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 Kion no Bodyy

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Kion no Bodyy

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MessageSujet: Kion no Bodyy   Sam 7 Juil - 18:22


Kion no Bodyy




Carte d'Identité


❯ NOM : no Bodyy
❯ PRENOM : Kion
❯ SURNOM : Rouge-Gorge
❯ AGE : 56 ans et toutes ses dents
❯ SEXE : Homme
❯ RACE : Humain
❯ LIEU DE NAISSANCE : Ile de Cariyana, Royaume de l'Est
❯ CAMP : Chasseur de primes
❯ METIER : Charpentier, barbier quand ça l'arrange
❯ FDD / ARME : Nui Nui no Mi / 6 coupe-choux bien affûtés / un kit de petites aiguilles à coudre
❯ EQUIPAGE : Il arrive !
❯ BUTS / REVES : Retrouver sa beauté d'antan. S'enrichir. Devenir le nombril du monde.





J’aimerais décrire Kion dans ses belles années. Lorsque sa mâchoire carrée, ses beaux yeux verts sans cernes ni rides, son fin sourire et son corps musculeux faisaient chavirer toutes les demoiselles. Mais ce serait une perte de temps, venons-en aux faits : Kion est laid. Je ne suis pas sûre que la comparaison homme/gingembre soit habituellement sensée, mais sous la peau recousue de Kion, son visage n’a aucune forme descriptible autrement. Ce qu’il reste de sa mâchoire tient grâce à une prothèse, qui lui donne l’air à peu près humain. Mais les blessures de la guerre restent ce qu’elles sont, et le pauvre homme est condamné à vivre avec des lèvres invisibles, enterrée sous des kilomètres de fil et de peau. Ainsi, les poches de ses yeux, ses oreilles, le bas de son visage, son cou, sa poitrine et ses bras sont recouverts d’une matière étrange, entre le plastique et le tissu, d’un rouge violacé assez repoussant, qui remplace la peau à présent inexistante de Kion. A ces endroits, plus rien ne reste : les nerfs ont été pulvérisés, et il ne ressent pas de souffrance tant qu’elle n’est que de surface. Cependant, lorsqu’il s’agit de coups violents, susceptibles de blesser son corps interne, la douleur est présente. Le seul vestige de sa beauté est son nez, parfaitement sculpté et droit comme ceux des dieux olympiques. Une vraie statue grecque ! Si on ne prend que le nez.

La grande mésaventure qu’il a subi a aussi condamné la voix suave et mielleuse de Kion à lui dire adieu. En effet, ravagé jusqu’à la gorge, ses cordes vocales ont été si abîmées qu’il n’en reste plus grand-chose. Sa voix est rauque, ne porte pas beaucoup, et il lui faut forcer pour réussir à sortir un son. Dès que la fatigue le prend, il ne peut plus parler. Il en est de même lorsqu’on l’attaque à la gorge, sans compter l’immense douleur qui le prend. C’est certainement son plus grand point faible.

Pour ce qui est du reste, Kion reste un homme de goût. Son épaisse chevelure brune est taillée par ses soins, et aucune mèche n’est laissée au hasard. Avant d’être blessé, sa musculature était impressionnante, imposante, et ça, les femmes aimaient. Il travaille donc à retrouver les muscles perdus, mais ce n’est pas encore gagné. Au niveau vestimentaire, il se la joue un peu rebelle (mais toujours avec classe). Kion a 56 ans, c’est un vieux. Mais son visage transformé a aussi effacé les traces de l’âge. Il ne reste que son magnifique nez (vraiment, vous n’imaginez pas à quel point) et ses cheveux encore colorés de l’ancien temps. Ainsi, Kion paraît vraiment plus jeune. Il peut arriver qu’il en joue pour avoir quelques minettes à ses côtés. Mais de toute façon, ça ne marche jamais : il est trop moche.

Et puis, il y a moi. Longue et fine, pourtant puissante, on sent que j’ai du vécu. Après tout, c’est vrai. Je suis douée pour les travaux qui demandent de la force et de la dextérité. Naturellement, je suis un peu brusque, avouons-le. Mais je me suis acharnée, entraînée jour et nuit, pour réussir à exécuter les tâches les plus délicates et précises. Oh, excusez-moi, j’ai oublié de me nommer. Je suis Hari, la main droite de Kion. Je disais donc que mes doigts étaient fins et longs ; on dit souvent de moi que j’aurais dû appartenir à un pianiste. Et pourtant, Kion est devenu charpentier. Il en faut, de la force, pour porter toutes ces poutres, même si je suis aidée par mon bras. C’est sans compter tous les clous à planter, les vis à tourner, les planches à scier. J’en ai vu passer, du bois, et je m’en suis fait, des blessures ! Pourtant, je suis toujours là. Je n’ai plus la douceur d’autrefois, c’est vrai. Un peu de corne s’est déposée à l’intérieur de ma paume, pour me protéger de la dure vie imposée par le travail. Mais les lignes au fond de moi restent tendres et souples. Je n’ai pas les ongles rongés, c’est une bonne chose. Mais quelques coupures et piqûres sur les bords des doigts. Ca, c’est surtout à force de raser des visages et de les coudre. Au début, c’était compliqué, je n’étais pas très douée. Mais à présent, je rase et coud avec une précision extrême ; j’ai pris de la rapidité dans le mouvement, aussi. Et ça n’ira qu’en s’améliorant. Croyez-moi !







Kion fut un saint, un homme pur, parfait. Mais ce temps est aboli depuis belle lurette. Lorsqu’ils se trouve dans une situation impossible à franchir, ou très difficilement, les Hommes ont tendance à se réfugier, à fuir ou à nier ce qu’ils sont réellement. C’est le cas de Kion. Après avoir subi le traumatisme de la guerre, de l’oubli des siens et de soi, Kion a changé du tout au tout. Ou presque. Depuis toujours, il cultive une estime de lui-même plutôt… copieuse. Comme il est grandiose, comme il est fort ! Et comme il deviendra beau et riche ! Kion est l’Homme qui fera chavirer tous les cœurs. Un jour, vous verrez : le monde entier devra reconnaître tout ce qu’il est. Ce n’est pas tant le pouvoir qui l’intéresse, que les yeux rivés sur lui. Kion est une diva, il veut des spectateurs, des fans. La discrétion, ce n’est pas pour lui. Il doit être sur le devant de la scène. Il est né pour ça.

Il faut l’avouer, tout en lui indique cela. Il a survécu à une guerre de dix ans, est d’une malice sans pareil, un charisme à en rendre les plus grandes célébrités vertes de jalousie, et surtout, surtout… Son fruit du démon, le Nui Nui no Mi, lui permet non seulement de coudre de magnifiques polos, mais aussi de donner la vie à tout et n’importe quoi. La preuve avec moi ! Une main qui parle, c’est peu commun. Et puis, il peut recoudre toutes ses blessures : il est im-mor-tel.

Soyons francs : ça, c’est ce qu’il pense, grosso modo. Moi, mon petit doigt me dit que tout n’est pas vrai, là-dedans. Bon, avant de le descendre, rendons à Kion ce qui appartient à Kion : ...

Maintenant, on peut passer aux défauts. Kion n’a pas peur du ridicule, puisqu’il ne l’est jamais – toujours selon lui. En réalité, il fera en sorte de paraître classe, sobre et stylé dans n’importe quel type de situation, même les pires. En cas d’échec, il lui suffira simplement de s’autopersuader de sa sublimité pour rester debout. Pourtant, malgré son égo surdimensionné, il en faut peu pour casser toute sa confiance en lui : il est moche, et il le sait. Lui rappeler, c’est un affront de plus, un petit morceau de son cœur qui, s’effritant, le brise un peu plus. Cependant, cette faiblesse ne dure jamais bien longtemps. Kion sait – pense savoir – ce qu’il vaut, et que ce qui ne le tue pas le rend plus fort. De toute manière, ceux qui critiquent ne sont que des jaloux.

Comment ne pas l’être, au juste ? Kion est un homme de goût. Très attaché aux apparences, rien ne lui échappe, si bien que ses constructions sont toujours ornées de figures de proues magnifiques et admirables autant de loin que dans le détail. Ce sont des sculptures très travaillées. Et tous les travaux de Kion sont ainsi faits : d’une précision exquise, d’un doigté délicat et d’une tendre sensibilité. Cet amour de l’allure se fait également sentir dans ses relations avec les autres. L’écorce est la première chose que l’on juge, en voyant une personne, et Kion se fie extrêmement à cela. Peut-être même trop. Mais qu’y peut-il, d’aimer le beau ? La beauté est d’ailleurs, pour lui, une notion universelle. Le subjectif n’existe pas lorsque l’on parle de paraître.

Même dans la violence, le geste de Kion est élégant et fin. A nouveau, c’est pour le bon goût, qu’il agit de la sorte, et non pas pour la violence en elle-même. Elle lui est utile pour atteindre ses objectifs, et plus que de s’en accoutumer, il l’a aussi rendue noble. Depuis la déformation de sa face, Kion s’est mis en tête de retrouver sa beauté volée, et pour ce faire rase les visages des belles personnes. Il s’en fait des masques qu’il porte à sa guise, selon ses envies. Comme il le fait avec ses vêtements, somme toute. Il n’a qu’à les coudre sur sa tête. Il en est de même pour la peau du buste et celle des bras. Mais son visage d’ange, parti trop tôt, était le seul vraiment parfait. Ainsi, lorsqu’il n’est pas occupé à collectionner les masques, il s’occupe de reconstituer son portrait à l’aide de morceaux de dermes volés à des victimes soigneusement choisies. Pour ce faire, il s’est improvisé chasseur de primes, ce qui lui permet de feuilleter des pages et des pages de figures. Il lui arrive, entre deux tomes d’avis de recherches, de parcourir les quelques dernières nouvelles de son magazine de mode préféré. De plus, son activité lui donne quelques économies ; à long terme, il espère bien devenir riche, si ce n’est l’homme le plus fortuné du monde. Tout le monde s’intéresse aux hommes riches, n’est-ce pas ? D’ailleurs, gare à ceux qui lui réclameraient un seul berry. Son argent n’appartient qu’à lui.

Enfin, Kion est un pervers. Il aime les femmes comme les hommes, et rien ne l’arrête s’il est intéressé par une personne. Il déploiera tous ses talents de lover, si c’est nécessaire. Mais là encore, ces talents sont à modérer : peut-être que ses techniques de drague marchent dans un autre monde, mais certainement pas dans le nôtre. En tout cas, il ne peut résister à quelqu’un qui lui fait du charme.

Heureusement, moi, je suis là pour compenser le tout. Je dis pas, j’ai aussi mon petit égo. Mais c’est normal, je suis mieux que Kion, je fais tout mieux que lui – et que tout le monde. C’est grâce à moi que Kion peut couper des visages et réaliser ses rêves. D’ailleurs, s’il veut un jour devenir un grand homme, il faudra qu’il travaille sur son éloquence. Ce n’est pas encore gagné. Il mâche ses mots, et devrait être plus poli. Il m’arrive de l’insulter, quelques rares fois, donc j’imagine que je ne suis pas un exemple à suivre. Mais s’il écoutait mes conseils, aussi, je serais plus calme, moins tyrannique. Enfin, je ne le martyrise pas, non plus. Si ?

Au contraire de Kion, les autres personnes ne m’attirent pas le moins du monde. Qu’est-ce qu’il peut bien trouver aux humains ? Ces machins roses et flasques sont vraiment laids. Alors qu’une main, elle… Je rêve de la main qui saura me combler.

En fait, disons ce qu’il en est : je n’existe pas. Je suis l’amie, - ou l’ami, quelle importance ? – imaginaire de Kion. Il a conscience que je ne suis pas une personne. Seulement, il a connu une grande solitude à un moment de sa vie, et je suis apparue – il m’a créée – pour l’en sauver. Kion me doit tout ! C’est certainement pour cette raison que même après avoir trouvé de vrais amis, humains, il n’a pas voulu m’effacer. C’est peut-être aussi sa manière de contrebalancer tous ses défauts, même si je doute de l’efficacité de la chose. Après tout, peut-on parler d’équilibre mental, lorsque son ami imaginaire se nourrit du sang de ses victimes ? J’aime le derme qui se déchire sous mes doigts, qui se fend et se détache de la chair. Scalper des faces m’approche de l’orgasme… même si je suis une main.


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Kion no Bodyy

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MessageSujet: Re: Kion no Bodyy   Lun 16 Juil - 18:50


Histoire





Prologue





Soudain, ses paupières se levèrent, puis tout son buste, et il dévora l’air autour de lui comme un noyé. Il en recracha la même quantité. Ema fut son premier songe. Il voulut l’appeler, mais des lèvres à la gorge, tout était desséché. Il ne fit que tousser un gémissement rauque, rompant à peine le silence souverain. Il souleva son corps maigre par la faible force de ses bras pour toucher le sol. Ses jambes tremblèrent, leurs muscles fins tendus à en craquer, et il boita un pas avant de s’écrouler. De la chute résonna une vibration sourde, qui alerta bon nombre de personnes. Posant la main sur une barre ferreuse, il put non sans peine se relever sur ses membres frêles, malgré leur présence. Tous se trouvaient là, autour de lui, tendant leurs manches blanches et tombantes comme celles des fantômes, en l’implorant d’il ne savait quoi, de quelques mots qu’il ne pouvait comprendre. Brusquement, au milieu de tout ce brouhaha qui semblait venir de loin, une voix retentit, plus claire que jamais :

- Laissez-le partir.

La phrase avait été lancée depuis l’ombre, si bien qu’il ne put voir à qui elle appartenait. Elle s’éleva à nouveau pour préciser :

- Il reviendra.



***


Combien de temps s’était écoulé, depuis son départ ? Pourquoi n’était-il pas auprès d’elle ? Il se moquait de tout le reste, de ses souvenirs d’antan et des plus récents. Le chemin parcouru pour la revoir n’avait pas d’importance. Un seul nom pulsait dans son esprit : Ema. Ema. Ema. Il voulait la retrouver. Il devait la retrouver. Planté devant sa porte, devant leur porte, il n’hésita pas. Sa main rencontra le bois froid pour avertir de sa présence. Il patienta quelques secondes avant de revoir son visage. Ema. Il la reconnut de suite. Elle était vêtue de noir. Mais elle avait peur. Elle n’eut pas besoin de le dire pour qu’il le comprenne, son visage parlait pour elle. Un garçon de moins de vingt ans arriva derrière elle, ses yeux rencontrèrent ceux de l’inconnu. Il prit la main de sa mère, lui intima de rentrer en n’accordant à l’homme que son dédain.

Il voulut les supplier de rester, mais sa voix ne porta qu’une esquisse de râle. Alors il empêcha la porte de se refermer en glissant son pied devant. L’adolescent le repoussa sans violence ni peine ; l’homme n’avait de muscles que pour se porter, et l’effort était déjà important.

- Allez-vous-en, nous ne pouvons pas vous aider.

L’homme ne put se battre. Il ne comprenait pas, si bien qu’en plus de la faiblesse de son corps, l’anéantissement de son esprit souffla ses espoirs. Cœur blessé, tête baissée, il s’en alla dans le vague, sans à nouveau prendre note de son voyage. Une flaque renvoya son reflet, il vit son propre visage. Et il se souvint.





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Kion no Bodyy

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MessageSujet: Re: Kion no Bodyy   Lun 16 Juil - 22:25


Histoire





1. Un Homme parfait


Peu d’hommes en ce monde avaient la vie aussi paisible que Kion. Il l’aimait, son petit train-train tranquille, sans ennuis, plein de l’amour de son épouse. Ema lui avait offert un magnifique enfant, un fils, aussi beau que ses parents. Jax n’était encore qu’un bambin, mais malgré son jeune âge, il était du calme de son père, un calme sans nom. Il faisait parfaitement ses nuits, et n’hurlait son malheur que lors de ses songes les plus noirs. Evidemment, c’était chose rare : les affreux cauchemars pouvaient-ils nous assaillir lorsque l’on ne connaissait que le bonheur ?

Kion s’efforçait d’ailleurs à rendre le confort de sa famille un peu meilleur chaque jour. C’était un travailleur acharné, qui n’avait pas peur de plonger des heures sans relâche dans le labeur, quitte à veiller. Charpentier de métier, il avait grandi à l'Est de Cariyana et avait appris tout ce qu’il savait des plus grands ouvriers de ce monde. C’était, du moins, ce dont il était convaincu. Avec le temps, Kion s’était montré parfaitement doué dans le façonnage des vaisseaux. L’invention de navires, néanmoins, était pour lui un mystère : rester des heures assis pour dessiner des plans, sans jamais avoir la moindre idée du rendu réel, à calculer quel angle était nécessaire entre telle et telle planche… devait être d’un ennui terrible. Il avait besoin d’action, de suer, de sentir la vraie fatigue, celle du corps, sans jamais connaître celle de l’esprit. Ainsi, il était parfaitement apte à repérer et réparer les craquelures d’un navire ou à suivre les plans d’un ingénieur naval, mais n’avait aucune bon sang d’idée de la manière d’inventer un bateau. Plus qu’un bon ouvrier, il pouvait se définir comme un artiste. Sans plan, laissant parler uniquement ses désirs, le jeune charpentier mettait son âme dans ses œuvres. Chacun pouvait le ressentir dans les figures de proue qu’il concevait, sur lesquelles, du plus petit détail au rendu global, tout avait parfaitement sa place. Kion avait un don pour ce qui était beau, parfait, et dans aucun de ses travaux le hasard n’avait sa place. S’il fallait tout recommencer, façonner ses sculptures durant deux jours et deux nuits entières, il n’hésitait pas. L’idée d’épargner un bête défaut sur ses constructions n’avait pas de place dans ses pensées.

Et pourtant, dans ses journées complètes, le mari trouvait toujours un instant à partager avec sa femme, le père avec son fils. C’était d’ailleurs un accord que son épouse et lui-même avaient conclu. Tous deux devaient s’accorder un minimum de temps de vie en famille. C’était l’idée d’Ema. Elle-même très occupée par ses recherches archéologiques, le nez plongé toute la journée dans des ponéglyphes indéchiffrables, ne pouvait accepter que leur amour ne pâtisse de la passion de leurs métiers respectifs. Kion avait accepté sans broncher. Même si, par pudeur et par éducation, il ne partageait que rarement ses sentiments, il aimait Ema plus que tout, admiratif de son intelligence et de sa beauté, charmé par son caractère fort et explosif ; il ne laissait pas de chance à la moindre brèche dans leur relation.

C’était une famille parfaite, somme toute. Les deux époux, comme leur enfant, étaient d’une beauté à en faire pâlir les morts de jalousie. Kion, pour qui toutes les femmes de l’île chaviraient, avait la mâchoire carrée, le crâne rond et bien formé sous l’obscurité de ses cheveux. Ces derniers, qui encadraient son visage de quelques boucles, trouvaient un doux équilibre avec le vert de ses yeux. Il avait la peau mate, le nez droit et beau comme celui d’un dieu et les lèvres fines, recouvertes d’un épais duvet noir. Son corps était haut, mais surtout large de muscles, ses épaules épaisses, et son ventre, bien que marqué par sa force, n’avait pas la taille fine des mannequins de défilés. Non, Kion était massif et imposant comme un ours, un véritable ouvrier. Et c’était certainement là ce qui le rendait magnifique : il n’avait rien à voir, ni à envier, des codes de beauté institués. C’était un bel homme, tout le monde le savait ; il le savait. Il en était de même pour Ema. Plus petite que lui, elle n’en restait pas moins une grande femme, élancée et pourtant charnue. Les deux amants se ressemblaient en quelques points : les cheveux noirs, les yeux verts, grands et costauds. Et pourtant, bien des différences les opposaient. La chevelure fine d’Ema tombait en cascade sur ses épaules, ondulant même jusqu’à sa taille. Ses yeux étaient aussi plus clairs, offrant à ceux qui les croisaient une sensation de froideur, qui, par ailleurs, n’était qu’apparence. Son visage était plutôt fin, pourvu de deux pommettes qui se formaient à chaque sourire. Le fils aussi, malgré son tout jeune âge et ses joues potelées, portait les mêmes signes de beauté que ses parents. Et il suffisait que son attention se dépose sur ses géniteurs pour la chair dodue de son visage se soulève, et que le bonheur le gagne.

Si la perfection caractérisait leur beauté anatomique, il en était de même pour leur état d’esprit. Toujours chaleureux et souriants, ils ne connaissaient ni la peine, ni la colère. Les deux s’aimaient d’un amour inconditionnel depuis des années, si bien qu’il n’était jamais venu à l’idée de l’un ou de l’autre de commettre le péché d’adultère, malgré leur succès auprès de la gent féminine et masculine.

La vie était belle.





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Dernière édition par Kion no Bodyy le Mar 17 Juil - 18:33, édité 2 fois
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Kion no Bodyy

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MessageSujet: Re: Kion no Bodyy   Lun 16 Juil - 22:39


Histoire





2. Les royaumes jumeaux de Cariyana


L’île de Cariyana n’était d’aucun intérêt stratégique militaire, économique ou agroalimentaire pour le Gouvernement Mondial. Ni pour aucune autre institution. Sa situation géographique, un coin de Grand Line éloigné des autres îles, était d’une aide nulle pour les assauts armés sur les territoires à conquérir. Cariyana elle-même n’était enviée de personne : depuis toujours, son agriculture suffisait parfaitement justement à sa population, sans qu’aucun surplus ne sorte des champs. Ainsi, le commerce restait interne à l’île, et celle-ci s’était développée dans un micro-gouvernement coupé du monde. Ou, plus exactement, deux gouvernements en discrète opposition.

Pour en comprendre les tensions actuelles, il fallait remonter bien des années en arrière. Cariyana, malgré son absence de contact avec le reste du monde, portait elle aussi les clichés conflictuels de ses plus anciens habitants. Leurs fils héritaient de ces chamailleries dont ils n’avaient même pas le souvenir du commencement. Deux sœurs jumelles, à l’âge d’être sacrées reines de Cariyana, avaient partagé l’île en deux pour en diriger chacune leur territoire. Seulement, si l’une d’elle, érudite et sceptique, prônait les valeurs de la vérité et de la connaissance, l’autre, moins attachée à la raison pure, ne jurait que par le bonheur de ses sujets. Peu importait la vérité, tant que l’on était heureux. Pourtant, le Royaume de Cariyana se devait d’être uni, et les visions éloignées des deux reines effritaient peu à peu cette cohésion.

Avec le temps, par la volonté des peuples, l’île avait réellement été séparée en trois parties.

A l’Est, le bonheur était roi, et l’on racontait que vivaient à l’Ouest les doubles des habitants de l’Est. Mais ces jumeaux, eux, représentaient leur terrible face triste, colérique, jalouse, mauvaise, que l’on ne connaissait pas chez ces personnes heureuses. Même si l’histoire tenait du conte, les rumeurs et les années avaient fait leur travail : on croyait dur comme fer à cette histoire, et l’on n’essayait pas de voyager à l’Ouest, car la joie suffisait de son propre côté. Prendre le risque de se découvrir malheureux n’était d’aucun intérêt lorsque le Soleil nous souriait chaque jour. Ces racontars n’étaient pas pour déplaire aux rois et reines de l’Est, car ils profitaient à leur pouvoir : les villageois s’enfermaient d’eux-mêmes sous leur contrôle.

A l’Ouest, personne ne voulait croire qu’il existait des personnes si bêtes qu’un rien les faisait sourire. Comment pouvait-on vivre dans le déni à ce point ? C’était inconcevable. Il fallait le voir, pour y croire. Mais impossible : les seigneurs de l’Ouest, trop apeurés à l’idée de perdre leur pouvoir, de voir leur peuple partir vers un monde plus heureux au dépit de la réalité du monde, empêchaient leurs sujets de fuir. Des frontières armées avaient été mises en place, menaçant d’abattre quiconque tenterait de les franchir.

Entre les deux, au centre de l’île, des miles et des miles de prairie disjoignaient les deux côtes. Rien ne vivait en ces lieux, si ce n’étaient quelques rongeurs sauvages, quelques volatils ou quelques insectes. Tout le bétail, et toutes les bêtes forestières étaient conservées soigneusement par les habitants de l’Est et de l’Ouest.

Kion, Ema et Jax vivaient dans la contrée Est, heureux et naïfs. Comme tous les autres, ils pensaient leur île gigantesque, de la taille d’un continent, et importante pour le monde entier. Personne ne connaissait quiconque travaillant à l’internationale, mais qu’importait ? Voir quelques rares navires, souvent perdus, parfois de croisière, suffisait à prouver que l’île était liée au monde. Même mieux : la côte Est de Cariyana était la capitale de ce monde. Mais seuls des personnes assez importantes, dignes, parfaites somme toute, étaient autorisés à y déposer le pied. C’était une élite qui grandissait entre les murs de l’Est. L’égo ainsi nourri et la petite curiosité rassasiée, chacun baignait dans un bonheur sans borne.

A vrai dire, pour rendre le mensonge plus crédible, le roi de l’Est faisait construire des vaisseaux par quelques charpentiers, dont Kion faisait partie. Après tout, lorsque l’on travaillait, on était heureux. Il suffisait d’aimer son métier, et la vie était douce. Les navires ainsi bâtis étaient envoyés au loin, supposément rachetés par quelques entrepreneurs du monde. En réalité, ils étaient simplement détruits. Le roi retrouvait l’argent investi pour les bateaux par les différents impôts, le récoltant dans toutes sortes de taxes prévues, d’après ses dires, pour financer le bien du peuple. Seuls quelques navires de pêches sortaient réellement du port pour revenir quelques jours plus tard.

Quant aux connaissances, on inventait quelques écritures étranges que l’on faisait passer pour des ponéglyphes, inspirées, d’ailleurs, par ces derniers. On reprenait les symboles sans en connaître la signification, et on les retranscrivait au hasard avant de faire passer les reliques inventées pour de réelles trouvailles archéologiques. Et parfois, un sbire des hautes sphères se faisant passer pour un archéologue prétendait les avoir déchiffrés, ou pire, poussait l’un de ses confrères à penser qu’il venait de faire une découverte. On n’apportait pas vraiment d’explication à la manière de procéder pour comprendre les ponéglyphes, mais cela importait peu. Après tout, l’essentiel n’était pas dans la fiabilité du résultat.


***


Les tensions entre les deux côtes, depuis toujours, étaient fortes et présentes sans jamais éclater. Pourtant, un jour, après une rencontre entre le Souverain de l’Est et la Reine de l’Ouest, dont personne ne sut jamais ce qu’il s’y était dit, la guerre fut déclarée. D’après les rumeurs, elle aurait lieu aussi bien sur terre qu’en mer. D’ailleurs, dès qu’elle fut annoncée, Kion apprit que l’on aurait besoin de main d’œuvre pour construire des navires de guerre. Il n’eut le choix d’accepter, et, promettant à son épouse que rien n’arriverait car il n’avait pas été appelé comme soldat, il s’en alla sans crainte.




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Kion no Bodyy

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MessageSujet: Re: Kion no Bodyy   Mar 17 Juil - 1:01


Histoire





3. La guerre


Dès le premier mois, les pertes furent telles que tous les hommes aptes à se battre furent envoyés sur le champ de bataille. Kion écrivait régulièrement à sa femme pour lui conter l’avancement des combats, et comme elle lui manquait. Mais le temps passait, se faisait long, la guerre ne cessait pas et les lettres se faisaient de plus en plus rares. En ville, l’espoir ne s’ébranlait jamais, car les seules nouvelles qui arrivaient étaient les bonnes.

Ma tendre Ema,

Voilà dix mois que je me bats. Bientôt, on fera l’anniversaire de la guerre. Ils nous ont dit que ça nous rendrait heureux, de faire un peu la fête. Mais sur le champ de bataille, il n’y a plus de bonheur, plus de joie. Tu sais, je n’ai toujours pas rencontré mon double, mais je pense que je suis en train de le devenir. La seule chose qui me rend heureux, c’est de penser à toi et à Jax. Vous me manquez terriblement. Tu me manques terriblement, Ema.
La guerre n’est pas prête d’être finie. Elle ne s’arrêtera jamais, je pense. Nous, en tout cas, on ne s’arrête jamais de combattre. Quand certains dorment, d’autres prennent la relève pour surveiller les camps ou prendre les armes. Mais on ne dort jamais bien longtemps. On ne dort jamais vraiment, d’ailleurs. On a peur, on peut plus dormir. C’est rare de rêver, mais quand je rêve, c’est de toi.
Mais cette guerre, Ema, on la gagnera. On veut être joyeux à nouveau, alors on la gagnera.
J’espère que Jax et toi allez bien. Je t’aime.

Ton Kion


Cette lettre ne parvint jamais dans sa totalité à la jeune épouse. En réalité, elle fut plus ou moins recopiée de la même écriture, modifiée dans l’intérêt de l’Est.

Ma tendre Ema,

Voilà dix mois que je me bats. Bientôt, on fera l’anniversaire de la guerre. Ca nous rendra heureux, de faire la fête. Ce qui me rend heureux, aussi, c’est de penser à toi et à Jax. Je vous reverrai bientôt. Cette guerre, Ema, on la gagnera.
J’espère que Jax et toi allez bien. Je t’aime.

Ton Kion


Ce fut la dernière lettre que reçut Ema.


***




Les combats étaient rudes, et Kion, malgré sa force et son imposante carrure, n’avait pas le cœur à tuer. Il était un homme bon, qui n’avait jamais vécu que dans l’optique d’être heureux. Et cette guerre ne le rendait en rien heureux. Ainsi, aux premiers mois, il s’était enfermé dans l’idée de ne jamais tuer. Il évitait les coups, se cachait tant qu’il pouvait, ratait volontairement ses cibles. Mais il avait peur. Il ne voulait pas être un criminel, mais éviter la mort devenait de plus en plus ardu, tant l’ennemi semblait s’acharner. Toute sa masse musculaire n’aurait rien pu y faire. Sur le champ de bataille, Kion était incapable d’abattre un autre homme. Et les ennemis passaient, devant lui, immobile. Il était impuissant. Il avait peur. Il lui semblait faire partie d’un autre monde. Autour de lui, l’hécatombe. Il les voyait déjà tous morts. Ils étaient condamnés. Pour une guerre qui n’était pas la leur. Pour les grands de ce monde, qui, à cause de quelques chamailleries d’enfants, détruisaient la terre et les Hommes qui y vivaient. Eux, ils étaient en sécurité, évidemment, loin des champs de bataille. Et ils l’avaient envoyé lui, Kion no Bodyy, un homme qui ne venait de nulle part, sans histoire, heureux, au beau milieu de ce bain de sang.

On distinguait aisément deux groupes de soldats. Ceux qui, depuis l’enfance, n’avaient jamais connu que la violence, la haine et la peur, qui avaient grandi comme des mercenaires, qui, depuis toujours, survivaient. Pour ceux-là, les moins nombreux, cette bataille n’était qu’une partie de rigolade, une banalité tout au pire. Ils venaient des quartiers peu réputés de l’Ouest. Mais les Hommes ne naissaient pas avec l’essence de l’assassin. Dans de modestes foyers, dans les plus grands palais ou dans les geôles d’esclaves, la cruauté n’était pas naturelle. Elle s’installait lentement, enveloppait les cœurs les plus fragiles, les endurcissait jusqu’à ce que l’humain cède à la pierre, et qu’il ne reste de la bonté plus qu’une poussière envolée. Kion en était persuadé : l’amour et la paix résidaient au plus profond de chacun, inscrits, gravés, dans la moindre cellule. Y avait-il d’ailleurs chose plus forte que l’amour ? Non, évidemment. Elles étaient plusieurs. La guerre, la haine, la colère, et bien d’autres obscurités, toutes l’emportaient. Cela, Kion le savait. Et pourtant, il combattait cette certitude par l’espoir vain de retrouver sa famille.

Il devait survivre. Seulement, il fallait y parvenir sans violence. Comment ? La solution vint seule. Alors qu’il luttait contre la mort, évitant à tout prix d’être touché par la moindre attaque – ce qui n’était pas chose aisée étant donné sa taille, un cadavre ennemi s’écroula sur le sol. D’une sacoche qu’il portait roula un objet particulier, que Kion reconnut immédiatement. On racontait par chez lui que les fruits du démon maudissaient ceux qui les mangeaient, les transformant en masse s’ils daignaient tremper l’orteil dans l’eau, mais qu’ils leur conféraient aussi des pouvoirs fantastiques. Désespéré, sans hésiter, Kion croqua dans le fruit. C’était là le dernier espoir de s’en sortir. Il grimaça, toussa et tenta vainement de recracher le goût infect qui lui harcelait les papilles. Même en période de famine, il n’aurait pas pu avaler une seconde fois une pareille horreur.

Sans compter que la déception, le désespoir aussi, le gagnaient à chaque seconde qui passait. D’ailleurs, aucun effet ne se fit voir aux premiers instants. Il eut beau claquer des doigts, taper des mains, tenter de marteler le sol boueux où l’herbe ne poussait plus, rien. Rien. Enragé, sans plus aucune raison de vivre, il se jeta sur le sol au milieu des assauts, plantant ses doigts dans la terre. D’épaisses gouttes d’eau glissèrent sur ses joues, alors qu’il réalisait ne plus croire en rien. La joie n’existait pas. Les fruits du démon n’étaient qu’un conte. Peut-être avait-il seulement été dupé, empoisonné par le fruit qu’il avait mangé. Mais il ne voulait pas mourir ainsi, pas tout de suite. Ema. Il voulait la revoir, avant de partir. Kion se releva faiblement, pas encore assez convaincu de pouvoir survivre. Une étincelle vint titiller ses pupilles, qui se posèrent sur un fil doré. Il n’avait aucune idée du comment, mais là où seule la terre se trouvait, un tissage brillant avait pris la forme de ses mains.

- De la couture…


Tout cela était donc vrai. Les fruits du démon existaient bel et bien. Et il devait maintenant porter la malédiction des fruits jusqu’au trépas, pour quelques fils à coudre. Son cœur explosait dans sa poitrine, ses dents grinçaient dans sa mâchoire, ses poings se serraient à se saigner. Le sort s’acharnait contre Kion. Lui qui, de toute sa vie, n’avait jamais été qu’un humble charpentier, ne prétendant à rien de grandiose, heureux de sa condition, de sa famille, de sa vie. Alors si faire le bien ne le ramenait pas chez lui, il n’avait à présent d’autre choix que de tuer pour survivre. Avec les autres, il se lança dans l’assaut. Il n’aurait plus peur.


***


Kion apprit à se battre, avec ses poings, maudit pour un fichu fil à coudre. Il devint dangereux pour ses adversaires, profitant de sa force pour les agresser avec rage, pour les effrayer jusqu’au dernier souffle, pour que la guerre finisse. Il fallait qu’elle se termine. Plus vite, plus vite. Cela faisait déjà dix années qu’elle durait, cette guerre. C’était trop. Il continuait d’écrire à Ema, mais tout ce dont il rêvait, c’était de la revoir. Il voulait Ema. Ema. Et chaque coup qu’il donnait, chaque vie qu’il prenait, c’était un pas vers Ema. Il ne voulait pas tuer, mais il n’avait plus le choix. La haine de l’Ouest l’avait gagné à son tour.

- Attention !

Un soldat, encore trop jeune pour être là, bondit sur les épaules du grand gaillard pour le faire basculer sur le dos. Dans le mouvement, un militaire de l’armée adversaire fendit le dos du sauveur d’un coup de sabre, entaillant sa chair et ses os en profondeur. Kion se retourna d’un geste mécanique, tétanisé par l’effroi, alors que le criminel poursuivait sa course. Il attrapa l’épaule du gamin pour le voir de face, et le découvrit, sans surprise mais avec angoisse, agonisant et crachant tout le sang qui lui restait. Kion voulait lui promettre que tout irait bien, qu’il s’en sortirait, qu’il était trop jeune pour finir ainsi. Qu’il l’avait sauvé, et que les héros ne mouraient pas. Mais aucun son ne sortit de sa gorge serrée. Le jeune inconnu, lui, se fit faiblement entendre entre deux crachats sanglants :

- C… C’était pas ma guerre, colonel…

Kion remua la tête, les yeux emplis de larmes, sans pouvoir s’arrêter de regarder le mourant dans ses bras.

- Je… Je suis pas colonel, gamin.

Une flèche, tirée depuis la gauche, vint percer le crâne déjà rouge du jeune soldat avant qu’il ne puisse répondre. Pris de court, Kion se redressa en sursautant, et ne réalisant pas qu’il était trop tard pour sauver le gamin, fonça vers celui qui avait donné le coup de grâce. Désarmé, il ferma les poings et les leva au ciel, puis, hurlant de rage, les rabattit vers son dernier ennemi. Il n’atteignit jamais sa cible. Un explosif vint se déposer avec grâce et délicatesse juste sous ses pieds, et Kion n’eut que le temps de baisser les yeux avant que l’engin n’envoie son carcasse au loin, brûlant et éclatant presque intégralement toute la face de son corps. Ses souvenirs s’arrêtèrent à cet instant.

L’armistice fut signé le sur-lendemain.




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Dernière édition par Kion no Bodyy le Dim 22 Juil - 14:26, édité 2 fois
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Kion no Bodyy

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MessageSujet: Re: Kion no Bodyy   Sam 21 Juil - 19:16


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4. Retour à la paix


Sept années s’étaient écoulées depuis la guerre de dix ans. Si durant le conflit, à l’Est comme à l’Ouest, chacun croyait dur comme fer qu’il marquerait l’histoire, la paix ramena la lucidité à la Cariyana réunifiée. Les habitants de l’île, guidés par la parole sage de leurs jeunes princes, apprirent que les hostilités qui opposaient vérité et bonheur étaient absurdes. Bien que certains réfractaires restaient fermés aux idées nouvelles, la plupart des citadins avaient appris que rien n’interdisait nécessairement le bonheur et la vérité de coexister. Et chacun, dans le détail, se faisait une idée plus précise de la chose. Des explications avaient dû être données aux habitants de l’Est, qui, depuis toujours, avaient été enfermés dans le mensonge. Les premières années, évidemment, avaient été marquées par de violentes manifestations. Quant à l’Ouest, il découvrait et profitait enfin de la liberté et du sentiment de joie qui l’accompagnait parfois. Des deux côtés, on avait porté une grande importance à l’accompagnement des anciens soldats, pour que le traumatisme de la guerre ne perturbe pas la paix nouvelle. Au centre de l’île, on avait bâti un gigantesque monument au mort, représentant les deux Reines responsables de la séparation, entre lesquelles se tenaient les deux princes effigies de la réunification. Les cadavres, qui avaient réduit la population de Cariyana à un demi, avaient été incinérés et jetés sur les côtes. Pour n’avoir de la guerre qu’un souvenir, et dans l’espoir d’ouvrir le commerce de Cariyana au monde, on avait creusé et planté sur l’ancienne prairie et champ de bataille diverses plantes et légumes.

Sept longues années s’étaient achevées, et si l’on avait longtemps pleuré les morts, les blessures du passé se refermaient peu à peu. Pourtant, dans l’ombre, certains s’intéressaient de plus en plus aux raisons de cette soudaine alliance. Même si ceux-là n’en avaient pas encore les réponses, les Grands de Cariyana, eux, savaient que leur pouvoir ne serait que plus fort ensemble. C’était sans compter les pertes humaines : sur qui règneraient-ils, s’il n’y avait plus de peuple ? Mais derrière les apparences pacifiques que les nouveaux rois vantaient fièrement, les tensions, elles, étaient toujours bien présentes.





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Kion no Bodyy

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MessageSujet: Re: Kion no Bodyy   Sam 21 Juil - 20:11


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5. Le réveil


Kion ouvrit les yeux, la bouche, et l’air de la pièce pénétra l’entièreté de ses poumons d’une traite. Son buste bascula vers l’avant au-même moment, et ses paupières écarquillées laissèrent flotter un regard effrayé et tremblant. C’était un rêve, c’était impossible. Il avait trop bu, c’était ça. Il ne s’en souvenait pas. Que s’était-il passé ? Où était-il ? Ema. Il devait la retrouver. C’était la seule chose qui importait. Ema.

Lorsqu’il se leva, les deux fines tiges qui le tenaient debout flanchèrent, il chuta bruyamment. Il dut s’y reprendre à deux fois pour arriver à un semblant d’équilibre. Mais le chirurgien avait déjà été alerté. Accompagné de quelques infirmiers, il arriva face à Kion, dans le boyau principal de l’hôpital, et observa le soldat évoluer à l’aide des murs. Après sept années de coma, le médecin avait lui-même du mal à croire que Kion no Bodyy trouvait la force de marcher. Quelle force le portait-elle ? Les hommes en blanc s’étaient jetés sur le fugitif, prêts à le ramener au repos. Leurs voix douces se mêlaient, tentant de le convaincre de faire demi-tour, qu’il était trop tôt pour se lever, que Kion était trop faible pour sortir. Mais, au fond du couloir, la voix de leur supérieur résonna :

- Laissez-le partir. Il reviendra.

Ainsi, le blessé atteint la porte principale en boîtant, sous l’œil intéressé du savant qui ajouta, en un murmure :

- Nous irons le chercher. Je veux voir jusqu’où il ira.

***




Ema, je veux te retrouver. J’ai mal, qu’est-ce qu’il se passe ? J’ai oublié d’où je viens. Tout ce que je veux, c’est toi. Ema. Ema, j’arrive !

L’homme ne réalisa pas tout le chemin parcouru. Toutes les rues traversées en s’égarant sans cesse, à l’Ouest inconnu, depuis l’hôpital jusqu’à la porte de la ville. Toute la prairie qu’il parcourut malgré l’épuisement, porté par son seul amour. Il n’en vit rien, et n’en perçut que la fatigue que le voyage lui fit subir. Mais peu importait l’épuisement, peu importait la mort elle-même. Il n’y avait qu’Ema. Il arriva à la frontière de l’Est, là où sa petite maison avait été construire, à bout de souffle. Rien n’avait bougé. Tout était parfaitement en place, comme avant son réveil. Il s’en rassura. Pourtant, l’étrange sentiment de ne plus appartenir à cette vie le força à toquer à la porte, ce qu’il fit fébrilement. Et la porte s’ouvrit.

Elle lui semblait plus vieille, plus inquiète, moins heureuse. Des rides creusaient son front et le coin de ses yeux, ses cheveux grisonnaient, ses joues paraissaient un peu plus bouffies. Mais pour lui, elle était toujours aussi belle. Il voulait juste la rassurer, lui dire comme il était désolé de ne pas avoir passé la nuit avec elle, lui promettre que ça ne se passerait plus. Lui avouer comme il l’aimait. De sa gorge sèche, rien ne sortit qu’un râle aux sonorités de ferraille. Il essaya une nouvelle fois, pour lui demander de remettre ses vêtements colorés, ses belles robes fleuries, et d’enlever cette tunique noire qui la recouvrait entièrement. Pourquoi avait-elle l’air triste ? Seul le silence s’était installé entre les deux.

La mère resta figée sur l’inconnu quelques instants, mêlés d’incompréhension et de pitié. Les sans-abris étaient pourtant pris en charge avec soin par certaines instances. Il faisait peine à voir. L’homme était sérieusement balafré, à en devenir effrayant. Ema ne dit rien. Elle ne faisait que penser. C’était un fou. Une autre victime de la guerre, comme son défunt époux, qu’elle ne voyait pas face à elle. Il n’avait rien de l’homme qu’elle avait aimé, si ce n’était que les deux, à présent, n’étaient plus que des os. Elle parcourut ses yeux des siens, perdue. Ema ne reconnut pas l’âme dans son regard, cet éclat propre à lui-même, qui la suppliait pourtant de se souvenir. Car dans les yeux d’un mort, il n’y avait plus d’âme.

Les iris vertes d’un adolescent aux boucles brunes rencontrèrent celles de Kion. Il posa la main sur l’épaule de sa mère, lui intimant de rentrer. Le cœur lourd, mais restant droit et fort pour sa génitrice, il tira la porte sans accorder son attention à l’inconnu. Pourtant, un pied se glissa devant celle-ci, pour l’en empêcher. Lui-même blessé de ne jamais avoir connu de père à cause de la guerre, comprenant que l’homme en avait certainement subi les conséquences, lui aussi, il pinça ses lèvres pour ne rien laisser passer de ses émotions. Jax poussa l’homme sans difficulté.

- Allez-vous-en, nous ne pouvons pas vous aider.

Le cliquetis de la serrure claqua dans les oreilles de Kion, qui venait de découvrir son bambin adolescent.

***

Que s’était-il passé ? Pourquoi le chassait-on ? Surtout, depuis quand était-il parti ? Impossible de se souvenir.

Oscillant à chaque pas, Kion finit par s’effondrer sur le sol. Il n’en pouvait plus. Pourquoi était-il si faible ? Il avait soif. Il rampa jusqu’à une flaque boueuse. Peu importait que l’eau fût sale ou non. Il avait besoin de boire, ça devenait vital. Et alors qu’il rencontrait son reflet, les réponses à toutes ses questions apparurent brutalement.

Il était un inconnu pour lui-même. En quoi l’avait-on transformé ? Ca n’était pas humain, ni animal. Il était maigre, chétif, sans forme. Ce n’était qu’un fil tendu qui se déformait pour avancer, de la peau flasque et pâle, des os cassants et saillants. Pas une trace de graisse, pas plus de muscle. Seulement un squelette vivant, perdu dans l’immensité d’une fine couche de vêtements. Ses yeux s’affolèrent dans leurs orifices alors qu’il découvrait ce qu’il était devenu. Son visage n’était plus. Du torse à la lèvre inférieure, un derme rouge, rugueux, plus épais que sa peau naturelle, recouvrait son corps, cousu à l’aide d’un large fil métallique. Horrifié, ils apportant ses mains tremblantes à ce qui remplaçait sa face, alors que la frontière entre les deux peaux s’ouvrait, exhibant l’intérieur de sa mâchoire muette. De lèvres il n’y avait plus, seul un trait entre deux chairs faisait office de bouche. Ses cernes étaient creusés dans la même matière rouge, cousus par les mêmes fils ferreux sous ses yeux, dont le sang gorgé glaçait le regard. Ses doigts trainèrent sur la peau râpeuse, âpre, et sa figure se déforma pour s’enlaidir un peu plus, distordue par l’horreur.

Il voulut hurler, mais aucun son ne fut audible. Il frappa le sol de ses poings, dans l’espoir vain d’effacer l’image que la flaque renvoyait de lui. Mais elle se calmait, pour que se reflète en elle le même monstre. Alors il battit encore et encore l’eau boueuse à grands coups, bouche grande ouverte, tirant dangereusement sur les fils gris, manquant de déchirer les deux dermes l’un de l’autre ; il s’époumonait dans le silence sans couvrir le babillage moqueur de la vérité.

Kion no Bodyy n'existait plus.




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MessageSujet: Re: Kion no Bodyy   Hier à 18:44


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6. Personne

Lorsqu’il s’éveilla à nouveau, Kion était dans la salle de réveil. Il ne bougea pas pendant que deux aides-soignants redressaient la partie haute de son lit, pour le mettre assis. Il était incapable de mouvoir le moindre muscle ; ni les jambes, ni les bras, ni le cou. Rien, si ce n’était quelques lents réflexes, comme le simple clignement des yeux, ou l’ouverture d’une mâchoire affamée. Machinalement, il découvrit ses dents et sa langue, alors qu’on enfonçait dans sa bouche une bouillie de légumes tiède et sans saveur. Il mâcha bien qu’il n’y eut rien à mâcher, avala, rouvrit la bouche en attendant son repas. Mâcher, avaler, rouvrir, attendre.

Ses yeux ne quittaient jamais le mur blanc qui leur faisait face. Plusieurs fois dans la journée, les infirmiers venaient s’assurer de son bon rétablissement, de son confort. Kion s’enfouissait dans le silence du corps et des paroles, il se laissait manipuler comme un pantin, sans résistance. Nul ne pouvait lire dans son esprit malade, mais comme pour tous les autres soldats, des soins particuliers étaient pris pour qu’une fois guéri, les traumatismes de la Guerre de Dix Ans ne soient plus que de vagues souvenirs. Mais Kion n’écoutait pas, n’entendaient pas les voix de ces soi-disant psychologues et autres docteurs du cerveau, car elles n’émergeaient pas au-delà du seul nom qui résonnait entre les parois de son crâne.

Ema. Ema. Ema. Ema. Ema. Ema. Ema. Ema.

Kion ne l’expliquait pas, mais seule la voix du chirurgien pouvait percer ce murmure. D’ailleurs, bien que ne se détournant pas du mur blanc, le regard de Kion était animé d’une lueur vivante, à chaque fois qu’il l’entendait.

- Bonjour, garçon. Je suis le Docteur Lazare. C’est à moi que tu as été confié, depuis… ton arrivée ici. Je suis chargé de t’aider à retrouver le monde extérieur dans de bonnes conditions. Mais tu as encore beaucoup de choses à apprendre, à vrai dire… Sache que toutes les vérités que nous te dirons, dans les jours qui vont suivre, ne seront pas simple à entendre.

Kion cligna des paupières, et l’entaille qui lui servait de bouche se fendit. Mais il n’y eut aucun bruit en réponse aux présentations du médecin.

- Ne te fatigue pas, garçon. Tu retrouveras ta voix, mais pour l’instant il est trop tôt. Tu te demandes peut-être ce que tu fais ici. Du moins, j’imagine que tu ne comprends pas tout ce qu’il se passe. Toutes les réponses viendront avec le temps ; mais commençons par le commencement.

Le vieux docteur attrapa une chaise, qui, avec le lit, constituait l’unique mobilier d’une chambre parfaitement épurée. Il l’amena juste face à Kion et dévisagea son œuvre en s’asseyant. Pour ce dernier, la paroi pâle venait d’être remplacée par un vieillard à la peau livide, aux sourcils broussailleux et aux cheveux hirsutes, tout aussi immaculés que le mur. Du blanc, encore. Mais cette fois, au moins, il y avait un humain.

- Tu as été gravement blessé, pendant la guerre. Et, parlons de chance si l’on veut, mais elle s’est terminée deux jours après l’accident. Tu as été retrouvé vivant parmi…

Lazare voulut dire « des milliers de cadavre », mais il s’en abstint. Après tout, son patient était un habitant de l’Est.

- … d’autres victimes. J’ai fait tout ce qui était dans mes moyens pour te sauver, et… te voilà !

Les dents de Kion se serrèrent, son regard s’effaça. Mais il aurait continué d’écouter, si le docteur Lazare n’avait pas été appelé pour une autre urgence. Des infirmiers prirent la relève. Alors la vie dans ses yeux s’éteignit, et, comme si le refrain n’avait jamais cessé, le nom de son épouse s’éleva dès que la voix du médecin fana.

Ema. Ema. Ema. Ema.

Les jours s’enchaînaient dans une lenteur morne, passant dans la même immobilité que celle de Kion. On s’éreintait pourtant à le remuscler, toute la journée, en soumettant son corps à quelques exercices dont il n’était pas maître. Ainsi, tandis qu’une personne s’occupait de mettre ses jambes en mouvement, une autre travaillait ses bras. Mais aucun effort ne faisait l’objet de la volonté de Kion. Arrivait l’heure du repas. Mâcher, avaler, rouvrir, attendre.

Le docteur Lazare revint plusieurs fois durant les jours qui suivirent. Kion l’écoutait sans un mot, sans aucune expression pour traduire ses émotions. Mais au fil des mois suivant leur première rencontre, l’ancien soldat en apprit beaucoup. Il en apprit trop.

- Vous avez dormi sept ans. Certains médecins voulaient libérer la chambre pour d’autres patients, mais j’ai su les en dissuader.

Nouveau jour.

- Votre femme vous pense mort. Nous ne voulions pas lui donner de faux espoirs. Mais soyez rassurés, elle va bien. Elle refera certainement sa vie pour être heureuse. Cependant, il vaut mieux que vous ne la revoyiez pas. Vous comprendrez qu’il y a des traumatismes difficiles à gérer.

Nouveau jour.

- Cariyana n’a jamais été le centre du monde, ni même une capitale. Apparemment, les souverains de l’Est vous le faisaient croire au nom de votre bonheur. Mais Cariyana est une île perdue au milieu de Grand Line, elle n’intéresse personne.

Et chaque venue du docteur Lazare venait avec son lot de nouvelles, qu’il donnait avec plus ou moins de tact selon ses humeurs. Malgré les soins déployés pour l’aider à digérer toutes ces vérités, elles arrivèrent trop vite dans le cerveau encore naïf et immature de Kion. Alors, toujours terré dans le silence, il se divertissait au-travers de ses collations, pour oublier un peu que le monde n’avait jamais été celui qu’il pensait. Mâcher, avaler, rouvrir, attendre. Attendre.

Ema. Ema.

Pourquoi vivait-il encore ? Il ne reverrait jamais sa femme, ni son fils. Il n’avait plus rien, ni un peu de bonheur, ni un visage. Il n’était plus personne. Il n’était même plus humain. Pour qui vivait-il ?

Et moi ?

Pour lui. Il n’avait plus que lui-même. Pourquoi se soucier des autres, lorsque l’on était seul ? Toute sa perfection d’antan s’était envolée. Il la retrouverait. Il retrouverait son visage, sa beauté. Il serait parfait, à nouveau. Il serait le centre du monde. C’était tout ce qu’il était avant. Un homme que tous aimaient, admiraient - craignaient, pour ses ennemis. Il redeviendrait incroyable. Le monde entier serait à ses pieds. N’était-ce pas un minimum, après tout ce qu’il avait subi ? Pour la première fois depuis des mois, il sourit.

Le médecin lui parlait, et cette fois, il n’écoutait pas. Il lui demanda d’approcher d’un geste des doigts, sans que les coutures qui traçaient ses lèvres ne s’affaissent. Lazare s’approcha, surpris d’une si soudaine bonne humeur. A vrai dire, ce sourire était effrayant. D’un geste brusque, inattendu, une main se ferma sur le col du chirurgien et approcha celui-ci du visage de Kion. Ses yeux transperçaient l’âme-même de Lazare, qui, pris de court, ne fit que trembler.

- Mon visage. Rends-le-moi, grinça le monstre.

- Je… je ne peux pas, geignit le vieillard, terrifié par le crissement métallique qu'était la voix de Kion. Une nouvelle opération te tuerait !

Les doigts de Kion se desserrèrent peu à peu du col, vidés de leurs forces, et la main toute entière s’effondra à côté du lit. Les paupières du blessé s’alourdirent. Il avait sommeil.

- Alors fais-moi vivre, réussit-il à souffler avant de s’endormir.


***


Lazare se tua à la tâche et parvint à réaliser les désirs de Kion. Après un an et deux mois de dur labeur, où lui-même s’efforça à travailler, il retrouva l’usage de son corps. Ce dernier n’était plus aussi musculeux que dans ses jeunes années, mais au moins, il était fonctionnel. La mission de Lazare était accomplie, Kion n’était plus un patient. Il partit et prit la mer, sur les eaux agitées de Grand Line.





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