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 [Présent] Le soleil ne sait rien de l'ombre.

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Fudo
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MessageSujet: Re: [Présent] Le soleil ne sait rien de l'ombre.   Lun 1 Mai - 11:55



- Les soleil ne sait rien de l'ombre -


Un jour et demi, voilà combien de temps prit mon esprit à faire la synthèse de tout ce qu'il s'était déroulé jusqu'à maintenant. Cela me parut assez court, mais tout à fait acceptable puisqu'il ne s'agissait que de finaliser un processus qui avait débuté depuis un moment déjà. J'estimais ainsi m'en être bien sorti, et en plus de ça la seconde réunion n'aurait lieu que dans une dizaine d'heures, de ce fait je n'avais rien raté concernant la mise en place de Jorogumo dans ce marché noir. Ma collègue me mit alors au courant de ce qu'elle réalisa durant mon sommeil, elle s'était occupée des quelques esclavagistes évoqués lors de la précédente réunion. Grand bien lui fasse, me dis-je, j'avais quelque peu oublié ce minime détail et pour l'avouer cela ne m’intéressait pas de me défouler sur des êtres de ce genre. Si je pouvais éviter de répandre du sang de mes propres mains, surtout pour servir la cause d'autrui, cela me convenait. Peut-être avais-je perdu l'occasion de me lier encore plus avec Jorogumo, en découvrant d'autres facettes de sa personnalité, mais au point où nous en étions je doutais fortement qu'elle aurait laissé paraître quoi que ce soit de fort intéressant. Nous pouvions donc continuer notre démarche, finaliser cette implantation de la criminelle et, une fois cela effectué, j'aurais pu lui demander de me rendre service. Et l'heure de lui faire cette demande approchait à grand pas puisque tout était déjà mis en place : elle parvint à rattacher chacun à sa cause. Seul ce qu'elle m'évoqua concernant la cheffe des mercenaires connotait avec l'une de mes ambitions concernant mon leader factice. Je disposais déjà d'un talent, ma malédiction, qui me distinguait de la masse.

L'ope ope no mi m'attribuait un avantage de taille, il me rendait irremplaçable. Me perdre, surtout pour une personne qui n'avançait que par le biais de la violence, signifiait donc la déroute. Ren n'était pas dupe, il avait déjà décelé le potentiel incommensurable que m'octroyait la malédiction, elle nous permit de faire face à une flopée de marines et attirer l'attention de toute une défense sur Nighty Town. Pour un chef de guerre j'étais l'élément qui pouvait résoudre de nombreux problèmes, un atout que l'on ne pouvait se permettre de laisser à autrui. Le rouquin, malgré ma potentielle trahison, me rechercherait donc probablement pour me rallier une nouvelle fois à sa cause. Peut-être aurait-il usé de la force, ou autre chose. Qu'importerait sa façon de me tenir près de lui, il tomberait dans mon piège dans tous les cas. Contrairement à ce que le Tao pouvait penser, il n'allait pas être le maître qui tiendrait la laisse, la situation était bien plus complexe. Si son organisation était un pilier, je serais le lierre grimpant qui s'entourerait autour de la roche jusqu'à la submerger. L'étreinte se serait peu à peu renforcée jusqu'à fracturer la structure tout entière quand celle-ci serait vidée de son utilité. Et, le meilleur des cas, celui où il ne tenterait rien, me permettrait de vaquer directement à mes nombreuses occupations. Il me fallait toutefois pour cela m'assurer d'une chose, l'élément nouveau que je découvris dans cette vision. J'attendis donc que Jorogumo finisse de dresser le bilan de sa situation pour savoir si je serais bientôt en mesure de m'élancer dans ce projet économique. Je m'apprêtais donc à prendre la parole lorsqu'elle me fit comprendre qu'elle avait mis le doigt sur ce que je redoutais. Pour autant, de par sa réaction toujours aussi mesurée, je crus comprendre qu'elle n'en tenait point rigueur. Il ne s'agissait après tout que d'une remarque, une hypothèse plus ou moins affirmée au sein de son seul esprit. Et, quand bien même j'étais un déserteur, voire éventuellement un traître, je ne lui avais point porté préjudice en lui cachant cela. Au contraire, ça lui servi grandement lors de la première réunion. Mais le plus amusant était là : elle le découvrit d'elle-même après avoir joué de mon faux titre au sein des Shadow Ghost. Ca jouait ainsi en ma faveur concernant ma future demande, j'étais désormais une entité bien distincte de Ren Tao pour elle. Aussi, je mis de côté cela dans un coin de ma tête et préférait directement passer à ce qui concernerait mes prochains agissements.

-Il n'est pas question de trouver quoi que ce soit, simplement d'acquérir l'objet de mon désir. Nos visions, avec Ren Tao, divergent simplement. Mais je ne pense guère que cela soit le plus urgent, à moins que cela ne te pose réel problème vis-à-vis de lui.
- je soupirais un court instant avant de reprendre, avec un air plus grave - Qu'est-il advenu de Menma et sa bande ?




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Kokuro Elina
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MessageSujet: Re: [Présent] Le soleil ne sait rien de l'ombre.   Lun 1 Mai - 16:02

Le soleil ne sait rien de l'ombre.














Fudo commençait décidément à se démarquer de manière très nette des autres hors la loi qu'elle avait côtoyés jusqu'à présent. Elina y voyait de plus en plus un électron libre, capable de percer ce voile d'ombre qui drapait le marché noir mondial. Cependant, il était encore trop jeune, à l'image d'un vin que l'on n'aurait pas laissé mûrir suffisamment longtemps. Il était vert, un brin amer et possédait une attaque pleine de fougue, là où il devrait plutôt travailler en longueur et en souplesse, tout en rondeur. Forcer le destin à la seule force de ses poings ou de sa volonté n'était jamais une bonne solution, surtout dans leur milieu. Il était mille fois plus efficace de patienter sagement dans l'ombre et de tisser lentement son réseau pour, enfin, pouvoir profiter d'une occasion en or. En d'autres termes, il n'en étaient qu'aux balbutiements de sa vie de criminel, là où elle jouissait déjà d'une certaine expérience... mais qui demeurait bien maigre, en définitive, par rapport aux barons du crime !

Mais ce n'était pas à elle de le lui montrer. Le monde s'en chargerait bien assez tôt et, lorsqu'il aurait gagné en maturité, nul doute qu'il reviendrait la chercher. Si ce n'était pas l'inverse. Elle écouta poliment sa réponse avant de sourire de sa défiance, mais également de son intérêt pour leurs anciens adversaires. Elle répondit sans tarder :


- Menma et sa bande ont été bannis de l'île. Il en va de même pour Urup et sa famille. Je ne devrais pas être au courant avant la réunion de ce soir, mais Maku m'a généreusement fait parvenir l'information, ce afin que je puisse prendre quelques dispositions.


Elle laissa fleurir un sourire en coin, avant de rebondir sur ses premières peurs qu'elle avait volontairement traitées en seconde position :


- Quant à notre ami commun... Il est mon associé principal. En théorie je devrais au moins l'avertir de ton passage sur North Blue, sinon tenter de te livrer compte tenu de ton aveu à peine masqué de trahison.


La Zoan sourit à cette idée, mais ne fit pas un geste pour la concrétiser. L'araignée n'avait, en réalité, aucune intention de placer Fudo dans cette position, et la raison en était simple :


- Cependant, ta participation a grandement profité à ma prise de pouvoir sur le marché de Luvneel ; et j'aurais eu toutes les peines du monde à gérer tant Menma et ses hommes qu'Urup et les siens. Aussi, considère cela comme le paiement de ma dette : Ren ne saura rien de ton passage ici.


Elle laissa aller ses pensées vers le hors la loi désormais primé à plus de deux cent cinquante millions de Berrys. Cet homme avait le chic pour s'attirer le feu des projecteurs et, selon elle, cette position lui allait à ravir. Son caractère flamboyant et irascible servait leur cause aussi bien que sa nature froide et ses machinations, petite araignée tapie dans l'ombre qu'elle était. Leur duo fonctionnait à merveille et il était souhaitable que cela continue. Néanmoins, elle n'allait pas se priver d'entretenir d'autres alliances ni même de parfaire son réseau ! C'eut été mal la connaitre. Fudo en était un exemple concret : le garder dans la liste de ses connaissances s'avérerait sans aucun doute profitable à l'avenir. Elle minauda donc un peu plus :


- J'ai presque réussi à obtenir tout ce que j'étais venu chercher, en effet. Mais et toi, Fudo, es-tu satisfait de ton passage sur ces mers glacées ? Ou bien étais tu en quête de plus encore ?






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Fudo
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MessageSujet: Re: [Présent] Le soleil ne sait rien de l'ombre.   Lun 1 Mai - 17:26



- Les soleil ne sait rien de l'ombre -


Je retins ma déception lorsque Jorogumo me dit que Menma et les siens avaient été bannis de l'île. Si je ne pouvais pas mettre la main sur l'énergumène j'aurais très bien pu me trouver un autre collègue directement sur West Blue. Edward peut-être, encore fallait-il qu'il eut été disposé à débuter ce type commerce avec moi. Notre relation était basée sur l'équité, ainsi je n'aurais pas eu l'entiereté des rênes. D'un autre côté, j'avais avec Menma un moyen de me lancer dans ce projet en ayant le leadership. Si m'imposer aurait pris du temps, cela constituerait un exercice très intéressant pour mon futur. Il n'y avait après tout pas de maître sans esclaves, pas de roi sans sujets. Je dus donc me contenter d'attendre de voir ce qui se déroulerait lors de la prochaine réunion pour être sûr que mon projet naissant était déjà bel et bien en train de se faire ralentir. Mais, rien n'était encore joué, si ?

Vint alors le point problématique, l'homme à la chevelure écarlate, l'allié de Jorogumo. Mes doigts s'engouffrèrent dans ma chevelure de jais, je me grattais le crâne non inquiet de ce qu'il pouvait bien m'arriver. Qu'elle me livre à lui était, objectivement, le pire de ce qui pouvait m'advenir. Néanmoins cela me laissait le champ pour éventuellement mieux tromper Ren. La laisse, le chien, le pilier et le lierre, on en reviendrait donc à ce cas-là qui ne m'était guère défavorable. Si elle se contentait de le mettre au courant de mon passage sur cette île, cela aurait permis à Ren de recentrer ses éventuelles recherches dans la bonne direction. Ses hommes se seraient dirigés ici afin de me trouver, mais puisque mes prochains mouvements semblaient déjà tous choisis, me rendre sur West Blue, ma situation ne changerait pas d'un poil. J'étais même plus en sécurité ici, avec ses hommes sur le dos, que sur les mers de l'Ouest. Mais ce qui me surprit le plus, outre le fait qu'elle choisit de ne rien faire de tout cela, fut le terme qu'elle utilisa pour qualifier mon départ soudain. Je soupirai donc, attendit qu'elle eut posée toutes ses questions pour finalement répondre.

-Trahison ? Il s'agit d'un simple départ en quête de pouvoir qui me serait propre. Ren a une vision erroné de celui-ci, ses méthodes ne lui permettront jamais de parvenir au sommet de ce monde. Il suffit de voir ce que devient ses îles quand il n'est pas là, pour user de sa force afin de contenir le peuple, pour le comprendre. Il n'est qu'une épée que l'on saisit dans les cas les plus extrêmes, un instrument voué à être jeter aux oubliettes.

Je me levai finalement et contournai le lit avant de me tenir face à elle. Mon regard plongea dans ses deux orbites glaciaux.

-Chacun se sert d'autrui afin de créer son propre pouvoir, tu t'es servie de moi comme je compte me servir de toi pour lancer un de mes prochains projets. C'est là la dynamique de notre monde et il est stupide de la nier. Ton alliance avec Ren se résume uniquement à cela, se servir de sa force et de sa réputation : comment le savoir ? Il n'a que cette fonction. En mêlant ton nom au sien lors de tes diverses manigances tu t'accapares une partie de sa force aux yeux des autres, et de ce fait tu obtiens une position nouvelle qui les pousse à reconsidérer ton offre. Ce que j'ai fait avec lui est très similaire, nous sommes pareils finalement. Si tu agis dans son dos, afin d'avancer vers ton but, te considères-tu comme une traître pour autant ?

Je présentai finalement ma paume à mon interlocutrice.

-Ma malédiction contre sa réputation, son expérience et sa force. Voilà le seul pacte qui me lie à Ren Tao et aux Shadow Ghost. Concernant mon séjour sur les blues, celui-ci pourrait effectivement s'avérer satisfaisant. Mais, et je ne te le cache pas, cela dépendra fortement de toi.

Le masque était finalement tombé, inutile de jouer les faux-semblants dans telle position. Elle aurait probablement compris que je désirais me servir d'elle et de ses relations pour avancer vers mon but, aussi je préférais être direct. Parfois cela était bien mieux que de parler en mâchant nos mots, frelatant la vérité par des sous-entendus pouvant être interprétés de mille et unes façons.



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Kokuro Elina
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MessageSujet: Re: [Présent] Le soleil ne sait rien de l'ombre.   Lun 1 Mai - 18:27

Le soleil ne sait rien de l'ombre.














À mesure que son interlocuteur parlait, le sourire de Jorogumo grandissait. Il avait du cran et du flair, c'était indéniable, mais il manquait de tact. Il pêchait par manque d'expérience, il avait besoin d'acquérir l'art et la manière de « jouer au jeu », d'apprendre les règles de ce passe temps mortel auquel se livraient tous les criminels de ce monde : gravir les échelons du marché noir. Du point de vue de l'araignée, il se situait à mi-chemin entre Ren et elle-même, encore indécis sur la manière de procéder. Devait-il éclater au grand jour et se faire un nom, se forger une réputation à utiliser ? Ou bien son projet nécessitait-il d’œuvrer dans l'ombre et de tisser des alliances multiples ? Oh, bien sûr, les deux voies ne s'excluaient pas mutuellement, mais il était bien plus aisé de surgir de l'ombre que de s'y tapir une fois sous le feu des projecteurs. Lorsqu'il eut terminé de l'interpeller en toute franchise, la Zoan lui sourit avant de reprendre à son tour :


- Mais, mon cher Fudo, nos places respectives sont bien différentes. L’entièreté de mon alliance avec Ren repose sur sa capacité à attirer l'attention, et sur mon habileté à user de sa réputation pour nous gagner les faveurs de la pègre, afin de conquérir des alliés sans faire de bruit. De ton coté, tu lui as promis allégeance avant de décider de faire cavalier seul. C'est, en langage commun, ce qu'on appelle trahir la confiance d'autrui.


Elle leva le doigt avec un sourire torve, avant de continuer :


- Mais note bien que je ne te jette pas la pierre. Je suis, moi-même, assez friande de ce genre de procédé pour arriver à mes fins lorsque la situation le requiert.


Elina attrapa alors son menton délicatement, de sa main levée, avant de faire mine de réfléchir. Enfin, elle reprit la parole d'un ton mi-figue mi-raisin :


- Quant à ta brutale franchise, je me dois de te mettre en garde, Fudo : elle ne te mènera nulle part, en l'état. Si tu veux progresser dans notre milieu, tu te dois d'arrondir les angles. Par exemple, lancer à la figure de quelqu'un « je compte me servir de toi » est passablement grossier et contre-productif. Préfère plutôt « j'ai besoin de ton aide à mon tour », cela flatte l’ego et te met faussement dans une position d'attente vis à vis de ton interlocuteur. Il se croit alors en position de force et il te sera plus aisé de cerner ses attentes pour mieux anticiper les suivantes, et donc le coiffer sur le poteau si besoin est.


Enfin, l'araignée se départit de son sourire et redevint sérieuse. Fudo devait l'avoir compris, elle le taquinait plus qu'elle ne lui faisait la leçon, car il était évident que leurs méthodes respectives demeurait et demeureraient foncièrement différentes. Néanmoins, elle ne tirerait pas une croix sur un coéquipier aussi prometteur pour si peu. Aussi, elle reprit d'une voix calme et mesurée :


- Mais soyons plus sérieux un instant. Que désires-tu, Fudo ? Si le jeu en vaut la chandelle, tu pourrais peut être compter sur mon aide à l'avenir.


Comme en de rares occasions, l'araignée était sincère. Si le projet de son interlocuteur s'avérait intéressant, elle lui prêterait main forte mais, encore un fois, son aide ne serait pas gratuite.






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Fudo
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MessageSujet: Re: [Présent] Le soleil ne sait rien de l'ombre.   Lun 1 Mai - 19:30



- Les soleil ne sait rien de l'ombre -


Une nouvelle fois, j'écoutais attentivement la leçon que me faisait Jorogumo. Bien qu'en temps normal je trouvais ça désagréable que de me faire contredire, ce jour-là je me confrontais à une exception. La première et probablement la seule pour un bon moment. chacune de ses paroles étaient mesurées et pleines de sagesse, elle se démarquait clairement des hors-la-lois que j'avais croisé jusque là. Elle les dépassait en tous points dans le domaine du langage et cela lui donnait un avantage infini sur eux, et par conséquent sur moi. Je demeurais donc interdit le long de son discours, acquiesçant d'un léger hochement de tête lorsqu'elle finit le tout. Jorogumo venait de s'octroyer une place auprès de mes divers modèles de réussite. Quand bien même elle n'avait pas un palmarès comparable aux leurs, la criminelle venait de s'ériger, sans doute involontairement, en ma tutrice. Cette dernière m'avait initié à un tout nouveau domaine, et en m'acceptant à ses côtés elle me permit d'effectuer cette fameuse renaissance. Je n'avais donc rien à ajouter, ses mots suffirent à clôturer la discussion. Mes lèvres closes, ce silence pesant : la preuve du profond respect que j'avais pour elle.

Lorsque son sourire disparut en faveur d'une expression bien plus grave, je crus pouvoir prédire ce qu'elle allait dire. Il ne s'agissait point de lire dans son esprit, mais plutôt d'observer les traits de son visage, le moindre mouvement abrupte, le signe d'un mécontentement ou d'une douce surprise. Cette capacité à étudier toutes ces choses étaient une fabuleuse arme lorsque, comme elle, on était entourés de manipulateurs opportunistes, des vautours qui tournoyaient autour de leur cible jusqu'à être dans leur angle mort pour lancer finalement une offensive meurtrière. Sa question vint donc, la cloche sonna, l'heure était arrivée de lui faire part de ma requête. Cela me désarçonna quelque peu, d'être contraint de faire ça maintenant. Je n'avais pas réfléchi à une approche, la manière de le dire. Aussi, je m'écartai d'elle et me dirigeai vers la vitre afin de gagner du temps. Celui de choisir les bons mots. Une manière de présenter les choses de sorte à obtenir une réponse positive. Lui montrer que j'avais retenu sa leçon.

-J'aurais effectivement besoin que tu me rendes un service. Il se trouve que tu es en relation avec l'Inquisition, l'une des maintes branches de la révolution. J'aimerais avoir la possibilité d'être mis en contact avec un de leurs membres. Loin de moi l'idée de m'entretenir directement avec Erwin Dog, il s'agit d'une première approche. Évidemment, je doute que cela te plaise qu'une personne telle que moi, réputé comme étant un Shadow Ghost, ait la possibilité de s'adresser à eux dans ton dos. Nos derniers agissements ont beaucoup fait parler d'eux, s'ils apprennent que tu es alliée avec Ren, de quelque façon que ce soit, ta relation avec eux sera probablement mise à mal. Puisque je doute qu'une simple promesse de garder le silence concernant nos liens te suffise, je te propose d'être présente lors de mon entretient avec eux. Afin que tu contrôles ce que je leur dis et sois donc en mesure de me faire taire si mes paroles mettent en péril ta situation.

Je me terrai une nouvelle fois dans un court silence afin d'égrener plusieurs secondes. Donnant à mon interlocutrice le temps de digérer l'information, les tenants et possibles aboutissants d'une telle mise en contact. Je lui donnais la possibilité de mesurer dès maintenant le pouvoir qu'elle était en mesure de m'octroyer.

-Je ne mise pas beaucoup sur ces révolutionnaires pour le moment, mais ils auront probablement, un jour ou l'autre, un rôle à tenir dans mes projets. Nous nous voyons restreints de composer avec eux, et ce qui se dégage de l'Inquisition me plait bien plus que le reste des diverses branches, notamment celle de Sayouri Taka. - je regardai Jorogumo dans la vitre, puis lui souris - Mon objectif est d'atteindre le sommet de notre monde et d'y déloger Konan. Une fois cela fait je pourrai prendre place sur le trône.





Dernière édition par Fudo le Ven 19 Mai - 23:28, édité 1 fois
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Kokuro Elina
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MessageSujet: Re: [Présent] Le soleil ne sait rien de l'ombre.   Mar 2 Mai - 22:26

Le soleil ne sait rien de l'ombre.














Fudo sembla boire ses paroles. Elina parlait, plus pour se moquer que réellement le sermonner en réalité, et le jeune hors la loi restait pendu à ses lèvres. Malgré tout, la Zoan ne pouvait s'empêcher de se représenter son interlocuteur comme une éponge prête à absorber tous les conseils et astuces que d'autres criminels seraient prêts à lui enseigner, puis d'en faire le tri et de les assimiler pour s'en forger une ligne de conduite qui lui serait propre. En ce sens, elle était presque impatiente d'observer sa future métamorphose. Quel allié prometteur il pouvait devenir ! Tout comme il pouvait muer en un adversaire redoutable. Seul le temps le lui dirait mais, pour l'heure, elle n'avait pas encore à le craindre de son point de vue. Lorsqu'il se mit à lui répondre, elle l'écouta attentivement.

Le service qu'il lui demandait était conséquent. Le mettre en relation avec Erwin Dog ? Cela pourrait bien lui coûter cher, étant donné qu'elle était censée être une "hors la loi modèle" ou, en tout cas, ne pas s'être liée aux barbares qui composaient en temps normal le milieu. Ses plans nécessitaient qu'elle garde contact avec Ren, mais également avec Erwin. Leurs méthodes et leurs morales avaient beau être diamétralement opposées, ils n'en demeuraient pas moins de précieux alliés qui s'étaient avérés utiles, et nul doute qu'ils le seraient à nouveau. Pourquoi diable aurait-elle risqué de tout voir voler en éclat pour l'ambition de ce jeune outsider ?


- Ne sous-estime pas les services de renseignement d'Erwin. Ils savent déjà probablement qui tu es et tes affiliations. Ils savaient déjà qui j'étais, alors que je me suis toujours démenée pour ne jamais obtenir de prime.


Mais alors qu'elle pensait être au bout de ses surprises, la suite du discours de Fudo la laissa sans voix. Elle cligna des yeux, éberluée, avant de ricaner doucement, puis partit dans un fou rire incontrôlable. Sa voix désincarnée renvoyait des éclats sinistres sur les parois de la pièce, conférant à la scène un aspect dérangeant. Enfin, son hilarité se calma et elle reprit le contrôle de ses émotions. Elle sourit de nouveau à son cadet, avant de résumer la situation :


- Si je comprends bien, tu me demandes de l'aide pour te permettre de me dépasser dans la quête que nous nous sommes tous deux fixés ? Déloger Konan ? Mais Fudo, c'est le rêve de tous les criminels de ce monde ! Et je peux te garantir que la seule personne qui trônera à sa place, ce sera moi.


Elle ricana de nouveau, tandis que ses pupilles se dilataient sous l'effet de l'excitation. Ce jeune présomptueux avait du cran ! Ou bien était-ce de l'inconscience ? Konan était hors de portée de Ren, d'elle-même et donc, à fortiori, de Fudo. Mais il entretenait le même objectif qu'eux. Il tentait même de les coiffer sur le poteau et, qui plus était, requérait son aide pour y parvenir ? Son sourire s'élargit encore, tandis que ses sens arachnéens s'éveillaient. L'araignée en elle se délectait de la situation : elle venait de trouver un nouveau jouet. Il lui promettait d'ores et déjà une fameuse séance de divertissement, lorsqu'il serait mur ! Elle avait hâte...


- Très bien, finit-elle par articuler lentement. Cette ambition, cette fougue me plaisent ! Déloge-le, si tu en es capable ! Et si tu échoues, viens me retrouver ! Je suis certaine que nous parviendrons à un terrain d'entente. En attendant...


Elle lui sourit de plus belle, tandis que les rouages se mettaient en place dans son esprit pour parvenir à ses fins. Elle inclina légèrement la tête sur le coté avant de reprendre, tout à coup bien plus sérieuse. Toute trace d'amusement venait de mourir sur le faciès de la Zoan, tandis que sa voix perdait toute chaleur :


- J'arrangerai une entrevue avec Camille, la secrétaire d'Erwin si je puis dire. Mais... je ne saurais trop te conseiller de tenir ta langue, Fudo. Si tu tentes de me planter un couteau dans le dos, je le saurais... et nulle mer ne sera assez vaste pour t'y cacher.


La température de la pièce semblait avoir chuté de plusieurs degré, tandis que le visage sans émotion d'Elina venait compléter sa voix glaciale. Puis, la seconde d'après, la Zoan se départit de son humeur assassine et ricana de nouveau. Elle griffonna sur un bout de papier le numéro de Den Den Mushi du marché noir de Yakoutie, puis le tendit à Fudo avant de le taquiner une n'ième fois :


- Mais nous n'aurons pas à en arriver là, j'en suis certaine ! Une collaboration entre nous sera bien plus enrichissante qu'un concours à qui tirera le mieux dans les pattes de l'autre.


La Zoan était en convaincue, le hasard faisait bien les choses. Qui aurait cru que ce déserteur des Shadow Ghosts lui embellirait son escapade sur Luvneel, là où elle n'était passée que d'horreurs en horreurs à mesure qu'elle découvrait des ennemis toujours plus coriaces ou inquiétants. Mais cette mauvaise passe semblait derrière elle à présent. Dans quelques heures, elle s'implanterait durablement dans le marché noir de Luvneel et en profiterait pour étendre son réseau un peu plus sur North Blue. La Zoan était aux anges, tant ses plans semblaient enfin se concrétiser. Bien sûr, en bonne araignée, elle tissait avec précaution sa toile pour qu'elle résiste aux multiples assauts qu'elle ne manquerait pas de subir. Mais quel sentiment exquis que celui du travail bien fait ! Quelle délectation de voir les pièces s’emboîter les unes dans les autres, petit à petit, jusqu'à ce que le tableau ne prenne enfin vie... Oui, Jorogumo jubilait. Elle redescendit peu à peu sur terre, avant de s'adresser une dernière fois à Fudo :


- La nuit a été longue. Je vais me reposer jusqu'à ce soir, tu es libre de tes actions Fudo. Tu peux rester avec moi jusqu'à la fin de la réunion, ou bien vaquer à tes propres projets.


Lorsqu'elle entendrait la réponse de son vis-à-vis, l'assassin y répondrait peut être avant de retourner sur sa toile profiter d'un repos bien mérité. Après tout, la dernière partie de incursion sur Luvneel se jouait le soir même elle devait être fin prête.






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Fudo
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MessageSujet: Re: [Présent] Le soleil ne sait rien de l'ombre.   Ven 5 Mai - 15:20



- Les soleil ne sait rien de l'ombre -


-C'est justement pour cela que je tiens à rentrer en contact avec eux le plus tôt possible.

N'importe quel pauvre type était en mesure de me lier à Ren, il suffisait de voir ce qui était relaté dans les journaux. Si l'Inquisition avait eu vent des événements de Nighty Town puis de cette foutue île détruite, pour sûr qu'ils avaient réalisé cette connexion entre les Shadow Ghost et moi : le contraire m'aurait étonné. Je n'avais pas encore besoin d'une telle alliance, mes projets en étaient qu'à leurs balbutiements et rien ne semblait être en place : tout restait à bâtir. Toutefois, je ne pouvais pas me permettre d'attendre de jouir d'une correcte position au sein de la pègre pour me rapprocher de ces révolutionnaires. Le temps ferait son oeuvre si je ne le devançais pas : ils m'auraient définitivement associé à Ren, comme étant un de ces vulgaires sbires. En les rencontrant avant que cela ne se fasse je m'octroyais la possibilité d'effectuer des négociations avec un passé commun avec le rouquin assez timoré. Les mettre au courant de ma raison d'appartenance aux Shadow Ghost dès maintenant aurait pu me permettre d'éviter un grossier amalgame, et pour cela je comptais bien leur offrir certaines informations, comme preuve de bonne volonté, en plus d'un service qui les intéresseraient probablement. Ainsi j'allais accélérer les choses, ce qui était rarement bien, j'allais les forcer, secouer le sablier d'un coup sec pour altérer le déroulement des événements. Ce serait une entorse aux préceptes que je créais moi-même en extrayant les semences de biens larvées dans l'amas d'informations qui me parvenait quotidiennement. Mais le mal induit par cette action était négligeable face à celui auquel je ferais face si je n'effectuais pas ce manquement à mes propres règles.

Tandis que je venais de lui annoncer ce qu'était mon principal but, un rêve de gosse qui devenait, bien que très lentement, réalité, Jorogumo s'esclaffa. Une telle réaction de sa part me surprit dans un premier temps, la rage prit finalement le dessus. Toujours face à cette vitre aux volets fermés, je pouvais voir mes maxillaires frémirent en ces lourds instants . La salive vint en abondance dans ma cavité buccale, des frissons glissèrent le long de mes tempes, d'autres naquirent et prirent d'assaut mes brachio-radials. Mes paupières se fermèrent brusquement quand je constatai mon état. C'était extrêmement pénible de constater que même ici je pouvais être pris à la légère, car il s'agissait de ça pour moi : ce rire aux éclats, incontrôlé, il trahissait ce masque façonné dans les mensonges. La vérité fit surface durant ce laps de temps, et les paroles de mon interlocutrice ne purent rien y changer. Insultant ? Bien sûr. A ce niveau là de notre relation naissante, être pris à la rigolade était bien plus qu'irritant. Mais, je me devais de passer outre. Une leçon devait être tirée : peu importaient si l'on se foutait de ma gueule, lorsque j'aurais atteint mon objectif tous fermeraient les leurs et courberaient l'échine face à ma personne.

Ce jour-là, la seule chose qui me permit de refréner cette pulsion colérique, qui m'enjoignait de passer à l'acte, était l'estime que j'avais pour Jorogumo. Quand bien même cela fut difficile à accepter, une chose était vraie : je n'étais qu'un novice face à elle. Proférer de tels propos sans retenu avait été absurde, c'était après tout totalement logique qu'elle prétende elle aussi au trône. Alors je muselai ce bas instinct animal pour tendre vers l'évolution. Des types comme ça j'en croiserais tous les jours dans ce monde underground. Des gars qui se permettraient de me rabaisser car je n'étais qu'un "petit" pour eux. Face à de tels enflures je ne devais guère évoquer mes ambitions qui constituaient la fin de mon périple. Ces malandrins auraient tout fait pour me noyer avant que je n'atteigne cette autre rive. Mais une chose était sûre au fin fond de mon crâne, et celle-ci était d'ores et déjà gravée dans le futur : mon navire serait le seul à accoster, les autres auraient déjà sombré au fin fond de ce sombre océan. Le plaisir induit par cette finalité vint balayer jusqu'à la moindre trace d'animosité sur mon visage. Je me retournai donc face à la criminelle lorsqu'elle mit fin à son ricanement. Elle voulut terminer sur une note optimiste, plus conviviale... pour ainsi dire. Ma réplique froide vint alors instaurer un net contraste, peut-être était-ce là le signe que je ne savais pas encore contrôler à la perfection toutes mes émotions.

-Je n'échouerai pas.

Jorogumo changea enfin de sujet en reprenant cette expression glaciale qui la seyait à merveille. Ses paroles firent cependant bien plus agréable à entendre, toutes me parurent chaleureuse : elles pansèrent mon ego. Mais tant de bonté ne pouvait être livrée sans une part de mal, c'était là une norme du monde courant. La jeune femme n'avait pas à s’inquiéter d'une éventuelle trahison de ma part, son intellect et ses capacités à capter et à analyser la moindre chose pouvant lui porter préjudice étaient tels qu'elle se serait emparée du couteau, avant même que je m'en saisisse, pour me trancher la gorge avec. Pour réussir à l'atteindre il me faudrait la vaincre dans ce domaine là, celui de dissimuler ses intentions. Autrement dit c'était quasiment irréalisable. J'acceptais donc le morceau de feuille qu'elle me tendit, son numéro rejoint alors le début de mon carnet d'adresse se trouvant dans ma poche. Edward Lawrence et Jorogumo.

-Il serait stupide de m'exposer juste avant la réunion. Cependant j'ai passé trop de temps à dormir pour me reposer.

Mon regard se posa sur ma batte située à l'entrée de la chambre.

-Je vais faire un peu d'activité physique sur le toit du bâtiment.




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Kokuro Elina
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MessageSujet: Re: [Présent] Le soleil ne sait rien de l'ombre.   Ven 5 Mai - 21:22

Le soleil ne sait rien de l'ombre.














Face à l'interrogation muette d'Elina, la justification de Fudo pour souhaiter rencontrer Erwin trouva une oreille attentive. En effet, s'il désirait de désolidariser des Shadow Ghosts et tenter de gravir les échelons par lui-même, laisser le temps aux à-prioris de s'installer était une erreur gravissime. Effectivement, au vu de la réputation de Ren Tao et du souci de l'Inquisition de préserver les civils, l'entrevue aurait pu tourner court. La Zoan s'expliquait mieux ce qu'il attendait d'eux et, surtout, pourquoi il avait besoin d'elle. Un sourire s'était d'ores et déjà affiché sur son visage, avant même qu'elle ne s'esclaffe devant la révélation ubuesque qu'il lui fit, quelques secondes plus tard.

Si elle n'arriva pas à contrôler son hilarité, tant le manque de prudence de Fudo l'avait surprise, elle n'en oublia pas elle-même cette qualité essentielle à tout bon hors-la-loi. Ainsi, malgré ses éclats de rire, elle remarqua aisément que Fudo s'était détourné et qu'il crispait sa mâchoire ainsi que ses mains, signe évident d'une colère intense. Ainsi donc, son ego avait été blessé dans la manœuvre ? Mais cela ne fit qu'envenimer la situation ! Son hilarité ne s'était pas calmée pour autant, au contraire, car il était évident que n'importe qui aurait tenté de se moquer devant la naïveté franche de ce jeune criminel ! Cependant, Elina savait qu'il possédait un potentiel certain, aussi reprit-elle la pleine maîtrise de son corps au bout d'un moment, puis tenta de lui expliquer de manière détournée son erreur. Cependant, ici aussi, le jeune homme semblait plein de fougue et de rêves grandioses !


« Tu n'échoueras pas, hein ? », releva-t-elle en pensée. « Ma foi, si je ne devais louer qu'une seule chose, chez toi, ce serait ta détermination ! Cela fait plaisir à voir. »


Peu à peu, la situation se désamorça et tant Fudo qu'Elina retrouvèrent leur calme. Après quelques menues explications, Fudo décida d'aller se dégourdir les jambes en attendant la réunion. Si l'araignée aurait adoré étudier son fruit, le jeune batteur semblait plutôt vouloir se défouler que réellement s’entraîner... Or, admirer des coups d'armes contondantes pendant des heures la barbait au plus haut point. Dommage ! La Zoan inclina la tête et, tandis que Fudo regardait toujours sa batte à l'entrée de la chambre, elle s'étira à son tour avant de reprendre la parole :


- Très bien, je viendrai te chercher si tu n'es pas revenu lorsque nous devrons nous mettre en route pour la réunion. Je vais me reposer en attendant.


Et sur ces dires elle s'approcha du mur, avant de se transformer en araignée et de remonter dans sa toile. Elle s'y installa et surveilla Fudo du coin de l’œil, attendant patiemment qu'il n'aille sur le toit. Une fois le criminel sorti, elle prendrait néanmoins le temps de placer à nouveau des fils sur la poignée de la porte et de la fenêtre. Elle n'apprécierait pas d'être prise par surprise alors que, pour l'instant, le sort du marché noir de Luvneel semblait être jeté : il serait sien ! Il lui restait dix heures pour se reposer et murir la suite des ses plans pour North Blue. Ils prenaient place peu à peu, tant dans son esprit que dans les faits. Et la concrétisation de ses machinations lui produisait toujours ce sentiment si doux au creux de sa poitrine. Plus que quelques heures d'attente...






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MessageSujet: Re: [Présent] Le soleil ne sait rien de l'ombre.   Sam 6 Mai - 15:20







Le soleil ne sait rien de l'ombre



Den Den Mushi


- Bienvenue, déclara sobrement Maku.


Le Den Den Mushi arborait une expression impatiente, comme si l'espion au bout du fil était pressé d'en terminer avant même que la réunion n'ait réellement commencé. Tandis que tous les hors la loi prenaient place, aucun d'entre eux ne sembla s'émouvoir de l'absence des « Banana Boyz » et des « Skimos ». Les nouvelles allaient vite et, si Clovis et Aben'Gal avaient été aux premières loges pour découvrir la tentative de putsch contrée, Alia avait de toute évidence été mise au courant par l'homme basané.


- Nous sommes au complet, reprit la voix monotone. Commençons par les rapports liés aux précédentes résolutions. Aben'Gal, nous t'écoutons.


Tous les visages se tournèrent vers le chef des « Maniocs », ce dernier se tenait toujours droit comme un « i », les bras croisés et le regard ferme.



Alia Swifthauer - Aben'Gal


Après un silence gênant, le principal intéressé s'éclaircit la gorge avant de répliquer :


- Est-ce bien nécessaire ? Je présume que tout le monde est déjà au courant concernant les agissements de Menma, d'Urup et de leurs bandes respectives.
- Un rappel officiel ne fera pas de mal, insista Maku.


Aben'Gal soupira, mais se prêta au jeu :


- Ces idiots ont tenté de s'associer dans l'ombre pour nous doubler. Ils voulaient sans doute nous évincer un à un en combinant leurs forces, avant que l'une des deux bande n'essaye de tirer la couverture à soi totalement. Mes hommes ont retrouvé des preuves que Menma avait acquis la drogue d'Urup et l'avait coupée, de manière à diminuer les coûts et augmenter leurs profits... en laissant une flopée de cadavres dans leur sillage.
- Ce qui t'a permis de remonter jusqu'à lui, compléta le Den Den Mushi.


Néanmoins, il ne semblait pas réellement satisfait. Elina savait bien pourquoi, étant donné qu'elle avait partagé ses doutes avec l'espion qui faisait office de maître de cérémonie et d'arbitre :


- Mais n'as tu pas été un peu vite en besogne, Aben'Gal ? Il me semble avoir entendu parler d'une incursion dans le quartier général de Menma... alors que notre réunion n'était pas terminée. Ou, autrement dit, alors que tu n'en avais toujours pas reçu l'autorisation officielle ; ni par consensus, ni par compromis.
- C'était pour protéger l'île ! s'insurgea Alia.
- Je n'en doute pas, la stoppa tout de suite Maku. Néanmoins, nous nous sommes accordés pour obéir à certaines règles lorsque nous nous sommes associés. Si je comprends parfaitement la raison, et que tu as mon entière gratitude d'avoir repéré ces pommes pourries, il serait bon que nous respections tous les quelques règles de bonne conduite que nous avions tous ratifiés.


Alors que la mercenaire allait s'emporter, Aben'Gal l'en dissuada d'une main sur l'épaule et d'un signe de dénégation. Il savait pertinemment que la méthode était douteuse, mais peu lui importait. Il avait agi pour le bien du marché noir et non ses propres intérêts. Tous ici en étaient conscients. Cependant, l'équilibre précaire qui réunissaient toutes ces bandes ne reposait que sur un fil si aisément brisé, que tous devaient parfois ravaler leur fierté pour que les affaires tournent. Cela, cet homme intelligent l'avait depuis longtemps compris. Alia, quant à elle, présentait toujours une réaction épidermique lorsque l'on questionnait son sens de l'honneur. Un comble pour une criminel auraient dit certains !


- Cela étant dit, je te présente encore une fois tous mes remerciements, Aben'Gal. La sentence proposée pour les « Banana Boyz » et les « Skimos » est l'exil à vie, ainsi que la mise à mort immédiate en cas de retour sur Luvneel. Des objections ?


Il n'y en eut aucune.



Clovis


Lorsque Maku reprit, Clovis sut que la suite des remontrances lui étaient adressées.


- Concernant l'autre problème de ces quarante huit dernières heures... Quelles explications as-tu à donner, Clovis ?
- Ils ne m'ont pas vraiment laissé le choix, avoua sans se démonter le mafioso. Un couteau sous la gorge, quelques menaces bien placées... c'est drôle, mais j'avais oublié l'effet que ça faisait d'être de l'autre coté de la lame !


Il pouffa un instant, avant de reprendre une gorgée de whisky de sa sempiternelle flasque. Alia bouillonnait de rage, tandis qu'Aben'Gal le regardait d'un œil dépité. Effectivement, tout Luvneel connaissait le manque de puissance physique de Clovis. Mais s'il restait à la tête d'une des filières du marché noir, c'était grâce à sa capacité à tisser des liens et d'entretenir des réseaux sous cape par diverses magouilles, afin de faire fleurir ses commerces. Néanmoins, était-ce réellement une excuse que sa propre faiblesse physique ?


- Et qu'as-tu prévu pour palier le problème ? reprit Maku avec insistance. Il serait de bon ton que pareil incident ne se reproduise plus à l'avenir.


Le gérant du Fight Club arrêta de lamper avant de sourire. Il ricana un bref instant, avant de répartir d'un air goguenard :


- J'ai déjà trouvé quelqu'un pour m'éviter ce genre de mésaventures, Maku. Une personne capable et discrète.
- Nous l'espérons tous pour toi, Clovis.


Enfin, le Den Den Mushi sembla se tourner vers Fudo et la femme araignée, avant de reprendre d'une voix neutre :


- Et concernant les esclavagistes ? Avez-vous eu le temps de vous occuper de notre problème après l'altercation avec nos ex-collègues ? Jorogumo ? Fudo ?


Une fois encore, tous les regards convergèrent au même endroit : la Zoan et son invité aux cheveux-banane.
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Note HRP: les PNJsations ont été vues entre nous


Dernière édition par Tsukiyo le Dim 7 Mai - 10:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Présent] Le soleil ne sait rien de l'ombre.   Sam 6 Mai - 17:35



- Les soleil ne sait rien de l'ombre -


Jorogumo vint finalement me chercher durant mon court entraînement. Je m'étais octroyé cette séance très rapide avec un objectif précis : tenter de reproduire une attaque de l'homme au pic cendré. Ce combat m'avait clairement montré que, sans ma malédiction, il me serait difficile de faire face à des adversaires se reposant sur des aptitudes à distance, comme Keito le faisait. Ainsi Yamagera m'avait apporté un élément de réponse, un moyen de palier cette faiblesse et par conséquent de me perfectionner. Ces quelques heures furent par conséquent dédiées à la maîtrise de la technique de Yamagera, ou du moins quelque chose de similaire : créer une bourrasque, de puissance relative, avec ma batte. Cela me prit un certain temps à comprendre comment je pouvais réaliser une telle chose, il ne s'agissait pas que d'un vulgaire puissant coup, il y avait certaines subtilités à considérer. La moitié de la séance consistait donc en une répétition de swing dans le vent jusqu'à l'apparition de la première bourrasque, après cela le but fut d'atteindre un fort taux de réussite sur des séries d'une cinquantaine d'essais. Je n'excellais pas en la matière pour le moment, il fallait se douter que je ne pouvais pas atteindre la perfection, du moins m'en approcher, en une demi-journée. Toutefois je parvins à acquérir un niveau correct, dès lors me vint l'idée de modifier quelques facteurs, d'apporter ma touche personnelle. Il ne s'agissait pas de simplement copier une technique, c'était bien plus que ça, je devais me l'approprier. Je fonctionnais de cette manière, s'inspirer de ce que je voyais pour créer ma propre consistance. Si les premières tentatives menaient à rien de particulier, sinon une vulgaire déformation de la bourrasque, la suite s'avérait être forte intéressante. Sans réellement comprendre comment, je réussis à projeter une sorte de bulle d'air à peu près sphérique. Celle-ci possédait les mêmes caractéristiques que la bourrasque avec quelques plus : elle était plus rapide et la puissance de frappe était canalisée en un seul point d'impact. Cependant je n'eus le temps de maîtriser cette nouvelle technique tout juste découverte puisqu'il était dorénavant l'heure de se rendre à la fameuse réunion. Je récupérai donc mon pull et ma veste que j'avais pris soin d'enlever afin de ne pas me présenter vêtu de vêtement empestant la sueur. Je les enfilai rapidement et emboîtai le pas à Jorogumo. Direction le vétuste bâtiment.

Nous parcourûmes une nouvelle fois les ruelles du royaume tandis que la Lune cheminait petit à petit vers son point culminant. Une fois là-bas nous rentrâmes dans l'immeuble, en ne calculant absolument pas les pions disposés au rez-de-chaussée, pour s'engouffrer dans les escaliers en colimaçons. Une fois cela fait j’accélérai la cadence dans le triste couloir aux murs fissurés pour ouvrir les deux portes de la pièce. Je pris soin de laisser entrer ma compagne en première, puis finis par fermer les portes en passant le seuil à mon tour. Constatant que tout le monde était déjà installé, je les imitai et pris mes aises en me posant confortablement sur un fauteuil non occupé, celui sur lequel Menma était assis la dernière fois. Maku débuta sans plus attendre cette réunion en sommant Aben'Gal d'expliquer ce qu'il s'était déroulé en seulement quarante-huit heures. Une formalité, puisqu'il ne faisait nul doute que chacun ici présent avait été tenu au courant des actes des Banana Boyz ainsi que des Skimo. Je le laissais raconter son histoire qui m'ennuyait quelque peu. La peine de Menma était juste, proportionnée à ses fautes, néanmoins cela venait ralentir ce projet que j'avais en tête. Celui d'apprivoiser cet ancien ennemi afin de m'en servir pour fonder mon commerce. Ses connaissances et son expérience me seraient très utiles et auraient accéléré le processus. Mais je n'étais point le maître ici, je ne pouvais le faire revenir sur l'île dans cette seule fin : on me l'aurait sans aucun doute refusé. Je devais accepter ce fait et y extraire le positif. Il ne s'agissait pas d'une perte de temps, mais d'un investissement. Plutôt que de reposer sur autrui, je me chargerais de tout. Apprendre à gérer un commerce seul, savoir comment l'on procédait afin de convertir la matière première en un capital économique, tout cela aurait pris du temps. Néanmoins il était question de bâtir les bases d'un pan de mon futur pouvoir, il me fallait le réaliser avec minutie et ne pas forcer les choses. De la précipitation ne résultait que la fragilité, l'éphémère, l'erreur. Une base solide, parfaite et durable ne provenait que d'un travail de longue haleine, de la patience. Voici ce qu'était la première forme d'un nouveau précepte.

Je n'en étais, à l'image de mes projets, qu'à mes débuts. Prendre cette place, celle de Menma, était en cela une sorte d'affront que je lui faisais à lui et à ceux qui étaient présents ici. Et quand bien même le monde m'avait choisit pour être son souverain, je n'avais pour l'heure aucune légitimité à me poser sur cette table. C'était une manque de respect pour tous ces types qui charbonnaient depuis bien plus longtemps que moi. J'en avais conscience désormais. Peut-être qu'en comprenant cela je venais de faire un pas vers la maturité, celle qu'un roi se devait d'avoir. Par respect pour tous ces types, je me jurais d'acquérir un poids conséquent dans la pègre de West Blue le plus tôt possible. Il fallait sûrement tabler sur deux ans. Peut-être moins si le monde voulait me donner des coups de pouces, peut-être plus si je m'y prenais mal. Mais une chose était sûre, même le plus grand des monarques avait un jour été un enfant ignorant, dénué de tout pouvoir lui appartenant en propre. Sortir de l'enfance afin d'atteindre l'âge adulte, c'était la condition sine qua non pour prendre place sur le trône.



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MessageSujet: Re: [Présent] Le soleil ne sait rien de l'ombre.   Dim 7 Mai - 11:10

Le soleil ne sait rien de l'ombre.














Comme elle le lui avait promis, Elina se réveilla à temps et partit chercher Fudo avant de l'amener dans la salle de réunion. Cette fois-ci, le rassemblement allait sans doute couper court étant donné qu'ils se rassemblaient simplement pour faire le point sur ces quarante huit dernières heures, puis sans doute dresser quelques lignes de conduites globales pour la suite des événements. En tout cas, c'était ainsi que Maku lui avait discrètement présenté la chose quelques heures avant que Fudo ne s'éveille. Aussi la Zoan était confiante et laissa Fudo lui ouvrir les portes, tel un parfait gentleman, avant de prendre la même place que la veille. Elle sourit en coin un bref instant en notant la petite pique silencieuse de son coéquipier en s'asseyant là où Menma s'était tenu la veille. Tout comme les autres hors la loi, Jorogumo ne releva pas et préféra suivre les discussions.

Rapidement, la conversation qu'elle avait eu avec le maître espion se concrétisa : il s'agissait simplement d'un débriefing. Aben'Gal expliqua ainsi en quelques instants l'affaire qui les avait tous concernés la veille, avant que Clovis ne s'explique en quelques instants. Cet idiot était probablement déjà désinhibé par l'alcool car il fit allusion au pacte qu'ils avaient tous deux passés la veille... Elina n'était pas naïve au point d'imaginer que les autres criminels ne comprendraient pas ce détail. Elle soupira intérieurement, mais n'eut pas le temps de se reposer que, déjà, Maku la questionnait à son tour. Si Fudo resta silencieux, elle fut concise :


- J'ai pris la tête des principaux meneurs, puis j'ai banni les troupes restantes et me suis occupé des quelques poches de résistances. L'histoire est réglée depuis hier soir.


La Zoan croisa les bras, attendant patiemment la suite de la réunion. Elle avait à faire sur sa propre île, ne serait-ce que pour trouver une solution au handicap de Maimai Kichigai. Cet expert en Den Den Mushi lui était capital, mais il avait été sévèrement blessé lors de son sauvetage. Elle restait partagée entre deux solutions, mais en discuterait avant tout avec le principal intéressé : trouver un moyen de lui rendre ses membres, ou les remplacer par des prothèses aux capacités améliorées ? Dans un cas comme dans l'autre, sans doute l'expert en communications allait-il lui devoir, pour la deuxième fois, une fière chandelle. L'araignée comptait bien sur ce fait pour le lier définitivement à son organisation et, bien entendu, le mettre au travail rapidement pour débusquer les trois crocs. Les informations que lui avaient apportées Erwin demeuraient absolument grandioses ! Elle n'avait découvert que récemment qu'il s'agissait d'un Haki extrêmement poussé. Mais, cela dit, les zones d'ombre restantes dans les révélations de la lieutenante captive lui laissaient un gout amer dans la bouche. Elle connaissait son ennemi, certes, mais sa localisation exacte et le moyen de le contrer lui demeurait occultés pour l'heure !

Mais elle parviendrait à ses fins. Il le fallait ! Tandis qu'elle étendait sous cape son influence sur tout North Blue, elle n'en oubliait pas ce point capital : la pérennité de son empire naissant ne dépendait que de sa capacité à le protéger contre Azrog et sa clique. Si elle tombait face à l'homme loup... non, elle ne préférait pas y penser. Les souvenirs avaient commencé à affluer, tout aussi douloureux que s'ils s'étaient produits la veille. La Zoan les chassa de son esprit, puis se concentra de nouveau sur la situation présente en attendant patiemment que Maku n'annonce la suite des réjouissances. Et surtout, elle n'espérait plus qu'une chose à présent que sa présence sur Lunveel avait été ancrée : repartir sur Yakoutie jusqu'à la prochaine réunion.






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MessageSujet: Re: [Présent] Le soleil ne sait rien de l'ombre.   Dim 7 Mai - 12:08







Le soleil ne sait rien de l'ombre



Den Den Mushi


- Excellent. Vous avez tous les deux été rapides et efficaces, nous vous en remercions tous.


Maku semblait un brin étonné, à vrai dire, comme s'il s'était attendu à devoir fournir des efforts supplémentaires ou faire face à des imprévus, sinon à des déconvenues. L'escargophone toussa, avant que la voix du maître espion ne résonne de nouveau :


- Si ce chapitre est clos, nous pouvons passer au deuxième point épineux de la soirée : nous avons de nouveau deux réseaux sans tête pensante. Le commerce d'armes, ainsi que la production et la diffusion de la drogue d'Urup. Nous avons réussi à mettre la main sur sa formule, ainsi nous n'avons pas tout perdu dans le change.


Ici, il marqua un bref silence, avant de reprendre :


- L'un de vous se sent-il capable d'intégrer ses commerces aux siens ?


L'homme au bout du fil était conscient qu'il pouvait déclencher un cataclysme en posant la question de la sorte, mais Elina le lui avait conseillé. Maku s'était tout d'abord montré réticent, mais l'explication de la Zoan l'avait finalement convaincu : les deux bandes fauteuses de troubles avaient été éliminées. Clovis était leur allié ; Aben'gal et Alia le savaient... aussi ils sauteraient surement sur l'occasion pour tenter de s'approprier au moins un commerce. Le tout serait de le leur laisser, en gage de bonne foi. Bien sûr, l'homme basané n'était pas un idiot et comprendrait la manœuvre, ce qui finirait de le convaincre qu'il était à présent en infériorité numérique : cela le pousserait à soit intriguer et donc révéler sa vraie nature, soit un peu plus s'afficher comme défenseur de l'île dans son entièreté. Dans un cas comme dans l'autre, Jorogumo prévoyait de décortiquer la réaction de son opposant face à cet imprévu.



Clovis


Le rat avait lui aussi été mis au courant de la situation et du plan. Néanmoins, fidèle à sa réputation, il ne pouvait absolument pas laisser passer une pareille occasion ! C'eut été non seulement incohérent mais, de plus, il refusait de faire une croix sur un commerce de plus, à titre personnel. Aussi il fut le premier à réagir :


- En compensation de l'agression d'Urup, je souhaite reprendre son commerce de drogue. Je vous laisse le trafic d'armes avec joie.


Il lampa une autre gorgée de Whisky, avant de sourire à l'assemblée d'un air railleur :


- Vous pouvez bien me laisser ça, après tout... je suis une victime dans cette histoire !


Il ricana un instant, avant de se faire souffler dans les bronches.



Alia Swifthauer - Aben'Gal


- Mais c'est pas vrai ! lui hurla presque dessus Alia. T'es vraiment qu'une ordure d'arriviste, Clovis ! Ça te dit quelque chose « honneur et la morale » ?
- Jamais vus, répliqua sans se démonter l'homme incendié. Tu me les présenteras, à l'occasion ?


Alors qu'elle s'empourprait de rage et se levait en trombe, Aben'Gal la fit se rasseoir d'un geste. Il la calma de quelques mots soufflés tout bas, avant de se tourner vers Clovis à son tour. La mercenaire fusillait toujours du regard le rat, qui lui souriait de plus belle en retour, aussi le chef des « Maniocs » fut bref :


- Tu as collaboré avec eux, Clovis...
- J'ai collaboré avec le couteau que j'avais sous la gorge, surtout !
- Tu pousses un peu trop ta chance.
- Tu veux du commerce de drogues ? devant la dénégation muette de son interlocuteur, Clovis continua. Bien ce qu'il me semblait. Jorogumo vient d'arriver, alors elle ne peut pas le réclamer. Maku n'a jamais montré d'intérêt pour autre chose que l'espionnage et le contre-espionnage... je me trompe ?


Après un bref silence, Maku répondit favorablement, arrachant une grimace à la mercenaire et un sourire au mafioso.


- Et on a personne d'autres avec la carrure pour assurer cette part du marché. Donc où est le problème, si tu obtiens le commerce d'armes en échange ?


L'homme basané fronça les sourcils, avant de se tourner vers Alia, puis Jorogumo. Il se racla la gorge, avant de déclarer :


- Et vous deux ? Vous n'avez rien à dire ?


L'araignée répondit calmement :


- Comme Clovis vient de le faire remarquer : je suis fraîchement arrivée. Il serait malvenu que je m'approprie les parts des hommes que j'ai aidé à bouter hors de l'île... quand bien même auraient-ils tenté un putsch. Je ne vois pas d'inconvénient à ce que vous vous répartissiez ces deux commerces entre vous. J'aurais déjà assez à faire pour m'insinuer sans bruit.


Alia fut plus concise :


- Prend ce qu'on te donne, Aben'Gal.


L'homme basané ferma les yeux et se résigna. De toute évidence, la nouvelle ne le réjouissait guère ou, tout du moins, la manière de procéder ne lui plaisait pas. Cet homme était définitivement un fervent défenseur de la stabilité du marché noir. Il savait que concentrer trop de pouvoir dans les mains d'une même personne pouvait attirer les jalousies, et ce malgré le fait que les autres membres lui aient accordé leurs bénédictions. Il le sentait, le vent commençait à tourner. Aben'Gal croisa alors les bras et se mura dans un silence morne, tandis qu'Alia reprenait du poil de la bête :


- Quoi d'autre pour ce soir, Maku ?
- Pour tout vous dire, j'avais prévu que nous débriefions sur vos avancés respectives et que nous cherchions d'autres pistes pour Aben'Gal, ou que nous prêtions main forte à Jorogumo pour terminer le travail... Nous n'avons plus d'ordre du jour. Je vous donne rendez-vous le mois prochain, ce sera tout.
- Très bien.


Le déclic sonore de l'escargophone retentit pour signifier la fin de l'appel. La mercenaire se leva aussitôt et se dirigea vers la femme araignée, un contrat en main. Comme elle le lui avait promis, la Zoan lu puis signa sans sourciller la clause l'obligeant à passer par Alia en priorité lorsqu'elle devait recourir à des mercenaires. Cette dernière fut, en fin de compte, légèrement surprise par le manque de résistance de la Zoan, mais préféra s'éclipser sans un bruit. Clovis se leva à son tour et quitta la salle sans se départir de son sourire narquois. Enfin, Jorogumo et Fudo repartirent en direction du port, non sans que l'araignée de lance un geste d'au revoir à Aben'Gal qui le lui rendit d'un simple hochement de tête.



Judal


Lorsqu'enfin il fut seul, le chef des maniocs sortit de ses poches un escargophone associé à un Den Den mushi blanc et composa un numéro. Après quelques sonneries, une voix s'éleva et Aben'Gal prit les choses en main rapidement :


- Judal, j'ai besoin de toi pour une mission particulière.
- Je t'écoute, chef.
- Rends toi au port, et entre en contact avec l'homme dont je t'ai parlé. La femme nous est inaccessible, mais je pense que l'on pourra tirer quelque chose de Fudo. Tu as son signalement ?
- J'ai trouvé une affiche Wanted quand tu m'en as parlé hier, ouais.
- Très bien. Monte à bord de son navire, obéis à ses ordres mais, surtout, fais moi des rapports réguliers.
- Bien, chef.


Aben'Gal coupa la communication. Judal était parfait pour ce genre de mission: jeune voyou qu'il avait sauvé à ses sept ans, tandis qu'il s'attirait bien trop d'ennuis malgré son bagou et ses talents indéniables. Durant de longues années, il avait parfaite l'éducation de criminel de Judal, mais il savait que ce dernier commençait à saturer de son simple role d'espion. Ainsi, il lui offrait la chance de sortir hors de Luvneel mais, également, de jouer de son charisme naturel pour jouer les intermédiaires, les hérauts de la cause des « Maniocs ». Nul doute que le jeune homme serait sensible à l'attention de son chef.

De son coté, Aben'Gal n'aimait pas la tournure que prenaient les événements. Cette femme risquait de déséquilibrer le marché noir, il le sentait. Elle ne faisait pas partie des criminels qui se contentaient d'une portion du gâteau : elle voulait obtenir l’entièreté de leurs parts, il le sentait. Son instinct le trompait rarement et, de toute évidence, il devrait se méfier de Jorogumo à l'avenir. C'était une chance qu'elle ait laissé apparaître une brèche dans sa défense, car malgré son réseau il n'avait quasiment rien trouvé à son sujet ! Origine, localisation précise, faits d'armes et relations... bien peu d'informations avaient filtrées jusqu'à présent ! Mais s'il se rapprochait de Fudo, peut être pourrait-il la contrer à temps. Il l'espérait tout du moins. Avec un soupir, Aben'Gal se leva et sortit à son tour de la salle de réunion. Il avait un nouveau commerce à faire tourner, après tout.
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Fudo
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MessageSujet: Re: [Présent] Le soleil ne sait rien de l'ombre.   Dim 7 Mai - 13:25



- Les soleil ne sait rien de l'ombre -


La réunion se finit bien rapidement. J'eus le droit d'assister à une scène plutôt révélatrice du fonctionnement d'un tel marché noir. Une fois l'agitateur éliminé, il s'agissait de se ruer vers son siège afin de prendre sa place. Ainsi Clovis était déjà fin prêt à passer à l'action, il n'attendait que le signal, le début de son sprint. Maku siffla donc et comme cela était prévisible le bonhomme se mit à courir le plus vite possible, évitant les quelques obstacles que certains disposaient sur son parcours. Finalement, il parvint à son but : il venait de s'accaparer le narcotrafic, prendre la relève des Skimo. Concernant le domaine duquel Menma et sa bande s'occupaient autrefois, il y eut moins d'enthousiasme. Clovis ne se voyait pas prendre les deux commerces, Alia semblait ne pas s'en soucier et Jorogumo ne pouvait se permettre une telle chose, pas encore tout du moins. Ainsi Aben'Gal se vit contraint d'accepter ce fardeau, c'était comme cela que je l’interprétai à la vue de sa réaction. Je soupirai donc une fois tout ça réglé, Maku mit tout le monde au courant que la prochaine réunion se déroulerait dans un mois puis l'escargophone ferma les yeux. A ce signal, je me levai dans un raclement de chaise en même temps que certains. Je me dirigeai ensuite vers les portes pour en ouvrir une et m'extraire de la pièce sans me soucier des quelques formules de politesses. Ma place ne se trouvait pas ici, mon intérêt non plus. Nous nous reverrions pas, ça ne faisait pas partie de mes priorités. Et si plus tard je devais venir négocier sur cette île, j'irais directement voir la tenante des lieux : Jorogumo, celle que je pouvais qualifier désormais d'alliée. Puisque je sortis en premier du bâtiment, j'attendis Jorogumo non loin de l'entrée, adossé à un muret. Je pensais déjà à la prochaine étape, elle venait d'atteindre l'objectif qu'elle s'était donnée en venant ici. Et ce en partie grâce à moi. La jeune femme m'avait aussi informé qu'elle prendrait soin de contacter une certaine Camille afin de me mettre en relation avec l'Inqusition, par conséquent j'obtins d'elle ce que je désirais aussi. Tout se conclut correctement donc, je doutais que ça ne se déroulerait pas toujours comme ça, mais c'était agréable que de finir sur un point positif. La femme araignée me rejoint après quelques instants, je m'approchai d'elle en tirant d'un coup sur la lanière de mon sac en toile qui me traversait le torse. Il était venu l'heure de quitter ce royaume.


-Voilà une bonne chose de faite.
- dis-je avec une certaine légèreté. - Il est temps pour moi de quitter ces lieux.


Puisqu'elle semblait d'accord pour m'accompagner vers mon navire, je me mis en route vers le port. Mon regard se dirigea vers le fabuleux astre siégeant désormais au zénith, à croire que toutes mes alliances étaient bénies par cette lumière transperçant les ténèbres nocturnes. Durant cette dernière marche aux côtés de Jorogumo, mes pensées allèrent vers la seule personne avec qui je me devais de parler d'avenir. Contrairement à la femme araignée, à l'Inquisition et au grand balafré, il était une personne que je choisis, sans contraintes, pour être à mes côtés durant mon ascension vers les sommets. Un type qui sut déceler mon potentiel alors que je n'étais qu'un vulgaire gamin, un gars qui me fit et vit évoluer au cours des épreuves que l'ambition démesurée de Ren nous imposait : Yao Ming. Il me fallait trouver un moyen de lui présenter mes projets sans que cela parvienne à Ayabusa et par conséquent au rouquin. Un hochement de tête balaya ses pensées ennuyantes, pour résoudre un tel problème je devais être en possession de toutes les informations que j'avais à ma disposition dans mon bureau. Ainsi je donnais à mon esprit un autre sujet sur lequel il pourrait batailler autant qu'il le désirait.


-Concernant la possible entrevue avec cette fameuse Camille, je te fais confiance pour l'organiser comme il se doit. Je t’appellerai en fin de semaine sur le numéro que tu m'as donné, ça te laisse le temps de les contacter tout en reprenant les activités que tu as laissées en suspens pour venir ici.





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Kokuro Elina
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MessageSujet: Re: [Présent] Le soleil ne sait rien de l'ombre.   Dim 7 Mai - 13:56

Le soleil ne sait rien de l'ombre.














Jorogumo rejoignit Fudo à l'extérieur et le suivit sur le chemin du port. Tous deux semblaient absorbés dans leurs futurs projets mais, néanmoins, la femme araignée ne laissait jamais vraiment ses sens se relâcher en terrain inconnu. Pour tout dire, même sur Yakoutie elle peinait à baisser sa garde. Elle le savait mieux que quiconque : même les amis et les alliés pouvaient vous planter un couteau dans le dos ! À l'image de son ancien fiancé qui avait tenté de la tuer... Pour l'heure, elle écouta d'une oreille distraite les dires de Fudo, avant de sourire légèrement. Il se positionnait directement en décideur, imposant une semaine de délai, là où certains auraient attendu que la Zoan ne les contacte. Il apprenait vite ! Ce à quoi il fallait ajouter la petite remarque innocente sur la confiance qu'il lui portait. Oui, il était décidément à l'âge où il absorbait tout conseil pour l'assimiler à une rapidité effarante. Une nouvelle fois, l'araignée était persuadée qu'il ferait un allié de choix, ou un ennemi extrêmement pugnace. Fort heureusement pour elle, il semblait lui accorder une certaine estime et, de ce fait, il compterait parmi ses collaborateurs de plus en plus nombreux. Pour l'instant.


- J'ai en effet quelques affaires urgentes à régler. Je ne te garantis pas d'avoir mis sur pieds une entrevue d'ici une semaine, mais il serait bon de nous tenir informer de nos progrès respectifs. J'attendrai ton appel, Fudo.


Malgré toutes ses qualités naissantes, Elina ne pouvait pas se laisser entraîner sur le rythme de Fudo. Après tout, c'était elle qui lui promettait monts et merveilles via son contact avec l'Inquisition ! Ce subtil rappel à l'ordre lui permettait lui remémorer qu'elle n'était pas à ses ordres et qu'elle s'occuperait de ses propres affaires en priorité, avant de se pencher sur celles de ce jeune primé. Cela étant dit, elle appréciait cette fougue et cet entrain, à la mesure de ce qu'elle avait ressenti lorsqu'elle même débutait ses propres projets. Elle se rappelait la sensation grisante de tracer des plans, d'ourdir maints complots et avancer, pas à pas, jusqu'à la si savoureuse concrétisation de ces derniers ! À dire vrai, elle-même n'était qu'un petit poisson dans l'océan à coté des ténors du milieu. Néanmoins, elle sentait qu'elle touchait du doigt un palier suivant... une étape capitale dans sa quête incessante de pouvoir ! Mais pour l'heure, elle avait des préoccupations plus bassement pragmatiques : son île, les soins de sa nouvelle recrue et la coopération avec Erwin.

L'assassin chemina en silence un long moment, ressassant les innombrables possibilités que Camille et elle avaient passées en revue, la foultitude de plans, de personnalités importantes, de leviers à actionner et de petites manigances qu'elles mettaient en place depuis des mois... le tout en vue de mettre la main sur cette île au potentiel astronomique ! Si leurs plans se concrétisaient, bientôt l'Inquisition et Tsukiyo jetteraient un énorme pavé dans la mare. L'heure de Dwarf Town approchait. S'ils réussissaient, la géopolitique de North Blue s'en retrouverait bouleversée à jamais et, surtout, les événements ne cesseront de s'accélérer jusqu'au point d'orgue qu'ils s'étaient tous promis... la chute du gouvernement mondial sur cette mer ! Mais elle allait trop vite en besogne. Elle avait encore besoin de s’entraîner pour gagner en force, d'attirer d'autres précieux éléments dans son organisation et d'encore et toujours étendre son réseau d'informateurs et d'alliés. Mais elle le sentait, elle progressait de plus en plus vite.

Les pas des deux hors la loi finirent par les amener sur le ponton où ils avaient fait connaissance, quelques jours plus tôt. Ce même lieu serait le théâtre de leur séparation, jusqu'à ce que peut être le destin ne les rassemble une nouvelle fois. Et, qui sait, peut être seraient-ils amenés à réaliser de grandes prouesses ! Leur coopération pouvait fort bien leur profiter à tous deux même si, au fond de leurs subconscients, les deux criminels le savaient : il n'existait qu'une place sur le trône... et un nombre conséquent de prétendants. Faisant fi de ces sombres préoccupations, Elina tendit une main chaleureuse à son coéquipier du jour :


- Et bien, il est temps de se dire adieu. Ce fut une coopération très enrichissante, Fudo. Je te souhaite bonne chance dans tes projets et, en cas de besoin, tu sais comment comment me joindre à présent.






Note HRP: encore une fois, PNJsation vue entre nous.

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Fudo
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MessageSujet: Re: [Présent] Le soleil ne sait rien de l'ombre.   Dim 7 Mai - 15:26



- Les soleil ne sait rien de l'ombre -


Puisque je désirais me rendre le plus vite possible sur les mers de l'Ouest il aurait été préférable de rencontrer un membre de l'Inquisition le plus tôt possible. Une semaine me parut être un bon délai, mais il était vrai que pour une femme comme Jorogumo, qui avait sûrement d'autres affaires plus importantes sur le feu, cela s'avérait excessivement court. D'autant plus que l'Inquisition n'avait probablement rien à faire de moi pour le moment. C'était bien évidemment compréhensible, il s'agissait seulement d'un plus que d'organiser une telle chose en moins d'une dizaine de jours ! Si ce n'était pas réalisable, je me serais rendu vers West Blue sans plus attendre, Jorogumo me contacterait une fois la réunion organisée. Sur ce point là elle possèdait l'initiative, je n'aimais pas être dans la position d'attente mais il fallait prendre mon mal en patience : tenter de forcer les choses n'aurait rien apporter de bon sur ce point particulier. C'était là l'effroyable constat que je pouvais faire ce jour-ci, bien des fois notre destinée, du moins une partie, n'était pas entre nos mains. Considérer cela et apprendre à avancer avec était une nécessité pour progresser correctement. De ce fait, il m'était aisé de comprendre l'importance d'une relation au sein de ce monde, il ne fallait pas se lier à n'importe qui sous peine de ne plus avoir aucun contrôle sur son avenir, plus aucun pouvoir en main propre.

Après plusieurs minutes nous arrivâmes finalement sur le port, le navire de guerre était toujours à quai et je me dirigeai vers ce dernier après avoir accepté la poignée de main que me proposait Jorogumo. Une fois devant le bateau je me retournai vers elle et pris soin de répondre à ses derniers mots.

-La chance n'a rien à voir avec mon avenir, seuls les plus faibles comptent sur une telle chose. Nous nous reverrons bien assez tôt, ce jour-là nous aurons tous deux progressés vers notre but commun, j'en suis sûr et certain.

Une fois cela dit je sautais d'un puissant bond sur la rambarde. De cette nouvelle position mon regard scruta un instant le pont sur lequel les sbires s'étaient massés pour une raison qui m'était pour l'heure inconnue. Tous les regards étaient tournés vers le centre du cercle qu'ils formaient. Je me laissai donc tomber sur les diverses planches pour me rapprocher des quidams.

-Que me vaut un tel accueil ?

Une dizaine de gars se retournèrent vers ma personne, au début était lisible une certaine rage sur leur visage, celle-ci disparut en une étrange grimace lorsqu'ils me découvrirent. Un d'eux me répondit d'une voix vacillante, visiblement j'avais de la visite. Arquant un sourcil, j'ordonnai à ces sous-fifres de larguer les amarres tout en me faisant un chemin vers la source du problème. Un jeune homme était assis en tailleur, adossé au mât, son menton reposait sur son poing.

-Il est arrivé il y a de ça quelques minutes, depuis il ne bouge plus. Que fait-on ?

-Occupez vous de conduire ce navire loin de cette île.


-Et lui qu...


-Exécution.

Il était temps pour chacun de comprendre qui était leur nouveau leader en ces lieux. Personne ici présent n'avait le droit de m'imposer sa pensée, ils n'étaient rien d'autres que des quidams, des êtres dont l'existence même était vouée à être oubliée. Non pas que le chapitre de leurs existences ne prenaient qu'une vulgaire page sur des milliers dans ce grand livre de l'Histoire, mais plutôt parce qu'elles n'y étaient tout simplement pas écrites : le monde n'en avait rien à faire. Ils n'étaient rien si ce n'était des outils dans les mains des nommés, et comme un outil on les balançait quand bon nous semblait. Une fois que la foule se dispersa, je fis quelques pas en direction de l'homme en costard dont les cheveux bruns masquaient son visage. Je m'abaissai à son niveau d'un fléchissement de genoux et lui fit face. J'examinai ce visage fermé, ce teint basané, ces lèvres épaisses et ces yeux clos. Cela était trop gros.

-Tu crois que je ne fais pas le lien entre ton arrivée ici et la fin de la réunion ?

Le bateau se mit à bouger, le mécanisme s'était enclenché. L'homme resta interdit un moment après que le navire se soit écarté de l'île. Ma mâchoire se crispa face à un tel spectacle, aucune réaction. Je m'apprêtai donc à me relever pour empoigner le manche de ma batte au travers de mon sac, néanmoins quelque chose sembla avoir redonné vigueur au bonhomme assis. Lorsqu'un matelot beugla aux autres de hisser les voiles, ses paupières s'ouvrirent, me laissant l'occasion de plonger mon regard dans ses deux yeux bleus. Ses lèvres se mirent finalement en mouvement tandis que ses pupilles eurent le temps de balayer tout mon visage.

-Je ne te pense pas aussi bête, Fudo.

Le vent glacial frappa les voiles.




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Kokuro Elina
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MessageSujet: Re: [Présent] Le soleil ne sait rien de l'ombre.   Dim 7 Mai - 23:08

Le soleil ne sait rien de l'ombre.














Les mots abruptes de Fudo firent sourire la jeune femme. Il ne laissait guère de place à la chance dans ses équations ? C'était une vision du monde un brin réductrice, sinon orgueilleuse. La chance avait sauvé ou condamné plus d'un combattant lors d’affrontements à armes égales. La chance avait donné le petit coup de pouce salvateur à plus d'un voleur à la tire, à plus d'un assassin pour réaliser son forfait avant de disparaître... cette donnée si insaisissable et parfois réellement providentielle pouvait changer le court du monde ! La rejeter ou la reléguer au rang de paramètre dispensable était une grave erreur. Certes, il n'existait aucun moyen connu de la « forcer », mais elle n'en restait pas moins un élément important dans les équations régissant ce monde. Cependant, la Zoan se retint de faire part du fond de sa pensée à son cadet. Il semblait bien sûr de lui et, après tout, Elina était persuadé que le monde lui ouvrirait les yeux bien assez vite... tout comme il l'avait fait pour elle, des années auparavant.

Elle le vit bondir sur son navire et disparaître sans lâcher le moindre mot, puis finit par se détourner elle même. De son pas silencieux, l'araignée se dirigea sans se presser vers le point de rendez vous fixé à l'avance avec un petit navire miteux qui lui servirait de couverture. Pour une fois, elle transiterait seulement par deux navettes que ses hommes dirigeraient, car elle évitait toujours les chemins directs en direction de Yakoutie lorsqu'elle sortait en tant que Jorogumo. Après tout, la jeune femme était connue pour sa prudence à la limite de la paranoïa... mais cela lui avait bien servi jusqu'à lors. Ainsi, elle disparut sous la forme d'une petite araignée au détour d'un chemin et se dirigea diligemment vers une petite crique isolée. Elle y retrouva bientôt un navire de pèche tout juste bon au cabotage, et une chaloupe minable vint l'amener à bon bord.

Le lendemain, le bateau accosta sur une île de transit peu peuplée sans élever de soupçon. Elle passa alors, de nuit, sous la forme d'une araignée minuscule vers un autre bâtiment naval qui levait l'ancre en direction de Yakoutie. Ce dernier partit quelques dizaines de minutes après son entrée via un hublot resté ouvert. Elle se logea dans un coin sombre et, de là, attendit patiemment d'arriver à bon port. Quelques heures plus tard, elle retrouva le climat polaire de son île avec un ravissement non dissimulé. Elle regagna avec milles précautions sa chambre, toujours sous la forme d'un petit insecte. Une fois enfin à l'intérieur, elle prit une douche et laissa la chaleur bienvenue de l'eau lui délier les muscles, tandis que le bruit inhabituel avertit Seika ou Shiro, posté devant la porte, qu'elle était enfin revenue. Lorsqu'elle sortit de la salle de bain, la petite fleur l’accueillit avec un grand sourire car, de toute évidence, elle s'était faite du souci pour sa patronne. Nul doute que les échos de la destruction de la prison de Luvneel avaient du parvenir jusqu'à elle ! Les deux jeunes femmes se retrouvèrent chaleureusement, avant qu'enfin les affaires ne reprennent.


- Maimai Kichigai est hospitalisé à la clinique du col, lui apprit Seika. Il s'est réveillé depuis deux jours et suit un programme de réadaptation pour s'accommoder de la perte de ses membres. Il est impatient de vous rencontrer !
- Fort bien, j'irai le voir dès que je serais habillée, répliqua Elina en enfilant une robe de soie noire. Autre chose ?


Le visage de la jeune fille aux cheveux blanc se plissa pour laisser apparaître un début de grimace, avant qu'elle ne dévoile le pot-au-rose :


- Des espions dans le Sud de l'île ont repéré un homme étrange qui semble remonter vers la capitale. Après quelques recherches, il s'est illustré par le passé avec différentes fusillades totalement aléatoires et sanglantes !
- Son nom ?
- Selon les informations collectées par Tetsujin, il s'agit probablement de Francis Levignac. Il...
- J'ai entendu parler de lui, en effet... la coupa Elina.


Le vilain défaut de l'araignée refit peu à peu surface, tandis que son instinct lui susurrait à l'oreille que cette apparition soudaine pourrait bien être une aubaine. Si elle ne se trompait pas, le tireur d'élite avait effectivement plus d'un forfait à son actif ! Cependant, le personnage l'avait toujours intriguée... voilà qui lui permettrait d'avoir le cœur net quant à la nature de cette homme. Elle passa son manteau de fourrure noire et sortit de sa chambre, officiellement pour la première fois depuis presque une semaine. La protectrice de Yakoutie salua quelques civils en passant dans la salle commune, avant de sortir d'un pas pressée dans la rue, Seika sur ses talons.


- Des nouvelles de Chloé ?
- Elle est de retour de West Blue. Je lui ai demandée de venir nous rejoindre.
- Excellent. Allons rendre visite à ce cher Francis, il ne devrait pas être difficile à repérer de ce que j'ai cru comprendre. Puis nous irons retrouver notre blessé, avant de reprendre là où nous en étions restés la dernière fois. J'ai beaucoup de bonnes nouvelles à partager !


Sur un ultime sourire, la Zoan se dirigea à pas vifs en direction du marché noir. Nul doute qu'un espion aurait tôt fait de lui confirmer la localisation du tireur d'élite tristement célèbre sur North Blue. Décidément, la chance lui souriait beaucoup ces temps ci !






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