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 Bars and Badasses

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Sana Asante
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MessageSujet: Bars and Badasses   Mar 16 Fév - 23:25







Une fois encore, il neige. Je commence vraiment à en avoir marre, mais aucun chasseur de prime ne crache sur du boulot, et la protectrice de Yakoutie Island m'a laissé son numéro parce qu'elle en avait pour moi. D'ailleurs, je ne connais toujours pas son nom, ça risque d'être compliqué en cas de discussion prolongée. Bah on fera avec, j'imagine. Pas besoin de noms en cas de problèmes de toute façon, juste d'interjections. Et j'ai d'autres problèmes pour le moment, à commencer par le fait que Sakamoto, le majordome de la famille, m’ait appris qu'Uliana, ma propre sœur, me recherche activement, et pas juste histoire de prendre de mes nouvelles.

Apparemment, elle m'en veut à mort, et elle m'attribue les problèmes qui ont touchés la famille après mon départ. Et encore pire, elle aurait suivie les traces de père, et elle serait devenue hors-la-loi, ce qui rend la chose beaucoup plus.... difficile à gérer. Je capture seulement le minimum de hors-la-loi et de pirates requis, mais ma sœur? Même pas la peine, je ne vois pas bien comment je pourrais la refiler aux marines, ce serait mesquin et carrément moche. Sakamoto m'a annoncé que sa dernière lettre date de l'an dernier, et qu'elle traînait sur North Blue, résultat, je suis assez partagé entre l'envie de la revoir et l'envie de la fuir, c'est très particulier. Mais bon, elle était là il y a un an, elle a sans doute bougée et les chances de la croiser même si elle y est toujours sont faibles. Et sinon eh bien..... J'aviserais quand je la verrais, pas d'autre choix.

Il me reste une petite heure avant de débarquer de nouveau sur Yakoutie Island, le temps de m'échauffer un peu histoire de voir si mes côtes ont guéries, et de passer un coup de fil pour l'avertir quoi. Commençant à bouger un peu dans les sens, je constate avec joie qu'a l'exception d'un peu de tension quand je tire à l'extrême, je suis globalement guéri. Tant mieux, on engage généralement pas un chasseur de primes pour arroser les fleurs, et mon petit doigt me dit que je vais devoir me battre plus tôt que ce que je pense.

Sortant mon escargophone, je compose le numéro qui m'a été laissé et après un instant d'attente, entends la voix d'un homme. C'était pas prévu au programme ça.

«Hey, est ce qu'Elina est là? Si oui, passe la moi, au lieu de squatter son escargophone, je dois lui parler.»

«De quoi? D'une t’appelles sans dire qui t'es, tu demandes à parler direct à Elina et en plus tu me cherches des noises? Ça va pas le faire mon gars

«Mais je m'en fout de ta pomme, passe moi Elina je te dis bordel! J'ai autre chose à foutre que discuter avec les sous-fifres

« Sous-fifre? Oses pointer ta gueule sur l'île toi, tu va voir la tête que je vais te faire

«Ouais ouais c'est ça, en attendant passe moi Elina, les adultes doivent causer.»

Je l'entends commencer à m'injurier puis des protestations, avant d'enfin percevoir la voix de ma commanditaire. On va enfin rentrer dans le vif du sujet.

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Kokuro Elina
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MessageSujet: Re: Bars and Badasses   Mer 17 Fév - 15:29

Bars and Badasses


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Elina était ennuyée. Elle avait passé le plus clair de son temps à chercher des réponses, cette dernière semaine. Depuis sa rencontre avec la lieutenante prénommée Kanäe et le chasseur de primes Asante Sana, la vie sur Yakoutie avait prit une tournure plus sombre. Non pas que les deux intrus se soient montrés des menaces immédiates, mais ce fut plutôt la découverte que l’on attentait non seulement à sa vie, mais aussi à son île qui préoccupait la Zoan. Malgré les moyens dont elles disposaient grâce à l’appui de Tetsujin, le maître du marché noir local, ses recherches n’avaient rien donnée pour le moment. Shiro prenait un peu trop au pied de la lettre son ordre de « faire le tour des bars » afin de récolter des informations. En réalité, le colosse se contentait de la première partie de sa mission la plupart du temps, tant et si bien qu’Elina l’avait interdit de tout débit de boisson jusqu’à ce qu’il comprenne la gravité de la situation. Le colosse était donc d’une humeur massacrante depuis quelques jours, ainsi forcé à la diet.

Son Den Den Mushi sonna tout à coup, la tirant de ses pensées. Comme elle ne se sentait pas d’humeur à affronter les demandes des maires aujourd’hui - car qui aurait bien pu l’appeler sinon eux ? - elle demanda au colosse de décrocher le combiné. S’en suivit une discussion qui monta rapidement dans les octaves, jusqu’à ce qu’elle reconnaisse la voix du chasseur de primes susnommé. Il avait donc tenu parole et s’était décidé à revenir sur Yakoutie. En un éclair, elle comprit qu’il pourrait débloquer la situation : elle avait besoin d’un traqueur pour dénicher les mouchards sur son île ! Elle se leva prestement et arracha presque le combiné à Shiro, qui eut beau émettre toutes les oppositions du monde, vit ses demandes d’arracher la tête du nouveau venu éconduites. L’araignée prit alors la parole d’une voix calme :


- Sana, quel plaisir de vous retrouver sur pieds. Vous vous êtes donc remis de vos blessures ?


Après une courte pause, la protectrice de Yakoutie Island reprit la parole, tout en apaisant Shiro par gestes :


- Je suppose que vous ne revenez pas pour faire du tourisme ? Vous avez donc réfléchi à ma proposition de travail ? À vrai dire vous tombez à pic. Néanmoins, je préférerais m’entretenir avec vous en privé. Venez me rejoindre à la capitale, demandez l’auberge où je loge, vous la trouverez sans mal en demandant aux habitants de l’île. Je vous attendrai et nous discuterons de l’affaire en question à votre arrivée.


Laissant éventuellement le temps au chasseur de primes de répondre, la Zoan termina la conversation téléphonique par quelques formalités d’usage, avant de raccrocher le combiné. Elle se tourna alors vers Shiro qui écumait toujours.


- J’vais me le faire, ce crétin !
- Au contraire. Tu vas retourner récolter des informations avec lui dans les bars... commença-t-elle avant d’être interrompue.
- HORS DE QUESTION ! hurla-t-il à pleins poumons. J’vais lui aplanir le chou à...
- Depuis quand discutes-tu un ordre direct, Shiro ? coupa-t-elle le colosse d’une voix glaciale.


Ce dernier avala sa salive et grogna un vague assentiment en détournant le regard. Cela était loin d’être suffisant. L’araignée enfonça le clou. Elle s’avança vers lui, ne lui laissant pas le loisir de sortir de la chambre qu’elle occupait dans l’auberge. Il recula et manqua de trébucher contre une table.


- Comprends-tu seulement la gravité de la situation ? Une organisation dont nous ignorons tant les moyens, que les effectifs ou la force de frappe nous a déclaré la guerre il y a une semaine. Je désirais ratisser toute l’île pour repérer ces rats...


Elle avança de nouveau d’un pas, le forçant presque à se coller au mur, tout en continuant de le remettre à sa place. Elle ne monta pas dans les octaves mais laissa vibrer sa colère sourde, gardant la pleine maitrise de sa voix :


- Mais tu as préféré te saouler plutôt que de les traquer, nous laissant aveugle et sans recours. Des assassins pullulent peut être déjà sur Yakoutie, mais monsieur préfère renâcler car je tiens à ce qu’il remplisse ses missions plutôt que de le ramasser dans le caniveau ! Si tu veux boire, fais le après t’être acquitté de tes taches, Shiro !


Le colosse déglutit de nouveau, puis acquiesça sans mot dire, toute velléité belliqueuse évanouie. Il se racla la gorge et regarda penaud ses chaussures. Alors seulement Elina le laissa sortir. Comme il ouvrait la porte, l’araignée reprit la parole en regardant par la fenêtre :


- Ne me déçois pas cette fois-ci, Shiro.
- Bien, répondit-il sobrement en refermant la porte derrière lui.


L’araignée espérait seulement que sa sœur et Tetsujin aient réussi à mettre la main sur un expert en Den Den Mushi. Elle soupira, tandis que le colosse s’installait dans la salle commune de l’auberge, au rez de chaussée. Il avait décidé d’y attendre le chasseur de primes dont il avait déjà reçu le signalement, lors de son précédent passage. Un homme grand, avec des dreadlocks et un hérisson sur la tête. Il ne pourrait pas le rater !




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Sana Asante
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MessageSujet: Re: Bars and Badasses   Ven 19 Fév - 0:40







« Je suppose que vous ne revenez pas pour faire du tourisme ? Vous avez donc réfléchi à ma proposition de travail ? À vrai dire vous tombez à pic. Néanmoins, je préférerai m’entretenir avec vous en privé. Venez me rejoindre à la capitale, demandez l’auberge où je loge, vous la trouverez sans mal en demandant aux habitants de l’île. Je vous attendrai et nous discuterons de l’affaire en question à votre arrivée.»

Je ne m'attendais pas à une remarque si.... banale, je pensais qu'elle serait plus directe, mais je n'ai aucun problème avec un départ retardé, je n'ai pas grand chose de prévu après de toute façon. Enfin, j'imagine que retrouver Uliana pourrait être sympa, mais comme je n'ai aucune idée d'où elle est....

« Je vous avais dit que je reviendrais non? J'essaie de tenir mes promesses un minimum, ça aide à être pris au sérieux. Sinon, ben, j'arrive sur l'île d'ici une demie-heure, donc à l'auberge d'ici une heure maximum je suppose? A tout à l'heure donc.»

Répondant par des formules de salutations d'une banalité exemplaire, elle raccroche bien vite, et j'imagine assez facilement une réprimande de sa part envers l’espèce de barbare qui a décroché. Il l'aura mérité, même si je n'ai pas été très diplomate non plus. Pas pour la probabilité que je travaille avec lui de toute façon, si elle veut parler en privé, c'est sûrement une mission subtile, et un mec comme ça, je doute qu'il entrave quoi que ce soit à la subtilité.

Profitant de ma demie-heure restante pour faire un inventaire rapide, je note que j'arrive à bout des réserves de bouffe pour Kissifrotsipik, je vais avoir besoin d'en racheter assez vite si je ne veux pas que ce campeur me rende chauve. Ou qu'il tape dans ma gamelle. Mais au delà de ça, j'ai tout ce dont j'ai besoin pour vivre. Le navire arrivant à destination, je me prépare à débarquer, en faisant gaffe à la rambarde, ce serait assez bête de se noyer dans un port. Je ne tombe évidemment pas, mais j'ai toujours cette petite inquiétude en débarquant depuis que j'ai appris que tomber à l'eau risquerait de me tuer.

Interceptant le premier passant que je vois, je lui demande où réside le protectrice, mais je dois paraître suspicieux car il me jette juste un coup d’œil avant de passer son chemin en trottinant. Je ne pensais pas avoir une telle tête de bandit pourtant. J'obtiens la même réaction auprès de deux autres passants avant de de décider à aller me renseigner auprès de l'auberge où j'avais résidé la dernière fois. Atteignant l'endroit, l'aubergiste me reconnaît apparemment et je ne mets pas longtemps à obtenir mon information, et même en prime une remarque sur le fait que ma tête effraierait un zombie. Je ne pensais VRAIMENT pas avoir une si mauvais tête que ça depuis mon passage sur Mirrorball. Le remerciant, je me dirige vers la sortie puis vers l'auberge hébergeant gracieusement Elina, prêt à un speech sur le pourquoi du comment du boulot.

En arrivant au bâtiment, je constate qu'un homme de bonne taille m'a remarqué. Encore ma tête ou alors Elina a envoyé le gars avec qui je me suis engueulé tout à l'heure. C'est possible, et c'est confirmé quand il s'approche de moi et me dit sobrement de le suivre. Il tire une tronche pas permis, donc j'avais sans doute raison en pensant qu'il s'est pris une bonne rouste de la part de ma nouvelle employeuse. Alors qu'on monte l'escalier, il ne desserre pas les dents, grommelant à peine, étrangement silencieux, je m'attendais à plus de...... Je ne sais pas vraiment, d'animosité peut être?

Toujours est il qu'à l'étage mon employeuse est là, qu'elle à l'air soucieuse, un truc pas net qui se passe j'imagine, sinon elle ne m'aurait pas engagé. Et j'imagine que ça date de notre élimination de pirates puisqu'elle m'avait déjà laissé son numéro à l'époque. Un homme qui organisait les pirates? Ça expliquerait leur plan, et le pli qui barre son front. On va partir sur cette hypothèse pour le moment, c'est celle qui me paraît la plus probable.

« Salut. Je me suis dit qu'un coup de main ne serait pas de refus, je me trompe? Donc je suis revenu. Alors abrégeons un peu les discussions oisives inutiles, donnez moi le topo et je suis parti. Faire mon boulot, pour vous. Je vous dois bien ça.»

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Kokuro Elina
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MessageSujet: Re: Bars and Badasses   Ven 19 Fév - 17:33

Bars and Badasses


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Elina patientait en tapotant des doigts sur le rebord d’une fenêtre, l’air contrarié. Ce n’est que lorsqu’elle entendit frapper à la porte qu’elle sortit de ses sombres ruminations pour accueillir Shiro et Sana. Elle se leva de son siège et adressa un sourire gracieux aux nouveaux venus. Toujours aussi naturel, le chasseur de primes prit la parole d’entrée de jeu avec son franc parlé :


- Salut. Je me suis dit qu'un coup de main ne serait pas de refus, je me trompe? Donc je suis revenu. Alors abrégeons un peu les discussions oisives inutiles, donnez moi le topo et je suis parti. Faire mon boulot, pour vous. Je vous dois bien ça.


Elina sourit devant la pique évidente. Lors de leur première rencontre, n’était-ce pas cette même phrase qu’elle avait lancée au duo d’intrus ? Le colosse, pour sa part, ne goûta pas à la subtilité :


- Oï, le bleu ! C’pas parce qu’elle t’a demandé de revenir qu’il faut prendre la grosse tête ! grinça Shiro en croisant les bras. Un peu de respect !
- Du calme, Shiro, ce n’était que de l’humour. Mais j’en comprends les fins : se passer du superflu et aller à l’essentiel ? Cela me plait.


Elina se dirigea jusqu’à une commode d’où elle sortit le Den Den mushi qu’elle avait ramassé sur le cadavre du « capitaine pirate » qu’avaient occis Sana et Kanäe. Elle lança à son invité la petite bête violette, à la coquille marquée de trois traits écarlates. Comme l’animal était dans les airs, l’araignée reprit la parole :


- Lors de votre dernière visite, le chef de la petite troupe de pirates n’était pas la tête pensante de cette petite équipe. Loin de là. As-tu déjà vu un escargophone similaire, Sana ? Si tel était le cas, cela nous simplifierait grandement la tache ! Dans le cas contraire, toi et Shiro irez faire le tour des tripots, des bars et des lieux encore peu recommandables de l’île afin de trouver d’éventuels complices à nos regrettés amis de la montagne.


Elle marqua une courte pause avant de reprendre :


- Avant que tu ne poses des questions « superflues » : oui, je suis convainque que leur groupe est déjà présent sur l’île et menace des civils. Oui, je pense que certains d’entre eux ont des primes que tu pourras garder et, oui, tu recevras un bonus supplémentaire en fonction de la réussite de ta mission. Des questions, malgré tout ?


La venue du chasseur de primes était à double tranchant. Elle avait besoin de ses talents de traqueurs pour contenir le naturel plus dissipé de Shiro et retrouver les rats à bord de son navire. Car, malgré la remontrance du matin, elle savait que le colosse reprendrait la boisson... avec assez de modération pour réussir sa mission, néanmoins. Il n’était pas homme à se laisser marcher sur les pieds. Bien qu’il reconnaisse son autorité, le garder dans le rang était parfois un brin complexe. Elle espérait que la présence de Sana lui insufflerait un peu de professionnalisme !

D’un autre côté, s’il se décidait à fouiner au mauvais endroit, il pourrait tomber sur une affaire un peu louche qui lui mettrait la puce à l’oreille. Bien qu’elle n’ait pratiquement pas eu le temps d’étendre le marché noir et de faire proliférer « les affaires », l’hypothèse de voir un de ses plans mis à jour n’était pas à exclure. Aussi, tous les papiers importants, ses notes et ses projets futurs étaient présentement gardés en lieu sûr, et non dans sa chambre.

« On est jamais trop prudente. », se dit-elle en pensée en attendant la réponse de l’homme au hérisson.




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Sana Asante
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MessageSujet: Re: Bars and Badasses   Ven 19 Fév - 21:36







L'autre barbare part vraiment au quart de tour, mais apparemment Elina le tient à peu près en ligne. Alors qu'Elina me jette un escargophone, elle me demande si je le connais. L'attrapant, je l'observe sous toutes les coutures avant de nier. Pour moi, il ne s'agit que d'une escargophone violet et rouge, sans plus, même si il s'agit de la raison de mon embauche. Ce qui me déplaît plus, c'est de me dire que je vais devoir me taper le tour des tripots avec le barbare..... Ça c'est vraiment de mauvais augure, il n'a pas l'air de savoir se tenir, et je sens qu'il va passer son temps à boire et à picoler jusqu'à s'écrouler dans le caniveau, complètement inutile.

« Non, jamais vu de similaires, mais ça correspond plus ou moins à mes hypothèses sur ce que je fais là.. »

Alors qu'elle ajoute l'évidence de la présence des ennemis sur l'île et de la présence de primes sur certains d'entre eux, sans parler de mon salaire même si j'aurais travaillé pour rien puisqu'elle a couvert mes frais d’hôpitaux la dernière fois, elle s'assure que je n'ai pas de questions. Il se trouve que j'en ai.

« Justement, je me disais. Je suis obligé de faire équipe avec la brute à côté de moi? Il à l'air utile pour les missions d'élimination, mais pour une infiltration et du ramassage d'infos, je me permets d'émettre des doutes. Et en plus, il m'a l'air de partir au quart de tour, ce qui ne présage rien de bon dans un bar, où les gens sont plus prompts à chercher la bagarre. Enfin, dernière récrimination, il sait retenir sa force? Parce qu'il s'agit d'une mission de capture, pas d'extermination, et si il ne fait pas la différence, on sera encore moins avancé après avoir repéré un de nos hommes qu'avant.»

Alors que le concerné commence à hurler qu'il va m'étriper, la voix d'Elina retentit:

« Shiro! Ça suffit! Sana.... Si j'ai choisi Shiro pour ce boulot, il y a une raison, et sache que j'ai pleine confiance en lui. Autre chose? »

Rien ne me venant à l'esprit, je hausse les épaules en lui annonçant que ça ira. J'observe Shiro qui à l'air de se retenir à grand peine de me faire la peau, décide que je ne peux rien y faire pour le moment, jette un coup d’œil à l'horloge qui indique 17 heures. Au moins deux heures avant que les bars commencent à ouvrir donc.

« Bon, j'ai au moins deux heures avant de commencer le boulot, donc je vais m'excuser, mais j'ai deux trois affaires à régler. Si vous.... Non, tu, marre du vouvoiement. Si tu as besoin de moi donc, je serais en bas. Shiro, je te retrouve dans le hall dans deux heures, on a une tournée des bars, tripots, clubs et autres à faire. Sur ce, à tout à l'heure. Oh, et une dernière chose «madame la protectrice». Je me moque de ce que tu comptes faire de cette île. Évites juste de le faire sous mes yeux, ce serait dommage de devoir rompre un contrat parce que tes intentions sont louables mais pas tes moyens.»

Replaçant mon sac sur mon épaule, je descends, prends une chambre, pars acheter de la nourriture pour Kissifrotsipik et me replace dans le hall pour réfléchir. Mes théories sont donc confirmées, il y avait bien un cerveau à cette opération. Et il y a sans doute toute une bande supérieure, sûrement déjà infiltrée partout sur l'île. Je ne m'attendais par contre pas à être payé pour boire, c'est bien la première fois que ça m'arrive. Je prie pour qu'Uliana ne soit pas mêlée à tout ça, mais les chances paraissent augmenter à vue d’œil. Alors que je lève les yeux j'aperçois Shiro qui s'approche de moi, et je décide d'au moins tenter de le calmer, ne serait-ce que pour le temps de la mission.

« Bon écoutes, j'ai été un peu vite tout à l'heure, désolé. Mais on va avoir besoin de ne pas se gêner l'un l'autre pour la mission, donc je te propose d'au moins se traiter de façon neutre, sinon, ça va vite devenir compliqué. Ceci dit, on commence par quel bar? Je te paye le coup histoire de me faire pardonner.»

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Kokuro Elina
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MessageSujet: Re: Bars and Badasses   Dim 21 Fév - 17:29

Bars and Badasses


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Sana attrapa au vol le Den Den Mushi puis, après l’avoir examiné sous toutes ses coutures, affirma qu’il n’avait jamais rien vu de similaire.


- Je vois, répondit sobrement Elina à voix basse.


Alors qu’elle pensait que la discussion en resterait là, le chasseur de primes se permit une remarque désobligeante envers son homme de main et, par extension, envers elle. Critiquer les choix de son employeur et remettre en question les compétences d’un coéquipier aussi ouvertement... L’aurait elle mal jugé ? Elina laissa glisser la remarque, maître d’elle-même comme toujours. Le mastodonte, lui, ne l’entendit pas de cette oreille et allait étriper le nouveau venu lorsque l’araignée l’arrêta. Après avoir clarifié la situation avec calme, la Zoan laissa Sana faire preuve, une nouvelle fois, d’une grande familiarité.

Elle vit le visage de Shiro se figer un bref instant, se transformant en une grimace haineuse, avant de reprendre une expression plus placide. Pour le coup, elle devait bien admettre que cet homme commençait à lui échauffer les oreilles à elle aussi. Quand, tout à coup, il se permit de remettre en doute les « moyens » de la protectrice de l’ile d’un ton presque vicieux, le colosse serra les poings en silence. Se laisser marcher sur les pieds était inconcevable pour lui. Et il en allait de même pour sa patronne. Aussi, alors que l’homme au hérisson replaçait son sac sur son épaule, Elina reprit la parole d’une voix ferme et d’un regard sans émotion :


- Tenez votre langue, Sana. Si je vous ai confié un travail, je peux tout aussi bien me passer de « vos services ». Vous m’êtes tout à fait dispensable et ne servez qu’à épauler mes hommes. Si je vous reprends à médire d’un de mes associés, ou à me prêter quelques viles intentions alors que je m’échine à protéger cette ile jour et nuit, vous serez banni séant de Yakoutie. Je ne vous croyais pas homme à témoigner si peu de reconnaissance.


Après avoir planté ses prunelles d’un noir profond, sans animosité aucune, dans celles de son vis-à-vis, elle reprit enfin :


- J’ose au moins espérer que vos résultats seront à la hauteur de vos bravades, chasseur de primes.


Elle lui laissa l’occasion de répondre, s’il le souhaitait, pas ne prêterait guère attention à ses propos. À moins qu’il ne se permette une autre liberté et, dans ce cas, elle ne pourrait garantir de la patience de Shiro. Ni même de la sienne. Une fois le fauteur de trouble enfin parti, et ses bruits de pas dans les escaliers évanouis, le colosse se laissa aller à grogner sa rage tout bas, jurant de le réduire en charpie s’il continuait à se tenir ainsi. L’araignée le laissa faire, partageant son avis sur la question. Elle regrettait presque de l’avoir épargné, lors de sa première visite. Enfin, peut être n’était-ce pas un si mauvais bougre que ça ? Sans doute n’appréciait-il pas d’avoir contracté une dette envers elle ? Les chasseurs de primes avaient mauvaise réputation, du fait de leur manque de discipline et de leur incapacité à accepter une certaine hiérarchie. Sana en était l’exemple parfait. Une fois certaine qu’elle ne serait pas entendue, Elina reprit la parole à voix basse :


- Contrairement à Leodan, il est inutile de t’acharner à le protéger, Shiro. Epaule-le de ton mieux, surtout si des civils sont témoins de la scène. Mais s’il commence à fouiner un peu trop, appelle-moi. Nous réglerons cette histoire sans bavure.
- Evidemment ! grogna l’intéressé en prenant le chemin de la sortie.
- Shiro, reprit soudain l’araignée, tu disposes réellement de mon entière confiance. Ramène-moi ces rats sans faute.
- Je sais, lâcha discrètement le colosse avant de partir.




Shiro se déplaça à pas lourds jusque dans le hall de l’auberge. Il avait promis tacitement à Elina de bien se tenir. Ça l’emmerdait au plus haut point, mais il s’y tiendrait. Après, elle ne lui avait pas strictement interdit de boire... Juste de se modérer assez pour pouvoir attraper les mouchards. Il aperçut soudain le foutu chasseur de primes qui leva la tête dans sa direction. Tandis que le colosse approchait, Sana décida d’enterrer la hache de guerre en s’excusant à moitié et, surtout, en lui proposant de lui payer le premier verre. Dans ces conditions, il ne pouvait pas refuser !


- Ouais, j’suis aussi sur les nerfs à cause de ces foutus mouchards, déclara-t-il de sa voix grave. Bah ! Ça ira mieux après deux trois verres et quand on aura mis la main sur ces fumiers ! Aller, amène toi, on a une « patrouille spéciale » à faire.


Sans plus attendre, Shiro s’élança de son pas pesant en direction de l’extérieur, simplement habillé de son T-shirt et de son pantalon noir. Sa peau était semblable au cuir, tant et si bien qu’il pouvait résister au climat glacial de cette île mieux que quiconque. Et puis, il devait bien l’avouer, l’alcool aidait aussi un peu !




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MessageSujet: Re: Bars and Badasses   Lun 22 Fév - 17:33







Impressionnant le collègue. Déjà, je croise rarement des gens plus grand que moi, mais qui en plus résiste au froid? Je fais bien semblant d'y être insensible, mais lui, soit il est exceptionnellement doué dans ce domaine, soit il ne le sent vraiment pas. Je ne parle même pas des muscles qui débordent de partout, on croirait presque voir une statue réalisée par un amateur d’haltérophilie. Mais alors que je marche à ses côtés en réfléchissant à sa carrure, Shiro se met à me reprocher mes paroles:

« Tu devrais réfléchir avant de parler. Elina a laissé passer ta provocation tout à l'heure, mais je doute que cela se reproduise. Si ça ne tenait qu'à moi, tu serais passé par la fenêtre à ce moment là.»

« Mouais sans doute. Mais je suis rarement employé par quelqu'un, et quand c'est le cas, j'aime que tout soit clair. Je n'ai pas dit ça comme une menace, et je me moque si ses activités sont réellement illégales ou non. Pareil pour toi, je ne te dégradais pas, mais regardes toi et ose me dire que tu es bâti pour l'infiltration. Non, franchement, c'est de la surréaction sur un mauvais choix de mot. J'ai été trop franc, elle a cru à une menace ou autre, et elle a réagi en conséquence, alors qu'il ne s'agissait pas de ça. Et puis, sa dernière remarque..... Bah, je suis chasseur de primes depuis deux ans maintenant, et tu te doutes bien qu'un chasseur sans résultat ne le reste pas longtemps.
Je m'excuserais auprès d'elle à la fin de notre tournée, je suis à cran en ce moment et je n'aime pas vraiment avoir des dettes, sans doute la raison pour laquelle mes paroles lui ont paru vicieuses. Alors sinon, ce bar?
»

« Il est pas loin. C'est un bar comme un autre, avec une clientèle banale, mais si ces rats sont là, alors ils vont le regretter. Et sinon, ils ont un super vin chaud. »

Oh. Il à l'air concerné par cette histoire d'espions donc, et pas juste parce qu'Elina lui a demandé de s'en occuper, ça le préoccupe vraiment. Il a aussi l'air de beaucoup apprécier les bons alcools, je pourrais sans doute utiliser ça pour le calmer. En arrivant en face du bar, je peux voir qu'il à l'air.... Eh bien, banal. Pas de devanture colorée, pas d'insigne racoleuse, rien. Juste une façade grise et une insigne avec une bouteille de vin. Donc ils ont une bonne confiance en leur réputation. Alors qu'on entre, je constate que le bar est mi-plein, et qu'au vu de l'odeur de vin qui règne, Shiro ne m'a pas menti sur la spécialité des propriétaires.

J'approche allègrement du comptoir, tonnant de la voix et commande deux vins chauds «pour mon pote et moi». Autant jouer les idiots un peu pigeons sur les bords pour attirer les tire-bourses et les infiltrés, ça marche généralement plutôt bien. Je trinque donc avec Shiro en discutant de tout et rien, discutant un peu de mon boulot à voix suffisamment haute pour être entendu et suffisamment basse pour faire croire que j'essaie de rester un peu discret. Les hors-la-loi adorent se venger des chasseurs de primes, mais seuls les idiots tombent dans le panneau.

Après deux ou trois verres, je propose à Shiro de changer de bar vu que celui-ci est «trop propre pour moi», ajoutant un vague signe de tête pour lui faire comprendre qu'on ne trouvera sans doute personne ici pour le moment. Celui-ci acquiesce et nous sortons dans la rue, direction un nouveau bar.

La nuit ne fait que commencer, la tournée aussi, et les emmerdes n'ont pas encore pointées le bout de leurs nez.

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Kokuro Elina
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MessageSujet: Re: Bars and Badasses   Mer 24 Fév - 23:04

Bars and Badasses


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Une fois les deux hommes partis, l’araignée soupira. Elle attendit de les voir s’éloigner de l’auberge, en les regardant par la fenêtre, puis sortit à son tour. Elle salua les habitants présents dans la salle commune de l’auberge qui, comme à leur habitude, la saluèrent chaleureusement. Elina leur répondit d’un sourire et d’un geste de la main, avant d’ajuster son manteau de fourrure noir et de sortir dans le froid mordant. Elle partit dans une autre direction que Shiro et Sana. Tout en réfléchissant aux événements récents, elle se rendit à pas songeurs jusqu’au marché noir de l’ile. Elle salua une employée d’un signe de tête, avant de traverser la salle vide en direction de l’entrée dérobée vers son fief.

Après quelques instants à parcourir la ville basse, Elina finit par retrouver Tetsujin et Seika dans le bar du vieux renard. Elle traversa la salle commune du bar sous-terrain, remarquant au passage que d’autres cibles avaient rejointes le tableau d’affichage. L’araignée s’en désintéressa et grimpa les marches à pas vifs. Comme elle s’y attendait ses deux associés l’attendaient à l’étage, réservé pour l’occasion. Elle les salua rapidement, pour débuter sans plus tarder cette petite réunion :


- De bonnes nouvelles ?
- Plusieurs en effet, ainsi qu’une autre, moins reluisante, lui répondit en souriant Tetsujin. Nous avons finit par repérer un expert en Den Den Mushi.
- Son nom est Maimai Kichigai, reprit Seika. C’est un hors la loi notoire qui était à deux doigts d’écoper d’une prime selon les journaux...
- Mais c’est là que la nouvelle prend une mauvaise tournure, termina Tetsujin. Il s’était mis en tête de truquer les communications de la marine, afin de détourner des patrouilles de leur itinéraire et se ménager un créneau pour s’échapper avec le fruit d’un braquage ambitieux.


Elina comprit là où le vieil homme voulait en venir et fronça les sourcils en l’entendant poursuivre :


- Si son plan a fonctionné, lui et ses camarades qui ont du faire face à un imprévu. Un chasseur de primes leur était tombé dessus et ils ont tous été battus. Il a donc été capturé par la marine et est détenu dans une petite prison de North Blue. Il sera transféré à Impel Down sous peu, mais nous ignorons la date du transfert pour le moment.
- Je vois... J’ai besoin qu’un homme me fasse un rapport sur cette fameuse prison. La localisation de l’île, les fortifications, les effectifs, les patrouilles, le plus haut gradé présent mais aussi les noms et des détenus... Je veux tout savoir de ce lieu.
- Elina... commença Seika.


L’araignée savait déjà qu’elle serait opposée une attaque, voire même contre une infiltration d’une base de la marine. Si on ajoutait cette exaction à celles qu’elle avait déjà réalisées de par le passé, Elina finirait sans doute par écoper d’une prime sous sa forme hybride... Mais avait-elle seulement le choix ? Entre risquer de voir son fruit du démon recherché et la possibilité bien plus palpable d’une attaque sur ses propres terres... la Zoan avait choisi le moindre mal. De son côté Tetsujin souriait. Loin de tenter de la convaincre de renoncer, à l’image de la petite fleur, le vieux renard s’amusait de la situation. Après tout n’était-ce pas ce qu’elle lui avait promis ? Elle devait satisfaire sa curiosité et le garder intéressé pour sa cause. Elle était certaine que le vieil homme n’avait pas souvent eu l’occasion d’organiser une grande évasion au nez et à la barbe de la marine !


- Ma décision est prise, Seika. De plus je ne peux emmener aucune personne de notre organisation. Une attaque frontale contre la marine risquerait de nous attirer des ennuis.
- Je ne te laisserai pas y aller seule ! s’écria-t-elle instantanément.
- Qui a parlé de s’y rendre sans renfort ? répliqua l’araignée.
- Ce qui nous amène naturellement à un autre sujet réjouissant, Elina, les interrompit l’ancêtre. J’aurais sans doute une solution à vous apporter !


Les deux femmes se tournèrent vers le madré, tout aussi intéressées l’une que l’autre.




Le premier bar n’avait pas été le bon. En chemin, Shiro avait tenté de faire preuve de diplomatie selon la volonté de sa patronne. Aussi, il avait préféré mettre en garde le chasseur de primes quant à ses sauts d’humeurs et ses provocations. Les deux hommes s’étaient expliqués, comme seuls deux vrais mecs pouvaient le faire : sans s’étriper ni hausser le ton. Suite à quoi, les humeurs des deux coéquipiers de circonstances refroidies, ils avaient commencé leur mission dans un bar à moitié délabré. L’établissement abritait de temps à autre diverses crapules et loubards de passage, Shiro le savait pour avoir déjà pris un ou deux verres dans le coin. Néanmoins ils avaient fait choux blanc.

Le chasseur de primes avait proposé de changer d’endroit et le colosse avait accepté en hochant la tête, avant de finir sa pinte d’une traite. Ils avaient donc cheminé dans les rues pavées de neige de Yakoutie, tandis que le froid se faisait déjà un peu moins ressentir qu’à son entrée. Au détour de plusieurs ruelles, Shiro avait guidé Sana vers un établissement encore moins recommandable. Il poussa la porte en affirmant au nouveau venu :


- Je suis déjà venu une ou deux fois ici, celui-ci pourrait être bien plus sympa !


À peine avaient-ils franchi le seuil du bar qu’une bouteille vide vola contre le mur et explosa juste à côté de la tête du mastodonte. Une bonne odeur de bière, de whisky et de tabac engorgeait l’atmosphère. L’ambiance était bien plus animée ici, et Shiro dut se frayer un passage entre une prise de bec qui semblait mal tourner et un couple qui dansait sur une musique endiablée. Il espérait que le chasseur de primes ait réussi à le suivre dans le sillage laissé par son corps imposant. Arrivé au comptoir, il commanda deux verres pour lui, ainsi qu’un autre pour « son pote » comme il le précisa au barman. L’homme, un quadragénaire au teint mat, aux cheveux noirs et aux yeux cernés, sembla reconnaitre l’homme de main de la protectrice de l’île. Le patron l’accueillit donc avec un sourire, sachant pertinemment qu’il en aurait pour son argent avec ce nouveau client. Tandis que ce dernier préparait les commandes, Shiro s’installa sur un tabouret et lui glissa :


- Les affaires roulent, patron ? Y’a des nouveaux clients sympas, ou toujours les mêmes piliers de bars ?


Shiro était connu pour son manque de discrétion et son franc parler. Aussi, si le tenancier aurait pu être suspicieux devant une telle question posée par Sana, Shiro n’éveilla pas de réaction similaire. L’homme se racla la gorge, lui servit de quoi boire, puis attrapa un chiffon à moitié sale et une pinte à essuyer. Il parla de manière à ce que Shiro et son pote, si ce dernier l’avait accompagné jusque là, soient les seuls à pouvoir entendre :


- Pas de nouveaux p’tits gars sympas, non. Par contre y’a bien deux mecs qui écoutent et regardent beaucoup, mais qui parlent et boivent peu, ouais. Ça fait quelques jours qu’ils viennent, mais ils n’essayent même pas de s’intégrer. T’y crois ça ?
- Des cons ! abonda Shiro. Un bar c’pas fait pour boire seul dans son coin !


Le colosse continua à plaisanter avec le barman, tout en tentant de repérer les deux cibles potentielles. Avaient-ils ferré un poisson aussi tôt ?




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MessageSujet: Re: Bars and Badasses   Sam 27 Fév - 12:37








Ce bouge a une tête bien plus vive. Beaucoup plus d'animation, de pochtrons, d'engueulades, bref, de vie. Shiro parvient tout de même à se frayer un chemin assez facilement, et le mien est encore plus facile puisque je n'ai qu'à suivre la route qu'il a laissé, même si celle ci se referme rapidement. Je percute d'ailleurs un homme, duquel je m'attendais à des grondements, peut-être des menaces, voire même une tentative d'en venir aux mains selon son état d'ébriété, mais qui s'arrête de bouger en constatant que je fais bien une tête de plus que lui. Il retourne rapidement à sa chope en grommelant quelque chose que je discerne à peine, sans doute sur les jeunes sans manières.

Je rattrape Shiro au moment même où il demande au tenancier si il a vu de nouvelles têtes récemment, ce qui confirme ma pensée que mon collègue est très.... eh bien, très franc. Il ne s'est pas embarrassé de fioritures ni de préambules, il a simplement posé la question à laquelle il voulait avoir une réponse, et il l'a eu. Deux nouveaux hommes qui boivent peu et ne se mêlent pas à la foule. Ça pourrait être ce qu'on recherche, tout comme on pourrait être complètement à côté de la plaque. Shiro a l'air d'avoir un avis bien tranché sur ces deux gars par contre.

« Des cons! Un bar, s'pas fait pour boire seul dans son coin!»

Je ne suis pas vraiment d'accord, après tout on ne vient pas toujours dans un bar pour boire avec des amis, on peut vouloir se cacher de quelque chose, mais mon avis importe peu. Le point le plus important, c'est que nous avons deux hommes à vérifier, peu importe si ils correspondent à ceux qu'on recherche ou non, on ne peut pas laisser passer une occasion comme ça. En les cherchant des yeux, je finis par en repérer un, un petit jeune qui doit tout juste avoir l'âge d'entrer dans un établissement comme celui-ci, le nez plongé dans sa chope de bière mais qui a l'air de ne pas y avoir touché.

« Shiro, on en a un là-bas, le petit jeune. Je vais voir, et je reviens.»

Il hoche simplement la tête avant de rassurer le patron sur ce que je vais faire à son client. La réponse est simple, rien. Simplement engager le contact en me faisant passer pour un mec avec un coup dans le nez, essayer de discuter un peu avec lui, et si il s'avère que je tient notre homme et bien.... Disons qu'il n'aura pas eu de chance. Prenant ma chope et une démarche vaguement titubante, je m'approche lentement de la table du jeune homme avant de décider soudainement de le prendre par les épaules.

« Hey toi, viens avec nous, reste pas dans ton coin! Tu verras on est bien avec les autres, c'est un bar bordel, viens t'amuser! Et puis c'est quoi cette chope pleine, allez vide moi ça!»

Alors que j'attrape sa chope et commence à tenter de le faire boire, je ne sens qu'une vague résistance de sa part, et aucune intention violente. Il se défends vaguement, mais finit par boire sa chope avant de tirer la langue en se plaignant du goût. C'est à ce moment que Shiro arrive, l'attrape de l'autre côté et lui tends un verre d'un alcool que je ne reconnais pas en lui disant de boire ça pour se débarrasser du goût de bière. Le gamin lui jette un regard soupçonneux mais sous nos deux regards encourageants, finit par vider le verre d'une traite avant de devenir tout rouge et de haleter. Je comprends alors que Shiro lui a ramené un verre de «trou», le genre d'alcool qui sers aussi bien à oublier un goût qu'a nettoyer les toilettes selon sa force.

Alors que Shiro se met à rire aux éclats en félicitant le jeunot, j'interpelle deux trois hommes éméchés en leur annonçant qu'il a vidé le godet cul sec, et ceux ci répandent la nouvelle à d'autre piliers de bars qui se mettent bien vite à entourer notre pauvre gamin en lui tapant dans le dos et en l'emmenant au milieu du groupe. Il n'a pas l'air de très bien comprendre ce qui lui arrive, mais il à l'air de s'amuser en tout cas.

« Bon, c’était juste un gamin timide, mais au moins il ne boira plus dans son coin.»

Shiro acquiesce, avant de m'indiquer un autre homme plongé dans sa chope. Celle ci est beaucoup plus sombre, et même si il boit peu, je doute que celui là soit un autre timide. Il a plutôt l'air d'un dépressif profond, et sa réaction à notre approche ne laisse pas vraiment planer de doute là-dessus. Un simple «dégagez.... j'veux voir personne» avec le timbre de voix de l'homme sur le point de pleurer. Faisant signe à Shiro que ce n'est pas la bonne cible non plus, nous revenons au comptoir et finissons nos verres. Une deuxième tournée arrive, et je finis par lui proposer de continuer la tournée des bars. Il accepte simplement, et nous sortons dans l'air frais de la nuit, passant à côté d'un poivrot ayant trop bu et nous dirigeant vers les bas quartiers, où l'on trouvera sûrement un tripot de basse qualité plus apte à nous avancer.

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Kokuro Elina
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MessageSujet: Re: Bars and Badasses   Mar 1 Mar - 0:03

Bars and Badasses


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Elina tendit l’oreille, intriguée face à la nouvelle. Se pourrait-il que le vieux renard lui ait trouvé un acolyte pour cette mission de sauvetage ? À vrai dire, cela n’était guère étonnant si l’on considérait le tempérament et les capacités d’analyse de Tetsujin. Il avait clairement compris le danger de la situation, contrairement à un grand dadais un peu trop porté sur la boisson : ces « trois crocs » ne plaisantaient pas. Ils étaient organisés, nombreux et assez doués pour s’infiltrer sur l’île sans que ni lui ni l’araignée ne s’en aperçoivent. Leur menace de reconquête de Yakoutie était à prendre au sérieux ! Trouver un moyen de les localiser, ou à défaut récolter des informations en interrogeant un prisonnier devenait crucial. Si la deuxième partie de ce plan était assurée grâce à Shiro et Sana, la première nécessitait la contribution d’un élément extérieur, en l’occurrence Maimai Kichigai. Or il était détenu dans un complexe aux mains du gouvernement mondial, et Elina se refuserait à s’y risquer en compagnie d’un membre de son organisation. Il était bien trop tôt pour que l’un d’eux écope d’une prime et ne risque d’attirer des marines ou des chasseurs de primes un peu trop curieux ou puissants.

Et Tetsujin le savait.

Dès lors, il n’était pas difficile de comprendre le raisonnement du doyen de l’organisation : si sa patronne ne pouvait s’y rendre accompagnée d’un allié, elle ne pourrait attaquer seule non plus. Elle aurait donc besoin d’aide. Le laissant sourire de toutes ses dents, Elina attendit que son maitre informateur ne reprenne la parole :


- J’ai sans doute trouvé un pirate qui partagerait vos intérêts. Il avait disparu de la surface des Blues depuis quelques temps, mais a refait parler de lui récemment. Le gaillard a bonne réputation, ironique pour un pirate, et semble préserver la vie des civils.
- En quoi attaquer le gouvernement mondial pourrait-il l’intéresser, dans ce cas ? releva Seika.
- Qui sait ! louvoya Tetsujin. Toujours est-il qu’il a répondu positivement à une proposition que j’ai pris la liberté de lui envoyer.
- Une bonne initiative, abonda Elina. Quand serait-il prêt pour passer à l’action ?
- Les détails sont à régler avec le principal intéressé, j’en ai peur, mais je me suis assuré de sa participation. Ses motivations semblent solides tout du moins, je pense que vous devriez pouvoir tirer votre épingle du jeu.
- Très bien, conclue Elina.


Alors que l’araignée allait demander des nouvelles de ses recrues assignées à différentes missions sur les Blues, Tetsujin aborda un sujet encore plus attrayant pour elle :


- Par ailleurs, je pense que vous serez heureuse d’apprendre que durant nos recherches avec Seika, nous sommes tombés sur de potentielles recrues intéressantes.


Elina s’installa confortablement dans sa chaise, la mine ravie. Elle avait réellement fait un investissement des plus intéressants en ralliant Tetsujin à sa cause !




À peine le colosse avait-il repéré les cibles à son coéquipier que ce dernier se lançait à l’action. Y’avait pas à dire, ces mecs étaient de vrais chiens de chasses. Un chasseur de primes dans un bar était dans son élément, prêt à repérer n’importe qui sortant du lot plus vite que quiconque, puis à le traquer et à lui faire regretter ses péchés. Sauf que pour le coup, Shiro se sentait tranquille : il était en terrain conquis, ici, et ne craignait pas une attaque de Sana pour le moment. Il le laissa accoster le premier des deux hommes tandis qu’il commandait de quoi délier les langues. Bien vite, ils se rendirent compte de leur erreur et passèrent à la touche suivante. Si le premier était un grand timide qui ne demandait qu’à se faire des amis, le suivant n’était qu’un pauvre gars en train de noyer sa misère dans le fond d’une choppe.

Shiro jura à voix basse, puis suivit Sana lorsqu’il se dirigea vers le comptoir pour prendre une deuxième tournée. Après s’être ravitaillés, les deux hommes sortirent du bar à la recherche d’une autre piste. Le chasseur de primes lui proposa de trouver un bar dans les bas quartiers de Yakoutie. Le mastodonte connaissait le coin pour y avoir bourlingué pas mal de fois : une zone violente, sombre et sans foi ni loi. Parfaite pour qui voulait récolter des informations contre des espèces sonnantes et trébuchantes... ou la promesse arrachée de ne pas se faire ravaler le portrait.

Les deux hommes progressèrent dans la ville, leurs pas crissant sur la neige. Shiro ne tressaillait même pas dans le froid ambiant. Les quelques verres qu’il avait bu l’avaient assez réchauffé pour tenir sans problème durant le voyage. Tout en dirigeant l’hébergeur de hérisson vers un tripot assez en vogue en ce moment, Shiro reprit la parole, sa langue déliée par la saveur retrouvée de l’alcool après une trop longue diète :


- Et sinon Sana, qu’est ce qui te motive dans la vie ? J’veux dire, la boisson et l’argent ont pas tant l'air de te plaire que ça ! J'me trompe ?


Alors qu'il gardait une oreille attentive, si jamais son coéquipier décidait de lui répondre, Shiro réfléchissait sur la suite des événements. Connaitre le chasseur de primes ne l'intéressait pas plus que ça, mais il préférait savoir avec quel genre d'homme il travaillait, car ce qui les attendait devenait de plus en plus limite. Le tripot dans lequel il emmenait Sana était un club pour les locaux un peu trop louches pour être des civils, mais pas assez véreux pour devenir des hors la loi. Ils trainaient là bas en bandes pour boire, jouer aux cartes, fumer et échanger les dernières nouvelles. Il avait fini par se faire accepter dans le coin, à force de s’imposer comme une force inamovible et qu’il valait mieux ne pas déranger quand il avait décidé de boire. Cependant ces gars ne l’appréciaient pas pour autant. Certains avaient même une dent contre lui et il n’était pas rare qu’on lui cherche des crosses. Pourtant, s’il avait choisi de tenter le coup, c’était car le tripot restait un des trois endroits les plus probables pour dénicher un mouchard dans ce coin de l’île. Et que les deux autres étaient bien pires que celui-ci !

« Faut espérer qu’on trouve notre bonheur là. », rumina le colosse. « Sinon, faudra que je le briefe concernant les deux autres coins... et ça risquerait vraiment de déraper ! »

Sur ces sombres pensées qui ne lui ressemblaient pas, Shiro tenta de garder un visage décontracté. Elina lui avait confié une mission importante, il le savait malgré son air désinvolte. Alors rentrer bredouille une seconde fois n’était pas une option !




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Sana Asante
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MessageSujet: Re: Bars and Badasses   Mar 1 Mar - 22:31







Bon, on a toujours pas de touches et ça commence à bien faire. Il ne doit pas rester des masses de tripots disponibles, on se dirige déjà vers le troisième de la soirée. Et j'ai beau tenir l'alcool correctement, je ne bois pas souvent, alors trois bars en une soirée, ça commence à faire beaucoup, la tête pourrait presque me tourner si je buvais plus de deux verres par bar.

« Et sinon Sana, qu’est ce qui te motive dans la vie ? J’veux dire, la boisson et l’argent ont pas tant l'air de te plaire que ça ! J'me trompe ? »

« Mon amusement et mes intérêts. Quand j’étais gosse, je n'ai jamais pu faire ce que je voulais vraiment, alors je rattrape maintenant. Je fais ce que j'ai envie de faire, et si je sens quelque chose d'intéressant, je vais voir de quoi il retourne jusqu'à plus soif. Hahaha, pas la peine de te renfrogner comme si je venais de te dire que j'adorais tuer, je ne fais pas ça sous contrat, et ce que j'apprends pendant ceux ci restent secret. Un contrat, c'est sacré. Même si j'apprenais qu'Elina exploitait les citoyens, je n'en parlerais pas et je ne chercherais même pas à en savoir plus. D'autant plus que je lui en doit une.»

Je le sens vaguement se détendre mais il reste assez ennuyé, comme si m'amener au prochain bar l'embêtait. Ça sent soit le bar de gang, soit le bordel, un truc à la limite du légal en tout cas. Et alors qu'on s'approche, je constate que je n'étais pas loin. Bon, pour être exact, plutôt qu'un bar de gang, il serait plus exact de parler d'un bar avec des gosses jouant aux voyous, des hommes qui se prennent pour des durs et font joujou aux limites de la loi histoire de frimer et de se faire passer pour des caïds. Les chances qu'une vraie tête primées soit là-dedans sont faibles, les chances qu'on trouve des informations solides ne sont pas plus hautes, les chances qu'on trouve un espion commence à être correcte, mais surtout, les chances qu'on trouve la bagarre parce que l'un ou l'autre de ces idiots veut se la jouer sont très élevées.

Le tripot, un endroit comme ça ne mérite pas l’appellation de bar, en lui même est assez banal vu de l’extérieur, mais l'intérieur est superbement tenu. Parquet en bois, comptoir lustré, murs propres, tables quasiment neuves, soit le barman sait se faire respecter, soit il y a un propriétaire que les clients savent ne pas devoir embêter. Dans tout les cas, je révise mon avis, l'endroit en lui même est excellent, Les clients en revanche sont à la limite du burlesque. D'environ vingt à trente ans pour la plupart, ils portent tous des pantalons élimés et des vestes en cuir, comme si ces vêtements les faisaient devenir plus hors-là-loi. Ils sont une douzaine, certains jouant aux cartes d'autre buvant, mais alors qu'on entre, tout les regards convergent vers nous.

Au moins cette fois, le comptoir est accessible, et au vu de la carrure du barman, c'est sans doute lui qui les empêche de se battre dans le bar. Je m'approche donc de lui en le complimentant sur l'aspect impeccable du lieu et décide de commander quelque chose d'un peu plus fort. Mon alcool préféré dernièrement, une cervelle de singe. Celle ci arrive rapidement, suivie d'un verre identique pour Shiro, apparemment intéressé par le nom du breuvage et décidé à goûter celui-ci. Au vu du claquement de langue, j'en déduis qu'il apprécie.

Alors que j'observe les divers clients, l'un d'entre eux apparemment agacé par mon attitude commence à venir au comptoir me chercher des noises. Malgré mes tentatives de l'ignorer, celui-ci finit par se coller sous mon nez avec une expression faciale digne d'un singe et des menaces suffisamment médiocres pour que je lui suggère de retourner se trouver un boulot. Ma remarque ne lui plaisant de toute évidence pas, celui ci sors un couteau papillon et commence à me dire qu'il va me faire la peau, jusqu'au moment où le barman frappe le comptoir de sa main en lui hurlant que si il se bat ici, il peut se trouver un nouveau bar où picoler. Il ajoute ensuite que si il veut se battre c'est dehors, la où le sang ne tâchera pas. Un homme pragmatique donc.

Je finis mon verre d'un trait, dis à Shiro de m'attendre et sors, suivi du jeune voyou, de la foule avide de voir un spectacle, et de Shiro lui même malgré ma demande, sans doute pour jauger ma façon de me battre.

Au vu des jeux de couteau de mon adversaire, il s'est un peu entraîné à faire des tourbillons avec la lame, mais dès qu'il m'agresse, je comprends que pour le combat, il n'est pas au point. Trois secondes et un crochet au tympan plus tard, mon adversaire est à terre et je n'ai pas vraiment le temps de rentrer prendre un deuxième verre qu'un autre homme décide de m'attaquer à son tour. Celui-ci est plus habitué au combat, mais ne s'est sans doute jamais battu contre un adversaire dont c'est le métier, ce qui fait qu'il se retrouve vite à terre également. Et un déferlement se produit soudain, comme si ces pâles copies de brigands décidaient d'un coup de me mettre à terre pour les protéger d'une punition qu'ils ne méritent pas. Ou alors pour se faire un nom, mais je ne pense pas être assez connu pour les faire gagner en renommée.

Le dix contre un, c'est compliqué, même avec de mauvais adversaires. Le dix contre deux parce que Shiro a décidé de m'aider à régler le problème, c'est plus simple. Entre ses baffes monumentales et mes coups rapides à la tempe et à la mâchoire, on règle bien vite le problème, et même si le barman nous fait les gros yeux quand nous rentrons, il ne pipe pas un mot. Sans doute parce que nous avons obéi à ses règles de ne pas se battre à l'intérieur? Malheureusement, pas moyen de lui faire dire un mot sur de potentiels clients bizarres. Et les gars à l’extérieur ne savaient rien, à l'exception d'un qui a parlé des «vrais caïds de l'île». J'arrête pourtant Shiro, le gars parle vraisemblablement pour ne rien dire, une revanche pathétique parce qu'il n'est pas fichu de se défendre seul.

« Bon, j'imagine que si tu m'as emmené ici, c'est qu'il ne nous reste plus grand chose. A tout casser, j'ai envie de dire un bar à putes et un casino illégal, un truc du genre non? Ce sont les deux seules constantes qui restent qui sont appréciées par les criminels. Si j'ai bon, tu préfères commencer par lequel?

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MessageSujet: Re: Bars and Badasses   Mer 2 Mar - 22:52

Bars and Badasses


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L’araignée écoutait attentivement les dires du vieux renard. Il avait effectivement repéré des recrues de choix. Cependant, les motivations de l’une d’entre elles étaient encore incertaines, aussi elle préféra comprendre là où Tetsujin voulait en venir :


- Je me pencherai sur ces propositions, mais la plupart me semblent recevables. Néanmoins, concernant ce mercenaire... pourquoi diable voudrais-je l’engager, alors que les rapports laissent penser qu’il m’a prise pour cible ?
- Sa réputation n’est plus à faire, Elina, argumenta l’ainé. Une efficacité remarquable, qui n’a d’égal que son goût pour l’argent, l’ordre et le travail bien fait.
- Un mercenaire efficient, soit. Mais sa cupidité pourrait également se retourner contre nous. Je ne compte pas parmi les plus grandes fortunes du monde, hélas. Et je n’apprécie pas de réchauffer un serpent en mon sein...
- L’argent n’est pas la seule source d’avidité dans ce monde, louvoya le vieil homme d’un air espiègle.


Après un court silence, l’araignée finit par sourire et répondre d’une voix à moitié amusée :


- J’y réfléchirai, s’il vient frapper à notre porte et se montre à la hauteur de sa réputation.


Suite à quoi, Elina finit par demander un résumé des rapports les plus récents de ses hommes, ainsi que les dernières mises à prix de par le monde. Les événements de Baltigo avaient retourné la planète. Elle n’en connaissait pas bien les détails, le gouvernement ayant très certainement tourné les faits à son avantage, comme d’habitude. Néanmoins, peut être pouvait elle récupérer une information importante, comme par exemple un hors la loi esseulé récemment primé, ou un révolutionnaire perdu à qui elle pourrait offrir une protection ou un asile.




En y repensant, Shiro avait été étonné par la réponse du chasseur de primes. Son amusement et ses intérêts avant tout ? Une telle ressemblance avec ses propres motivations, dans le fond, l’avait surpris. Le colosse était fidèle à sa patronne, mais s’il pouvait boire et se battre tout en effectuant ses missions, ça restait un plus indéniable ! Tandis qu’il ruminait ses sombres pensées concernant leurs futures destinations, Sana avait cru qu’il se souciait de le voir découvrir un quelconque pot-au-rose. Ce que le jeune traqueur ne comprenait pas, c’était que s’il arrivait à dénicher une quelconque information compromettante concernant Elina, il repartirait de cette ile les pieds devant. C’était d’ailleurs pour cette raison que Shiro avait été assigné comme le partenaire de Sana. En cas de problème, il était censé le maîtriser le temps qu’Elina ou Seika ne vienne l’achever.

Shiro se détendit en comprenant que l’homme au hérisson souhaitait juste mettre un peu d’argent dans sa poche tout en payant sa dette envers la protectrice de Yakoutie Island. Néanmoins, son humeur se rembrunit en arrivant au fameux tripot. Comme il s’y attendait, l’accueil avait été froid et ponctué de regards noirs. Bien vite il s’était rendu compte que seuls les habitués trainaient ici, aujourd’hui encore. Avant qu’il ne puisse faire part de cette nouvelle à Sana, ce dernier se fit accoster par un loubard du genre « pseudo caid ». En quelques instants, le chasseur de primes finit par vider son verre et accompagner son opposant à l’extérieur de l’établissement. Malgré la demande de son coéquipier du jour, Shiro préféra les suivre. Premièrement, il connaissait les loustics du coin et il savait comment cette simple petite provocation allait finir. Deuxièmement, le fait de devoir possiblement plonger dans le dernier endroit où il souhaitait mettre les pieds sur Yakoutie Island, en compagnie du chasseur de primes, l’avait foutu en rogne et il avait bien besoin d’évacuer un peu de hargne !

En deux ou trois passes d’armes, Sana envoya au tapis deux adversaires, avant que l’inévitable ne se produise : les petites frappes se jetèrent toutes dans la mêlée. Shiro ricana avant de se joindre aux festivités en rugissant de plaisir. Malgré tout, quelques baffes bien senties suffirent à mettre un terme à ce pseudo combat. Retenant un soupir de déception, le mastodonte grogna après la confirmation de ce qu’il avait pressenti : ils avaient fait chou blanc ici aussi ! Alors qu’il s’apprêtait à remettre du plomb dans le crane d’un homme qui avait lâché qu’il existait de « vrais caids » sur l’île, Sana l’arrêta. Il le surprit une nouvelle fois en devinant les deux endroits qu’il leur restait à visiter. Le bordel était définitivement un choix préférable au dernier bar. Ce dernier était tenu par une petite bande qui fleuretait avec la légalité, n’avait clairement aucun intérêt à de se joindre à l’organisation de l’araignée et, surtout, avait menacé de s’en prendre aux civils si Elina ou ses hommes leur cherchaient des crosses.


- Le bordel, lâcha Shiro sobrement. Je connais plein d’autres bars sur l’île, mais le seul qui resterait comme possible planque à un mouchard... J’aimerais autant ne pas y foutre les pieds. Pas qu’on risquerait notre peau, mais ça pourrait vraiment dégénérer et mettre en danger des civils.

« Et surtout énerver Elina, si en plus on ne trouvait pas d’espion des trois crocs... », frissonna le colosse.

Menant la marche, la montagne de muscles s’aventura jusque dans un coin retiré de la capitale de Yakoutie. Les passants se faisaient moins nombreux, tandis que les avenues et routes bien tracées se transformaient en venelles, voire en coupe gorge. Loin de se laisser démonter, pour avoir passé plus d’une nuit de beuverie dans cette zone, Shiro progressa de son pas lourd en direction de « L’aile blanche. », le fameux bordel tenu par une amie de sa patronne. Le coin était certes coquet, mais les filles de joies pas vraiment à son gout... et surtout une maison close lui rappelait son ancien maître, Matsuda, du temps où il avait été esclave. Il grinça des dents en repensant à cette époque, mais s’avança tout de même jusqu’au perron de l’établissement.

Il tira sur la petite clochette pendue à la porte, et patienta entre deux lanternes rouges qu’on veuille bien lui ouvrir. La maison entièrement construite en bois était peinte en blanc, en rubis et en noir. Les filles les plus gracieuses étaient littéralement exhibées aux fenêtres afin d’appâter les clients potentiels. Il fronça les sourcils, se rappelant que sa sœur avait été à leur place sur une ile reculée de North Blue, des années auparavant. La maitresse de maison vint finalement lui ouvrir et le salua d’un œil étonné : Shiro n’était pas connu pour trainer dans ce genre d’endroit, il préférait bien plus l’alcool à la douceur selon les rumeurs. L’œil de la quinquagénaire ventripotente glissa sur le chasseur de primes, avant de revenir vers la brute. Le colosse se racla la gorge, puis il prit la parole :


- Bonsoir, madame Fuu.
- Bonsoir, messieurs ! finit par se ressaisir la tenancière. Bienvenue dans notre établissement. Je vous en prie, entrez !


L’embonpoint de la femme s’effaça et Shiro baissa la tête pour rentrer dans la maison close. Des tapisseries rouges ornaient tous les murs, des boiseries, des meubles en bois exotique et aux courbes finement ciselées décoraient l’endroit. La maitresse des lieux referma la porte et demanda aux deux hommes quel type de « service » ils désiraient ce soir. Shiro prit les devants :


- Du saké, dans un salon. Pas de musique.
- Bien, vous préférez profiter des lieux ensemble ou bien...
- Ensemble pour le moment, déclara le colosse en se raclant la gorge.


La bourgeoise obèse frappa dans ses mains, agitant ainsi ses multiples bracelets en or. Une porte coulissante peinte avec goût se déroba, laissant entrer une jeune femme en kimono de satin.


- Kagane, accompagne ces messieurs dans le salon floral, veux-tu ? déclara-elle avant de se tourner vers ses clients. Désirez-vous une fille en particulier ?
- Non, pas de demande particulière, répondit Shiro, mal à l’aise, avant d’emboiter le pas à la prénommée Kagane.


Ils parcoururent de riches couloirs, avant d’arriver à un salon orné de plusieurs tables basses posées sur des tatamis recouverts de coussins multicolores. Les murs aux motifs floraux insonorisaient assez mal la pièce, ce qui réjouit le colosse pour leur mission à venir. Plus vite il sortirait de cet antre à froufrou et à luxure, mieux il se porterait. Il était à l’aise les poings serrés et le sang chauffé par la bataille, pas au milieu de tant de débauche et de mauvais souvenirs ! Il n’avait qu’une hâte : trouver ce maudit espion ici et l’extraire pour l’interroger... Les hommes aimaient se vanter auprès des filles de joies selon ce qu’il en savait, aussi il espérait bien que leur mouchard était du genre fanfaron ! Car il craignait de devoir se rendre dans le dernier lieu à inspecter, en cas d’échec...






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MessageSujet: Re: Bars and Badasses   Jeu 3 Mar - 13:57







Le bordel en premier. Je n'aime pas les bordels, généralement les filles qui y travaillent sont soient là par manque d'un autre choix, soit parce qu'elle ont étés vendues en tant qu'esclave. Et quand je passe devant un bordel, j'ai toujours une pensée pour Tessa. Qui sait si des pirates ne sont pas revenus plus tard pour la capturer? C'est un risque extrêmement faible, mais existant. Malheureusement, qu'elle ai été capturée ou non, je ne fais plus partie de sa vie, elle ne fait plus partie de la mienne, et je ne pourrais pas y faire grand chose.

L'établissement en lui même est pourtant engageant, peint en blanc, noir et rubis, mais l'étalage de chair aux fenêtres me dégoûte toujours, ce n'est pas vraiment une façon de traiter une femme, ou même un être humain tout court. On dirait une boucherie qui place une tête de bœuf à l'entrée pour signaler la fraîcheur de sa viande, c'est immonde. Après quelques instants, la porte s'ouvre et révèle la Madame du bordel, une femme quelque part entre ses cinquante et soixante ans avec un léger problème de ventre. Celle-ci nous fait pénétrer dans une entrée recouvertes de tentures rouges, de meubles d'apparence riche et de diverses boiseries, nous demandant le genre de «service» désiré.

Là, je suis pris de court, heureusement Shiro trouve rapidement quelque chose, une plutôt bonne idée d'ailleurs, un salon sans musique nous permettra d'entendre ce qui se dit aux alentours, et nous sommes conduits par une jeune femme jusqu'à un salon dans la plus pure tradition orientale et dont le nom de «salon floral» se justifie de lui même à la vue des murs élégamment décorés de motifs floraux. La demoiselle, appelée Kagane par la patronne, s'incline avant de sortir, vraisemblablement pour aller chercher le saké demandé par Shiro.

« Pas à l'aise non plus?Je n'aime pas ce genre d'endroit, c'est comment dire..... Un peu comme un marché de chair, inhumain. Mais ce n'est pas le sujet. Je profite que la demoiselle soit sortie pour te faire part de mon plan. Si quelqu'un fait mention de ce qu'on cherche, il faut que tu fasses semblant de t'énerver sur un truc que j'ai dit et que tu me pousses violemment dans la direction de la voix. Comme ça, je passe à travers le mur, et je peux casser la gueule au mec, il suffira de le ramener à Elina après. Et on pourra toujours dire qu'on était un peu bourrés et que c'est pour ça qu'on a fait les brutes. Compris?»

Il a l'air assez pensif mais hoche la tête, juste avant que Miss Kagane ne revienne avec des coupelles et des bouteilles. Alors que celle ci commence à nous servir, Shiro et moi sommes à l'affût de la moindre mention d'une bande de hors-la-loi plus énervées que les autres. Et lorsqu'elle se saisit d'une flûte traversière délicatement ouvragé, la chance, ou la malchance selon les points de vue, fait que j'entends un homme derrière moi rire aux éclats en annonçant à quelqu'un qu'il fait partie d'une bande qui va reprendre l'île et qu'ils ont besoin de gens compétents, et proposez à son interlocuteur de les rejoindre.

Au vu de la tête de Shiro, il a entendu tout aussi bien que moi et avant même que j'ai pu ouvrir la bouche, il se jette sur moi et me projette à travers le mur. La jeune femme hurle de panique, Shiro hurle dans un semblant de rage je hurle dans un semblant de douleur, même si les murs sont fins, il vient quand même de me mettre un bon coup d'épaule sans me prévenir et avec la force de ce salaud, j'en ai le souffle coupé.

Le point positif, c'est que je tombe juste à côté de notre vantard de service. Le point négatif, c'est que je tombe sur la table, que celle ci casse en deux et que je suis donc aspergé d'alcool à côté de trois femmes et deux hommes, tous ayant un air surpris. Ne sachant pas lequel est le traître, je décide de tabasser les deux, assommant proprement le premier avec un coup de genou dans le visage et assommant moins proprement le second avec deux ou trois coup de têtes. Les trois femmes se sont éparpillées dans la pièce, un joli salon avec des motifs d'oiseaux cette fois, et la patronne monte rapidement voir ce qui se passe, jusqu'au moment où elle m’aperçoit dans une pièce où je ne devrais pas être, Shiro dans la pièce adjacente, et un trou dans le mur séparant les deux. Ses yeux s’étrécissent alors qu'elle nous annonce calmement que si on ne la suit pas et qu'on ne dégage pas sans faire d'esclandre et en remboursant ce qu'on a cassé, le garde du corps se chargera de nous faire payer.

« Demandez à Elina, moi je fais mon boulot. Et mon boulot passe par lui ramener ces deux idiots qui ouvrent trop grand leur gueule dans un bordel avec des salons aux murs trop fins.»

Alors qu'elle cherche à savoir si ce que je raconte est vrai, Shiro prends la parole à son tour, confirmant mes dires et qu'il se chargera lui même de faire passer la note à Elina, même s'il a l'air contrit en disant ça. Elle ne sera sans doute pas contente en effet, mais au moins, on a notre espion. Et celui-ci va passer un très mauvais quart d'heure.

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Kokuro Elina
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MessageSujet: Re: Bars and Badasses   Sam 5 Mar - 19:50

Bars and Badasses


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Elina parcourait les primes sans qu’aucun hors la loi n’attire son attention. Elle n’en connaissait aucun, sinon de nom ou de réputation via les journaux, et la plupart ressemblaient à des brutes égoïstes et sans cervelle. Soudain, ses doigts se crispèrent sur un avis. L’araignée écarquilla les yeux et ouvrit la bouche en grand, chose totalement inhabituelle chez elle.


- Elina ? demanda Seika, soudain inquiète.
- Un problème ? surenchérit Tetsujin.


La Zoan posa la pile d’affiches sur la table et se massa les tempes en réfléchissant un instant, avant de lever les yeux vers ses deux associés. Elle s’éclaircit la gorge et leur révéla ce qui l’avait surprise :


- Je connais cet homme, j’ai déjà eu affaire à lui par le passé. Nous avons, depuis plusieurs mois, un accord commercial en cours. Si je m’attendais...


Le vieil homme et Seika se penchèrent par-dessus la table pour lire l’avis de recherche en même temps :


- Erwin Dog. Deux... Deux cent cinquante millions de Berrys ?!


Le vieux renard fut le premier à retrouver contenance et regarder Elina d’un œil espiègle, avant de reprendre la parole plus posément :


- Vous connaissez des personnes très intéressantes, ma foi. Si j’en crois les rumeurs, ce jeune homme serait à l’origine de la disparition d’un tiers des forces de la marine lors des événements de Baltigo.
- Un tiers... soupira Elina, en se demandant ce qui lui avait pris de jouer avec le feu lors de son passage à Micqueot. J’ai besoin d’un profil complet d’Erwin Dog et de tous ses proches. Si je me souviens bien, il a une sœur sur Micqueot, un ami qui protège cette île et peut être même d’autres. Je veux savoir dans quoi il baigne en ce moment et si nous pouvons l’aider à éviter certains ennuis, ou lui faciliter la tache pour certaines de ses opérations...
- Vous désirez savoir si nous pouvons éviter de nous en faire un ennemi, en somme ? résuma Tetsujin.
- Précisément.


Son maître espion descendit donner des ordres au premier étage, ce qui laissa le temps à l’araignée de parcourir les dernières têtes mise à prix. Elle reconnut un autre homme qu’elle avait croisé des années auparavant sur Yakoutie : Ren Tao. Leur échauffourée avec la marine n’avait pas été de tout repos, mais il s’était révélé un allié intéressant. Peut être pourrait-il se montrer de nouveau utile ? Son attention fut ensuite accaparée par les différents comptes-rendus de ses espions sur Yakoutie et de ses hommes en missions. Le monde était vaste et plein de périls, la découverte et la rétention d’informations étaient les clés du succès selon l’araignée. Un domaine dans lequel elle avait appris à exceller.

« Reviens vite avec de bonnes nouvelles, Shiro. Nous avons bien plus de travail que je ne l’imaginais. », rumina-t-elle en écoutant les rapports présentés par Seika.




- Pas à l'aise non plus? demanda soudain Sana en exposant son point de vue sur les bordels.


Tout d’abord pensif, Shiro acquiesça distraitement en se remémorant cette fameuse nuit où Elina les avait sauvés, sa sœur et lui. Puis reprenant contenance, il répondit au chasseur de primes :


- Je n’aime pas non plus ce genre d’endroit, abonda Shiro. Pour ce qui est de ton plan, j’ai pas mieux alors j’vais me faire un plaisir de t’aider.


Comme il ricanait, Kagane revint avec des coupelles et le saké. Elle commença à les servir de ses gestes gracieux, tandis que les deux hommes tendaient l’oreille à la recherche de la moindre discussion suspecte. Soudain, Shiro tiqua. Un homme riait aux éclats et se vantait de vouloir détrôner « la pute » de Yakoutie. Son sang ne fit qu’un tour. Avant que Sana ne puisse faire le moindre geste, il se rua sur lui en hurlant de rage. Le chasseur de primes vola à travers le mur fin tandis que la serveuse laissait échapper les verres et la bouteille qui vinrent se briser sur le sol. Un trou béant s’ouvrait à présent vers l’autre pièce. De son pas lourd, Shiro entra dans un salon meublé richement. Il ne prêta pas plus attention au décor.

Le mastodonte serrait seulement les poings que Sana réglait déjà son affaire aux deux hors la loi en les assommant. Le grand dadais cligna des yeux plusieurs fois et se sentit parfaitement inutile. Il allait engueuler vertement son collègue de ne pas l’avoir laissé s’amuser lorsque madame Fuu entra en trombe, appelée par les cris stridents de ses pensionnaires. Elle foudroya du regard les deux hommes, se calmant à peine lorsque Sana affirma avec aplomb qu’Elina paierait la note. Shiro grinça des dents mais se tut, sachant pertinemment que sa patronne n’apprécierait pas de devoir rembourser le bordel, mais que la pilule passerait sans doute puisqu’ils lui ramenaient non pas un mais deux hommes louches ! Il grogna donc à son tour :


- Elina vous remboursera, madame Fuu. Ces hommes étaient dangereux et devaient être arrêtés.


Comme ni l’un ni l’autre n’étaient en mesure de contredire les deux compères et que certaines filles semblaient hocher vigoureusement la tête, sans doute témoin des messes basses et des plans tordus des deux hommes, la tenancière ferma les yeux sur cette affaire.


- On rentre, annonça sobrement Shiro en embarquant sur son dos les deux mouchards. T’aurais pas de quoi les attacher, par hasard ? Bah ! De toute façon s’ils se réveillent on les assommera de nouveau !


Ricanant tout seul, le protégé d’Elina sortit en remerciant encore madame Fuu pour le Saké et lui promit que la protectrice de Yakoutie Island avait une bonne raison de s’attaquer à ces deux hommes. Cependant l’intéressé souhaitait surtout qu’on la rembourse, apparemment. Car tout ce qui se déroulait dans la maison close n’en sortait pas. Aussi, elle préféra les accompagner jusqu’à la sortie de service, à l’arrière du bâtiment, de peur d’attirer une mauvaise réputation sur son établissement. La chose n’était pas pour déplaire à Shiro qui se laissa porter par le mouvement. Une fois de retour dehors et la porte claquée derrière eux, il se tourna vers son comparse et lui demanda, tout sourire :


- Bon, on livre les colis et on va se prendre un verre pour fêter ça ? HAHA !


La chose pouvait en surprendre plus d’un, mais le colosse était certes doté d’un caractère sanguin et d’un penchant certain pour la violence... Pourtant, le mot « rancunier » avait du mal à lui coller à la peau. De fait, malgré un faux départ évident avec le chasseur de primes, il ne gardait pas d’animosité à son égard à présent qu’il avait aidé sa patronne. À ses yeux il avait, en quelque sorte, fait amende honorable. Aussi la demande était sincère, bien qu’il puisse aller boire tout seul si Sana refusait. Ce n’était pas comme si ce serait la première ou la dernière fois que ça lui arriverait !





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Sana Asante
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MessageSujet: Re: Bars and Badasses   Dim 6 Mar - 13:57







On n'aura pas vraiment besoin de les attacher, j'ai frappé suffisamment fort pour les assommer un moment. Et même si il se réveille eh bien, il suffit de les frapper à nouveau pour être tranquille derechef. La patronne n'a pas l'air de s'intéresser à nos explications, beaucoup plus à la date à laquelle elle sera remboursée, mais j'imagine qu'on ne devient pas Madame d'un bordel par hasard. La porte de derrière n'est pas très surprenante non plus, si des gens voyaient deux hommes sortir en en portant deux autres, ils imagineraient sans doute que le bordel n'est pas «sûr», et elle perdrait sa clientèle. Ça ne me fait pas grand chose, mais ce serait le début de la fin pour elle.

Shiro m'interpelle alors pour me proposer d'aller se jeter un dernier godet après avoir livré les deux idiots. J'ai déjà pas mal bu ce soir, du moins plus que d'habitude, mais d'un autre côté c'est finalement un gars sympa, assez simple à prévoir et qui ne se prends pas la tête. Et il y a des chances que l'interrogatoire des gugusses me donnent un deuxième boulot, alors autant en profiter, je travaillerais sans doute de nouveau avec lui.

« Ça ne me pose pas de problème mais on les déposent où? Je doute qu'Elina apprécie qu'on les lui ramènent à l'auberge, ça causera deux ou trois problèmes. On a un point de ralliement, ou quelque chose du genre?»

« Ouais t'en fais pas. On va aller les déposer à l'ancienne base marine de l'île, et Elina les récupérera là-bas. Allez, tu me suis?»

Prenant chacun un homme sur l'épaule, nous commençons à marcher vers la fameuse base marine. Le chemin n'est pas très long, et une conversation assez banale nous fait passer le temps, portée sur l'alcool surtout. Au final ses goûts sont assez simples, plus c'est fort mieux c'est, même si il ne rechigne pas à goûter de tout. Nous déposons les hommes à terre au point prévu, et il m'annonce alors que des collègues vont venir les chercher et qu'on peut partir boire un verre.

Il me ramène ainsi au deuxième bar, le sympa avec de l'animation, même si celle-ci a largement diminuée depuis tout à l'heure, l'heure de fermeture étant là. Et alors que le patron jette les derniers pochtrons dehors, il nous laisse entrer à condition qu'on ne reste pas trop longtemps, sans doute pour rentrer dans les bonnes grâces de Shiro. Il nous sert alors un verre de la part de la maison, nous sors deux bouteilles, et nous annonce qu'il part se coucher et que si on avait l'amabilité de ne pas toucher aux autres bouteilles, ce serait super. Une confiance blindée en Shiro donc.

Le silence s'installe entre nous alors qu'on débouche la première bouteille, une sorte de vin des sables, enfin, de vin des neiges fait sur North Blue, et relevé avec des épices de South Blue d'après l'étiquette. Le résultat est extrêmement capiteux, colle à la gorge, et donne l'impression d'avaler un bloc gélatineux de vin. Pas très agréable au palais, mais le goût est au rendez-vous par contre.

« Bon bah bon boulot j'imagine. On a bien géré, et toutes ces fadaises de politesses. J'aurais apprécie que tu ne m’éjectes pas aussi violemment dans le mur par contre, mais pas très grave. A ton avis, il va se passer quoi maintenant?»

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MessageSujet: Re: Bars and Badasses   Mar 8 Mar - 0:40

Bars and Badasses


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Seika finissait à peine de lui résumer la situation actuelle sur North Blue que le Den Den Mushi de l’araignée sonna. Elina attrapa le combiné et entendit la voix enjouée de Shiro annoncer qu’il n’avait pas capturé un, mais deux possibles mouchards ! La Zoan sourit à pleines dents. Son humeur s’assombrit légèrement lorsqu’il lui révéla également qu’elle devrait rembourser madame Fuu pour de légers dommages collatéraux. Cependant, devant deux informateurs au lieu d’un seul escompté de prime abord, elle se sentit magnanime :


- Beau travail, Shiro. Amène-les à l’endroit convenu, je viendrai les récupérer.


Sans plus attendre Elina se leva, suivie de Seika, et les deux femmes se dirigèrent au rez-de-chaussée. Une fois informé de leur départ, Tetsujin leur confia un sac en cuir noir, puis leur souhaita bonne chance dans leur collecte d’informations avant de se replonger dans la transmission des ordres récents. Les deux femmes sortirent rapidement du marché noir avant de rejoindre le climat polaire de l’île, à l’extérieur du bâtiment. Elles cheminèrent à pas vifs et trouvèrent comme convenu les deux rats d’égout dans le hall d’entrée de l’ancienne base de la marine. Elles se saisirent chacune d’un otage, avant de les trainer dans deux salles différentes.

Une fois son prisonnier solidement attaché à une chaise en métal avec sa toile, Elina retourna aider Seika pour maintenir son captif sous contrôle. Elle sortit de la salle après avoir pioché quelque chose dans le sac de cuir noir de tetsujin, laissant son bras droit gérer la situation, puis attendit quelques minutes avant de retourner vers son propre prisonnier. Elle le retrouva toujours inconscient et le gifla pour le réveiller. La Zoan, à présent transformée en hybride, le domina de tout son haut, plantée bien en face de lui et la mine sombre. Le mouchard ne se laissa pas démonter et tenta d’ouvrir la bouche, mais l’araignée fut plus rapide et la lui scella d’un lancer de toile adroit. L’espion des « trois crocs » la foudroya du regard mais resta muet. La jeune femme s’avança alors jusqu’à planter ses prunelles rouges sang dans celles de son détenu, avant de prendre la parole d’une voix désincarnée :


- Puisque je suis certaine d’avoir à présent ton attention, je vais énoncer les règles de notre entretien. Pour commencer, cette pièce est insonorisée. Tu pourrais donc hurler tout ton saoul, personne ne te retrouverait. Ensuite, tu as ma promesse de sortir d’ici vivant.


À ces mots, l’homme lui lança un regard éberlué, avant de se recomposer un air maîtrisé, voire trop sûr de lui. L’araignée lui sourit avant de reprendre la parole pour clarifier les choses :


- Il ne tient qu’à toi de nous faciliter la vie à tous les deux. Dans l’autre pièce se trouve ton collègue en compagnie de mon associée. À tour de rôle, vous serez soumis aux mêmes questions. Nous connaissons la réponse à certaines d’entre elles pour juger de votre fiabilité. Entre chacune de nos interrogations, nous vous laisserons un temps pour réfléchir à vos réponses. Je ne saurais trop te conseiller de les formuler correctement et de ne pas mentir.


Elina sourit soudain d’un air impitoyable avant de poursuivre d’une voix étrangement amusée :


- Si jamais ta réponse n’est pas similaire à celle de ton collègue, nous vous prélèverons à tous les deux une partie de vos corps. Faites-nous confiance, nous vous garderons en vie à chaque fois... Car nous sommes des femmes de parole !


L’homme chercha à se débattre, aussi Elina lui agrippa les cheveux et colla presque son visage au sien avant de lui asséner d’une voix ferme :


- Première question ! Où sont tes camarades sur l’île ? Tu as une minute.


Sans lui laisser l’occasion de répondre, sa toile lui scellant toujours les lèvres, elle rejeta sa tête en arrière, puis se dirigea vers une table juste devant lui. Elle y posa un ongle humain sanguinolent, avant de sortir de la pièce sans un regard. Elina en referma la porte, puis se dirigea vers Seika calmement. Cette dernière l’attendait dehors, ayant déjà servi une toute autre histoire au deuxième compère. Bien sûr, elles ignoraient tout des « trois crocs ». Aussi, elles avaient dû mettre sur pied ce petit stratagème avec l’aide de Tetsujin. Disposer réellement de deux mouchards leur facilitait la tâche, car à l’origine elles ne devaient en disposer que d’un seul. Suite à l’interrogation muette d’Elina, la jeune femme lui résuma la situation :


- Je lui ai dit que nous avions déjà interrogé son collègue et qu’il servait de vérification. Il m’a assuré qu’il ne savait rien et qu’il venait juste de rejoindre l’organisation.
- Ce à quoi tu lui as répondu ?
- Un sac en tissu mouillé serré sur la tête... ça doit faire presque trois minutes.
- Va lui délier la langue, mon ange.


La jeune fleur entra dans la salle, puis ressortit quelques instants après en secouant la tête. Elle sortit du sac en cuir noir confié par Tetsujin un morceau de doigt humain qu’elle tendit à Elina.


- Laisse-lui le masque jusqu’à obtenir une réponse.


Elle s’empara de la phalange avant de rejoindre son propre captif. L’homme lui lança un regard assassin et regarda d’un œil furibond Elina poser le fameux trophée macabre sur la gauche de la table devant le captif, juste à droite de l’ongle déjà présent. Lorsque la Zoan lui libéra la bouche, le bandit resta muet. Sans crier gare, elle lui arracha un ongle. Le bandit hurla de rage et de douleur, tandis qu’elle posait délicatement l’ongle prélevé au dessus de celui supposé appartenir à son collègue.


- Mauvaise réponse. Où sont tes camarades sur l’île ? Tu as une minute, déclara-t-elle calmement avant de sortir.


Du coin de l’œil, elle surprit son regard haineux, mais aussi un brin apeuré à présent. Malheureusement pour lui, l’interrogatoire ne faisait que commencer et elles disposaient d’une pléthore de tortures tant physiques que mentales pour en faire flancher un par la force, ou l’autre par la ruse. Être obligé de contempler ce qui allait lui être retiré quelques instants plus tard, s’il répondait de travers, était sans doute la pire des ignominies. Le manège macabre dura un temps, aucun des deux ne désirant céder, jusqu’à ce que celui de Seika ne craque le premier. Elina rentra alors dans la pièce de son captif sans rien poser sur la table. Tout d’abord interdit, le bandit serra les dents qui lui restaient. Il allait ouvrir la bouche lorsqu’Elina lui posa une question différente, avant de se diriger de nouveau vers la porte :


- Deuxième question. Quelles informations avez-vous récoltées ? Tu as une minute.
- Oï ! l’interrompit le bandit. Qu’est ce qu’il t’a dit ?!


Mais déjà, Elina était sortie et verrouillait la porte.




Après avoir déposé les taupes dans l’ancien quartier général de la marine, Shiro prit le chemin du bar qui lui avait bien plu pendant son périple avec Sana : celui où ils avaient forcé le p’tit timide à s’en jeter un godet ! Cependant, l’ambiance n’était plus trop au rendez-vous. Le patron vidait son établissement des derniers pochtrons lorsqu’ils arrivèrent. D’un regard, il reconnut Shiro et comprit qu’il venait finir sa nuit ici, comme cela lui arrivait de temps à autre. Accueillant un de ses clients préférés comme il se devait, il leur laissa le bar à lui et Sana, après leur avoir arraché la promesse de ne toucher qu’aux deux bouteilles qu’il leur fit payer une misère.

Le colosse accepta sans souci, car il se doutait qu’Elina extirperait rapidement les informations dont elle avait besoin aux deux pauvres gars malchanceux. Une seule bouteille devrait suffire. Il déboucha donc sa propre bonbonne d’alcool local, la leva à l’adresse du chasseur de primes d’un geste amical, puis commença à engloutir sa part au gout prononcé de pomme dont il raffolait. Sana trinqua à leur réussite, grommelant au passage quant au coup d’épaule du mastodonte, ce qui fit s’esclaffer l’intéressé. Il s’essuya la bouche d’un revers de main, puis répondit à la question de son compagnon de beuverie :


- Très simple. Elina va faire parler les deux autres hors la loi. Ça n’devrait pas être long. Ensuite, bah ça dépendra de ce qu’ils lui auront dit ! Je penche pour une bonne baston, pour mettre les poings sur les « i » à ces empafés ! HAHA ! Tu serais de la partie d’ailleurs ?




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Sana Asante
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MessageSujet: Re: Bars and Badasses   Mar 8 Mar - 17:05







« Très simple. Elina va faire parler les deux autres hors la loi. Ça n’devrait pas être long. Ensuite, bah ça dépendra de ce qu’ils lui auront dit ! Je penche pour une bonne baston, pour mettre les poings sur les « i » à ces empafés ! HAHA ! Tu serais de la partie d’ailleurs ?»

De la partie? Ça va dépendre de pas mal de trucs. A commencer par savoir si Elina veut de moi ou non.

« Aucune idée. Si ça ne tenait qu'à moi, je te dirais oui, j'aime bien faire un boulot jusqu'au bout, mais si Elina estime qu'elle n'a plus besoin de moi, je n'ai aucun droit de m'immiscer dans l'affaire. Je t'avoue que j'ai quand même bien envie de voir la tête des gars qui ont décidés de la détrôner, elle a pourtant l'air d'avoir l'île bien en main.»

Je n'ai pas vraiment menti, j'ai vraiment envie de voir les têtes pensantes du groupe... Surtout pour vérifier qu'Ulianna n'y est pas. Si elle en fait partie, je vais avoir beaucoup de mal à la sortir de là en vie, surtout qu'il y a de fortes chances qu'elle refuse mon aide. Et je me vois mal demander de l'aide à Elina, elle en profiterait autant qu'elle peut.

La discussion continue lentement et nous finissons par vider nos bouteilles tout deux. Je décide alors d'aller me coucher maintenant, pour plusieurs raisons. D'abord, il est pas loin de trois heures du matin, et j'ai vraiment beaucoup bu. Si Elina me contactait maintenant, je ne retiendrait sans doute pas la moitié de ce qu'elle me dirait, et j'accepterais sans conditions presque toutes ses propositions, ce qui est toujours dangereux. Ensuite, eh bien, l'interrogatoire est sans doute encore en cours, ce qui me laisse le temps de dormir et d'apprendre les nouvelles demain, ou du moins plus tard. Et enfin, je suis épuisé. La seule chose que je veux actuellement, c'est dormir tranquillement, et aviser de la suite demain.

« Bon, je vais me coucher. Je vais bien me trouver une auberge encore ouverte à cette heure-ci, et sinon eh bien.... Je verrais. Je vais rester en ville encore deux ou trois jours et Elina a mon numéro de contact, donc si vous avez besoin de moi, il vous suffira de m'appeler. Bonne nuit Shiro. »

Je sors alors du bar avec une démarche très légèrement en diagonale, et qui n'est plus forcée cette fois. Je ne trouve aucune auberge ouverte dans l'artère principale, mais découvre tout de même une rue parallèle où une dernière lumière brille, révélant ainsi un fronton tellement abîmé par l'âge que le nom est illisible, mais une âme charitable a pensé à laisser un panneau indiquant «auberge ici, ouvert 24/7». Un coup de chance dont je ne me plaindrais pas.

Je rentre donc dans une auberge dotée d'un style occidental très prononcé, paye ma chambre pour deux jours, monte rapidement et m'effondre sur le lit, m'endormant avant même de toucher l'oreiller. Je m'inquiéterais plus tard.

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MessageSujet: Re: Bars and Badasses   Mar 8 Mar - 23:37

Bars and Badasses


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Elina regardait son captif à travers le faux mur. Elle ne pouvait que saluer l’ingéniosité de la marine et, sans doute, demanderait à Mokuso de se pencher sur le sujet. De l’intérieur, mis à part en le touchant, il était impossible de différencier ce mur des autres. Néanmoins, celui-ci était en réalité une vitre permettant dans le cas présent à l’araignée d’observer les réactions de son prisonnier suite à sa dernière apparition.

La Zoan sourit pour elle-même. Tout se déroulait sans anicroche.

Cette séance de torture n’avait pas réellement pour but de faire céder les deux mouchards, loin s’en fallait. À vrai dire, Elina n’avait cure de ce que des sous-fifres avaient à lui révéler. Elle n’avait pas besoin qu’un de ces merdeux ne le lui dise : un lieutenant était sur l’île. Après l’échec de la précédente tentative d’assassinat, Tetsujin et elle-même étaient arrivés à la conclusion évidente que les « trois crocs » allaient passer à la vitesse supérieur. Toute cette mascarade n’avait qu’un seul but : piéger l’officier qui avait osé poser le pied sur Yakoutie. Aussi, au lieu de vulgairement arracher des informations incertaines à des hommes de mains, elle avait préféré leur faire croire dur comme fer qu’elle les torturait en ce but... puis qu’elle commettait une erreur en les relâchant, sans doute pour intimider leurs supérieurs.

L’être humain avait cela de prévisible, face à la douleur, que la majorité des personnes ne chercherait que deux choses : fuir, ou se venger. De fait, la fuite étant ici impossible, elle forçait peu à peu ces deux hommes à chercher à lui rendre la monnaie de sa pièce. Tout d’abord, le stratagème consistait à jouer sur leur orgueil, sur leur désir de ne pas céder le premier en les mettant volontairement dans une situation de rivalité malsaine. Elle les poussait dans les derniers retranchements de leur détermination, puisqu’ils étaient certains de s’en sortir vivants. Mais là résidait toute l’horreur de la situation. Devant les lambeaux toujours plus nombreux de leur anatomie, ce n’était qu’une question de temps avant que l’un d’eux ne faiblisse. Et même si cela n’avait pas été le cas... qu’en auraient ils su ? Le seul fait de penser que son collègue avait déjà craqué, avait déjà révélé les informations nécessaires à leur ravisseuse, était suffisant pour instiller le doute, produire une brèche dans leur mental. L’incertitude était la pire des ennemies. Une fois installée, elle ne partait jamais plus réellement. La situation de l’homme dont s’occupait Seika était pire encore : il pensait déjà que son comparse avait été brisé... et n’avait aucune idée des violences qu’il allait subir étant donné que les deux femmes ne l’avaient quasiment pas touché. Sans doute cela participa-t-il à lui délier la langue dès le premier ongle arraché.

Mais l’araignée avait été plus sournoise encore. Elle leur avait soufflé un mensonge éhonté de plus : elle connaissait déjà une partie des réponses aux questions qu’elle leur poserait. Ainsi, puisque chaque échec de l’un d’entre eux était supposément puni... Quand mentir ? Et comment ? Et quant bien même répondraient-ils honnêtement à une question dont elle ignorait la vérité... Que se passerait-il si son collègue n’en faisait pas autant ? La solution était évidente : il n’y avait aucune bonne réponse possible. Cependant, dans l’état de stress physique et psychique dans lequel ils se trouvaient alors, les deux captifs n’avaient aucun moyen de s’en rendre compte. Ce jeu macabre n’avait qu’une seule finalité : les relâcher avec la haine au ventre. Une haine si puissante qu’un seul geste sensé s’inscrirait dans le flux de leurs pensées, comme marqué au fer rouge dans leur subconscient : se venger ! Et, puisqu’elle était supposée connaitre à présent l’emplacement de leur repaire... que perdraient-ils à se rendre au plus vite auprès de leur chef ? Ce fameux lieutenant, une personne de confiance, saurait rabattre le caquet de cette Zoan !

Le sourire de l’araignée s’agrandit encore. Elle pouvait presque sentir les rouages des raisonnements de son prisonnier se mettre en marche. La séance de torture se prolongea tard dans la nuit, afin de s’assurer pleinement du succès de l’opération. Une fois qu’elle fut certaine d’avoir brisé leur mental au moins autant que leur corps, Elina relâcha les deux hommes. L’un d’entre eux, encore intact, frémit en voyant l’état de son collègue... tandis que celui-ci lui jeta un regard plein de dédain : il avait craqué dès le début, ce lâche ! Trop occupé à le mépriser et à projeter de faire souffrir la protectrice de Yakoutie, il ne chercha même pas à se demander d’où provenaient les trophées macabres qu’on lui avait présentés sur une table. Ils lui crachèrent aux pieds, avant de sortir en clopinant sur le coup des trois heures du matin passées. Sans un bruit, les deux femmes les suivirent.

Leurs sens brouillés, corps et esprits embrumés, prendre en filature les deux mouchards fut un véritable jeu d’enfant. Pourtant, Elina se renfrognait à mesure que leur destination se précisait. Elle grogna en silence lorsqu’ils arrivèrent devant le repaire d’une bande de malfrats qui lui donnaient du fil à retordre à jouer avec la légalité et sa patience. Avant que les deux hommes ne puissent s’avancer plus en direction de ce bar, les deux femmes les interceptèrent. Leurs regards effarés se transformèrent soudain en des prunelles emplies de haine, juste avant qu’Elina et Seika ne leur brisent les cervicales. Il était inutile de prévenir ce cher lieutenant de la suite des événements. D’autant plus que, parmi les réponses utiles sur lesquelles ses deux captifs s’étaient accordés, le protocole en cas de disparition avait été très clair : quarante huit heures d’attente, puis un changement de tactique.


- Vous devriez être plus attentifs lorsque l’on vous énonce les détails d’un contrat... ironisa l’araignée avant de dissimuler les cadavres.


Sortir d’une pièce ne signifiait en aucun cas pouvoir rentrer dans une autre. L’araignée attrapa son Den Den Mushi et joignit Tetsujin pour obtenir un périmètre de surveillance tout autour du fameux bar, ce jusqu’à la prochaine nuit. Les deux femmes rentrèrent à l’auberge lorsque les premiers hommes de mains arrivèrent. Elles y retrouvèrent Shiro, à moitié affalé sur une table en train de dormir. La Zoan soupira devant son associé, mais préféra le sortir des songes pour qu’il dorme dans un vrai lit. Au réveil, le colosse leur annonça d’une voix avinée que Sana était un chic type et qu’il était disponible pour « casser du mafioso » pendant encore deux jours. Il fallait qu’on l’invite à la fête ! Elina en prit bonne note, avant de laisser ses deux précieux éléments prendre un repos mérité. La nuit prochaine risquait d’être bien plus mouvementée !

Elle avait hâte.




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