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 [FB] Nous sommes tous des morts en sursis. [Solo]

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Fenice Nakata
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MessageSujet: [FB] Nous sommes tous des morts en sursis. [Solo]   Mar 6 Fév - 15:14

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Nous sommes tous des morts
en sursis.
Mémoires d'Outre-Tombe


Je m'appelais Nakata Fenice et, de mon vivant, j'étais pirate.

C'était ironique que d'entamer sa propre autobiographie par une telle sentence. Imaginer sa propre mort, la concevoir et l'accepter était déjà une chose folle et impensable pour le commun des mortels... Agir comme si elle avait déjà eu lieu en était une encore plus lugubre. Pourtant, cela apparaissait pour le mythique comme étant du pur bon sens, de la logique pure et dure pour un homme tel que lui, qui avait frayé aux côtés de la faucheuse durant tant d'années. Nakata avait assisté à tant de drames humains, y avait pris part à tellement de reprises qu'il était désormais comme parfaitement imperméable à ce concept, en ce qui le concernait personnellement. Bien entendu, il n'était pas désabusé au point de hausser les épaules si l'un de ses amis courrait un danger funeste : comme au premier jour, il ressentait dans ces instants une ardeur folle, une rage furieuse, à la fois intrinsèque et transcendante, provenant dans ses entrailles et lui permettant de décupler sa force, sa virulence, la pertinence et la précision du moindre de ses mouvements. Était-ce à cause du Phoenix, qui l'empêchait sans cesse de jouir du même privilège que ses amis défunts, à savoir le repos éternel, l'obscurité sourde et apaisante dans laquelle baignait toute chose désertée d'un semblant d'existence ? Probable. Ou tout du moins le maudit estimait-il que ce pouvoir n'y était définitivement pas totalement étranger : si ce pouvoir était grisant, il était également d'une lourdeur maladive pour son porteur, rendu seul être invincible parmi les mortels. Inexorablement, l'artiste avait su se faire à cette fatalité, mais elle n'en revenait pas moins à la charge à la moindre occasion, lui infligeant des blessures cuisantes et indélébiles, le plongeant dans un effroi sourd qu'il n'avait que bien trop expérimenté.
Cette phrase, écrite en haut de cette première page encore globalement vierge, était d'ailleurs nettement plus réfléchie qu'elle n'y semblait de prime abord. Lui-même, le mythique, l'invincible, la légende parmi les hommes, lui-même savait que la faucheuse finirait par venir le chercher. Vivrait-il un siècle ou deux, sa vie fabuleusement morose et tragique ne serait, au regard de l'éternel avenir, qu'une brindille dérisoire et désespérante. On vivrait après lui, comme on avait vécu avant : on lui survivrait, comme il avait pu survivre aux décès d'autrui. Le Fenice, à travers cette phrase, faisait donc preuve d'un réalisme cinglant et vigoureux : lorsque des lecteurs viendraient perdre leurs regards sur son ouvrage, il y avait infiniment plus de probabilités pour qu'il soit enterré depuis belle lurette plutôt que bel et bien conscient et vigoureux. A moins, bien entendu, que ses mots ne disparaissent avec le temps, comme ceux de tant d'autres ouvrages aux savoirs regrettés...

L'on pourrait croire, à la vue de cette ligne perdue, esseulée et solitaire, qu'un pessimisme froid et moribond se soit saisi de mon âme pour la plonger dans une torpeur fataliste et nihiliste. Il n'en est rien. C'est le plus spontané des réalismes, la plus stricte des lucidités et la plus évidente des clairvoyances qui me pousse à le constater : chaque nouveau né n'est jamais qu'un mort en sursis. Cette flagrante banalité, donc, semble être trop futile pour être rédigée, fut-ce même dans les mémoires pathétiques d'un forban qui le fut tout autant... Pour autant, elle hurle à qui accepte seulement de l'entendre un fait accompli auquel le moindre d'entre nous se plie inconsciemment en ouvrant les yeux pour la première fois : la vie nous est seulement prêtée. Il n'est rien d'éternel, si ce n'est le temps, et s'il n'est rien d'éternel, c'est qu'en finalité, tout appartient à la mort, à la non-existence, à l’anéantissement insensible de nos âmes décharnées.

Si les mots lui venaient si spontanément, c'était avant toute autre chose parce que ces pensées-là l'avaient hantées plus d'une fois. Il était assez fréquent qu'il soit tourmenté à toutes sortes de sujet, et son rapport pour le moins houleux avec la sinistre faucheuse était l'une des clés de voûtes de ses monologues spirituels les plus prenants et les plus élaborés. La Mort, la Mort. Comment diable aurait-il pu y être étranger ? Tout l'y renvoyait. Son chemin, particulièrement guerrier, avait été pavé de cette Mort scélérate, omniprésente et omnipotente, à la fois si inévitable et si abstraitement invisible. Car à la fin, rien ne résistait définitivement et ultimement à cette faucheuse si ironique, si narquoise, qu'elle prenait de surcroît le privilège d'hanter même les vivants. Ce genre de certitudes avaient indéniablement tendance à le pousser à considérer plus que sérieusement la froideur de Méliandre, laquelle l'avait toujours enjoint à combattre pour lui davantage que pour les autres. Après tout, même s'il parvenait à triompher ainsi qu'à faire respecter sa volonté bienfaitrice et louable, l'humanité elle-même finirait par s'éteindre, et entraînerait immanquablement avec elle son héritage même le plus légitime et le plus universel... Mais il ne fallait généralement au mythique qu'une poignée de secondes pour se souvenir que les morts importaient peu. C'était au nom des vivants qu'il fallait combattre...

Pourtant, la Mort n'est ni plus ni moins qu'intrinsèquement liée à la vie. Car sans vie, comment pourrait-elle espérer se faire respecter ? Sans vie, nul ne pourrait la craindre, nul ne pourrait flatter son ego lugubre de prières et de suppliques misérables. Ainsi, la Mort a tout intérêt à faucher avec parcimonie et discernement : sa tâche la plus complexe est certainement d'anéantir l'espoir sans anéantir la vie, afin de se repaître de la dépression et des idées noires d'une Humanité forte, nombreuse et inébranlable. J'aime à croire qu'à ce titre, jamais la vie ne pourra s'éteindre : le rôle de l'avenir semble donc être celui d'un bourreau, d'un geôlier, suffisamment alerte et sagace pour réduire la Mort à l'état d'esclave, à l'état de fin certes nécessaire et fatale, mais néanmoins souriante et optimiste. Nous devrions tous avoir le droit de partir avec le sourire.

Oui. La dignité avant la mort. Une question épineuse... Bien entendu, l'artiste n'était pas naïf, plus depuis belle lurette. Le Monde ne serait jamais parcouru uniquement par des gens heureux et épanouis, fiers de leurs conditions respectives tout autant que de la société dans laquelle ils vivaient. Et pourtant... Cela n'empêchait pas, selon lui, qu'il s'agissait là d'une idylle, d'une utopie vers laquelle l'Humanité devait constamment tendre. L'impossible ne justifiait jamais l'inaction et, après tout, l'impossible d'un jour devenait quelquefois la coutume du lendemain. Tant que l'on conservait une grandeur et une noblesse dans le moindre de ses idéaux, on s'autorisait de fabuleuses surprises. A contrario, dès lors que l'on perdait toute once d'optimisme et de joie désintéressée, on ouvrait la porte à davantage de malheurs et de calamités, à toujours plus d'infamie et d'indignité. On ne pouvait pas espérer vivre en paix si l'on passait notre temps à guerroyer : de même que on ne pouvait tenter d'aimer sans s'exposer un traître instant à une éventuelle haine. Tout était question d'équilibre et, malheureusement, les êtres sensibles et sentients étaient bien souvent trop absolus pour leurs propres biens.



Et nous l'étions nous-mêmes...


Oui. Le mythique n'avait pas besoin de se replonger bien longtemps dans ses souvenirs les plus funestes pour observer quelques réminiscences de ce passé douloureux. Le soupir lourd et las qui l'avait ébranlé l'espace d'un instant en était un aveu indéniable et sincère : ces chimères évanouies depuis longtemps revenaient de temps à autres à la charge pour le malmener et le tirailler, lui insuffler de pénibles angoisses au point de le rendre gourd, tétanisé. La seule chose qu'il ait jamais trouvé pour justifier la sinistre fin qui avait été la leur était précisément leur extrémisme idéologique, qui consistait à accuser sourdement et sempiternellement la moindre action entreprise par le Gouvernement Mondial, de la plus condamnable à la plus honnête, de la plus colossale à la plus désuète. Son insatisfaction l'avait poussé à se montrer sot, crétin et godiche comme il espérait ne plus jamais l'être à nouveau.
L'écrivain déposa sa plume, mollement, puis, soudain abattu par de ternes résurgences de ce naguère envolé, laissa sa conscience lui filer entre les doigts, s'enfonçant au sein de Morphée dans des songes qu'il aurait probablement préféré tenir éloignés.



_________________
“Des chefs de guerre, il y en a de toutes sortes. Des bons, des mauvais, des pleines cagettes, il y en a. Mais une fois de temps en temps, il en sort un. Exceptionnel. Un héros. Une légende. Des chefs comme ça, il y en a presque jamais. Mais tu sais ce qu'ils ont tous en commun ? Tu sais ce que c'est, leur pouvoir secret ? Ils ne se battent que pour la dignité des faibles.”




Dernière édition par Fenice Nakata le Sam 24 Fév - 0:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [FB] Nous sommes tous des morts en sursis. [Solo]   Mer 7 Fév - 2:40

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Nous sommes tous des morts
en sursis.
Solo.


Un éclat de rire gracile fendit les cieux, momentanément suivi par un juron exaspéré. Échauffé, Jack jeta un regard agressif à son interlocuteur actuel. Ce gamin blond était une véritable petite teigne. Toujours à lui chercher des poux, à le tourner en ridicule, à se la jouer impertinent... Putain. Quand il repensait à Trader et à tout ce qu'il avait fait pour sauver la mise de ce fichu piaf, le logia du sable avait tendance à avoir les nerfs en pelotes. Cette fois-ci, ce gros gamin n'avait rien trouvé de mieux que de remettre en question la véracité des dires qu'il était en train d'exposer, sur le pont de leur navire, le gigantesque Suzanô. Alors que le bagarreur expliquait fièrement avoir terrassé un colonel en deux temps trois mouvements, usant de son intangibilité pour le surprendre avant de lui éclater la tête contre un mur à maintes reprises, le musicien l'avait coupé, l'air taquin, pour lui rappeler que c'était un commandant qui avait suffi à le mettre dans la merde, lors de leur dernier affrontement face aux marines. Typiquement le genre de comportement de petites fouines que le Turn ne pouvait pas blairer... Poings serrés, il s'emporta donc, se mettant à gueuler à l'encontre de l'adolescent qui, de son côté, n'avait guère l'air impressionné par l'accès de colère de son collègue pourtant à la fois plus âgé et nettement plus costaud qu'il ne l'était lui-même.


Oï ! Tu vas la fermer, ouais ? C'est moi qui raconte ! Et je te rappelle que si l'autre con m'a latté, c'est juste parce que j'ai essayé de t'aider ! T'étais en train de te faire victimiser !



Ben alors, tu t'énerves ? En général, c'est déjà un premier aveu de faiblesse...



Qu... Je vais te faire bouffer tes plumes !


Tandis que Jack s'élançait à la poursuite d'un Nakata toujours plus railleur, lequel usait intelligemment de sa malédiction pour tenter de lui fausser compagnie, Perséphone pouffa de rire avant d'adopter un air attendri. Elle savait que l'apparente inimitié qui liait les deux hommes était plus que feinte : elle avait pu en témoigner en personne lorsque lors de la précédente bataille, justement, ils avaient fait cause commune face à un même et unique adversaire, le terrassant en un claquement de doigts là où ils auraient certainement été réduits à l'impuissance, chacun de leur côté. Dans le fond, le logia du sable chérissait le Phoenix comme s'il s'était agi d'une espèce de petit frère. Et, au final, c'était probablement le rôle qui convenait le mieux à ce gamin, également le membre le plus jeune de l'équipage, exception faite d'Element, qui avait son âge, et de Fran, légèrement moins âgé que lui... Ces trois-là faisaient un groupe pour le moins rafraîchissant pour les cinq autres forbans, dans le fond pas bien plus vieux, mais qui avaient eu l'occasion de passer par bien plus d'expériences diverses et variées. Tandis qu'elle plantait une dernière fois sa fourchette dans le morceau de tarte qu'elle avait récupéré en cuisine et qu'elle avait dégusté en entendant le Turn se vanter, comme à son habitude, de ses innombrables faits d'armes, elle entendit une autre voix l'appeler, au niveau du gouvernail. C'était l'autre jeune femme de l'équipage qui l'appelait...



Perséphone ? J'ai besoin d'aide... J'ai perdu mon livre... Tu ne l'aurais pas vu ?



Tu as cherché dans la chambre des garçons ? C'est peut-être Raphaël qui te l'a emprunté...



Ça, c'est sûr que c'est pas Jack ! Il sait pas lire !



Espèce de sale petite merde ! Attends que je te choppe !


La course poursuite reprit de plus belle tandis que Perséphone se redressait, quittant sa chaise longue pour rejoindre sa jeune amie, entreprenant quelques recherches à ses côtés. Jack, quant à lui, s'évertuait à foncer à la suite du Phoenix, lequel bondissait d'un étage à l'autre puis du pont aux cordages avec une dextérité volatile, que son confrère ne pouvait en aucun cas égaler. Finalement, poussé à bout, le logia contracta les mâchoires et généra une puissante bourrasque de sable en direction du garnement, expédiant ce dernier contre le grand mât. Nakata s'y fracassa puissamment et retomba dans un bruit sourd, ponctué d'un râle d'agonie à peine exagéré, pendant que plus haut, perché au poste de vigie et alerté par les bruits incessants, Hate, le second, se penchait pour fustiger les deux forbans bien trop distraits et dispersés à son goût.


Bon, vous allez vous calmer, tous les deux ? Nakata, arrête de l'emmerder ! Et Jack, arrête d'utiliser ton pouvoir sur le navire, ou tu ramasses tout jusqu'au dernier grain !



Tss. Rabat-joie.



Héhéhé, même pas mal.


Le musicien, sauvé par l'intervention du second, bondit à nouveau sur ses pieds avant de s'épousseter tranquillement, enjoué, tout en sifflotant, gai et guilleret. Jack, bougon, se contenta d'enfoncer ses mains dans ses poches et de s'écarter du jeune artiste, tant que les instincts taquins de ce dernier étaient encore refrénés par la surveillance assidue du second de l'équipage. Après tout, ce genre de provocations étaient monnaie courante, à partir du moment où l'on côtoyait Nakata de manière durable et quotidienne... Le logia avait été le premier à en faire les frais, et le seul, par ailleurs, ou en tout cas à cette fréquence. Raphaël lui avait évidemment conseillé de jouer la carte de l'impassibilité, assurant qu'une telle absence de réaction déstabiliserait le blondinet et permettrait au Turn de lui rendre la politesse avec d'autant plus d'efficacité, mais le baroudeur n'avait jamais été assez patient pour y parvenir. Force était d'admettre que ce gamin avait du bagout, malgré son jeune âge, et le seul à avoir réussi à le moucher efficacement avait été Johnny. Ce même Johnny, d'ailleurs, avait également suivi la dispute d'un air au mieux détaché, au pire complètement indifférent. Certes, ces différends bon enfant étaient un spectacle appréciable et rassérénant, mais son objectif, au final, était avant toute autre chose de pouvoir découvrir le monde aux côtés de compagnons. Qu'ils se chamaillent ou non ne lui changeait pas grand chose... Le tireur était d'ailleurs également présent sur le poste de vigie, à chouchouter attentivement son arme de prédilection, ses pistolets-dials, lorsque la voix du second fut à nouveau audible, mais cette fois-ci à son attention.



Tu veux pas les rejoindre ? Je peux me charger de la surveillance, pour une fois, tu sais.



Borf. Un peu de calme, c'est pas plus mal, de temps à autres.



Ça... Je risque pas de te contredire...


Même le vieil ami d'Hate, Raphaël, autrement dit le capitaine de ce bâtiment de désaxés, semblait avoir rajeuni subitement en compagnie du Phoenix. La bonne humeur de leur nouvelle recrue était assez contagieuse, mais il était loin d'être le seul gamin naïf dont la charge leur incombait... Fran était également plutôt pas mal, en son genre. Au final, c'était peut-être même lui, le plus couillon des deux, songea le cyborg avec un sourire affectueux vissé sur les lèvres. Un nouveau coup d’œil lui permit de retrouver la trace du logia du sable, qui était sagement aller s'installer à l'autre bout du navire pour picoler sereinement, sans avoir Nakata dans les pattes. C'était une bonne chose que de constater qu'il finissait petit-à-petit par s'assagir et s'apaiser, lui aussi... Enfin, la présence de Perséphone n'y était probablement pas étrangère. Elle attirait tous les regards, exception hypothétique faite du jeune artiste qui cherchait manifestement à s'attirer les faveurs d'Element. D'ailleurs, ce dernier ne tarda guère à se faire remarquer à nouveau, sortant des cuisines en brandissant l'ouvrage recherché par l'archéologue un petit peu plus tôt.



Oï ! Element ! J'avais raison, c'était pas Jack ! Il était dans les cuisines.



Nakata... T'exagères... C'est moi qui l'avais retrouvé...



Mais non, Fran ! C'était un travail d'équipe ! Hahaha !


Tandis que le Phoenix, tout fier du vol de dur labeur dont il était l'auteur, se précipitait en direction de la chambre des hommes où Perséphone et Element devaient encore se trouver, Hate remarqua sans le moindre mal la mimique exaspérée de Jack qui, s'il entendit bel et bien les paroles de son benjamin, sembla y demeurer exceptionnellement hermétique et imperméable. C'était là un véritable exploit pour cette tête brûlée, et le cyborg se jura qu'il ne tarderait pas à l'en féliciter dès lors que la situation s'y prêterait, mais il fut coupé dans son élan par l'intervention d'un tiers qui s'approcha du logia pour lui subtiliser l'une de ses bouteilles et la siroter tranquillement, l'air de rien. Si l'alcoolique tenta bien de protester, cette fois-ci, aucun mot ne fut formulé par ses lèvres hésitantes... Et pour cause ! La personne qui lui faisait face n'était nulle autre que le capitaine de ce navire bruyant et indéniablement animé.



On dirait que tu commences à choper le truc.



Faut bien. Va me rendre taré, sinon.



Sois patient. On a tous été jeunes.



Ça ouais. Mais on a pas tous été cons.


Le rire cristallin qui quitta la gorge de l'ancien Schichibukai attira sur le faciès d'Hate un sourire bienveillant, à son tour. Son vieil ami avait été dans une humeur assez massacrante depuis qu'ils avaient été forcé de trahir le Gouvernement Mondial, poussés à bout par les agissements d'un Tenryubito un brin trop intrusif dans la vie privée du corsaire... Il était bon de voir que leur pèlerinage jusqu'à South Blue ainsi que leur nouveau départ avait su porter ses fruits. Petit-à-petit, une véritable communion naissait, tissant des liens au sein de leur bande pourtant disparate et hétéroclite, leur offrant de plus en plus de raisons de continuer à lutter côte-à-côte. A ce rythme, le cyborg en était convaincu : le Nouveau Monde serait à leur portée et, avec lui, le rêve de son capitaine deviendrait leur existence coutumière.
Ils seraient libres.




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MessageSujet: Re: [FB] Nous sommes tous des morts en sursis. [Solo]   Sam 10 Fév - 2:10

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Nous sommes tous des morts
en sursis.
Solo.






Qu'est-ce que... bordel de merde... Marines ! Une flotte !


Johnny n'en croyait pas ses yeux. Son regard, captivé par le spectacle désarçonnant qui se produisait à l'horizon, ne pouvait guère quitter l'étendue de voiles blanches magistrales qui grandissaient et se multipliaient d'instant en instant. Un bataillon, une nuée puis une mer d'embarcations du Gouvernement Mondial se détacha progressivement de la ligne lointaine, comme un essaim d'insectes fondant dans leur direction à vive allure. A cette distance, il était aussi complexe d'estimer leur nombre que leur armement, mais le tireur était sûr d'une chose : ces types étaient là pour eux, d'une manière ou d'une autre. Comment expliquer leur cap, qui risquait de rencontrer frontalement celui du Suzanô, leur propre navire, dans le cas contraire ? Une vague d'appréhension prit place dans son estomac. Il n'était pas du genre à perdre les pédales, certes, mais force était d'admettre que ce spectacle avait de quoi s'avérer glaçant. En rejoignant l'équipage de Raphaël, il s'était douté que tout ne serait pas toujours rose et que des adversaires valeureux se présenteraient à eux pour tenter de les abattre... Toutefois, les quelques altercations qu'ils avaient eu avec la marine depuis qu'ils avaient quitté Trader auraient dû être ce que l'amiral-en-chef leur destinait de plus palpitant. Manifestement, il n'en était rien... L'ancien Schichibukai et ses camarades avaient causé trop de grabuge. A peine élancés au début de Grand Line, leurs mises-à-prix respectives les portaient peu ou prou à 400 millions de berrys au total, lors même que seuls quatre d'entre eux étaient reconnus et recherchés par les services judiciaires. C'était évident que, tôt ou tard, on leur réserverait un comité d'accueil mémorable... Se précipitant vers le bord du poste de vigie, il beugla d'autant plus fermement à l'attention de ses collègues pirates qui, en contre-bas, s'amusaient encore naïvement de son affolement apparent.




Marines droit devant !



Bah tiens donc. Notre tireur se fait dessus, maintenant ?



Ça n'a rien d'un jeu, putain ! Faut qu'on dégage !



Haha, ouais, c'est ça !


Si Jack était absolument imperméable à ce genre d'angoisses sèches et sourdes, les autres membres des Raiu no Kaizoku ne savaient que trop bien que leur tireur, qui faisait également office de vigie, n'était pas du genre à se laisser aller à de telles extrémités sans raisons viables. Ainsi, Nakata arqua un sourcil interrogatif tandis qu'Hate, sceptique, fronçait les sourcils. Les autres ne tardèrent pas soit à sortir de leur léthargie, soit à s'extraire péniblement des entrailles du navire pour Fran, qui avait cru pouvoir profiter de cet après-midi tranquille pour prendre un peu de repos. Constatant l'empressement de Johnny, deux d'entre eux finirent par agir : le musicien blondinet et leur capitaine, Raphaël. Tandis que l'un s'enflammait pour rejoindre le poste de vigie en quelques battements d'ailes, l'autre généra sous ses pieds de minuscules tornades, susceptibles de le projeter par leur seule force déployée. En un éclair, les deux forbans aériens furent perchés en haut du grand mât et, silencieusement, pivotèrent selon les instructions du tireur pour surveiller les embarcations ennemies précédemment aperçues. Et effectivement, force était d'admettre que fidèle à sa réputation, le Starrk n'avait pas grossi le tir de quelque manière que ce fut. Maintenant qu'ils s'étaient quelque peu rapprochés, leur nombre était déjà plus facilement discernable. Le Phoenix, décontenancé, s'arrêta à quinze. Le capitaine, plus assidu, fit assurément monter le compteur... Sauf que ce qui semblait gêner le trio, plutôt que la perspective d'une flotte à leur porte, c'était la taille de deux des embarcations, en particulier.



Des navires de guerre... Il y a forcément de gros morceaux, là-dessus... Marineford ne lésine pas sur les moyens.



Alors, il a pris quoi, le Johnny ?


Le silence qui suivit sa raillerie jeta un froid sur l'assemblée spectatrice. Perséphone, instinctivement, prit momentanément la direction de la barre afin de la tenir d'une main ferme. Dans le cas de figure où Raphaël donnerait l'ordre de dévier leur route, elle pourrait ainsi appliquer l'ordre sans le moindre délai... Sauf que le capitaine, à la surprise générale, ne semblait guère disposer à prendre une telle décision. Tout au contraire, il lâcha un soupir profond d'exaspération et glissa un simple ordre au tireur, qui n'avait pas bougé depuis que ses deux amis étaient montés affiner son premier constat brut.



Descends aussi. Ça ne sert à rien de demeurer là. Tu ne feras que te mettre en danger... Tu es une cible facile.


S'il acquiesça avec lenteur, le Stark n'en fut pas moins interloqué par cet ordre peu orthodoxe. S'il devait déserter le poste par simple souci de sécurité, la situation était effectivement bien plus grave que Jack ne saurait l'admettre... Finalement, comme l'ancien Schichibukai bondissait prestement pour quitter son perchoir, et que le musicien s'élançait à sa suite spontanément, ses bras s'enflammant derechef sans plus tarder, le tireur s'élança à leur poursuite, non sans jeter un ultime regard en direction de ce mauvais présage qui n'en finissait plus de croître. Ils n'avaient potentiellement qu'une paire d'heures avant que les bâtiments navals les plus rapides n'arrivent sur leurs flancs. Ils tenteraient dès lors de les prendre en tenaille... Et la suite serait épouvantable. Johnny était trop sagace et lucide pour ignorer le destin qui attendait les pirates trop fous ou trop stupides, au point de laisser les canons des marines les prendre en cible en feux croisés. Le Suzanô était indéniablement un navire d'excellente qualité, mais sa coque ne résisterait qu'à quelques unes des salves qui s'en suivraient, dans le meilleur des cas... Il descendit donc précipitamment tandis que les discussions s'entamaient et que les esprits s'échauffaient. Il n'en capta d'abord que quelques bribes, puis en perçut finalement la teneur globale. Hate et Raphaël étaient en désaccord, pour la première fois depuis le début de leur périple : le second semblait pour le coup nettement moins désabusé que le capitaine...



On ne peut pas se le permettre.


On doit se le permettre. Regarde un peu leurs effectifs, Hate, et assure-moi qu'ils ne sont pas là pour nous. Ils viennent pour nous tuer. Ils nous suivront, si on décide de les distancer.



Alors qu'ils nous suivent !



Pour communiquer notre position à d'autres de leurs alliés ? On finira écrasés par d'autant plus d'adversaires. C'est maintenant ou jamais.



Si on les évite, on aura l'occasion de se préparer plus décemment ! Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ? Si tu dis vrai, il y a peut-être un vice-amiral, voire deux... Ils nous tomberont dessus avant qu'on éclate le quart de leur flotte.


Ces quelques mots suffirent à Johnny pour comprendre le sujet de la conversation et les différends qui commençaient à naître à la suite de cette sordide révélation. Hate voulait jouer sur la prudence et la précaution : tenter d'éviter cette rixe, quitte à la repousser, en jouant possiblement sur la vitesse du Suzanô couplé au fruit du démon de Raphaël pour les distancer. Possible mais, comme justement souligné par ledit capitaine, cela pouvait donner au Gouvernement Mondial l'opportunité de renforcer les troupes qu'ils leur destinaient afin de leur couper cette opportunité à l'avenir. Leur chef, quant à lui, souhaitait plus probablement rencontrer cette flottille frontalement et demeurer sur la défensive dans un premier temps, avant de répliquer avec virulence afin d'endommager autant que possible leurs futurs poursuivants. De quoi donner l'envie aux matelots de la justice de changer de cible, en somme... Un simple coup d’œil permit au tireur de comprendre que ses autres camarades, quant à eux, étaient partagés et sceptiques. S'il était évident que Jack, bagarreur de son état, se rangeait mécaniquement et naturellement du côté de Raphaël, ayant plus que l'ambition d'en découdre, Fran et Element demeuraient manifestement plus frileux à cet égard. Perséphone, qui menait la barre, n'avait pas l'air très focalisée sur le débat en lui-même mais plutôt sur les ordres qui en découleraient et le Phoenix, quant à lui, oscillait d'un bord à l'autre. Le tireur poussa une expiration sourde et profonde, balayant les doutes qui avaient obscurci son esprit un instant durant, avant de prendre son menton entre son pouce et son index, revêtant une posture pensive et songeuse. Il capta de ce fait l'attention pleine de ses amis qui, comme un seul homme, attendirent ce qu'il avait à leur annoncer.


Fuir simplement ou opposer résistance, hein... Le pari sur l'avenir le plus sage, ce serait de les confronter pour les surprendre et gagner autant d'avance que possible. L'autre option ne serait ni plus ni moins qu'une solution éphémère...



Nous ne devons pas craindre ou fuir un combat. Hate, par pitié ! On a tenu tête à un Buster Call, sur Shabondy ! Tu crois vraiment que ces types-là vont nous trucider ?



Et on s'en est tirés en évitant le conflit, Raphaël ! Bien sûr que non, je ne crois pas qu'ils vont nous trucider, mais...



Alors fais-moi confiance.


Un silence de plomb, assourdissant comme jamais, vint saisir le cœur de chaque pirate présent tandis que leurs deux têtes d'affiches principales échangeaient un regard lourd et appuyé. Cette atmosphère froide et palpitante ne s'était pour l'instant jamais invitée parmi eux : ils avaient bien entendu d'ores et déjà eu l'occasion de combattre côte-à-côte, mais à part à Trader où les festivités s'étaient faites redoutables pour un certain nombre d'entre eux, tout s'était pour l'instant articulé tel que Raphaël l'entendait. Cette perspective poussa finalement le cyborg à capituler dans un soupir las tandis que son supérieur, satisfait, affichait un sourire épanoui. Perséphone, incompréhensive et extérieure à ce petit jeu de tensions, attira à nouveau l'attention sur elle en prenant la parole d'une voix claire et audible.



Alors ? Qu'est-ce que je fais, Raphaël ?



Cap droit devant ! Ils vont comprendre qu'ils auraient mieux fait de nous éviter...



J'ose l'espérer...


La morosité d'Hate gagna immédiatement un certain nombre des autres forbans tandis que, depuis le pont, la flotte de la marine qu'ils s'apprêtaient à narguer croissait à vive allure. Johnny, à nouveau plongé dans un mutisme sourd, porta nerveusement l'une de ses mains à la crosse de l'un de ses pistolets. Il savait bien entendu qu'il allait devoir s'en servir, aujourd'hui : aucun des forbans ne l'ignorait. Mais, tout comme le cyborg, c'était principalement l'appréhension plutôt que l'ardeur d'un combat épique qui l'avait gagnée. Il n'espérait qu'une seule et unique chose : que cela ne soit pas l'ultime décision de leur capitaine... Dans tous les cas, dans l'immédiat, ils avaient encore le temps de préparer un stratagème. Et ils le firent sans plus tarder, y prenant tous part pour enregistrer les conseils et les directives de l'ancien corsaire.



_________________
“Des chefs de guerre, il y en a de toutes sortes. Des bons, des mauvais, des pleines cagettes, il y en a. Mais une fois de temps en temps, il en sort un. Exceptionnel. Un héros. Une légende. Des chefs comme ça, il y en a presque jamais. Mais tu sais ce qu'ils ont tous en commun ? Tu sais ce que c'est, leur pouvoir secret ? Ils ne se battent que pour la dignité des faibles.”


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Fenice Nakata
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MessageSujet: Re: [FB] Nous sommes tous des morts en sursis. [Solo]   Sam 24 Fév - 12:16

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Nous sommes tous des morts
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Deux navires... Et ils se détachent du reste de la flotte. A tous les coups, ils vont vouloir...



Endommager le Suzanô, pour nous attraper plus facilement, évidemment. Manœuvre basique...


Les deux gradés de l'équipage, côte-à-côte, lorgnaient l'horizon avec défiance. Les marines ne lésinaient pas sur les moyens mais ils prenaient en plus le luxe d'agir précautionneusement : leur cible était l'ancien capitaine corsaire, cela ne faisait aucun doute, et ils étaient prêts à mettre en oeuvre des moyens colossaux pour assurer sa capture. De fait, il y avait fort à parier que quelques très hauts-gradés garnissent les rangs de cette armada incommensurable qui risquait fort de leur donner du grain à moudre : les effectifs n'auraient peut-être même pas eu à pâlir devant un Buster Call... Tout ces moyens groupés et projetés sur un seul équipage pirate... C'était une occasion de se gargariser, si le moral des troupes l'avait permis : les ténors du Gouvernement Mondial les analysaient comme une menace prioritaire à éradiquer de toute urgence. En soi, ils n'avaient pas tort de procéder ainsi : Raphaël entendait bien bouleverser le monde de la piraterie. Il n'avait jamais visé le One Piece, mais escomptait a minima prendre le rôle d'un Empereur s'il n'arrivait pas à tous les faire tomber à genoux. Lorsqu'ils seraient aussi renommés et craints, ils ne pourraient qu'être absolument libres, et nul ne viendrait leur opposer résistance d'une si funeste manière... L'ange, avec une lenteur éternelle, vint clore ses paupières pour profiter des quelques rafales qu'Éole leur apportait. L'espace d'un instant, il jura pouvoir sentir la poudre que les marines s’évertuaient d'ores et déjà à dispenser généreusement dans la myriade de canons qu'ils apprêtaient et affairaient, dans le but de couleur leur embarcation dès qu'ils seraient à portée de tir. Cette divagation lui permit de tirer une conclusion limpide qui risquait de s'imposer comme stratégie dans les minutes et les heures à venir, jusqu'à ce qu'ils parviennent à s'extraire du front qu'on leur opposait si solidement. Il ne tarda donc guère à l'exposer à ses subordonnés, tournoyant vivement sur lui-même pour les scruter d'un air formel et cordial, qu'il ne revêtait que dans les plus grandes occasions. Il voyait bien que les jeunes pirates eux-mêmes étaient tendus et alertes comme jamais...


On ne doit pas les laisser nous pilonner. S'ils arrivent à endommager notre coque ou à toucher notre voile, nous deviendrons une cible facile et grossièrement exposée. Ils n'auront qu'à resserrer le carcan petit-à-petit pour nous voir sombrer...



Tu proposes quoi ?

Je m'occupe d'en nettoyer un. Jack et Nak, vous en prenez un autre. Element, monte sur Nak et accompagne les. Hate, tu restes en défense et tu supervises. Perséphone reste à la barre et continue à foncer droit. Fran, en défense également, mais cache ta malédiction pour l'instant. On doit leur garder quelques surprises. Johnny, surveille les mouvements sur les autres navires et réfères-en à Hate si tu vois quelque chose de louche.


La chose sembla claire à l'ensemble des forbans, qui opinèrent du chef sans poser de question. Sans plus tarder, Johnny s'empara d'une longue-vue et alla se placer au niveau de la proue, baladant son regard alerte et inquisiteur sur les silhouettes qui croissaient à l'horizon, sans pour l'instant déceler quoique ce soit d'important. Fran se contenta de déglutir légèrement avant de regarder le sabre qui pendait mollement à sa ceinture, pas assez sot pour ignorer qu'il aurait tôt ou tard à en user : c'était leur première véritable bataille navale, et la pression agissait sur lui autant que sur ses collègues... Exception faite de Jack, qui semblait jubiler. La brute épaisse fit craquer les jointures de ses doigts en se redressant précipitamment, prêt à s'élancer sur le navire qui leur avait été attribué dès que l'ordre leur serait donné. Nakata, quant à lui, se rapprocha d'Element pour qu'elle puisse bondir sur son dos prestement, dès qu'il aurait revêtit sa forme mythique. Mieux valait saisir l'occasion tant qu'elle était alléchante... S'ils n'opposaient pas farouche résistance dès à présent et sans tourner autour du pot, alors il y avait fort à parier qu'ils n'arriveraient plus jamais à reprendre l'ascendant au court de la bataille. C'était maintenant que tout se décidait : arriveraient-ils à tenir tête aux gouvernementaux, ou seraient-ils balayés comme de vulgaires insectes ? Le capitaine de ce si singulier équipage, les poings serrés et le regard acerbe, lorgna les deux embarcations qui se rapprochaient à vive allure et donna un ordre sec et soudain au moment qui lui semblait être le plus favorable à ce genre de manœuvres : alors que les ennemis étaient encore trop loin pour les atteindre, mais trop proches pour que des renforts ne puissent se joindre à cette petite sauterie précipitée.



ON Y VA ! MAINTENANT !


Deux petites tornades naquirent d'un coup d'un seul, sous les pieds de Raphaël, et si leur existence ne fut que très éphémère et fugace, elles n'en furent pas moins suffisantes pour le catapulter à vive allure droit dans la direction de sa propre cible, s'accaparant sans plus attendre l'attention pleine de l'ensemble de la flotte ennemie. Ce mouvement à la fois tapageur et intrépide eut le don de couvrir la progression plus lente de ses trois amis : le Phoenix, qui avait sur son dos la frêle jeune femme, battait des ailes aussi puissamment que possible mais demeurait néanmoins légèrement en retrait par rapport à la colonne de sable qui se précipitait droit vers les ennuis.
Perdant momentanément du regard ce fabuleux et flamboyant trio, sachant avec la plus franche des convictions qu'ils étaient capables de s'occuper de n'importe quel ennemi suffisamment sot pour leur barrer la route inconsciemment, le capitaine se posa de son propre côté au milieu des troupes adverses qui ne tardèrent guère à le mettre en joue, quoique médusées par la virulence et la spontanéité d'une telle approche. Le grouillot n'eut néanmoins jamais le temps de faire feu : le Supernova entendait bien nettoyer l'endroit aussi promptement que possible, et ces matelots-là n'y faisaient en aucun cas exception.



Fuujin no Yoroi ! Dégagez de mon chemin !


Une tornade naquit, englobant l'ancien Schichibukai avec virulence avant de s'étendre, projetant purement et simplement la poignée de soldats trop téméraires par-dessus bord. Raphaël, là-dessus, pivota pour faire face aux voiles et au grand mât, plus particulièrement : autant saboter l'embarcation tant qu'il en avait l'opportunité. Il généra donc un Fuujin no Te au niveau de sa main droite et le projeta vigoureusement en direction du bois solide. La petite tornade condensée s'avança jusqu'à rencontrer cet obstacle : à cet instant, elle se mit à rugir et prit tant d'ampleur que le bois craqua puis céda, éclatant en une nuée d'épines. Brusquement brisé en deux, il s'effondra sur l'arrière, manquant d'écraser d'autres soldats qui, précipitamment inquiétés par les bruits du combat certes bref mais pas nécessairement discrets, s'étaient élancés pour en vérifier l'issue. Cependant, ledit grand mât n'heurta jamais vraiment le sol : il fut plutôt attrapé par un gradé qui passait par-là et jeté dans l'océan. L'homme, vêtu d'un manteau de colonel, s'avança de quelques pas en jetant à son adversaire un regard désabusé. Il soupira ostensiblement et, passant une main distraite dans sa chevelure, destina au criminel quelques paroles lasses. Il le savait : il n'avait aucune chance de triompher... Mais il avait accepté la mission sans tergiverser, et savait précisément ce qu'il avait à faire. C'était son sens du devoir qui l'animait...



Enchanté, renégat. Je suis le colonel Sanjuan... Et je vais tâcher d'être divertissant.



Rassurez-vous, soldat. Ce n'est pas comme si j'attendais de vous que vous le soyez.




Jack avait pris de l'avance, aussi audacieux qu'à l'accoutumée : il bouillonnait intérieurement d'enfin se livrer à son exercice favori, à savoir l'épanchement de ses instincts guerriers et baroudeurs. Il ne tarda guère à le montrer, d'ailleurs : deux balles venaient de l'atteindre en plein visage, le transperçant de part en part sans lui causer le moindre dégât lorsqu'il retomba auprès des fautifs, deux matelots apeurés et très loin de pouvoir lui causer du tort. Le premier fut terrassé d'un coup de poing en plein nez : l'ivrogne sentit avec une satisfaction quasiment malsaine l'os se craqueler et éclater en une foultitude de résidus de cartilage et se désintéressa dès lors de cet opposant qui beuglait à n'en plus pouvoir. Son ami n'eut d'ailleurs pas beaucoup plus de chance : attrapé fermement, il fut purement et simplement balancé par-dessus bord par le pirate, et par conséquent précipité dans l'océan sans avoir la moindre chance de se rattraper à quelque aspérité que ce fut. Le logia, conscient qu'il avait encore un petit moment à s'amuser en solitaire, leva alors ses deux mains à hauteur de son buste. Son visage se fendit d'un sourire machiavélique et il prononça d'une voix grave et rauque, faisant tressaillir et blêmir les quelques soldats qui s'apprêtaient à le combattre, quelques mots d'un bien mauvais augure :



Ben putain. J'aimerais pas être vous. Tamasable...


Ses deux poings se transformèrent, revêtant l'aspect de deux boules de sable terriblement compactes. Leur solidité fut bientôt mise à rude épreuve tandis que l'une d'entre elles rencontrait l'abdomen d'un matelot, le projetant sèchement contre un mur qu'il heurta violemment avant de s'effondrer lourdement, propulsé dans l'inconscience. Ses collègues tressaillirent, mais n'eurent en aucun cas les facultés nécessaires pour répondre à cette intrusion musclée : ils le comprirent lorsqu'une épée manqua de décapiter Jack sans toutefois lui causer le moindre dommage. Pour se venger de l'impudent fautif, l'ivrogne ne perdit pas l'ombre d'un instant : il marcha sur le pied du sabreur, usant de cela comme d'un appui inextricable, et lui fournit un uppercut des plus généreux. Si le buste du malheureux tenta de décoller en même temps que ses quelques dents qui s'étaient brusquement décollées de sa mâchoire, il n'y parvint pas, coupé dans son élan par le pied mesquin. Le type s'effondra donc à son tour, la mâchoire réduite en charpie et la colonne vertébrale dans un sale état. Ses collègues n'eurent malheureusement guère plus de chance : une tempe fut percutée, suivit de près par une cage thoracique qui, à en croire les hurlements laconiques et essoufflés du blessé en question, avait eu la malice de pénétrer un poumon. Le logia ne dispensa guère plus de coups, puisqu'il fut coupé dans son élan par une voix aiguë qu'il reconnut sans la moindre peine.



Jack ! Rends-toi intangible ! Mini Horo !


Le logia s'exécuta, peu enclin à laisser quelques brûlures parsemer sa peau, et lorgna du coin de l’œil l'arrivée de ses deux collègues retardataires. Le Phoenix, qui avançait moins vite et plus stablement qu'au début de leur élan, avait permis à la jeune femme de se redresser. Element, paume orientée vers le ciel, venait ainsi de générer deux minuscules fantômes qu'elle ne tarda guère à envoyer de part et d'autres de son ami intouchable : deux explosions eurent lieu, achevant de précipiter la petite troupe de marines au sol, avant que la demoiselle ne saute habilement jusqu'à prendre place aux côtés de Jack qui, non sans grommeler, reprenait son apparence standard. Il aurait préféré achever ces rigolos lui-même, mais après tout, le but n'était pas de s'appesantir et d'exécuter le plus de marins à bord... Mais bel et bien de leur glisser quelques bâtons dans les roues. A son tour, le Phoenix reprit forme humaine et se laissa choir aux côtés de la jeune femme gracile, tandis qu'il sifflotait avec admiration en réalisant quelques étirements basiques.



Elle est beaucoup plus efficace que toi, Jack !



Mais quand c'est que tu la fermes, pour changer ?


Vous fanfaronnez ? Vous semblez à vos aises, pirates... Deux primés sur quatre, pas de trace du capitaine. J'ai touché le gros lot. Colonel Melovise. Vous pouvez garder le silence, vous rendre et tout le toutim. De toute façon, on compte pas vous ramener vivants, si vous en doutiez encore.



Hm ? T'as bouffé un clown, grand comique ? Viens par là, je vais le faire ressortir.



Et c'est le non-primé qui a la plus grande gueule... Typique.


Le gradé bondit prestement, se réceptionnant lourdement à quelques mètres seulement des trois forbans qui, comme un seul homme, se mirent en garde. Un colonel... C'était peut-être un peu trop s'ils avaient dû combattre séparément, puisque ces gradés semblaient être dépêchés par le Quartier Général de la Marine. Il s'agissait forcément de combattants émérites... Mais à trois ? La situation était loin d'être catastrophique, et le résultat du combat loin d'être couru d'avance. Ils entendaient bien faire montre de leurs compétences fulgurantes...




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MessageSujet: Re: [FB] Nous sommes tous des morts en sursis. [Solo]   Jeu 1 Mar - 14:50

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Nous sommes tous des morts
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C'était terminé. Comme prévu, s'occuper du colonel et de ses sous-fifres ne lui avait pas pris bien longtemps : Raphaël, en tant qu'ex capitaine corsaire, possédait un potentiel destructeur incommensurable et indéniable. C'était en grande majorité pour lui que le Gouvernement Mondial avait envoyé un tel comité d'accueil, lors même qu'ils arrivaient tout juste sur la Route de Tous les Périls... Autrement dit, il n'avait pas un instant durant douté de ses chances de victoire quant à cette petite rixe, qui n'avait été ni plus ni moins qu'une perte de temps. Le mât brisé et la majorité des hommes d'ores et déjà hors d'état de nuire ne pourraient dorénavant plus entraver la progression irrépressible du Suzanô... L'un des deux navires de l'avant-garde venait par conséquent de tomber. Un sourire sur les lèvres, le capitaine tourna les talons, laissant son adversaire affalé contre un mur, un bras brisé et un flot de sang s'écoulant le long de son visage depuis sa tempe droite. Il était dans un sale état et ne pourrait assurément plus leur causer de problème... Mais il n'avait pas pour autant déposer les armes. S'il fut ébranlé par une quinte de toux un instant durant, le colonel Sanjuan ne tarda guère à revêtir un sourire satisfait avant de prendre la parole d'une voix faible et tremblante, comme s'il essayait de forcer au maximum sur ses cordes vocales pour s'accaparer la pleine attention de son ennemi qui, d'un coup d'un seul, s'immobilisa pour l'entendre parler respectueusement.



Comme attendu... Il était certain que tu serais un ennemi valeureux... Je n'ai vraiment pas eu de chance, mais... Toi non plus.



Excusez-moi, mais il me semble que vous divaguez.


L'ancien Schichibukai fit à nouveau volte face, se plantant, droit et fier, dans le champ de vision de son interlocuteur qui, contre toute attente, affichait un sourire suave et mièvre. Raphaël fronça les sourcils, n'aimant guère cet air satisfait qui trônait sur le faciès de son ennemi. Il lui avait fait mordre la poussière, avait rendu son navire quasiment inutilisable et avait passé à tabac l'immense majorité de ses subordonnés... Que lui fallait-il de plus pour admettre sa défaite ? Était-ce les éléments suicidaires que le Gouvernement Mondial avait envoyé à sa rencontre, comme pour tenter de les fatiguer, lui et ses camarades, avant l'éclatement du vrai conflit ? Cette pensée, quoique fugace, ne manqua guère d'instiller un certain doute au sein du cœur de l'ange. Si son visage ne fut déformé par l'appréhension qu'un très bref instant, son opposant parvint néanmoins à le saisir au vol et l'amplifia allègrement, non sans le narguer au passage d'un clin d’œil des plus mesquins et des plus vils.

Tu dois t'en être rendu compte. Si deux navires ont été envoyés, c'était précisément pour vous pousser à réagir, vous mettre en confiance... Et pour vous séparer. On savait que tu t'en prendrais à l'un d'entre nous... mais on savait aussi que tu enverrais tes subordonnés sur l'autre bateau. Et malheureusement pour vous... Je suis le moins puissant des deux colonels dépêchés pour l'occasion.


Il jubilait. C'était l'évidence même. Le marine se gargarisait d'avoir pu tenir tête à l'ancien capitaine corsaire en imaginant que sur l'autre embarcation, au même moment, son collègue s'occuperait de mettre à mort les forbans envoyés par les Raiu no Kaizoku pour s'occuper de l'autre face de cette première brève escarmouche... Pour autant, à l'annonce de cette tactique simplissime, l'ange afficha un sourire croissant qui vira bientôt à l'éclat de rire spontanée, clair et enjoué. Il n'était ni moqueur, ni méprisant : simplement heureux, et soulagé de savoir qu'effectivement, les marines sous-estimaient singulièrement le potentiel de ses camarades. Certes, en dehors d'Hate et de lui-même, seuls Element et Nakata étaient connus et primés des services de la Marine... mais il avait craint, l'espace d'un instant, que les responsables de l'attaque ne se soient montrés exagérément précautionneux et prudents quant à ce premier petit stratagème. Sa réaction ne tarda guère à absolument décontenancer le colonel Sanjuan qui, immobile et impuissant, lorgna son interlocuteur sans piper mot, bouche bée et sidéré. Finalement, impétueux et impudent, le capitaine des Storms afficha un sourire amusé et répondit avec franchise tout en se dirigeant à nouveau vers le bastingage, deux petites tornades se formant de plus belle sous la plante de ses pieds.



Navré pour vous, marine. Mais si j'ai envoyé ces trois-là, c'est précisément parce qu'il en faudrait dix, des comme vous, pour en venir à bout.





Putain. J'avoue qu'il est solide, le bougre. Ça va, le poussin ?



Ta mère, Jack. Element, reste derrière moi...



Tu ne devrais pas te mettre en avant comme ça, pour me protéger.


Jack, les poings toujours solidifiés sous la forme de deux boules de sable condensées, se plaça machinalement devant le duo de jeunots qui devait attaquer le navire à ses côtés. Lui était intangible, et n'avait pas à se méfier outre mesure des agissements du colonel Melovise. Nakata, en revanche, avait à plusieurs reprises pris le parti de s'interposer entre les offensives du puissant sabreur et sa cible primordiale, Element. La jeune femme, frêle, possédait pourtant une prime quasiment trois fois supérieure à celle du Phoenix... Autant dire qu'elle symbolisait une menace autrement plus colossale que ses deux compères qui se donnaient un mal fou pour emmerder le gradé et l'empêcher de réussir le moindre de ses assauts. Le marine, lassé, darda le baroudeur aux cheveux bleus d'un regard acerbe et fatigué. Ces trois-là étaient très loin d'être des adversaires invincibles et infatigables, mais ils n'en étaient pas moins rusés et redoutables, force était de l'admettre. Le premier, maudit d'un logia, était absolument intouchable et le colonel devait constamment le tenir à l’œil tout en s'occupant pour l'heure de ses petits camarades. Le second, maudit d'un zoan mythique, possédait manifestement la capacité de guérir la moindre de ses blessures... Sans cela, il baignerait d'ores et déjà dans une mare de sang, l'épée du colonel ayant déjà laissé une longue estafilade le long de son T-shirt désormais encrassé de sang au niveau de son abdomen. La troisième, enfin, agissait en parfait soutien, se tenant à distance pour catapulter vers le gradé ses petits fantômes aux propriétés explosives aux moments qui lui semblaient être propices et opportuns... Sa fourbure ne tarda guère à se faire remarquer tandis qu'il partait à nouveau à l'assaut, contournant prudemment l'homme-sable pour éviter de l'avoir dans les pattes d'entrée de jeu.



Vous commencez à me lasser !


Le soldat endurci fonça donc droit dans la direction de la jeune femme qui, sans plus attendre, se mit en garde, l'attendant de pied ferme. Elle n'en eut néanmoins jamais l'obligation : alors que Melovise s'apprêtait à bondir dans sa direction pour la trancher en deux d'un coup sec, le blondinet s'interposa de plus belle, son air intrépide et narquois sur les lèvres. Ce type se foutait de lui ! L'épéiste, légèrement décontenancé, songeant un bref instant à tenter de mettre à mal les compétences de régénération de son opposant en lui fournissant une blessure dont il se souviendrait un long moment... En lui coupant un bras, par exemple. Malheureusement, il fut coupé dans son élan par la voix de Jack qui, sur son flanc, annonça la couleur d'un ton plus qu'enragé.



Desert Spada !


L'épée de sable coupa la route au colonel, le forçant même à bondir vers l'arrière, déstabilisé et surpris par l'intervention de son assaillant qui ne s'était pas faite attendre. Le logia gagnait en pertinence et en efficacité à vue d’œil, à en juger ses mouvements et ses décisions... C'était comme s'il s'adaptait à l'affrontement, comme s'il devenait un guerrier taillé sur mesure pour venir à bout de ce marine en particulier. Ledit marine, de son côté, grimaça ostensiblement. Plus le temps passait, et plus le capitaine de ces fieffés forbans risquait de pointer le bout de son nez... Condamnant pour ainsi dire sa mission à l'échec. S'il avait confiance en Sanjuan, il ne pouvait décemment pas espérer avoir à son compte plus de quelques minutes. Il était sur le point de reposer ses pieds sur le sol afin de retrouver un appui stable, dans l'optique de l'élancer droit vers le jeune blond plus sèchement que jamais pour le décapiter d'un coup d'un seul, lorsqu'il se rendit compte, effaré, que c'était précisément cet adversaire qui avait pris les devants. Contre toute attente, le jeune Phoenix, qui s'était jusque-là contenté de demeurer aux côtés d'Element pour la prémunir de toute menace, même abstraite, venait brusquement de prendre les devants en se catapultant dans la direction du colonel et en menaçant de lui fournir un coup de poing d'un moment à l'autre. S'il fut a priori pantois face à une telle approche, l'agent du Gouvernement Mondial retrouva bien vite son aisance et son sérieux : c'était une chance inouïe et inespérée. Il était grand temps d'en finir... Sa lame dessina une courbe circulaire agressive, menaçant de mordre Nakata au niveau de l'épaule droite et de le trancher en deux diagonalement, lui fournissant de ce fait une blessure dont il ne pourrait jamais se remettre. Cependant, pour la première fois depuis que le combat s'était enclenché, un phénomène hors norme eut lieu : le garçonnet revêtit sa forme totale, passant du jeune homme fringuant au gigantesque oiseau azuré, dont les flammes ne firent guère plus que vibrer au passage de l'épée adverse.



Jack ! Maintenant !



Je sais, bordel, je sais ! Desert Pesado !


Alors que l'oiseau bifurquait puissamment, Melovise parvint sans peine à localiser Jack qui, durant l'assaut en apparence désespéré et suicidaire du mythique, avant généré une quantité affolante de sable dans sa main droite. Il la balança sans l'ombre d'une hésitation et une tornade de taille réduite mais néanmoins vorace naquit d'un coup d'un seul, sous les pieds du gradé, le projetant vigoureusement dans les airs. L'homme, estomaqué, n'eut alors guère d'autre choix que de lorgner la myriade de petits fantômes que la demoiselle avait généré au compte gouttes tandis qu'ils fondaient dans sa direction, enclenchant l'instant suivant d'une explosion en chaîne qui ne laissait que peu d'incertitude quant à l'état physique de l'ennemi du trio de pirates.



Ghost Rap !


Tout n'avait été pour les trois forbans ni plus ni moins qu'un jeu d'enfant. Les deux hommes avaient pris le parti de laisser Element en retrait volontairement et d'une façon si flagrante que Melovise avait rapidement songé qu'elle était piteuse combattante, et que le Phoenix restait uniquement à ses côtés pour la défendre corps et âme, quelques soient les dangers qui planaient sur elle. A la vérité, il n'avait rien fait d'autre qu'attirer l'attention de l'opposant tandis que la maudite générait des petits fantômes à n'en plus pouvoir, les expédiant sous le plancher du navire pour que le gradé ne puisse pas les localiser au moindre coup d’œil. Jack avait comme à l'accoutumée prit le rôle qui lui seyait si bien d'entremetteur : il s'était chargé d'empêcher le colonel de prendre le blondinet de court en le forçant à agir de façon plus détournée, plus lente, moins brutale et moins sèche. Quant au reste, le stratagème rodé avait déjà été testé plus d'une fois : le zoan mythique se mettait en danger exagérément, profitant de son immunité pour sembler grisé par le pouvoir du point de vue de leurs assaillants, tandis que le logia se chargeait d'entraver les mouvements ennemis pour offrir à la paramecia un véritable boulevard dans lequel elle engouffrait ses créations explosives sans hésiter un traître instant. Un enchaînement rodé et plus que fonctionnel, autrement dit...



Bien joué, vous trois. Bon enchaînement... Vous progressez. Venez, retournons sur le Suzanô au plus vite.


Tandis que ses trois camarades mettaient à terre le gradé, l'ancien Schichibukai en avait profité pour nettoyer les sabords des canons qui s'y trouvaient, usant de son pouvoir particulièrement utile en la matière pour repousser l'artillerie lourde sur les hommes qui tentaient de les remplir dans l'optique de les usiter durant les instants à venir. Il avait toutefois eut le loisir de détailler la fin de leur assaut conjoint, appréciant les compétences mordantes et l'intelligence endémique à leur stratagème à leurs justes valeurs. Ils étaient véritablement dignes du nom de pirate... Sans plus tarder, le capitaine fit demi-tour, prenant la direction du navire tandis que le Phoenix s'élevait à ses côtés, la fille-fantôme sur le dos, et que Jack le doublait en trombe en grommelant, frustré de n'avoir pas pu délivrer le coup fatal à l'adversaire tenace auquel ils avaient eu droit. Pour autant, il n'était pas fondamentalement emprunt d'une colère froide et sourde, qui aurait pu le pousser à se montrer grossier et insultant : il ne savait que trop bien que ce ne seraient pas les occasions de cogner qui manqueraient, dans un futur plus que proche... Le quatuor s'était élevé depuis quelques secondes et avait parcouru une bonne moitié du chemin lorsque Johnny leur adressa de vastes signes de la main. S'ils crurent dans un premier temps qu'il s'agissait là d'une manifestation de bon cœur et de bonté, les hurlements du vigie ne tardèrent pas à avertir le capitaine quant à la raison en vérité toute autre et bien plus sordide de cette agitation soudaine et impromptue...



Raph ! Tout le monde ! Faites gaffe ! Ils vont tirer !


La sentence tomba comme un couperet et, d'un coup d'un seul, l'ancien corsaire pivota brusquement pour faire face à la flotte grandissante qui, à quelques centaines de mètres de là, était pointée du doigt par Johnny comme étant une source tangible d'ennuis. Raphaël comprit instantanément la nature de la détresse que le vigie avait tâché de leur communiquer : plusieurs fusiliers venaient de les mettre en joue, menaçant de faire feu d'un instant à l'autre. Qui était la cible ? Lequel des forbans voulaient-ils abattre ? Jack avait pris trop d'avance et, de surcroît, était un illustre anonyme. Cette occasion inespérée de mettre à mort l'un des Raiu no Kaizoku devait être aussi fructueuse et prolifique que possible, aussi le capitaine l'exclua-t-il d'entrée de jeu sans même y songer plus qu'un instant durant. Lui-même n'était pas non plus une proie envisageable pour les gouvernementaux : il était trop puissant et Sanjuan lui-même avait admit que les gradés du Gouvernement Mondial avaient plutôt tendance à le surestimer. Ils devaient songer, et à juste titre, que tirer dans sa direction ne serait ni plus ni moins qu'un futile coup dans l'eau... Il ne restait plus qu'une seule et unique cible viable.
Les coups de feu eurent lieu alors que le verdict tombait sèchement dans l'esprit de l'ange. C'était Element, qu'ils visaient et tentaient de mettre à mort. Mais pas seulement Element. Le phoenix aussi était la proie de ce tir groupé. Deux pour le prix d'un... les hauts-dignitaires de l'attaque avaient délibérément et sciemment sacrifiés deux colonels et deux bâtiments navals pour s'offrir une telle opportunité. Il y avait nécessairement du granit marin dans l'affaire, et s'ils ne mourraient pas sur le coup, Nakata et la jeune femme seraient précipités jusque dans l'eau glacée qui les étreindrait sans que quiconque ne puisse les en tirer à temps. C'était la mort qui les cernait, et qui s'apprêtait à les faucher...

Le jeune artiste, qui n'avait pas le recul de son supérieur, comprit néanmoins très aisément que c'était Element que les gouvernementaux tâchaient de mettre à mort. Il lui hurla momentanément de s'accrocher, ce qu'elle fit sans plus attendre, et présenta instinctivement son ventre et ses ailes aux tireurs ennemis en veillant à demeurer bel et bien tangible, afin que les projectiles s'enfoncent dans ses flammes, le blessant dûment, sans jamais risquer d'atteindre sa cavalière. Il n'oubliait pas sa fantastique capacité de guérison... Et ignorait qu'il risquait de pâtir de l'usage de la pernicieuse pierre marine, dans le cas de figure où les balles en étaient composées. Mais cette question ne le tarauda jamais, car les dites balles ne l'abattirent jamais.

Une toison blanche s'agita, devant le regard impuissant et catastrophé du Phoenix, tandis qu'une gerbe de sang s'élevait dans l'atmosphère pour retomber dans l'eau, en contrebas. Les tornades qui le soutenaient dans les airs disparurent momentanément et Raphaël, grimaçant, commença à son tour à chuter, impitoyablement, en direction des flots rageurs qui souhaitaient l'engloutir.



RAPHAËL !



ELEMENT ! TIENS-TOI BIEN !


La demoiselle acquiesça tandis que, du côté des forbans, la contre-attaque se mettait en place. Jack, jurant à tout va, balança la plus puissante bourrasque possible en direction de leurs assaillants inattendus, entravant leur visibilité et les empêchant dans l'immédiat de faire feu une seconde fois. Hate se mêla à la chose, usant des gadgets dont son corps cybernétique jouissait pour propulser à mi-chemin un fumigène dense, lequel libéra une fumée opaque afin de générer un écran protecteur entre eux et les tireurs qui se remettaient d'ores et déjà en position. Le Phoenix, de son côté, en piquée pure et dure, parvint à attraper son capitaine entre ses serres in extremis et, malgré le poids cumulé de son supérieur et de la demoiselle qui ralentissait foncièrement sa vitesse de croisière, parvint à s'en retourner en un seul morceau jusqu'au Suzanô où Jack, Hate, Johnny et Fran, anxieux, les attendaient déjà. Si le visage de Perséphone était lui aussi marqué d'une véritable angoisse, viscérale et nocive, elle se contentait de demeurer à sa place, comme il le lui aurait ordonné...
A peine furent-ils au-dessus du pont que le second et le baroudeur récupérèrent l'ange mal en point pour l'allonger sur le dos, libérant aussitôt son corps des tissus qui s'y trouvaient pour découvrir l'endroit où les projectiles étaient venus se ficher. Il était moins sévèrement touché qu'ils n'avaient pu le craindre, mais son teint pâle et la présence du liquide carmin prouvaient que son état n'était pas non plus au beau fixe. Sans plus attendre, le cyborg se mit au travail, retirant les projectiles de la chaire où ils s'étaient fichés tout en hurlant à l'attention de ses subordonnés quelques ordres pour les fédérer.


Element ! Harcèle-les de fantômes ! Fais-en autant que tu peux ! Jack, continue d'entraver leur vue ! Johnny, tire sur toutes les têtes qui dépassent ! Buttes-en un maximum ! Fran, dépêche-toi d'aller charger les canons ! Nak, assiste-moi !


Les forbans répondirent par l'affirmative comme un seul homme, sachant pertinemment que l'heure n'était guère à la discussion et à l'échange, et le blondinet se jeta à genoux pour suivre les directives du bras-droit de l'équipage tandis que ce dernier, grâce à l'appui considérable que lui fournissait sa vision aux rayons X, s'affairait à extraire les intruses du corps de leur supérieur. Ce dernier, quoiqu'apparemment troublé par la douleur, ne tarda guère à afficher un sourire qui se voulait rassurant en constatant l'angoisse dont le musicien s'était épris. Il ne tarda guère à expliquer son geste fou et inconsidéré, comme si le fait de parler pouvait un traître instant lui permettre de gommer le mal qui ne cessait de le tirailler.



Je suis... plus solide qu'Element. Si elle avait été touchée... Elle aurait pu y passer... Et puis... Tu es plus à l'aise, dans les airs, que moi. J'aurais eu... Du mal à vous rattraper tous les deux.



T'as perdu beaucoup de sang, abruti... Va falloir que tu te reposes... Mets-toi dans un coin, pour l'instant. On s'occupe du reste. Nak, ça suffit, merci. Va aider Fran. Vite.


Voyant que le cyborg s'estimait capable de finir le labeur seul, le musicien se précipita jusqu'à l'intérieur du navire, maudissant son incapacité à soigner ses proches. Leur capitaine était dans un sale état, et s'il était un battant et qu'ils pouvaient tous être convaincus qu'il en faudrait plus pour l'enterrer, force était d'admettre que leur meilleur soutien risquait d'être aux abonnés absents lorsque la véritable bataille s’entérinerait...



_________________
“Des chefs de guerre, il y en a de toutes sortes. Des bons, des mauvais, des pleines cagettes, il y en a. Mais une fois de temps en temps, il en sort un. Exceptionnel. Un héros. Une légende. Des chefs comme ça, il y en a presque jamais. Mais tu sais ce qu'ils ont tous en commun ? Tu sais ce que c'est, leur pouvoir secret ? Ils ne se battent que pour la dignité des faibles.”


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MessageSujet: Re: [FB] Nous sommes tous des morts en sursis. [Solo]   Lun 12 Mar - 16:52

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Nous sommes tous des morts
en sursis.
Solo.





Des boulets, encore ! A bâbord !



Je m'en charge ! Boufuu no Raifuru !



Bordel, Raph ! Arrête ça ! T'es pas en état !


C'était la merde. C'était vraiment la merde. Hate se haïssait en voyant son capitaine projeter une myriade de petites tornades sous la forme de balles en direction des boulets, qu'il faisait ainsi exploser en plein dans les airs. Le contrôle de la situation leur avait complètement échappé, conformément à ses pires craintes... Il aurait dû se montrer plus ferme pour contrebalancer les ardeurs de Raphaël et pour définitivement l'inviter au calme et à la tempérance. Ils ne possédaient pas les capacités ou l'armement suffisant pour faire face à une telle flotte du Gouvernement Mondial. Certes, il avait su tirer le capitaine d'affaire en ôtant de son corps souffrant les balles de granit marin, mais les navires de la marine n'avaient pas perdu l'ombre d'un instant et, devinant la faiblesse du Supernova, s'étaient jetés à leur rencontre comme des vautours sur une carcasse. Depuis, les boulets pleuvaient à intervalles réguliers tandis que les embarcations les contournaient de part et d'autres, tournant autour d'eux en occasionnant des dommages colossaux sur la coque et les voiles, ralentissant le Suzanô d'instant en instant. A ce rythme, leur propre bateau allait être réduit à l'état d'épave, et ils allaient se retrouver esseulés, en plein milieu de cette véritable armée, qui ne manquerait pas de leur faire passer l'envie de se montrer aussi fiers et inconscients. La fuite avait été la seule issue digne de ce nom... Et ils s'y étaient bêtement refusés. Ils n'avaient plus qu'à en payer le prix fort. Le regard du cyborg s'échoua sur le jeune Phoenix qui, volant de bastingage en bastingage, faisait de son mieux pour intercepter les projectiles les plus redoutables tout en demeurant suffisamment en retrait pour éviter d'être fauché par une salve de balles en granit marin. Jack était à peine moins précautionneux, puisqu'il demeurait à l'ombre de la proue en balançant à tout va des rafales de sable tranchantes sur les matelots de la justice les plus proches, les expédiant dans la mer qui commençait petit-à-petit à se teindre de carmin. Fran et Element, quant à eux, tâchaient d'épauler Johnny tantôt pour défendre leur propre embarcation, tantôt pour répondre par la puissance tonitruante des canons pour maintenir les mouettes à distance... Sans grand succès pour l'heure, force était de l'admettre.

Néanmoins, le pire restait à venir, et le moindre des pirates présent sur le Suzanô ne le savait que trop bien. Pourquoi ? Parce que les navires de la marine, qui s'étaient jusque-là contentés de les pilonner d'une certaine distance, comme pour les épuiser progressivement, se rapprochaient dorénavant inexorablement. Ça n'était qu'une question de temps avant que l'abordage ne commence... Et, à partir de là, leur navire se transformerait en véritable champ de bataille. Malheureusement, considérant l'état de Raphaël, un combat direct et généralisé ne leur sourirait probablement pas. Hate était doué au corps-à-corps, suffisamment pour tenir tête à un voire plusieurs gradés simultanément... Mais un vice-amiral ? Hautement improbable. Constat similaire à dresser pour Jack et Nakata, encore trop inexpérimentés ou trop impulsifs. Et constat encore plus sinistre pour Element, Johnny, Fran et Perséphone, qui risquaient purement et simplement de se faire balayer s'ils étaient soudainement en sous-nombre et précipités dans un combat rapproché... L'important semblait donc être de retenir leurs assaillants tout en progressant, mais la tâche s'avéra ardue. Et une explosion supplémentaire tâcha de le leur rappeler cuisamment.

Une détonation eut effectivement lieu dans le dos des combattants, sans que ceux-ci ne parviennent à la pressentir. La plupart d'entre eux firent mécaniquement volte face, horrifiés, pour découvrir un spectacle d'autant plus catastrophique : un gradé de la marine, qui revêtait un manteau de contre-amiral, avait su se rapprocher du Suzanô pour s'y placer, avait tiré sur le poste de navigation grâce à son bras-droit, dont la main avait manifestement été remplacée par un canon, et tâchait désormais d'étrangler une Perséphone légèrement blessée de l'autre. Cette vision poussa évidemment les plus téméraires à réagir au quart de tour : Perséphone était si délicate, si innocente et si pure qu'aucun des membres des Storms ne pouvaient tolérer que les marines décident de s'en prendre à elle en premier lieu. Malheureusement, du point de vue d'Hate, la situation était encore plus dramatique qu'ils ne pouvaient tous l'imaginer : un premier gradé avait su les aborder, probablement par le biais d'un geppou ou de quoi que ce soit d'autres... Et les renforts ne tarderaient pas à l'imiter, avec plus ou moins de délicatesse et de discrétion.



Enfoiré ! Lâche-la !



Nakata, ça suffit ! Tu n'es pas assez fort !


Hors de lui et sourd à toute supplique de la part du bras-droit, le Phoenix s'éleva, revêtant sa forme totale pour foncer à vive allure en direction du contre-amiral, qui le lorgna s'approcher un sourire aux lèvres. Une plaque noirâtre sembla se greffer sur son bras-canon, et Hate écarquilla les paupières, impuissant, comprenant qu'il s'agissait effectivement là d'un ennemi qui n'était pas à la portée du jeune zoan. Ce dernier, qui ne soupçonnait pas la puissance du gradé qui retenait Perséphone, laquelle commençait à suffoquer, se contenta de foncer à vivre allure, probablement dans le but de transpercer l'adversaire par le biais de son bec... Mais jamais n'y parvint. Alors qu'il pensait toucher au but, le canon le percuta de plein fouet, le renvoyant d'où il venait. Le blondinet traversa le grand mât, qui se mit à choir sur l'un des flancs du navire, et ricocha sur le pont à maintes reprises avant d'être arrêté par Jack, qui vint créer un tapis de sable pour amortir la projection dont il était victime. Les mâchoires crispées, le cyborg pivota pour faire face à l'intrus qui, la voix grasse, s'esclaffait et jubilait déjà.



Ils m'en avaient parlé, mais j'attendais de le voir pour le croire ! Un zoan mythique... Impressionnant ! On va pouvoir s'amuser un peu, ici...



Ah ouais ? Tu veux qu'on se marre, fils de pute ?



Jack, Nakata ! Ça suffit ! C'est moi, le capitaine de ce navire... Et c'est moi qui vais lui faire payer cet affront.


La voix sèche et intransigeante du capitaine avait claquée, soudaine, pour rappeler à l'ordre les deux garnements impulsifs qui retrouvèrent bien vite leur calme. Le blondinet à peine à nouveau sur ses pattes, une douleur sourde lui rongeant le visage et le haut du dos pour la première fois depuis des mois, sinon des années, dû se résigner à contre-cœur tandis que le Supernova prenait les devants posément. Vaguement intéressé, l'intrus jeta Perséphone sur le côté laquelle, toussotante, fut bientôt rejointe par Johnny qui s'assura qu'elle allait bien. Tandis que le vigie s'assurait de la bonne santé de la demoiselle, Raphaël, quant à lui, s'auréola d'un courant d'air puissant et vigoureux, présage du destin funeste qu'il réservait à son adversaire qui, pour autant, ne semblait guère être impressionné...



Sa tête lui tournait furieusement. Elle avait été surprise et apeurée plus que véritablement blessée par l'irruption du gradé de la marine, bien entendu, mais cela ne l'avait pas empêchée d'être quelque peu blessée par l'explosion du boulet qu'il avait décerné au gouvernail : elle avait évité la mort d'un cheveu, en bondissant instinctivement, mais il avait su la rattraper bien assez vite pour la soumettre à un suffoquement qui n'avait guère arrangé son état. Or, personne parmi les Raiu no Kaizoku n'ignorait qu'elle avait la santé particulièrement fragile... Une carrière de pirate semblait à ce titre définitivement déraisonnable, mais elle n'avait jamais pu se faire à l'idée de leur fausser compagnie à partir du moment où elle avait commencé à s'attacher à leurs comportements et à leurs personnalités. Element était une amie formidable, un petit bout de féminité plus que salvateur au sein de ce milieu particulièrement masculin, qu'elle prenait plaisir à guider comme elle aurait pu le faire vis-à-vis d'une petite sœur attentionnée et timide. Fran était à peine plus dégourdi, hésitant et farouche, et avait encore beaucoup à apprendre : elle tâchait donc de lui enseigner ce qu'elle pouvait lui enseigner, n'étant guère une combattante talentueuse. Restaient Jack, plus rugueux d'apparence que de cœur, qui avait bon fond malgré les airs fiers et agressifs qu'il se donnait bien volontiers, Nakata, le joyeux luron qui illuminait la plupart de leurs journées par la force de ses plaisanteries intempestives, Johnny, ce type sage et réfléchi quelque peu à l'écart des festivités coutumières mais qui n'en était pas moins attachant puisque protecteur, Hate, le cyborg pragmatique qui analysait toujours tout sur tout et avait bien souvent la tâche colossale de rappeler les autres forbans à l'ordre lorsqu'ils dépassaient les bornes...
Et Raphaël.



Perséphone ? Perséphone ! Tu m'entends ? Tout va bien ?



Je... oui... Je suis juste... un peu...



Viens ! Je vais t'emmener vers l'intérieur !


Le vigie glissa une main derrière le dos de la demoiselle, l'aidant à prendre appui sur son épaule afin de se redresser d'autant plus aisément, ce qu'elle fit non sans grimacer en ramenant sa pleine attention sur le combat qui faisait face entre Raphaël et le contre-amiral qui l'avait agressée. Cet homme, à la fois solide et résistant, tâchait de faire face à la furie du capitaine pirate qui n'en finissait plus de se montrer plus rapide, plus agile, plus brusque et plus insaisissable. Pour chaque coup que l'ennemi semblait donner, le Supernova en distribuait des nuées. Alors certes, la plaque noire du Haki de l'armement lui permettait de se prémunir de la majorité des dégâts, mais celle-ci semblait lente à apparaître et à s'estomper, comme si la maîtrise de cet art échappait encore quelque peu à ce gradé pourtant indéniablement talentueux... Et l'ange semblait vouloir jouer sur ce constat pour prendre l'ascendant, multipliant les assauts et les sauts périlleux malgré son état précaire et les blessures qui s'étaient assurément rouvertes, ou en manqueraient à tout le moins pas de tarder à le faire.

Le regard de Perséphone vagabonda ensuite, pour tomber sur une autre figure vêtue d'un manteau à l'effigie de la justice. Un colonel, manifestement, qui avait su suivre son supérieur pour s'engager dans le conflit armé durant le court laps de temps pendant lequel elle avait été à demie-consciente. L'homme avait fort à faire face à Hate qui, enragé, semblait se vider de sa frustration en le rouant de coups surpuissants et brutaux. Le pauvre type aurait tôt fait d'être hors d'état de nuire, à ce rythme...

Néanmoins, il était loin d'être le seul danger pour les Storms. D'autres figures menaçaient de se joindre à la danse d'un instant à l'autre, en témoignaient les navires de la marine qui, dorénavant, maintenaient un cap droit vers le Suzanô : l'ordre d'abordage était donné, et les matelots de la justice n'allaient pas tarder à se mêler des festivités. Des larmes montèrent aux yeux de la demoiselle, plus par aveu d'impuissance que par réelle frustration ou par peur. Elle savait depuis le début ce qu'elle encourrait, n'avait jamais été aussi sotte ou naïve que Nakata et Fran. Elle n'était pas une combattante... mais elle ne pouvait pas s'empêcher de s'en vouloir face à ce constat sombre, terne et glauque. Tout l'équipage allait achever sa course ici-même, sans qu'elle ne soit capable d'aucune manière de leur venir en aide... Au contraire, jusqu'au dernier moment, ils continueraient probablement à s'en faire pour elle, comme en témoignait Johnny qui, précautionneux, s'affairait encore à la mettre à l'abri. Sans doute imaginaient-ils que les gouvernementaux, dans leur grande mansuétude, accepteraient de la laisser survivre... C'était illusoire. C'était stupide. Elle ne s'imaginait plus une existence sans eux, plus depuis qu'elle avait eu l'occasion de frayer à leurs côtés. Leur équipage, c'était tout ce à quoi sa vie se réduisait, dans l'état des choses... Aussi tâcha-t-elle de protester, quoi que faiblement, tandis que le vigie tentait de l'amener vers l'intérieur du navire.



Non... je dois rester dehors. Il doit bien y avoir quelque chose à faire...



Non, Perséphone. Je sais que c'est douloureux, mais... On ne peut plus rien faire, ni toi, ni moi. Le poste de navigation est détruit, il va falloir se battre, et...



Johnny ? Merci... Pour tout.


Elle l'avait coupé sèchement, mais avec un sourire doux sur les lèvres. Elle ne regrettait rien. Elle avait su remarquer une silhouette qui, à l'horizon, fusil en main, les visait tout deux. Et elle avait pris la décision de jouer sur la surprise pour repousser le vigie en arrière, sachant qu'il serait toujours infiniment plus utile qu'elle. La balle qui lui était destinée, elle ne tenta pas même de s'y soustraire : elle se savait à la fois trop faible et trop lente pour y parvenir. Si elle avait inquiétée Johnny, il aurait sûrement été jusqu'à se mettre en danger pour la protéger... Car il était de ce genre d'homme. Ils étaient tous de ce genre d'hommes. Et lui le premier... Perséphone, silencieuse, orienta son regard vers Raphaël pour le détailler encore un instant, féroce et beau, harmonieux et vigoureux, tandis qu'une balle pénétrait dans son torse et éclaboussait la porte derrière elle d'une effusion de sang. Puis, désarticulée, à l'image de la poupée blanchâtre qu'elle avait toujours été, elle s'effondra lourdement à même le sol, sous le regard horrifié d'un Johnny impuissant.



Persé... phone...


C'était là l'orée du crépuscule de Raiu no Kaizoku.




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MessageSujet: Re: [FB] Nous sommes tous des morts en sursis. [Solo]   Mar 13 Mar - 14:59

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Nous sommes tous des morts
en sursis.
Solo.





Shadow ! Thunder Noise ! DESTRUCTION FIST !


Le premier coup de poing du cyborg, sur lequel il appliqua un mouvement de rotation, parvint à se frayer un chemin entre les deux bras qui, protection précaire, tentaient d'endiguer sa progression. Le membre d'airain percuta l'abdomen du colonel qui, à partir de ce moment, n'eut plus jamais l'occasion de répliquer : les deux mains d'Hate vinrent cogner ses deux oreilles avec une force extraordinaire, fragilisant son crâne de part et d'autre et le déséquilibrant en appliquant une pression soudaine sur ses deux tympans, puis son poing gauche frappa une nouvelle fois la poitrine du colonel, avec une force redoublée. Le type traversa purement et simplement le bastingage du Suzanô, allant d'écraser sur la coque d'un navire gouvernemental non loin. Sans se soucier de savoir s'il avait eu son compte, le bras droit de l'équipage fit volte face sèchement, et se dirigea droit vers Perséphone : il avait vu ce qui venait d'arriver. Il eut à peine le temps de parvenir aux côtés de la jeune femme qu'il se jeta à genoux, vérifiant son pouls, sa respiration, et comprenant que la blessure était clairement aussi grave qu'elle ne semblait l'être. La balle avait touché plusieurs de ses organes, répandant son sang généreusement, et l'affaiblissant considérablement... Le faciès du cyborg s'assombrit tandis qu'il jetait un regard à Johnny qui, estomaqué et tétanisé, n'osait plus esquisser le moindre geste. Si lui aussi perdait son sang froid, alors ils étaient perdus, irrémédiablement... Mais la demoiselle pouvait encore être sauvée, à condition qu'on prenne soin d'elle sans plus attendre. Et pour cela, il fallait l'évacuer au plus vite...



Johnny ! Reprends-toi ! Prends Perséphone et dépla...


Les capteurs d'Hate le renseignèrent momentanément quant à une menace qui, si elle était lointaine, n'en était pas moins tangible : le responsable de l'état de Perséphone... ou la responsable, à en croire sa silhouette gracile. L'officière, dont il crut percevoir la chevelure verte, venait de faire feu une fois de plus... Mais le Supernova, plus réactif et plus acéré que la demoiselle, parvint à se décaler juste à temps pour éviter le destin funeste et morbide qu'on lui attribuait. Cela n'empêcha pas la balle de percuter son bras gauche, le coupant violemment au niveau du coude, répandant sur le pont une pluie de boulons et de vis tandis que le système artificiel du cyborg virait au rouge. Il grimaça, à demi-catastrophé, comprenant que cette justicière-là allait prendre un malin plaisir à les descendre les uns après les autres si rien n'était fait. Sans trop hésiter, il beugla donc d'autres ordres, ne se préoccupant pas même de son propre état qui risquait pourtant de lui jouer des tours dans les minutes à venir.



Bordel ! Johnny, t'es le seul à pouvoir l'abattre ! Grouille !



Je... Ouais !


Trop heureux de pouvoir se concentrer sur quelque chose d'autre, le vigie tournoya pour faire face à la cible indiquée par son supérieur. Il se saisit au passage de son fusil et se jeta vers l'avant, cherchant à se rapprocher du bastingage afin de se mettre à couvert, dans le seul but de pouvoir tirer plus aisément sans risquer d'être trop exposé à la riposte ennemie qui n'allait probablement pas tarder : si cette tireuse était capable d'abattre Perséphone à cette distance et de blesser Hate dans la foulée, c'était forcément qu'il s'agissait là d'un officier supérieur... Et, fort probablement, de l'un des responsables de l'assaut. S'il était lucide et conscient de ne pas pouvoir faire le poids, Johnny allait à tout le moins prendre un malin plaisir à jouer l'entremetteur...
Le bras-droit, de son côté, ramena son attention sur Raphaël, qui continuait à combattre le contre-amiral. Il allait sans dire que l'état plus que précaire de la jeune femme fluette ne lui avait pas échappé, mais il continuait de se concentrer sur sa propre lutte, ses coups redoublant de violence, avec l'objectif pur et dur de briser le moindre des os que l'ennemi tentait de lui opposer, sans rencontrer de franc succès jusque-là. Considérant que leur capitaine n'allait pas réussir à s'en sortir seul avant de trop précieuses minutes, le cyborg beugla une succession d'autres mots avant d'être coupé sèchement par les deux intéressés qui connaissaient déjà leur rôle.



Jack ! Nakata ! Raphaël a besoin d'aide, alors allez...



Te bile pas, tas de boulons ! On a déjà compris...



Qu'on devait lui botter le cul !



Top Sand !



Seigi no kuchibashi !


Alors qu'ils s'étaient projetés comme un seul homme en direction des deux redoutables guerriers qui n'en finissaient plus de s'affronter, Raphaël s'était écarté sèchement, comprenant qu'une telle offensive groupée ne pouvait que lui sourire. La main de Jack, soudainement transformer en sable, se mit à tourner avec puissance en imitant une drill tandis que le jeune Phoenix, à ses côtés, se contentait de présenter son bec en avant. Si l'ennemi parvint à recouvrir son bras-canon du haki de l'armement et à l'imposer sur la trajectoire des deux actions ennemies, il n'en fut pas moins soufflé par la puissance brute qu'ils déployèrent dans cette entreprise : le contre-amiral sentit le sol se dérober sous ses pieds et il fut projeté en arrière sur plusieurs mètres avant de savoir récupérer son équilibre et le plein contrôle de sa folle course.


Geppou ! Si vous croyez que ça va suff...



Tsume eien !


Contrairement au logia, qui semblait avoir cessé son avancée, le zoan reprit de plus belle, présentant cette fois-ci ses serres en avant. Hate, qui s'apprêtait d'ores et déjà à protester énergiquement afin de rabrouer Nakata et de le rappeler à l'ordre, considérant qu'une telle manœuvre se solderait nécessairement par un échec, comprit que deux choses avaient à l'évidence échappées au contre-amiral. Premièrement, ce dernier ne semblait pas s'être rendu compte du fait que Raphaël, pour l'occasion, avait choisi d'accompagner les battements d'ailes rageurs du mythique par une puissante bourrasque d'air, le catapultant d'autant plus vite droit vers sa cible. Deuxièmement, et encore plus redoutable, Jack n'avait pas cessé sa progression : il s'était simplement changé en sable, et se laissait porter par le vent que le capitaine avait généré tout en suivant le sillon du légendaire oiseau, ainsi astucieusement camouflé par cet obstacle lumineux...
Et cette stratégie fut fructueuse.
Le contre-amiral, certain de pouvoir sauter sur cette occasion pour punir l'audace de son jeune ennemi, usa de son bras canon pour le percuter frontalement, le projetant sur le côté. Mais il comprit intuitivement que quelque chose n'allait pas lorsque ce dernier reprit forme humaine, triomphant, et hurla quelques mots à la silhouette qui commençait à se dessiner à un mètre de lui tout au plus.



Pète-lui les dents pour moi !


Le bras du contre-amiral, qui venait d'envoyer paître son assaillant, était ainsi particulièrement mal placé et ne pouvait servir de protection pour le prémunir de l'assaut d'un Jack qui, à nouveau bel et bien tangible, armait d'ores et déjà son poing pour l'expédier droit en direction de la mâchoire adverse. Pire encore : le marine avait usé très généreusement son haki face à l'ange, et n'avait pas les capacités nécessaires pour le dissiper et le replacer en temps et en heure au niveau de sa mâchoire, actuellement ciblée. Oui... Nakata avait pris la décision de s'exposer frontalement, se sachant tout-à-fait capable d'endurer un tel coup et de le soigner, et avait ouvert la voie au logia du sable, plus féroce que jamais, qui décerna au gradé de la marine un regard noir avant de lui dédier un coup de poing d'une virulence extraordinaire. Les phalanges serrées déployèrent une force dantesque, améliorée de surcroît par l'effet de propulsion que Raphaël avait pu lui appliquer par l'utilisation de son fruit du démon... Et ne rencontrèrent la mâchoire du pauvre intrus que dans le but de le chasser définitivement du Suzanô. Ledit intrus, incapable de se protéger de quelque manière que ce fut, perdit sa conscience et fut projeté vers l'arrière, traversant plusieurs dizaines de mètres avant de s'écraser lourdement dans les flots tandis que Jack retombait prestement sur le navire pirate, tout juste apaisé par la haine qu'il venait de libérer abondamment.



Perséphone !


Sans plus attendre, sachant le reste de ses subordonnés hors de danger, l'ange se jeta à la rencontre de la jeune femme, épouvanté, montrant pour la toute première fois depuis le début de leur épopée un faciès dévoré par l'inquiétude et l'angoisse. Il se jeta auprès d'elle comme Hate avait pu le faire et plaça sans plus attendre la tête de la demoiselle sur ses genoux, la ramenant à elle péniblement. Elle toussota vaguement, faiblement, puis posa un regard d'ores et déjà embrumé sur le visage de Raphaël avant de lever jusqu'à sa joue une main hésitante qui peina à parcourir sa peau. Elle prononça ensuite quelques mots dans l'optique naïve et candide de le rassurer tandis que le mythique et le logia, eux aussi, se rapprochaient quelque peu, graves et mornes.



Tu... Tu as vu, Raphaël ? J'ai pu... Défendre Johnny...



Ne dis rien, je t'en prie... Tu es brave, courageuse... On va se tirer de là, on va te soigner. Tout ira bi...


Un nouveau coup de feu. Et une nouvelle victime. Johnny, à plusieurs mètres de là, s'effondra en arrière lourdement, une balle enfoncée dans le front. Raide mort. Contrairement à Perséphone, il n'eut jamais la chance de glisser quelques mots supplémentaires à l'adresse de ses camarades qui, pour l'essentiel pétrifiés, ne surent comment répondre. Fran, finalement, fut le premier à réagir : il tomba à genoux et, indéniablement nerveux, sinon hystérique, porta une main à sa chevelure qu'il agrippa fermement tout en cherchant péniblement à formuler des phrases complètes et cohérentes.



C'est foutu... on va tous...



Putain... Johnny... Non, non...



C'est impossible... Pas comme ça... Pas maintenant...


C'était la fin pour eux. Un pessimisme froid et moribond vint se saisir du moindre des pirates, Raphaël y compris, installant sur leurs visages une expression défaite, vaincue. Ils avaient perdus. Cette bataille était perdue. Leurs vies l'étaient également. Les boulets de canon qui s'envolaient en pétaradant et retombaient brusquement pour éclater la coque encore davantage, précipitant la chute du Suzanô dans les eaux troubles de Grand Line, les cris de guerre dès à présent victorieux des marines, les fusils qui se chargeaient dans l'optique d'un abordage imminent... Rien de tout cela n'avait encore une once d'importance. Tout était terminé. Tout était définitivement terminé.


Mais putain ! Secouez-vous ! Vous êtes des pirates, ou de pauvres loques ? Je suis pas venu ici pour me faire trucider sans brailler ! S'ils veulent ma peau, qu'ils viennent la prendre, ces fils de putes ! J'en tuerai mille avant de crever !



T'es con ou quoi ! Ça n'a aucune importance ! On va tous crever...



Tous ? Je pense pas non.



Il a raison. On ne va pas tous mourir. Fran, Nakata, vous allez partir d'ici. Tout de suite.



Qu'est-ce que... Vous dîtes...


Hagard et hébété, le Phoenix fit gambader son regard de l'un à l'autre des forbans ici présent, abasourdi et stupéfait. Il comprit sans peine que l'idée, non contente de les requinquer quelque peu, avait su glisser dans leur regard une lueur de détermination et de courage qu'il n'aurait pas pu imaginer envisageable de prime abord, dans une situation si inextricable, si terne, si impitoyable. Seul Fran, toujours mortifié, incapable de piper mot, ne semblait parvenir à comprendre les mots qui étaient les leurs, et les intentions qu'ils brandissaient plus haut qu'ils n'avaient jamais pu le faire. Alors que le blondinet s'apprêtait à répliquer, aux bords des larmes, se refusant catégoriquement à une telle option, Hate avala prestement la maigre distance qui les séparait et vint se planter devant lui, posant sa main encore indemne sur l'épaule du fringant pirate, lui destinant quelques mots irréfragable et sans équivoque.


Ouais. Si on reste, qu'on combatte ou qu'on capitule, ils vont sûrement tous nous abattre. Mais si on vous couvre... Là, on change la donne. On vous donne l'occasion de poursuivre notre combat... Et on leur fait comprendre que jamais les Storms ne tomberont.


Vous brandirez nos idéaux. Vous combattrez lorsqu'on ne pourra plus le faire nous-même. Nakata, tu es le seul à pouvoir t'enfuir si on t'ouvre la voie, et tu es le seul à pouvoir emporter quelqu'un avec toi. Fran se fera massacrer s'il reste. Il doit fuir. Avec toi.



Ils ont raison. Ecoute-les, Nakata. Allez vous-en.



C'est mon dernier ordre, Nakata. Pars. MAINTENANT !


S'il tressaillit face au ton sec de son capitaine, le garnement ne tarda guère à capituler, les larmes aux yeux et le visage rongé par la tristesse et l'épouvante. Finalement, se faisant une raison sans pour autant trouver la force de saluer les siens une ultime fois, il se rua en direction de Fran, reprit forme totale, et attrapa son jeune ami par les épaules, entre ses serres, pour l'élever avec lui à une vitesse prodigieuse, aussi promptement qu'il en était capable. Hate et Jack, qui observèrent son vol avec une fierté indicible, ne tardèrent pas à l'encourager à persévérer de la sorte et à commenter ses progrès qui, ils en étaient convaincus, l'un comme l'autre, ne tarderaient pas à le porter vers le haut de la piraterie.


Fonce, vole ! Prouve nous qu'on a raison de te faire confiance, mon gars ! Tu es un bien meilleur symbole qu'aucun de nous ne le sera jamais, pas même le capitaine !



Il ira loin. Il ira putain de loin.



Loin ? Tu plaisantes, Hate ? Il sera Seigneur. S'il ne peut pas l'être, alors personne ne le sera. Bon... On a fort à faire, nous. Vous êtes pas trop rouillés ?



A peine échauffé, gros.



Alors, tâchons de le couvrir. Et livrons-la, notre bataille... Notre ultime bataille.




_________________
“Des chefs de guerre, il y en a de toutes sortes. Des bons, des mauvais, des pleines cagettes, il y en a. Mais une fois de temps en temps, il en sort un. Exceptionnel. Un héros. Une légende. Des chefs comme ça, il y en a presque jamais. Mais tu sais ce qu'ils ont tous en commun ? Tu sais ce que c'est, leur pouvoir secret ? Ils ne se battent que pour la dignité des faibles.”


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