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 (FB -6ans) Deux insolentes [Ft Maud]

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Maud Butterfield
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MessageSujet: Re: (FB -6ans) Deux insolentes [Ft Maud]   Mar 6 Déc - 20:46

Qui
FB ft. Kanäe Toupex


Lorsque Kanäe me tendit un kimono, et me proposa de m’habiller dans la tente, je ne fis qu’exécuter comme un petit soldat qui venait de recevoir un ordre. Je devais avouer que ça m’arrangeait, qu’elle me laisse le choix. Je me sentais obligée de me cacher, maintenant qu’elle m’avait touché. Ouais, ça avait été vraiment gênant.

Tous autant que nous étions, nous jouions dans le grand théâtre des apparences. Seulement, une fois nus, comment faire croire ce que nous voulions être ? Kanäe avait tout appris sur ma taille, des épaules à mes hanches. Je n’avais pas pu m’en cacher. C’était ce qui me dérangeait, plus que la pudeur naturelle d’une femme, qui l’interdisait d’être vue ou pire, touchée, nue. Même moi, qui ne m’étais jamais sentie proche du reste des Hommes, je camouflais derrière un voile de pudeur mes petits défauts, mes petits démons. Juste pour me sentir en sécurité. D’une certaine façon, il me semblait que cette attitude était ce qui nous rapprochait tous. Parce que nous en avions besoin, nous jouions un rôle. Et je me demandais quel serait le mien, une fois maquillée par ce kimono. Serais-je encore Maud Bingley ?

Il n’y avait aucun moyen de le savoir, pour moi. Comprendre comment marchaient les autres, que je pouvais voir et donc étudier, c’était dur. Alors me comprendre moi-même, dont le visage, à chaque instant, m’était inconnu… je ne pouvais que rester un mystère à mes propres yeux.

J’aurais voulu m’en foutre, vraiment. J’aurais voulu avoir toujours 8 ans, et en rester à des questions sur la couleur de la mer et des arbres. Maintenant, mon cerveau refusait d’arrêter les questionnements, qui tentaient de dépasser les étoiles les plus lointaines. Ça allait dans un noir des plus profons. Vers un lieu dans lequel, malgré mon affinité avec les ténèbres, je n’y voyais rien.

Pendant un temps, il m’avait semblé être invincible, mais il suffit d’un seul échec pour m’agenouiller. J’avais beau, en apparence, me montrer combattive, voire agressive, je trouvais ma réalité dans la lâcheté. Dans le fond, être lâche, ce n’était pas tout à fait un défaut. Ça pouvait me sauver et m’éviter des emmerdes, non ? Vraiment, je voulais m’en foutre sans me trouver d’excuses.

Après l’avoir enfilé, je passai un regard furtif vers les motifs du kimono. A dégueuler.

Des apparences, de toute manière, nous en avions tous. Alors à quoi bon m’en soucier ? Pourquoi je n’arrivais pas à me foutre de ce à quoi je ressemblais ? Je me sentais prisonnière de moi-même, incapable de voler au gré du vent, toujours obligée de nager contre mon propre courant, bien trop fort pour moi.

Tout ce qu’il me fallait, c’était une bonne rencontre. Une influence, pour me guider vers la liberté que je cherchais tant. En attendant… bah je ne pouvais qu’attendre.

Outre les motifs détestables du vêtement, les larges manches du vêtement me dérangeaient plus que tout. J’avais l’impression de risquer d’accrocher à peu près tout et n’importe quoi, avec ces trucs. Finalement, seul le haut, serré autour de la poitrine, me convenait. Dans ces habits, je me sentais comme une poupée de chiffon, prête à se déchirer avec sa robe, à tout instant. Si je devais voyager à travers les mers dans cette tenue, je n’allais pas faire long feu. Un peu dégoûtée de moi-même, je ressortis de la tente en essayant de ne pas trop grimacer.

- Je l’ai bien mis ?

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Kanäe Toupex
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MessageSujet: Re: (FB -6ans) Deux insolentes [Ft Maud]   Mer 7 Déc - 9:55

 Ajustement et départ 

 
Elle avait finalement choisit la tente et était ressortie toute belle, enfin selon les goûts de la verte, personnellement très fan de tout imprimé fleuri. D’autant que Maud avait beaucoup de chance, dans tout l’éventail de vêtements « végétaux » que possédait l’herboriste, elle avait eu droit à un kimono représentant des fleurs de cerisiers d’un rose pâle doux et distingué. Il s’agissait là de l’une de ses pièces préférées et elle l’avait donné de bon cœur à cette jeune femme fraichement rencontrée. Sans trop de peine d’ailleurs car elle en avait plusieurs du même type dans sa garde-robe. Etait-elle devenue une sorte d’ami au cours de ce combat, de ce bain commun, de ce prêt vestimentaire ? Kanäe n’aurait su le dire, et probablement que son homologue n’en aurait pas dit davantage, mais il y avait en tous les cas un petit début de quelque chose entre ceux deux-là.
 
La Toupex, loin de ces considérations, regardait donc Maud dans sa nouvelle tenue et ne put se retenir de rire. Elle avait devant elle une jeune femme certes très bien, mais qui ne cachait que très mal son embarrât et sa gêne, particulièrement au niveau des bras. Apparemment, les manches pendantes n’étaient pas le dada de cette personne alors que Kanäe y voyait un avantage incroyable : le bras était beaucoup plus libre, le vêtement pouvait cacher un mouvement ou un objet, la souplesse était garantie et surtout, c’était bien plus beau. Elle finit enfin par s’approcher de sa partenaire,  toujours en souriant, presque moqueuse et reprit la ceinture de tissu se situant au niveau de la taille. Elle lui desserra d’un geste sec et assuré avant de faire le tour de la jeune femme et de lui nouer dans le dos. Elle aimait porter des flots assez large dans lequel elle pouvait bloquer sa boite de pilule venimeuse ou des lames, pour la Butterfield, elle décida de lui faire une fleur en allant vers quelque chose de plus sobre : un nœud discret sur le côté gauche du dos. Elle était ainsi très élégante en restant aussi discrète, même s’il ne semblait pas être dans le caractère de la dame des ténèbres d’être discrète.
 
La gouvernementale fit quelques pas en arrière et retourna dans son sac en répondant enfin.
 
Plutôt bien oui. Je t’ai simplement remis la ceinture sinon le tout aurait pu s’ouvrir à n’importe quel moment. Je ne suis pas certaine que tu aies envie qu’une bande de marchand voit ton intimité. Pour être honnête, et même si tu es assez loin de ton style habituel, ça te va plutôt bien.   

 
La verte finit par se relever et sorti de son sac deux bandes de tissus semblable à des rubans et vint les nouer autour des poignets de Maud pour qu’elle ne soit pas incommodée par l’ampleur des manches. Elle ne se voyait pas déchiré un de ses vêtements préféré et préférait donc fixer légèrement le problème, d’ailleurs le résultat était plutôt agréable à regarder.
 
Une fois tout affaire vestimentaire réglée, Kanäe vida rapidement sa tente de ce qu’elle pouvait contenir, principalement du matériel de couchage et replia l’abri de fortune à la va-vite avant de terminer de rassembler le reste de ses affaires. Puis, elle se retourna vers Maud qui avait dû s’occuper de se mettre à l’aise dans ce nouveau vêtement ou qui avait probablement brûlé ses anciennes frusques.
 
Bon, je pense qu’il est temps de retourner en ville. Je vais rentrer où l’on m’attend. Si tu veux, on peut retourner au port ensemble, et d’ailleurs il nous faudrait éviter de passer par la place du marché, on doit encore y être recherchée.  

 
L’invitation était lancée, à voir ce qu’en pensait la ténébreuse, ensuite elle pourrait se mettre en route sans plus de cérémonie. Kanäe ouvrant la marche car bien plus à l’aise en forêt.
 

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MessageSujet: Re: (FB -6ans) Deux insolentes [Ft Maud]   Jeu 8 Déc - 18:04

Retour au port
FB ft. Kanäe Toupex


Kanäe se moqua de moi, d’un rire léger, qui n’avait rien de méchant. Malgré tout, je le prenais un peu mal ; ça me donnait l’impression qu’elle m’avait prêté ce kimono juste pour se foutre de ma gueule. Enfin, j’avais beau la connaître depuis moins d’une journée, elle m’aurait surprise si son dessein était vraiment de m’humilier. Sans attendre, la jeune femme fit montre de ses talents de styliste. Elle détacha la ceinture qui fermait le kimono, sans prévenir, et je me retrouvai à demi-nue. Surprise, je tentai de cacher mes formes, surtout par réflexe – Kanäe m’avait déjà vue nue et une fois de plus ou de moins ne changeait rien pour moi. Mais avec autant de finesse que de rapidité, elle referma l’habit d’un nœud élégant sur un côté de mon dos. Enfin, moi, le nœud, je ne le voyais pas vraiment, mais je commençais à comprendre que Kanäe était une femme à la fois rigoureuse et raffinée.

Puis elle m’expliqua qu’à part le nœud, j’avais bien enfilé le kimono. Ce genre de petite victoire, dans la vie, ça faisait toujours plaisir. Si elle complimenta mon allure, je ne retins de ses mots que l’allusion aux marchands. C’est vrai qu’on avait pas de chance, d’être des filles. Enfin, on faisait avec.

- Ahah ! S’ils avaient essayé, ils auraient pas profité longtemps de leurs beaux yeux !

Je sentais que notre séparation ne tarderait pas, et que, seule ou accompagnée, j’allais reprendre la route sur le chemin dangereux qu’est la vie. Si le bain m’avait reposée et calmée, je devais reprendre du poil de la bête et me faire violence, pour encore mieux la semer sur ceux qui oseraient me faire chier. J’avais hâte.

En plus, Kanäe avait dû remarquer que les manches du kimono ne m’étaient pas très agréables, puisqu’elle sorti de petites ficelles pour les enrouler autour de mes poignets, emprisonnant le tissu entre le fil et ma peau. Ainsi, si les manches restaient larges, j’étais déjà plus à l’aise dans mes mouvements, moins obsédée par la crainte de déchirer mes vêtements.

Enfin, quand Kanäe remballa toutes ses affaires, je testais l’efficacité de son montage : je basculais les bras vers le ciel, tournais sur moi-même, bondissait un peu partout. Bon, il n’y avait pas vraiment de buissons ou de branches, autour de moi, qui était assez proches pour pouvoir déchirer le kimono, mais j’étais quand même plutôt contente du résultat. L’habit ne s’était pas déchiré au gré de mes mouvements, c’était déjà ça.

J’en oubliai presque mon ancienne robe, qui devait déjà pourrir au coin d’un arbre. Puis, m’assurant que Kanäe ne me regardais pas, toujours occupée par son rangement, je bondis vers mes vêtements et, d’un coup de pied, je le balançai dans une sorte d’étang. De toute façon, ça devait se désagréger, non ? Avec des petites bestioles, tout ça… il me semblait avoir entendu quelque chose comme ça, un jour. Si nous, une fois mort, on se faisait bouffer par de petites bêtes, pourquoi pas ma robe ? Elle était morte de chez morte, de toute façon. Puis je me retournai vers Kanäe, toute excitée de reprendre la route.

Kanäe me proposa de faire un bout de chemin ensembles, jusqu’au port où nous nous séparerions. Je ne comprenais pas vraiment l’intérêt de continuer à rester à côté, si c’était pour ne plus jamais se revoir ensuite, mais j’acceptai tout de même. Un peu de compagnie, ça ne faisait pas de mal. Le trajet serait assez long et ennuyant, par la suite, jusqu’à chez moi. Sans attendre ma réponse, Kanäe commença à s’en aller, et suivi une direction sans hésitation. Décidemment, elle était extraordinaire, cette fille. Elle me donnait l’impression de savoir tout faire. Surtout à côté de moi, bonne à cabosser des nez – et encore. Quoi qu’il en était, sans plus attendre, je trottinai pour la rattraper, en lui offrant ma réponse :

- Ça marche ! En plus j’ai aucune idée d’où il est, ce port.

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Kanäe Toupex
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MessageSujet: Re: (FB -6ans) Deux insolentes [Ft Maud]   Jeu 8 Déc - 22:52

 Vers le port 

 
Le retour s’était donc annoncé tout d’un coup et les deux jeunes femmes avaient entreprit de prendre la route en duo pour retourner au port. La verte se souvint en chemin, alors qu’elle avait mis au moins deux cents mètres à sa suivante, qu’elle repartirait impérativement au bord d’un bateau de la marine. Il y en avait forcément un étant donné qu’elles avaient été pourchassées par les gouvernementaux plus tôt dans la journée. Elle aurait clairement préféré prendre un navire civil, et ainsi ne pas faire naître un doute dans l’esprit de la princesse des ténèbres, mais le choix ne lui était pas vraiment permit : elle n’avait plus un sous en poche, le néant. L’argent qu’elle avait gardé pour le retour, elle l’avait perdu à un moment ou à un autre au cours de la journée. La perte en elle-même, elle s’en moquait pas mal mais c’est ce qu’elle représentait qui posait un véritable problème. Elle avait caché à Maud son présent, sa profession et sa faction : elle était une personne très brutale et malgré le petit moment partagé, elle n’avait pas la moindre idée de comment elle pourrait réagir à la nouvelle.
 
Pour ne pas penser à cela, elle calma un peu le rythme et se retourna vers la suiveuse pour reprendre la discussion, et concernant le voyage, elle avait pris une décision radicale : ne l’en informer qu’au dernier et ultime moment. Voire même, ne pas l’en informer du tout, elle se ferait l’idée qu’elle voulait sur le sujet.
 
Bon alors, dans tout ça, tu repars dans quelle direction ?  

 
Il devait s’agir de la question la plus banale du monde dans une situation telle que celle-ci, banale certes mais un classique qui avait fait ses preuves. Et Kanäe commençait à connaitre l’engin et ne voulait pas s’aventurer dans un sujet où elle pouvait encore apprendre une chose bizarre sur la maudite, d’ailleurs, en repensant à cela, elle ressenti le désir irrépressible de s’enquérir d’une certaine info.
 
Dis-moi Maud, on est bien d’accord que si on croise le vendeur de poisson, on fait profil bas hein. Tu évites de lui taper dessus.  

 
Autant prévenir que guérir et la Toupex n’avait pas envie de se retrouver mêlée à une histoire de meurtre parce que sa camarade s’était énervée ; ça faisait tâche sur un rapport de recrue de la marine. Après quelques minutes de marche supplémentaire, le duo, si la Butterfield avait continué à suivre, arriva en bordure de la ville. Après s’être mis en position furtive et avoir vérifié que personne ne scrutait les environs pour trouver les fuyardes, la verte sortit du couvert des fourrées pour reprendre la route, vérifiant à chaque coin de rue que le vendeur de produits de la mer ne s’y trouvait pas.
 
Le port n’était plus très loin, et la séparation se rapprochait au même rythme que le son grandissant de la mer.
 
 

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MessageSujet: Re: (FB -6ans) Deux insolentes [Ft Maud]   Ven 9 Déc - 11:12

Une hâte
FB ft. Kanäe Toupex


Quelques minutes étaient passées, depuis le début de notre marche. Rassurée d’être accompagnée par Kanäe dans le milieu mortel qu’était cette forêt pleine d’insectes, j’avais profité du silence pour penser à ce que je ferai, une fois rentrée. Les idées fusaient à en faire exploser ma cervelle. Je ne savais pas exactement pourquoi, mais reprendre l’entreprise de mon père, ça avait quelque chose d’excitant. J’allais enfin avoir une utilité, et arrêter de chercher qui j’étais, ou qui je pouvais être. Non, à l’aube de mes dix-huit printemps, je ne me foutais pas encore réellement de cette question. J’avais besoin de me sentir utile, ou peut-être même aimée. Dans le fond, je restais encore la petite fille d’il y a dix ans.

Lorsque Kanäe éleva la voix pour briser le silence, elle me questionna sur ma destination. Je voulais rentrer au plus vite, mais en réalité, je n’étais pas sûre de trouver de navire pour me diriger directement chez moi.

- Je vais à South Blue, au Royaume de Trader. Enfin, je suis pas sûre de trouver un bateau qui m’amènera directement là-bas.

Sans compter qu’il fallait que je trouve de quoi voler pour payer le trajet, ou un commandant assez bête ou naïf pour pouvoir monter à bord d’un bateau gratuitement et sans me faire prendre. Ou sans mourir. Bof, ce genre de truc, ça s’arrangeait sur le tas ; je ne pouvais rien prévoir. J’avais conscience que, malgré l’excitation, je pouvais rentrer dans quelques semaines comme dans quelques années.

A nouveau, Kanäe, l’air un peu plus soucieuse, pris la parole. Elle me demanda de ne rien faire, si jamais le poissonnier refaisait surface. Je l’avais presque oublié, ce gros lard, quelle idée de m’y faire penser. Si ça se trouve, on l’aurait croisé que je ne l’aurais pas reconnu. Mais maintenant, à nouveau, une petite haine s’installa en moi, à l’égard du marchand. Ouais, vraiment, je n’avais qu’une envie : le buter jusqu’à ce qu’il crève. Ce vieux pervers, en plus d’avoir failli me péter le nez, avait voulu de Kanäe et moi des services de nature malsaine. Je détestais les hommes pour ça : ils se pensaient tout puissants, capables d’avoir des femmes ce qu’ils voulaient. Dommage pour eux, nous étions assez nombreuses à nous plaire à remballer leur orgueil. Et à ce moment-là, rien ne m’aurait rendu plus heureuse qu’en finir avec le marchand. Je n’aurais trouvé mon bonheur que dans sa mort. J’en fis part à Kanäe, en riant :

- Je ne fais pas de promesses que je ne peux pas tenir ! Enfin… je ne promets jamais rien, quoi.

Une fois en ville, je vis mon accompagnatrice bien inquiète, qui vérifiait toujours, autour de nous, que le vendeur n’était pas là. Moi, je scrutais les rues du coin de l’œil, me forçant à rester calme tant que je ne le voyais pas. Je sentais, malgré tout, un petit sourire qui se dressait au coin de mes lèvres, témoignant de mon envie insoutenable de buter ce connard. Malheureusement, de toute notre traversée, je ne vis rien. Il avait de la chance, ce marchand, car cette fois-là, je n’aurais pas laissé passer l’occasion de le torturer, à mains nues s’il le fallait, jusqu’à la mort.

On voyait déjà le port s’approcher, à quelques rues de nous. Ca sentait la mer à plein nez, et mon retour aussi. J’avais plus que hâte, ça en devenait insupportable. Puis, d’un coup, juste pour rompre le silence, je tournai le visage vers Kanäe pour lui demander :

- Et toi, tu vas où ?

C’était bizarre, de poser cette question. Je m’en foutais un peu, d’où elle allait. Une fois dans nos navires respectifs, nous ne serions plus que de vagues connaissances, une rencontre de passage comme on peut en faire des milliers, dans des bars. Ma question, je la posais peut-être plus par curiosité, pour savoir si elle se dirigeait vers un endroit que je ne connaissais pas encore, et qu’il serait intéressant d’aller visiter. J’avais pris goût au voyage.


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Kanäe Toupex
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MessageSujet: Re: (FB -6ans) Deux insolentes [Ft Maud]   Ven 9 Déc - 15:25

Un adieu morbide  

 
Le bruit de la mer se rapprochait de plus en plus et l’angoisse de la mouette en devenir suivait le bruit des vagues. L’angoisse à plusieurs échelles. La première était de croiser de nouveau le salaud que les femmes avaient dû gérer plus tôt, la verte n’avait pas du tout envie de briller une nouvelle fois par des faits de violence, de finir au poste de garde, de devoir s’expliquer sur sa présence et son appartenance et, obligatoirement, de se faire enguirlander par son mentor une fois rentrée au bercail.
 
Le second poste d’angoisse de la belle se situait au niveau toujours de la rencontre avec le marchand mais concernant Maud. Elle n’avait rien pu, et surtout rien voulu lui promettre concernant cet homme abjecte, montrant ainsi un peu plus quel était le vrai caractère de Mademoiselle Butterfield. A ce titre, elle se doutait que le ténébreuse Maud n’aurait aucun scrupule à combattre, vaincre, torturer et abattre l’homme qui les avait menacés.
 
Troisièmement, elle angoissait à propos d’elle-même et ce, en lien avec son second poste d’angoisse, car elle aussi préférait voir cet homme mort. Elle ne souhaitait pas la mort des hommes en principe mais celui-ci avait quelque chose de malsain et de dangereux dans le regard. Il n’avait pas joint les paroles à l’acte concernant les propositions forcées qu’il avait formulé envers les deux jeunes femmes, uniquement car les objets de ses désirs avaient su lui résister. Il en aurait probablement été autrement si la victime des attentions perverses de ce gros lourd avait été une personne sans défense. Alors, même s’il le méritait, Kanäe Toupex ne préférait pas penser au fait qu’elle désirait la mort d’un homme, avant lui elle ne désirait la mort que de l’assassin de ses parents et leurs fautes n’étaient pas de valeurs égales. La mort de dizaine de personne contre une menace d’activité forcée, il y avait quand même un pas, alors même que les deux faits étaient atroces.
 
Enfin elle angoissait sur l’issue de cette histoire, de cette rencontre avec Maud. Il semblait ressortir de leur entrevue que la logia se moquait de tout et ne prenait rien à cœur, sauf peut-être la remarque sur sa poitrine ou les imprimés fleuris. Alors peut-être ne prendrait-elle pas trop à cœur le fait que celle qui a partagé son bain avec elle était en réalité un envoyée du gouvernement, ou comme beaucoup le disent : une chienne de la marine. Elle avait aussi un peu peur que les marines sur le bateau gouvernemental la reconnaissent. Il ne l’avait vu que de dos mais les choses pouvaient aller vite, et les filles aux cheveux verts ne devaient pas courir les rues sur une île de cette taille. Cette peur, cette angoisse, légère mais présente, ne fit que s’accentuer lorsque la chasseresse entendit sa camarade lui poser la question fatidique de sa destination. Kanäe soupira et lui répondit, d’un ton las et fatigué.
 
Quelque part où je ne manque pas de me faire agresser pour avoir de la nourriture, loin d’ici. Je retrouverai peut-être des personnes à qui j’ai manqué, qui sait. En tous les cas, je rentre. 

 
Parler de rentrer signifiait donc qu’elle considérait donc un endroit comme un foyer, un pied à terre et cela n’avançait pas la maudite sur le lieu de destination de Kanäe.
 
Dans les entrefaites de la discussion, le duo arriva au port et fut étonné, en tout cas pour la verte, de voir que le bateau de la marine commençait à lever les voiles, apparemment, ils repartaient déjà. Coup de chance mais aussi un coup du sort pour leur camarade en formation. Elle avait la chance d’avoir ce bateau et de ne pas devoir mendier pour se payer une traversée, mais perdait par la même occasion le droit de profiter de ses adieux avec cette nouvelle connaissance. A cet instant, elle fit ce que Maud aurait probablement fait aussi, elle planta sa camarade sur place et se mit à courir à vive allure vers le quai. Elle ne regardait pas si elle était suivie ou non et atteignit rapidement l’avancée de bois d’où elle prit une impulsion et sauta en retombant sur le bastingage de l’embarcation à l’effigie de mouette. Elle se retourna rapidement pour regarder Maud qui n’avait probablement pas suivit le saut, moins rapide que la Toupex et cria à son attention.
 
C’était un plaisir Maud ! J’espère te revoir un jour ! 

 
Elle joignit à ses adieux de grands signes de la main et un large sourire jusqu’à ce qu’elle vit quelque chose sortir du coin de la rue d’où elle-même arrivait. Derrière Maud arrivait le poissonnier, il jouait avec une bourse qui semblait pleine et s’était arrêté net en voyant l’une de ses deux proies de la matinée. Il sourit et s’approcha d’elle. L’autre proie, déjà en mer, était maintenant trop loin pour intervenir et ne se contenta que de signes d’alerte joint par un « attention derrière toi » qui se perdrait peut-être dans le vent, ou qui attendrait peut-être les oreilles de la maîtresse des ténèbres. Le navire avança, les hommes la questionnait sur son identité et les personnes devinrent des formes imperceptibles, elle ne saurait jamais si Maud avait réussi à s’en sortir ; en tout cas, jusqu’à leur prochaine rencontre.
 
 

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MessageSujet: Re: (FB -6ans) Deux insolentes [Ft Maud]   Sam 10 Déc - 11:16

Une hâte
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La réponse de Kanäe ne m’avait pas du tout indiqué sa destination. Elle était restée vague, et je ne doutais pas que c’était volontaire. D’un naturel curieux, je ne désirais plus que savoir la vérité, ce qu’elle me cachait. Ce n’était peut-être rien, juste un détail que Kanäe avait jugé inutile de révéler à une inconnue. Mais ça pouvait tout aussi bien être un secret palpitant ! Peut-être allait-elle mener une vie aventureuse, à la recherche d’un trésor ? Je la regardai, la déshabillai presque des yeux pour percer sa cervelle et découvrir ce qu’elle m’interdisait de savoir. J’avais trop envie de savoir.

Je m’apprêtai à lui faire remarquer que sa réponse n’avait rien de précis, lorsqu’elle se mit à détaler. Si c’était une simple course pour elle, je n’étais toujours pas assez sportive pour être capable de la suivre, ni assez réactive pour tenter une poursuite. Je restai plantée là, médusée, seulement apte à la voir fuir loin de moi. De toute façon, je ne comprenais rien aux adieux. C’était bien aussi, comme ça, sans grandes cérémonies. S’en aller le plus rapidement possible, sans perdre de temps ni de salive c’était efficace.

Enfin, la jeune femme se tourna quand même vers moi, pour me saluer. Rayonnante, elle me sourit et remua les bras, en guise d’adieux. Bien que moi, je reste silencieuse, sans sourire ni pleurs, elle voulait qu’on se revoie. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi. Ni comment : j’avais beau lui avoir dit que je rentrais chez moi, les ventes et toute la gestion de l’entreprise ne me permettraient pas de rester là-bas. J’allais voyager un peu partout dans les Blues, et je me préparer à ne faire que de rapides escales au Royaume de Trader.

En fait, ce qui me marqua le plus, c’est de la voir monter sur un navire dont les passagers, tous de bleu vêtus, ne semblaient pas avoir d’autre appartenance que la marine. J’en conclus que, si elle ne s’était pas trompée d’embarcation, Kanäe était donc un soldat, aussi. Comme beaucoup, je détestais la marine. Ils me faisaient chier. Je me mis à détester un peu Kanäe. Si elle m’avait aidé à fuir, c’était pour elle. Pour que je ne la dénonce pas. Je m’en persuadais. Puis elle avait été gentille, agréable, généreuse avec moi pour me bercer d’illusions. Et maintenant, elle m’avouait tout : elle rentrait chez elle, certainement dans une base où elle apprendrait à me faire encore plus chier. Putain, ça m’énervait ce genre de truc. Pourtant, dans un coin de ma tête, je ne pouvais m’empêcher de penser qu’elle avait réellement été serviable avec moi. Qu’elle m’appréciait un peu. Mais je ne pensais pas qu’une esclave du gouvernement pouvait affectionner la criminelle que j’étais.

Même si elle ne m’avait pas vue combattre le marchand, je pense que ce genre de truc, ça se sentait. Que je n’aimais pas le calme, la paix, la bienveillance. Je préférais à tout ça ma liberté, que je ne pouvais trouver que dans le chaos. Il n’y a que là-dedans qu’elle peut exister. Loin de toute organisation, de toute morale, de tout ce qu’on a inventé pour le soi-disant bien de tout le monde. Ça n’existait pas, tout ça. Pas chez moi.

A nouveau perdue dans mon monde, où je ne voyais autour de moi que de possibles proies, mon regard restait pourtant planté sur Kanäe, qui, au fur et à mesure qu’elle s’éloignait, ne devenait plus qu’un vague souvenir. Mais d’un coup, elle s’agita, et je crus comprendre qu’elle me criait quelque chose, des mots incompréhensibles. M’enfin, pour qu’elle s’énerve ainsi, c’était certainement qu’il y avait un problème. Un gros. Gros comme un marchand de poisson.

Je me retournai brusquement, à droite, puis à gauche, pour savoir d’où venait le danger. Je n’eus pas le temps de réagir : le gars m’attrapa un bras, et de son autre énorme main, me sonna d’une gifle immense. Une douleur insoutenable me pris, comme si j’avais reçu une centaine de gifles à la place d’une.

- Ahah, alors ta copine n’est plus là pour t’aider ? Tu m’as fait mal, tout à l’heure… Mais tu devrais savoir te faire pardonner…

Il m’avait flanqué un mal de crâne pas possible, j’avais senti mon cerveau rebondir dans mon crâne. Je sentais de petites palpitations dans ma joue, qui devait avoir viré au rouge. Le poissonnier, il m’en voulait terriblement. Et il me voulait, aussi. Il n’avait pas l’intention de me laisser fuir une deuxième fois. Il en avait déjà raté une, de ses filles, alors pas deux. Il ne me laissa pas le temps de réagir, et pour être sûr de ne pas me laisser repartir, il m’attrapa par le cou, dans ses deux grandes pattes, pour couper toute arrivée d’air. Faiblement, je plaçai d’abord mes mains sur les siennes, même si la force me manquait pour l’obliger à me lâcher. Il me traina dans un coin où la marine ne l’embêterait pas.

- Oh.. ? Tu manques d’énergie, tu étais plus rebelle au marché.

Chose étrange, la douleur de la baffe s’en alla soudainement, comme par magie. Ses mains sur mon cou me faisaient mal, mais là encore, c’était bizarre. Ca s’en allait, puis ça revenait, par à-coups. Par contre, l’air, lui, ne rentrait plus.

Il me lâcha d’une main pour tenter d’obtenir ce qu’il désirait tant, accompagnant le mouvement d’un rire affreux, vicieux, et d’un souffle de taureau. Je sentis sa peau humide, suintant de sueur. Les yeux mi-clos, je vis sur son visage un sourire sculpté de dents ocres et noires, une face grasse qui se rapprochait plus du porc que de l’Homme.

- Tu me remercieras, après tout le bien que je vais te faire.

Soudainement, entre le manque d’air et son geste, je fus pris de panique. Je n’avais plus seulement envie de le buter, j’avais envie de vivre, et de me libérer. Pour ça, pour avoir tenté de me priver de ma liberté, il allait payer de sa vie. Lentement, j’allais la lui retirer. Ses cris seraient le plus beau des requiem, à mes oreilles, et son corps déchiré un magnifique tableau.

Je balançai brusquement ma main droite vers mon agresseur. Deux de mes doigts se détachèrent de ma paume pour se planter dans les yeux du marchand, sans peine. Un cri affreux s’extirpa d’entre ses lèvres, tandis que la main qui était sur mon cou, ainsi que l’autre, vinrent se plaquer sur ses yeux ensanglantés. Tout en reprenant mon souffle, j’accompagnai son hurlement d’un rire euphorique, comme un contrechant.

- T-t-t, ne te cache pas ! Je veux tout voir.

J’attrapai ses mains, pour les plaquer avec violence contre le sol, dévoilant tout le sang, mêlé de larmes, qui rampait lentement hors de ses yeux. Pour libérer mes mains, je bloquai, comme la première fois, ses bras sous mes genoux, assise sur son ventre. Là, je balançai mes poings contre ses joues et son nez, pour en voir tout le liquide pourpre s’en expulser. Puis, déchirant son haut de coton abîmé de mes mains, je fis crisser mes ongles dans sa peau, jusqu’à la déchirer, ne laissant aucune trace de peau blanche sur son buste et son visage. Méconnaissable, l’homme ne semblait vivre qu’à travers un souffle faible mais pourtant lourd, qui lui demandait tous les efforts du monde pour encore exister. Je continuai ce jeu un moment, me sentant enfin vivre, pour de vrai.

Enfin, sûre qu’il ne se relèverait pas, je me redressais au-dessus de lui satisfaite et souriante. Je me reculais, abattant volontairement mon talon entre ses jambes, le laissant lâcher un dernier râle, à peine audible. Je le laissai crever ici, gardant comme souvenir de lui une bourse épaisse qui pendait à sa ceinture.

- Merci, lui glissai-je d’un murmure.

Je retournai dans la rue, les vêtements de Kanäe tâchés de sang, ainsi que mon visage. Par chance, je ne croisais pas de marines, et je pus sans problème demander une place sur un navire pour South Blue. Visiblement, mon air bienheureux, accompagné de mon image sanglante, ne devait pas mettre assez en confiance l’homme à qui je demandai de me prendre sur le bateau. Il ne se risqua pas à refuser. Je le sentis presque trembler. Mais pour moi, tout allait au mieux.



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(FB -6ans) Deux insolentes [Ft Maud]

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