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 Une désertion et un feu de camp [FB Individuel]

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Tenshi Taya
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MessageSujet: Une désertion et un feu de camp [FB Individuel]   Sam 6 Juil - 1:18




      Une désertion et un feu de camp


      Cette histoire se déroule quelque temps avant ma désertion de l'équipage de mon père qui m'avait, en quelques sortes, enrolé de force.


      Face à l’océan, face à l’horizon, face à l’infini. Je sentais la houle de la mer me mouiller les pieds et le vent me chatouiller la peau. C’était un pur bonheur à côté de ce que j’avais vécu ces derniers temps. Cela avait comme un goût de liberté. Ce mot qui me faisait tant rêver je le voyais enfin se profiler devant. Une liberté amère. Je pouvais probablement affirmer que je commençais à peine à me rendre compte du prix à payer pour cette liberté. Il est vrai que j’avais du me détacher de tout ce qui faisait de moi ce que j’étais. Pourtant, il y avait toujours une chaine pour entraver mes mouvements, il y avait quelque chose qui m’empêchait de devenir ce que je voulais être. La liberté n’est qu’une impression, j’avais cette impression.

      Cela faisait plusieurs jours que je n’avais plus vu aucun membre de ma famille, en réalité, mon père m’avait abandonné sur cette île à ma demande. Derrière ses grands airs, il pouvait être bien naïf. Lorsque j’avais exigé de lui qu’il me laisse quelques temps sur ces lieux, il avait tout d’abord hésité, mais j’avais su me montrer persuasive. Quatre jours, quatre longues journées étaient déjà passées. Il ne m’en restait plus que trois, trois courtes journées. C’était le temps qu’il me restait pour trouver un moyen de m’échapper. Je songeai alors qu’il me fallait réfléchir à ma fuite à présent. J’avais passé ces derniers jours à me reposer et à rêvasser. J’avais été d’une inutilité impressionnante. Je m’étais contentée du strict minimum, à savoir boire, manger et dormir. Pourtant, ce strict minimum fut acquis avec difficulté. J’étais arrivée sans un sou en poche et je ne m’étais toujours pas enrichie. Je m’étais également refuser à faire la manche. De toute façon, je ne devais pas spécialement attirer la pitié. Il ne m’était resté donc que peu de possibilités pour m’alimenter. Me débrouiller toute seule en cherchant une source de nourriture sur l’île ou voler. La seconde possibilité était probablement la plus simplifiée, mais la première était plus correcte.

      C’est pourquoi, au début de mon séjour sur les lieux, je m’étais mis à chercher aux alentours de la ville à manger. Montant aux arbres, creusant la terre, traquant mes proies comme une bête assoiffée. Ce mode de vie ma lassa rapidement, notamment lorsque je constatai que l’île n’était pas un grand garde-manger. Trouver de quoi se mettre sous la dent devint très difficile au bout de seulement trois jours. Ce fut ce troisième jour que je décidai d’opter pour cette seconde option. Celle de commettre un mauvais acte. Mais cela n’allait pas être la seule mauvaise action que j’allais commettre dans mon avenir. Une de plus. Une de moins. Cela ne changeait plus rien.

      La quatrième journée, je cherchai donc quelques denrées alimentaires dans la ville. Je n’eus aucune difficulté à voler quelques fruits. Mais cela ne pouvait pas constituer un repas digne de ce nom. Il me fallait quelque chose de plus consistant. J’envisageai alors une idée un peu osé. Quelque chose que je ne pensais pas réussir, mais que je voulais essayer. D’un pas assuré, je m’étais dirigée vers un des restaurants de la ville. Vous l’avez certainement deviné. Mon intention était de partir sans payer. Quoi de plus simple. J’avais déjà vu mon père le faire des centaines de fois, ce n’était pas bien compliqué. Le restaurateur était, généralement, angoissé et n’osait pas répliquer à la moindre menace bien placé. Néanmoins, tout ne se passa pas vraiment comme prévu ce jour-là.

      Au début, tout était normal. Le lieu avait l’air plutôt banal. Il n’y avait personne d’étrange ni de menaçant. Des gens ordinaires qui n’iraient pas aider le gérant du lieu en cas de litige. L’endroit parfait. Je m’étais donc installée à une table, l’air de rien, et avait pris ma commande. J’avais pris soin de prendre assez pour tenir presque une journée entière. L’addition devait afficher une somme exorbitante. Sans attendre que celle-ci tombe sur la table, je me levai et entrepris de filer en douce. Le gérant ne l’entendit pas de cette oreille et posa sa main sur mon épaule pour m’arrêter, prétendant que je venais d’oublier un élément essentiel. Je fis comme si je l’ignorais, mais il insista. Encore et encore. Je finis par le menacer, lui ordonnant de me laisser tranquille.

      C’est à ce moment-là que les choses ne se passèrent pas comme prévu car les personnes dans le lieu se levèrent l’une après l’autre, commençant à me barrer le chemin. Je leur ordonnais de me laisser passer. Aucun d’eux n’obéit. L’un même partit dans un rire guttural. Je ne compris pas tout de suite l’origine de ce bruit. Je commençai tout doucement à la comprendre lorsque les hommes mirent bien en évidence les différentes armes qu’ils avaient sur eux. L’un de d’eux me mit bien comprendre qu’ils étaient de « braves marines ». Sans le vouloir, je m’étais retrouvée entouré de ces ennemis potentiels qui, eux, savaient s’opposer aux impayés. Je ne savais plus trop quoi leur répondre. Je ne pouvais plus m’échapper et je ne pouvais pas payer, n’ayant pas un berry sur moi. Expliquant cela à mes interlocuteurs, ils me toisèrent avec un drôle de regard.

      L’un d’eux expliqua clairement ses intentions en me proposant d’offrir mes habits pour payement. Celui-ci même approcha sa main de moi dans le but, probablement, de s’occuper lui-même de me déshabiller. Un autre l’arrêta et m’accorda en souriant en me proposant un payement en nature. Pour qui me prenait-il ? Pour qui se prenait-il ? Le gérant ne réagit pas et me laissa aux bons soins de ces messieurs. Je fus tenter de lui proposer mes services en échange du payement, mais lorsque je me tournai vers lui, son regard fut immédiatement révélateur de sa colère vis-à-vis de moi. Décidément, il devait probablement souhaiter le plus mauvais pour moi. Poussant un soupire, je reportai mon intention sur les marines. Ils devaient bien être une vingtaine. Je n’avais aucune chance contre autant d’hommes. Même avec mon pouvoir. J’étais sur le point d’accepter leur proposition de leur offrir mes vêtements en échange de ma liberté. Après tout, avais-je le choix ? Mais il en avait décidé autrement.

      L’un deux m’avait saisi par les bras pour bloquer mes mouvements tandis qu’un autre avait pris mon arme pour l’éloigner de moi. Assez pour que je ne puisse plus me défendre. Deux des marines s’occupèrent de commencer à me déchausser. Un autre commença soudainement à essayer de m’arracher mon gilet. Celui-ci s’interrompit soudainement en voyant ma marque su le poignet. Il fit signe à ses compagnons de cesser leur activité tout en désignant mon bras. Ceux-ci obéir sans rechigner et me lâchèrent soudainement. Cette marque m’avait sauvé ou peut-être condamné. Les hommes commencèrent à discuter entre eux, murmurant des sons que je ne parvenais pas à comprendre. Ils me fixèrent avec angoisse et se jetèrent un regard entendu. Soudainement devenu très polis, je ne comprenais pas ce soudain changement de caractère. Lorsqu’ils s’excusèrent en me regardant avec respect je compris bien vite qu’il s’agissait de ces Marines corrompus. Ils avaient probablement reçu l’ordre de ne rien me faire de leur chef suprême. L’argent. Décidément, l’humanité me répugnait de plus en plus. Ils me rendirent, dans un silence religieux, mon arme et me laissèrent avec un grand sourire. Je préférais déjà cela. À peine eussè-je reçu l’arme que je pris par surprise quatre des marines pour leur ôter la vie. C’est ainsi que les deux qui avaient tenté de me déchausser, celui qui s’était attaqué à mon gilet et celui qui m’avait retenu furent morts. Aucun de leurs « amis » ne réagit. À la place, ils me laissèrent m’en aller en baissant la tête. J’aimais bien cette position qui faisait de moi une personne privilégiée.

      Lorsque je fus à l’extérieur du restaurant, je me décidai à y retourner tous les jours pour me remplir le ventre, songeant que les mêmes personnes s’y trouveraient tous les jours. Au moins un privilège. Le problème de la nourriture fut donc réglé ainsi.

      Je n’avais toujours pas d’endroit où dormir et sortais de la ville la nuit pour dormir sur la plage ou en forêt, ces endroits étaient bien plus confortables que le sol dur de la ville et ses éclairages. J’appréciais la nature et envisageai mes derniers jours sur l’île comme très agréable. Le matin du cinquième jour, je me réveillais très tard et partit me nourrir au même endroit de la veille qui m’accueillit à bras ouvert pour mon plus grand bonheur. Ils semblaient effrayés, mais étaient fidèles, comme des chiens obéissant à leur maitre. Cela me plaisait beaucoup. Je pensais alors ne plus jamais pouvoir m’en passer.

      Néanmoins, il fallut bien que je songe à chercher un moyen de quitter cette île est le cinquième jour fut consacré à ce grand but. Je passai donc presque l’entière journée à me chercher une embarcation pour quitter l’île dans les deux jours à venir. Il n’était pas facile de trouver quelqu’un qui accepterait de vous transporter sans une contribution financière. La seule chose que je finis par trouver fut un vieux marchand qui allait partir le matin du septième jour. En échange de ce transport, je devais l’aider durant le voyage. Cela me paraissait plutôt correct. C’est pourquoi j’avais accepté, ne trouvant pas d’autres solutions.

      C’est ainsi que c’était donc terminé ce cinquième jour. C’est ainsi que je me retrouvai au bord de la  plage, songeant à mon futur départ, un sourire sur les lèvres. Enfin, la liberté. Ne m’attendant pas le moins du monde à ce qui allait désormais se passer. Je m’endormis donc paisiblement, ce jour-là, au bord de l’eau, heureuse.

      Le lendemain matin, je ne me réveillai pas à cause de rayons du soleil. Ce furent des pieds qui me tapaient qui me réveillèrent. Ce furent des cris qui m’extirpèrent de mon sommeil. En ouvrant les yeux, je n’eus aucun mal à reconnaitre les membres de l’équipage de mon père. Que faisait-il là ? Il devait me laisser une semaine et ils étaient déjà de retour. Tous mes espoirs s’effondrèrent alors d’un coup. J’étais condamnée à rester avec eux encore quelque temps. Je me levai alors en faisant des signes d’agacement de la main et en soupirant, ne cherchant pas à cacher mon exaspération. Il venait de troubler ma paix qui n’avait duré que l’espace de quelques jours, qui demeuraient à présent un souvenir. J’allais, à présent, devoir supporter leurs cris et leur violence. Cela me donnait déjà mal au crâne. Le seul qui restait tout le temps silencieux était mon frère. Que dis-je ? Mon ombre, mon reflet. Il me fixait sans cesse, comme si il me surveillait en permanence. Il me regardait, mais ne disait rien. Je supportais de moins en moins ce regard qui me transperçait sans cesse. Ses yeux étaient différents… avant. Il n’était plus ce qu’il était. Il était mort pour moi.

      Sans m’attarder plus longtemps sur cet être sans importance, je suivais le groupe de forban, pestant intérieurement contre ma malchance. Néanmoins, je ne laissais rien paraitre et gardais la même expression sur le visage. La même expression inexpressive. En suivant les bandits, je remarquai bien vite que nous nous dirigions vers la ville où ils avaient probablement l’intention de créer la panique. Je marchai le plus lentement possible pour ne pas avoir à prendre part à ce genre de massacre. Je n’aimais pas cela. J’étais sanguinaire, mais pas contre des personnes innocentes. Elles n’avaient rien fait pour mériter ce genre de choses. Néanmoins, je ne pouvais nier n’avoir jamais rien fait de mauvais envers ce genre d’humains. Innocent était un terme à manier avec soin. Nous nommions généralement d’innocents ceux qui vivaient tranquillement sans se préoccuper du monde. C’était bien leur plus grande faute, de ne pas soucier de toutes les horreurs du monde. Ils ne chercheraient jamais à se révolter, ils étaient pacifiques et regardaient le monde sombrer, un grand sourire aux lèvres en ajoutant que cela n’était pas leur faute.

      Lorsque j’arrivai en ville, les dégâts étaient déjà bien visibles. Les habitants s’étaient réfugiés dans leur maison, mais cela n’empêchait pas certains de forcer les entrées des habitations pour s’attaquer à des villageois. Je devais bien reconnaitre qu’ils avaient parfois des idées stupides. Ils étaient tellement sanguinaires, ils aimaient tellement voir la peur dans les yeux de leurs victimes. Ils avaient les désirs d’un simplet, les envies d’un imbécile. Sans prêter beaucoup d’attention au carnage autour de moi, je me dirigeais vers une ruelle isolée où je pourrais attendre sans agir. Je me comportais comme eux. Je ne faisais rien pour changer les choses. Je ne pouvais rien faire. Avec un peu de chance, le marchand qui m’avait proposé de faire le voyage déciderait de m’attendre et demeurerait vivant. Je n’avais jamais de chance. Je devrais encore supporter cette situation.

      Je m’adossai contre le mur et m’assis dans la poussière, attendant que la fin arrive. Attendant que cette odeur caractéristique de la fin du massacre s’élève dans l’air. Je restais là-bas, patientant, laissant les gens subir, ne me préoccupant plus que de ma propre protection. Après une longue heure, un parfum de brûlé parvint à mon nez. Je me levai donc et me dirigeai vers la place principale de la ville. Il y avait une tradition parmi ces pirates. Ils profitaient des corps de tous les morts pour faire un grand feu de camp au centre de chaque ville attaquée et buvaient jusqu’aux premières lueurs du matin ou jusqu’à leur évanouissement. Cela me dégoûtait au plus profond de moi et je devais retenir ma nausée. L’odeur était insupportable. Le bruit était horrible. J’avais l’impression d’entendre encore les cris.

      En arrivant sur le lieu de débauche, je regardais ces êtres exécrables qui ne méritaient que la mort. Ils avaient tous un grand sourire aux lèvres. Chacun sa bouteille à la main fêtait cette victoire dignement. Quelle victoire ? Il n’y avait pas de gloire à tuer des gens qui ne savaient même pas se défendre. Pourtant, ils étaient là. Sans attendre, je m’enfonçai dans la foule, ne touchant pas à une goutte d’alcool. En restant sobre, j’avais encore une chance de m’enfuir. Chacun était vite devenu ivre comme un porc. Mon père ne faisait pas exception. Il riait comme un monstre et ne se préoccupait pas le moins du monde de moi. Le seul, le pire. Lui était encore debout. Lui avait continué à me fixer. Cette ombre qui me fixait me rendait malade. Heureusement pour moi, quelque chose vint me faire songer à autre chose.

      Un des forbans se planta devant moi et me regarda avec un grand sourire. Il était tout autant saoul que les autres. Mais, lui, était l’un des rares que j’arrivais plus ou moins à supporter. Il faisait tout pour m’amuser et n’était pas aussi cruel que ses compagnons. Pourtant, cela ne suffisait pas à faire de lui une personne bien et, quand j’aurais ma vengeance sur cet équipage, il mourra, comme les autres. Néanmoins, ce jour-là, ce sourire me rassura. Il se mit alors à me parler de tout et de rien, évoquant sa vie passée. Il était l’un des seuls à ne pas se vanter de ses massacres. Il parlait plutôt de son bonheur d’antan. De ses peines d’antan. De ce qu’il était, avant.

      Lorsque le soir arriva, tous les hommes s’étaient écroulés, complètement ivre et ne tenant plus sur leurs jambes. Ils étaient tous profondément endormi et le bruit de leur ronflement attestait bien de cela. Tous sauf un, toujours le même, qui me surveillait. Il s’était soudainement décidé à bouger et s’était posté devant moi, plongeant son regard dans le mien. Il finit par passer sa main sous mon menton, me le caressant doucement, avant de me souffler au visage ces quelques paroles :

      - Je sais bien que tu as envie de partir. Je le vois dans ces yeux qui ne demandent que ça. J’ai aussi voulu m’en aller à une époque…

      Sur ces mots, il passa furtivement derrière moi et m’attrapa par les cheveux, commençant à me tirer avec. Il m’entraina ainsi jusque le port. Je ne cherchai pas à me défendre, sachant que cela serait vain. Sans attendre plus, il me jeta dans le bateau le plus proche tout en me disant :

      - Vas-y, pars. Tu reviendras en suppliant vers nous parce que tu te rendras vite compte de la cruauté de ce monde. Personne ne voudra de toi. Regarde-toi. Tu ferais peur à n’importe qui. Tu seras forcé à vivre dans la solitude et je m’assurerais, une fois que tu seras revenue en rampant, de tuer chaque personne qui aurait été chère à tes yeux durant ta désertion. Pars, et prépares-toi à souffrir, petite sœur…


      Il ne me laissa alors pas le choix et retira la corde qui retenait le petit bateau au port. Ce bâtiment appartenait probablement à une personne désormais décédée. Je ne tentai pas de revenir vers celui que j’appelais mon frère. En vérité, je ne croyais pas un mot de ses paroles. Il ne pouvait que mentir pour tenter de me faire craquer. J’avais décidé, ce jour-là, que je lui prouverais qu’il avait tort et que je reviendrais un jour, mais pas pour venir les supplier, plutôt pour me venger d’eux. La prochaine fois, ce seront leurs corps qui brûleront et moi qui boirait en fêtant leur mort.






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