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 Legacy [FLASHBACK]

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MessageSujet: Legacy [FLASHBACK]   Lun 27 Jan - 21:04


Legacy


Prologue ~







C'est au cours du début du XV° siècle que les légions d'Otmar de Maelstrom envahirent les royaumes heiméens du Fjord oriental et balayèrent tout devant elles, par le feu et par l'épée, dans leur marche vers l'est. Otmar demeurait invaincu, avant que ses forces soient défiées sur l'immense champ de bataille des terres désolées d'Ombrelune par les armées de Heim alliées de l'escadron d'élite des heimskring. On raconte que cette bataille du centre du Fjord fit rage pendant des semaines avant que les envahisseurs maelstroms soient repoussés au-delà de leurs propres frontières. La victoire des heiméens était donc totale, mais une bonne moitié des heimskring gisait sur le terrain et l'armée du roi heiméen chiffrait ses morts en milliers d'hommes. Quand les survivants victorieux mais épuisés rentrèrent à la maison, ils affrontèrent un ennemi plus redoutable encore : la famine, qui s'avère l'un des résultats les plus tragiques de la guerre.
La famine en Fjord perdura pendant plusieurs générations, menaçant parfois de dépeupler le continent. Inévitablement, l'organisation sociale s'écroula peu à peu et un chaos politique s'instaura dans les royaumes heiméens. Les jarl félons ne faisaient que payer de paroles leur « serment » d'allégeance à leur roi. Les querelles de ces particuliers débouchaient fréquemment sur d'abjectes petites guerres et le banditisme s'étalait au grand jour. Cette situation stagna jusqu'aux années médianes du XV° siècle.

En cette période de troubles, apparut à la porte de la maison mère des heimskring de Sveilhala un aventurier qui exprima un désir ardent de faire partie de l'ordre. Dès le début de sa formation, l'Archon, chef suprême, se rendit compte que ce jeune postulant, du nom d'Halfken, n'avait rien d'un homme ordinaire. Il ne tarda point à dépasser les autres novices et se mit à l'emporter sur des heimskring aguerris au terrain d'entraînement. Mais ce n'étaient pas uniquement ses prouesses physiques qui le distinguaient à ce point : ses dons intellectuels étaient également remarquables. Ses aptitudes dans la navigation et la stratégie navale faisaient les délices de son instructeur dans ces arts, et le vieux stratège guida son élève dans des régions de la tactique qui dépassaient de loin ce que l'on enseignait habituellement aux guerriers heimskring. Certains sages de Sveilhala n'étaient pas moins enthousiastes devant l'intellect de ce novice et, à l'âge où Halfken eut gagné ses armes, il était également expérimenté dans le vaste monde de la philosophie et des discussions théologiques.

C'est à peu près à l'époque où le guerrier Halfken devint heimskring que le roi Siegfried monta sur le trône heiméen de Mjollnir, et leurs existences allaient s'entremêler intimement. Le roi Siegfried était un gamin brusque et même téméraire. Une explosion du brigandage le long de sa frontière septentrionale le plongea dans une telle rage qu'il jeta à l'eau toute prudence et monta dans cette région de son royaume un détachement punitif avec des forces absolument inadéquates. Quand cette nouvelle parvint à Sveilhala, l'Archon envoya en toute hâte un régiment pour porter secours au roi. Parmi les heimskring de cette expédition se trouvait Halfken.
Le roi Siegfried avait rapidement faillit. Si personne ne pouvait remettre en cause une telle bravoure, son manque d'expérience le plongeait fréquemment dans de graves, si ce n'est mortelles, erreurs de tactique et de stratégie. Sans tenir compte des alliances reliant les différents jarl de la région, il mena souvent, trop souvent, ses hommes contre l'un deux sans même songer au fait qu'un autre risquait sans aucun doute de venir porter assistance à son « allié ». C'est ainsi que les forces du roi Siegfried, d'un nombre déjà bien insuffisant, furent régulièrement affaiblies par des embuscades contre l'arrière de son armée.  Les jarl le débordaient de toute part, décimant peu à peu ses troupes à chaque fois qu'il chargeait à l'aveuglette.
C'est dans ce genre de situation qu'Halfken et les autres heimskring arrivèrent sur le pied de guerre. Les armées qui avaient harcelé le jeune roi étaient en général mal entraînées -synonyme d'un manque économique- et constituées de regroupement de bandits locaux. Les jarl qui les conduisaient prirent le temps de faire le point. Si leur nombre était nettement supérieur, la réputation guerrière des heimskring était sans précédente et ne devait pas être oubliée. Quelques-uns de ces jarl, rendus avides et aveugles par des succès antérieurs, poussèrent leurs alliés à attaquer, mais des hommes plus réfléchis et instruits conseillèrent la prudence face à une telle puissance offensive. Il semble relativement certain que bon nombre de jarl, jeunes ou moins jeunes, espéraient voir s'ouvrir devant leurs yeux la voie au trône de Heim. Car si le roi Siegfried tombait au cours de la bataille, sa couronne deviendrait sans peine la propriété de n'importe quel tir-au-flanc suffisamment endurant pour la soustraire à ses compagnons.
Les premières offensives combinées des jarl sur les troupes unies des heimskring et du roi Siegfried demeurèrent hésitantes, plutôt destinées à tester l'étendue de la force et de la résolution de celles-ci. Mais quand il fut évident pour tous que leur réaction était majoritairement défensive, les assauts se firent de plus en plus nombreux et sérieux jusqu'à une importante bataille rangée. Dès qu'il apparut que les jarl lançaient la totalité de leurs forces au combat, les heimskring réagirent avec une sauvagerie semblable. Le tout n'était qu'une ruse, une attitude défensive destinée à piéger les jarl dans une confrontation générale.
La bataille fit rage pendant la majeure partie de la journée. En fin d'après midi tandis qu'un soleil éclatant éblouissait le terrain, le roi Siegfried se retrouva séparé de ses hommes ainsi que de sa garde personnelle. Il avait perdu son destrier, il était acculé et espérait bien emporter le maximum de victimes dans sa chute. C'est alors qu'Halfken entra en scène. Il se tailla rapidement un chemin pour se porter auprès du roi et, selon la légende qui diffère plus ou moins en fonction des personnes, tous deux se tinrent dos à dos dans l'espoir de repousser leurs ennemis. L'alliance de la bravoure sauvage de Siegfried et du jeune talent d'Halfken fut suffisamment convaincante pour garder leurs adversaires à distance, avant que, par pure malchance, l'épée d'Halfken se brise. Emplis de fureur, avec des cris d'ovation, les troupes qui encerclaient les deux hommes se précipitèrent pour en finir. Ce fut une erreur, et leur dernière.
Halfken récupéra sur l'une de ses victimes une lochabre rouillée et décima les rangs des attaquants. Le dénouement du combat survint rapidement quand le meneur de l'attaque, un jarl aux cheveux roux, se rua pour achever le roi mal en point et trouva lui-même la mort, son corps déchiqueté par la lochabre d'Halfken. Ils battirent en retraite et finirent par quitter les lieux.
Les blessures de Siegfried étaient très graves, sans parler de celle de son protecteur. Épuisés, les deux combattants s'écroulèrent au sol , côte à côte, tandis que la nuit prenait doucement le pas sur le site. Il a été impossible de reconstituer la conversation fortuite des deux blessés sur ces lieux ensanglantés durant les premières heures de la nuit, car d'aucune façon l'un ou l'autre ne révéla par la suite ce qui s'était passé entre eux. Toutefois, on sait que durant leur dialogue intime, ils échangèrent les armes. Siegfried remit à Halfken l'épée royale, une zweïhander -sorte d'épée lourde- et prit en contrepartie la lochabre rouillée grâce à laquelle il avait été sauvé. Le roi dut chérir cette arme grossière voire indigne jusqu'à son dernier jour. Il était presque minuit quand les deux blessés virent une torche qui s'approchait, éloignant les ténèbres aux alentours et sans savoir si l'arrivant était ami ou ennemi. En fin de compte, le personnage qui portait la torche revêtait une longue robe et une capuche carmin assez grande, masquant une grande partie de son vissage. Sans un mot, elle soigna leurs blessures. Nul ne sait de quelle manière, cette partie n'ayant jamais été précisée. Ensuite, elle communiqua avec eux brièvement, d'une voix douce et mélodieuse et leur donna à chacun un foulard, l'un d'un blanc pur et l'autre d'un rouge profond. On dit qu'à la base les deux étaient blancs pâles, mais que le roi trempa le sien dans le sang pour ne jamais oublier à qui il devait sa survie. Ceci accompli, la femme se détourna sans parler davantage et s'éloigna dans l'obscurité d'où elle venait, ses vêtements flottant dans l'air.
Comme l'aurore radieuse, née d'une aube éclatante, éclairait le vaste champ de bataille, les troupes de la garde de Siegried et un certain nombre des compagnons d'armes d'Halfken découvrirent enfin les deux blessés qui furent emportés sur des civières jusqu'à la maison mère de Sveilhala. Leur convalescence prit plusieurs mois. Quand enfin, après un repos mérité, ils furent à nouveau capable de se déplacer, ils étaient devenus des amis fidèles. Ils rejoignirent par petite étape la capitale de Siegfried à Mjollnir, où le roi prononça alors une déclaration stupéfiante : il annonça que, à partir de maintenant et jusqu'aux descendants des descendants de leurs descendants, le heimskring Halfken serait son héraut et que, tant que leurs deux familles survivraient, la descendance du guerrier serviraient à ce titre les dirigeants de Heim.

Bien des choses arrivèrent plus tard à la cour du roi. Mjollnir était remplie de complots. Mais les diverses factions révolutionnaires furent quelque peu horrifiées par l'apparition en son sein du guerrier légendaire à la figure sévère. Nombreux furent les tentatives de corruption ou d'embrigadement ayant misérablement échouées après avoir été froidement repoussées. Les partisans de ces mouvements en conclurent avec une certaine peine que le héraut était incorruptible. En outre, son amitié avec le roi le transforma peu à peu en un confident ainsi qu'en un conseiller fidèle. Halfken, de par son intellect développé perçait à jour tout complot dirigé contre son ami et roi. Il les signalait sans scrupule, protégeant ainsi Siegfried qui fut doté d'un remarquable protecteur politique. Au bout de quelques mois à peine, la morale stricte et inéluctable d'Halfken dépourvut la cour du roi de toute ignominie, et insufflait le respect à tous ceux qui l'entouraient.
Mais l'influence croissante des heimskring représentait bien évidemment une cause d'inquiétude à toutes les factions politiques de Heim qui se plaignaient de ne plus avoir aucun pouvoir décisionnel.
Le roi Siegfried manifestait toute sa gratitude non seulement envers son sauveur, Halfken,  mais aussi envers les compatriotes de son ordre. Le roi et son ami se rendaient de plus en plus fréquemment à Sveilhala pour s'entretenir avec l'Archon et les importantes décisions politiques étaient plus souvent prises pendant les réunions de l'ordre combattant que dans les salles du conseil de la cour où de vils serpent avaient l'habitude de cracher leur venin en dictant des lois royales veillant plus à leurs propres intérêts qu'à celui du peuple.
Halfken Lothbrok se maria quand il eut atteint un âge relativement avancé, mûr diront certains et sa femme lui donna un fils. Sur demande expresse de sa majesté, l'enfant reçu également le nom d'Halfken et cela devait être une tradition pour le futur. Pour le différencier, il ajouta entre son nom et son prénom la lettre D, transformant son identité en Halfken D. Lothbrok. Quand il eût l'âge approprié, le jeune Halfken entra à Sveilhala pour recevoir la formation de heimskring afin de pouvoir occuper plus tard sa fonction prédestinée. Pour la plus grande joie de leurs pères, le jeune Halfken et l'héritier de la couronne, fils du roi Siegfried s'entendaient à merveille, amis intimes dès leur enfance, ils allaient perpétrer les relations entre le roi et son héraut pendant des années.
Une autre tradition perdura quand Siegfried, sous le poids des ans et des honneurs, reposa sur son lit de mort et légua à son fils la lochabre et le foulard carmin, tandis que le vieil Halfken légua la zweïhander et le foulard blanc.
Bien plus tard, quand le temps des escapades et de l'insouciance prit fin le nouveau roi Heimfall s'empressa de démarrer une campagne. Il partageait le sentiment de son défunt père pour la conquête et la gloire au grand désespoir de Halfken. Forcé par sa fonction, il demeura un atout inestimable dans de nombreux affrontements, et pourtant chacun d'entre eux l'exaspérait à mesure qu'il vieillissait. Mais un jour, pendant une bataille aujourd'hui connu dans tout le continent heiméen comme la bataille navale de Hjörung, le héraut disparu du champ de bataille. Les hypothèses diverses expliquant sa fuite soudaine, fuite confirmée par le capitaine Knut, demeurèrent nombreuses. Heimfall fut intraitable à ce sujet et le déclara comme déserteur en donnant un ordre d'exécution. Car plus que toute autre chose, Halfken avait brisé une amitié, un respect, une tradition. Loin de toute violence, il démarra avec sa famille une autre vie mais cela est encore une autre histoire.

© Len Kagamine - PL:R
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