir d’un geste du pouce et de le tendre vers l’importun qui s’empara timidement d’une cigarette.
- Merci. Heu… Z’auriez pas du feu aussi s’il vous plaît ?
Le borgne ramena son paquet à lui avant de le faire disparaître dans la poche dont il l’avait délogé tantôt. Ses cheveux blond cendré suivirent doucement sa tête dans son mouvement de négation.
- Tu m’as pris pour un supermarché ou quoi ? demanda-t-il d’une voix grave et passablement aigrie.
L’inconnu quémandeur lui jeta un bref regard troublé avant de faire rapidement demi-tour et de se frayer un chemin dans la foule.
- Tssss... Bon, où on en était déjà ? Ah oui !
Passant le bras droit autour des épaules de la donzelle lovée contre lui, il alla chercher avec le gauche la taille fine de sa voisine de gauche, dont le visage se fendit d’un sourire enjôleur, avant de la ramener contre lui.

Ce soir-là, le Jenkins était en bonne compagnie, pour sûr. Une bouteille de champagne ouverte posée sur la table basse, deux demoiselles assises sur la même banquette que lui et qui lui portaient un bien trop grand intérêt, il se disait que, finalement, Mirror Ball était bien sympa comme coin.

La lumière des projecteurs et autres stroboscopes colorés balayait la vaste salle avec un rythme rapide, se dispersant parfois dans la fumée qui s’était formée grâce à un stupide gadget, faisant se découper du décor des dizaines de silhouettes en train de se déhancher au son de la musique. Et ça, de la musique, il y en avait : on était loin des orchestres prestigieux, loin des sons tranquilles d’un petit jazz,  plus près d’un son entêtant et festif qui appelait les gens à se trémousser sur place.

Le chasseur préférait pourtant nettement sa place confortable sur la banquette, avec une vue imprenable sur la piste de danse et surtout, sur les courbes appréciables de ces demoiselles qui dansaient.

Mais une nouvelle personne vint gâcher la vue. Grand, maigre, la peau un peu trop pâle, un homme aux cheveux noirs se planta devant sa table et le dévisagea longuement. Le Jenkins leva lentement la tête, détachant ses mains de ses deux compagnes pour les croiser sur ses cuisses. Il se pencha vers l’avant et avec un sourire agacé, lança :
- Qu’est-ce que tu me veux toi ?
C’est vrai, quoi, deux fois qu’on venait le déranger en peu de temps.
L’inconnu eut un haussement de sourcil avant de répondre d’une voix neutre :
- Monsieur Jenkins ?
- Ouais ?
- Un appel pour vous d’un certain Trevor.

Le borgne haussa un sourcil tandis que son sourire quittait son visage. Avant qu’il ne dise le moindre mot, et comme si l’homme avait lu dans ses pensées, ce dernier précisa, avant de s’éclipser :
- Dans le hall, le bureau à côté des vestiaires.
Le chasseur grogna un merci, à peine entendu dans le brouhaha ambiant. Il se leva, se tourna vers les deux demoiselles, saisit à chacune une main sur laquelle il apposa un baiser avant de quitter la salle et rejoindre le bureau indiqué.

La musique était terriblement moins forte ici, à croire qu’ils s’étaient efforcés d’isoler phoniquement le hall. La porte du bureau était grande ouverte. A l’intérieur, assis derrière une table où croulait une montagne de paperasse, le bonhomme qui était venu trouver Clyde. Sans un mot, il lui pointa un escargophone posé en équilibre sur l’une des nombreuses piles de papier. Le blond s’avança, prit soin de fermer la porte et attrapa le combiné avant de grogner un « Ouais ? ».

Il y eut un léger grésillement, comme un souffle, puis une voix répondit :
- J’ai un tuyau pour vous, m’sieur Clyde !

Réunion entre hommes


"Rid me of the problem, do all that you can,
Keep me in a daydream, keep me goin' strong"
Stevie Wonder – Superstition

Superstition - Stevie Wonder

- Qu'est-ce que tu veux encore, Trevor ?
Le ton bourru du blond informa son interlocuteur qu'il semblait assez... Aigri. Un silence lui répondit, puis une petite toux, avant qu'une nouvelle fois la voix du jeune informateur de Clyde ne résonne dans la pièce :
- Bing ! C'est l'un de mes contacts ! Il est ici, enfin là-bas, je veux dire, à Mirror Ball.
- Et donc ?
Le Jenkins se montrait fort impatient ce soir, et pour cause, la majorité des pistes que lui refilait ce cher Trevor étaient pour le moins abracadabrantes ou fausses. Il aurait pu l'envoyer voir ailleurs, mais comme il n'avait pas le temps, enfin, pas l'envie, surtout, de chercher quelques traces de primés sur les îles où il prévoyait de se rendre, il gardait le contact avec le petit et un peu maladroit Trevor, lui refilant tout le boulot de recherche.
- Il aurait une proposition ! Un peu différente de d'habitude, mais je suis sûr que ça pourrait vous intéresser, m’sieur Clyde !
Le chasseur descendit légèrement la main tenant le combiné relié à l'escargophone, prenant le temps de la réflexion. Il était hésitant. D'un côté, Mirror Ball était bien assez attrayante en tant que simple visiteur, comme il l'était actuellement. De l'autre, il allait bientôt être à sec, financièrement parlant.
- Je t'écoute.
Un soupir de soulagement se fit entendre à l'autre bout du fil.
- Bing a un client qui cherche un individu particulier. Il n'a pas voulu me livrer les détails et souhaite plutôt en parler avec vous de vive voix, lors d'un déjeuner en compagnie du commanditaire de l'offre.
- Mouais... Bon. Si ça me plaît pas, cette histoire, qu'il aille se faire voir ton Bing.
Trevor prit la réponse pour une acceptation de l'offre. Aussi, il enchaîna avant que Clyde ne raccroche :
- Très bien ! Je vois avec lui pour convenir d'un lieu et d'une date et je transmettrais toutes les informations à votre hôtel dès que je les aurais. Bonne soir...
- Ouais. Salut Trevor.
Et la voix du pauvre petit informateur fut étouffée en pleine phrase lorsque le blond raccrocha, sous l'œil inquisiteur du maître des lieux.
- Quoi ? grogna le chasseur avant de tourner les talons et de s'en retourner à ses demoiselles.
Seuls un soupir et un regard au ciel lui répondirent.

*

Il avait chaud. Assis à une table à la terrasse très ensoleillée d'un petit restaurant, Clyde attendait les hommes qui l'avaient gentiment invité. Une demoiselle, plateau à la main, s'approcha de lui alors qu'il sortait son paquet de clopes de sa poche et qu'il le jetait nonchalamment sur la table déserte.
- Je vous sers quelque chose en attendant ces messieurs ?
L'homme la dévisagea un court instant, notant qu’elle était plutôt jolie, et surtout, à son goût. Il lui offrit un sourire charmeur avant de répliquer :
- Non merci, ma belle.
La dénommée belle, après un sourire poli, s’évanouit parmi les autres tables, slalomant rapidement entre les clients, opérant une chorégraphie improvisée, levant son plateau d’une main pour le passer au-dessus d’une tête, effectuant un demi-tour sur elle-même et faisant voleter sa jupe lorsqu’une femme la héla. Clyde la regarda faire un moment, gracieuse et souriante comme elle était, la serveuse valseuse.

Lassé du spectacle, il finit par détourner le regard et continuer ce qu’il avait entamé, à savoir fumer une cigarette. Il sortit donc un briquet, rattrapa son paquet de clopes et le fit glisser jusqu’au bord de table avant d’en tirer une cigarette. Pile quand il l’allumait et aspirait une première bouffée, trois silhouettes firent irruption dans son champ de vision et s’arrêtèrent à son niveau. Le chasseur de primes releva alors la tête, l’air interrogatif.
- Clyde Jenkins ? demanda le plus chétif des trois, un pauvre diable dont les mains s’entremêlaient et se tordaient soucieusement.
- Ouais, c’est moi.
Le maudit recracha doucement un filet de fumée, le regard toujours intrigué par ces trois inconnus qui, sans même attendre son invitation, s’assirent à sa table.
- Je présume que vous êtes ceux qui ont réservé la table ? questionna le blondinet.
Cette fois, ce fut au tour d’un homme imposant, non pas par sa musculature mais plus par sa bedaine proéminente et son regard dur, de parler :
- Effectivement. Je suis monsieur Lewis, voici Alfred, mon… assistant, et vous devez connaître Bing, c’est lui qui nous a mis en relation.
Le chasseur de primes dévisagea ses interlocuteurs un à un avant de serrer la main tendue par le premier. Si ce dernier avait tout l’air d’être le commanditaire, les doigts parés de bagues toutes plus grosses les unes que les autres, l’assistant, lui, était un peu tout le contraire de son patron : grand, athlétique, vêtu sobrement et une tête assez sympathique, du moins au premier abord. Quand à Bing, il était l’être chétif et nerveux qui avait adressé la parole en premier au Jenkins.

Le natif des Shabondy revint darder un œil bleu clair sur monsieur Lewis et l’ombre d’un sourire moqueur passa sur ses lèvres alors qu’il écrasait la cigarette qu’il venait tout juste de commencer dans le cendrier.
- Alors, qu’est-ce que je peux faire pour vous ? Vous m’avez rendu curieux là, à jouer les grands confidentiels.
Contre toute attente, Lewis leva une main au passage de la serveuse, la même qui était venue quelques instants plus tôt, et qui virevoltait toujours autant entre les tables de la terrasse. Il commanda une boisson fraiche, accompagné d’un café pour Alfred et d’un verre d’eau pour le contact de Trevor. Quant au blond…
- Whiskey pour moi, ma jolie.
Cette fois, il eut droit à un sourire plus chaleureux de la part de la demoiselle, et il crut même discerner, l’espace de quelques instants, un rosissement sur ses joues…
Boissons servies et premières gorgées avalées, le Jenkins eut enfin une réponse à sa question, après que Lewis, non content de le faire assez languir, s’épongea le front, en nage sous le soleil écrasant.
- J’ai besoin de quelqu’un pour faire un travail… assez particulier disons. Enfin, rien de bien compliqué et de dangereux non plus, ne vous en faites pas.
Le borgne se laissa aller à rire, ce qui força monsieur Lewis à se dandiner sur sa pauvre chaise complètement mal à l’aise. C’était typiquement le genre de phrase qu’on sortait à des mercenaires. Or Clyde était chasseur de primes. Il n’avait pas envie d’écoper de boulots peu ragoûtants, assassinats, protection de biens et autres, alors qu’il pouvait courir après la pègre et les ramener au Gouvernement contre rémunération. C’était surtout le pécule qui l’intéressait, en fait, il avait bien trop fréquenté les milieux hors-la-loi par le passé pour s’intéresser à une notion de gentils/méchants dans une histoire.
- J'offre une généreuse récompense à celui qui réussira la mission, poursuivit Lewis.
Clyde tiqua sur la formulation employée et ne tarda pas à le faire remarquer, le regard soudainement sérieux.
- Je ne suis pas le seul mis au courant, c'est ça ?
Une fois de plus, le commanditaire se dandina sur son siège.
- Non, finit-il par répondre. Je préfère augmenter mes chances de réussite plutôt que de ne faire confiance qu'à un seul homme.
- Et alors, ça consiste en quoi ce bazar ?
- Alfred ?
Cette fois, le patron déléguait la lourde tâche des explications à son assistant, profitant de ce moment de pause pour s'hydrater. Le grand homme interpellé s'avança donc par-dessus la table vers le borgne.
- Monsieur ici présent, vient dans l'optique de donner une bonne leçon à un certain individu. Mais pour se faire, il faut déjà l'attraper. C'est votre tâche, puis nous le livrer. Monsieur s'occupe du reste, il a fait le déplacement exprès depuis une île voisine.
Le Jenkins resta un instant pensif. Pour que cet homme corpulent fasse le déplacement de lui-même, c'est que le bougre qui l'avait énervé avait dû lui en faire une belle.
- Et c'est qui ce type ? Qu'est-ce qu'il vous a fait ?
Alfred jeta un coup d'œil à monsieur Lewis, qui d'un signe de tête donna son approbation pour qu'il apporte des réponses aux questions du chasseur.
- Orgo Montenegro. Un professeur de danse opérant ici, à Mirror Ball. Il est assez connu dans les parages pour son tempérament de séducteur. Il a...
- Il a posé ses sales pattes sur ma petite Lila, le coupa Lewis d'un ton coléreux. Ma jeune fille, ma toute petite, mon trésor, Lila...
Un sourire vint poindre sur les lèvres du borgne. On le chargeait, plus ou moins, de mettre la main sur un type aussi amoureux des femmes que lui. Voilà qui promettait d'être intéressant... Il se retint de demander si Orgo avait engrossé sa fille pour mériter un tel déploiement de force.
- Ouais... Je vois. Marché conclu, je vous ramène le danseur par le col.
- Merci bien, monsieur Jenkins. Quand vous l'aurez, appelez Bing, il vous transmettra le point de rendez-vous. En attendant, il va vous donner quelques informations supplémentaires.
Ils se levèrent tous, s'échangèrent une poignée de main. Alfred et Lewis partirent, Bing remit un dossier à Clyde, et ce dernier finit par quitter la terrasse à son tour. Le contact de Trevor s'aperçut bien tard, au moment où il partait lui aussi, qu'on lui laissait régler les consommations.

Roi de la danse, séducteur de ces dames


"I just want to run away, turn me loose
Got people around running me down, I can't stay
I just want to get away, I just want to get away now
Get them off my back today"
Jamiroquai – Runaway

Runaway - Jamiroquai

Orgo Montenegro. Clyde toisait la devanture qui lui faisait face les bras croisés, l’œil aux aguets et la cigarette sur le bord des lèvres. Il croisa le reflet de son propre regard sur la façade entièrement vitrée, un unique œil bleu glacé le regardant fixement, illuminé par des néons multicolores qui s’éteignaient par intermittence, laissant la lumière éclairer le visage du blond de différentes couleurs. Une silhouette s’approchant derrière la vitre poussa Clyde à refocaliser son attention sur ce qu’il se passait derrière le verre. Une toute jeune femme venait de passer, une serviette autour du cou, papotant avec une deuxième demoiselle et gesticulant gaiement. L’immense pièce qu’il voyait, pleine de lumière, contrastant sans peine avec la pénombre de début de soirée, était une salle de danse au parquet impeccablement ciré, dans laquelle évoluaient encore quelques danseuses et, plus minoritairement, quelques danseurs. Le chasseur décroisa ses bras soudainement, ses doigts volèrent jusqu’à sa clope avant de la laisser tomber au sol et qu’un talon ne vienne abréger son éphémère vie.

Le Jenkins poussa la porte d’entrée et entra dans un long couloir aux murs de verre. Un doux son de clochette retentit, écrasé par la musique qui retentissait dans la pièce à côté. Sur sa droite, un bureau, vide et plongé dans une obscurité relative, dans lequel s’amoncelaient des papiers sur une table, des affiches sur les murs, un escargophone suspendu sur une toute petite étagère. Sur sa gauche, la salle de danse donnant sur la rue, dont les bords étaient aménagés avec des bancs. Au fond du couloir, le borgne nota la présence d’une cloison opaque et blanche avec une seule ouverture au-dessus de laquelle se trouvait une petite pancarte indiquant « vestiaires ».

Clyde se rapprocha de la vitre le séparant de la salle de danse et observa scrupuleusement ce qu’il s’y passait. Les deux demoiselles qu’il avait entraperçues depuis l’extérieur étaient assises sur un banc. Une dizaine d’autres danseuses étaient encore à l’œuvre, bougeant leur corps au rythme de la musique, cassant parfois la synchronisation dont elles faisaient preuve. Au milieu de ces dames évoluaient deux hommes : un jeune vers la fin de l’adolescence, petit et à qui la motivation semblait manquer, si l’on s’attardait sur l’énergie qu’il déployait dans ses mouvements, et un autre, plus grand, plus vieux, plus dynamique et qui faisait face à la petite assemblée, chef d’orchestre qui arrêtait la musique pour corriger une position, faire des remarques, taper dans ses mains, montrer un mouvement, bref, le professeur de danse, Orgo Montenegro.



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Orgo Montenegro



Le chasseur de primes le dévisagea longuement. Difficile de lui donner un âge exact : entre la fin de la trentaine et le début de la cinquantaine, probablement. Il avait les cheveux grisonnants, avec quelques reflets blond vénitien, coiffés en une coupe propre, légèrement plaqués vers l’arrière presque naturellement. De multiples cicatrices couraient le long de son visage, venant même trancher de manière nette dans sa barbe de quelques jours. Le sourire qu’il arborait était bienveillant et charmeur. Vêtu à la fois sobrement et de manière osée, un ensemble noir composé d’un pantalon à la coupe simple et d’une unique veste chic laissée ouverte qui, seule, recouvrait le haut de son corps, laissant largement à nu un torse musclé et bariolé de tatouages imposants. Il en ressortait un certain charme, une certaine harmonie : il était là pour plaire, pour se montrer, pour attirer.

Ses yeux mordorés, derrière des verres de lunettes à la monture noire, finirent par croiser le regard de Clyde. Des yeux perçants, puissants, qui semblaient sonder profondément celui qui les croisait. Le sourire qui illuminait son visage se fana légèrement avant de réapparaître encore plus resplendissant. Une poignée de minutes plus tard, il tapa dans ses mains, clôturant définitivement la séance en félicitant ses élèves. Le chasseur de primes s’approcha de la porte en verre à doubles battants menant à la salle de danse. Il se planta devant, tandis qu’un petit groupe de jeunes gens en sortaient, parlant gaiement. L’œil du Jenkins lorgna sur les corps et les courbes féminines qui passaient près de lui, le frôlant parfois. Le flot humain était obligé de se scinder en deux à cause de la présence de cet obstacle de chair et de sang. Les danseurs se dirigèrent ensuite, redevenant une masse compacte et piaillante, vers les vestiaires avant de disparaître à l’intérieur.

Le regard du borgne retourna se poser sur la silhouette, plus qu’intrigante, du professeur de danse. Ce dernier était en pleine conversation avec deux de ses étudiantes qui n’avaient d’yeux que pour lui. Au bout d’un laps de temps il finit par mettre un terme à la conversation, les gratifiant chacune d’un sourire charmeur avant de les raccompagner doucement, une main sur le dos de chacune de ces demoiselles, vers la sortie.

De nouveau, le regard doré et scrutateur se posa sur la silhouette nonchalante de Clyde Jenkins et s’y accrocha jusqu’à ce que les deux hommes se retrouvent face à face. Montenegro laissa ses deux jeunes étudiantes filer aux vestiaires, les gratifiant d’une ultime douce parole.
- Je peux vous aider ?
Le chasseur dévisagea une nouvelle fois la personne qui s’adressait à lui d’une voix grave et suave. Les lèvres du borgne s’étirèrent en un fin sourire.
- Ouais… Peut-être bien.
Un haussement de sourcils l’invita à poursuivre tandis que les yeux dorés ne le quittaient pas du regard. Pendant un bref instant, Clyde eut une hésitation sur la marche à suivre. Devait-il clairement indiquer qui il était venu chercher ou… passer par une méthode un peu plus subtile ?
- Paraît que les femmes ça aime bien la danse, finit-il par balancer.
- Les hommes sont plutôt minoritaires dans ce domaine, effectivement. Encore que, cela dépend de la danse.
- Nan, je veux dire, elles aiment bien les danseurs ?
Cette fois, ce fut sur le visage du professeur qu’un sourire apparut, et pas des moindres. Le Jenkins continua, d’une voix plus basse :
- C’est que… elles sont pas mal les minettes.
L’entrée en la matière était brutale et flagrante. Finalement, la subtilité s’était vite envolée au profit de la lubricité. Son interlocuteur fronça les sourcils. Jamais un type n’était venu le voir pour parler de ça. Orgo savait bien que ses talents de séducteur étaient connus. Il ne s’en cachait pas vraiment à vrai dire, comme il ne s’embarrassait plus à compter ses conquêtes. Le plus étrange, c’est qu’il arrivait à se rappeler chacune d’entre elles, prénoms y compris.

Malheureusement, Clyde semblait sous-estimer la perspicacité du Montenegro. L’approche était osée, trop osée pour paraître franche du point de vue du danseur. Surtout qu’il avait déjà eu pas mal d’ennuis avec ses multiples relations. Des fois, ça attirait la jalousie, des fois, des maris coléreux… Son regard devint perçant.
- Quel est celui qui t’envoie ?
Le cœur du chasseur manqua un battement. Etait-ce naturel que cet homme soit aussi suspicieux ? Il tenta de le radoucir et de rendormir sa méfiance :
- Hé… Calmos mon pote. Je vois pas de quoi tu parles. Moi ce qui m’intéresse, ce sont les belles courbes.
Le regard d’Orgo sembla se radoucir un peu. Du moins, l’espace d’un instant. Au travers de ses lunettes, ses yeux semblaient encore sonder son interlocuteur. Il resta silencieux un instant, pendant lequel le chasseur de primes sortit un paquet de cigarettes. Il attrapa une clope avec ses dents avant de tendre le paquet en direction de sa proie qui refusa l’offre d’un geste de la main.

Loin d’être naïf, Montenegro relança le borgne :
- Alors quoi ? T’es venu pour mes élèves ?
- On… peut dire ça ouais.
Un rire grave sortit de la gorge du danseur.
- Laisse tomber. Elles n’ont pas besoin de toi, je leur suffis amplement.
Un sourire se dessina sur les lèvres des deux hommes. Narquois pour Orgo, mauvais pour Clyde. Du moins, de prime abord. Pourtant, le blondinet se fit la remarque que ce type lui ressemblait. Un peu. Un peu trop. Cette réflexion l’amusa, en même temps qu’il trouvait un nouvel intérêt à l’individu qu’il était censé appréhender.

Le Jenkins haussa les épaules nonchalamment.
- Oh… je vois. T’es marrant toi. J’t’aime bien.
Le chasseur de primes tourna les talons prestement, non sans un dernier regard en direction des vestiaires. Sa tentative d’approche n’avait pas fonctionné et mieux valait partir maintenant que de s’entêter et de se faire griller. Il leva la main en guise de salut et s’emparait déjà de son briquet dans le but d’allumer sa cigarette.

Orgo Montenegro ne l’entendit pas de cette oreille. Cet inconnu était étrange et il flairait quelque chose. Quelque chose de mauvais. Il le suivit donc, le rattrapant à la porte. Clyde eut tout juste le temps de se retourner, d’apercevoir cette main masculine qui retenait le battant et de lancer :
- Hum ?
Ce fut un coup au visage qui le fit reculer, ou plutôt voler en arrière. Il tomba sur le dos, le briquet qu’il tenait encore à la main glissa quelques mètres plus loin, tout comme la cigarette qu’il avait à la bouche. Le natif des Shabondy eut besoin de quelques secondes avant de lever la tête, un filet de sang coulant depuis son nez. Il contempla la silhouette dressée, immobile et impérieuse qui semblait attendre. Attendre quoi, au juste ? Qu’il se relève ? Qu’il déguerpisse et ne remette plus les pieds dans son établissement ? Cette pensée fit remonter de lointains souvenirs. Lui, le grove vingt-deux, le bar de son père. Cette même posture, ce même regard… Mieux valait ne pas l’emmerder. Clyde poussa un soupir. Voilà qu’il se comparait à Montenegro. Deux fois en si peu de temps…

Le chasseur finit par se relever, doucement, prenant appui sur ses mains, puis sur ses pieds. Une fois debout, il essuya d’un revers de manche et en reniflant le sang qui s’écoulait doucement de l’une de ses narines.
- Alors, qui t’envoie ?
La question était sèche et autoritaire et ne souhaitait pas laisser la moindre petite place à de la négociation. Il savait. Il avait compris. Clyde demeura silencieux, ou plutôt, il prit le temps avant de dire, le sourire en coin sur le bord des lèvres :
- Mais de quoi tu parles mon vieux ? Si tu veux te battre, pas besoin de motif, suffit de demander !
Le métal du canon d’un pistolet brilla dans la main du blond, qu’il était en train de sortir de son holster sous sa veste. Il n’eut même pas le temps de le dévoiler entièrement que déjà, l’autre séducteur fonçait sur lui comme un rapace sur sa proie, une jambe en avant. Cette fois, le chasseur esquiva en se jetant sur le côté et le coup de pied se perdit dans le vide. La chute se fit sans le moindre mal pour le Jenkins. Mais il devait déjà se relever s’il ne voulait pas recevoir un nouveau coup.

Le borgne serra les dents. Visiblement, le gros tas qui lui avait proposé ce « travail » avait omis de mentionner que ce type savait se battre. Enfin, mettre des coups de pied violents.
- Oh… je vois que tu sais danser, lança-t-il à son adversaire narquoisement. C’est bien, pour un prof de danse, non ?
Le pied droit fut esquivé. Mais pas le gauche. Dans une feinte, Orgo avait pris appui sur sa jambe droite pour amorcer un tour sur lui-même en relevant l’autre jambe. Clyde se prit donc le coup au niveau de la cage thoracique, ce qui lui fit lâcher l’arme qu’il n’avait pas vraiment eu l’occasion d’utiliser. Pendant un bref instant, l’air quitta ses poumons sans qu’il ne puisse inspirer. Il suffoqua à peine une seconde, mais l’impression de manquer d’air lui avait semblé durer bien plus.
- Des types comme toi, j’en ai vu défiler des dizaines. Ils ont tous fini étalés sur le sol. A croire qu’ils pensaient être sûrs de gagner contre moi. C’est vrai quoi, un professeur de danse, ça ne sait pas se battre ?
- T’sais que… j’t’aime bien toi.
La voix avait été rauque, les mots simplement soufflés. Mais dits assez fort pour que Montenegro puisse l’entendre. Le Jenkins fut renvoyé au sol avec violence. Il resta couché en maugréant, levant les yeux, enfin l’œil, vers ce satané Orgo Montenegro qui le toisait. Encore. Il avait même l’air tout à fait serein, le bougre. Habitué à ce genre de rencontre musclée. Il épousseta sa veste rapidement, enleva les lunettes de son nez pour les porter à la lumière des néons et regarder l’état des verres avant de les remettre à leur place.
- On dirait que tu as assez morflé. Tu veux pas me le dire hein ? Pas grave, j’irai me renseigner demain.
Là-dessus, il tourna les talons, laissant Clyde dans la poussière, le sang et la douleur. Enfin, c’est ce qu’il pensait.
- Attends.
De nouveau, la voix rauque se fit entendre, un poil éraillée. Finalement, ce type, Clyde l’aimait bien. Il était semblable à lui sur beaucoup de points.
- T’as fait quoi, à la gamine ?
Orgo s'arrêta. Il demeura un instant silencieux avant de tourner sa tête et une partie du haut de son buste en direction du chasseur de primes.
- Laquelle ?
Le sous-entendu aurait pu en choquer plus d’un. Le danseur scruta le regard du Jenkins à la recherche d’un quelconque indice. Il n’arrivait pas à savoir qui était le chasseur. Il avait un côté intriguant, un côté qu’il aimait bien. Un soupçon d’arrogance. Le même que lui. Aussi, voir que sa formulation, et le non-dit qu’elle impliquait ne semblait pas l’émouvoir plus que ça l’invita à continuer la conversation.
Certes, la situation était très étrange. Mais aucun de ses deux protagonistes ne semblait être dérangé. Au contraire même, ils semblaient se respecter, à présent. Etait-ce encore là un signe d’un nouveau point commun ? Et dieu sait que Clyde était doué pour amadouer les gens qu’il respectait. Des gens comme le type qui lui avait bousillé l’œil. Il les intriguait. Et il ne tenait pas rigueur de leurs actes passés.
- Une petite avec un père riche. Comment il s’appelait déjà ? Lewis. Ouais, Lewis. Et elle c’était… Lili ? Non… Lil-
- Lila. Lila Lewis. Je vois.
Un silence s’installa quelques instants. Les deux hommes en profitèrent pour s’étudier. Encore. Finalement, ce fut Orgo qui brisa ce moment de quiétude.
- On est sortis ensemble. Et on a couché. Ça, c’est ce qu’il sait.
Montenegro continua, à voix plus basse mais audible pour son interlocuteur :
- Ce qu’il ne sait pas, du moins pas encore, c’est qu’en plus, elle est enceinte.
Le silence revint. Le professeur de danse tourna pour de bon les talons.

Il ne juge pas. Il n’est pas là pour ça. Ce n’est pas son rôle. Le sourire que Clyde arborait disparu. Il n’allait pas plaindre la fille, il ne connaissait pas toute l’histoire. Pourtant, il ne put s’empêcher de lancer une dernière pique :
- Et ben… ouais, t’es marrant comme mec !
Il ne put malheureusement pas voir le sourire qui se dessinait sur le visage d’Orgo Montenegro. Puis, comme si le chasseur se rappelait soudainement quelque chose, il héla l’autre homme.
- Au fait, je suis pas le seul. D’autres vont venir te chercher des noises. Lewis a fait une offre à quelques chasseurs de primes et probablement des mercenaires. Celui qui te ramène à lui récupère le pactole.
- Pourquoi tu me dis ça ?
- Parce que je t’aime bien.
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Clyde Jenkins
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MessageSujet: Re: Yahoo ! C'est que ça groove ! [Mission]   Yahoo ! C'est que ça groove ! [Mission] Icon_minitimeMar 13 Nov - 21:00

Yahoo ! C'est que ça groove !
Mission Solo
Le coeur et la glace


"Whenever dark has fallen
You know the spirit of the party
Starts to come alive"
George Benson – Give Me The Night

Give Me The Night - George Benson


Les deux verres s’entrechoquèrent.
- A ta santé, Lila !
Orgo Montenegro venait de parler fort, essayant de couvrir le bruit de la musique. Son regard se dirigea vers une toute jeune femme d’à peine dix-huit ans, aux doux yeux de biche et à la longue chevelure vert sombre. Elle portait un bijou de front doré et des boucles d’oreille en argent. Un sourire timide vint éclairer son visage. Un visage angélique, la beauté d’une reine, et ce qu’il semblait être de la timidité. Elle était magnifique, jeune, et avait de quoi attirer le regard de la majorité des hommes. Lila Lewis.



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Lila Lewis

- A votre santé, fit une voix grave.
Princesse. Ce fut le nom qui fut le premier à venir pour caractériser cette demoiselle, du point de vue de Clyde. Une nouvelle fois, un sourire apparut sur le visage de Lila, accompagné d’un léger rosissement sur les joues et d’un regard fuyant.

Après la rouste qu’avait subi Clyde par Montenegro, et le petit échange qui avait suivi entre les deux hommes, ils avaient pu tous les deux faire le même constat : aussi étrange que cela pouvait être, ils s’appréciaient. Pour la majorité des gens, il était inconcevable de ne serait-ce que vouloir dialoguer avec un type qui venait de vous mettre une bonne déculottée. Et il était tout aussi inconcevable de prendre le temps de discuter avec l’homme qui essayait de vous piéger et de vous ramener à un commanditaire ayant les moyens de vous tuer.  Et pourtant. Le lendemain de cette aventure, Clyde avait pris le pari de venir rendre visite une nouvelle fois à sa proie, où devrait-on dire, à son ancienne proie. Il laissait tomber l’offre de Lewis, Orgo l’intriguait bien trop de manière positive. Ils finirent au bar tous les deux, à enchainer les verres jusqu’à ce qu’aucun des deux ne marche plus très droit. Le danseur tenait tout aussi bien la boisson que le Jenkins. Encore un point commun. Ils avaient passé la soirée à parler d’eux, à échanger des anecdotes plus ou moins croustillantes, sur leur vie, les femmes qu’ils avaient rencontrées, celles qui avaient fini dans leur lit. En somme, ils étaient devenus des amis. Ou à défaut, des compagnons de beuverie. Et ils remirent ça trois soirs d’affilé. Jusqu’à ce soir fatidique où Orgo emmena Clyde dans un bar branché du coin et lui présenta Lila.
- Alors, comment ça se fait que tu sois avec lui ? interrogea Clyde. J’veux dire… Ton père veut le-
- Mon père veut tout décider pour moi. Il me voit encore comme une petite fille. Je ne veux plus de ça. Je veux vivre, tomber amoureuse, avoir une famille… Je veux qu’il me lâche la grappe.
Le chasseur fut surpris par la voix froide qui était sortie de cette si jolie et si innocente bouche et qui démontrait tout l’agacement qu’elle avait. Son œil bleu passa du visage de la jeune femme à celui de son compagnon.
- Lila veut partir. Loin d’ici, loin de son père et de son emprise, loin de son île natale. Je vais aller avec elle et voilà. On va probablement s’installer sur Grand Line. Si un jour tu veux passer nous voir, Clyde…
L’interpellé éclata d’un grand rire.
- Je n’y manquerai pas, mon vieux !
Orgo s’éclipsa quelques instants, laissant le blond et la verte en tête-à-tête. Ce fut l’occasion pour le borgne de poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis quelques minutes :
- Mais… il s’est casé, Orgo ? Ou il continue de courir après d’autres filles ?
La demoiselle répondit d’abord par l’un de ces sourires timides dont elle avait le secret.
- Il continue de séduire, finit-elle par dire. Il est comme ça, on ne le changera pas. Mais il ne va jamais plus loin, il est honnête avec ça. Il aime plaire, il aime qu’on le puisse le voir. Et il m’aime.
Clyde la dévisagea lentement. Tandis qu’elle laissait le silence s’installer, le regard bleu glacé du borgne dériva sur son environnement. Autour d’eux, d’autres tables, enfin, d’autres blocs. De la musique était présente mais personne ne dansait. Pourtant, il y avait bien un coin aménagé en piste de danse. La lumière émise par de multiples projecteurs éclairait la pièce en bleu et magenta, à la fois passant légèrement au travers de la glace et se réfléchissant dessus, laissant des endroits plongés dans la pénombre. Oui, de la glace. C’était la particularité du lieu, qui en faisait un endroit prisé : le gérant avait aménagé la salle, avait fait installé des systèmes pour refroidir l’air, avait quelques immenses chambres froides et avait embauché quelques artistes qui avaient adoré son idée : créer un bar de glace où même les tables étaient d’énormes glaçons sculptés. La température ambiante avoisinait les zéros degrés, de quoi conserver le mieux possible cet environnement atypique.

Montenegro finit par revenir au moment où cinq hommes faisaient irruption dans l’établissement. Instantanément, le regard de Clyde fut happé par ce mouvement de foule. Et il ne put que remarquer les reflets de lumière sur le métal des lames et des canons d’armes à feu qu’ils tenaient à la main, prêts à s’en servir et son visage se décomposa instantanément.
- Oh merde…
Orgo était encore loin, valsant au milieu des tables pour rejoindre ses deux compères. Il capta le regard de Clyde au moment où la gueule d’un pistolet pointait dans sa direction.

La main gauche se précipita dans le holster serré contre le flanc droit avant d’en extraire un Sig Sauer. L’autre main libre du chasseur attrapa avec force le bras de Lila qui, avec un cri de surprise, dut suivre le mouvement. Clyde la tira vers le sol, l’intimant par ce geste à se coucher derrière le gros bloc de glace servant de table, la mettant hors de danger pour l’instant. Parallèlement, la première balle fusa, la détonation étouffée très sommairement par la musique et le brouhaha ambient. Le bruit sourd se fit quand même entendre, notamment par les clients les plus proche du groupe de nouveaux venus, qui se levèrent en hurlant et commencèrent à évacuer la salle.

Ce fut ensuite la panique totale. Les gens se levaient sans trop comprendre, hurlaient dans tous les sens. Orgo avait disparu dans la foule, le Jenkins n’arrivait plus à le voir. Il s’était relevé pourtant, espérant, en gagnant quelques dizaines de centimètres de hauteur, avoir une meilleure vue. Il se fit presque instantanément poussé, avalé par la masse humaine qui semblait l’emporter avec elle. Il dut lutter, tenir bon, s’accrocher au dossier d’une chaise tout en jetant un regard à la jeune Lewis, toujours couchée au sol et qui s’était roulée en boule, dos à l’agitation et essayant tant bien que mal de protéger son ventre et le fœtus qui grandissait à l’intérieur.

Le borgne fit un pas pour se retrouver vers la demoiselle et se baissa à nouveau en essayant de la surplomber, essayant de faire rempart avec son corps entre elle et tout ce flot humain, le temps que l’agitation cesse.

Enfin, les derniers clients finirent par sortir. Enfin, ceux qui avaient bien eu le courage de prendre la poudre d’escampette. Dans un coin sanglotait une autre jeune femme, prostrée contre un mur, accroupie et la tête enfouie entre ses genoux. Près d’elle, un homme tout aussi jeune qu’elle tentait de la rassurer et de la faire taire, même si il semblait ne pas en mener bien large.

Le chasseur de primes risqua un coup d’œil à son environnement. Sous les lumières bleues et violettes, l’endroit, déserté, semblait suspendu dans le temps. Les boissons encore dans les verres, certains de ces derniers avaient été renversés dans la précipitation, le liquide qu’ils contenaient s’était étalé sur les tables et gouttait avec des « plocs » qui semblaient résonner bien plus que la normale dans la salle presque désormais silencieuse. Même la musique s’était arrêtée. Tout était abandonné, et tout était doté d’une ambiance atypique et glauque. L’air respirait la catastrophe, la tragédie.

Et au milieu de tout ça, hormis les quelques personnes tapies dans la peur et attendant que tout se termine, hormis le groupe qui avait fait irruption occasionnant la panique, hormis Clyde et Lila… Aucune trace d’Orgo. Pas même au sol.

Le natif des Shabondy eut un soupir de soulagement et la pression qui étreignait inconsciemment sa cage thoracique s’évanouit. Certes, il ignorait où il se trouvait et si la balle l’avait touché, mais au moins l’attaque n’avait pas été mortelle. Enfin pas pour l’instant.
- Alors, connard de mes deux, tu te caches où ?
L’interrogation, vociférée, provoqua un sursaut chez tous ceux qui se trouvaient encore dans l’établissement, y compris Clyde. Ils ne semblaient pas rigoler, ces types. Seul le silence lui répondit.
Le Jenkins sentit soudainement une pression sur son bras. Il baissa instantanément le regard, intimant par la même occasion avec son index le silence. Lila lui jeta un regard mi-effrayé, mi-courageux.
- Ça va aller, lui chuchota Clyde.
C’était presque étonnant que le chasseur joue la carte de l’homme qui rassure une donzelle. Surtout que celle-là était déjà prise. Mais justement. Il considérait depuis quelques jours Orgo comme son ami, et en tant qu’ami, même si il s’avérait parfois, si ce n’est souvent, dans son attitude ou ses paroles, être un connard, Clyde Jenkins suivait ses principes. Et veiller sur les siens en faisait partie.

Il leva prudemment la tête. Les cinq hommes s’étaient déplacés, investissaient l’espace, fouillaient, sous les chaises, derrière les blocs formant les tables, derrière le comptoir. Heureusement, Lila et le Jenkins étaient bien plus au fond de la salle, pour l’instant.

Le chasseur cherchait un plan. Son cerveau fonctionnait à toute vitesse. Il jeta un coup d’œil sur Lila, puis sur les issues qui s’offraient à sa vision. Elles étaient au nombre de trois : la porte par lesquels les hommes étaient entré, qui était l’entrée officielle de l’établissement pour les clients, une issue de secours à mi-chemin si l’on s’en fiait à l’écriteau, et enfin, une dernière porte, derrière laquelle se cachait sans doute des pièces réservées au personnel. Enfin, plus une cachette qu’une issue, juste à côté de cette dernière porte se trouvait les toilettes.

Quatre. C’était le nombre de portes total, mais aussi le nombre de possibilités de l’endroit où Orgo pouvait se trouver. De nouveau, l’œil bleu glissa sur les cinq hommes. Que pouvait faire Clyde dans cette situation ? Rien. Rien sans mettre en danger Lila. D’ordinaire il ne s’en serait pas soucié. Elle n’aurait été qu’une inconnue, une rencontre d’au plus quelques heures. Seulement, le lien qui les soudait était plus fort. Il se devait de la protéger. Elle et l’enfant qu’elle portait.

Alors, après avoir hésité quelques instants supplémentaires, après avoir vu un sabre trancher complètement un bloc de glace, il poussa doucement Lila vers le jeune couple effrayé et leur fit comprendre qu’il leur confiait la demoiselle. Puis, il eut une idée. A quatre pattes, il se faufila entre les tables, avança vers le jukebox qui jouait la musique. Il ne savait pas trop comment fonctionnait ce truc, technologiquement parlant. Enfin il ne s’en formalisa pas, il appuya sur l’un des boutons au hasard. Un petit déclic se fit entendre, un son scratché et les premières notes sortirent de l’appareil.


Rasputin - Boney M



Clyde fila aussitôt se poster derrière une table cubique. L’arme toujours prête à la main. Il sortit même son deuxième pistolet, et attendit.
- C’est l’heure de danser.

*

Orgo Montenegro serra les dents. Ils ne l’avaient pas loupé, les cons. Enfin, il relativisa : ça aurait pu être pire. Il continua d’appuyer sur sa blessure avec un torchon avant de risquer un bref coup d’œil. Le sang commençait à coaguler, c’était plutôt bon signe. Touché à l’épaule gauche, il s’était réfugié dans les toilettes. Premièrement, ses pensées s’étaient tournées vers Lila : est-ce qu’elle allait bien ? Avait-elle peur ? Pourvu qu’ils ne lui fassent rien…

En théorie, et c’était ce que le danseur pensait, ces cinq types étaient venus pour lui. Un sourire lui échappa lorsqu’il émit l’hypothèse que c’était le père de Lila qui les avait engagés, comme Clyde le lui avait annoncé quelques jours auparavant. Son ami n’avait pas été le seul à être convié à rapporter sa tête à Lewis père.

Alors qu’il cogitait, cherchant un moyen de se sortir de ce guet-apens dans lequel il s’était lui-même fourré, il entendit résonner dans la salle d’à côté de la musique.

Prenant appui sur le mur contre lequel il s’était adossé, Montenegro se releva et jeta le torchon imbibé de sang au sol. Son épaule était douloureuse et inutilisable. Mais il n’en avait pas besoin. Sa main se posa sur la poignée de la porte.
- Que le show commence.

*

L’œil de Clyde disparut un court instant sous la paupière, le temps d’un clignement d’yeux. Temps qui suffit à Orgo Montenegro pour tourner la poignée de la porte derrière laquelle il se cachait et pour pousser un peu le battant… avec un grincement tout juste étouffé par la musique. Avec un très léger temps de réaction, le plus proche des mercenaires, ou chasseurs de primes, enfin ceux qui en avaient de toute évidence après le danseur indiqua le battant en train de pivoter.

La réaction immédiate fut une salve de balles qui vinrent cribler de trous le mur et la porte.
- Putain… chuchota le Jenkins. Ils rigolent pas.
Et il avait raison d’être étonné. Si Lewis lui avait donné la consigne de lui ramener Montenegro vivant, il n’était pas sûr… non, en fait, il était même sûr qu’ils n’avaient pas eu le même ordre. Ou alors, ils étaient vraiment très cons. Quoi qu’il en soit, le battant à présent troué, continua sur sa lancée, dévoilant l’entrée des toilettes déserte.

Un soupir de soulagement se fit entendre dans un coin et le borgne devina sans peine une Lila soulagée de ne pas voir le cadavre de son amant.

En parlant de la demoiselle… l’idée de prévenir ces hommes que Lewis fille se trouvait présentement dans la salle et qu’ils la mettaient en danger lui effleura l’esprit. Mais le natif des Shabondy se ravisa très vite : il ignorait comment allaient réagir ces hommes si lui, Clyde, leur apprenait la nouvelle. Serait-il classé comme complice d’Orgo ? Allait-on tenter de le tuer aussi ?

Car il n’avait plus de doute en entendant et en voyant une nouvelle rafale de balles traverser la salle, percutant et faisant voler en éclats verres, coins de table en glace, murs, le tout sous les reflets bleus et magenta. Une fois les nouveaux tirs terminés, les cinq hommes s’avancèrent en direction des toilettes.
Il devait faire quelque chose. Montenegro allait se retrouver pris au piège et Clyde doutait qu’il soit à l’épreuve des balles. Deux cliquetis se firent à peine entendre du côté du blond. Simultanément, il venait d’enlever le cran de sûreté de ses deux Sig Sauer. Et sans perdre plus de temps, il tira dans le groupe.

Les trois premières balles firent mouche, ou presque. La première troua un large pan de veste sans plus de mal, la seconde se ficha dans une cuisse et la dernière frôla le haut d’un crâne. Le reste se lova à l’arrière de la salle, entrainant dans son sillage des tintements cristallins et des cadavres de verre, de bouteilles, des éclats de glace, tout ce qui pouvait obstruer le chemin mais qui n’était pas assez solide pour résister à la vitesse des projectiles.

Il y eut un bref instant de flottement au sein du petit groupe, le temps de comprendre ce qui leur tombait dessus. Puis ils se jetèrent plus ou moins à l’abri, plongeant derrière les tables et se dissimulant ainsi à la vue de Clyde.

Le chasseur en profita pour faire de même. Il jeta un regard vers l’arrière, où se trouvaient en retrait derrière un mur épais et les laissant hors de portée des tirs Lila et les deux autres jeunes gens. Ils le regardaient avec un air inquiet, le jeune homme une main sur la bouche de sa compagne pour l’empêcher de hurler. Des larmes coulaient sur les joues de celle-ci.

Le borgne, d’un simple geste, débloqua le verrou de ses chargeurs qui tombèrent au sol, vide, pendant qu’il lâchait l’une de ses armes pour aller fouiller ses poches à la recherche de chargeurs pleins.
Des tirs nourris tentèrent de le cueillir, se heurtant fort heureusement à la masse de glace derrière laquelle il s’était réfugié. Quelques dizaines de secondes plus tard le blond était prêt à répliquer.

Tous étaient concentrés, et tous, à part Clyde qui avait agi dans le but de détourner l’attention, avait presque oublié la cible première de l’attaque : Orgo Montenegro.

Et justement, au milieu de tout ce bazar, le danseur jeta un coup d’œil furtif, replié comme il était derrière le mur criblé de balles des toilettes. La musique emplissait la pièce, se mêlant aux détonations sourdes des armes à feu. Les tirs n’étaient plus dirigés vers lui, tout comme l’attention des cinq inconnus armés. Le Montenegro en profita pour se glisser discrètement en dehors de la pièce et longea le mur pour se retrouver bien vite à hauteur des ennemis, le jeu de lumières aidant le séducteur à se faire discret. Un spot bleu l’éclaira momentanément et il se figea. Finalement, un premier homme tourna la tête vers lui, mais Orgo fut plus prompt à réagir. Il lui décocha un coup de pied dans la mâchoire qui envoya le pauvre énergumène à terre, sonné, du sang sur le pantalon et un garrot au niveau de la cuisse. Le bruit de la chute résonna en même temps qu’une note grave dans le morceau de musique. Aussitôt, deux autres têtes se tournèrent vers lui, attirés par le soudain mouvement dans leur vision périphérique.

Clyde, lui, avait vu la silhouette athlétique de son camarade esquisser une fuite le long du mur. Un sourire apparut sur les lèvres du borgne. Son plan fonctionnait. La musique couvrait d’éventuels bruits, perturbait les sens de tout le monde, la lumière, sans cesse en mouvement, endormait leur vigilance quant à d’éventuelles surprises…  Aussi, lorsqu’il remarqua qu’Orgo s’approchait de sa ligne de mire, il cessa de tirer et en profita pour changer de chargeur même si ceux qu’il avait actuellement n’étaient pas vides, prêt à couvrir le Montenegro. Voyant que le danseur entamait, peut-être un peu forcé par la situation, ce qui semblait être un combat, le Jenkins se releva d’un bond, abandonnant l’un de ses deux pistolets au passage, prit appui d’une main sur le bloc de glace et passa par-dessus, essayant de se rapprocher le plus vite possible de tout ce petit monde prêt à en découdre.

Des quatre inconnus armés restants, un seul tint en joue le danseur : celui qui était le plus près, celui qui n’avait pas ses compagnons dans la trajectoire et qui ne pouvait pas les blesser avec une balle. Les trois autres n’eurent d’autre choix que, soit se décaler, soit tirer les sabres et les poignards des ceintures et de s’adonner au corps-à-corps. Les deux choix qui s’offraient à eux ne les attiraient pas vraiment. Ils étaient toujours à portée de balle pour le borgne et se méfiaient des talents combatifs du professeur de danse. Ce n’était pas pour rien qu’il n’avait subi pas de représailles pour ses multiples conquêtes : quand un type lui tombait dessus pour lui apprendre la leçon, il en ressortait vainqueur.

Deux d’entre eux optèrent pour la deuxième solution et dégainèrent une longue lame effilée chacun, tandis que le troisième acolyte, encore hésitant, garda son pistolet avant de se tourner vers le borgne.
Le natif des Shabondy n’attendit pas le premier coup de feu pour réagir. Il tira du seul Sig Sauer qu’il lui restait entre les mains, sans prendre le temps de viser plus précisément que la silhouette à laquelle il souhaitait faire des dommages. La balle crachée par le canon se logea dans le bras qui tenait le flingue. Le hurlement de douleur fut étouffé par les basses de la chanson qui jouait encore.

Montenegro, après une sorte de pas chassé, décocha un coup de genou, envoyant valser le dernier revolver menaçant. Il grimaça l’espace d’un instant, ayant sollicité les muscles de son épaule pendant une seconde.

Les trois mercenaires n’ayant pas reçu de plomb dans le corps se jetèrent sur lui. Clyde, qui en avait profité pour se rapprocher davantage, en attrapa un juste à temps à la gorge pour le forcer à reculer. Le geste, brusque et puissant, déstabilisa quelque peu cet ennemi, qui pivota pour se retrouver face au borgne. Borgne qui n’attendit pas et envoya une bonne vieille droite à son adversaire avant de coller le canon de son Sig Sauer sous le menton du pauvre type et d’appuyer sur la gâchette.

Son cache-œil se retrouva faiblement moucheté de rouge carmin. L’œil visible de Clyde, quant à lui, se riva sur Orgo qui peinait à ne pas utiliser son épaule blessée : même si le chasseur n’était pas un expert, les gestes peu naturels qu’effectuait parfois son ami trahissaient le fait qu’il ne pouvait utiliser toutes ses capacités de combat. Pour autant, le Jenkins n’était pas tellement effrayé par la perspective de voir le Montenegro affaibli : il avait lui-même subi ses coups et il pouvait en témoigner, ses jetés de jambes étaient redoutables.

Les pieds du danseur glissaient sur le sol, enchainant les mouvements d’une chorégraphie improvisée, parfois saccadée en raison des restrictions de mobilité du haut du corps. Ils avaient même l’audace de caler leur rythme sur celui de la musique qui était jouée. Les spots illuminaient de temps à autre les chaussures, les faisant resplendir et se donner en spectacle. La piste était à elles. La piste était à eux. La piste était à lui. Orgo Montenegro.
- C’est tout ce que vous avez dans le ventre ?
Provocateur. Comme Clyde Jenkins. Il se glissa entre les deux sabres qui voulaient le pourfendre en esquissant un pas de danse qui le jeta sur le côté avant de pivoter sur un pied et d’envoyer un coup horizontal avec le second puis de reculer d’un pas et de se stabiliser. Son dos vint heurter un autre dos, celui du Jenkins qui en profita pour lui lancer :
- Alors, c’est mon cours de danse, ça ?
Un sourire illumina les deux visages de séducteur simultanément. Et, avec une synchronisation parfaite, ils tournèrent, dos contre dos, laissant Clyde se retrouver là où se tenait Orgo quelques centièmes de seconde plus tôt. Clyde et le canon noir de son Sig Sauer prêt à tirer. Ce qu’il fit, et sans retenue, arrosant les deux tueurs restants et les criblant de plomb, signant sans doute leur arrêt de mort : il aurait été bien difficile de les rater à cette distance, surtout que tous deux avaient le torse à découvert.

La musique s’arrêta à l’instant où la dernière balle fut tirée, laissant régner dans la salle un silence de mort, entrecoupé par les sanglots lointains de la jeune inconnue près de Lila. Aussitôt, Clyde se tourna vers son camarade.
- Rien de cassé ? demanda-t-il en balayant du regard la silhouette du danseur.
L’interrogé lança un sourire rassurant et assuré avant de poser une main sur le haut de son épaule blessée.
- Je vais vraisemblablement m’en sortir. Où est Lila ?
Son regard perçant examinait déjà son environnement, se posant rapidement sur les corps immobiles et ceux qui s’agitaient encore de douleur, gisant à droite à gauche. Enfin, il aperçut un morceau de chair d’une tête qui épiait derrière un mur et il reconnut de suite sa chère et tendre du moment. Immédiatement, il enjamba les cadavres, humains comme de verre, baigné dans la lumière magenta produite par un spot qui semblait suivre sa trajectoire. Et, arrivé à destination, sans un regard pour le couple terrorisé encore présent, le danseur se baissa en serrant les dents et en s’efforçant de masquer la douleur. Il tendit ensuite la main en direction de la jeune Lewis et la tira doucement vers lui avant d’amorcer un demi-tour, l’enjoignant à le suivre et à partir de cet endroit. Clyde, après avoir jeté un dernier regard aux cinq hommes qui les avait attaqués, suivit le duo.


Épilogue


"Tonight
I just want to take you higher
Throw your hands up in the sky
Let's set this party off right"
Bruno Mars – 24K Magic

24K Magic - Bruno Mars


Ils s’étaient retranchés dans la chambre que louait Clyde. A deux, ils avaient réussi à extraire la balle du corps d’Orgo et avaient désinfecté et pansé la plaie comme ils le pouvaient.
- D’autres vont venir, Orgo. Ils te lâcheront jamais la grappe
- Je sais, Clyde. C’est prou ça qu’on part. Mais pas maintenant.
- Comment tu vas faire en attendant ? Comment vous allez faire ?
Le silence suivit la question posée par le chasseur de primes. Combien d’hommes viendraient, la prochaine fois ? Ils seront peut-être plus féroces, plus cruels que les derniers.
- J’ai besoin de quelques jours. Une dizaine. Après on part.
Orgo Montenegro fit une pause. Son regard passa de Lila au borgne.
- J’ai besoin de toi, Clyde.
Au premier abord, on aurait pu dire qu’il souhaitait un garde du corps. Mais c’était mal connaître Orgo Montenegro. Avec un large sourire, il continua :
- Une leçon de danse, ça t’intéresse toujours ?

*


Douze jours plus tard…


Uptown Funk - Mark Ronson feat. Bruno Mars



La pénombre. Puis la lumière. Encore la pénombre. La lumière, qui resta un petit instant avant de glisser et d’illuminer un groupe de personnes immobiles. Au même instant, les premières notes retentirent, répétitives et posant le rythme. Aussitôt, quelques cris provenant de la foule et quelques applaudissements d’encouragement se firent entendre.  Un bref mouvement, de ces silhouettes baignées dans la lumière qui redevinrent immobiles. Puis un autre. Au son de la musique. Peu à peu, les statues s’éveillèrent totalement, ou plutôt, les danseurs, au nombre de cinq, s’activèrent. Trois femmes et deux hommes. Trois jeunes demoiselles, légèrement en retrait, Orgo Montenegro et… Clyde Jenkins évoluaient sur scène. Car c’était bien sur une scène qu’ils étaient en train d’évoluer, devant un public enthousiasme, encourageant son collectif de danse préféré. Car oui, il s’agissait d’un concours de danse. La raison qui avait encore retenu Orgo sur Mirror Ball, et surtout, la récompense qui le poussait à se surpasser : une petite somme d’argent qui pourrait lui assurer une installation confortable en compagnie de Lila sur une nouvelle île.

Clyde avait subi un entraînement intensif. Dix jours au total pour apprendre une chorégraphie au complet. Quatre minutes de pas, de gestes, à connaitre sur le bout des doigts, à caler sur le bon rythme. Jamais le chasseur n’aurait pensé un jour participer à ce genre de choses. Et lui, plutôt que de s’en offusquer, ça le faisait marrer. En plus, là, ce soir, il arrivait à discerner, de temps à autre, lorsqu’un spot éclairait furtivement le public, le regard de toutes ces demoiselles…  

Certes, dix jours étaient insuffisants pour acquérir autant d’expérience qu’avait réussi à emmagasiner le Montenegro pendant des années de pratique. Aussi, parfois, le Jenkins était un peu à la traîne ou se trompait dans les mouvements. Mais cela n’enlevait pas le charme et l’énergie de la danse. Orgo, lorsqu’il avait pensé la chorégraphie, avait même réfléchi à ça.

Dès que le couple aurait quitté l’île, à savoir peu de temps après le concours, Clyde mettrait les voiles à son tour, sans oublier de garder contact avec le danseur. Il l’aimait bien, ce type. Aussi amoureux des femmes que lui, aussi arrogant, aussi élégant… Une version différente de Clyde Jenkins. Peut-être la version que sa mère aurait aimé avoir comme fils plutôt que l’homme qu’il était devenu.

En sueur, ils finirent par s’immobiliser alors que la musique terminait. Les applaudissements redoublèrent. Il serait bientôt temps de dire au revoir à son désormais ami. La lumière s’éteignit alors plongeant la scène et la salle dans l’obscurité, signalant la fin de la prestation.
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