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 [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]

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Tenshi Taya
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MessageSujet: [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]   Lun 28 Sep 2015 - 21:08




Et si on se retrouvait un peu ?


    Tranquillement installée sur un banc plutôt confortable, je balançais mes pieds dans le vide tout en songeant à ce que cette journée allait me réserver comme surprise. Il était hors de question pour moi de rester à ne rien faire toute la journée. Évidemment, je prenais quelques risques à m'exposer ainsi sur une île peuplée de chasseurs de primes, mais, d'un autre côté, je ne me préoccupais pas vraiment de ce détail. Les primés qui se faisaient avoir par ici commençaient tout juste à découvrir la dure vie sur Grand Line, ce n'était pas mon cas. Néanmoins sur le qui-vive, j'avais assez confiance en moi pour ne pas me faire trop d'inquiétudes.

    Aujourd'hui, je n'avais pas envie de combattre. J'avais envie de prendre du repos dans cette vie pleine de péripéties durant lesquelles je risquais toujours ma vie un peu plus. Certes, une vie de hors-la-loi n'était pas des plus paisibles, mais j'avais espéré passer inaperçue dans les plupart des endroits que j'avais fréquenté, ce qui fut rarement le cas en vérité. J'avais certainement le don de m'attirer les ennuis. Pas aujourd'hui. J'avais la ferme intention de passer une journée paisible que personne n'aurait le droit de troubler. Néanmoins, pour cela, j'avais besoin de quelqu'un avait qui passer cette journée et Akimitsu n'était pas la personne la plus appropriée pour cela, et puis, il avait, lui-aussi, droit à sa journée de repos, non ?

    Quoi qu'il en soit, je me devais de trouver quelqu'un de sympathique avec qui passer un bon moment. Le premier nom qui me vint à l'esprit fut l'un des seuls d'ailleurs. Si Erwin paraissait être un bon candidat, j'en avais eu une autre, encore meilleure, mais plus compliquée à mettre en œuvre. Après tout, mon ami était capable de se téléporter, pratique, non ? Mais l'autre personne pouvait se déplacer presque aussi rapidement, encore fallait-il qu'elle soit disponible. Le seul moyen de le savoir était d'essayer. Me levant de mon banc, je m'éloignais un peu de la foule pour trouver un endroit paisible où je pourrais passer tranquille mon appel.

    Trouvant une petite ruelle à l'écart de la populace, je m'asseyais tranquillement à terre, ne me souciant pas vraiment de la saleté qui m'entourait, après tout, j'avais vu bien pire. Plongeant ma main de ma poche, j'en extirpai un Den Den Mushi, qui m'accompagnait déjà depuis plusieurs années, et composait un numéro parmi ceux que j'avais déjà eu l'occasion de récupérer durant mes périples. Laissant sonner, j'attendis que quelqu'un décroche, ce qui ne tarda pas trop. Prenant immédiatement la parole, je ne laissais pas trop le temps à mon interlocuteur de poser la moindre question :

    - Salut ! C'est Tenshi !

    Marquant un temps de pause, je pris une seconde pour réfléchir à la façon de formuler ma demande, après tout, je ne pouvais pas le forcer à venir, et je n'en avais d'ailleurs pas envie. Il fallait trouver une manière subtile de lui demander s'il pouvait me rejoindre, sans trop lui forcer la main. Prenant la parole, je dis alors :

    - Je me disais, si tu n'as rien d'intéressant à faire aujourd'hui, on pourrait passer la journée ensemble... Enfin, si ce n'est pas trop compliqué pour toi. Je voulais passer une journée tranquille, alors j'ai pensé que peut-être...

    Ne sachant pas trop comment trouver mes mots, je m'arrêtais en plein milieu d'une phrase avant de reprendre la parole après quelques secondes :

    - Si ça t'intéresse, je suis à Whiskey Peak.

    M'arrêtant, je laissai désormais le temps à Kyoshiro de me répondre. Après tout, il avait aussi le droit de prendre la parole et puis, je devais bien connaître sa réponse avant de décrocher, je ne pouvais pas rester dans l'inconnu.



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Kyoshiro
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MessageSujet: Re: [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]   Lun 28 Sep 2015 - 22:39






Et si on se retrouvait un peu ?












De prime abord on n’accorderait pas vraiment beaucoup de crédit à ce jeune homme qui ne payait pas de mine. Mince, une tête d’ahuri et un sourire niais, on pourrait le prendre pour un gars paumé ou un bouseux de la campagne, enfin n’importe qui à qui on ne prêterait pas attention car il paraissait parfois trop niais ou trop stupide pour son propre bien. Il avait débuté son périple sur les blues avec des idées et des idéaux plein la tête et les yeux, avec l’envie de changer le monde à lui tout seul et de mettre fin à la pauvreté et la misère humaine qui pullulaient sur ce monde. Touchant mais utopique, n’est-ce pas ? La vie lui avait appris assez sévèrement que la seule volonté ne suffisait pas et que louer un idéal uniquement par la parole, sans savoir la force d’appliquer ce changement, était risible tout au plus.
Mais avant qu’il ne tombe dans le désespoir le jeune homme avait rencontré un pirate et son équipage, un pirate aux cheveux couleur soleil qui lui avait tendu la main et l’avait aidé à se relever. Je vous ai déjà fait le petit speech là-dessus, je ne vais pas vous le refaire, mais au final le jeune homme avait gagné en puissance autant qu’en maturité. Durant ces derniers mois il s’était battu et avait plus mis sa vie en jeu que durant tout le reste de son existence. Que ce soit pour protéger ses camarades ou pour accomplir un objectif ne changeait pas grand-chose, il avait eu la force de mettre son existence toute entière en jeu. Graou Island, Area Eleven, Time End, Shabaody et maintenant Alabasta : les terrains d’affrontement s’enchaînaient les uns après les autres sans discontinuer.

Était-cela sa voie ? Se battre encore et encore ? Au début il avait douté de lui, douté du bien-fondé de tous ces combats, mais désormais il n’attendait plus que l’occasion de croiser son capitaine de nouveau pour lui demander ce qu’il désirait réellement. À quoi bon avancer s’il ne savait pas dans quelle direction ? Le jeune maudit avait besoin de savoir pour s’assurer qu’il avait fait le bon choix, pour l’heure il avait l’impression de n’avoir fait que se battre sans vraiment changer les choses et ce n’était pas cette demi-victoire à Alabasta qui allait faire disparaître cette impression.

Se disant qu’il allait devoir attendre, le temps que son capitaine ait fini ses petites affaires, le jeune homme monta sur le navire de l’équipage en direction de Graou Island. La traversée se fit sans encombre et Kyoshiro troqua ses vêtements chaudes contre un simple pantalon noir et une simple chemise grise : il avait dut faire face au vent et au sable sur Alabasta mais désormais il était un peu plus libre.
Prenant un repos bien mérité sur le pont du navire après les récents combat, se ressassant les souvenirs de cet affrontement dans sa tête, le jeune homme fut sorti de cette méditation par un bruit de fond qu’il ne connaissait qu’assez peu. Il lui fallut quelques secondes pour réaliser qu’il s’agissait de son propre den den mushi. Pas encore habitué au fait d’en posséder un rien qu’à lui, il décrocha et un sourire naquit sur son visage en entendant la voie de sa camarade de toujours.

Ne sachant pas trop à quoi s’attendre, le jeune homme resta bouche bée pendant quelques instants car c’était bien la première fois de sa vie que quelqu’un l’appelait, lui spécifiquement, pour passer un peu de temps avec lui et rien d’autre. Pas de motif caché, rien, juste passer du temps avec lui. Vous imaginez ? Il ne sut que dire pendant un moment mais, rapidement, il se secoua l’esprit et tenta de répondre tant bien que mal :

« Ce serait avec grand plaisir. Laisse-moi, disons, maximum une demi-heure pour te rejoindre. Je vois à peu près où c’est, il faut juste que je trouve mon chemin. À tout de suite. »

Une demi-heure pour aller à la première île d’une voie de Grand Line, il visait très large mais il préférait la jouer ainsi aussi longtemps qu’il ne saurait pas par où aller. Il allait devoir ratisser toute la zone pour trouver son chemin. Remarquant qu’il n’avait pas raccroché, il tint tout de même à conclure par un :

« Et merci d’avoir appelé. »

Expliquant à ses petites camarades qu’il allait s’absenter pour la journée ou même plus longtemps, mais qu’il tâcherait d’être de retour pour l’arrivée de son capitaine, le jeune homme disparut dans un rayon de lumière. Se montrant plutôt pessimiste dans son estimation du temps d’arrivée, il ne lui fallut pas plus de quelques minutes pour arriver à l’entrée de la première voie et de trouver l’île mentionnée par sa camarade. Tout d’abord surpris par ces gigantesques cactus, il atterrit en bordure de la ville et décrocha son den den mushi :

« Je suis arrivé sur l’île. Où est-ce qu’on se retrouve ? »

Ses camarades lui avaient expliqué que cette île était bourrée d’individus qui se faisaient de l’argent en arrêtant les primés qui passaient dans le coin, aussi se savait-il hors de danger. Son visage n’était absolument pas connu du monde et il n’avait même pas de prime sur la tête. Il n’était cependant pas ici pour faire du tourisme ou même pour se faire des amis : juste pour passer un bon moment avec une personne chère à son cœur.








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Tenshi Taya
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MessageSujet: Re: [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]   Dim 4 Oct 2015 - 12:49




Et si on se retrouvait un peu ?


    Attendant donc patiemment la réponse de mon ami, celle-ci ne se fit pas trop attendre, pour mon plus grand soulagement et pour mon plus grand plaisir. En effet, cette réponse fut positive et cela me fit doucement sourire. En plus de cela, il semblait ne pas avoir besoin de très longtemps pour me rejoindre, ce qui était bien pratique. Après tout, trente minutes, pour faire une aussi grande distance, ce n’était pas grand-chose. Ce pouvoir était bien utile tout de même.

    Avant de décrocher, Kyoshiro termina par me remercier de l’avoir appelé. Visiblement, cette petite rencontre improvisée lui faisait aussi plaisir qu’à moi. Tant mieux, je n’aurais pas voulu m’imposer à lui. Après tout, le but était de passer un bon moment tous les deux et non pas seulement un de nous. Une fois la conversation terminée, je rangeai le Den Den Mushi tout en songeant à ce que j’allais faire en attendant. Je n’allais pas me lancer dans de grandes expéditions, je n’aurais jamais le temps pour cela et, d’ailleurs, je n’en avais pas du tout envie. Le mieux pour le moment était peut-être de ne rien faire, de laisser le temps passer. Une demi-heure, ce n’était pas très long. De toute façon, déambuler dans les rues l’air de rien n’était pas non plus une bonne idée, l’endroit était peuplé de chasseurs de primes et, même si je n’avais pas peur d’eux, je préférais garder mes distances.

    Ce fut donc pour cette raison que je me cherchai un endroit un peu en hauteur où personne n’aurait l’idée de lever les yeux pour m’y installer et admirer le paysage, ce qui fit passer le temps plus rapidement que ce que je pensais. Moi qui étais si peu habituée à rester là, à ne rien faire, je trouvais cela étrangement agréable de mettre parfois une pause dans cette vie folle pleine d’aventures.

    J’avais l’impression que seulement quelques minutes étaient passées lorsque, à l’horizon, j’aperçus quelque chose de brillant qui disparut presque instantanément, suivit, quasiment immédiatement d’un appel qui s’avérait être celui de Kyoshiro me demandant où nous devions nous retrouver. Souriant, je compris alors que le rayon lumineux que j’avais aperçus auparavant n’était pas un pur hasard. Répondant rapidement, je dis alors :

    - Ne bouge pas, j’arrive !

    Mettant fin à l’appel après ces quelques mots, je pris rapidement la direction du lieu où il me semblait avoir aperçu mon ami. Il ne me fallut que quelques minutes pour balayer la distance. Il fallait dire que j’étais assez pressée et que, dans mon esprit, chaque seconde était précieuse.

    Lorsque, enfin, j’aperçus Kyoshiro, je pressais un peu plus le pas, un grand sourire aux lèvres, tout en lui faisant de grands signes pour lui indiquer ma présence, et le saluer par la même occasion. Une fois arrivée à son niveau, ma première action fut de l’enlacer, une chose que je ne faisais que très rarement et qui me mit encore dans une meilleure humeur. Le serrant un peu plus contre moi, j’en profitai pour prendre la parole :

    - Merci d’être venu.

    Relâchant alors mon étreinte, sa présence avait le don de me rassurer et de me faire oublier tout ce qui se passait autour de moi. La seule chose qui comptait pour moi à ce moment précis était de pouvoir profiter de mon ami et d’une bonne journée en sa présence. Le reste n’avait aucune importance, le retour à la réalité ne se ferait sûrement pas tout de suite. Pour le moment, avoir l’impression d’une vie normale était une chose que j’espérais par-dessus-tout et j’espérais que rien ne viendrait gâcher cette journée.

    - Alors, qu’est-ce que tu voudrais faire ?

    Lui adressant un grand sourire, la réponse à cette question n’était pas très importante. L’essentiel était de pouvoir passer un moment en sa compagnie.



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Kyoshiro
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MessageSujet: Re: [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]   Dim 4 Oct 2015 - 17:35






Et si on se retrouvait un peu ?











C’était effrayant de voir à quel point le jeune homme en avait fait du chemin depuis son île paumée et depuis qu’il était sorti de ce dojo où il avait tout appris. Il n’était plus le petit garçon frêle caché dans la cale d’un navire, balloté et malmené par les vagues s’écrasant contre la coque du navire, il était devenu un bretteur respecté que ni la distance ni les météos les plus capricieuses ne sauraient retarder. Quand était-il devenu aussi à l’aise avec son fruit et avec l’idée d’être un maudit ? À force de devoir se battre en ayant recours à cette puissance qui grondait en lui, très certainement.
Le maudit traversa donc les mers en quelques distances, conscient du fait qu’il était devenu l’un des hommes les plus rapides du monde, s’autorisant à atterrir dans un coin pour éviter d’attirer l’attention. À sa grande surprise ce fut la demoiselle qui vint à sa rencontre, ayant sans doute repéré son arrivée haute en couleur. Répondant au signe de la demoiselle par un petit signe discret de la main, le maudit vint à sa rencontre et l’enlaça également, passa ses bras autour d’elle pour profiter de ces retrouvailles plus que méritées. Souriant à la phrase de sa camarade, il lui répondit tranquillement :

« C’est plutôt à moi de te remercier pour l’invitation. C’était plutôt inattendu mais plus que bienvenue. »

Ce n’était pas réellement le moment de parler de ça mais le jeune homme ne pouvait nier que le combat de la veille avait mis son corps à rude épreuve, comme à chaque fois, le forçant à un repos pratiquement complet qu’il ne respectait jamais. Avez-vous déjà vu un épéiste zapper une séance d’entraînement parce que son docteur lui disait d’y aller mollo et d’éviter tout mouvement brusque ? Non, car les épéistes étaient des hommes têtus et qui ne rateraient pour rien au monde une occasion de ne pas laisser leur corps rouiller trop longtemps à cause d’un repos forcé.
Forcé à rester sur le bateau durant ces dernières heures, aussi confiné qu’un lion en cage, le jeune homme s’était bien rendu compte que chaque combat le forçait à repousser un peu plus les limites de son corps et que, si l’adrénaline faisait taire la douleur et la fatigue dans le feu de l’action, les heures qui suivaient étaient généralement bien plus douloureuses. Ses muscles le tiraient à chaque mouvement qu’il faisait, ses os semblaient plus fragiles et incapables de soutenir tout le poids de son corps, le forçant à faire le moins de mouvement possibles : ce n’était clairement pas une situation agréable de devoir se ménager de la sorte. Mais, fort heureusement, par chance ou du fait d’une quelconque destinée, un rayon de soleil vint éclairer la morne existence de cet homme qui était l’incarnation-même de la lumière : un appel bienfaiteur vint l’extirper de sa torpeur.
Oh oui il savait qu’user de son fruit pour traverser des distances folles n’était pas une bonne idée, qu’il valait mieux qu’il reste confiné dans ses quartiers plutôt que de s’aventurer en territoire inconnu car cela signifiait généralement des ennuis en perspective. Mais c’était de Tenshi dont il s’agissait et, même si son corps lui était toujours douloureux, il avait promis de venir si jamais la demoiselle avait besoin d’aide et Kyoshiro était un homme de parole.

Écoutant sa camarade lui demander ce qu’il voulait bien faire, se rendant compte qu’il n’avait pas du tout réfléchi à tout cela, il prit un air légèrement pensif et répondit par un :

« Pouvoir profiter de toi et de ta présence dans un premier temps. J’avoue que de pouvoir m’évader et me détendre en ta présence, ne serait-ce qu’une journée, me ferait me plus grand bien. Et puis, il faut que l’on rattrape le temps perdu, depuis notre dernière rencontre sur Shabaody. »

Absolument pas conscient que le « profiter de toi » pouvait avoir une connotation assez tendancieuse dans l’esprit de quelqu’un de moins niais que lui, le jeune homme crut bon de conclure par un :

« Alors, toi qui dois connaître un petit peu le coin, tu connais des coins tranquilles dans les environs ? »

La plupart du temps, lorsqu’il sortait en ville avec quelqu’un qu’il connaissait, Kyoshiro avait la fâcheuse tendance à choisir les coins à embêtements. Piliers de bars ayant trop forcé sur la bouteille, voleurs ou adeptes de la violence gratuite, rares étaient les fois où le jeune maudit avait pu apprécier un repas ou un verre sans que rien ne vienne le déranger. Alors aujourd’hui, pour une fois qu’il avait l’occasion d’être avec une demoiselle chère à ses yeux, vous vous doutez bien qu’il désirait plus que toi qu’ils puissent être tranquilles tous les deux sans qu’un évènement extérieur ne vienne les déranger. N’auriez-vous pas désiré la même chose à sa place ? Si, bien sûr que si.









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MessageSujet: Re: [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]   Dim 11 Oct 2015 - 12:53




Et si on se retrouvait un peu ?


    Fixant Kyoshiro tout en attendant sa réponse, j’affichais probablement un grand sourire béat totalement idiot. Le genre de ceux qu’on avait quand on était heureux pour une raison inconnue et qu’on souriait sans vraiment s’en rendre compte et sans vraiment savoir pourquoi. Mais, après tout, cela ne me dérangeait pas vraiment. Il avait parcouru une si grande distance pour me rejoindre que je devais bien le montrer un peu de reconnaissance. Et puis, s’il était venu, il devait être tout aussi content que moi de pouvoir passer quelques instants en ma compagnie.

    En le regardant, je n’eus pas trop de mal à voir qu’il avait l’air quelque peu fatigué. Peut-être l’effet de l’usage de son pouvoir, ou peut-être avait-il passé une mauvaise nuit. Qui sait ? Cela importait peu pour le moment, de toute façon, je n’avais pas l’intention de le faire courir partout, le but n’étais pas de vivre une journée pleine d’aventures et de péripéties en tout genre, mais de prendre un moment pour se reposer et passer un bon moment en bonne compagnie.

    Soudainement, la voix de mon ami m’extirpa de mes pensées. Ne m’offrant pas une réponse à laquelle je m’attendais, il m’indiqua qu’il voulait simplement profiter de ma présence. Au moins, c’était une chose facile à faire, il n’en demandait pas trop. Néanmoins, nous n’allions sûrement pas rester toute la journée, assis l’un en face de l’autre, à nous regarder dans les yeux en attendant que le temps passe. Même si cela ne me dérangerait pas, j’aurais un peu l’impression de perdre mon temps et de ne pas profiter de l’instant à sa juste valeur.

    Par la suite, Kyoshiro enchaîna en me demandant si je ne connaissais pas des endroits où nous pourrions être tranquilles. À vrai dire, je n’avais pas encore eu le temps de faire de tourisme et c’était peut-être l’occasion… Même si l’endroit n’était pas vraiment approprié pour se balader à visage découvert. Réfléchissant quelques instant, je tentais de me rappeler des quelques endroits que j’avais eu l’occasion de voir depuis que j’étais arrivée sur les lieux. Cela ne faisait pas grand-chose car je ne faisais jamais vraiment attention à regarder autour de moi quand je me baladais. D’autant que les lieux n’étaient pas trop appropriés pour faire du tourisme. Répondant finalement, je dis :

    - Il ne doit pas y avoir beaucoup d’endroits tranquilles par ici. Mais, ça doit exister, je suis sûre qu’on trouvera !

    L’attrapant par le bras, je l’entrainais avec moi pour commencer une petite marche et, surtout, une petite recherche d’un endroit où nous ne serions pas gênés. Cela s’annonçait plus compliqué que prévu, mais j’étais persuadée que nous allions finir par trouver. Après tout, rien ne devait gêner nos retrouvailles, c’était comme ça, une bonne étoile qui devait y veiller. Reprenant la parole, j’engageais la conversation par :

    - Alors, quoi de neuf à raconter ? Tu as certainement vécu plein de nouvelles aventures depuis le temps, non ?

    Il avait sûrement des choses à raconter et j’étais impatiente de connaitre ces nouvelles histoires. Après tout, nous n’avions pas l’occasion de nous parler souvent, pour mon plus grand malheur, alors il fallait bien profiter de ces courts instants pour partager le plus de choses possibles. Nous avions certainement de quoi discuter pendant une semaine, mais le temps manquait un peu. Continuant à marcher en jetant des coups d’œil autour de moi, à la recherche d’un joli endroit, cela me permettait aussi de vérifier qu’il n’y avait rien pour gâcher ce bon moment à l’horizon.



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MessageSujet: Re: [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]   Lun 12 Oct 2015 - 2:40






Et si on se retrouvait un peu ?












La plupart des gens qui évoluaient dans ce monde avaient une famille et des amis qui leur étaient chers pour les entourer et les soutenir à chaque instant de leur existence, mais ceux qui prenaient la voie de la mer n’avaient pour seuls compagnons que leurs camarades ou collègues suivant leurs professions respectives. Bien évidemment cette relation n’était pas aussi intime et privilégiée qu’avec les membres de la famille ou des amis de longue date mais c’était malheureusement tout ce que pouvaient se permettre ces gens-là. Puisqu’ils voguaient d’île en île sans pouvoir se permettre de s’installer ne serait-ce qu’un instant, ces gens-là ne pouvaient se permettre de fonder une famille car dans leur branche les décès dus à la vieillesse se faisaient rares. Ainsi, par la force des choses les hommes et les femmes qui partageaient leur quotidien devenaient une espèce de famille de substitution avec qui il devraient vivre 7 jours sur 7 jusqu’ ce que leurs chemins se séparent. Était-ce une bonne chose d’avoir aussi peu d’intimité ou de temps pour soi ? Les avis divergeaient à ce sujet.
Vous vous demandez sans doute où je veux en venir avec ce petit speech sur l’importance de l’amitié, ne vous inquiétez pas, vous comprendrez bien assez tôt.
De par sa timidité le jeune homme n’avait jamais eu énormément d’amis tout autour de lui, il venait d’une toute petite communauté où le travail et le bien commun passait avant les loisirs et les désirs égoïstes que pourrait avoir un jeune individu de son âge, pour certains une telle vie semblerait bien triste mais le jeune bretteur était de ceux qui ne se plaignaient jamais de quoi que ce soit. Le plaisir qu’il n’avait pas en côtoyant ces amis, il le compensait en aidant les gens et c’était une récompense bien suffisante à ses yeux.
Le jeune homme avait fini par rencontrer d’autres individus et à partager leur quotidien un peu par hasard, chaque combat rapprochant un peu plus ces individus jusqu’à ce que leur compagnie devienne agréable et apaisante. Mais au fur et à mesure de leurs pérégrinations, aussi bien en voyant Nakata et Holly ensemble qu’en passant du temps seul à effectuer un peu d’introspection, le jeune bretteur se rendit compte que cette nouvelle amitié naissante n’arriverait jamais à combler totalement ce dont il avait besoin. Oh oui il avait besoin de frères d’armes et de compagnons pour l’aider et le soutenir quand le doute viendrait assaillir son cœur et que sa chair viendrait à faillir, mais était-ce bien suffisant ? Non…bien sûr que non.
Il avait besoin de se confier, d’ouvrir son cœur à quelqu’un, de pouvoir faire 100% confiance à quelqu’un sans crainte d’être jugé ou relégué au banc de touche parce qu’il se mettait à douter, il avait besoin de quelqu’un qui serait là pour lui et pour qui il serait toujours là. Ai-je vraiment besoin de continuer ? Il avait besoin de quelqu’un de spécial dans sa vie et aucune personne au sein de cet équipage ne pouvait prétendre – et de très loin – pouvoir remplir ce rôle. Jamais ils ne pourraient le comprendre et le soutenir totalement car ils étaient des compagnons mais en aucun cas des amis intimes ou de longue date. Il avait besoin de quelqu’un de spécial et Kyoshiro avait l’intime conviction que jamais il ne trouverait une telle personne sur la route de l’équipage dont il faisait désormais partie.

Alors que faire ? Le quitter ? Non, bien sûr que non, il avait plus grandi en quelques mois à leurs côtés que durant le reste de sa courte vie. Non, il devait chercher cette personne par lui-même sans vraiment savoir comment il saurait que la personne en face de lui serait cette personne si spéciale. Personne ne lui avait jamais appris ces choses-là, personne ne lui avait jamais rien appris sur aucun sujet à vrai dire…il était naïf et ignorant car il avait été forcé de se former tout seul : tout simplement.
Conscient de son ignorance le jeune maudit avait été au combat la veille, il avait sué sang et eau pour combattre un ennemi dont il ne savait rien et qui ne lui avait jamais rien fait de mal, simplement parce que cela était la décision de son capitaine. Mais aujourd’hui il était fatigué, fatigué car son corps le faisait souffrir le martyr et car il était fatigué d’enchaîner les combats acharnés sans qu’il ne voit quoi que ce soit changer grâce à ces combats. Faisait-il tout cela pour rien ? Parfois il se le demandait…et pour une fois, l’espace de quelques heures, il ne désirait rien d’autre que d’oublier tout ça et de faire quelque chose parce qu’il en avait envie et pas parce que quelqu’un lui disait de le faire.

Il était donc allé à la rencontre d’une demoiselle chère à son cœur et, la mine réjouie par cette perspective, il accompagna cette dernière qui l’emmena à la recherche d’un endroit calme où passer les heures suivantes ensemble. La première question de la demoiselle fut de se mettre à jour concernant le parcours du jeune homme, ce dernier se mit donc à rassembler les éléments dans sa tête pour former une réponse cohérente.

« Écoute, pour tout te dire je reviens d’Alabasta et c’était…mouvemené. Chaud et sec presque à en mourir, mais surtout mouvementé. »

Alors que leur chemin menait les deux individus à une petite place discrète et isolée –à moins que ce soit un genre de parc ? – le jeune homme nota des bancs vides et proposa à sa camarade de s’y diriger. Alors qu’il attendait la réponse de la concernée, il se rendit compte que sa précédente phrase pouvait être confuse, floue et il décida d’y apporter quelques précisions.

« Enfin je ne sais pas vraiment si les gens ont vraiment eu vent de ce qu’il s’y passe, mais je suis bien content que tout soit terminé de mon côté. »

Laissa à sa camarade le temps d’enregistrer les informations et lui poser d’autres questions si le cœur lui en disant, le visage du jeune homme s’abaissa un instant vers son pied droit qui lui était douloureux. Était-ce présent depuis le coup de pied lumière expédié vers cette demoiselle, à Alabasta ? Sans doute, oui, la douleur était toujours présente mais quelque peu vacillante. S’il pouvait s’assoir quelques instants et laisser son pied se reposer, la douleur finirait par s’estomper pour quelques temps.

Souriant à sa camarade en redressant la tête, il enchaîna avec :

« Et toi, d’ailleurs ? Que t’est-il arrivé depuis notre rencontre sur Shabaody ? »













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MessageSujet: Re: [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]   Ven 16 Oct 2015 - 23:29




Et si on se retrouvait un peu ?


    Continuant à marcher, nous étions en train de nous diriger vers un petit coin calme où rien ne semblait pouvoir nous déranger, du moins, c’était l’impression que cela donnait. J’aurais bien pu continuer à déambuler dans les rues durant des heures si Kyoshiro ne m’avait pas indiqué ce petit banc. En effet, moi qui aimais bien me balader, j’ignorais encore totalement que la personne qui m’accompagnait souffrait de quelques douleurs l’empêchant peut-être de faire ce qu’elle voulait.

    Suivant donc les indications de mon camarade, j’écoutai également sa réponse à ma question qui restait plutôt évasive, mais qui m’indiquait clairement que sa vie avait été assez mouvementée, ce qui était loin d’être surprenant d’ailleurs. Apportant quelques précisions, il ajouta donc qu’il était heureux que cela soit terminé. Mais pour combien de temps ? Sûrement pas pour longtemps. En tout cas, en ce qui me concernait, j’avais à peine le temps de souffler que, déjà, sans que je m’y prépare, quelque chose de nouveau venait perturber ma vie. Je n’avais pas le temps de faire des choses normales, c’était comme si tout était contre moi. Dans le fond, je m’y étais habituée et, si je n’avais pas ce petit grain de folie dans ma vie, je risquais peut-être de m’y ennuyer.

    Réfléchissant aux paroles de mon camarade, je me rendis compte qu’il affrontait probablement un danger tout aussi grand que moi au quotidien. Cela avait le don de m’inquiéter, néanmoins, je tentais de me convaincre qu’il ne lui arriverait rien de grave.

    Alors que nous arrivions au niveau du banc, je commençai à m’y installer lorsque Kyoshiro prit la parole pour me retourner ma question. Je commençai alors à faire un grand tri dans ma tête. Tout s’y mélangeait et je ne savais pas ce qui avait eu lieu après et avant. Beaucoup de choses s’étaient passées et tout raconter dans les détails seraient long à faire. J’optais donc pour une manière plus synthétique de dire les choses et me contentai de :

    - Des petites aventures ça et là, j’ai presque réussi à ne pas me mettre en danger.

    Cette phrase fut immédiatement suivi d’un petit rire, quelque peu nerveux, mais ayant également pour but de dédramatiser les choses, ce qui risquait d’être bien compliqué. Après tout, il y avait bien des choses que je ne disais pas. Mon aventure avec Erwin, qui fut pour la moins dangereuse. Ce combat qui m’avait octroyé une prime. Et cette expérimentation de Zeke pour éveiller mon Haki, et qui demeurer encore bien douloureuse, qui aurait pu me coûter la vie. Tout ça, résumé en quelques mots. C’était un peu court, mais c’était bien utile pour ne pas trop inquiéter mon interlocuteur. Reprenant la parole, je tentai de changer légèrement de sujet de conversation :

    - Tu sais, parfois, je me mets à espérer que ma vie soit un peu plus … Normale. Avoir à cavaler en permanence pour sa survie, c’est fatiguant, non ?

    Baissant mes yeux en direction de mes mains, elles étaient le témoin d’une vie pleine de combats. Etrangement ressemblante à celle de Kyoshiro, elles indiquaient bien que je maniais les armes depuis très longtemps, c’était comme ancré en moi depuis toujours, sans que je sache pourquoi. Relevant mon regard vers Kyoshiro, je lui adressai un sourire avant de dire :

    - Je me demande ce que ça fait d’avoir des soucis quotidiens. Est-ce qu’on vit mieux ?

    Je continuais à le fixer, comme attendant une réponse de sa part. Il n’en avait sûrement pas. Après tout, il vivait le même genre de vie que moi, comment pouvait-il savoir ? Néanmoins, il avait certainement plus d’expérience que moi. Qui sait, il provenait peut-être d’un milieu normal ? Je n’en savais pas grand-chose.



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MessageSujet: Re: [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]   Sam 17 Oct 2015 - 17:51






Et si on se retrouvait un peu ?












Le jeune homme ne put s’empêcher de sourire à la première phrase de la demoiselle qui n’avait pas pu véritablement éviter le danger, mais il ne lui en tint pas rigueur pour autant. Pourquoi ? Parce qu’il n’était pas un exemple à suivre non plus et que, de son côté, il s’était battu plusieurs fois depuis leur dernière rencontre. Autant dire qu’il ne pouvait pas lui jeter la pierre à ce sujet. Mais bien vite la demoiselle tint à faire part à son camarade de son sentiment de fatigue qui la poussait parfois à désirer une vie normale. Le bretteur avait-il le même souhait ? Sa réponse ne se fit pas attendre.

« C’est vrai que parfois mon ancienne vie me manque, elle était plus…simple. Pas de combat à mener, pas cause à défendre ni de raison de mettre sa vie en jeu. Je ne sais pas si je pourrais revenir à une vie si paisible, après avoir vécu tellement de choses, mais je comprends plus que jamais la raison pour laquelle ces gens-là tiennent à leur paisible existence. »

Abaissant son visage vers les paumes de ses mains grandes ouvertes, le jeune homme se mit à se rappeler que malgré les années écoulées il n’avait pas oublié la sensation de la terre sur ses mains, il n’avait pas oublié le dur labeur des gens «normaux » et comprenait très bien pourquoi ils s’accrochaient à ce point à leur neutralité et leur tranquillité.
Certains avaient parfois tendance à l’oublier en le voyant déambuler ainsi, dans ses beaux habits et avec ses lames étincelantes à la ceinture, mais le jeune homme était un campagnard avant tout. Un bouseux, un péquenaud, un fermier : un gars de la campagne ! Il n’avait pas toujours eux les mains dures et endurcies par le maniement du sabre, autrefois ses mains avaient été pleines de terre à force de travailler au champ et de partir à la cueillette de tous les mets comestibles qu’il était susceptible de trouver.

Conscient que le jeune homme ne parlait à personne de ce qu’il faisait avant de prendre la voie du sabre, ce dernier écouta sa camarade qui se demandait si les gens ayant une vie normale vivaient mieux que ceux qui étaient guidés par la recherche d’aventure et le désir de sensations fortes. Levant les yeux au ciel comme s’il pensait y trouver une réponse, le jeune bretteur répondit finalement :

« Mieux ? Plus longtemps, certainement, mais mieux…alors là je ne saurais pas te dire. D’un côté vivre une existence simple et paisible a un côté attrayant et sécurisant mais de l’autre, je me dis que je n’en aurais jamais appris autant sur moi-même si j’étais resté sur mon île. Il faut du courage pour décider de prendre la voie des mers, et encore plus de détermination pour parvenir à y survivre. »

Finalement il n’y avait pas une vie plus honorable que l’autre, une vie méritait d’être vécue à partir du moment où la personne qui la vivait était heureuse ainsi. Pourquoi compliquer les choses ? Désireux de continuer sa petite explication, le jeune maudit enchaîna avec :

« Je veux dire, se battre sans cesse est épuisant à tel point qu’on en a ras le bol au bout d’un moment. On rêve de prendre des vacances loin de tout ça de temps en temps, enfin du moins c’est parfois mon cas. Mais bon, toutes ces épreuves nous font grandir d’une certaine façon et nous poussent à faire des choses dont nous ne nous serions pas crus capables. »

Le jeune homme passait volontairement sous silence le fait que les actions évoquées plus tôt pouvait être aussi bien bonnes que mauvaises, tout simplement parce qu’il n’était pas homme à juger les actions d’autrui et aussi parce qu’il aurait bien été hypocrite de sa part de juger alors qu’il n’était pas exemplaire non plus. Ah ? Vous en doutez ? Et comment appelez-vous ce qu’il s’était passé sur Alabasta, des mains de celui qui se prétendait partisan de la diplomatie avant tout ? Bon gré mal gré il en était tout de même arrivé à recourir à la violence face à quelqu’un dont il ne savait rien. Pire encore, il n’avait absolument rien fait pour empêcher son partenaire du moment d’attaquer cet inconnu jusqu’à lui ôter la vie : était-ce là une attitude honorable et exemplaire pour quelqu’un qui haïssait à ce point toute forme de violence ? La réponse parait assez évidente.

Mais malgré l’absence de jugement de sa part concernant les actions bonnes ou mauvaises perpétrées par ses congénères, le jeune homme ne pouvait nier que ce changement de mode de vie l’avait littéralement transformé et permis de sortir de son cocon. Auparavant il était un petit garçon chétif, timide et légèrement naïf sur les bords, aujourd’hui il était devenu un bretteur accompli doublé d’un charmant jeune homme qui avait su s’affirmer au gré du temps. Bien sûr personne d’autre que lui ne pouvait se rendre compte de l’ampleur du changement, mais était-ce vraiment le plus important ? Il se sentait mieux dans sa peau qu’il ne l’avait jamais été, c’était tout ce qu’il avait besoin de savoir.

Rabaissant finalement ses mains en les posant sur ses genoux en position de repos, le jeune homme se remit à penser à toutes les personnes qu’il avait pu rencontrer au cours de ces derniers mois. Évidemment il n’y avait pas que du positif dans cette histoire mais ces merveilleuses rencontres surpassaient largement tout le monde. Et il y en avait une parmi d’autres, surtout, qui valait le coup d’être notée :

« Et puis, si on avait opté pour une vie normale je ne t’aurais jamais rencontrée. Pour moi c’est une raison suffisante de ne pas regretter mon choix.»

Il lui fallut tout de même quelques secondes pour se rendre compte que placer la demoiselle tout en haut de la liste avait une signification bien particulière, et qu’il venait de lancer ça le plus naturellement du monde. Quoi ? Vous avez oublié qu’il était timide de nature ou ça vous est sorti du truc creux qui vous sert de tête ? Il n’avait jamais été à l’aise quand il devait dire à une demoiselle ce qu’il pensait d’elle, et une fois encore cela ne loupa pas :


« Je…je…enfin ce n’était pas ce que je voulais dire. Enfin si…mais…je…Rahhhhhhhh ! »

Devenant rouge comme une pivoine, le jeune homme abaissa sa tête et commença à se secouer frénétiquement les cheveux à l’aide de ses deux mains comme si cela allait chasser la gêne qui s’emparait à présent de lui. On pourrait croire que les évènements avaient définitivement transformé le jeune homme mais son moi véritable restait intact et enfoui au plus profond de lui. Gentil et attentionné, il n’était toujours pas très doué dans les relations avec les personnes du sexe opposé : mais le serait-il un jour ? Bonne question.








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MessageSujet: Re: [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]   Dim 18 Oct 2015 - 1:23




Et si on se retrouvait un peu ?


    La réponse de Kyoshiro ne se fit pas attendre et fut bien plus longue que ce à quoi je m’attendais. Il avait l’air de bien connaitre ce que représentait une vie « normale ». Moi qui n’en connaissais rien, je buvais ses paroles, écoutant attentivement ce qu’il avait à me dire à ce sujet. La première chose qu’il m’avoua fut que son ancienne vie lui manquait par moment, mais qu’il ne serait plus capable de la reprendre. Il est vrai qu’après avoir vécu tant de choses, reprendre une vie banale devait être d’un grand ennui. Après tout, Akimitsu m’avait déjà répété à plusieurs reprises que j’avais ce genre de vie dans le sang, que tenter de l’éviter, c’était comme lutter contre ma nature. Il n’avait certainement pas tort et j’en prenais de plus en plus conscience. Même si je rêvais d’une vie normale, l’adrénaline que je ressentais dans ce que je vivais actuellement risquait de bien trop me manquer.

    Enchainant, Kyoshiro ajouta qu’une vie paisible avait l’avantage d’être plus longue, mais bien moins enrichissante. Il avait bien raison sur ce point. Après tout, se contenter de rester dans son coin, refuser de découvrir le monde et de partir à l’aventure permettait de ne pas prendre de danger, mais empêchait une ouverture plus grande au monde et aux choses qui nous entourait. Cela forçait à quitter le quotidien pour se forger à une vie plus difficile à gérer. On y gagnait une maturité différente.

    Hochant affirmativement la tête aux paroles de mon camarade, cela me convainquait presque que je n’avais pas à regretter de ne pas vivre une vie plus paisible. Cela serait différent, mais pas forcément meilleur pour moi. D’une certaine manière, cela me plaisait, même si j’avais du mal à le reconnaitre. Bien sûr, des choses plus ou moins bonnes ressortaient de tout ça. En effet, nos actions n’étaient pas toujours les meilleurs. Je pris alors la parole, avant que mon interlocuteur continue sur sa lancée, pour dire :

    - Tu as probablement raison, ce genre de vie n’est pas si mal dans le fond. Après tout, il y a un lot d’avantages et de désavantages.

    En finissant ma phrase, je jetai un coup d’œil vers les mains de Kyoshiro qui semblait l’intéresser tout particulièrement. Après tout, elles témoignaient d’un certain nombre de choses sur la vie d’une personne. Reposant ses mains sur ses jambes, il reprit alors la parole pour m’indiquer qu’il ne regrettait pas cette vie mouvementée car cela lui avait donné l’occasion de me rencontrer. Ne prenant pas immédiatement conscience de la signification de ses mots, je ne compris que la portée de ceux-ci quelques secondes plus tard.

    Baissant mon regard vers mes mains, je sentis de la gêne m’envahir face à cet aveu déguisé. À moins que ce ne soit que mon imagination qui me jouait des tours. Visiblement, cette gêne était réciproque et Kyoshiro semblait adopter une attitude similaire à la mienne. Ne sachant pas trop quoi lui répondre, j’avais du mal à articuler le moindre mot. Ce fut après un court instant de silence que je parvins à prononcer quelques paroles, mes yeux étant toujours rivés sur mes mains :

    - Je suis aussi heureuse d’avoir pu te rencontrer…

    Je me retrouvais dans une situation que j’étais incapable de gérer. J’ignorais ce que je devais faire ou dire, mais je savais que je devais faire ou dire quelque chose. N’y réfléchissant pas plus, j’attrapais doucement une de ses mains dans la mienne, la serrant légèrement, comme pour signifier que je ne voulais pas qu’il s’éloigne. Cela eut pour conséquence de me faire rougir. Jetant un regard vers Kyoshiro, je guettais anxieusement sa réaction. Une personne extérieure à la scène aurait bien ri en la voyant. Mais cela n’avait aucune importance à cet instant précis.



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MessageSujet: Re: [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]   Dim 18 Oct 2015 - 3:09






Et si on se retrouvait un peu?












La plupart des individus qui parcouraient ces mers, quelle que puisse être leur raison de le faire, avaient généralement de grandes ambitions que rien ne semblait pouvoir entraver, ils semblaient tous persuadés qu’ils seraient amenés à faire de grandes choses et que l’Histoire se souviendrait de leur nom d’une façon ou d’une autre. N’était-ce pas normal que d’aspirer à la grandeur pour ceux qui, par exemple, prenaient la voie de la criminalité en faisant fi des lois qui réagissaient une société à laquelle ils n’appartenaient désormais plus ? Avoir des objectifs était une bonne chose, cela donnait un but à un individu, une raison de se lever et de mettre un pied devant l’autre, mais comment différencier ambition de rêve illusoire ? À quel moment fallait-il admettre que l’on se berçait d’illusions afin de redescendre sur Terre ? Certains ne faisaient jamais cet effort et leur désir de grandeur finissait par les mener à leurs pertes : comme Icare, à force de viser trop hauts ils finissaient par se brûler les ailes et mortelle était la chute.
Mais le jeune homme n’avait malheureusement jamais osé formuler de telles aspirations quant à son futur, il se contentait de vivre au jour le jour et de voir chaque nouvelle journée comme un trésor. Il avait toujours été modeste et ne s’était jamais demandé ce qu’i pouvait oser espérer du futur qui se profilait à l’horizon, il était déjà bien heureux d’avoir pu rencontrer ses camarades et de découvrir le monde qui lui tendait les bras comme il l’avait toujours voulu : pourquoi exiger davantage ? Il était un homme simple et appréciait les choses qui l’étaient tout autant.

Bien sûr, se tenir chaque jour à côté d’un homme si déterminé et ambitieux que son capitaine ne pouvait être que motivation et inspirant, c’était une certitude, et peut-être qu’un jour Kyoshiro aussi finirait par aspirer à davantage que ce qu’il avait aujourd’hui, peut-être que ses objectifs finiraient par évoluer et grandir avec lui, mais pour l’heure il était content d’avoir des camarades sur qui veiller et un monde à découvrir. Il n’en demandait pas plus et la vie semblait ne pas en attendre davantage de lui, non plus.

De ce qu’en savait Kyoshiro, sa camarade n’avait que très peu de souvenirs de sa vie et elle tentait de retrouver la mémoire au jour le jour, aussi était-ce compréhensible qu’elle cherche à savoir ce qu’elle pouvait bien rater en empruntait la voie d’une existence aussi violente et tourmentée. Finalement les paroles du jeune maudit firent mouche et la pimpante demoiselle avoua que sa vie n’était pas si mal que ça finalement, il y avait des hauts et des bas mais n’était-ce pas le cas de toutes les existences possibles ? Souriant à cette phrase, le jeune homme répondit :

« Je ne sais pas si notre vie est bien ou mal, ce n’est pas vraiment à moi de le dire, mais elle est bien plus difficile à mener. Nous nous battons, nous luttons, nous saignons et nous mourons…mais au-delà de cette souffrance c’est à nous de profiter de chaque instant de quiétude, de chaque parcelle de bonheur et d’y voir un rayon de lumière au milieu des ténèbres. »

Levant la tête pour observer la place où ils étaient assis et le calme olympien qui y régnait, le jeune homme resta pensif pendant quelques instants avant de tenir à rajouter :

« C’est en se rendant compte à quel point le bonheur et la paix sont rares et difficiles à conserver que l’on apprend à les chérir, plus que ceux qui n’ont jamais connu la guerre en tout cas.. »

La guerre…c’était bien la première fois qu’il utilisait ce terme dans une phrase mais il ne pouvait désormais plus nier l’évidence. Il ne s’agissait plus d’un concept lointain, il ne s’agissait plus de quelques querelles d’hommes ivres dans un bar mais bien de sauvages affrontements à grande échelle : comment qualifier cela autrement que de guerre ? Lui le fermier, lui le fils de rien avait été amené jusqu’au centre d’une guerre qui le dépassait et dont il ne comprenait qu’une portion des enjeux. Est-ce que cela allait l’arrête pour autant ? Non, aussi longtemps que ses camarades se battraient alors il en ferait tout autant.

La discussion poursuivant son cours jusque vers un sujet un peu plus personnel, la gêne du jeune homme sembla subitement s’envoler lorsqu’il sentit la main de sa camarade se poser sur l’une des siennes. Ses épaules se firent immédiatement plus légères comme si elles venaient d’être libérées d’un poids, mais à la place une sensation de calme et de quiétude l’envahissait sans qu’il n’en comprenne la source ou la signification.
Abaissant les yeux vers la source de cette chaleur, à savoir la main de sa camarade, le jeune homme se saisit délicatement de cette main avec la sienne et, la relevant doucement, la porta à sa bouche et y déposa un simple baiser sur le dos. Est-ce que cela avait une signification particulière ? Sans doute mais Kyoshiro agissait surtout à l’instinct comme à peu près tout le temps.

Décollant ses lèvres de la main de la demoiselle afin de ne pas paraître trop collant ou gênant, le jeune homme rouvrit ses yeux et les leva en direction de la demoiselle. Ses deux prunelles avaient-elles toujours été aussi flamboyantes qu’aujourd’hui ? Sans doute que non, aujourd’hui était un jour assez spécial après tout. C’est donc dans un soupir que le jeune homme lâcha un :

« Merci. »

Il y avait tellement de choses pour lesquelles la demoiselle devait être remerciée que son camarade n’avait pas pris le temps de faire une liste, cela serait beaucoup trop long à vrai dire, mais elle méritait au moins de savoir ce qu’il pensait d’elle. Prenant son courage dans ses deux mains calleuses, il se redressa et vient déposer un baisser sur la joue gauche de la demoiselle car, à son sens, ce genre de geste valait bien tous les mots du monde. Hein ? Quoi ? Oui, bon d’accord, c’était aussi parce qu’il était trop timide et inexpérimenté pour mettre des mots sur ce qu’il ressentait. Il espérait simplement que sa camarade puisse comprendre…et puisse lui répondre, bien entendu.

« Je sais que je n’ai pas souvent été là pour toi, ces derniers temps, et je m’en excuse, mais j’aimerais sache que tu m’es précieuse. Très précieuse, j’espère que tu peux comprends ça. »













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MessageSujet: Re: [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]   Dim 18 Oct 2015 - 16:06




Et si on se retrouvait un peu ?


    La discussion commençait petit à petit à se transformer, sans qu’aucun de nous ne parvienne réellement à maitriser la situation. À peine consciente de ce qui se passait autour de nous, j’étais totalement absorbée dans le moment présent et ce qui était en train de s’y dérouler. Attendant une réponse de Kyoshiro, je redoutais celle-ci plus qu’autre chose. J’avais peur que sa réaction ne soit pas ce que j’espérais. Lorsqu’il se saisit à son tour de ma main, je me sentis soudainement rassurée et l’esprit plus tranquille, comme si ce simple geste avait fait s’évanouir toutes mes inquiétudes.

    Néanmoins, il ne s’arrêta pas à là et déposa tendrement un baiser sur le haut de ma main. Un geste qui témoignait certainement de beaucoup de choses. Le genre que j’avais toujours du mal à comprendre et que je commençais à peine à découvrir. Cela pouvait avoir une signification si importante, dont je prenais peu à peu conscience. N’esquissant pas le moindre geste supplémentaire, j’écoutai simplement le remerciement de Kyoshiro qui me fit doucement sourire. Nous avions besoin l’un de l’autre d’une façon que je ne saurais expliquer et la simple présence de l’autre avait le pouvoir d’être d’un grand réconfort.

    Sentant le baiser de mon camarade sur ma joue, cela me m’offrit une sensation de surprise et de plaisir. Continuant sur sa lancée, il prit la parole pour me signifier que j’avais de l’importance à ses yeux. Loin d’ignorer ses paroles, je répondis immédiatement à ses mots :

    - Je comprends. Tu m’es tout aussi précieux…

    En prononçant ces quelques mots, je pris soudainement conscience que ce qui était en train de se passer ne représentait pas que des avantages. Certes, avoir une personne sur qui compter dans ce monde instable était un réel bénéfice, mais cela représentait également un grand danger. On m’avait déjà longuement répété que s’attacher aux gens n’était pas sécurisant. Cela impliquait de les protéger et de tout faire pour eux. C’en était presque effrayant, mais je ne pouvais pas lutter contre cela.

    Serrant un peu plus la main de Kyoshiro dans la mienne, je demeurai encore silencieuse durant quelques secondes, totalement plongée dans mes pensées inquiétantes, songeant à cette phobie qui me hantait depuis toujours et qui pouvait bien tout détruire sur son passage. Ne souhaitant pas garder cela pour moi, et sachant que je pouvais faire totalement confiance à la personne à mes côtés, je pris à mon tour la parole :

    - J’ai peur… Peur de perdre des gens auxquels je tiens et de ce que je pourrais devenir si cela se produisait.

    J’avais conscience qu’une part de moi ne rêvait que de haine et de vengeance, prête à prendre le contrôle au moindre moment de faiblesse. Personne n’aimait voir les choses importantes s’évanouir et disparaitre à jamais, c’était un fait indéniable, mais cela avait des conséquences encore plus désastreuses dans mon cas. Ne laissant pas plus de temps à mon esprit pour divaguer, je dis :

    - J’ai peur de te perdre.

    Dans un monde empli de dangers, ces quelques mots avaient l’air tout à fait naturel. Tout le monde craignait ce genre de choses, c’était presque une chose normale. Tournant mon visage vers Kyoshiro, je le fixai, comme essayant d’ancrer ce visage dans mon esprit, de faire durer cet instant à jamais. Le pire était certainement de savoir que, tôt ou tard, nous allions devoir nous séparer et qu’à chaque instant, nous allions devoir vivre en ne sachant pas ce qu’il advenait de l’autre. C’était une sensation que je n’avais pas envie de ressentir.



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MessageSujet: Re: [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]   Dim 18 Oct 2015 - 20:00






Et si on se retrouvait un peu ?












Si le jeune homme était un être assez actif et qui s’émerveillait de presque tout, surtout s’il s’agissait d’une nouveauté, il y avait assez peu de choses en ce monde qui étaient capables d’instaurer la paix dans son esprit et de l’aider à se sentir véritablement calme et serein. Bien sûr, prendre du temps et observer un magnifique paysage en silence était l’une de ces choses, la contemplation de toutes les beautés qui l’entouraient, mais la méthode la plus efficace restait tout de même la méditation. Un esprit sain dans un corps sain, voilà qui pourrait résumer le mode de vie de ceux qui avaient embrassé la voie du sabre comme il l’avait fait dans son jeune temps, et bien rapidement le maître du dojo avait appris à ses élèves à utiliser la méditation pour faire le vide dans leur tête à l’approche d’un combat important afin que leur esprit soit affuté et préparé aux évènements à venir.

Pour un combattant la concentration était primordiale, n’importe quel guerrier ne pouvait décemment pas espérer remporter la victoire, quel que puisse être son opposant, si son esprit vagabondait en d’autres lieu et qu’il n’était pas pleinement concentré sur un combat pour lequel il risquait généralement sa vie. Aussi la méditation aidait à chasser toute pensée obscure pour se concentrer uniquement sur le moment présent. Pas mal, non ? Mais ce que le jeune homme ressentit lorsque la demoiselle empoigna sa main alla bien au-delà des effets de la méditation et d’un simple sentiment de quiétude, il ressentait une espèce de chaleur et de joie grandir en lui comme si un véritable soleil était venu se nicher sous sa cage thoracique. Difficile de donner un nom à ce qu’il était en train de ressentir car c’était bien la première fois qu’une chose d’une telle intensité grandissait en lui, mais il l’accueillait avec joie !

Bien vite la gêne qu’il ressentait sembla se faire plus légère, plus diffuse et moins oppressante lorsque la demoiselle le rassura en lui avouant qu’il y avait réciprocité au niveau des sentiments. N’était-ce pas là le plus grand obstacle, de savoir si l’attachement était réciproque ou à sens unique ? Mais si ce poids était finalement envolé, cela n’empêchait pas la demoiselle de craindre ce qui allait avec un tel attachement : la perte des êtres qui lui étaient chers.
D’autres lui auraient sans doute parlé de leurs propres pertes pour montrer que n’importe qui était capable de surmonter une telle épreuve, mais à vrai dire le bretteur n’avait jamais perdu un être aimé. Ses parents étaient toujours en vie, autant qu’il pouvait en dire, aucun des compagnons de l’équipage où il était n’avait connu une funeste fin depuis qu’il était rentré dans l’équipage, et il n’avait encore jamais véritablement aimé de tout son cœur. Il n’avait donc jamais connu les affres du désespoir et la sensation d’avoir le cœur brisé, voilà pourquoi il ne se permettrait pas de donner des conseils de ce genre à la demoiselle : ce serait hypocrite de parler de ce qu’il ne connaissait pas.

Mais par contre il pouvait rassurer la demoiselle et lui dire qu’elle n’était pas la seule à vivre avec la perte, peu importe la forme qu’elle puisse prendre, mais qu’il ne fallait pas laisser cette émotion guider sa vie ou elle finirait par le regretter. Ne lâchant pas les mains de la demoiselle, le maudit plongea ses yeux flamboyants dans les prunelles de la demoiselle avant de lâcher :

« Je suis le premier à vivre constamment avec la peur en moi. Peur de perdre mes proches, peur de ne pas être à la hauteur, peur de faiblir et faillir au moment de vérité, peur de ne pas savoir où je vais, peur que mon chemin se termine sans rien avoir accompli. La peur nous faire prendre conscience des réalités, nous fait réaliser l’importance de ce que nous avons, mais… »

La force d’un guerrier, aux yeux de Kyoshiro, n’était pas d’être capable de nier la peur ou toutes ces autres émotions mais d’être capable de les surmonter et de faire face à cette tornade d’émotions en restant debout. Toutes ces émotions faisaient d’eux des êtres humains, cela n’avait donc aucun sens que de désirer les nier ou les faire taire, il fallait s’en servir comme d’une pierre à aiguiser pour affuter sa lame en quelque sorte. Ce n’était pas facile, bien entendu, car l’être humain n’était pas habitué à faire taire ou se servir de ses émotions, il se contentait généralement de les ressentir sans chercher à avoir la moindre emprise dessus, mais Kyoshiro était prêt à montrer à la demoiselle comment faire si elle le souhaitait.

N’ayant pas terminé son explication pour autant, le jeune homme reprit par :

« …mais je me refuse de la laisser guider mes actes et mes pensées. Vivre dans la peur ce n’est pas vivre, c’est survivre et je n’ai pas fait autant de chemin pour en être réduit à simplement survivre. Je veux vivre, je veux vivre et profiter de ce que la vie a à me donner, pas craindre ce qu’elle pourrait me prendre. »

Il était sans doute l’individu qui croquait le plus la vie à pleines dents et était heureux d’être en vie et de contempler ce que le monde avait à lui offrir, tout optimiste qu’il était il n’avait encore jamais laissé ses émotions guider ses actes ou obscurcir son jugement et ce n’était pas demain la veille qu’il laisserait une telle chose arriver. Il était un enfant de la vie et croyait en elle, vivre dans la peur revenait à avoir peur de la vie elle-même : hors de question !

Caressant délicatement la joue de la demoiselle avec une de ses mains, le jeune homme s’autorisa un sourire confiant et franc avant de conclure par un :

« C’est normal d’avoir peur, mais tu ne me perdras pas. J’ai une très bonne raison de ne pas perdre, à présent. »

Était-il vraiment utile de la désigner, elle, comme cette très bonne raison de continuer à vivre ? Non, c’était suffisamment évident comme ça.








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MessageSujet: Re: [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]   Dim 18 Oct 2015 - 23:21




Et si on se retrouvait un peu ?


    Je n’étais pas habituée à me confier de cette façon aux personnes qui m’entouraient, je le faisais d’ailleurs très rarement, voire jamais. Il y avait toujours quelque chose qui me dissuadait de le faire, mais, cette fois-ci, j’avais l’impression de pouvoir parler de toute, quelque soit le sujet, je n’avais aucune hésitation à le faire. Certainement l’effet de cette présence rassurante qui me mettait en confiance.

    Répondant à mes inquiétudes, Kyoshiro avait le don de me redonner un peu de courage. En effet, il savait trouver les mots pour me rassurer et me montrer quelle voie je devais suivre. Vivre en étant guidé par ses peurs n’étaient pas bon, il avait raison, c’était certain, et j’avais déjà vécu assez d’années recluse, loin du monde, avec pour seule crainte de trop m’attacher et de voir disparaitre. Je n’avais plus envie de retrouver ce genre de chose. J’avais envie de vivre, de me battre pour ce qui avait de l’importance, de m’endurcir. J’avais encore beaucoup de choses à accomplir, je n’avais pas le temps de rester bloquée dans mes craintes, de vivre sous leur commandement.

    Souriant aux paroles de mon interlocuteur, on ne m’avait jamais invité à penser de cette manière, pourtant, cela ressemblait à une bonne manière de voir les choses et de continuer à avancer. Déposant une main sur ma joue, il m’adressa à son tour un sourire plus que réconfortant pour moi, tout comme les paroles qui suivirent l’étaient. En effet, cela sonnait comme une promesse à mes oreilles, la promesse qu’il allait vivre et que je n’avais pas à m’en inquiéter. Après tout, je me devais de croire en lui et j’étais persuadée que je pouvais le faire. Autrement, cela reviendrait à vivre dans la crainte permanente et c’était hors de question. Je ne pourrais pas supporter ce genre de choses.

    Gardant mon sourire sur les lèvres, je me sentais désormais rassurée, même si je ne savais pas combien de temps cela allait durer, j’étais assez confiante. Ce fut alors à mon tour de prendre la parole :

    - Merci d’avoir su me rassurer…

    Sur ces mots, je m’approchai doucement de lui pour le prendre tendrement dans mes bras, enfouissant mon visage dans son cou en le serrant contre moi. Je me retenais de serrer un peu plus mon étreinte, néanmoins, cela était déjà bien suffisant. Restant ainsi durant de longues secondes, sans prononcer un seul mot, quelques paroles finirent pas sortir de ma bouche :

    - Je te fais confiance pour ne pas perdre et vivre. Gare à toi si tu n’y parviens pas.

    Je savais que ma dernière phrase n’était pas très logique, mais c’était ma façon à moi de détendre un peu l’atmosphère qui n’était pas des plus joyeuses, et c’était certainement de ma faute. Je n’avais plus envie de parler de choses tristes. Plus pour le moment. J’avais envie de me réjouir. Après tout, je n’avais pas proposé à Kyoshiro de venir pour ne parler que de malheur. J’avais plutôt prévu de m’amuser un peu avec lui.

    J’arrêtai alors mon étreinte pour laisser le temps à mon interlocuteur de respirer. Posant mon regard sur celui-ci, j’attrapai doucement une mèche de ses cheveux pour la glisser entre mes doigts. Je n’aurais pas pu expliquer pourquoi je faisais cela, mais j’en avais simplement envie, comme ça. Reprenant la parole, je dis simplement :

    - Je ne vais plus jamais vouloir te voir partir…



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MessageSujet: Re: [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]   Lun 19 Oct 2015 - 4:36






Et si on se retrouvait un peu ?












La plupart des jeunes gens avaient tous été formés, jusqu’à un certains point, par les conseils et les recommandations de leurs parents et surtout de leur génitrice quand cela avait attrait au domaine du cœur, aussi savaient-ils tous à peu près comment s’exprimer dans ce genre de moment et comment mettre le doigt et un nom sur ce qu’ils pouvaient ressentir en face d’un membre du sexe opposé…ou du même sexe d’ailleurs, le sentiments n’avaient que faire du sexe des deux protagonistes. Mais qu’en était-il du maudit qui se tenait assis sur ce banc ? Était-il aussi à l’aise avec les hauts et las bas que lui faisait subir son cœur ou bien était-il aussi paumé qu’il semblait l’être le reste du temps ? Si vous connaissez le personnage, vous connaissez déjà la réponse.

Entre ressentir de la chaleur émerger en lui et être capable de mettre un nom sur ce qu’il était en train de ressentir, il y avait vraiment tout un monde et Kyoshiro était encore très loin d’être capable de franchir une telle distance, personne ne lui avait jamais appris à écouter son cœur alors il se contentait de vivre intensément les choses en n’étant pas toujours capable de mettre un nom sur ce qu’il ressentait. Était-ce ce l’amour qui grandissait en lui ou simplement un attachement très prononcé ? Il n’était absolument pas capable de le dire, le concept même d’amour lui semblait assez lointain et flou pour tout dire.
La conversation reprenant donc son cours, la demoiselle en vint à remercier le jeune homme de savoir comment trouver les mots pour la rassurer. Le savait-il vraiment ? Non, il se contentait de laisser parler son cœur sans savoir si cela aurait vraiment l’effet escompté, sans même savoir quel effet il cherchait à provoquer en fin de compte. Mais, soulagé de voir sa camarade rassurée, il répondit donc :

« À ma place tu aurais fait la même chose. »

Laissant tous deux parler leurs cœurs, les deux camarades s’étreignirent sans un mot, profitant du moment présent en se moquant des éventuels passants qui pourraient les regarder d’un œil amusé. Qu’en avaient-ils à foutre, au fond ? N’avaient-ils pas le droit de profiter d’un petit moment de bonheur de temps en temps ? Bien sûr que si. Écoutant à présent sa camarade l’enjoindre à rester en vie coûte que coûte, c’est avec un sourire amusé que le bretteur s’exclama

« C’est promis, je ne tomberai pas. »

C’est en prononçant ces quelques mots qui, pour quelqu’un d’autre, n’auraient qu’une très faible signification que le jeune homme réalisa pour est-ce que certains hommes pouvaient se battre avec un tel acharnement. Certes la plupart d’entre eux se battaient pour faire de leur rêve une vérité, pour accomplir leur objectif, mais certains donnaient tout ce qu’ils avaient parce que quelqu’un les attendait chez eux. Parents, frère, sœur, femme, fils ou fille, les liens du sang et de l’amour arrivaient même à transcender les plus grands et nobles des objectifs. Kyoshiro n’avait jamais vraiment eu un tel lien auparavant, mais aujourd’hui il comprenait et tint à faire part à sa camarade de ce qu’il venait de réaliser.

« Maintenant je comprends pourquoi il se bat avec une telle ferveur. C’est donc ce qu’on ressent quand on a quelqu’un pour qui vivre, je comprends mieux. »

Qui était ce « il » ? Son camarade blondinet et capitaine, bien évidemment, car tous savaient qu’il était amoureux d’un membre de son équipage et qu’elle était sa raison de vivre d’une certaine façon. Maintenant le bretteur comprenait enfin, il avait mis le temps à comprendre mais il comprenait mieux. Laissant à présent la demoiselle jouer avec ses yeux, plongeant ses prunelles de braise dans les siennes, c’est sur un petit ton amusé qu’il répondit :

« Ça tombe bien, j’ai tout le temps du monde et je ne compte aller nulle part. Je suis tout à toi. »

Aussi dévoué qu’il puisse être envers son équipage et l’objectif que poursuivait son capitaine, quel qu’il puisse être, cela ne voulait pas pour autant dire que le jeune maudit devait mettre sa vie entre parenthèses jusqu’à l’accomplissement de cet obscur but. Devait-il s’empêcher de vivre et se couper de toute source de bonheur pour le bien de l’équipage ? Non, il s’y refusait et ne le ferait jamais. Il avait envie de vivre, de profiter de la vie et rien ne saurait faire plier cette volonté, pas même son capitaine. Alors oui il n’était pas là où son capitaine l’attendait, il n’était pas sur Graou, mais c’était la première escapade personnelle qu’il s’autorisait depuis qu’il avait rejoint cet équipage. N’avait-il pas le droit à un peu de repos de temps en temps ? Non, il n’avait même pas à répondre à cette question, quand il s’agissait de sa vie privée il n’avait de compte à rendre à personne, pas même à ses compagnons d’armes.

Sentant cette chaleur grandir en lui et venir faire rougir ses joues, alors qu’un début de gêne commençait à pointer le bout de son petit nez, Kyoshiro ne put s’empêcher de faire part de son incertitude à sa camarade en lui posant une question simple :

« Pour être tout à fait honnête avec toi, il y a bien un truc que j’ai subitement envie de faire mais je ne sais pas vraiment si ce serait sage. Dans ce genre de moment, tu penses qu’il faudrait rester raisonnable ou laisser parler son cœur ? Je ne sais jamais vraiment trop. »

Quoi ? Il avait beau commencer petit à petit à comprendre le message que son cœur voulait lui faire passer, il restait indécis sur certains points et peut-être que sa camarade serait à même de lui donner son avis. Ou peut-être comprendrait-elle ce qu’il voulait faire et lui donnerait-elle son approbation ou non. Advienne que pourra, la question était lancée.








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MessageSujet: Re: [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]   Lun 19 Oct 2015 - 10:54




Et si on se retrouvait un peu ?


    Lorsque Kyoshiro me fit la promesse de ne jamais tomber, je m’en sentis plus que réjouie. Après tout, c’était la seule réponse que j’attendais, je n’en voulais pas une autre. Par la suite, il ajouta qu’il comprenait mieux pourquoi un individu, dont il ne désigna par directement l’identité, se battait avec tant de force. En effet, lorsqu’on avait quelqu’un à retrouver, on ne pouvait pas se laisser écraser par l’ennemi et cela pouvait donner une force incroyable, que des ennemis qui n’avaient pas les mêmes ambitions ne pouvaient parfois pas surmonter. Une façon de devenir plus puissant d’une certaine manière, tout en se rendant plus vulnérable.

    Alors que je partageais à mon camarade mon désir de ne pas le voir partir, celui-ci me répondit qu’il n’avait pas l’intention de s’en aller ce qui me fit doucement sourire. Néanmoins, il fallait bien reconnaitre que nous ne resterions pas assis sur ce banc tout le long de notre vie. Il était difficile d’admettre que, tôt ou tard, il allait devoir partir de son côté et moi du mien. Mais, pour le moment, je n’avais pas envie de penser à ça. Il valait mieux profiter de l’instant présent sans trop se soucier du futur. De toute façon, cela ne servirait pas à grand-chose. Je me contentai donc de la réponse de Kyoshiro sans rien y ajouter.

    Le voyant soudainement tourner au rouge, je ne compris pas bien la raison de ceci. Avais-je fait quelque chose qui ne fallait pas ? Visiblement, non. En effet, lorsqu’il prit la parole, je compris mieux ce qui le mettait dans un tel état, sans être certaine de cette chose qu’il souhaitait faire. Après tout, cela pouvait être tout et n’importe quoi, mais cela avait soudainement attisé ma curiosité. Et, d’une nature très curieuse, j’avais absolument envie d’en savoir plus. Hors de question pour moi de rester dans l’ignorance, c’était peut-être la chose que je supportais le moins.

    Prenant la peine de réfléchir aux paroles de mon camarade avant de lui offrir tout de suite ma réponse, mes yeux devaient certainement déjà pétiller de curiosité et la réponse devait déjà apparaitre clairement dans ceux-ci. Néanmoins, je n’allais pas lui offrir une simple réponse infondée, alors qu’il avait déjà tout fait pour me soutenir et me rassurer. Ce fut donc après quelques secondes d’intense réflexion, que je répondis, toujours en souriant :

    - Je suppose qu’il vaut mieux suivre son cœur que sa tête. Après tout, à force d’être trop raisonnable, on finit par ne plus profiter de la vie et regretter certaines choses qu’on aurait pu faire. Du moins, c’est ce que je pense. Et puis, sommes-nous des personnes raisonnables ? Une personne raisonnable ne se jetterait pas dans l’aventure de cette manière.

    La réponse avait l’avantage d’être plutôt claire et sincère. Néanmoins, rien ne garantissait qu’elle convainque totalement Kyoshiro. Après tout, c’était à lui de décider de ce qu’il voulait faire. Mais il fallait bien reconnaitre que je serais déçue si je ne découvrais pas ce qu’était cette fameuse chose. Reprenant la parole, je lui dis donc :

    - Et puis, maintenant, j’ai envie de savoir ce que tu veux faire !

    Le fixant avec des yeux brillant de curiosité, j’attendais sa réponse avec impatience. J’étais presque en train de lui forcer la main sans m’en rendre compte, mais, s’il refusait, je ne lui en voudrais pas après tout.



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MessageSujet: Re: [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]   Lun 19 Oct 2015 - 21:48






Et si on se retrouvait un peu ?











Tout aussi naturel et jovial que puisse être le jeune homme qui se présentait devant vous, si sympathique et plein d’entrain à chaque instant de sa vie, il est de mon devoir de vous mettre en garde contre les apparences qui sont bien trop souvent trompeuses. En effet même si le jeune homme n’avait comme principal objectif que de venir en aide à ceux qui en avaient vraiment besoin et de faire avancer les choses, même à son petit niveau, il était un garçon qui se prenait régulièrement la tête. À quel sujet ? Eh bien au sujet de l’image que les autres pouvaient avoir de lui et, si pour vous cela pourrait sembler être un détail sans grande importance, pour un garçon aussi peu sûr de lui c’était quelque chose qui lui trottait dans la tête en permanence. Aider les gens était une chose, certes, mais être apprécié de ces mêmes gens était quelque chose de tout aussi important à ses yeux.

Mais pourquoi est-ce que je mets à vous raconter tout ça, d’ailleurs ? Ah oui, c’était pour vous expliquer qu’aussi spontané ce jeune bretteur puisse être parfois, il lui arrivait régulièrement de gamberger pour tout et n’importe quoi et le domaine du cœur n’y faisait certainement pas exception. Alors oui, il lui semblait normal de demander conseil à sa camarade car aussi similaires soient-ils sur certains points, avoir un point de vue extérieur ne faisait clairement jamais de mal.
Ainsi la demoiselle ne tarda pas à effacer tout doute de l’esprit de son camarade qui savait à présent qu’être raisonnable ne marchait qu’un temps seulement, et qu’il fallait oser prendre son courage à deux mains et suivre son cœur au bout d’un moment. Si une partie de lui n’était pas totalement satisfaite par cette réponse, par couardise ou timidité sans doute, au fond de lui le maudit savait que c’était bien la chose à faire car il avait toujours suivi son cœur et ce dernier ne lui avait jamais vraiment fait défaut.

Souriant à la réponse de la demoiselle, la toisant de son regard de feu, le bretteur prit une profonde inspiration afin de rassembler son courage et osa enfin passer à l’action. Posant délicatement sa main sur la joue de la demoiselle, pour la caresser aussi légèrement que possible, il observa la demoiselle l’espace d’un instant en essayant de devenir quelle pourrait être sa réaction face à ce qu’il s’apprêtait à faire. Il aurait pu y réfléchir toute la journée que cela n’aurait pas pu lui apporter de réponse pour autant, il devait le faire et trop y penser ne serait que reculer pour mieux sauter.

Sans perdre davantage de temps en réflexions stériles, il tint à prouver son attachement à la demoiselle en déposant un discret mais doux baiser sur ses lèvres, avant de s’y écarter. Pourquoi ? Parce que la surprise serait certainement de taille, il n’avait pas en plus envie de lui sauter dessus et de l’oppresser. Aussi agréable que celui puisse être pour lui, il s’agissait désormais de voir si la demoiselle allait être surprise, dégoutée ou ravie par cet élan d’affection inattendu. S’écartant d’elle, une gêne évidente sur le visage, il conclut par un :

« Voilà ce que mon cœur me disait de faire. »









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MessageSujet: Re: [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]   Mar 20 Oct 2015 - 11:24




Et si on se retrouvait un peu ?


    Patientant pour connaitre la réponse de Kyoshiro, celle-ci ne tarda pas tant que ça et ne fut pas d’une forme à laquelle je m’attendais. Mais peu importe, cela avait au moins l’avantage certain de satisfaire ma curiosité. Cela commença par sentir simplement sa main se déposer sur ma joue. Si ce n’était que ça, je risquais d’être un peu déçue. Néanmoins, malgré les quelques instants de pause qui suivirent ce geste, le reste ne tarda pas à arriver.

    N’ayant même pas le temps de sourciller, cela continua par la sensation des lèvres de Kyoshiro contre les miennes. Ce fut court, mais intense. Un moment éphémère qui ne dura que l’espace d’un instant, qui passa presque trop vite à mes yeux. Après tout, sous le coup de la surprise, je n’avais pas pu en profiter pleinement et pourtant j’avais déjà l’impression d’avoir été transporté dans un autre monde. Cela avait suffit à arrêter le temps à tel point que je ne parvins même pas à percevoir ce que venait de me dire la personne à mes côtés. C’était loin de tout ce que j’avais déjà pu ressentir dans ma courte vie et de tout ce que j’avais pu imaginer.

    Restant stoïque de longues secondes, je laissai le temps à mon rythme cardiaque de revenir à une cadence plus ou moins normale. Qui aurait cru qu’un simple baiser pouvait provoquer une telle tempête émotionnelle ? Pourtant, cela était en train de m’arriver et j’avais plus que du mal à la contrôler. Le mieux était peut-être de se laisser emporter, de ne plus chercher à résister. Prenant alors la parole, je dis simplement :

    - Je crois que j’aime bien quand tu suis ton cœur…

    Des mots qui pouvaient avoir l’air d’une grande naïveté. C’était probablement le cas. À mes oreilles, cela sonnait surtout comme un aveu. Adressant un sourire timide à mon interlocuteur, j’avais du mal à croiser son regard sans en rougir. C’était déstabilisant, mais je me sentais capable de le surmonter.

    Sans lui demander son avis, ce fut à mon tour d’approcher mon visage du sien pour déposer un baiser timide sur ses lèvres que je laissais durer plus longtemps que le précédent. Assez longtemps pour que ma tête commence à me tourner sous le coup de l’émotion. C’était une sensation que j’avais envie de ressentir jusqu’à la fin de mes jours. Décrochant mes lèvres, je m’écartai quelque peu pour dire :

    - Chacun son tour !

    Le fixant, j’avais du mal à détourner le regard, j’avais l’impression d’être comme hypnotisé. Totalement inconsciente de tout le reste. Je me demandais combien de temps je resterai encore dans cet état. Cela risquait d’être long tant que Kyoshiro serait là, mais cela ne posait aucun problème pour le moment. J’avais conscience que, dès le moment où Kyoshiro partira, je me sentirais totalement perdue, comme si une partie de moi s’en allait avec lui. Soupirant en fermant les yeux, je repris la parole :

    - On forme un duo de choc, tu ne trouves pas ?

    La réponse paraissait évidente. En me rappelant des quelques instants que nous avions vécu ensembles, je savais bien qu’ils étaient uniques en leur genre et que, même s’ils étaient rares, je n’aurais pu les vivre avec personne d’autre. Il n’y avait qu’à nous que ce genre de choses arrivait.



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MessageSujet: Re: [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]   Mar 20 Oct 2015 - 23:14






Et si on se retrouvait un peu ?












Ce serait un peu précipité que de dire que le garçon ici présent était un couard qui n’osait pas affronter les épreuves qui se présentaient à lui, ce serait plus exact de dire qu’il était plus à l’aise dans le domaine du combat que dans le domaine du cœur. N’est-ce pas un bien triste constat ? Être plus à l’aise un sabre à la main d’en face d’une demoiselle ne dénotait pas d’un attrait particulier pour la violence, contrairement à ce que vous pourriez penser, mais simplement une plus grande facilité à faire parler son cœur que son cœur. Conceptuel, n’est-ce pas ? Mais cela venait aussi du fait qu’en combat tout était blanc ou noir en général, il y avait la victoire ou la défaite mais pas vraiment de juste milieu, contrairement à la diplomatie et à ce qui avait attrait au cœur qui était un domaine un peu plus flou.

Alors vous imaginez bien qu’au moment de montrer à une demoiselle à quel point elle ne le laissait pas indifférent, outre le bordel qui s’installait dans sa tête il n’était pas vraiment à l’aise. Que dire ? Que faire ? Quelles erreurs éviter ? Voilà à peu près tout ce qui se passait dans sa petite tête mais au-delà de ce brouhaha incessant s’élevait une voix qui lui posait une seule question : Et si elle le repoussait ?
Mais franchement à quoi est-ce qu’il pensait ? Il donnait un conseil à sa camarade sur le fait de ne pas être contrôlé par sa peur et voilà qu’il laissait cette émotion le freiner dans sa démarche affective ? Faites ce que je dis mais pas ce que je fais, c’est ça ? Non, il ne devait pas se laisser freiner de la sorte et prit donc la décision d’enfin passer à l’action.

Tout intense et doux que ce moment put être, le garçon lâcha un gigantesque soupir de soulagement lorsque la demoiselle lui avoua qu’elle appréciait ce genre d’initiative. Qui l’eut cru ? Ce poids sur son estomac s’envola immédiatement et le jeune homme ne put s’empêcher de sourire à sa camarade. Pourquoi ? Parce qu’il en avait envie, tout simplement, sans arrière-pensée d’aucune sorte.

« Pour être tout à fait franc, j’ai beau te dire que je ne veux pas vivre en laissant ma peur dicter mes actes, ma plus grande crainte était quand même que tu n’apprécies pas du tout ce que mon cœur vient de me dire de faire. Je ne sais pas trop pourquoi…j’étais parti du principe que personne ne pourrait être réceptif à ça. C’était stupide, je sais, mais je suis content et soulagé de voir que j’avais tort. »

S’ils devaient être amenés à faire un petit bout de chemin ensemble, la moindre des choses serait d’être parfaitement honnête avec la demoiselle à commencer par ses angoisses, aussi insignifiantes et infondées puissent-elles être. Enfin bon, maintenant que c’était dit et que la demoiselle avouait qu’ils formaient tous deux un duo de choc, c’est avec un sourire que Kyohsiro acquiesça d’un

« Le meilleur qui soit. »

Se levant ensuite du banc, le jeune homme tendit délicatement sa main à la demoiselle, paume vers le haut, afin de lui proposer d’aller faire un tour d’ailleurs. Oh non n’allez pas vous imaginer quelque chose de sordide, ce n’était pas le genre du bonhomme, mais ils n’allaient pas rester sur ce banc toute la sainte journée.

« Je ne sais pas toi, mais moi ça me dirait bien qu’on décolle un peu de ce banc. Tu as faim, peut-être ? Ou alors tu as un autre endroit que tu aimerais visiter ? Ne connaissant pas trop cette île je m’en remets un peu à toi. »











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MessageSujet: Re: [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]   Mer 21 Oct 2015 - 22:55




Et si on se retrouvait un peu ?


    Lorsque Kyoshiro me répondit que nous étions le meilleur duo qui soit, cela me fit sourire. Au moins, il était d’accord avec moi sur ce point. Se levant du banc, il me tendit alors sa main pour me proposer d’aller visiter d’autres endroits, m’indiquant que je deviendrais probablement le guide touristique de cette petite expédition. Malheureusement pour lui, je ne connaissais pas beaucoup les lieux et, de ce que j’en savais, il n’y avait pas beaucoup d’endroits où on pourrait passer un moment tranquille. Après tout, mis à part des bars malfamés où les chasseurs de primes s’amusaient à saouler leurs victimes, il n’y avait pas grand-chose dans les parages.

    Attrapant finalement la main qu’on me tendait en y entrelaçant mes doigts, je me rendis compte que c’était généralement ce que faisaient les couples d’amoureux. Etait-ce ce que nous étions ? Probablement, mais les choses étaient encore bien différentes de ce qu’on pouvait imaginer. Après tout, nous n’étions pas vraiment normaux, même plutôt atypique. Mais cela avait peu d’importance.

    Commençant à nouveau à marcher, mes pas me semblaient très légers, comme si je volais. Cela avait certainement un lien avec ce qui venait tout juste de se passer, mais je ne fis pas immédiatement le lien, flottant toujours un peu sur mon petit nuage, déambulant sans vraiment savoir où je mettais mes pieds, ne m’en préoccupant absolument pas. N’ayant même pas conscience s’il y avait des gens autour de moi, ayant totalement oublié le fait que nous n’allions pas passez notre vie à marcher.

    Secouant doucement ma tête pour sortir de ma rêverie, je me raclais la gorge pour prendre la parole et me forcer à redescendre sur terre :

    - Voyons voir, qu’est-ce qu’on pourrait bien faire dans un endroit grouillant de chasseur de primes idéal pour des gens comme nous ? J’avoue avoir un peu faim, mais je n’ai pas croisé beaucoup de restaurants dans le coin, et la plupart ont l’air quelque peu… Dangereux.

    Commençant à réfléchir tout en marchant, une idée me vint alors à l’esprit, en imaginant que celle-ci soit possible :

    - Le mieux serait peut-être de trouver quelque chose qu’on pourrait emporter et manger dans un endroit tranquille. J’avoue ne pas être rassurée à l’idée de manger au milieu de chasseurs de primes qui pourraient vouloir notre peau.

    Fallait-il vous rappeler que la prime sur ma tête suffisait à m’inquiéter quelque peu ? Après tout, même si je n’avais pas évoqué le sujet avec Kyoshiro, peut-être était-il au courant… Ou peut-être pas. Valait-il mieux qu’il le soit ou non ? De toute façon, il l’apprendrait d’une façon ou d’une autre, non ? Autant ne pas chercher à lui cacher. Reprenant la parole, je dis alors, d’une voix discrète, ne voulant pas que tout le monde l’entende :

    - Je ne sais pas si tu es au courant, mais… depuis quelques temps une prime a été mise sur ma tête.

    Gardant le silence, je jetai un coup d’œil vers mon interlocuteur, guettant sa réaction. Serait-il surpris ? Inquiet ? Horrifié ? En colère ? Seul l’avenir nous le dirait. En attendant, il fallait trouver quelque chose à faire et la faim commençait à me tenailler de plus en plus l’estomac !



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MessageSujet: Re: [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]   Jeu 22 Oct 2015 - 2:04






Et si on se retrouvait un peu ?












Une fois que le jeune homme put enfin se libérer de ce poids en avouant à sa camarade qu’il avait craint son rejet, rejet qui n’avait pas eu lieu, les deux individus purent enfin décoller de ce banc et reprendre leur petite balade sur cette île où Kyoshiro ne connaissait rien ni personne. D’ordinaire découvrir de nouveaux endroits ne gênait pas du tout le jeune bretteur, c’était d’ailleurs tout le contraire, mais il devait bien avouer qu’ici l’ambiance était un peu plus grave et maussade. Les gens étaient plus secs et moins ouverts à la conversation que ceux que le maudit avait l’habitude de croiser sur les autres îles, ils avaient tous des têtes à faire peur et se prenaient bien trop au sérieux au goût de ce garçon.
Ainsi, quand la demoiselle évoqua certains coins trop dangereux pour être fréquentés, c’est avec un sourire bienveillant que le jeune homme lui répondit :

« C’est vrai que l’ambiance laisse un peu à désirer mais je suis sûr que les gens d’ici ne sont pas de mauvais bougres. C’est parce que l’endroit ne semble pas très hospitalier que les gens sont comme ça, je pense. »

Avez-vous oublié qu’il s’efforçait de toujours voir le meilleur des gens plutôt que le pire ? Alors oui, il s’efforçait de se persuader que ce n’était pas totalement leur faute s’ils étaient aussi bourrus et patibulaires mais que c’était plutôt lié à cette île assez peu hospitalière. Était-ce vrai ? En partie, peut-être, mais c’était ce que voulais croire le jeune homme et c’était là tout ce qui comptait. Écoutant sa camarade lui parler de ses préférences pour prendre un truc à emporter plutôt que de rester assis dans un endroit , le jeune homme commença à observer les environs avant de répondre :

« Je suis sûr qu’on doit bien pouvoir trouver une sandwicherie, quelque part dans le coin. Ça devrait faire l’affaire. »

Le duo continua sa petite route et, une fois arrivés à un croisement où ils allaient sans doute rencontrer des gens, la demoiselle annonça le plus simplement du monde à son camarade qu’elle était désormais recherchée pour une coquète somme d’argent. D’autres se seraient affolés d’une telle nouvelle ou se seraient empressés de fuir loin de cette criminelle, mais Kyoshiro ne put s’empêcher de sourire et, prenant ça avec légèreté, lâcha :

« Ah oui, quand tu disais que tu avais presque réussi à éviter les ennuis tu ne plaisantais pas. Je sais que ça ne me regarde pas, mais qu’est-ce qui t’a valu une telle attention ? »

Même si le jeune homme avait longtemps été ignorant des codes qui régissaient ce monde, il savait que le gouvernement mondial mettait des primes sur les têtes d’individus dont ils voulaient se débarrasser, d’individus gênants ayant attiré son attention de bien des façons. Alors évidemment qu’il voulait savoir ce qu’avait bien pu faire sa camarade, mais cela ne voulait pas dire qu’il ne la défendrait pas le moment venu. Au contraire.
Mais à force de réfléchir à cette fichue histoire de primes, le jeune homme vint à penser à un détail qui avait son importance.

« À vrai dire, en y réfléchissant bien, j’imagine que sans mon capitaine j’en aurais déjà eu une. Je suppose que je devrais lui être reconnaissant. En même temps, sans lui je n’aurais sans doute pas été mêlé à autant de combats. Hum, c’est compliqué. »

Il savait que de par son nouveau statut son capitaine avait quelques libertés, mais un pirate restait un pirate et en d’autres circonstances lui et tout l’équipage auraient déjà eu des primes sur leurs jolies petites têtes depuis belle lurette. Mais au fond Kyoshiro était reconnaissant envers son capitaine pour l’avoir poussé à se battre aussi souvent car il n’aurait jamais autant grandi sans tout ça…un mal pour un bien en quelque sorte. Faisant quelques pas et voyant une sandwicherie à quelques mètres sur la droite, c’est en repensant à cette histoire de prime et à ce qu’avait dit la demoiselle sur les chasseurs de primes présents sur cette île qu’il réalisa le plus évident :

« Mais du coup, c’est très risqué pour toi d’être sur cette île, si elle est bourrée de chasseurs de primes. Tu veux que j’aille nous chercher à manger pendant que tu trouves un coin tranquille, où personne ne viendra nous chercher ? Je n’ai pas envie que tu te mettes en danger pour un repas. »












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MessageSujet: Re: [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]   Jeu 22 Oct 2015 - 14:34




Et si on se retrouvait un peu ?


    Alors que je proposais à mon camarade de manger quelque chose à emporter, celui-ci répondit par l’affirmative, songeant qu’on trouverait certainement quelque chose de ce genre dans les parages. Ce n’était pas vraiment le genre de repas dont on pouvait rêver, mais c’était déjà mieux que rien. Et puis, de toute façon, je n’avais pas l’intention de faire la difficile. La nourriture n’était que secondaire.

    En annonçant à Kyoshiro que ma tête était mise à prix, celui-ci eut une réaction à laquelle je ne m’attendais pas, prenant cela avec légèreté. Je m’attendais à tout, sauf à ça. Il me demanda ce qui m’avait valu cette prime. Ce n’était pas un secret, donc je n’hésitai pas une seconde à lui expliquer en quelques mots la situation dans laquelle je m’étais trouvée :

    - Disons que j’ai aidé des hors-la-loi à tenir tête à des membres du Gouvernement. Je suppose qu’ils n’ont pas beaucoup apprécié.

    Ce n’était pas qu’une simple supposition, c’était certain. Après tout, les primes existaient pour se débarrasser des éléments gênants, ce que j’étais donc devenue. Cela ne m’embêtait pas outre mesure de toute façon. Tant que celle-ci ne grossissait pas de manière démesurée, je restais plus ou moins toujours en sécurité.

    Kyoshiro reprit alors la parole pour m’expliquer qu’il n’avait pas encore de primes grâce à son capitaine. En effet, cela avait son lot d’avantages après tout. Même si à cause de cette même personne, le pauvre se trouvait mêlé à toutes sortes d’histoires et de combats. Au moins, s’il lui arrivait un malheur, je saurais à qui m’en prendre en premier. Prenant la parole, je dis alors :

    - J’espère qu’il ne te met pas trop en danger et qu’il prend soin de toi tout de même !

    Tout capitaine qui se respectait devait prendre soin des membres de son équipage, non ? Et puis, si Kyoshiro restait à ses côtés, c’était probablement le cas, il ne resterait certainement pas aux côtés d’un individu qui le tyrannisait. Bien sûr que non. Soudainement, un endroit où on pouvait s’acheter à manger apparu. Souriant, j’étais déjà prête à me diriger vers là-bas, mais la voix de Kyoshiro m’en dissuada, me proposant de ne pas plus me mettre en danger et de chercher un endroit tranquille à la place.

    L’idée de me séparer de lui ne me plaisait absolument pas et, de toute façon, si des chasseurs de primes étaient présents, il m’avait probablement déjà repéré. À deux, nous serions certainement plus forts et plus en sécurité. M’agrippant plus fermement au bras de Kyoshiro, je lui dis alors :

    - Je refuse qu’on se sépare. De toute façon, qu’on reste ensemble ou pas ne changera plus grand-chose à ce stade, non ?

    N’attendant pas vraiment qu’il donne son avis, je me dirigeais vers la sandwicherie, l’entrainant avec moi. Regardant ce que celle-ci proposait, il y avait même de délicieux desserts, certainement ce que je pourrais manger sans arrêt. Néanmoins, j’allais me contenir cette fois-ci et n’en prendre qu’un seul. Une fois mon choix fait, je pris la commande, attendant que Kyoshiro choisisse à son tour, n’ayant toujours pas lâché sa main depuis le début de la promenade. J’avais certainement l’air très collante, mais peu importe.

    - Essayons de trouver un endroit loin du regard des gens pour la suite !

    J’avais envie d’un peu d’intimité et, surtout, de ne pas être sur mes gardes en permanence, à l’affût du moindre danger.



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MessageSujet: Re: [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]   Jeu 22 Oct 2015 - 19:41






Et si on se retrouvait un peu ?












La plupart des gens civilisés ne juraient que par les lois et le politiquement correct, rejetant tous ceux qui ne rentraient pas totalement dans les normes de cette société et qui tentaient de s’en démarquer pour affirmer leur individualisme. La plupart des gens diabolisaient toute forme de criminalité, du simple larcin jusqu’au plus ignoble génocide et ne voulaient rien avoir à faire avec les criminels de tous poils, seuls les marginaux pouvaient donc en accepter d’autres dans leur entourage. Qui se ressemble s’assemble, n’est-ce pas ?
Aussi le jeune homme ne fut pas vraiment choqué quand sa camarade lui annonça qu’elle avait désormais une prime sur sa tête, évidemment cela l’attristait car cela signifiait que des chasseurs de primes ne cesseraient plus jamais de la traquer pour l’arrêter, mais ce n’était pas comme s’il pouvait faire quelque chose pour faire disparaître cette maudite prime. Le plus dur dans l’existence d’un individu était d’admettre qu’il n’avait pas vraiment contrôle sur ce qu’il voulait, la prime ne faisait pas exception.
La demoiselle avoua donc s’être opposée aux forces de l’ordre et que cette action fut suffisante pour s’attirer l’attention du gouvernement mondial, Kyoshiro acquiesça d’un discret hochement de tête et, d’un sourire bienveillant et rassurant, lui répondit :

« J’imagine oui. Bah ne t’en fais pas pour ça, au pire je suis là pour surveiller tes arrières. »

Oui il savait bien qu’il ne pourrait pas toujours être aux côtés de la demoiselle mais ça ne coûtait rien d’essayer de la rassurer par quelques mots, afin qu’elle ne s’en fasse pas trop pour la suite des évènements. Continuant leur petite randonnée, les deux tourtereaux poursuivirent leurs échanges jusqu’à ce que la demoiselle s’interroge sur la façon dont le capitaine de Kyoshiro traitait ce dernier et le tenait éloigné des emmerdements.
Souriant à cette phrase, tout amusé qu’il était par cette phrase en se rendant compte à quel point la demoiselle pouvait tout ignorer de la vie du garçon lorsqu’il s’agissait de combattre et de protéger ses camarades, le concerné répondit :

« Je crois que je n’ai pas vraiment besoin de lui pour me mettre en danger, mais c’est un passage obligé si on veut continuer à avancer. Ça ne me plaît pas toujours, mais malheureusement la volonté seule ne fait pas toujours avancer les choses. Parfois il faut mettre la main à la pâte. »

Faisant une petite pause en s’arrêtant à un croisement de rue, le garçon termina son explication par un :

« Nous sommes un peu comme une famille, je pense. Une famille étrange mais une famille quand même. Nous prenons soin les uns des autres. »

Bien sûr que le concept de famille était différent d’un individu à un autre mais le bretteur avait la ferme conviction que la famille ne s’arrêtait pas uniquement aux liens du sang et que des frères d’armes pouvaient être aussi considérés comme des frères et sœurs, car ils mettaient leur propre vie dans les main d’autrui.
Coupant court à cette conversation en proposant à la demoiselle d’aller lui-même chercher à manger pour qu’elle ne s’expose pas davantage, Kyoshiro fut surpris de voir la demoiselle s’accrocher à lui avec plus d’intensité, affirmant que cela ne ferait pas vraiment une grande différence depuis le temps qu’ils se baladaient ensemble.

« D…d’accord, tu as sans doute raison. »

S’empressant d’aller prendre des sandwiches qu’ils mangeraient d’ici peu, le duo se dirigea sans attendre vers le bord de mer. Pourquoi ? Parce qu’ils trouveraient sans doute une plage ou un endroit calme, au bord de mer, où personne ne penserait à venir les faire chier. Non ? Tout du moins était ce qu’espérait vraiment le jeune bretteur quand il se remit à marcher.








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MessageSujet: Re: [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]   Ven 23 Oct 2015 - 17:26




Et si on se retrouvait un peu ?


    Lorsque j’exprimai mon refus de quitter Kyoshiro, celui-ci sembla plutôt surpris par ma réaction, sans pour autant la relever, il se contenta de répondre par l’affirmative. Et nous voilà donc en train de nous acheter de la nourriture basique qui, pourtant, suffirait à nous combler pour le moment. Je n’avais pas l’habitude de manger des repas de luxe de toute façon, cela n’allait pas changer aujourd’hui.

    Nous remettant à marcher, nos pas nous emportèrent en direction de la plage, des endroits où on pouvait trouver du calme, surtout si on s’éloignait un peu des endroits bruyants et grouillants de personnes. Il devait bien exister des plages isolées où personne ne se dirigeait. Le genre de petit endroit un peu difficile d’accès que personne ne connaissait vraiment. Avant d’atteindre la plage, je pris l’initiative de reprendre la parole, ne voulant pas laisser un long silence entre nous :

    - Je suppose que tu as raison pour la famille… Après tout, les membres d’une même famille se protègent, c’est normal !

    Gardant le silence l’espace d’une seconde, j’en vins à me poser mille et une questions sur les origines de Kyoshiro et sur sa famille. Je n’en savais presque rien et je n’avais jamais pris la peine de demander. Étrangement, je n’en avais jamais ressenti le besoin, peut-être parce que je ne prenais pas totalement conscience que les autres avaient eu une vie avant celle-ci. Je demandais alors :

    - Est-ce que tu as des frères ou des sœurs ? Qu’est-ce que tu faisais avant de partir à l’aventure ? Qu’est-ce qui t’a décidé à mener ce genre de vie ?

    Arrêtant à là mon flot de questions, je savais que cela faisait déjà beaucoup et j’en avais encore pleins d’autres en stock, mais, pour le moment, je n’avais pas envie de le harceler et de le forcer à me déballer toute sa vie en l’espace de quelques secondes. Néanmoins, j’avais envie de connaitre toutes ces choses.

    - Tu n’es pas obligé de répondre, je suis désolée si je te parais un peu trop curieuse… C’est juste que j’aie envie d’en apprendre un peu plus sur toi !

    Continuant notre petite marche, nous arrivâmes finalement en face d’une plage. Une espèce de petite crique où personne n’aurait l’idée de venir nous chercher et assez isolée du reste du monde. Du moins, c’était ce que j’espérais. Indiquant l’endroit à Kyoshiro, je dis alors :

    - Cela me semble être approprié, non ?

    Il fallait encore marcher un peu pour atteindre la plage, mais cela restait une distance abordable. Et puis, c’était le prix à payer pour la tranquillité, non ? Commençant dors et déjà à me diriger vers celle-ci, je donnais encore l’occasion à mon interlocuteur de me dissuader de cette idée. Il avait peut-être aperçu un meilleur endroit. Après tout, si une averse pointait le bout de son nez, nous ne serions pas à l’abri de celle-ci et cela risquait de ne pas être très agréable. Adressant un sourire à Kyoshiro, j’attendais donc son accord ou non.



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MessageSujet: Re: [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]   Sam 24 Oct 2015 - 0:00






Et si on se retrouvait un peu ?












Ce n’est probablement pas un secret pour vous si je vous dis que la famille est généralement au centre de l’éducation et de la croissance d’un individu, c’est entouré des membres de sa famille qu’il commence à construire ses repères et à adopter des valeurs transmises par ses géniteurs qui, eux-mêmes, les tenaient de leurs parents encore avant ça. Ce n’est donc pas un hasard si bon nombre de personnes à travers le monde font tout pour rester proches de leur famille, aussi bien psychologiquement que géographiquement d’ailleurs. Mais alors comment faisaient les gens qui décidaient de prendre la voie de la mer et de laisser famille et amis derrière eux ? Comment étaient-ils censés garder leurs repères quand ces derniers se trouvaient à des centaines de kilomètres d’eux ? Eh bien la vie avait la bonne idée de montrer à ces gens que la famille et sa proximité ne se limitaient pas aux seuls liens du sang et que d’autres individus pouvaient être assez proches pour être considérés comme une famille de substitution.
Et le jeune homme tombait parfaitement dans ce cas-là, autant dire que sa camarade n’aurait pas pu trouver des mots plus justes pour parler de la famille, il s’agissait avant tout de se protéger les uns les autres pour garder une certaine confiance et, à ces quelques paroles, Kyoshiro n’y répondit que par un sourire amusé.

Une fois le repas commandé et les victuailles entre leurs petites mains, les deux tourtereaux se dirigèrent donc vers une crique mais, en chemin, la demoiselle ne put résister à l’envie de poser à son camarade toute une pelleté de questions avant de s’excuser de cette curiosité. Pourquoi s’excuser ? Kyoshiro était un éternel curieux et il serait bien incapable de jeter la première pierre à quelqu’un sur ce sujet-là. Souriant, comme amusé par la gêne de la demoiselle, il tint à la rassurer par un :

« Mais non, tu n’as pas à t’excuser, c’est normal d’être un peu curieux de temps en temps. »

Lui demandant d’attendre un peu qu’ils soient bien installés pour commencer sa petite explication, réfléchissant déjà à ce qu’il pourrait bien dire pour parler de lui car c’était quelque chose d’assez inhabituel, le jeune homme suivit sa camarade et alla s’installer dans un coin de la crique qui était baignée dans un soleil assez agréable et bienveillant.
S’asseyant à même le sable en ayant pris soin de séparer ses sabres de sa ceinture et de les poser à sa gauche, par précaution, le jeune homme resta silencieux pendant quelques secondes en réfléchissant à la façon dont il pouvait commencer son explication. C’était toujours un exercice assez difficile que de parler de soi en rester objectif mais aujourd’hui l’heure n’était pas à l’objectivité mais à la vérité. Levant les yeux au ciel, l’air penseur et légèrement hésitant, il pris une légère respiration et débuta le plus simplement du monde.

« Malheureusement je n’ai pas eu ce plaisir d’avoir des frères et sœurs, en vérité c’est surtout qu’on ne pouvait pas se le permettre. L’île où j’ai grandi était perdue loin des routes commerciales, son sol n’était que très peu fertile ce qui fait qu’on devait se serrer la ceinture au niveau de la nourriture. Alors une bouche à nourrir en plus, ça allait, mais deux ou plus ? Mes parents ne pouvaient pas se le permettre…personne dans le village ne le pouvait, à vrai dire. »

Bien entendu cela avait toujours été un regret pour lui que de n’avoir personne pour veiller sur lui ou sur qui veiller, un frère ou une sœur avec qui tout partager mais il dut rapidement se faire une raison : c’était pour le bien commun que les familles décidaient d’avoir peu d’enfants et c’était bien là tout ce qui comptait. À quoi bon avoir une famille nombreuse si les parents n’étaient pas capables de nourrir tout le monde ? Cela reviendrait à condamner les plus jeunes et plus frêles à une mort certaine : un destin bien cruel.
Regardant son sandwich avec un petit sourire mêlant nostalgie et amusant, n’arrivant toujours pas à réaliser qu’il pouvait avoir désormais tout ce qu’il voulait après avoir été forcé de se priver pendant si longtemps, le bretteur abaissa ses prunelles de braise vers l’horizon avant de poursuivre son explication :

« Après ça j’ai grandi, je suis devenu curieux du monde qui m’entourait et mes parents m’ont donné leur bénédiction pour que je parte à l’aventure. Si mes souvenirs sont bons, j’avais 8 ans à l’époque, et j’en ai fait du chemin depuis. »

Bien entendu la vérité était bien plus sombre et cruelle que cela, vous la connaissez sans doute déjà, mais le gardien ne jugeait pas son maître encore prêt pour affronter l’horrible vérité. Quand le serait-il ? Bientôt, chaque jour qui passait permettait à ce candide garçon de se renforcer un peu plus, bientôt il serait prêt à encaisser la nouvelle. Souriant en se remémorant des souvenirs fabriqués de toutes pièces, des souvenirs d’une vie illusoire et utopique, Kyoshiro se mit finalement à dévoiler le fond de sa pensée et de son cœur :

« J’imagine que ça a été une décision difficile à prendre pour eux, mais c’est justement pour ça que je m’efforce de vivre pleinement chaque jour. Pour ne pas leur faire regretter leur choix. C’est étrange quand on y pense, tu dois être la première personne à qui je dis tout ça, j’ai rarement l’occasion et l’envie de parler de moi en général.»

Se tournant vers la demoiselle, un sourire amusé au coin des lèvres, il conclut par une simple question :

« Je suppose que tu t’attendais à un histoire avec un peu plus de rebondissements ? »









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MessageSujet: Re: [FB] Et si on se retrouvait un peu ? [PV : Kyoshiro]   Dim 25 Oct 2015 - 11:12




Et si on se retrouvait un peu ?


    Alors que nous étions en train d’atteindre la crique, Kyoshiro me pria de patienter jusqu’à ce que nous soyons arrivés. Heureusement, nous ne tardâmes pas à atteindre un petit coin de paradis. M’installant, je le fixais patiemment, attendant qu’il commence son récit. Lorsqu’il prit finalement la parole, je l’écoutai avec beaucoup d’intérêt et de curiosité.

    C’est donc ainsi qu’il m’expliqua qu’il n’avait jamais eu de frères ou de sœurs car sa famille n’avait pas les moyens de s’occuper d’un enfant de plus. Cela se comprenait facilement. Même si je n’en avais pas vraiment conscience, beaucoup de familles normales souffraient de la pauvreté dans ce monde. Les choses étaient loin d’être parfaites. Ne pas pouvoir manger à sa faim était un terrible mal de son monde, surtout lorsqu’il s’agissait d’enfants qui ne connaitraient peut-être jamais ce plaisir. Peut-être était-ce mieux pour Kyoshiro d’être parti ? Qui sait s’il aurait mieux vécu dans ce genre de situation ?

    Par la suite, il m’expliqua qu’en grandissant, il eut envie de découvrir le monde. Cela était plutôt compréhensible, lorsqu’on vivait sur une île recluse de tout. Il était donc parti à l’aventure, avec l’autorisation de ses parents, à l’âge de huit ans. C’était un peu jeune, non ? Cela me surprit quelque peu, surtout que des parents acceptent que leur fils parte si jeune. Fronçant les sourcils, je n’en dis pas plus pour le moment, écoutant la suite. Il ajouta alors que ce ne fut pas une décision facile pour ses parents et qu’il s’efforçait de profiter de sa vie pour leur faire honneur. Il avait bien raison.

    Ce fut donc la façon dont le récit se termina. Certes, il ne s’agissait pas d’une histoire palpitante pleine de rebondissements en tout genre, mais c’était bien suffisant et cela avait comblé ma curiosité pour un court instant. Souriant à Kyoshiro, je lui répondis alors à ces dernières paroles :

    - Ce n’est pas grave, l’essentiel, c’est que ce soit la vérité, je n’ai pas besoin de plus !

    Avec tout ceci, nous n’avions toujours pas commencé à manger et je commençai à avoir vraiment très faim. Jetant un coup d’œil vers mon sandwich, je décidai que le moment était venu de commencer notre repas, digne des plus grands restaurants ! Prenant la parole, je dis alors :

    - Bon appétit !

    Sur ces mots, je commençai à déguster mon repas avec plaisir. On appréciait bien plus la nourriture lorsque la faim nous tenaillait l’estomac, c’était un fait indéniable. Une fois la première bouchée prise, je recommençai avec mes questions, après tout, j’en avais encore beaucoup à poser, au risque de paraitre un peu embêtante aux yeux de Kyoshiro. Je demandais donc :

    - Comment as-tu rencontré ton Capitaine ?

    Après les questions sur la famille par sang, me voilà à poser des questions sur l’autre famille de Kyoshiro, celle à laquelle il était lié par des liens bien différents, mais peut-être tout aussi puissant, voire bien plus. Être accepté dans un équipage de forbans demandait de la confiance des deux côtés, ce fut bien pour cela que je m’interrogeais sur le pourquoi du comment. Après tout, cela faisait partie de la vie de Kyoshiro, représentait même une importante partie de sa vie.



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