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 La Nouvelle Apogée.

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MessageSujet: La Nouvelle Apogée.   Mar 19 Déc - 23:04




Otojou Prima, Contre-amirale, et Liniaza, Colonel.

Avec lenteur, la contre-amirale enfouit son visage dans le creux de ses mains, reprenant péniblement son calme en essayant de se concentrer sur l'instant présent. La sensation de malaise puissante et tenace qu'elle éprouvait depuis qu'elle l'avait rencontré ne cessait de croître, lors même qu'il lui avait faussé compagnie depuis bien longtemps. Elle n'avait jamais rencontré d'homme avec pareille aura, avec un aspect si noir, si désabusé, si glaçant et si fatal, même après toutes ces années sur le Nouveau Monde. Prima se rendit compte, finalement, qu'elle en tremblait toujours. Elle déglutit, amenant sa main gauche sur son bras droit pour le serrer avec force. Il lui était tout simplement impossible de se changer les idées... C'était comme si, dès que leurs regards s'étaient croisés, il lui avait jeté une sordide malédiction. Comme s'il avait juré de la posséder, de lire dans ses entrailles et d'y investir son antre, comme s'il avait juré de sonder la moindre parcelle de son âme pour y instiller une sourde frayeur, terrible et insensée. Il était un allié... Elle n'avait aucune raison d'avoir peur de lui. Il s'était rendu sur le Nouveau Monde pour escorter ces inconscients, et pas pour venir la chercher elle. Et pourtant... Une énième profonde expiration remua ses poumons tandis que ses entrailles se nouaient, l'image de cet homme si austère lui revenant brusquement à l'esprit. Le moindre de ses gestes lui intimait l'ordre de demeurer sur ses gardes, et ses instincts animaux lui avaient durant tout leur entretien hurlé de prendre la tangente, de s'esquiver, de ne pas le côtoyer davantage. Comme si ses ténèbres étaient contagieuses...

-Contre-amirale ? Tout va bien ?
-Oui... oui, Liniaza. Continue, je t'en prie.

L'atmosphère blanche et épurée lui revint à l'esprit. Elle sembla à nouveau s'ancrer dans la salle de réunion où elle se trouvait, et jeta un bref coup d’œil à l'ensemble de ses subordonnés qui, pudiques, détournèrent le regard en faisant mine de n'avoir rien perçu du désarroi qui l'habitait. Gracieux de leur part... La colonel repartit sans plus attendre dans ses cascades d'informations et de renseignements, bombardant l'ensemble de ses collègues d'éclaircissements en tout genre sur la situation du Nouveau Monde et sur les mouvements amorcés par les Nebulas qui y officiaient. Avec lenteur, Prima entreprit de dévisager l'un après l'autre ses subalternes, et plus spécifiquement ceux qui, avec elle, avaient participé à l'entrevue de formalité qui était désormais l'objet de sa hantise. Elle admirait leurs capacités respectives à ne rien montrer de leur angoisse tout en la devinant aisément : ils semblaient tous sur leurs gardes, n'avaient de cesse de taper le sol de leurs talons, nerveusement. Seules quelques minutes de discussion avaient suffi à tous les plonger dans un état de panique viscérale, de terreur primordiale. Oui... A la vérité, c'était cette émotion qui les avaient habité, cette certitude glaciale : il aurait pu tous les tuer, d'un claquement de doigts s'il l'avait voulu. C'était le cas de beaucoup de combattants émérites, bien entendu. Mais il n'avait pas ce pragmatisme calculateur de Chairoka, pas ce goût du risque de Tengen, pas même cette sagesse exemplaire d'Eko Taka. Il était une bête, sanglante et sanguinaire, instable et insaisissable, et il aurait pu tous les décapiter sans sommations s'il l'avait estimé nécessaire.
Le regard de Prima continua à s'égarer au hasard sur les prestigieux marines qui lui tenaient compagnie autour de cette table, mais se figea soudain au détour de l'ombre dégagée par une chaise. Son sang se glaça et ses paupières s'écarquillèrent tandis qu'elle remarquait qu'elle n'avait été victime que d'une sombre hallucination. Son cœur n'en manqua pas moins un battement et elle se mit à haleter, le visage pâle et l'air alerte. Consciente qu'elle attirait à nouveau tous les retards, elle se redressa précipitamment et se dirigea vers la sortie, sa voix claquante et sèche sans même qu'elle ne s'en rende compte.

-La réunion est suspendue pour une heure.

Elle ne laissa pas le temps à ses subalternes et quitta la salle sans plus attendre, refermant brusquement la porte derrière elle. Elle arpenta le couloir, poings et mâchoires serrées, des sueurs froides continuant sans cesse à l'assaillir. Définitivement, elle était heureuse de le savoir du côté du Gouvernement Mondial... Savoir qu'il était également sur le point de quitter le Nouveau Monde avait de quoi paradoxalement la ravir. Elle le craignait bien davantage que les Yonkous et que leurs lieutenants...

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MessageSujet: Re: La Nouvelle Apogée.   Mer 27 Déc - 18:31




Léon Gambetta, bras-droit des Katame, 233.000.000 berrys, Horatio Nelson, 119.000.000 berrys, et Alice Walker, 108.000.000 berrys.

-Saul ! Saul, réponds !
-Putain... Alice, par ici ! Karist va crever !
-J'y crois pas...
-Qu'est-ce qu'il vient... De se passer ?

Léon s'éveilla péniblement, la gorge sèche et les membres lourds. Son regard embrumé s'éleva vers la voûte céleste, étonnamment sombre. Seules quelques lumières lointaines semblaient rompre avec l'atmosphère lourde et glauque qui l'encerclait. Les voix alentours harcelaient ses tympans sans cesse. Il sentait son visage englué, et il leva péniblement une main pour en extraire une part du liquide qui s'en échappait. Du sang... Il avait été frappé au crâne, suffisamment puissamment pour le projeter dans l'inconscience d'un coup d'un seul. Autour de lui, quelques pirates s'affairaient, mais la majorité beuglaient de douleur ou de tristesse. Il eut encore besoin d'une bonne dizaine de secondes pour commencer à percevoir la réalité dans laquelle il avait été projeté dans sa sinistre globalité. Ce n'était pas les étoiles qui, paresseuses, baignaient la scène d'une lumière relative : c'étaient des flammes, dévorantes, qui s'élevaient des restes de ce qui avait autrefois été leur navire. Lui-même avait, par chance, terminé sa course sur un très large morceau de bois, vestige d'un mur ou du pont sans nul doute. Plusieurs autres de ses camarades s'y tenaient également, mais d'autres agrippaient vainement des caisses ou le grand mât pour éviter de finir noyés, n'ayant pour la plupart plus la force nécessaire pour maintenir d'eux-mêmes leur tête hors de l'eau. Soudain, un éclair de douleur traversa le corps du lieutenant des Katame de part en part, se traduisant par une expression de soudain martyr sur son visage. Instinctivement, sa main droite fut portée à son bras gauche, d'où provenait les sinistres élancements, et il remarqua avec une horreur assumée que la moitié avant de son membre lui manquait. Il poussa mécaniquement un hurlement qui s'ajouta aux myriades de complaintes et s'écroula de plus belle, d'innombrables images lui revenant à l'esprit à mesure que ses quelques compagnons encore plus ou moins intacts se précipitaient à son chevet pour tenter de panser son affliction.

-Leon ! Reste avec moi, Leon ! Concentre-toi sur ma voix, je t'en supplie !

C'était la voix brisée d'Alice qui lui parvenait par à-coups, couverte de temps à autres par ses propres cris. Il percevait la détresse de la demoiselle, son sentiment d'impuissance, lors même qu'elle était l'une des médecins de l'équipage... S'il tentait d'agir selon le gré de cette experte, s'il essayait tant bien que mal de maintenir toute son attention focalisée sur les lamentations terrorisées de celle qu'il aimait, son esprit ne pouvait s'empêcher de glisser irrémédiablement vers la sinistre tragédie dont ils avaient été victimes. Ils pensaient que personne ne pouvait les briser, ils avaient tenu tête à Eko Taka lui-même, repoussant ses lieutenants à d'innombrables reprises... Leur capitaine, primé à plus de 400 millions de berrys, avait été tant et tant de fois un phare inébranlable, un repère sempiternel et fiable... Ils avaient bien entendu les rumeurs faisant office de la présence d'un Tenryubito sur le Nouveau Monde, mais ils n'y avaient accordé aucun crédit, dans la vanité de leur orgueil. Ils avaient bien entendu dire qu'IL l'accompagnait... Mais n'auraient jamais cru qu'il s'agisse là de la plus stricte et de la plus abominable des vérités. Et pourtant, lorsque leur navire avait croisé celui du Gouvernement Mondial, immense et fier... Lorsqu'ils avaient pensé qu'il pouvait s'agir d'un bon moyen de propulser leur carrière au sommet, et lorsque leur navigateur avait libéré les voiles pour filer droit en direction de cette nouvelle proie... Lorsque leur capitaine s'était envolé, sans raison apparente, en compagnie de trois de leurs autres compagnons... Lorsque Marta, vainement, avait tenté d'attraper la main d'Horatio pour éviter d'être happée par cette force mystérieuse et irrésistible qui l'appelait depuis le navire du Noble Céleste... Et lorsque toutes leurs têtes, sans la moindre exception, s'étaient détachées sordidement de leurs corps... Leon avait compris qu'ils étaient perdus. Plus que quiconque, et à cause des responsabilités qui étaient les siennes, il avait totalement cerné l’implacable et indéniable fin qui allait être la leur. Il les avait massacré... Seul contre cinquante.

-Léon ! Par pitié ! Pas toi !
-Calme-toi, Alice !

Horatio avait aboyé sans hésiter, malgré la détresse apparente de la demoiselle et les larmes qui perlaient sur sa joue. Il ne pouvait pas laisser la doctoresse de l'équipage se perdre à de tels élans sentimentaux, lors même que la majorité de leurs compagnons se mourraient dans l'impuissance. Les dents serrés, le Nelson attrapa la jeune femme par les épaules et la secoua sans ménagement, tentant sans y parvenir de lui faire retrouver son sang froid. Ils avaient été deux des derniers membres d'équipage à tenir debout, alors qu'IL était retourné sur son propre navire en ordonnant la destruction imminente de leur propre embarcation... Ils avaient survécu à sa venue et au déluge de feu qui avait semé la mort et la désolation parmi leurs amis et compagnons. Ils devaient désormais en assumer les conséquences et s'en montrer dignes... Avec rage, il relâcha la jeune femme et se redressa précipitamment pour s'élancer dans l'eau, d'un plongeon gracieux. Il attrapa vigoureusement le corps sanguinolent de l'un de ses acolyte et entreprit de le ramener jusqu'au pan de mur, plus stable, pour le sauver de la noyade. Tout était allé si vite... Ils n'avaient pas même eu l'occasion de se protéger dignement et décemment... Leur capitaine mort et l'intrus sur le navire, Léon avait bien tenté de lui tenir tête pour garantir leur sécurité à tous, mais il n'avait eu absolument aucune chance. Il ne l'avait pas même touché une fois... Tant de mort, tant de désolation... Leur équipage tout entier évanoui en l'espace de quelques secondes, leur bande si enjouée et si vivante anéantie en un instant...



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MessageSujet: Re: La Nouvelle Apogée.   Jeu 4 Jan - 18:34





Ron - 440.000.000 Berrys.


La goutte de liquide vermeil roulait peu à peu sur la surface lisse, jusqu'à rejoindre ses comparses... irrémédiablement attirées par la gravité. Peu à peu, le rouge carmin emplissait la vision de Ron, chasseur de primes de son état. Il se sentait si lourd, si gourd, comme s'il avait perdu toutes ses forces. Soudain, le liquide écarlate sembla attiré par une force impérieuse et fut englouti dans un trou noir béant ! Le bruit sec d'un verre reposé sur un comptoir tira Ron de sa molle apathie.

- Joe... un autre, déclara-t-il d'un air aviné.

Le barman soupira, mais s'approcha malgré tout de son client qui semblait anormalement morose et replié sur lui-même. Ron qui, pourtant, comptait parmi les grandes gueules du nouveau monde, faisait peine à voir en cette chaude après midi. La vie battait son plein sur l'île de Mijushike Hojo, mais plus d'un habitué jetait des regards étonnés vers l'ombre de cet homme si flamboyant et exubérant en temps normal. Crédieu ! Il avait affronté des grosses pointures dont certains lieutenants de Yonkou et en était toujours revenu gonflé à bloc, à brailler et à la ramener comme s'il s'était s'agit d'une promenade de santé. Mais cette fois-ci... Ron se tenait prostré sur son tabouret, accoudé au bar tel un vieil homme usé par le temps, hanté par quelques souvenirs douloureux ou d'autres fantômes insaisissables... Bientôt, Joe n'y tint plus. Il attrapa un verre sale qu'il nettoya d'un chiffon à la propreté douteuse et s'approcha du fantôme en devenir qu'il avait devant les yeux, avant de lui poser la question qui brulait les lèvres de la moitié de la salle :

- Bon et sinon Ron... ta dernière sortie, c'était comment ?

Ce dernier tressaillit, comme s'il venait de subir une attaque surprise. Il en renversa même une partie de son vin. Le reste ? Il finit en un instant dans le gosier de l'intéressé.

- Ça ira pas comme ça, Joe... sors l'eau de vie.

Un regard inquiet du barman vers un de ses collègues plus loin, la liqueur était servie et le tenancier tout ouïe. Enfin, la langue pâteuse de Ron se délia :

- C'était censé être un bon coup... Un petit équipage qui commençait a avoir de la gueule, quelques supernovas qui s'étaient perdues hors de Paradise voulaient rejoindre un gros équipage de Nebulas et de supernovas avec des primes rondelettes. On était une vingtaine sur le coup, pour tous se les faire morts ou vifs s'il le fallait. Mais...

Ici il ravala un shot de liqueur avant de grimacer.

- Putain. Si j'avais su qu'on tomberait sur ce monstre...
- Ce monstre ?

Les yeux marrons et embrumés de Ron se levèrent vers la bouille rougeaude de Joe, avant de reprendre d'un souffle à peine audible :

- Ce type peut pas être humain...

Il déglutit avec difficulté, avant de se prendre la tête entre ses mains caleuses. Il inspira un bon coup avant de reprendre, encore secoué malgré la sécurité du bar :

- Le gars portait un uniforme donc j'ai su que c'était un officiel. Mais... j'ai jamais vu un monstre pareil. On aurait dit une machine, un bloc de glace sans âme ! Ce type est sorti de nulle part et... et...
- Et ? l'encouragea.

Ron regarda dans les yeux Joe, avant de lancer :

- Il a trucidé une bande de Nebulas et de Supernovas comme s'il venait d'écarter un insecte qui le gênait.
- Les mecs balèzes ça existe partout, Ron.
- C'pas ça le problème ! grinça le chasseur en reprenant du poil de la bête. Tu comprends pas ?

Comme Joe lui signifiait que non, Ron déglutit avant de lui faire remarquer :

- Tu vois les autres gars avec qui j'suis parti quelque part ?
- Bin, maintenant que tu le dis...

Soudain, les yeux du barman s'éclairèrent d'une lueur affolée, et Ron acquiesça sombrement :

- Pour lui, on était rien que des charognards et on valait pas mieux que la vermine qu'on chassait. Lorsqu'il a attaqué... il a pas fait de distinction. J'ai vu la plupart de mes potes crever sans rien comprendre en un instant et, si j'avais pas eu un coup de bol monstrueux je... je...

Un autre shot d'eau de vie vint bruler le gosier de Ron, avant que celui-ci ne s'enferme à nouveau dans un silence de mort. Joe eut beau essayer, aucun son ne semblait plus lui parvenir. Peu de temps après, il tituba hors de la taverne et personne ne le revit jamais sur l'île.

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MessageSujet: Re: La Nouvelle Apogée.   Mer 10 Jan - 18:03




Grant Horson, exécutif de Konan Harishigawa, 433.500.000 berrys

-Mais c'est quoi, ce merdier ?!

Dérapant au détour d'une ruelle, le hors-la-loi bouscula un vieil ivrogne qui déambulait par là, l'envoyant face contre terre dans une flaque de boue épaisse. Faisant fi de la protestation alcoolisée, il jeta un regard par-dessus son épaule alors que ses pieds s'activaient, habités par son simple instinct de survie. Lui, Grant, était amené à prendre la fuite. C'était une information qu'il avait du mal à encaisser, en réalité. Encore sous le choc, il était dans une sorte d'état second, état dans lequel son adrénaline dirigeait la danse et sa seule préoccupation était de sauver sa peau. Lui, l'un des exécutifs du grand magnat du crime Konan, détalait comme une pucelle ! Impossible ! C'était impossible ! Et à chaque fois qu'il commençait à reprendre un peu de courage, à chaque fois que son ego le poussait à se retourner pour combattre, le même constat le frappait. Les émanations noirâtres le talonnaient toujours, voraces et sans pitié, engloutissant le décor comme si une déchirure dans la réalité dévorait tout dans son champ de vision. Du fond de cet abîme surnaturel, une silhouette le pourchassait sans relâche. Pas n'importe laquelle... IL était revenu. Et IL était désormais sur ses traces.

Grant n’aurait pourtant pas dû avoir peur. Il était l’un des brigands les plus redoutés de la mafia de Konan. Il était celui auquel on confiait les travaux sales, les réseaux de prostitution les plus pervers et détraqués, les trafics d’esclaves les plus malsains. Il était « la bête », « la brute », « le bourreau » … et bien d’autres choses encore. Il était celui qu’on craignait, d’ordinaire, car tous savaient que se frotter à lui revenait à signer son arrêt de mort. Peu de gens avaient le courage de lui tenir tête, et ceux qui osaient l'affronter directement étaient encore moins nombreux. Pourtant, aujourd’hui, il était la proie. Et les yeux froids et sans vie de son prédateur avaient marqué son esprit comme le fer rouge marque la peau du plus jeune des esclaves. Ce regard ne pouvait pas être humain : pas quand il ne véhiculait qu'un vide si profond que toute flamme ayant la prétention de s'y allumer s'étouffait immédiatement.

Tout s’était passé si vite. Il devait faire le compte d’une transaction importante auprès d’un groupe de criminels, tous plus endurcis les uns que les autres. Les Rabid Dogs, qu'ils s'appelaient. Des kidnappeurs et des terroristes, qui offraient leurs services à son boss contre rémunération avantageuse. Ils avaient l'habitude de se retrouver dans cet entrepôt désaffecté, qui était sur le papier utilisé pour du commerce textile. Quand il était rentré, il n’avait trouvé que des cadavres jonchant le sol… et cet homme, assis à la table où ses contacts jouaient habituellement aux cartes. Sans un mot, il s'était levé, ne laissant que le crissement de sa chaise sur le sol et les déglutis apeurés briser le silence. Le reste n’avait été qu’un odieux massacre : ses propres hommes, imprudents et malavisés, avaient tenté de s’en prendre à l’intrus dans leur angoisse. Quelques instants plus tard, ils étaient tous morts… une petite dizaine des hommes les plus fiables de Konan avaient été réduits en purée en l’espace d’une toute aussi petite dizaine de secondes. Puis ces prunelles aussi lourdes que le granit s'étaient tournées vers lui. C’est à ce moment qu’il avait décidé de courir, avant de se rendre compte qu’il était suivi… et de très près.

- Approche pas ! Putain, mais arrête !

Renversant un seau d’eau sale, il manqua de se prendre les pieds tout seul et de s’étaler contre le sol. Se rattrapant de justesse, il fit un bond qui le sauva sans doute, alors que ces formes d'un noir opaque qui le suivaient inlassablement se saisissaient de sa position précédente et du récipient, les emportant dans un univers qu’il ne souhaitait nullement connaitre. Le bois du seau se tordit atrocement avant d’éclater sans pour autant pouvoir fuir le trou noir béant qui l’aspirait. Reprenant sa course, Grant alla jusqu’au bout de ses forces, s’échinant toujours plus, accélérant dans les lignes droites, s’accrochant dans le décor dans les virages pour alimenter sa débandade folle. Il s’époumona dans les ruelles de cette ville dont il comptait bien sortir en vie, encore, et encore… jusqu’à ce que finalement, dans un cul de sac, il se retourne en panique avant de graduellement reprendre son souffle. Il lui semblait avoir semé son détracteur. Il était seul.

- Cet enfoiré m’a foutu une peur bleue…

Il se calma, puis, hâtivement, entreprit de sortir de ce trou à rat pour aller retrouver les siens. C’était moins une… il fallait qu’il retourne voir le boss et qu’il lui explique ce qui s’était passé. Cette idée ne l’enchantait guère. Néanmoins, il n’avait pas le choix… il fallait bien qu’il le prévienne de son retour. Si l’homme qui était derrière tout cela était vraiment celui auquel il pensait, alors la table des pouvoirs risquait d’être totalement renversée. C'était mauvais. Très mauvais. Il devait…




Des vagues noirâtres lui coupèrent soudainement la route alors qu’il trébuchait sous la surprise, tombant vers l’arrière. Il avait été incapable de le voir venir. Ses doigts tâtèrent le sol à la recherche d’une prise, mais ce fut un effort bien vain. Il comprit rapidement et avec une horreur insondable que le mur dans son dos sonnait son glas. Cette seconde de perdue était celle de trop. Les bottes lourdes frappèrent les pavés crasseux, dans un rythme de marche funèbre. Grant était totalement tétanisé. Il voulait se relever. Relève toi ! Relève toi ! Voilà ce qu'il se criait, au plus profond de son âme. Mais quelque chose dans l'individu lui faisant face écrasait toute forme de résistance dans l'oeuf. Il parvint à se remettre sur pieds avec difficulté, alors que la distance le séparant de ce démon qui le poursuivait se faisait de plus en plus maigre. Une goutte de sueur perla sur sa tempe droite. Sa respiration lourde suivait le tempo hypnotique et abject des pas funestes du chasseur. Ses dents se rencontrèrent alors qu'il serrait la mâchoire, d'une force telle qu'il aurait pu broyer de l'acier. Comme si il attendait de sa proie qu'elle se jette à la mort, l'homme en uniforme lui faisant face s'arrêta alors même qu'il lui aurait suffit de tendre la main pour le toucher. Quelques secondes longues comme l'éternité s'écoulèrent alors que l'exécutif de Konan comprenait une chose terrible, une chose qui lui fit perdre la tête : il allait mourir. Aussi entreprit-il de vendre chèrement sa peau, ses poings s'entourant d'arcs électriques luminescents.

- PUUUUTAAAAAIII-

Une coupure nette et précise trancha son cri, qui s'éteignit dans sa gorge. Un objet roula sur le sol quelques mètres plus loin, alors que le traqueur portait la main à sa ceinture. Un crissement d'acier, celui qu'on glisse dans le fourreau... plus rien. Rien d'autre qu'un corps qui s'écroule au sol. Puis, comme si il n'avait jamais existé, Grant fut consumé par l'appétit irrationnel de la matière noirâtre qui l'avait autrefois poursuivi.

Ces ombres obtenaient toujours leur dû. Elles étaient la forme la plus pure de jugement. La forme la plus totale de sanction.

Bientôt, la ruelle fut vide de toute trace... comme si rien ne s'était jamais produit.



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