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 Histoires de famille.

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MessageSujet: Histoires de famille.   Ven 5 Oct - 16:07




Thalassa Yang, patriarche des Thalassa, et Sutcliffe Alphonse, entrepreneur fortuné.

-C'est inadmissible. Ce sont vos petits-enfants qui ont semé dans son esprit des habitudes aussi puériles et un comportement aussi opiniâtre, Yang. Vous ne devriez pas laisser vos enfants entraîner Ning sur une piste aussi guerrière. Elle est une jeune femme d'une belle famille, elle devrait se marier et s'occuper de son foyer, comme son nom le laisse entendre.
-Allons, Alphonse, conservez votre sang froid. Les sermons n'avanceront à rien. Je suis convaincu que Destiny a une bonne raison de se montrer aussi récalcitrante. L'éducation de Ning, quant à elle, ne vous concerne pas.

L'Étoile tempérait, jouait la carte de la diplomatie, mais ce foutu Alphonse Sutcliffe était, en l'occurrence, pareil à un caniche. Il n'en démordait pas, continuait ses inlassables remontrances, comme s'il était tout-à-fait naturel d'adresser à l'un des plus prestigieux gouvernementaux un discours aussi professoral. Certes, le comportement de Destiny était absolument insouciant, sinon irrespectueux : ses fugues répétées plaçaient sa famille dans un inconfort croissant, puisque sa sécurité était l'une des innombrables priorités qui incombaient aux agents du Gouvernement Mondial. Si des criminels ou pire, si Centes Decima parvenaient à lui mettre le grappin dessus, elle risquait d'être utilisée à de sinistres fins. Une rançon pouvait être demandée afin de garantir sa survie et sa sécurité, elle pouvait amener certains de ses proches dans un piège aux conséquences désastreuses... Yang, de surcroît, aimait sa petite-fille d'un amour sincère : elle était tout ce qui demeurait de sa propre fille, sa seule fille. Oh, bien sûr, il vouait à ses fils une affection infinie, mais il avait toujours entretenu avec Ling une relation d'autant plus passionnelle. Et Destiny, et bien... Était sans nul doute possible son portrait craché. Lorsqu'il voyait dans ses yeux s'animer une lueur farouche et colérique, il repensait aux innombrables fois où sa fille, semblable à une furie, lui avait tenu tête envers et contre sa renommée, l'autorité qu'il inspirait, le charisme qu'on lui connaissait. Elles faisaient toutes deux partie de ces inconséquents qui ne n'accordaient aux conventions qu'une admiration toute relative : elles voulaient être les seules maîtresses de leurs destins et ceci était, considérant leur position, une démonstration éclatante d'une détermination infaillible.

Alors, quand on avait appris que Rang avait réussi à récupérer Destiny et que son navire était sur le point d'arriver à Mariejoa, du beau monde s'était immédiatement rassemblé dans l'un des plus luxueux bureaux qu'occupait fréquemment l'Étoile. Alphonse, évidemment, son père, qui ne décolérait pas et semblait vouloir inculquer à sa fille une belle leçon dès qu'il la retrouverait. Yang, bien entendu, qui affichait sa mine austère et essayait de modérer les propos et les pensées de son gendre, sans pour autant lui donner tort : le comportement de sa petite-fille était effectivement préoccupant et risquait, à terme, de leur jouer des tours. Nathanael Winch, le célèbre chef de la Garde locale, avait été chargé en personne de guider le noble Sutcliffe au travers des dédales de couloirs du titanesque palace de Mariejoa, plus vaste édifice construit par l'homme tout au haut de Red Line : il demeurait, soumis à ses obligations, figé dans un coin de la salle, procédurier au possible. Vang, le fils cadet de Yang, et son plus proche conseiller, demeurait quant à lui silencieux, debout, aux côtés de son paternel. Et Zang, enfin, l'aîné, la brute, l'ancien amiral, observait cette situation avec un sourire sardonique aux lèvres, comme s'il semblait être, parmi toutes les personnes regroupées à cet instant précis, le seul que les échanges qui s'annonçaient enthousiasmait profondément. Aussi, lorsque la porte d'entrée fut enfin repoussée, tout ce beau monde se figea : exception faite de l'aîné qui, précisément, laissa s'échapper de sa bouche entrouverte un ricanement pareil à un grincement de bien mauvais augure...



Thalassa Rang et Sutcliffe Destiny.

Le gigantesque colosse à l'air pataud fut le premier à pénétrer dans la salle. Sa stature, encore plus imposante que celle de son paternel assis à son bureau, jeta sur l'ensemble des silhouettes présentes une ombre austère et tranquille. Il était suivi de près par ses deux fils, Cang et Aang. Le premier, l'aîné, demeurait aussi serein que son père lui-même... Tandis que le second, de son côté, arborait un sourire provocateur, et apparaissait finalement comme étant plus proche de Zang que de Rang. Demeurait, en dernière position, la jeune et frêle Destiny qui fit de son mieux pour n'adresser à Alphonse qu'un regard en biais. Cette désinvolture affichée sembla courroucer ce dernier qui, n'écoutant sans nul doute que son instinct paternel, se mit à avancer à pas empressés en direction de sa progéniture. Qu'il voulut lui persifler quelques remontrances ou lui admonester un soufflet, son chemin fut néanmoins barré par la stature monumentale de Rang qui, implacable, s'immisça sur sa trajectoire en lui décernant un regard placide et des paroles qui l'étaient tout autant, quoique teintées d'une fermeté claire et assumée.

-Restez à votre place, pour l'heure, Alphonse. J'ai des choses à vous dire.
-Rang... Comment osez-vous ! C'est de ma fille dont il s'agit... Son éducation est...
-Bâclée. Au mieux. Vous n'avez su lui procurer, jusqu'à présent, que des ennuis et des tourments. Cette pauvre enfant mérite mieux. Elle mérite d'être heureuse. Et tant que vous l'empêcherez de l'être, vous ne vous occuperez plus d'elle.
-Vous... Vous avez perdu la tête...
-Rang ! A quoi est-ce que cela rime ?

L'Étoile avait aboyé et, comme à l'accoutumée, tous écoutèrent et se turent, Alphonse y compris. Non sans un soupir nonchalant, le titanesque Rang ainsi interpellé pivota lourdement puis, de ses pas lents, vint se placer face à son paternel qui, même debout, aurait probablement été dépassé de deux généreux mètres. Si ce tableau aurait pu couvrir Yang de ridicule, tant il paraissait fragile et décrépit comparativement à son imposante progéniture, le respect qui couvrait le visage de ladite progéniture laissait entendre que la taille ou la carrure n'étaient que des données très superficielles, en l'occurrence... Les mots, à leur tour, vinrent appuyer ce constat puisque même si les propos du plus jeune des deux gouvernementaux figea le paternel dans une posture incompréhensive et stupéfaite, ils furent toujours emprunts d'une déférence que rien ne semblait pouvoir égratigner.

-Père... Il se trouve que je souffre d'avoir perdu ma sœur. La mort de Ling fut ma plus grande tragédie et la seule dont je porte encore aujourd'hui les stigmates. Destiny est sa fille. Elle est sa chaire, son sang, et son esprit. Je ne suis que son oncle, c'est vrai... Mais je préoccupe infiniment plus de son bonheur que son propre père. Et je ne laisserai plus jamais personne lui dicter sa conduite. Pendant des années, je me suis tu, essayant de me convaincre que le destin que vous lui traciez était le plus souhaitable pour lui assurer un avenir radieux... Je ne le ferai plus. Père, si vous voulez continuer à lui présenter d'immondes prétendants pour la transformer en potiche au foyer, au service d'un mari qui ne l'aimera que pour son nom... Vous devrez, au préalable, me passer sur le corps.
-Putain de merde, il l'a dit.

Ce fut Zang qui rompit le silence religieux qu'imposa la tirade de Rang : son sourire déjà carnassier s'agrandit encore, sembla décupler. A la vérité, il était conscient d'un état de fait que nul, probablement, ne mesurait aussi pertinemment que lui : personne, dans cette pièce et même à Mariejoa, ne pouvait passer sur le corps de Rang dans de telles conditions, en combat solitaire. Pas même lui. De toute manière, Yang aimait trop ses enfants pour envisager une telle fin : c'était un coup de poker que le colosse venait de mettre en avant, mais un coup de poker dont la conclusion était déjà connue d'avance. Elle était victorieuse. Semblant finalement prendre conscience de ceci après un moment de réflexion, Alphonse blêmit : il orienta vers Destiny un regard perdu, et elle tâcha, farouche, de l'ignorer prodigieusement. L'Étoile, de son côté, demeura muette, comme totalement et irrémédiablement soufflée par les propos audacieux de son fils. C'était sans doute là le plus brillant des coups d'éclats de toute la carrière de Rang : réussir à faire taire l’inénarrable et spirituel Yang Thalassa... Finalement, les dents du Sutcliffe se mirent à grincer. Nathanael, Zang et Vang, les observateurs les plus assidus, purent alors le suivre du regard tandis qu'il se précipitait droit vers sa fille, semblant vouloir s'en emparer dans les délais les plus brefs... Mais Cang et Aang, sages et disciplinés, s'interposèrent et le dardèrent de regards si incandescents qu'il se figea momentanément. Ils prirent la parole, chacun avec le ton qui leur convenait le mieux : le premier, diplomate et courtois, le second, ironique et provocateur.

-Ne faîtes rien d'inconsidéré, mon oncle. Vous êtes suffisamment intelligent pour prendre la pleine mesure de vos actes.
-Ce qu'il veut dire, c'est que si vous tentez un truc stupide, vous le tenterez sans vos bras.
-Vous... Vous me menacez ? Nathanael, bon sang, faites quelque chose ! Ne restez pas planté là !
-Il y a méprise. J'ai été chargé de vous guider, pas de vous protéger. De surcroît, mon rôle est d'annihiler les menaces extérieures qui planeraient sur l'intégrité du Gouvernement Mondial, la sécurité des Nobles Célestes, celle des citoyens de Mariejoa ou, plus largement, celles qui mettraient en péril l'équilibre mondial. Je n'ai en aucun cas pour fonction de tenir tête à des représentants de l'ordre. Qu'ils soient calmes ou menaçants...
-Vous êtes tous devenus complètement cinglés... Zang ! Faites quelque chose !
-Hein ? Moi ? Taper mon frère et mes neveux ? C'est toi qui est crétin, là, mon vieux.
-Vous... On ne m'avait jamais autant manqué de respect... Il vous en cuira, je peux vous en assu...

Les menaces qu'il proférait à l'encontre de cette illustre assemblée fanèrent bientôt, tandis que des pas sourds résonnaient dans son dos. Une silhouette imposante l'enveloppa soudain et son ombre le drapa au moment où des mots résonnèrent, portés par une voix plus grave que celle de la mort elle-même. Des sueurs froides l'ébranlèrent et ses poils se dressèrent sur l'entièreté de son corps, tandis que la peur véritable lui nouait les entrailles : il comprenait qu'il pouvait, à cet instant précis, passer de vie à trépas en un éclair si son beau-frère en décidait ainsi.

-Je ne laisserai jamais personne nuire à ma famille. La mort sera le seul châtiment de nos ennemis. Mais vous avez sans nul doute sous-estimé la portée de vos propos, n'est-ce pas, Alphonse ? Oh, il vaudrait mieux que ce soit le cas, croyez-moi...

Le prénommé Alphonse déglutit puis, mécaniquement, s'orienta vers la sortie en tâchant de se montrer aussi digne et tranquille que possible. Sa respiration saccadée, toutefois, trahissait sa détresse. Remarquant que le convive désertait les lieux, Nathanael destina à l'assemblée des Thalassa un signe de la tête distingué et, à son tour, il prit la tangente, refermant les portes derrière lui. Dès lors, la pression sembla s'effondrer promptement : Yang porta à son faciès ennuyé une main qui semblait déplorer la tournure des événements, Vang eut un sourire amusé qu'il eut grand peine à réprimer et Aang s'étira bruyamment, comme s'il regrettait de n'avoir pas eu l'occasion d'accorder à son oncle une baffe sèche et robuste. Destiny, enfin, souffla en prenant pleine mesure de la conclusion qui semblait être celle de cette affaire : elle demeura néanmoins passive tandis que Yang et Rang achevaient leur discussion sur un ton fataliste.

-J'espère qu'il ne nous causera pas d'ennuis...
-Je le connais, père. Ling ne lui vouait qu'une affection des plus discutables. Il est couard. Il n'osera rien faire. Et si d'aventure il essayait, qui l'écouterait ? Nous sommes les Thalassa. Le Monde nous mange dans la main.
-Je n'ai jamais écouté Rang tenir des propos aussi arrogants...
-Certainement parce que tu ne m'as jamais écouté, Zang.

L'aîné, faussement moqueur, s'approcha de son cadet qui, pourtant, le dépassait également de quelques têtes et lui offrit une étreinte chaleureuse. Les deux hommes, les plus grands combattants actuels de la famille Thalassa, ne s'étaient plus croisés depuis des années. Ils passaient fréquemment à Mariejoa, mais ils n'avaient jamais eu le loisir de s'y arrêter conjointement... A la vérité, la dernière fois que trois des enfants directs de Yang s'étaient tenus côte-à-côte devait remonter à une décennie : ce fameux trio échangea donc une série de regards aimables tandis que le vieillard, de son côté, semblait considérer pragmatiquement la prodigieuse force de frappe qu'incarnait sa progéniture. Ils s'agissaient là, après tout, de trois hommes qui auraient été en mesure de tenir tête à un Yonkou, ou à l'un de ses plus proches lieutenants... Tandis que les deux frères brisaient enfin leur étreinte, et tandis que Zang profitait de cette occasion pour ébouriffer tendrement la chevelure indisciplinée d'Aang, qu'il n'avait pas pu croiser non plus depuis belle lurette, Yang déposa enfin son regard sur la principale intéressée, celle pour qui Rang avait semblé capable de réaliser d'extravagantes folies. Destiny, remarquant qu'elle devenait progressivement le centre de l'attention familiale, tressaillit puis rougit légèrement : c'était la première fois qu'elle se sentait réellement englobée par sa famille, alors qu'elle s'était jusqu'à présent sentie étrangement délaissée, ne portant pas le même nom de famille qu'eux. Avant même que l'ancêtre ne se prononce, le gargantuesque placide l'anticipa, se chargeant d'exposer à son auditoire désormais plus que restreint les formalités dont il était prêt à se charger lui-même.

-Destiny se déplacera avec nous. Elle s'entraînera aux côtés d'Aang et de Cang, sous ma houlette personnelle. Elle se tiendra à distance des affrontements tant que je jugerai qu'elle n'est pas digne de s'y retrouver mêlée. Je suppose que ces termes vous conviennent, père ?
-Faute de mieux... Je saurai m'en contenter. En revanche, je vous prierai tous de vous montrer raisonnables, les semaines à venir. L'influence d'Alphonse est certes discutable, a fortiori comparée à notre propre poids, mais les Tenryubitos verraient une succession d'initiatives farfelues et anti-conventionnelles de notre part d'un mauvais œil. Autant éviter d'attiser les tensions dont se repaissent les Constantinistes, pour l'heure... Nous avons d'autres adversaires desquels triompher. Aang, Cang, Destiny, pouvez-vous vous retirer quelques instants ? Il est une affaire dont je dois parler, mais qu'il est encore trop tôt d'évoquer en votre présence. Allez donc voir Shang dans ses appartements, je vous ferai quérir tous ensemble lorsque nous en aurons terminé ici. Il y a si longtemps que je n'ai pas vu huit de mes descendants simultanément...

Ses trois petits-enfants acquiescèrent, respectueux au possible, et s'éclipsèrent discrètement tandis que Zang s'en retournait auprès du mur contre lequel il s'était adossé jusqu'à présent. Vang prit le parti de s'installer sur une chaise tandis que Rang, vaguement curieux, demeurait dressé comme un pilier inébranlable au beau milieu de la salle. Son expression sereine semblait transmettre une relative incompréhension puisque son paternel, une fois la porte refermée, s'empressa d'y répondre avec un gravité ravivée et puissamment fortifiée : l'occasion était trop belle et il ne pouvait pas la laisser filer. Après tout, eux autres Thalassa auraient fatalement un rôle à jouer au sein de cette guerre, qui pouvait bien placer le Gouvernement Mondial dans sa plus fâcheuse position depuis l'aube de sa création...

-Une décision a été prise. Centes Decima doit être éliminé. Et il se trouve que Chairoka a déjà sa petite stratégie... Que nous pouvons épauler.

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