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 [Présent] Ambition et sépulture.

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Kokuro Elina
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MessageSujet: [Présent] Ambition et sépulture.   Ven 24 Fév 2017, 20:51

Ambition et sépulture.














Le vent hivernal de Yakoutie souleva quelques mèches de cheveux noir de jais. La jeune femme resserra son manteau de sa main libre d’un geste gauche et distrait, empêchant le froid de s’engouffrer entre ses pans. Le dos droit, les yeux dans le vagues, Elina ressassait les événements qui avaient récemment agité son île. Deux jours auparavant, une bande de criminels et de marines avaient posé le pied sur ce petit village côtier et en avait ravagé plusieurs habitations, routes et places, avant de détruire l’auberge principale du hameau. Cette dernière avait emporté avec elle Jack « Daniel » Saviour, feu son homme de main. L’araignée se tenait à présent devant la tombe creusée par Mokuso, grâce à son yéti mécanique. Petite, informe et à la stèle anonyme, le spectacle en devenait presque pathétique.

Elle avait recueilli l’ancien marine lors de sa désertion, envoyant Shiro recruter ce déserteur aux capacités hors normes, lorsque quelques échos de ses mésaventures avaient atterri dans les oreilles de l’araignée. En quelques mois, il avait su se rendre utile en certaines occasions, saoul la plupart du temps, introuvable parfois. Inconstant, imprévisible mais efficace, Jack reposait à présent à ses pieds sous un monticule maladroit de terre et de pierres.

La protectrice de l’île poussa un soupir las.

Elle avait beau ne pas apprécier le personnage outre mesure, le trouver irritant parfois et peu digne de sa confiance, il avait su trouver une certaine place au sein de Tsukiyo. Pire encore, son pouvoir allait cruellement manquer à l’araignée ! Ses illusions étaient diablement efficaces, comme en attestait leur échauffourée sur le royaume du Luvneel, quelques jours auparavant.

Dépitée, la Zoan attrapa le bouchon d’une bouteille qu’elle tenait de sa main droite. Son épaule gauche tressaillit légèrement. Le chirurgien avait opéré un travail remarquable sur ses blessures, et elle se félicitait de l’avoir engagé quelques jours seulement avant la fameuse altercation avec Corgus. Il l’avait recousue à la perfection et seule quelques fines marques et fils de sutures marquaient l’emplacement des crocs de son adversaires défait. Après seulement quelques jours de soins infirmiers et de séances de rééducation, elle avait retrouvé en bonne partie sa mobilité. Malheureusement, l’empreinte de la mâchoire du hors la loi la faisait encore souffrir, cruel rappel de son manque d’entrainement. Si elle avait été plus forte, rien de tout ceci ne se serait déroulé de la sorte !

Le bruit caractéristique d’une bouteille que l’on débouche brisa le silence de l'endroit reculé et désert dans les montagnes. Elle porta le goulot à sa bouche et n’avala qu’une petite gorgée du liquide. La jeune femme, habituée aux grands crus et à la bonne chère, toussota lorsque l’alcool puissant descendit le long de sa gorge et lui réchauffa l’estomac. Comment diable pouvait-il engloutir tous ces litres d’absinthe à longueur de journée et rester à peu près conscient ? Elle n’en aurait jamais la réponse. Elina mit un genou à terre et, d’un geste vif, enfonça la bouteille goulot en bas dans le monticule de terre.


- Voilà de quoi te tenir compagnie dans l’après-vie, déclara-t-elle sobrement.


La Zoan se releva, épousseta sa robe en soie noire et tourna les talons. Elle avait du pain sur la planche et, de toute manière, pleurer les défunts ne lui ressemblait pas. À pas vifs, elle se dirigea vers la clinique du col, laissant derrière elle le village de Maribu qui commençait déjà à être le siège de réparations. Depuis la veille, les habitants avaient reçu les fonds et l’aide nécessaire pour reconstruire les bâtiments détruits. L’auberge notamment serait bientôt remise à neuf, tous frais payés par Elina. Une telle réactivité alors que la protectrice de l’île était elle-même à l’hôpital avait été chaudement accueillie par les villageois, parfois traumatisés du passage des hors-la-loi. Après tout, tel un chat, l’araignée retombait toujours sur ses pattes.

Du moins l’espérait-elle.

Au bout de plusieurs dizaines de minutes de marche, Elina arriva finalement à l’hôpital. Elle en franchit le seuil et retourna dans le service de chirurgie où elle était censée être alitée. Depuis l’instant où elle s’était réveillée, elle n’avait eu de cesse de se remettre au plus vite pour réussir à s’éclipser discrètement. Chose aisée pour une assassin dotée d’un fruit du démon comme le sien. Ainsi, elle avait faussé compagnie au personnel soignant… qui ne manqua pas de lui servir des remontrances salées ! Son chirurgien entra dans une colère noire, arguant du fait que les points risquaient de lâcher ou de s’infecter si elle continuait à crapahuter en tous sens.


- … Ce n’est pas parce que vous êtes la protectrice de l’île et la patronne de l’hôpital que vous pouvez tout vous permettre ! hurla-t-il. Vous allez me caler vos fesses sur un lit et y rester jusqu’à ce que je vous dise que vous pouvez sortir ! C’est clair ?!
- Non.


Le simple mot jeta un froid dans l’assistance. De ses yeux d'un noir profond, la jeune femme avait dévisagé le chirurgien depuis le début de son monologue sans ciller. Les infirmières et aides-soignantes jetèrent un regard en biais au chirurgien, tandis que ce dernier s’empourprait. Alors qu’il allait reprendre, Elina le stoppa en levant la main :


- Ce n’est pas la première blessure dont j’écope, ni la dernière, et encore moins la plus grave. Vous maîtrisez votre travail à la perfection, je connais les limites de mon corps. Si j’estime que je peux me lever et bénéficier de soins en ambulatoire, c’est qu’il en sera ainsi.


Alors qu’il s’apprêtait à argumenter de nouveau, la jeune femme le fusilla du regard, décidément de mauvaise humeur, avant d’asséner d’un ton sans appel :


- Je ne croupirai pas dans un lit, alors que je suis capable de marcher. Si vous refusez de vous y plier, je ferai appel à des soins à domicile jusqu’à ma cicatrisation complète, docteur.


L’intéressé étouffa un juron dans sa barbe et tourna les talons en levant les bras au ciel. Il capitula et fit signer un formulaire de sortie contre avis médical à la jeune femme, avant de laisser les infirmières lui expliquer les soins à domiciles. Ceux-ci furent rapidement organisés selon l’emploi du temps du personnel médical et de la protectrice de l’île, soit une réfection de pansement tous les deux jours… mais elle refusa de continuer à se plier à de la rééducation, estimant pouvoir s’en charger elle-même. Au bout du compte, elle fut rapidement dehors avec ses ordonnances.

Avant de partir, elle passa dans le service où Chloé avait été hospitalisée et demanda des nouvelles à son médecin. Ce dernier semblait embarrassé, car la petite ne s’était toujours pas réveillée. Elina lui enjoignit de mettre tout en œuvre pour que sa protégée se rétablisse au plus vite, mais préféra laisser cette dernière se reposer. Elle n’avait rien d’une mère poule qui dormirait au chevet de l’adolescente en attendant qu’elle se réveille… mais ferait en sorte qu’elle ne manque de rien.

Pour l’heure, elle avait beaucoup à faire sur Yakoutie, avant de retourner sur le royaume de Luvneel pour une mission non moins importante ! Aussi, elle prit à pas vifs la direction du chantier naval de Yakoutie, au Sud de l’île, non loin de la ville nommée « Shousetsu ».







NB: Minime PNJsation de Chloé Gratz vue avec papy !
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MessageSujet: Re: [Présent] Ambition et sépulture.   Dim 05 Mar 2017, 14:22

Ambition et sepulture.














Le chantier naval était en vue et, avec lui, l’invité surprise qui attendait sous un manteau démesuré. Ce dernier attirait l’œil des passants, mais les chuchotements épars se tarirent lorsque la protectrice de l’île arriva. Quelques hommes de son marché noir se tenaient à côté d’Enehil, le demi-géant qu’elle avait acheté grâce aux renseignements de Tetsujin plusieurs semaines auparavant. Elle s’était rendue sur une île mal famée où des trafiquants d’esclaves lui avaient vendu au prix fort ce demi-géant. Elle s’était empressée de revenir, quelques jours après, pour liquider ces rats d’esclavagistes et libérer leurs prisonniers en catimini. Depuis, elle avait appris à gagner la confiance du semi-géant aux cheveux noirs et à la barbe hirsute de la même couleur. À présent, il se déplaçait sans la moindre chaîne. Des semaines d’acclimatation dans les hauteurs de l’île lui avaient permis de se faire au climat de Yakoutie et, puisqu’il ne souhaitait pas retourner dans son pays natal et y subir la honte d’avoir été capturé, le colosse de sept mètres avait accepté de travailler pour elle.


- Bonjour Enehil, comment allez-vous ?
- B’jour. J’ai faim et je m’ennuie, répondit-il, laconique comme toujours.
- Nous allons remédier à cela, affirma la jeune femme avec un sourire aimable. Nous y allons ?


Elle avait posé la question pour la forme, étant donné que le demi-géant gardait quelques stigmates de son ancienne vie d’esclave. Elina lui avait d’ailleurs composé un passé sur mesure, ne faisant aucune mention de ce passage humiliant de sa vie. L’intéressé avait accepté la proposition de bonne grâce. Ce dernier lui obéissait ainsi au doigt et à l’œil, malgré les multiples rappels de la part de l’araignée : il n’était plus un objet, mais bel et bien un être humain de nouveau ! Enfin, un être humain de sept mètres de haut et à la force colossale… Raison pour laquelle la Zoan était, malgré tout, rassurée du caractère docile d’Enehil, de son penchant certain pour la tranquillité et le travail physique mais, surtout, qu’aucune idée d’évasion ne lui effleure l’esprit ! Après tout, il n’avait nulle part où aller et elle lui donnait un gite et du travail !

Le couple disparate avança à grands bruits en direction de l’entrée gigantesque du chantier naval. Voilà plusieurs mois que l’araignée intriguait pour mettre la main sur ce complexe démesuré. Il s’étendait sur une large partie de la cote, jouissant de multiples quais, grues, zones de cales sèches ou système de poulies sous des hangars démesurés, afin de monter des bateaux à l’abri de la neige et du vent. Enehil dut légèrement se courber pour passer sous la gargantuesque porte qui marquait l’entrée d’un des ateliers, tandis qu’Elina marchait la tête haute comme à son habitude. Elle s’avança droit vers le patron, un petit homme râblé et à l’œil vif, pourvu d’une calvitie importante et d’une barbe aussi blanche que drue. Ce dernier, bien qu’il ait été prévenu, leva des yeux ébahis devant la montagne humaine que représentait son nouvel employé.


- Nom d’un boutre mal taillé… Ça c’est du renfort, pour sûr !
- Je tiens toujours mes promesses, monsieur Nagfar.


Elle éleva soudain la voix vers le principal intéressé, afin de faire les présentations :


- Enehil ! Je te présente ton nouveau patron, Skeid Nagfar. C’est un homme bon mais exigeant. Je suis sûr que vous vous entendrez très bien.
- Pour sur, gamin ! Du moment que tu fais tes heures et que tu ne te saoules pas le coin de la gueule pendant tes heures de repos, au point de plus savoir où t’habites, ça se passera impec’ !


Après un court instant de réflexion, le sexagénaire se gratta la barbe d’un air distrait avant de lâcher :


- Encore que, j’suis pas certain qu’il y ait assez d’alcool sur l’île pour te foutre dans cet état, hein gamin ?
- En temps normal, non. Mais j’ai perdu l’habitude de boire.
- Haha ! T’inquiète donc pas, va ! On ira rattraper ça après, pour causer et faire connaissance !


Pour la première fois depuis qu’elle le connaissait, Elina vit son nouveau protégé sourire. Un grondement sourd secoua le hangar et, bientôt, la jeune femme comprit que le nouvel apprenti charpentier était en train de pouffer. Le rire jovial du maître des lieux vint rejoindre celui plus profond d’Enehil, puis il se racla la gorge et cracha avant de reprendre la discussion :


- Pour votre proposition, m’dame… J’ai bien réfléchi et j’trouve que vous faites du bon boulot sur l’ile. Pis, j’vais pas mentir, c’est plus d’argent que j’m’en suis fait cette dernière année ! Pis vu que je reste le chef de chantier… Et que vous me ramenez de la main d’œuvre pour soutenir les changements de production… Mouep. C’est équitable.
- Vous m’en voyez ravie.
- V’nez, on va signer le contrat.


Le maître charpentier se retourna vers un trentenaire aux muscles saillants avant de hurler :


- Skeio ! Ramène tes miches ici et fais visiter le chantier au nouveau !
- Ouep, p’pa.


En deux temps trois mouvements, Enehil suivit de son pas lourd le fils de monsieur Nagfar pour sa visite guidée. Le demi-géant semblait se complaire dans cette ambiance « brute de décoffrage ». Sans doute la bonhomie des charpentiers lui plaisait bien plus que le caractère froid d’Elina. Du moment qu’il faisait son travail ici, elle n’allait pas se plaindre. La protectrice de Yakoutie Island emboîta le pas au maître des lieux et le suivit jusque dans une petite pièce qui sentait le bois, l’alcool et l’huile. Il débarrassa son petit bureau d’un tas impressionnant de paperasse, sortit de son sommeil un chat assit sur une chaise et invita Elina à s’y asseoir. Enfin, il sortit le contrat qu’ils avaient négocié et en fit un résumé à voix haute pour la forme :


- Donc ! Vous m’achetez mon chantier et vous dirigez l’administration du pole de construction, mais je reste le charpentier en chef. On reçoit les commandes et on monte les navires, pis lorsque Mokuso aura les autorisations, on couplera notre chantier au sien pour proposer de véritables œuvres d’arts ! Vous me laissez me charger de former Enehil, il est logé, nourri et blanchi ici en attendant. Pis vous récupérez la majorité des bénéfices du chantier, moins nos salaires et nos primes, évidemment.
- Nous sommes d’accord.
- Tope-là ! Euh… je veux dire, c’est une affaire qui roule ! On trinque ?
- Ma foi, pourquoi pas, s’amusa de la simplicité de l’homme Elina.


Ce dernier sortit deux verres grossiers et y déversa un rhum d’une couleur sépia et au nez de vanille. L’alcool puissant brûla la gorge d’Elina… avant de déverser ses arômes de vanille et de fleurs dans sa bouche. Une incroyable attaque, mais une fin de bouche longue et délicieuse. L’araignée complimenta son hôte pour ce verre surprenant, ce qu’il accueillit en s’esclaffant. La jeune femme signa le contrat, et il en alla de même pour le vieux charpentier. Elle en emporta une copie en sûreté, sous son manteau, avant de passer dire au revoir aux artisans et à Enehil qui, décidément, retrouvait de plus en plus le sourire.

Elle en était ravie : ses plans commençaient à prendre forme. Après s’être excusée, la jeune femme sortit du complexe naval et rassura les quelques curieux quant à sa santé après l’attaque des hors la loi. Les rumeurs allaient bon train, et certaines avaient même induit la population en erreur en leur faisant croire qu’elle avait passé l’arme à gauche ! Mais il en fallait plus pour l’abattre, la Zoan en était convaincue. Aussi, elle reprit la direction du marché noir de l’île, une dernière mise au point à réaliser avant de se lancer à l’attaque de la prison de Luvneel.






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MessageSujet: Re: [Présent] Ambition et sépulture.   Dim 05 Mar 2017, 21:36

Ambition et sepulture.














L’araignée savourait son verre de vin, afin que ses papilles retrouvent un cru plus léger que les alcools forts dont elle les avait abreuvées depuis le début de la journée. Néanmoins, le comportement de Shiro venait gâcher sa dégustation… Tetsujin, Seika, Shiro et elle-même se trouvaient sous terre, attablés au premier étage du bar du marché noir. Le colosse revenait encore à la charge concernant les affrontements récents, et n’avait pas apprécié les conclusions de sa patronne :


- C’est pas le sujet ! grogna-t-il une nouvelle fois. Si on avait été là avec Seika, ça n’se serait pas passé pareil !
- M’est avis que si, Shiro, rappela d’une voix contenue Elina. Corgus était un monstre rapide et féroce. Ses sbires ont démontré une bonne force de combat, eux aussi, avant de mourir. Nous manquons tous d’entrainement.
- Mouais… commença à répliquer le mastodonte avant d’être coupé.
- C’est un fait. J’ai passé trop de temps à m’occuper du menu fretin sur cette île et à intriguer pour destituer les maires. Je suis un brin rouillée et je vais donc reprendre un entrainement plus intensif. J’en attends de même de vous deux.


Après un court silence, elle rappela sournoisement :


- D’ailleurs, où en sont vos progrès concernant l’éveil d’un Haki ?


Seika baissa les yeux sans un mot, la mine piteuse, tandis que Shiro marmonna des propos inintelligibles dans sa barbe. L’araignée sourit :


- C’est bien ce qu’il me semblait. Il serait de bon ton que nous maitrisions tous les trois ne serait-ce qu’un de ces pouvoirs. La puissance et les possibilités qu’ils offrent sont non négligeables et, si j’avais pu dompter totalement mon Haki de l’observation, le combat contre Corgus aurait sans doute tourné bien plus court.


Elle fit jouer son épaule gauche d’un air distrait, la morsure de l’homme-bête lui tiraillant toujours le corps. Pour se calmer, elle reprit une gorgée de vin et se tourna vers Seika :


- Je compte sur toi pour également former Chloé et qu’elle progresse. Les affrontements ont failli lui couter la vie à elle aussi.
- J’essayerai, répondit simplement la petite fleur.


Tetsujin se racla la gorge et, comme pour détendre l’atmosphère un brin tendue, prit la parole à son tour :


- Les choses n’ont pas si mal tourné que ça, au final. La marine est passée pour une bande de brutes, nous avons repoussé les envahisseurs et votre petit secret ne s’est pas ébruité !
- Sans doute… lui concéda la Zoan. Des nouvelles de Luvneel ?
- Je m’étonnais que vous n’ayez pas déjà abordé le sujet, pour tout vous dire ! la nargua presque le vieil homme.


Redevenant soudain un peu moins taquin, le vieux renard reprit :


- Les mercenaires s’impatientent. Lydia a bien récupéré et a presque terminé de dresser la liste des informations qui nous seront utiles, dont la fameuse carte de la prison. Ils se demandent quand ils pourront passer à l’action ?
- Promettez leur le double de leur salaire pour les faire patienter jusqu’à mon retour. Je serai sur Luvneel dans deux jours tout au plus.
- Ce sera fait.


Un bref moment de silence s’installa dans la salle, durant lequel l’araignée passa de visage en visage sans comprendre. Enfin, elle saisit ce qui les travaillait tous lorsqu’elle lut l’anxiété sur leurs traits. Elle ne put retenir un sourire en coin et leur affirma d’un ton plus adouci :


- Je sais ce que je fais. Je ne me mettrai pas en danger jusqu’au point de non-retour et je rentrerai dans moins d’une semaine, si possible avec Maimai Kichigai. Jusqu’à là, tachez de garder Yakoutie en sécurité.
- Et d’empêcher les curieux d’accéder à sa chambre ! ironisa le vieil homme.


En effet, afin de ne pas éveiller les soupçons, Elina avait prévu de faire courir la rumeur selon laquelle elle préférait se reposer dans sa chambre pendant quelques jours et ne sortir qu’en cas d’extrême urgence. Ainsi, nul ne serait étonné de ne pas voir la protectrice de l’île pendant que Jorogumo officierait sur le royaume de Luvneel. Du moins, ce plan était censé fonctionner en théorie. Les deux frères et sœurs finirent par se détendre et le quatuor termina les préparatifs pour les opérations à venir. Enfin, ils se séparèrent tous et Elina prit le chemin de sa chambre d’auberge.

Une fois arrivée, elle décrocha son Den Den Mushi pour appeler Mokuso qui était occupé depuis la veille à la forge de l’île. Une fois la voix du gnome au bout du fil, elle attaqua d’entrée de jeu :


- Pouvons-nous parler, Mokuso ?


Ce qui sous-entendait « es-tu seul ? » selon les directives que le petit ingénieur avait reçues. La réponse positive de l’intéressée ravit l’araignée, et elle reprit d’une voix posée :


- Où en sont les préparatifs concernant ma petite commande ?
- Bah, c’est-à-dire que… enfin… c’est pas de la tarte, cette histoire ! J’ai pas mon matériel ni mes installations, mais j’y travaille ! J’ai presque terminé les plans de la combinaison, reste le mécanisme de soutènement et la résistance des matériaux, en plus de l’imperméabilité du système de commande et la discrétion de l’ensemble… Magglebak ! C’est pas de la tarte !
- Je suis certaine que tu t’en sortiras haut la main, Mokuso, minauda la jeune femme.
- Ah ça ! Vous pouvez me faire confiance. Et puis, c’est pas tous les jours qu’on me demande ce genre de machine alors, pour le coup, je suis à fond !
- Je compte sur toi.
- Affirmatif !


La Zoan raccrocha, ses derniers préparatifs avant de quitter l’île presque terminés. Elle retira sa pelisse noire qu’elle posa sur un porte manteau et vérifia rapidement que la porte et les fenêtres étaient fermées. Une fois certaine de ne pas être observée, elle retira ses vêtements et se plaça devant le miroir. Les marques rosées laissées par les dents de Corgus traçaient de fins sillons dans sa peau claire. Sans un bruit, elle mua en forme hybride et put constater ce qu’elle craignait : certaines marques dépassaient de son exosquelette ! Elle pesta en silence et se concentra.

Voilà bien longtemps qu’elle ne s’était pas prêtée à cet exercice, presque cinq années ! À l’époque, elle apprenait tout juste à se servir de son fruit et avait réussi, à force d’essais maladroits et de visualisations progressives, à faire émerger cette forme actuelle. Pour l’heure, elle cherchait avant tout à ne pas se trahir devant les éventuelles caméras de sécurité de la prison. Nul doute que les images seraient décortiquées et, même si le risque était extrêmement faible qu’un jour un marine fasse le lien entre ces fines cicatrices sur Jorogumo et celles sur l’épaule d’Elina Kokuro… elle refusait de prendre le moindre risque, aussi risible et infime soit-il. Aussi, elle contrôla sa respiration, se concentra sur son corps ; et en particulier sur son exosquelette. Peu à peu, elle retrouva les sensations qui l’avaient guidées dans le modelage de sa toute première forme hybride… Elle savait que certains Zoan étaient capables d’adopter plusieurs formes différentes selon leur envie et elle ne doutait pas d’y parvenir un jour elle-même.

Aujourd’hui, elle se contenta de légèrement modifier sa forme hybride. Peu à peu, minute après minute, elle fit ressortir toujours un peu plus son exosquelette, jusqu’à ce que la chitine sombre couvre les cicatrices laissées par la morsure de Corgus. Cela devrait suffire le temps qu’elle cicatrise totalement. Alors, ces vilaines marques ne seraient plus qu’un lointain souvenir ! En attendant, la prison de Luvneel l’attendait. Elle partirait le soir même, de nuit, sur une navette où elle embarquerait sous la forme d’une petite araignée.

Elle était fin prête.






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