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 Et cetera [Solo]

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Tenshi Taya
Impératrice d'Amazon Lily
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MessageSujet: Et cetera [Solo]   Jeu 13 Juil - 20:37




Et cetera



    La bataille nous avait coûté cher. Nous avions à en payer les frais. Pourtant, il fallait bien le reconnaitre, c’était une victoire totale. Nous avions littéralement écrasé l’ennemi et, par-dessus de le marché, nous l’avions fait en évitant des pertes trop lourdes. Toutefois, les choses avaient à peine commencé. Si nous pouvions encore, pour le moment, bénéficier d’une certaine sécurité grâce au secret de notre emplacement, cela risquait de ne plus durer bien longtemps. Tôt ou tard, la Marine découvrirait notre cachette et, tôt ou tard, elle enverrait l’artillerie lourde pour nous écraser. Nous venions tout juste d’abattre nombre de leurs pions : Un vice-Amiral, un Contre-Amiral, un Commandant et quelques jolis bijoux des scientifiques.

    De retour sur Amazon Lily, le temps n’était pas aux éclats de rire. Chacun connaissait le prix de la victoire.

    Gardant mes yeux fixés sur mes pieds nus, ces derniers ne laissaient transparaitre aucun trait particulier alors que le reste de mon corps semblait vouloir crier au scandale. Ils étaient simples. Mais parfois, la plus grande beauté se trouvait dans la simplicité. Relevant mon regard, mon reflet me fixait, me détaillait. Il jugeait d’un œil critique tout ce qui sortait de la simplicité. Mon corps mis à nu, face à un miroir d’une grandeur démesurée, ne souffrait plus d’aucun artifice. Petite. J’avais l’impression d’avoir gardé un corps d’enfant. Des formes plates, loin des courbes féminines. Un corps d’enfant marqué par les souffrances d’une vie vagabonde. Les blessures de la guerre n’avaient pas guéri et des cicatrices boursoufflées semblaient vouloir s’ajouter à la laideur de ce corps. Soupirant, il n’avait rien de féminin. Il n’avait rien de chaleureux. Il n’était que chair assemblé au hasard. Morceau de peau qu’on aurait étiré sur une sculpture difforme, pantin à qui l’on aurait insufflé la vie par mégarde. Bon qu’à faire la guerre, à être utilisé, usé, par ceux qui auront l’audace d’en abuser, le courage d’en approcher. Passant doucement ma main sur mon bras, je profitai de sa douceur quelques secondes avant de remonter vers mes cheveux, y passant mes doigts. Ils étaient courts, secs. Les sensations qu’ils provoquaient contrastaient avec celle de la peau. Loin des longs cheveux soyeux de celles qui attiraient tous les regards. J’avais le corps d’une enfant bâti pour le combat et cela amplifiait l’horreur du spectacle. Il n’avait rien de plus inhumain que de faire des enfants des machines de guerre. Mon corps avait peut-être pris la décision de cesser tout mouvement à partir du moment où il ne servait que les intérêts du sang et du combat. À partir du moment où mon âme avait commencé à se couvrir de ce voile qu’on appelle l’âge adulte. L’âge adulte qui est cruel et sans espoir.

    Esquissant un pas supplémentaire vers le reflet, il fixa mon visage. J’avais les lèvres sèches, les yeux fatigués. Des boutons rougeâtres parsemaient mon visage, ça et là. On était encore bien loin de la perfection. Des défauts couvraient mon corps. Ils étaient innombrables et le pire dans tout ceci c’est que je les voyais tous les jours. Je n’avais aucun moyen de les ignorer, de m’en détourner l’espace d’une journée. Que pouvais-je faire ? Il était si facile de vouloir tout abandonner, de partir vivre loin de tout ceci. Mais il était trop tard, bien trop tard. Une vie paisible ? La bonne blague. Je l’avais rêvé, je l’avais enlacé dans mes songes éveillés. Plus d’une fois, je m’étais imaginée loin de la frénésie ambiante. Enfin, j’avais trouvé un endroit où me reposer. Mais voilà que cet endroit n’était rien d’autre qu’une bombe qui n’allait pas tarder à exploser. Ou plutôt qu’on allait faire exploser. Une question de temps avant l’ultimatum. Une question de temps avant de laisser tomber les armes pour s’abandonner à un destin sans issue.

    Tournant les talons, je laissais le miroir refléter l’image de mon dos, brûlé. La douleur était encore cinglante. Chaque contact l’intensifiait. Pourtant, je ne pouvais pas me permettre de rester enfermée. Du moins, pas aujourd’hui. J’avais certaines obligations dont celle de ne pas laisser transparaitre le moindre signe de faiblesse. Je me devais d’être la plus forte sur cette île, la plus capable de les protéger et de devenir un chef digne de ce nom.

    J’avais enfilé des habits amples, sombres, qui ne touchaient pas trop mon dos et avait franchi les portes du palais, direction l’extérieur. Le soleil brillait et la chaleur était étouffante, de quoi rendre difficile n’importe quel effort physique. Le temps n’était pas aux jeux extérieurs ni aux combats, mais plutôt aux pauses paisibles. En chemin, je croisai quelques femmes, le visage fermé. Notre retour n’avait pas été accueilli que par des cris de joie, cela avait plutôt été l’inverse. Demain serait jour de joie, aujourd’hui, non. Nous avions encore le temps pour cela. Nous avions le temps de pleurer, de joie comme de tristesse. Il allait y avoir de nouvelles larmes.

    J’étais arrivée rapidement sur les lieux. Les arbres qui l’entouraient le laissaient ombragé. Un endroit agréable sous cette chaleur. Un endroit propice à cette chaleur. Je me réjouissais que tout ceci ait lieu ici. Toutefois, je n’avais pas envie de plus m’en réjouir. L’espace était grand, légèrement vallonné. Idéal. Doucement, je m’approchai de ce qui ressemblait à de larges trous dans le sol. La scène était macabre.

    La décision d’enterrer à cet endroit les corps de celles qui étaient tombé pendant le combat avait été prise. Nous avions décidé de leur offrir un dernier hommage. Leur sacrifice n’était pas vain, loin de là. Toutefois, nous aurions préféré ne pas avoir à le subir. Nous avions toutes perdus des amies. L’espace commença à se remplir rapidement. Aucun sourire n’était visible. Les visages étaient silencieux, comme si le moindre mot risquait de briser l’instant. Chacune semblait concentrée. Seul le bruissement des feuilles, agitées par le vent, se faisait entendre dans les lieux. Les yeux perdus dans le vide, je fus sorti de mes pensées par la main de Yoko qui s’était posé sur mon épaule. Elle m’adressa un sourire triste et resta à mes côtés. Elle me soutenait depuis le début et je savais pouvoir compter sur elle.

    Une femme finit par briser le silence. S’avançant pour être vue de tous, elle avait les yeux rougis. Baissant les yeux, je me sentais, d’une manière ou d’une autre, coupable du destin de toutes ces femmes. Si j’avais été plus forte, ou meilleure en négociations, peut-être n’en serions-nous pas ici. S’allier au gouvernement était, pourtant, la solution la plus sécurisante à prendre. J’avais échoué à les sauver. Je ne pourrais jamais toutes les sauver. M’en voulaient-elles ? Ou bien, admiraient-elles ma position face à ceux que nous avions toujours appelé des ennemis ? Je n’aurais su le dire. En tout cas, ma position d’Impératrice n’avait pas encore été contestée. Certainement parce que leur tristesse n’était pas encore accompagnée de colère.

    La femme brisa le silence. Elle parla. Une manière d’extérioriser sa tristesse. Les femmes se succédèrent. Partageant leur peine et leurs souvenirs avec celles qui n’avaient pas survécu. Je les connaissais toutes. J’avais pris la peine d’étudier les relations de chacune et je savais à quel point chacune pouvait être affectée. Pourtant, je ne pouvais rien faire pour les aider, pour les apaiser. Je ne pouvais que les regarder et espérer que leur tristesse passe. La mienne était passée depuis bien longtemps. Je n’avais plus que de la colère. Je n’avais plus qu’un désir : écraser ceux qui avaient eu l’audace de tenter de nous détruire. Il n’aurait que ce qu’ils méritent. Mais les choses étaient plus simples à dire qu’à faire et, pour le moment, il nous fallait rester à l’abri, ne pas prendre trop de risques et surveiller les environs.

    La cérémonie dura une bonne heure. Je me retenais bien d’intervenir, de proférer un nouveau discours. Je n’avais pas envie de m’afficher aujourd’hui. Je me contentai d’être présente, sans souhaiter intervenir. Je n’avais jamais été du genre à partager mes souvenirs et à étaler ma peine devant les autres. Non pas que j’exprimais du dédain à l’égard de ce genre de personnes, simplement que je préférais garder les choses pour moi, que je trouvais cela plus efficace là où certains avaient plutôt besoin d’extérioriser.

    Une fois ce triste instant passé, chacun retourna à ses occupations. Plus ou moins. Aujourd’hui allait être un jour pauvre en péripéties. Les femmes n’étaient pas d’humeur à aller s’entrainer ou à reprendre ses occupations quotidiennes. Toutefois, je ne m’inquiétais pas. Je savais que, le lendemain, tout le monde reprendrait sa vie. Car, après tout, il fallait bien continuer à vivre. Pour ceux qui s’étaient sacrifiés et pour tous les autres jours à venir. Nous ne pouvions qu’espérer pour l’avenir et le construire plus radieux de jour en jour.

    Le lieu se vidant peu à peu, je restai, pour ma part, immobile sur place, les yeux fermés. Je restais concentrée sur ce qui m’entourait durant de longues minutes, silencieuse. Je ne savais même pas si tout le monde était parti. J’avais simplement besoin d’un moment, loin de tout, isolée de toutes. Je finis pas ouvrir mes yeux en prenant une profonde inspiration. Il n’y avait plus personne. Je pris donc la direction du palais d’un pas décidé.

    Y pénétrant, je pris place sur en face d’une large table en bois. J’attrapai en passant ce qui ressemblait à une carte. Fixant cette dernière, je ne fis que constater ce que je savais déjà. Amazon Lily, par sa localisation, ne tarderait pas à se faire remarquer. En effet, elle se situait à proximité de la célèbre prison Impel Down. Et les courants facilitaient le passage de Marine Ford ou Enies Lobby jusqu’à ce lieu. Ainsi, le Gouvernement ne pouvait qu’avoir une vague idée de l’endroit où nous nous trouvions. Après tout, les attaques d’Amazon Lily contre la Marine ne pouvaient être bien éloignées de l’île. Ils n’étaient pas idiots.

    Bien évidemment, j’avais pris la décision de renforcer les sorties en-dehors d’Amazon Lily, assurant ainsi une surveillance quasi permanente des alentours, réduisant le risque d’attaque surprise. Toutefois, si la Marine arrivait avec l’artillerie lourde, surprise ou non, nos chances de survie étaient minces. Que pouvions-nous faire ? Evidemment, envisager le déplacement de la population était une option, néanmoins, ce peuple, fier, risquait de ne pas appuyer cette décision. Appeler des renforts était une autre option. Néanmoins, je ne pouvais pas compter sur beaucoup de monde. Si j’avais eu l’occasion de rencontrer bien des caractères forts sympathiques, je n’avais jamais cherché à en faire des alliés. Ils étaient des connaissances, tout au plus des amis. Je n’avais aucun allié, seulement des compagnons qui, je n’en doutais pas, accourraient si je me trouvais dans un quelconque danger. Mais c’était différent.

    Tapotant nerveusement la table de mon doigt, je pris conscience que je n’étais pas la plus diplomate. Les négociations avec la Marine s’étaient mal terminées. Cela m’avait appris que faire des concessions pouvaient être, parfois, profitable. Toutefois, il m’était difficile de les accepter.

    Songeant à toutes les relations que j’avais pu me faire durant mes voyages, les premières qui me vinrent à l’esprit furent Zeke, Erwin et Kyoshiro. Mais il était hors de question d’user d’eux pour protéger Amazon Lily, même si je les savais prêt à le faire. Je n’avais pas envie de les mêler à cela, mais je ne pouvais pas les empêcher de s’y intéresser un minimum. Y réfléchissant un peu plus, je me souvenais de ma rencontre avec Nakata. Brève, il avait l’air d’une personne assez sympathique, toutefois, concevoir une alliance avec un personnage de cette envergure me paraissait impossible. Je songeai alors à Kain et Heziel. J’avais eu la chance de les croiser. Néanmoins, leur équipage devait leur causer beaucoup de soucis et une alliance avec Amazon Lily ne leur apporterait rien, tout comme à moi. Ils faisaient chemin seuls, loin de la politique et de ce genre d’histoires. Je chassai donc l’idée de mon esprit.

    Il ne me restait donc presque personne. Si seulement j’y avais pensé plus tôt, j’aurais peut-être envisagé toutes ces rencontres d’un autre œil que seulement celui de l’amusement. Poussant un long soupir, je laissai tomber ma tête contre la table. Des images défilaient dans ma tête. Des noms, des visages. Mais rien de satisfaisant, rien qui pouvait nous sauver.

    - Que se passe-t-il ?

    Relevant la tête, je reconnus la personne qui avait pris la parole. Je lui accordais un faible sourire avant de lui répondre, le plus simplement du monde :

    - Bonjour, Orphen.

    Elle me rendit mon sourire, avec sympathie. Dire que j’étais à deux doigts de l’exécuter quelques temps auparavant. Cela n’avait rien de réjouissant, vraiment. Elle me rappelait ces tristes événements. À y réfléchir, elle était entièrement fautive. Pourtant, je ne pouvais m’empêcher de lui offrir mon pardon. Il était trop tard désormais, elle ne pouvait plus changer ses actes et je la croyais fidèle. De toute façon, les choses ne pouvaient pas empirer. Je me rendis alors compte qu’elle me fixait avec insistance, attendant une réponse à sa question. Soupirant, je finis par lui répondre le plus simplement du monde :

    - Je me demande encore comment nous allons nous en sortir.

    Je devais avoir l’air pathétique et totalement perdu. Pourtant, j’avais l’intuition qu’elle ne risquait pas de me juger, que je pouvais me montrer sous mon vrai visage face à elle. J’affichai le plus souvent un visage de façade, nécessaire à donner l’impression que mon autorité ne risquait pas de défaillir.

    - Tu ne devrais pas désespérer comme ça, les femmes de cette île sont prêtes à se battre et donneraient leur vie avec plaisir pour préserver ce lieu.

    Faisant glisser évasivement mes doigts sur le bois, je rêvassais paisiblement. Toutefois, pas le temps pour ce genre de niaiseries, j’arrêtai la seconde d’après.

    - Justement, je ne veux pas de sacrifice. Je n’en veux plus. À quoi cela sert-il ? Je ne pourrais jamais toutes les protéger.

    Elle haussa les épaules d’un air vague. Cela n’avait pas l’air de l’affecter plus que cela. Pourtant, j’avais l’intime conviction qu’elle était tout aussi attachée que moi à ces femmes.

    - Ce n’est pas à toi de les protéger. Tu dois les guider, les soutenir, c’est le meilleur moyen de les conduire à la victoire… Pas en essayant de les couver.

    Réfléchissant à ses paroles, je savais qu’elle avait raison, que je ne pouvais pas sauver tout le monde, mais le plus de monde possible. Une poignée de gens.

    - Comment se passent tes relations avec les autres amazones ?

    Elle haussa les épaules d’un mouvement vague. Son retour ne réjouissait presque personne. Il s’agissait d’une traitre. Je me demandais encore pourquoi j’avais accepté son retour. Elle avait sauvé une vie, mais avait causé la perte de biens d’autres. Toutefois, si elle voulait se racheter, elle le pourrait désormais.

    - Souhaites-tu connaitre mon avis ? Je pense que nous devrions frapper avant eux. Ici nous sommes piégés, il n’y a aucun moyen de s’échapper et, de toute façon, personne n’a envie de fuir. Les attaquer par petites piques peut être suffisant à les dissuader de s’approcher, à réduire leur force petit à petit tout en préservant les nôtres. Il faut attaquer des endroits stratégiques, faciles à prendre, avant de frapper plus fort. Restées cacher ici ne nous sera d’aucune aide. Au contraire, s’éparpiller au quatre coins du monde est bien plus bénéfique.

    Je la fixai l’espace d’un instant d’un air surpris. Personne n’avait jamais osé me suggérer une telle idée. Pourtant, cela n’avait rien d’idiot, bien au contraire. Après tout, nous étions prises au piège ici, et encore trop peu en sécurité.

    - Je vais y réfléchir.

    Elle acquiesça vaguement avant de reprendre la parole :

    - Quelle que soit ta décision, je la suivrai. En attendant, j’ai quelque chose à te montrer.

    Elle me fit alors signe de la suivre, ce que je fis avec une once d’hésitation. Serait-elle devenue une alliée d’une importance insoupçonnée ? Probablement. Elle me guida à l’extérieur du palais et me conduisit jusqu’aux lieux où les femmes avaient pour habitude de s’entrainer. En ce jour de deuil, très peu de femmes étaient présentes. Certaines, déterminées à obtenir leur vengeance, avaient décidé que le combat ne devait jamais cesser et s’entrainaient avec acharnement et ferveur. Orphen se plaça à plusieurs pas de moi, un grand sourire au visage.

    - Mon passage dans la Marine m’a permis d’apprendre une capacité qui pourrait t’intéresser.

    Elle m’accorda une petite grimace en prononçant le mot de « Marine » avant de mettre en pratique ses paroles. Il ne lui fallut qu’un mouvement pour se retrouver au plus proche de mon visage. Technique impressionnante que j’avais déjà vue. En effet, le Marine Ghetis Archer avait déjà profité de cette technique pour me surprendre. Il avait accepté de me l’enseigner mais, après tout, je n’étais plus vraiment en capacité de fréquenter ce genre de personnes. Le risque était bien trop grand. Le Gouvernement ne pourrait accepter une telle alliance.

    - Intéressant… J’ai déjà assisté à cette technique. Toutefois, je n’ai jamais eu l’occasion de l’apprendre.

    Elle me fit un sourire, visiblement heureuse de pouvoir se rendre utile.

    - Dans ce cas, je vais te l’enseigner.

    Les jours qui suivirent furent pour le moins agité. J’avais renforcé les rondes autour de l’île, l’ennemi ne pourrait plus venir sans être vu au préalable. Et toutes les femmes qui voyageaient en-dehors de l’île étaient dans l’obligation de nous contacter régulièrement. Orphen avait essayé de se refaire une place parmi les Amazones, mais ces dernières avaient tendance à rejeter toutes ses approches. Elle n’était clairement pas la bienvenue. De plus, nous avions reporté à plus tard l’apprentissage de cette technique qu’elle appelait « Soru », mon dos étant encore trop douloureux pour lui infliger de trop gros efforts. Il était toujours intéressant de pouvoir leur voler ce genre de techniques. À n’en pas douter, il ne pourrait pas s’attendre à la voir en ma possession et cet effet de surprise pouvait m’être d’une grande aide.


    J’effectuai donc, pendant le temps de ma guérison, des visites régulières chez les femmes blessées. Elles étaient assez nombreuses et chacune avait son fardeau à porter. Je laissai Tia s’occuper de ses propres femmes, et notamment de sa seconde qui avait péniblement réussi à survivre face au Contre-Amiral. Les conséquences avaient été importantes pour elle, et la moindre attaque supplémentaire aurait pu lui être fatale. Tia, quant à elle, avait souffert d’une explosion. Tout comme moi, elle était brûlée à plusieurs endroits, mais avait décidé malgré tout de ne pas prendre trop de repos. Après tout, elle avait toujours eu besoin de se montrer en femme forte. Elle avait été une sérieuse concurrente pour devenir Impératrice. Ainsi, je laissai les affaires de Tia à Tia. Je lui avais passé quelques visites, mais cela avait l’air de l’agacer plus qu’autre chose.

    Mabilla, quant à elle, avait été blessée à la cuisse. Une blessure bien plus bénigne, mais quelque peu handicapante. Elle avait l’air de s’en remettre assez bien. Yone, qui s’était battu en partie à ses côtés, avait subi une brûlure au dos, tout comme moi, mais bien moins importante. Cela ne la gênait pas plus que cela. Elle aurait bien aimé pouvoir étudier les bijoux de technologie que le Gouvernement avait apporté. Malheureusement pour elle, leur autodestruction avait été fatidique. Ses capacités ne lui permettaient pas de reconstruire à partir de presque rien. Toutefois, elle avait récupéré les morceaux encore présent, qui n’avaient pas tous disparus. Elle avait récolté tout ce qui lui était possible de récolter et avait commencé à étudier ces fragments. S’il ne lui était pas possible de recréer des Cy-Wolf, cela avait commencé à la passionner et elle s’était mise en tête d’en construire un, voire plusieurs, un jour. Je lui avais également apporté le morceau de granit marin qui avait été récupéré durant la bataille. Il ne s’agissait pas de grand-chose, mais l’utilité d’une telle arme ne devait pas être négligée.

    San, la femme ninja, devait faire partie avait très peu souffert. Ou bien, elle restait plus secrète sur ses blessures de guerre. Elle était discrète et il était difficile de la saisir. Je ne m’inquiétais que très peu pour elle.

    Mailinh et Hana, les deux sœurs, avaient continué à prendre soin l’une de l’autre. Elles avaient cru que l’une d’elle allait y passer. L’ainée avait été mise en difficulté, mais avait été sauvée par sa sœur. Leur lien était certainement la seule chose qui leur avait permis de survivre.

    Pour finir, il y avait Trish, qui devait sa vie à Orphen et avait été gravement blessée au flanc par les crocs d’un Cy-Wolf. Cette défaite l’avait très certainement touché dans son amour-propre, d’autant plus qu’une traitre avait du venir à son aide. Elle-même avait du mal à reprendre sa place parmi les Amazones. J’avais peut-être le pardon trop facile. Elle retrouvait peu à peu des couleurs et de la santé. Elle n’avait, pour autant, pas encore présenté le moindre remerciement à sa sauveuse. Elle lui en voulait probablement. Après tout, elle n’aurait probablement pas frôlé la mort si Orphen n’avait pas informé le Gouvernement. Je savais que les choses étaient bien plus compliquées qu’il n’y paraissait.

    Cette bataille nous avait également conduits à l’obtention de deux prisonniers, qui avaient été laissés en-dehors de l’île. Un commandant et une lieutenante de la Marine. Je n’avais aucunement l’intention de faire du mal à ses deux personnes. Bien au contraire. Je considérais que le sang qui avait coulé était suffisant et que l’assassinat ou la torture de deux êtres supplémentaires était inutile. Il pourrait donc me servir de monnaie d’échange, même si leur importance devait être négligeable pour le Gouvernement.

    Les semaines passèrent. Chacun commençait peu à peu à guérir de ses blessures, physiques ou non. La vie reprenait son fonctionnement traditionnel, même si personne n’avait l’envie de faire la fête. Orphen avait profité de mon rétablissement pour m’enseigner le Soru et j’avais longuement médité sur ses paroles. Si le Gouvernement débarquait avec l’artillerie lourde, les pertes seraient grandes, voire totales. Je ne pouvais rien y faire. Nous étions piégés dans un trou à rat. La seule solution : sortir, intimider l’ennemi. Lui donner plus à faire sur d’autres terrains. Ainsi, la décision était prise. Il n’était pas question de se cacher, au contraire. Nous allions nous montrer au monde entier et le faire trembler au seul nom d’Amazon Lily. Il allait circuler des murmures sombres et inquiets. Si la Marine se croyait en sécurité, j’avais la ferme intention de la faire tomber de haut. J’étais fatiguée de lutter jour après jour et cette lutte n’avait pas de fin. Plus aucune fuite possible désormais.

    J’avais exposé mes envies au reste de l’île. Personne n’avait l’air de vouloir s’y opposer. Evidemment, il allait falloir réfléchir à un moyen d’attaquer rapidement, mais douloureusement. Que la blessure infligée soit difficile à réparer, qu’ils sachent que rien ne pouvait nous arrêter, que, même s’il détruisait Amazon Lily, le nom demeurerait, la fureur resterait collée à eux.

    Si je savais pouvoir compter sur des amis, mes illusions allaient rapidement se fracasser à un mur gigantesque. Je fonçai sans faire attention. Mais les mauvaises nouvelles arrivaient sous la forme d’une pile de journaux apportée par des femmes en voyage en-dehors d’Amazon Lily. Se tenir informée des nouvelles du monde était important et je ne tardai pas à me plonger dans cette dernière. Les choses continuaient. Toujours la même rengaine et la Marine donnait l’impression de perdre de plus en plus de terrain. Difficile de lutter face à la montée de la criminalité dans le monde. La violence semblait avoir pris une place de plus en plus imposante dans le monde. Dommage pour eux, ils pouvaient me compter désormais comme une ennemie supplémentaire. Cela ne me plaisait pas particulièrement.

    Je fronçai les sourcils, attrapant un gros tas de papier. Des nouveautés dans les têtes mises à prix par le Gouvernement. Je les parcourais distraitement. J’espérai intérieurement que mon visage n’apparaitrait pas. Après tout, tous les marines qui avaient pu voir mon visage, qui connaissaient mon nom étaient morts ou prisonniers. J’avais encore cet espoir de fou. J’allais tomber de haut.

    Mon doigt glissa vers une affiche. Mon visage s’y trouvait. Plissant les yeux, je descendais mon regard vers le prix qu’on donnait à ma tête. Mon cœur manqua de s’arrêter. Ils avaient décidé d’y mettre deux cents millions. Soit ils avaient perdu la tête, soit ils savaient qui j’étais. La deuxième option était la plus probable. J’avais été trop négligente et j’en payais désormais les conséquences. À trente-huit millions, on pouvait encore se permettre quelques libertés. Mais là, c’était décidément terminé. Et je n’étais pas au bout de mes surprises.

    Mes doigts continuèrent, fébrilement, à feuilleter les journaux. J’avais les mains moites et je pris la décision de prendre l’air quelques minutes. Toutefois, mes yeux avaient capté quelque chose. Je ne pouvais résister à l’envie de vérifier. Des noms bien connus. Ceux de Kyoshiro et Erwin. Proches. Trop proches. Avalant péniblement ma salive, je craignais de découvrir la vérité associée à ces deux noms. À eux deux s’ajoutaient deux autres noms. Fenice Nakata et Kanäe Toupex. Quelque chose clochait. À cet instant, j’aurais peut-être mieux fait de sortir et de laisser ces morceaux de journaux disparaitre à jamais. On ne pouvait pas effacer les actes.

    Parcourant les lignes rapidement, je sentis quelque chose monter en moi. Un mélange de sentiment qui risquait d’exploser. Cette fois-ci, mon cœur ne manqua aucun battement. Il ne faisait qu’accélérer. Il ne voulait plus s’arrêter. Serrant le poing, je repris les lignes plusieurs fois, plus doucement pour être certaine de bien comprendre. Il fallait se rendre à l’évidence. Ces imbéciles avaient fait ce qu’ils devaient faire. Ils avaient attaqué Impel Down.

    Je me mordis les lèvres, retenant un flot bouillonnant au fond de moi. Le sang commença à couler le long de mes lèvres. Il avait un goût étrange. Un mélange savoureux auquel commençait à se mêler un ruisseau d’eau salée.


    Je me levai de ma chaise. Lentement, retenant tous mes gestes. J’avançais, presque comme un robot, raidie. Je me dirigeais vers un endroit reculé du palais, où personne ne risquait de me déranger. Fermant les yeux pour prendre une profonde inspiration, je pénétrai dans ma chambre. Isolée, je pouvais y faire le bruit que je voulais.

    Je fermai doucement la porte derrière moi avant de laisser la furie se déchainer comme elle le souhaitait. Je brisai la première chose qui me passa sous la main, à savoir un pauvre vase contenant des fleurs qui n’avait rien demandé. Me plaçant face au miroir, mon poing frappa ce dernier, d’un coup sec, le brisant et laissa les éclats de verre s’enfoncer dans ma peau. C’était exaltant. Je fixai ma main ensanglantée d’un air rêveur.

    Si je pensais rester seule longtemps, je me trompais. Et avant que je ne fasse plus de dégâts, ce fut Akimitsu qui attrapa mes deux bras d’un geste autoritaire. Evitant son regard en baissant les yeux, je tentai de me défaire de sa poigne. Rien n’y faisait. J’étais harassée par tout ceci.

    - Que se passe-t-il ?

    Pour la première fois depuis qu’Akimitsu avait pris forme humaine, je levai mon regard dans sa direction. Je devais avoir une tête pitoyable, incompréhensible. Personne n’aurait pu expliquer ce que je ressentais, même moi.

    - Ces imbéciles… Ils n’en font qu’à leur tête. Ils se jettent dans la gueule du loup sans même prendre la peine de m’en parler. Ils veulent tout savoir et moi, qu’ai-je le droit de savoir ?

    J’avais prononcé ces derniers mots en criant presque, espérant peut-être que mes mots iraient plus loin. Akimitsu n’avait pas l’air de comprendre.

    - Lâche-moi. Je vais les tuer, je te jure que je vais les tuer.

    Ma voix s’étrangla sur la fin. Les pleurs avaient repris de plus belle. J’avais du mal à formuler des propos cohérents et je me sentais pitoyable. Pourtant, pour moi, tout ceci avait un sens.

    - Ils prétendent être mes amis, mes amours. Tout ce qu’ils savent faire c’est me mettre sur le banc de touche. Me faire comprendre que je ne suis d’aucune utilité, qu’il vaut mieux me tenir à l’écart, loin de tout. À quoi ont-ils pensé ? À quel moment se sont-ils dit que je méritais d’apprendre cela dans un journal ? C’en est assez, je ne veux pas d’amis comme ça…

    Akimitsu me fixait, l’air toujours perdu. Il me fit reculer doucement pour me faire asseoir sur le lit et, en silence, s’appliqua à retirer les morceaux de verre coincés dans ma peau. Il ne m’était plus possible de prononcer le moindre mot. La douleur était trop profonde. Ce fut donc mon arme qui enchaina :

    - Je n’ai pas tout compris. Tu devrais peut-être réfléchir à tout ceci à tête reposée, tu auras les idées plus claires.

    Je hochai négativement la tête. J’avais les idées très claires, je savais exactement ce que je disais. Je ne voulais plus de ce genre d’amis, c’était certain. Ils m’avaient mise de côté, ils l’avaient fait sciemment. Ils m’avaient caché un bon nombre de choses. Ils voulaient profiter des bons côtés, faire de moi une jolie décoration, un trophée. Je n’en voulais pas.

    - Je…

    Akimitsu posa un doigt sur mes lèvres pour me faire taire. Il alla chercher de quoi guérir ma blessure à la main et l’enroula dans un pansement de fortune. Doucement, il commença à fredonner une musique envoûtant. Il m’attrapa délicatement ma main valide et me fit me relever. J’avais encore le visage bouffie par les pleurs et rougi par l’émotion. Je reniflais bruyamment. Il me fit avancer puis glissa doucement son autre main dans mon dos et se mit dans la position d’un danseur prêt à faire valser une belle dame. Et ce fut ce qu’il fit, sans brusquer. Des pas lents, doux.

    Je ne savais pas quel était le but recherché, mais cela me détendit, me fit sortir de mes pensées noires. Je me concentrai seulement sur la mélodie qui s’échappait de ses lèvres et sur les pas qu’il me faisait faire. Certainement quelque chose de simplet, mais cela me plaisait. Je me sentais plus légère, comme si mes pas touchaient des nuages et non plus le sol. Je soupirai d’aise. Le calme était enfin revenu en moi. Pourtant, il continua, comme s’il était prêt à faire les même pas toute la journée, toute la nuit. Jusqu’à ce que nos pieds soient en sang, qu’il ne nous soit plus possible de marcher.

    Me laissant porter par le rythme, lorsque la mélodie s’arrêta et que la danse se stoppa, je ne pus que murmurer une seule chose :

    - Merci…

    Il m’accorda un faible sourire.

    - Mais je vais quand même leur faire la peau.

    Il haussa les épaules en soupirant. Il n’avait certainement pas compris grand-chose. Il relâcha ma main s’apprêtant à repartir, mais je l’attrapai rapidement le retenant, avant de laisser ma tête se poser contre son torse, s’y enfouissant pour y trouver un refuge. Le contact était froid, comme celui qu’on pouvait avoir avec la lame d’un sabre. Mais c’était agréable. Il posa sa main sur ma tête, comme on l’aurait fait avec un petit enfant. Ma petite taille me donnait l’air d’une gamine.

    Enlaçant Akimitsu, je le serrai si fort que mes ongles se plantèrent dans la peau de son dos. Je l’entendis expirer un souffle de douleur. Pourtant, il ne chercha pas à m’éloigner. Le sang coula légèrement, contrastant avec la fraicheur de sa peau. Relâchant mon étreinte, je fis un pas en arrière, regardant l’homme en face de moi comme je ne l’avais jamais fait. Voilà maintenant des années que nous étions ensembles, rien n’avait jamais pu nous séparer. Il s’était attaché à moi et ne m’avait jamais quitté. Je m’étais attachée à lui et jamais je n’avais souhaité qu’il me quitte. Certes, il avait toujours ce quelque chose d’agaçant quand il essayait de me diriger, de me donner des ordres. Mais après tout, ce qui me touchait, le touchait. Toutes mes décisions se répercutaient sur lui. Il fallait croire que le caractère d’un sabre était de resté lié à son porteur jusqu’à la fin de ses jours. De lui rester fidèle. C’était tout ce que j’avais vu en lui. Un fidèle camarade qui ne pourrait jamais me laisser tomber, peu importe mes bêtises. Je n’avais que très rarement vu en lui tout son côté humain. Désolant.

    Ma main s’attacha délicatement à son visage. Il n’opposa aucune résistance, semblant surpris de ce geste affectueux. Mes doigts glissèrent doucement le long de son cou, de son épaule et de son bras pour se glisser entre ses doigts. Cette fois-ci, il fronça les sourcils.

    - Tu veux recommencer à danser ?

    Sa remarqua m’arracha un sourire. Danser ? Oui. Mais certainement pas comme il se l’imaginait. Il s’agissait d’une danse bien moins puérile, mais bien plus impulsive. Il attendait ma réponse.

    - J’aimerais que nous fassions une autre danse.

    Il haussa un sourcil, attendant plus de précisions de ma part. J’allais les lui donner sans tarder. Faisant un pas dans sa direction, je tirai sur son bras pour l’attirer doucement vers le bas. Il n’eut pas le temps d’opposer la moindre résistance et se laissa faire sous l’effet de la surprise. Le contact était froid, à nouveau, mais toujours plus agréable. Lui-même avait l’air d’apprécié l’instant car il garda la position durant de longues secondes avant de poser ses mains sur mes épaules pour m’éloigner doucement. Ce baiser fut déconcertant, peut-être plus agréable que tous ceux que j’avais pu offrir dans ma vie.

    - Tu… Tu devrais te reposer Tenshi.

    Secouant la tête, je n’avais aucunement l’envie de dormir. Et, comme seule réponse, mes lèvres revinrent à la rencontre des siennes, de façon égoïste et désireuses de ne pas s’arrêter en si bon chemin. Cette fois-ci, il fut plus rapide à me repousser.

    - Arrête ça.

    Soupirant, je n’avais pas envie de l’écouter. Mais encore une fois, cela ne dépendait pas que de moi.

    - Pourquoi ? Qu’y a-t-il de mal à cela ? Je suis si repoussante que cela ?

    Il eut un regard visiblement surpris. Peut-être qu’il ne s’attendait pas à entendre de telles choses de ma part. Les choses avaient changé désormais. Je n’étais plus liée à personne, je ne devais rien à personne. J’allais vivre ma vie comme je l’entendais. Et j’en avais assez d’être seule, toujours. Dans les rares personnes que je portais dans mon cœur, deux m’avaient lâchement abandonné, à leur manière. C’était bien suffisant. Il détourna le regard, visiblement gêné par ma question.

    - Ce n’est pas ça. C’est juste que… Je ne te comprends pas.
    - Il n’y a rien à comprendre.

    En vérité, il y avait des centaines de choses à faire entendre, mais je n’avais pas envie d’énumérer toutes les raisons. Des désirs personnels. Tant de bonnes que de mauvaises raisons. L’aimais-je ? Oui, mais pas de la même façon que j’avais aimé Kyoshiro. Cela n’avait plus aucune importance à présent.

    - Je ne te force à rien, Akimitsu.

    Cette fois-ci, ce fut à son tour de laisser ses doigts couler le long de mon visage avant de s’y poser. Cette fois-ci, ce fut à son tour de m’offrir ce baiser égoïste, envieux. Il m’enlaça, enveloppant mon corps de froid, contrastant avec le feu qui bouillonnait au plus profond de mon être. Ce fut ce baiser qui scella un pacte entre deux individus que le monde avait oublié. Entre deux individus qui s’offraient ce que personne n’avait jamais pu leur offrir depuis des lustres. Ce fut une nouvelle danse qui débuta dont le rythme, plus saccadé, n’était semblable à aucune autre mélodie. Chacun à notre tour, nous étions guide et guidé. Les rôles n’avaient plus d’importance, les sensations étaient plus palpables que jamais, indescriptibles. Rien ne pouvait faire cesser cet instant qui me donnait enfin l’impression d’être aimé par un individu à la peau glacée. Voilà certainement la triste vérité. Les Hommes n’avaient aucune affection à m’offrir.



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>> Dans la vie, il ne s'agit pas nécessairement d'avoir un beau jeu, mais de bien jouer de mauvaises cartes. <<


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