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 Sang et douleur sont mes seuls réconforts [Solo]

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Tenshi Taya
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MessageSujet: Sang et douleur sont mes seuls réconforts [Solo]   Dim 19 Oct - 0:10




Sang et douleur sont
mes seuls réconforts




    Pour la petite fille naïve que j'étais, Shabondy était un lieu paradisiaque où je pourrais facilement passer des vacances tranquillement au milieu de bulles savonneuses que chacun pouvait facilement reproduire dans son bain avec un peu de savon. Après tout, l'aspect de cet archipel était agréable et drôlement jolie. En plus de cela, certains lieux touristiques avaient été aménagés et par-delà tout cela on pouvait y trouver un merveilleux parc d'attraction où je me rendrais certainement sans plus tarder tout en prenant la peine de m'acheter quelques souvenirs.

    Néanmoins, cachés des yeux de cette fillette simplette se trouvait certaines choses plus dangereuses. La présence de la Marine et de nombreux chasseurs de primes et, en plus de cela, un fort pourcentage de Pirates et de hors-la-loi sans foi, ni loi. Ici, je ne pouvais vraiment faire confiance à personne et chaque individu étant censé m'inspirer la pire crainte possible. Néanmoins, un danger bien nouveau venait s'ajouter à tous ceux-ci, plutôt banals. En effet, dans cet archipel, il arrivait régulièrement de croiser ce qu'on appelait des Dragons Célestes. Chacun leur devait le plus grand respect, même si eux n'en faisaient pas vraiment preuve. Ils se pensaient tout permis et toute révolte à l'encontre de ces personnages pouvait entraîner de sévères punitions du Gouvernement Mondial. Je n'avais donc pas le droit de faire parler de moi par ici. Akimitsu avait ajouté à cela que des trafics pour les moins abjects étaient réalisés au vu et au su de la Marine. Un endroit où on s'échangeait de la marchandise humaine comme s'il s'agissait d'objets. J'avais été révolté d'apprendre cela à la seconde même où mon arme avait abordé le sujet. Néanmoins, je n'avais pas le droit à faire un pas de travers, c'était bien trop dangereux. Il est vrai que par ici, je risquais ma vie, je risquais ma liberté, je risquais de tout perdre en un claquement de doigt. Il fallait garder son sang froid. Je n'avais pas le choix. Je ne devais pas perdre de vue mon principal objectif : la recherche d'une personne chère à mes yeux. Pour le moment, je ne l'avais pas encore trouvé, mais personne n'avait vraiment pris en compte ma présence dans les lieux. J'étais passée globalement inaperçue, pour mon plus grand soulagement et pour celui d'Akimitsu. En effet, j'avais pour habitude de m'attirer les ennuis assez facilement. Pour une fois, cela ne s'était pas produit et c'était le mauvais endroit pour que cela arrive.

    Poussant un long soupire, je me promenais innocemment sur l'Archipel, espérant croiser par le plus grand des hasards et par une chance extraordinaire, la personne que j'étais en train de chercher. Il était forcément par ici, cela ne pouvait pas être différent et j'allais bien le croiser à un moment donné. Il est vrai qu'Akimitsu n'était absolument pas en accord avec ce que je faisais. Il avait d'ailleurs pris la peine de se promener à mes côtés sous sa forme humaine, jetant des coups d’œil anxieux tout autour de nous. C'était difficilement supportable, mais je n'avais pas vraiment le choix et, de toute façon, mon avis n'y changerait rien. J'étais certaine que, s'il avait pu, il m'aurait tenu la main pour guider mes pas. Heureusement pour moi, il ne ferait jamais cela, néanmoins il me collait, et cela devenait très gênant. J'avais l'impression d'être suivie et espionnée et, alors que nous marchions, il reprit son éternel discours habituel :

    - Je ne suis pas certain que voir Shiro soit une bonne idée, tu sais... Il n'est certainement plus le même que ce qu'il était le jour où vous vous êtes séparés et tu risques de ne pas apprécier ce que tu vas voir, tu ne crois pas ?

    Cela commençait à fortement m'agacer et je lui répondis d'une façon qui se voulait dure et interdite de toutes contestations :

    - J'ai compris que tu ne voulais pas que je le revois, mais je ne vois vraiment pas pourquoi. J'ai besoin de ça pour pouvoir avancer, besoin de savoir ce que lui est devenu pour peut-être trouver enfin ma voie. Tu es incapable de comprendre. Je ne sais absolument pas qui je suis. Ma date de naissance, mon lieu de naissance, mon nom, mon prénom, le visage de mes parents, de mes amis. Je n'ai rien sur quoi m'appuyer mis à part lui. C'est le seul qui est capable de me comprendre alors que toi... Toi, tu ne connais rien de tout ça, tu ne sais rien et tu es incapable de faire preuve d'un peu de compassion à mon égard, d'essayer de me comprendre.


    Croisant les bras, il continua à me suivre dans le plus grand des silences. Je me demandais s'il réfléchissait à ce qu'il devait répondre, s'il n'avait rien à dire ou s'il me trouvait tout simplement trop stupide pour partir dans de longues explications. Soudainement, il laissa ses bras pendre le long de son corps, prit une grande inspiration pour finalement me dire :

    - Je vais faire un tour, retrouve-moi à l'hôtel quand tu auras fini.

    Je me demandais si mes mots l'avaient blessé, mais cela restait tout de même trop peu probable pour être vrai. Il est vrai que je n'avais pas été d'une grande douceur. Haussant les épaules, je le regardais s'éloigner de moi sans un mot. De toute façon, je n'allais pas lui demander de revenir. Je voulais qu'il me laisse tranquille. Je repris donc ma promenade. Je n'avais jamais été douée pour trouver quelqu'un, en vérité, je n'avais jamais vraiment cherché et j'avais peur de demander aux gens qui m'entouraient. J'avais peur de demander à la mauvaise personne et de m'attirer des ennuis. En plus de cela, je ne savais même pas si Shiro se faisait appeler ainsi dans les environs. Après tout, cela ne restait qu'un prénom inventé, rien de plus. Soupirant, je regardais autour de moi, cherchant des yeux sa chevelure noire caractéristique et que je ne pouvais confondre avec aucune autre. Alors que je fouillais autour de moi, je sentis soudainement une main saisir doucement mon bras, sursautant, je voulus appeler de l'aide, mais la voix m'en dissuada :

    - Pas un mot.

    Je ne devais pas faire parler de moi, je suivis donc l'individu sans trop savoir ce qui allait m'arriver à présent et lorsque nous fûmes dans un endroit où relativement peu de monde passait, la personne qui m'avait saisi le bras me le lâchait délicatement, comme si elle ne souhaitait pas me faire de mal. Me retournant pour découvrir le visage de l'individu, qu'elle ne fut pas ma surprise de découvrir celui de mon ami et de celui que j'étais en train de rechercher. J'aurais bien poussé un cri de joie si cette personne n'avait pas posé des doigts sur mes lèvres pour m'en dissuader. Se faire discrète, je l'avais presque oublié. Le prenant dans mes bras, je me contentai de cette douce étreinte pour le moment avant de prendre la parole :

    - Tu m'as tellement manqué, je suis si heureuse de te revoir enfin... Ces deux années étaient beaucoup trop longues !

    Me serrant dans ses bras, il poussa ce qui s'apparentait à un soupire mêlé de satisfaction et de soulagement. La plaisir devait donc être partagé. Lorsqu'il se défit de mon embrassade pour me regarder, il eut un petit sourire avant de dire :

    - Tu n'as pas beaucoup changé, toujours fidèle à toi-même à ce que je vois !

    Riant doucement, j'aurais voulu lui dire la même chose, mais il avait les traits tirés et une certaine fatigue sur son visage. Ce fut pour cela que je lui répondis :

    - Toi, par contre, tu as l'air très fatigué... Tu as des problèmes ?


    Haussant les épaules, il chercha à fuir mon regard tout en disant :

    - La vie n'est pas parfaite, mais je n'ai pas de gros problèmes.

    Fronçant les sourcils, je lui attrapais le visage de mes petites mains pour le forcer à me regarder tout en lui disant :

    - Tu mens, regarde-moi dans les yeux et dis-moi la vérité.
    - J'ai peut-être quelques soucis d'argent, mais, ce n'est pas grave, je vais m'en sortir, ne t'en fais pas.

    Soupirant, j'avais l'impression d'en savoir un peu plus, sans être au courant de tout, mais nous avions encore tout le temps que nous voulions pour enfin le forcer à tout m'avouer. Souriant doucement, je l'examinais attentivement, cherchant le moindre signe pouvant me renseigner sur sa vie mais, ne trouvant rien, je dis finalement :

    - Allons nous amuser, il y a pleins de jolis magasins par ici, et même un parc d'attraction ! On pourra toujours se parler en même temps.

    Acquiesçant, il me suivit discrètement et fut le premier à engager à nouveau la conversation en me demandant :

    - Tu ne devrais pas être là, je me trompe ? Comment as-tu fait pour venir aussi vite à Shabondy, je pensais que tu étais encore sur East Blue moi ! J'ai été surpris de te voir ici et plutôt inquiet. Ce n'est pas un endroit pour les gens comme toi, il y a bien trop de dangers, tu dois le savoir, non ?

    Et voilà que tout ceci recommençait. Je savais tout ça et j'avais simplement l'impression d'entendre parler Akimitsu, je n'avais pas besoin de cela et mon soupire sembla le lui faire comprendre car il se reprit immédiatement :

    - Akimitsu a du te le dire des centaines de fois ! D'ailleurs, où est-il ? Il t'a laissé toute seule ?
    - Pas vraiment, enfin... Je crois que ça ne lui a pas plu que je veuille te revoir, alors il m'attend autre part. Nous serons tranquilles au moins !

    Acquiesçant, il semblait plutôt en accord avec moi et c'était tant mieux. Nous passâmes donc la journée à flâner dans les ruelles touristiques de Shabondy, à visiter les boutiques de souvenirs et même à faire un tour au Parc d'Attractions pour ma plus grande joie. En somme, une belle journée venait de se passer et j'en étais plutôt heureuse. Il ne manquait rien, tout avait été parfait, même si je ne savais pas encore tout de ce que me cachait Shiro. Je ne tarderai plus trop à le découvrir de toute façon. J'avais finalement dû me résoudre, à contrecœur, à retourner à l'hôtel dans lequel je logeais avec Akimitsu, en y amenant Shiro avec moi. Lorsque nous entrâmes dans la chambre des plus banales, je pus apercevoir Akimitsu assis sur le lit à nous fixer d'un œil légèrement surpris et inquisiteur. Soupirant tout en se frottant la tempe, il dit alors :

    - Je vois que vous vous êtes retrouvés, tant mieux, nous n'aurons plus besoin de traîner ici plus longtemps.

    Croisant les bras, je fis la moue, provoquant un rire chez Shiro. Il devait certainement se moquer de moi, cela n'était pas très gentil de sa part, mais je ne pouvais pas vraiment lui en vouloir, j'étais bien trop heureuse de le revoir. La voix d'Akimitsu stoppa le rire de mon ami :

    - Je veux bien rester ici encore quelques jours, mais, après, il faudra partir sans tarder. Cet endroit est dangereux. Shiro pourra nous accompagner s'il le souhaite, mais, en échange Tenshi, tu devras me promettre d'être plus assidu dans ton travail et dans tes efforts. Cela me paraît un marché équitable. Qu'en dites-vous ?

    Le sourire qu'afficha mon ami me fit comprendre qu'il était plutôt en accord avec le fait de nous accompagner. Pour moi, la question ne se posait même pas et j'acquiesçai brièvement pour faire comprendre à mon arme que j'étais d'accord avec cela. Si je pouvais le garder un peu à mes côtés, alors, le sacrifice en valait largement la chandelle. Attrapant par le bras mon ami, je le forçais à s'asseoir sur le lit et je m'installais à côté de lui, ne le lâchant pas. Cette fois-ci, j'étais décidée à avoir la vérité et j'avais pris une voix assurée :

    - Je veux tout savoir de tes problèmes, alors dis-moi tout ou nous ne partirons jamais de cet endroit. Je suis coriace quand il s'agit d'être têtue alors je veux tout savoir.

    Me regardant avec de grands yeux ébahis, il avait l'air de ne pas s'être préparé à cet interrogatoire. Il pensait donc que j'allais facilement lâcher le morceau, mais c'était hors de question pour moi. Soupirant, il prit la parole en restant tout de même vague sur ses propos :

    - J'ai mal calculé mon coup, c'est tout. Mais je vais m'en sortir, pas d'inquiétude !

    Fronçant les sourcils, j'attendais encore et toujours une réponse plus précise. Cela ne me renseignait absolument pas sur ce qui l'avait mis dans le pétrin. Levant les yeux au ciel, il reprit pour mon plus grand plaisir :

    - C'est bon, j'ai compris, je n'ai plus le choix je suppose. J'ai joué beaucoup d'argent et j'ai perdu plus que ce que j'avais à la base. J'ai quelques dettes à rembourser, mais, pas d'inquiétude, je me suis trouvé un travail à faire pour tout rembourser, laissez-moi juste quelques jours et tout s'arrangera. Faites-moi confiance.

    Dans ma plus grand naïveté, je me contentais d'acquiescer. Pour moi, il était évident qu'il allait facilement se tirer d'affaire, cela ne pouvait pas se passer autrement et je ne pouvais pas me douter que le travail qu'il devait faire pouvait être très dangereux. Pour moi, cela était impensable. Voire même impossible et Akimitsu, qui gardait le silence à côté, ne m'affirma jamais le contraire. Il voulait certainement laisser les choses se dérouler sans intervenir. Tant mieux, cela m'arrangeait.

    Fixant Shiro dans les yeux, je lui souriais doucement et passai une main dans son visage pour dégager les quelques mèches rebelles qui le recouvrait et, l'embrassant doucement sur la joue, je lui dis finalement :

    - Je te fais confiance. Mais il est temps de se reposer maintenant.

    Soudainement, sans prévenir, mon ami me serra doucement dans ses bras et me murmura à l'oreille si faiblement que je crus qu'Akimitsu n'avait rien entendu des mots suivants :

    - Tu m'as tellement manqué, je ne veux plus être séparé de toi...

    Gardant mon sourire, pour une fois, ce fut moi qui eut l'impression que Shiro venait de prononcer des paroles d'une grande naïveté, mais c'était plutôt mignon à voir dans le fond. Ce qu'il venait de dire était vrai pour moi aussi, mais cela me paraissait évident et je ne jugeais pas nécessaire de le lui dire.

    Par la suite, nous nous allongèrent tous deux sur le lit qui était assez grand pour que nous n'ayons pas besoin de nous écraser. D'autant plus qu'Akimitsu, retourné à son aspect originel, restait par terre.

    Alors que la nuit était bien avancée et que je m'étais tranquillement endormie, je fus soudainement réveillée par Shiro qui parlait dans son sommeil. Le rêve qu'il était en train de faire ne semblait pas du tout agréable et ce fut lorsqu'il commença à verser des larmes que je me décidais à le réveiller en le secouant doucement. Sursautant, il finit par ouvrir les yeux et son premier réflexe fut de s'essuyer les yeux. Il me fixa d'un air ahuri avant de murmurer dans la pénombre :

    - Je n'ai toujours pas réussi à faire fuir ces cauchemars. C'est idiot, hein, de pleurer pour ça ? Tu sais, parfois, je me demande si ces pilules que nous avalions ne nous permettaient pas aussi de faire fuir nos démons. Parfois, je suis tentée d'en reprendre. Cela avait peut-être un effet bénéfique...

    Étonnée par ses paroles, il ne me fallut que très peu de temps pour réagir et lui dire :

    - Tu as gardé ces choses ?! Je pensais que tu les jetais quand nous te les donnions... Tu dois en avoir beaucoup, mais c'est une très mauvaise idée de songer à en reprendre, tu sais bien que nous n'étions que des pantins à cette époque.

    Secouant la tête, il ferma les yeux, cherchant certainement à s'éclaircir les idées. Lorsqu'il rouvrit les yeux, il afficha un grand sourire pour me dire :

    - Tu as raison, ce n'est pas une bonne idée... Et puis, j'ai trouvé un autre moyen de faire fuir mes cauchemars...
    - Ah bon ? C'est quoi ? J'aimerai bien le savoir aussi !
    - Je ne suis pas certain que ça soit vraiment le cas.

    Faisant le moue, je lui répondis finalement :

    - Bien sûr que si, ça fonctionne aussi peut-être sur moi


    Me fixant durant de longues secondes, il semblait être en train de réfléchir lorsque finalement, il se décida enfin à passer de la pensée à l'action en hésitant. Comme s'il savait d'avance que ce qui allait suivre n'allait absolument pas me plaire. Soudainement, sans prévenir il m'embrassa et, sans briser ce baiser, il prit soin de chercher à appliquer des caresses qui se voulaient de plus en plus insistantes et tendres au fil des secondes. Mon temps de réaction ma parut long, mais ne le fut pas tant que cela. Je ne parvenais pas à comprendre ce qui se passait, mais j'avais comme un mauvais pressentiment. Ce fut pour cette raison que je repoussais doucement mon ami d'une main, attendant de sa part une explication rapide. Celle-ci ne tarda pas :

    - Je pensais pouvoir te montrer ce moyen de faire fuir mes cauchemars. Tu ne peux pas savoir à quel point la compagnie d'une femme peut être réconfortant parfois...

    Cette fois-ci, j'avais complètement abandonné l'idée de comprendre ce qu'il me racontait. Je n'y comprenais strictement rien et je répondis d'une voix candide et naïve :

    - Je ne vois pas trop de quoi tu parles... J'ai du mal à te comprendre en faite.


    Riant discrètement, Shiro ne m'offrit toujours pas d'élément de réponse. Tout ce qu'il trouva à dire fut ces mots :

    - Tu n'as toujours pas changé, toujours fidèle à toi-même. Reste comme tu es, c'est parfait !

    Rougissant légèrement, je gardai le silence quelques secondes avant de reprendre la parole d'une petite voix :

    - Nous ferions mieux de dormir encore un peu. Bonne nuit.

    Mon sommeil ne tarda plus à venir et même si quelques mauvais rêves venaient le perturber, je passais globalement une nuit plutôt agréable, rassurée d'avoir Shiro à mes côtés. Lorsque je m'éveillais, le soleil éclairait déjà la chambre d'une façon qui annonçait une matinée déjà bien avancée. La première chose que je compris fut la disparition de mon ami qui n'était plus à mes côtés, il n'était même plus présent dans la chambre. Paniquant, je regardais autour de moi, le cherchant, mais ne le trouvant pas. Je posais mes pieds sur le sol, me levant prête à sortir de la chambre pour partir à sa recherche quand, soudainement, je vis des papiers posés sur le lit. Les saisissant avec anxiété, je pus lire les mots suivants :

    « Je reviendrai dans la soirée. En attendant, cherche mon ami. »

    En voyant un second papier où était dessiné un individu, j'en déduisis qu'il s'agissait probablement de cet ami. Une dernière chose était posée aux côtés des deux feuilles. Une boîte que j'ouvris en me doutant bien de son contenu. Je ne m'étais pas trompée et je la glissais dans le sac qui m'appartenait avant de saisir mes sabres et de les glisser dans mon dos, décidée à trouver cet ami et Shiro. Je passais ma journée à traverser Shabondy, à fouiner, à regarder autour de moi sans trouver personne. J'avais l'impression de perdre mon temps, j'avais l'impression de ne pas savoir quoi faire et j'avais décidé de retourner à l'hôtel en songeant que Shiro serait peut-être enfin revenu. Arrivant devant l'endroit où je logeais, une personne, non loin de là, capta mon attention car elle ressemblait étrangement à la personne sur le dessin. M'approchant de l'individu, lorsque je fus à portée de voix, ce fut celui-ci qui prit la parole en premier :

    - Es-tu Tenshi Taya ?

    Hochant affirmativement la tête brièvement, je n'eus pas le temps de dire le moindre mot que l'individu reprit :

    - Je dois te parler de quelque chose. En privée.

    C'était bref et très clair. Si je voulais savoir ce que voulait me dire cette personne, je devais trouver un endroit où nous serions tranquille, ce fut pour cette bonne raison que quelques minutes plus tard, nous nous retrouvèrent tous deux dans la chambre. L'individu inconnu, qui était un homme à l'allure des plus banales, ne partit pas dans de grandes explications, il ne lui fallut qu'une phrase pour m’ôter tout espoir :

    - Shiro s'est fait attrapé.

    Ouvrant de grands yeux, je ne compris pas ce qu'il venait de m'être dit, je ne parvenais pas à saisir le sens de ces mots. Haussant les épaules, l'homme me dit :

    - Si tu veux en savoir plus, il va falloir me payer en conséquence.

    Quel homme exécrable. Et c'était donc ce que Shiro nommait un « ami ». Il ne devait pas avoir de véritable ami, car celui-ci n'en était absolument pas un. Ne voulant pas en rester là, je répondis donc :

    - J'ai ce qu'il faut.


    Le sourire qu'afficha l'homme à cet instant me fit froid dans le dos, il reprit alors, me désignant mes armes :

    - Je veux tes sabres en garantie et pour être certain que tu ne chercheras pas à me tuer.

    Ma curiosité ajoutée à ma grande naïveté, je ne pouvais pas me douter que, peut-être, cet homme pouvait avoir de mauvaises intentions et je lui offris mes armes me disant que, dans le pire des cas, l'un d'entre eux était capable de prendre la forme d'un humain. L'informateur me dit alors :

    - De ce que je sache, ton ami s'est fait capturé par un chasseur de primes et tu n'es certainement pas sans ignorer que par ici, certains criminels sont revendus en tant qu'esclave, il s'agit probablement du sort qui l'attend. Le retrouver risque d'être très compliqué pour toi, je ne te conseille pas d'essayer d'ailleurs.

    Cet homme n'avait pas beaucoup d'information en vérité. Il ne faisait que des suppositions, mais il devait certainement s'agir de la vérité et cela m'effrayait. Bientôt, je n'allais plus pouvoir le revoir. Non, je n'allais certainement plus le revoir, je ne pourrais plus entendre sa voix. Il avait soudainement totalement disparu de ma vie, alors que je venais à peine de le retrouver. Tremblant légèrement, je cherchais une solution, mais je ne trouvais rien. Si je tentais de le sauver, je me mettais terriblement en danger, néanmoins, j'étais prête à ce sacrifice. Il fallait agir et vite. Tendant la main, je dis :

    - Rendez-moi mes sabres, je dois aller le chercher tout de suite.
    - Paye-moi d'abord.
    - Combien ?

    Riant légèrement, ce rire avait quelque chose de malsain et de mauvais. Je ne pouvais pas le supporter. Non, je ne le supportais pas, tout simplement et j'attendais encore et toujours une réponse de sa part. Il me répondit, un grand sourire aux lèvres, gagnant :

    - Je suis déjà assez riche comme ça, je préfère les paiements en nature, surtout avec les femmes, si tu vois ce que je veux dire.

    Secouant la tête, ne comprenant absolument pas ce qu'il voulait de moi, je lui répondis donc :

    - Je ne vois pas du tout de quoi vous voulez parler, donnez-moi mes sabres, il faut que j'y aille, c'est urgent. S'il vous plaît.

    Commençant à sentir des larmes couler le long de mes joues, je cédais à la panique, non pas à cause de cet homme, mais à cause de la situation dans laquelle se trouvait Shiro. Je devais agir tout de suite et j'étais prise d'une angoisse. J'avais peur et j'étais perdue. Je n'avais pas le temps de jouer aux devinettes, je voulais partir au plus vite. Tremblant, j'entendis à nouveau la voix du personnage :

    - Tu sais très bien de quoi je parle, tu en trembles même. Paye-moi et je te rendrais tes armes... Peut-être.

    J'avais l'impression de perdre mes moyens, je n'entendais même plus ce que me disait cet individu. Shiro. Je ne pensais qu'à lui et si cet homme ne voulait pas me rendre mes armes, j'irais le sauver sans. Sans crier gare, je me dirigeais vers la porte pour partir, essuyant des larmes de douleur qui ne réconfortaient pas mon cœur. Alors que j'ouvrais la porte, l'homme la bloqua d'une main et me menaça avec un de mes sabres de l'autre. Ivre de mon désespoir, je lui criai donc d'une voix brisée :

    - Laissez-moi partir, je vous en supplie, je ferais tout ce que vous voudrez après, laissez-moi le récupérer, il est tout ce que j'ai. S'il vous plaît...

    L'homme retira alors sa main de la porte, pensant qu'il me laissait partir, j'eus une étincelle d'espoir. Mais, en réalité, il en avait profité pour agripper mon cou et le serrer pour couper ma respiration. Cherchant l'air désespérément, je commençais à avoir du mal à le trouver et mon instinct me poussa à me défendre par un coup de pied dans le ventre de l'homme. Cela le fit reculer puis, lâcher prise sur ma gorge. Prenant une grande goulée d'air et serrant le poing, j'assénai un deuxième coup au visage de l'ennemi avec toute la force que j'avais.

    Perdant totalement la tête, ce fut à mon tour d'agripper l'homme par le cou et d'y planter mes ongles, comme s'il s'agissait de griffes, faisant saigner sa gorge. Il tenta alors de me frapper avec le sabre qu'il avait dans sa main, mais il n'était pas un épéiste et je n'eus aucune difficulté à le stopper de mon bras libre et je le frappais une seconde fois au niveau de son ventre sans pour autant relâcher la prise de mes deux mains. Je la voyais bien, cette petite lueur de désespoir dans ses yeux, comme s'il savait que tout allait se finir dès à présent. Il cherchait à se défendre, à me repousser, mais rien n'y faisait. Tout ce qu'il pouvait faire n'y changerait rien, j'allais l'étrangler et mes ongles qui s'enfonçaient de plus en plus profondément dans sa peau en étant les témoins. Puis, l'homme perdit conscience. Il n'était peut-être pas encore mort et, attrapant le sabre qu'il avait encore dans sa main, je l'enfonçais délicatement entre ses deux yeux pour m'assurer qu'il ne retrouverait plus la vie.

    Sentant mes jambes m'abandonner, je m'écroulai par terre, à genou et j'attrapai mon visage dans mes mains, les baignant d'eau salée. Je venais de tuer cet homme de sang-froid, juste parce que je voulais sauver quelqu'un. Tentant de me relever, je me rappelais de cette personne que je ne pouvais plus sauver. Mes jambes ne voulaient plus répondre et je persistais à essayer de tenir debout lorsque, soudainement, une main se posa sur mon épaule. Akimitsu. Cela ne pouvait être que lui. Que pouvait-il bien vouloir ? Je devais aller sauver mon ami.

    - Arrête, tu ne peux pas aller le sauver toute seule, c'est bien trop dangereux, je ne te laisserai pas faire ça. En plus de cela, tu n'es absolument pas en état de combattre ou de faire quoi que ce soit de sensé. Reste. Deviens plus forte et va le sauver le jour où tu seras prête.

    Dégageant sa main d'un geste furtif, je levais mon visage vers celui-ci et, le fixant avec tristesse, je lui répondais avec amertume :

    - Il sera peut-être déjà mort d'ici là. Je ne peux pas attendre.

    M'attrapant pour m'aider à me soulever, ce fut la première fois qu'il montra une envie de me porter secours. Il me dit alors :

    - Il ne mourra pas. Il sait qu'il ne peut pas. Pour toi, il résistera jusqu'à son dernier souffle. Il aura l'espoir de te revoir comme tu vas l'avoir et c'est ce qui va vous aider à tenir debout. Il est temps que tu arrêtes d'être pacifique face aux événements se produisant autour de toi. Agis, et profite de l'aide que tu peux gagner. Ne te morfond pas, mais puise ta force de ce qui t'a détruit et va te permettre de te construire à nouveau. Tu as bien réussi à commencer une nouvelle vie sans tes souvenirs, il est temps que tu te décides à écrire la suite. Guide ta vie et arrête de stagner. Tu n'arriveras à rien autrement. Tu veux retrouver tes souvenirs et Shiro, non ? Alors, fais, mais réfléchis bien avant d'agir.

    Le repoussant violemment, je n'arrivais pas à comprendre ce qu'il me disait. Je ne voulais pas comprendre, la seule chose que je savais était que Shiro venait de soudainement disparaître totalement de ma vie et que je ne pourrais pas m'y faire. Répondant à mon arme, je lui dis alors :

    - Tu ne peux pas comprendre. Comment le pourrais-tu ? Tu n'es qu'un fichu sabre qui n'a pas la moindre émotion. Tu ne serais même pas affecté par ma mort, tu te fiches d'ailleurs éperdument de ce que je peux devenir, tu ne fais que tenir cette promesse dont tu ne veux pas me parler. Tu n'as qu'à oublier cette promesse et partir, je suis certaine que cela va te réjouir. Laisse-moi tranquille, c'est ce que tu attends depuis le tout début...

    Mon flot de parole fut interrompu par un coup en direction de ma joue. Akimitsu venait tout juste de me frapper pour me faire taire. Assez fort pour que ma joue s'en souvienne pendant les jours à venir, mais pas assez pour me casser quelque chose. Blessée par le geste de mon arme, je ne pipai mot, me contentant de tenir ma joue d'une main, mes larmes s'écroulant mollement sur celle-ci. Tournant les talons, je cherchais mon sac des yeux et, une fois celui-ci à portée de main, je l'ouvris pour en extirper la boîte que Shiro avait laissé avant de partir. Ne laissant pas le temps à mon arme de réagir, je me dirigeais vers la seule salle de bain de la chambre pour m'y enfermer à double tour.

    M'installant dans un coin de celle-ci et essuyant mes larmes d'un revers de main, je sortis le contenu de la boîte. Une pilule se trouvait désormais dans le creux de ma main. Le genre de chose que j'avais été forcé d'avaler pendant une longue année. D'après Shiro, cela devait apaiser nos cauchemars. Il s'agissait peut-être d'une drogue efficace pour oublier sa douleur. Rapidement, j'avalais un premier comprimé. Puis, un deuxième. Et un troisième. Le désespoir m'avait malicieusement poussé à arrêter de compter ce que je posais sur ma langue et sans même m'en rendre compte, je perdis conscience ou bien je m'endormis.

    En ouvrant les yeux, je me trouvais dans une grande salle blanche, allongée sur un lit tout aussi blanc. Posant mes pieds sur le sol, la fraîcheur de celui-ci se fit ressentir jusqu'au fond de mes entrailles. Me levant, j'avançais chancelante vers la porte au fond de la salle. Néanmoins, plus j'avançais, plus celle-ci s'éloignait de moi. Tendant la main devant moi, soudainement, quelque chose comme un miroir apparut devant moi. Une personne, totalement semblable à moi me faisait désormais face, exactement dans la même position, suivant le moindre de mes gestes, à un détail près. Cette apparition se mit à bouger les lèvres et à parler alors que je demeurais muette.

    - Viens à moi. Je ferai de toi ce que tu veux devenir. Je réaliserai le moindre de tes désirs, même les plus profonds et inconnus. Je te rendrai ce qui t'appartiens et te donnerai même plus. Tu auras droit à tes souvenirs. Tu pourras retrouver ce qui t'es le plus cher et tu auras même ce que tu n'arrives pas encore à souhaiter. Laisse-toi faire, c'est la seule chose que je demanderai en retour.

    La propriétaire de cette voix tentatrice me tendit la main. Fébrilement, je levai la mienne dans sa direction et la saisis avec l'intime conviction que mes problèmes étaient désormais tous réglés. Mon double m'attira à lui et me serra dans ses bras. La salle s'emplit alors de noir et j'eus comme l'impression de flotter dans le néant alors que la voix me susurra doucement à l'oreille :

    - Tu es à moi.

    Sursautant, je me réveillai alors définitivement. Mon réveil avait été brutal et je ne me rendis pas immédiatement compte de ma présence sur un lit, au milieu de ma chambre d'hôtel. Akimitsu était assis, juste à côté. Il me fixait avec anxiété. Regardant mes mains, j'avais encore le contrôle de mon corps. Il s'agissait certainement d'un autre effet de ces pilules qui m'avaient permises de garder le contrôle encore quelque temps. Néanmoins, j'étais désormais persuadée que d'ici quelques jours, voire quelques heures, les choses deviendraient foncièrement différentes.

    Soudainement, Akimitsu attrapa une de mes mains dans la sienne avant de déposer un baiser sur mon front. J'eus comme l'impression d'entrevoir des larmes dans ses yeux aussitôt chassées par un clignement des yeux. Il prit alors la parole, d'une voix tendre qui ne lui était pas habituelle pour me dire simplement quelques mots :

    - Je ne te laisserai jamais tomber.




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>> Dans la vie, il ne s'agit pas nécessairement d'avoir un beau jeu, mais de bien jouer de mauvaises cartes. <<


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Sang et douleur sont mes seuls réconforts [Solo]

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