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 Lorsque l'excitation détrône l'ennuie... [Clos]

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Golden Hana
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MessageSujet: Lorsque l'excitation détrône l'ennuie... [Clos]   Dim 25 Sep - 20:15


La recherche de l'action est bien souvent un chemin long et périlleux.

Le soleil plongeait vers la mer bleue opale. Bientôt, il serait submergé par les flots et ses couleurs arc-en-ciel illumineraient une dernière fois le ciel avant de s'éteindre pour laisser leurs places aux étoiles. Les nuits d'hiver étaient longues, et il était à peine dix-huit heures. Resserrant distraitement une écharpe autour de son cou, la jeune mercenaire balaya l'horizon du regard. Elle s'ennuyait. Certes elle avait beaucoup voyagé dernièrement, mais elle n'avait rien découvert de divertissant, pas même un bon restaurant ou une mission d'un vieil avare arrogant. Il était certain, qu'après l'escapade* longue et dangereuse -mais surtout divertissante- qu'elle avait vécue avec Kazan Junior, il lui serait difficile de trouver quelque chose de plus attrayant. Elle soupira et détacha son regard de l'horizon. Elle se trouvait actuellement sur un bateau de marchandises qui approvisionnait des îles d'East Blue, le navigateur devait sûrement posséder plusieurs Eternals Poses qu'Hana se serait fait un plaisir de voler, autant pour semer la zizanie que pour avoir un avantage. De plus elle pourrait peut-être en tirer un prix fort... Réfléchissant à cette option très alléchante, elle retourna vers la cale. C'était un bateau de moyenne taille, mais rien ne changeait la règle, les matelots dormaient dans une petite pièce aménagée en fond de coque. D'ailleurs elle se demandait quelle était actuellement leur destination... Elle avait beau chercher dans les tréfonds de ses souvenirs, l'information ne lui revenait pas, et elle trouvait cela légèrement embêtant, cette manie d'oublier. Mais alors qu'elle descendait le long de l'échelle des cris parvinrent à ses oreilles, la tirant des abimes de sa mémoire.

« Passe-moi ce journal !
- Ehh ! Pas touche je lis ! »

Apparemment... l'un d'eux avait acheté le journal sur la dernière île. Et ce simple bout de papier s'arrachait maintenant de mains en mains sous un tas d'idiots excités qui se jetaient les uns sur les autres comme ci leur vie en dépendait, le journal semblait être un trésor incroyablement précieux. Hana atteint le bas de l'échelle et parcourut rapidement la cale des yeux. Elle savait que les matelots n'aimaient pas ranger, et que l'ordre n'était pas leur priorité mais à cet instant on aurait difficilement put se croire au fond d'un navire tant des vêtements, livres, cartes et objets en tout genre reposaient un peu partout... ou volaient encore. Même les hamacs en avaient pris pour leur grade, les hommes, maintenant complètement hystériques, passant d'un hamac à l'autre en avaient déchirés certains, d'autre étaient tombés. Seule rescapée de cet immense champ de bataille, la vieille ampoule qui pendait du plafond observait de son œil morne l'excitation que pouvait provoquer un bout de papier. Hana pensa à ce moment qu’elle était très proche de cette ampoule crasseuse et fade. Emportée par un tourbillon de cris, jurons et mouvements extrêmes, elle se sentait totalement étrangère à toute cette agitation. Un oreiller perdu vint heurter sa figure. Hana sentit lentement son calme s'évaporer. D'où sortait cette bande de triple imbéciles ?! Le sac de plume tomba lentement à terre alors qu'elle se retenait de se jeter dans la bataille. Qui avait voulu de l'action ? Elle... Qui en avait ? Elle ! La jeune femme jura de ne plus jamais penser dire qu'elle s'ennuyait. Soudain un cri s'éleva, plus fort que les autres, figeant tous les matelots d'un même ensemble. Un homme, situé au milieu de cet enchevêtrement, s'écria alors :

« SHELL ! »

L'équipage resta pendu à ses lèvres, attendant qu'il attendant qu'il justifie une telle exclamation, et même Hana se surprit à retenir sa respiration. L'homme était devenu tout tremblant, tellement que s'en était risible. Il semblait possédé ou littéralement effrayé.

« La ville de Shell ! C'est notre destination ! »

La jeune femme remercia mentalement le matelot qui venait de faire remonter dans sa mémoire cette information. Le dit matelot avait d'ailleurs pâlit à une vitesse incroyable. Il bégayait et plus personne ne comprenait la situation. Très lentement, un de ses coéquipiers lui sortit le journal des mains et regarda à son tour la page. Il blanchit immédiatement. Sa bouche s'ouvrit en un cercle parfaitement bien dessiné, aucun son n'en sortit cependant et il passa en silence le journal à un troisième matelot, assit à ses côtés. Celui-ci parcourut rapidement le document des yeux, tandis que tout le monde essayait d’apercevoir l'article. S'en suivit une tirade de cheveux, quelques injures et quelques coudes entre les côtes. Quand tout le monde put atteindre une position -plus ou moins inconfortable- qui permettait de voir le journal, il y eut comme une vague de frissons. La jeune femme, demeurée près de l'échelle se demanda qu'est-ce qui pouvait faire taire un équipage aussi apocalyptique. Un mot s'échappa dans le silence.

« Une hydre... »

Enfin deux. Cette seule parole arracha une nouvelle vague de frissons au groupe. Hana, décidément perplexe, s'écarta doucement de l'échelle dans le but de récupérer le journal. Apparemment, la bataille était maintenant passée, et le calme plat était revenu sur l'équipage... Un calme un peu trop calme d'ailleurs. Alors qu'Hana tendait le bras pour s'emparer du précieux papier, le tas d'hommes s'effondra. Ils roulèrent tous sur les côtés et le papier fut emporté dans le mouvement. Les marins semblaient reprendre lentement leurs esprits. Un premier sauta sur ses pieds et s’écria.

« Mais il faut prévenir le Capitaine ! »

Un autre lui répondit.

« Le Capitaine ne renoncerait jamais à son devoir ! »

Ils avaient vraiment l'air désespéré... S’en suivit une panique générale où tous les marins se mirent à courir vers la seule sortie possible, donc, l’échelle. Hana s’écarta vite avant d’être emportée par la foule, arrachant le journal des mains d’un membre de l’équipage, qui dans l’instant, ne s’en rendit pas compte. Elle les laissa se bousculer pour monter à l’échelle, les regardant d’un œil morne. Puis quand ils furent tous partit, non sans bousculades, cris et débordements, elle se pencha sur le journal. L'article prenait toute la page et le titre qui résidait en haut était bien trop pertinent :

« POLO HANDERSON AVALÉ PAR SES AMBITIONS ! »

Et l'article disait...

« En effet, le célèbre dramaturge a vu haut. Dans son dernier scénario, cet homme connu l’apparition de créatures fantastiques voir mythique dans ses films, pensait à faire apparaître une hydre. Oui, une hydre ! Des grands critiques tels que Daniel Hans ou Stefan O'cook avaient émis les plus grands doutes face aux ambitions du scénariste pour son projet : Les 12 monstres d'Herculos. Il est vrai que l'Hydre est un animal sauvage et légendaire. C'est d'ailleurs cette créature qui a mené l'ambitieux à sa perte. Lors du tournage, l'animal est devenu incontrôlable et a mangé l’intégrale de la troupe d'acteurs, des autres créatures exotiques ainsi que l'équipe de tournage allant jusqu'au scénariste lui-même ! Ce sera une grande perte dans l'art cinématographique, mais nous ne pouvons nier qu'Handerson a vu trop gros une fois de trop. [...] L'Hydre, maintenant en liberté sur l'île, en aurait dévasté une partie. Nombreux sont ceux qui voulant l'arrêter, on finit leur vie à l'intérieur des intestins de la bête. Les villageois effrayés se sont rassemblés dans la ville. Les marines eux-mêmes n'ont pas réussit à maîtriser la situation et il y a eut plusieurs blessés car nous savons tous que l'Hydre possède un acide extrêmement puissant. [...] La ville de Shell est plongée dans le chaos ! »

Elle songea qu'elle en avait assez lu. Un sourire noir vint se figer sur ses lèvres alors qu'elle étudiait la situation. Quelle ironie ! Un amateur de fantaisies avalé par sa propre créature mythique. Elle retient un éclat de rire puis posa son regard sur l'unique photo noir et blanc qui accompagnait l'article. Celle-ci, aussi froissée que le journal témoignait de la bataille féroce qui avait eut lieux parmi les membres de l'équipage, mais ce n'était pas tout. Elle représentait une créature, immense, avec trois têtes reptiliennes. Ses gueules ouvertes, d'où un colis de bave pendait, se tendaient vers une pauvre femme qui cherchait à fuir. Entre les deux, quelques marines tentaient vainement d'arrêter la bête. Les sourcils de la mercenaire se froncèrent. Très intéressant... La vague d'ennuis qui l'avait suivie pendant tout ce temps se dissipa instantanément, un sourire étira ses traits. Elle sentait enfin l'excitation la prendre. Enfin quelque chose d'attrayant.

Alors qu'elle s’apprêtait à jeter dans le fouillis autour d'elle le journal qui à présent ne lui servait plus à rien, un nouveau cri l'arrêta. Qu'y avait-il encore ? D'ailleurs en y repensant, elle était étonnée que ses marins soient effrayés par une hydre alors que la mer d'East Blue comptait elle aussi de nombreux monstres. Enfin, elle haussa les épaules. Des bruits de pas se rapprochaient de la trappe. Celle-ci s'ouvrit soudainement, laissant apparaitre plusieurs têtes de matelots.

« C'est lui ! J'en suis sûr, c'est lui !
- J'vous avais dit de ne pas lui faire confiance !
- C'est sûr, il est trop louche ! »

Les marins louchaient vers Hana de façon déconcertante. A leur manière de la regarder on aurait dit qu'elle leur avait fait la plus grande crasse du monde... Ce qui aurait bel et bien put être possible d'ailleurs. Un sourire hypocrite vint se placer sur les lèvres de la jeune femme.

« Vous avez perdu ça, je crois. »

Elle s'avança vers eux en tenant le journal devant elle. Les marins, eux, totalement estomaqués, semblaient hésiter entre se jeter sur elle pour l'étrangler ou se jeter sur elle pour lui reprendre leur bien. Malheureusement pour eux, ils ne purent mettre en place leurs desseins car la trappe était bien trop petite pour laisser passer trois hommes en même temps. Hana se mit au pied de l'échelle et leur lança le morceau de papier que l'un d'eux attrapa. L'air profondément dégouté de n'avoir pu prouver la culpabilité de la jeune femme, les marins se relevèrent. Elle grimpa à son tour à l'échelle et fut surprise de ne trouver personne à son sommet. Que voulaient les matelots ? Montrer la photo à leur Capitaine ? Un sourire revint sur ses lèvres. Elle espérait bien que ce borné de Capitaine ne changerait pas d'avis.



Et le voyage continua. Le Capitaine n'avait apparemment pas changé leur destination car le navire gardait le cap. Comment le savait-elle ? Simple, un regard à l'Eternal Pose du navigateur aurait pu lui suffir pour le savoir, mais ce n'était pas ça qui l'avait mise sur la piste. Les matelots chuchotaient entre eux, effrayés, il parlait de la folie du dirigeant de ce navire. Un courant de peur régnait maintenant sur le bateau. Il était si présent qu'il était impossible de s'y méprendre. Les marins étaient terrorisés à l'idée d'arriver sur une l'île où se promenait une hydre en liberté.

C’est ainsi que quelques jours plus tard ils accostèrent dans la ville de Shell. Hana fut étrangement déçue d’une nouvelle qui sembla soulager tous les autres habitants du bateau. Évidement, le voyage leur avait pris deux ou trois semaines, le journal n’était plus à la date du jour. Entre temps la situation avait évolué sur l’île. Les marines avaient plus ou moins réussit à maîtriser la bête qui était maintenant recluse dans une partie de l’île, où apparemment elle dévorait des troupeaux entiers de mammifères. Après avoir déchargé du bateau les marchandises, Hana déclara au Capitaine du navire marchand qu'elle s'arrêterait là. Elle le remercia pour l'avoir prise à bord. Tout les matelots furent encore plus soulagés de voir cette étrange personne quitter leur navire. Plus tard dans la journée, après avoir parcourut la ville de long en large à la recherche d'informations, la jeune femme décida qu'il était temps d'aller jeter un petit coup d’œil à la bête.

Elle prit le chemin de pavés blancs qui montait jusqu'au nord de la ville. Les habitants avaient beau la regarder comme un folle à lier, la jeune femme se sentait de plus en plus excitée. Ce défi serait un magnifique divertissement. En traversant une forêt dévastée, au détour d'un chemin, elle fut face à l'Hydre. La jeune femme fut étonnamment surprise, elle ne l'avait ni vu, ni entendu arrivée. Et pourtant la taille de la créature était imposante. Aussi grande que les arbres qui avaient vécus là autrefois, ses longs coups reptiliens la rendaient effrayante. Un animal à trois têtes ?! Quoi de plus étrange, anormal et dangereux, cela aurait eut de quoi en faire reculer beaucoup. La mercenaire comprit à ce moment-là pourquoi Handerson avait songé à l'avoir dans son film. Hana avisa aussi la queue qui se balançait dangereusement derrière la créature. Donc c'était cette queue là qui faisait le balancier et empêchait la créature de tomber en avant sous le poids conjugué de ses trois têtes. Jugeant plus prudent de dégainer immédiatement, la jeune femme passa rapidement ses bras derrière son dos et tira ses lames. L'Hydre semblait très concentrée dans la dégustation d'un petit troupeau de vaches acculées au pied d'une falaise, seulement, il ne fallait pas oublier que celle-ci possédait trois têtes. D'ailleurs, Hana se demanda d'où sortait cette falaise car jusqu'ici le terrain était plutôt plat puis elle haussa les épaules. Le bruit que firent les lames en quittant leurs étuis en cuir réussit apparemment à attirer l'attention de la créature sur elle, à moins que ce ne soit la vache qui essayait de s'enfuir en courant dans sa direction. Toujours est-il que soudainement, deux têtes de l'hydre se tournèrent vers elle, bavant avidement. Lorsqu'elle la vit, les cous se tendirent dans sa direction et Hana ne dû qu'à un prodigieux réflexe de ne pas se faire mordre par les dents acérées qui crochetèrent un rocher à sa place. Son sang ne fit qu'un tour lorsqu'elle s’aperçut que la pierre fondait ! Une phrase ressurgit alors rapidement dans son esprit.

« ... nous savons tous que l'Hydre possède un acide extrêmement puissant. »

Ha... Oui, elle avait oublié que tout le monde savait ce genre de choses ! Elle fronça les sourcils, sauta sur un arbre qui par chance était resté là. La montée de branches en branches fut assez simple car celles-ci allaient presque jusqu'à terre. L'Hydre repassa à l'attaque. Hana sauta. Ses dagues décrivirent un demi-cercle parfait qui alla trancher la première tête du reptile. La jeune femme se reçut souplement sur ses pieds, se posant sur le dos de la bête, mais celle-ci ne possédaient apparemment pas cette gène qui avait lieu chez les humains, et ses deux têtes restantes tournèrent à plus de quatre-vingt dix degrés. La réaction de la jeune femme fut instantanée, en deux mouvements elle trancha les deux têtes qui essayaient de la mordre -ou de l'avaler. La créature s’effondra. L'assassin fut surprise. Cela avait été si facile... Pour une bête que les marines n'avaient pas réussit à maîtriser, cela paraissait même trop simple. Voyant la créature maintenant décapitée, elle essuya ses lames dans le feuillage de l'arbre et prit le chemin du retour.

Un bruit de pas lourd et rapide suivit d'un long rugissement la fit sursauter. Elle se retourna d'un bond. Face à elle, l'hydre se relevait, et elle avait de nouveau ses têtes... Pire ! Elle en avait le double ! Miss D. Golden écarquilla les yeux face à l'étrangeté de la bête. Était-elle soudainement devenue myope ?! Est-ce qu'elle avait abusé sur la consommation d'alcool dernièrement ?! La jeune femme secoua la tête furieusement. Cette action, ô combien stupide, faillit lui couter la vie. En effet, l'Hydre furieuse elle aussi, s'était jetée sur elle. Sa queue faisait des grands mouvements derrière son dos et arrachait au passage les derniers arbres de la forêt. La mercenaire se mit à courir. Comment cela était-il possible ?! Alors qu'elle fuyait les gueules béantes de la créature, la jeune femme débordée par le nombre de têtes et leurs attaques incessantes commençait à comprendre l'avantage stratégique incroyable de l'Hydre. Au passage elle coupa encore deux têtes et là... stupéfaction ! Quatre têtes repoussèrent ! Le souffle de la mercenaire s'arrêta une fraction de seconde. Par quel miracle... ?!

Courant de plus belle, elle se demanda qu'est-ce qui pouvait bien arrêter une telle machine à tuer -ou à avaler dans le cas présent. Les troncs d'arbre la ralentissaient et peu à peu elle perdait du terrain. Bien que la créature, étant alourdie par ses nombreuses et nouvelles têtes qui engendraient plus de poids, avait du mal à suivre. Ses muscles mal développés par rapport à son nouveau corps peinaient. Malheureusement, elle avait encore assez de vigueur pour rattraper la mercenaire et d'un seul coup, une tête se tendit, lui frôlant le bras droit de près. La jeune femme contra in extrémis avec sa dague mais celle-ci fondit instantanément. La jeune femme se sentit soudain désemparée, désarmée, faible face à l'Hydre. Se reprenant de justesse, elle roula sur le côté pour éviter une salve d'attaques.

Soudain un flash lui traversa l'esprit. Comme une illumination dans cette situation désavantageuse. Hana se jeta sur une branche cassée à côté d'elle, déchira vivement son T-shirt et l'enroula autour de celle-ci. Elle sortit ensuite rapidement une petite bouteille de sa sacoche, une bouteille d'eau de vie, dont elle versa une partie sue la torche improvisée. Elle sauta de nouveau pour éviter une attaque. Son bras droit la brulait, l'acide avait fait fondre une partie de chair. Alors que la bête se préparait à une nouvelle slave d'attaques, la jeune femme enflamma le tout avec une allumette. La combustion se fit immédiatement en une grande et longue flamme. Sachant que son petit stratagème ne durerait pas très longtemps, elle prit la dernière dague et courut avec l'Hydre. Son arme trancha une tête. Priant pour que cela marche, la jeune femme posa instantanément la torche improvisée sur la plaie béante qui s'était ouverte à la base du cou de l'hydre. Celle-ci hurla. La douleur sembla la paralyser un instant puis il y eut un grand mouvement des têtes vers la jeune femme, celle-ci sauta de nouveau. Elle réussit à se mettre hors d'atteinte et observa l'hydre...

Les têtes ne repoussaient pas ! Elles ne se doublaient pas ! Hana sentit alors un certain sentiment de soulagement l'envahir. Il y avait bel et bien quelque chose que craignait la bête... Mais un petit coup d’œil vers son flambeau lui suffit pour se rendre compte que si elle voulait agir, il le faudrait vite ! Le petit labs de temps que lui avait fournit l'hydre en se tortillant sur elle-même comme ci cela l'aiderait à évacuer la douleur lui avait permis de soulager les battements de son cœur et de reprendre lentement son souffle. Elle se jeta de nouveau dans la bataille. Son sabre coupa, une, deux, trois têtes, tout de suite suivie de sa torche de fortune qui cautérisait la plaie. Ainsi, il ne resta soudain à l'hydre que cinq têtes, et à Hana aucun moyen de défense à part une dague et trois couteaux -couteaux qui ne lui servirait à rien dans cette situation. Le bras droit pendant le long du corps, elle jeta la torche sur le côté et fit quelques sauts pour se mettre hors d'atteinte. L'hydre semblait avoir reprit ses esprits et elle était plus furieuse que jamais ! Le regard d'Hana tomba alors sur la queue de l'hydre qui servait toujours de balancier. Un petit sourire se dessina sur ses lèvres.

« Ma belle, j'ai trouvé ton point faible... »

Alors elle courut vers l'hydre, trancha une de ses têtes et, profitant du hurlement de douleur de celle-ci, se faufila entre ses pattes. Elle se demanda pourquoi elle n'y avait pas penser plus tôt. Évitant un coup de griffe bien placé, elle fit un magnifique saut périlleux avant pour atterrir juste en dessous de la base de la queue.

« Ça m'a l'air d'être un gros morceau mais... »

Sans prendre le temps de finir sa phrase elle plia les jambes, saisit son arme à deux mains et tendit d'un coup tout les muscles de son corps. La lame percuta les écailles de la queue, elle est écrasa, réussit à se faufiler entre... La bête fit un bon ! Malheureusement, ou heureusement, l'arme coincée dans les écailles ne céda pas. La créature se mit alors à devenir folle, sautant dans tout les sens, dans l'espoir de faire lâcher prise à son agresseur. Et l'agresseur teint bon. Alors que l'Hydre s'arrêtait un instant, essoufflée, Hana retira vivement sa lame de la plaie et frappa de nouveau. L'Hydre bondit et cette fois, Hana elle ne bougea pas. De nouveau à découvert, face à six têtes, la jeune femme pria pour que la créature n'aie pas beaucoup de jugeote et trancha une nouvelle tête, utilisant la même ruse pour atteindre la queue. Apparemment, la bestiole ne possédait pas une intelligence rare, mais elle fut plus rapide à réagir que la fois précédente. Néanmoins, Hana était arrivée en dessous de la plaie. Elle eut tout juste le temps de frapper, de toutes ses forces.

... La queue tomba. L'Hydre bascula en avant. La jeune femme s'effondra.
Certes, elle avait dans la bataille perdu son eau de vie, sa chemise et une de ses dagues, mais elle avait gagné. Cela avait été un bel affrontement. Allongée face contre terre, elle peina à retrouver son souffle. Elle tourna la tête et resta ainsi plusieurs minutes, observant l'Hydre qui suffoquait, se battait pour retrouver l'équilibre et éloigner la douleur. Lorsqu'elle put enfin se redresser, Hana rampa jusqu'à une branche, elle arracha le bout de chemise qui était resté coincé dans sa ceinture, l'enroula autour du bout de bois, vida le reste de son eau de vie et appliqua la flamme sur sa plaie.

Hurlement de douleur.

Une fois la plaie cautérisée, elle se releva. Elle avait pitié de son adversaire qui l'avait quand même salement amochée. Elle souffla...

« Désolée, mais ça va faire mal. »

Et elle appliqua sur la plaie béante de la queue, l'extrémité de la torche.

Rugissement de douleur.

Elle lâcha le bout de bois, où ce qui en restait et marcha péniblement là où été tombé sa dernière dague. En ramassant la dague, et l'essuyant sur son pantalon, elle décida qu'il était tant de changer d'armement et de vêtements... Ainsi que de racheter de l'eau de vie.





Hors quête. Bonus pour le fun.

Hana grimaçait. Chacun de ses mouvements lui faisait mal. Elle était crispée par la douleur et n'arrivait pas à se détendre. Alors qu'elle se penchait pour récupérer sa bouteille d'alcool, maintenant totalement vide, ses jambes tremblantes ne purent supporter son poids et elle s’effondra de nouveau. La jeune femme grommela un juron. Elle tenta de se retourner pour pouvoir regarder le ciel bleu et reprendre lentement des forces, mais rien n'y fit. Les bras étendus le long du corps, le visage tourné sur la droite, la seule vue qui s'offrait à elle était un tronc déchiqueté. Peu plaisante vision. Ses paupières se firent de plus en plus lourdes. Elle sentait doucement le chant du sommeil se répandre en elle, prendre son âme et l’emmener ailleurs. Elle était faible... Il fallait qu'elle mange. Seulement il était trop tard. Son esprit était déjà partit.

Golden D. Hana sombra dans l’inconscience.

Lorsqu'elle sortit de ce monde sans rêves, elle mit un certain temps à reprendre ses esprits. D'après ce qu'elle sentait, elle était maintenant allongée sur le dos. Des voix bourdonnaient à ses oreilles. Des personnes semblaient en pleine conversation. Elle ouvrit doucement les paupières et ses yeux tombèrent sur deux silhouettes assises à ses côtés. Elles disaient...

« On ne peut pas la recueillir c'est trop dangereux...
- Tu as vu ce qu'elle a fait de l'Hydre ?! Elle a réussit à l'arrêter !
- C'est vrai et j'en suis reconnaissant, mais si la marine apprend que nous avons aidé un étranger...
- Les étrangers ne sont pas tous des gens louches ! Regarde cette pauvre femme tu vois bien qu'elle souffre ! »

Il y eut un silence, les yeux semblèrent se tourner vers elle.

« Ha ! Vous êtes réveillée ? »

Le regard encore trouble de la jeune mercenaire se posa sur la femme qui se penchait vers elle, puis ils dérivèrent vers l'homme assit un peu en recul. Celui-ci renifla de façon dédaigneuse et soupira.

« T'as vu un peu toutes les cicatrices qu'elle a ? C'est sûrement pas une sainte si tu veux mon avis ! »

La femme lui lança un regard noir puis se pencha de nouveau vers Hana.

« Puis-je vous aider ? »

Hana aurait voulu refuser catégoriquement son aide, comme elle le faisait toujours, mais la seule parole qui réussit à franchir ses lèvres sèches ne fut qu'un misérable souffle.

« De... uhhh... l'eau... »

La femme se pencha vers elle, attrapa quelque chose et lui offrit de l'eau. Elle aida Hana à se redresser pour boire. Celle-ci se laissa faire et avala goulument ce qu'elle lui tendait. Elle sentit de nouveau la vie couler en elle. Lentement elle se sentait mieux. D'ailleurs fait étonnant, son bras ne la brulait plus. Elle essaya de l’apercevoir. Apparemment on lui avait appliqué de l’onguent. Elle soupira. La femme la rallongea. Son regard tomba sur le ciel. Il était toujours aussi grand et magnifique, mais il semblait s'être un peu assombrit. Apparemment le soir tombait sur la ville de Shell. La jeune femme se redressa doucement. Son regard se posa de nouveau sur son bras. Ils avaient bel et bien appliqué de l’onguent. Elle sourit au couple. La femme lui rendit et l'homme sursauta.

« Ne vous inquiétez pas, vous pouvez me laisser là. »

Son interlocutrice voulut protester mais Hana ne lui en laissa pas le temps.

« Mais je veux bien que vous me donniez un peu d'onguent. Je n'en ai pas avec moi et je ne pense pas aller en ville dans cette tenue... »

Elle désigna d'un vague mouvement l'ensemble de son corps. En effet, elle ne devait pas offrir un portrait des plus engageants. Elle n'avait plus de chemise, les bandages qui compressaient habituellement sa poitrine commençaient à se défaire, son pantalon était couvert de sang et ses cheveux étaient plus sales et emmêlés que jamais, on aurait pu croire qu'ils avaient eux-mêmes participé à la bataille. Sans parler les cernes qu'elle devait alors et de son bras qui se trouvait tout de même dans un sale état. Elle soupira. Mais ce qui l’empêchait réellement d'aller en ville en attirant autant l'attention était qu'où elle soit, elle restait un assassin, et s'il y avait dans l'assemblée ne serait-ce qu'une personne qui la reconnaissait elle ne pourrait pas tenir face aux marines. Un sourire ironique vint se placer sur ses lèvres. L'ironie était telle qu'elle salissait les initiales de ses frères et sœurs pour se faire un nom dans l'assassinat.

Reprenant conscience de la situation, Hana chercha des yeux sa sacoche et sa dernière dague. La femme lui tendit de l'onguent, sans un mot. Hana les attrapa et se releva. Sa tête lui tourna un peu lorsqu'elle fut debout, puis cela passa. Elle remercia sa guérisseuse et s'approcha de nouveau de l'hydre. Celle-ci toujours en vie semblait avoir abandonné l'idée de se redresser et cherchait maintenant à attraper avec une de ses têtes une vache qui lui tournait autours comme ci elle avait voulu la narguer. La créature lui faisait presque pitié. La mercenaire vint s'accroupir devant une de ses têtes qui s'étirait au maximum pour la mordre.

« Non mais... Regarde-toi un peu. »

Elle soupira, tira sa dague, puis en abattit de toutes ses forces le plat de la lame sur le dessus du crâne de l'hydre.

« T'aimerais pas sombrer dans l'inconscience deux minutes ? »

Les autres têtes de la créature se tournèrent vers elle, essayant de lui attraper une jambe, un bras. Quelque part elle savait qu'elle aurait aimé la soulager. La jeune femme leva de nouveau sa dague, puis elle se résigna. Elle sortit de sa sacoche sa boite d'allumettes, en tira une et l'alluma. Apparemment cela eut l'effet escompté car la bête sembla vouloir se rétracter.

« Tu permets, je t'emprunte quelque chose. »

Elle se releva et se dirigea vers une tête tombée un peu plus loin, malheureusement pas assez loin de la bête pour l’empêcher de la mordre, seulement, la flamme de l'allumette semblait la tenir en retrait. Traumatisme ? Elle s'agenouilla devant la carcasse, planta sur le sol l'allumette, et tira de sa sacoche une petite fiole de verre. Précautionneusement, elle remplit d'acide la fiole, puis elle reprit l'allumette et brula le verre pour être certaine qu'elle ne mettrait pas ses doigts sur de l'acide. Son regard se posa sur son bras, toujours recouvert par de l'onguent et un bandage. Elle haussa les épaules et rangea la fiole dans son sac. Elle se redressa, s'éloigna de la bête et jeta l'allumette. Elle avait récupérer de l'acide plutôt frais, c'était une aubaine. Elle se demanda si elle pourrait la vendre. Quoique, cela pouvait toujours être pratique pour un assassinat... Hm, non, trop douloureux. Trop sadique. Elle soupira et balaya l'endroit du regard. Le couple était partit, et il n'allait certainement pas mettre longtemps pour informer toute la ville que l'hydre était hors d'état de nuire si l'on se tenait à une certaine distance de celle-ci. Hana devait quitter l'endroit au plus vite. Elle reprit le chemin vers le nord, le suivant toujours dans la même direction. Pendant qu'elle avançait vers la sortie de la forêt qui n'en était plus une, elle défit les bandages de sa poitrine. Elle soupira puis fouilla dans son sac, elle devait bien avoir une autre chemise ou une cape quelque part là dedans. En effet quelques pas plus tard elle en tira une cape qu'elle se passa sur les épaules.

Elle arrivait à cet instant au bord d'une falaise qui donnait sur la mer. Elle sourit à s'assit en tailleur devant l'étendue bleue. Le soleil se couchait une fois de plus. Elle frissonna sous le vent et rabattit sa capuche sur ses cheveux toujours aussi sales et emmêlés. Seul l'océan dans toute son immensité réussissait à soulager son cœur.

Son âme s'envola jouer avec les vagues puis rejoindre les étoiles...






Hors quête 2. Acquisition d'une nouvelle technique.

Après cet incident, Hana décida de rester un peu sur cette île. Elle pouvait se cacher dans les quelques arbres qui restaient, une petite partie, apparemment épargnée, de la forêt. Il y avait plusieurs raisons au fait qu'elle souhaite se poser quelques temps. En général elle aimait les grandes villes qui l'aidait à passer inaperçue, mais elle était sur une île où les bateaux de passage n'étaient guère autre chose que des marines. Oui, elle avait passé plusieurs jours sur la falaise à en regarder les allées venues. Ainsi elle doutait fort que des garants de la sécurité mondiale veuillent la prendre sur leur bateau. La deuxième raison résidait au couple qui l'avait trouvée. Ils avaient répandu comme elle l'avait prévue la nouvelle de l'hydre. Il était clair qu'aucune personne du coin n'avait pu vaincre l'hydre sinon cela aurait été fait plus tôt et que les marines avaient vu la victoire leur passer sous le nez. Ils s'étaient bien sûr très certainement chargés du sort de la bête néanmoins personne ne devait leur attribuer la victoire. Donc si une personne sortie de nulle part, qui, avant que la créature soit vaincue, avait très peu discrètement demandé des informations, réapparaissait il était sûr que cela serait plus que louche. Ainsi elle voulait se faire discrète. La dernière raison, la plus justifiée et justifiable, était due à sa prise de conscience. Elle était faible. Oui, elle n'avait battue l'hydre que par une chance infinie. Elle n'était pas assez rapide, pas assez méfiante, pas assez forte. Elle avait trop rapidement baissé sa garde... La jeune femme fronça une fois de plus les sourcils. Son bras était maintenant partiellement guéri, disons qu'elle ne risquait plus qu'une affreuse cicatrice et beaucoup de mal à retrouver son agilité. Elle n'avait pas le droit de se faire rattraper*² !

Golden D. Hana se leva.

Il était tant de faire face à cette faiblesse, de la combattre et de l’éradiquer. Décidée, elle défit la sangle qui retenait sa dague dans son dos et la replaça à sa ceinture. Lentement elle se plaça face au tronc d'arbre qui lui barrait la route, il était aussi large que l'avait été la queue de l'hydre. Elle fronça de nouveau les sourcils, plaça un pied en avant. Son dague fila, sortant à toute vitesse de son étui de cuir. Elle s'enfonça dans le bois en un bruit sonore. Le bras de la jeune femme trembla sous le choc, puis elle tira si fort sur son arme pour en sortir la lame du tronc qu'elle en tomba à terre. Elle se releva en soupirant puis réitéra l'expérience...

Dès lors des bruits similaires résonnèrent dans la plaine dévastée... Longtemps, souvent. Le soleil déclinait à l'horizon. Bientôt il irait rejoindre les poissons et les monstres marins dans les abîmes de la mer. Parfois un bateau marine passait au large, et le phare de la baie s'alluma. Eclairant de son unique oeil la mer est ses environs. Le soir vint, la nuit devint. Les oiseaux se turent, les bateaux rentrèrent au port, les villageois s'endormirent en paix. Le seul et unique bruit résonnant dans le noir au nord de l'île, un son mat, continuait à se délivrer aux pierres sombres, au bois mort, à l'herbe ravagée de la cuvette. La lune sortit de sous les étoiles pour venir éclairer le pays endormi. Alors les créatures nocturnes se réveillèrent. Les hiboux hululèrent, les chauves-souris chassèrent, les mulots fuirent.

Et Hana demeura.

Lorsque la nuit s'enfuit, lorsque les étoiles disparurent et que la lune se cacha du soleil. Alors que la vie recommença au sud de l'île, que les navires reprirent la mer, le son continua. Debout face au tronc maintenant en mauvais état, Hana continuait à dégainer aussi vite que possible. La lame traversait maintenant un tiers de l'épais tronc. Essoufflée, elle se déplaçait à chaque fois d'un centimètre pour ne jamais frapper au même endroit. Le temps continua à filer. Le soleil décrit un demi-cercle parfait. Le jour sombra de nouveau. Les halètements de la jeune femme restèrent seuls compagnons des trucs mats de la dague.

Certes, si Hana s'épuisait, l'arme, elle, souffrait. Le manche commençait à se défaire sous les coups répétés. D'ailleurs les doigts moites de la jeune femme glissait. Elle avait mal elle aussi, ses muscles la tiraillaient. Elle sentait sa blessure se tendre un peu plus sous chaque mouvement. Sa tête lui tourner, mais elle était concentrée. Rien ne l'arrêterait tant qu'elle n'aurait pas tranché ce fichu tronc en un coup.

Alors la lumière vint de nouveau. L'éclat du soleil éblouit Hana, ce jour-là, l'immensité du ciel était dépourvu de nuage. Mais elle ne s'arrêta pas pour autant. La gorge sèche elle attrapa seulement sa gourde pour se désaltérer, mais cela ne suffit pas, il lui semblait qu'elle aurait pu engloutir la mer entière. Elle fronça les sourcils. Pas question d'abandonner...

Ses jambes se remirent instinctivement en position. La lame fusa. Elle traversa le tronc. Le bras de la jeune femme trembla... La lame passa, ressortit du tronc et emporta Hana dans sa course. Lorsqu'elle reprit son équilibre un sourire se dessina sur ses lèvres gercées. La lame revint dans son étuis. Ses pieds reprirent leur position. Un éclair illumina le tronc.

« Inazuma ! »

La seconde moitié du tronc roula vers le fond de la cuvette, écrasant herbe naissante et branches mortes.




___________________________________________________________________________________________________________
Note:
* Golden D. Hana est censée être partie en temps que garde du corps de Kazan Junior à la recherche du bois d'Adam, avec lui et son organisation Outlaws.

*² (Cf. Histoire) Golden D. Hana est recherchée par son ancien maître et ses disciples pour traitrise à leur idéal et fuite.
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Golden Hana
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MessageSujet: Re: Lorsque l'excitation détrône l'ennuie... [Clos]   Sam 4 Fév - 18:36



La jeune femme regardait fixement sa lame. Allongée dans l'herbe, elle tenait devant elle l'unique arme de corps à corps qui lui restait. Il lui semblait urgent d'en acheter une nouvelle et/ou d'aller piquer le sabre de quelqu'un. Elle soupira. Lentement elle se releva, sortant un couteau d'un même mouvement, qu'elle envoya droit dans le tronc d'arbre cinquante mètres plus loin. Un sourire étira ses lèvres. Il restait certain que sa perfection résidait et restait dans le lancer.

Puis son sourire disparut. Elle se leva, marcha vers l'arbre et décrocha le couteau de son tronc. Il lui restait néanmoins un problème et pas des moindres. Elle n'avait jamais compris les utilisateurs des fruits du démon, sillonner la mer avec un handicap si gros. Mais maintenant, elle n'avait plus le choix, face à la fatalité. Elle était elle-même devenue une utilisatrice d'un fruit du démon. D'après ses propriétés, elle avait pu en déduire qu'il s'agissait du Gura Gura no Mi. Quelle boulette, manger ce fruit... Elle soupira bruyamment. Inutile de s'apitoyer plus sur son sort, même si bien évidemment, il lui causerait bien des soucis. Il pourrait certainement la rendre plus forte d'une certaine manière. Elle s'assit calmement au pied de l'arbre, croisant les jambes et fermant les yeux. Comment devait-elle utiliser un tel fruit ? Faire preuve d'imagination... De l'imagination, elle n'en manquait pas.

Elle effleura délicatement le sol du bout de son doigt, se concentrant pour m'émettre qu'un petit tremblement, mais d'un seul coup, tout se mit à trembler. L'arbre contre lequel elle était adossée se déracina. Hana se trouva déséquilibrée et se prit une branche dans la figure.

« Outch! »

Elle se redressa. Loin d'être une aubaine, ce pouvoir était carrément incontrôlable ! Elle risquait de faire des morts innocentes avec un truc pareil... Elle se retourna lentement. Devant ses yeux, ce qui avait subsisté au passage de l'Hydre était maintenant à terre. Elle venait d'achever la forêt. La jeune femme grimaça. Elle allait finir par se tuer elle-même avec un pareil pouvoir ! C'était beaucoup trop puissant pour elle, elle n'avait jamais voulu un tel pouvoir. Elle en aurait presque chialé. Impossible de se défaire d'un truc pareil. Mourir ? Jamais !


Non loin de là, une petite bête du même marron terreux que le sol sur lequel il marchait se faufilait hors des branchages d'un pauvre chêne. Elle se retourna, apeurée, lançant un regard vers le tronc qui venait de s'effondrer sur son prédateur. Un superbe aigle royale gisait, se vidant de son sang, les os fracturés sous l'arbre massif. La petite bête sauta de joie. Libérée des serres aiguisées de son ennemi. Elle passa de marron terreux à vert pomme, puis rouge sang et jaune flashy pour finalement prendre la teinte bleue des mers chaudes de corail. Après une espèce de danse de la joie bien méritée, elle se tourna vers la jeune femme allongée un peu plus loin qui semblait perdue dans ses pensées. Avec prudence, elle s'approcha d'elle. C'était une humaine et aux rides qui déformaient la peau de son front, elle avait l'air tout sauf sereine. Doucement, avec méfiance, elle avança la patte et toucha du bout de ses griffes l'oreille de son sauveur.

Le dite sauveur sursauta. Elle se mit en garde d’un mouvement si rapide que l’on entendit à peine le son de la dague sur son étui de cuir. Elle regarda à ses pieds. Un caméléon s’y trouvait, il s’était replié sur lui-même, prenant immédiatement la teinte grise de la pierre sur laquelle il se trouvait. Hana ne bougea pas, interdite.

L’humain semblait s’être prostré. Le petit caméléon ignorait s’il devait se sentir menacé ou pas. Apparemment la jeune femme l’avait vu. Lentement, il se détendit, tentant un mouvement vers elle.

Hana rangea rapidement sa dague, soufflant.

« C’est quoi ce truc encore… » grogna-t-elle.

Alors, le caméléon se redressa sur ses quatre pattes et s'avança doucement vers les pieds de la jeune femme. Celle-ci se laissa tomber à terre avec un rugissement très peu féminin qui effraya un peu la pauvre bête, mais, bien qu'apeurée, elle ne renonça pas pour autant. En dépit de pouvoir toucher la jeune femme il s'approcha de son sac pour s'y réfugier. Hana le suivait des yeux, fronçant les sourcils en se demandant ce que comptait faire cette bestiole qui venait la déranger dans ses réflexions. Lorsque le caméléon entra dans son sac, la mercenaire se redressa en soupirant. Elle l'ouvrit en grand et se pencha dessus.

A l'intérieur, l'étrange reptile s'était roulé en boule, comme ci il avait froid, ou qu'il était très fatigué... ou qu'il voulait simplement l'amadouer, ce qui marcha on ne peut mieux, car la brune se remit sur ses pieds, se disant qu'elle allait pour le moment le laisser tranquille. Et le caméléon avec la descente d'adrénaline qu'il avait eut après que son prédateur fut terrassé, fini véritablement par s'endormir. Seulement, son sommeil ne dura pas longtemps, car Hana avait recommencé à s'entraîner, essayant de produire l'onde la plus faible possible. Ce n'était malheureusement pas un grand succès et à vrai dire c'était même un désastre. C'est quand elle se retrouva ventre à terre, retenant son sac pour ne pas qu'il chute dans une fosse qu'elle avait créée par inadvertance qu'elle envisagea de cesser ses pitreries. Ces ondes étaient tellement puissantes qu'elle aurait pu couper l'île en deux d'un puissant coup de pied. Cette constatation la fit frissonner de la tête aux pieds. Elle sauta sur ces derniers et se mit à courir vers un endroit moins dévasté.

« Quelle calamité ! »

Oubliant totalement le petit animal qu'abritait son sac, elle le passa dans son dos et ralentit l'allure pour faire le tour de l'île.

Si elle avait su...





... De nouveau allongée dans l'herbe fraîche sur une falaise face à la mer, Hana regardait les nuages se mouvoir en silence sur la voûte céleste. Portés par le vent, ils se formaient, se défaisaient, bougeait, changeaient sans cesse, dans une continuité infinie. Son bras se tendit seul au-dessus d'elle dans un geste vain de saisir un morceau de nuage blanc velouté, puis, lentement, elle baissa la main et la ramena à ses côtés. Le souffle chaud du sud lui caressait le visage. Elle respirait l'air salé de la mer avec une certaine dépendance. Doucement elle se redressa pour observer d'éventuels navires portés par les vagues. Un sourire crispé vint s'accrocher aux lèvres de la femme. L'immensité du ciel et de la mer... une promesse proscrite d'une liberté fanatisée.

Elle soupira en se laissant de nouveau tomber sur l'herbe molle.
Trop de choses s'étaient passées dans sa vie dernièrement, beaucoup trop de choses. Elles avaient brisé sa routine et éloigné ses habitudes. A commencer par cet homme... Raphaël. Un homme étrange, un schichibukai de renom et un impitoyable pirate. Elle ne pouvait pas croire que parmi tous les hommes de la terre se fut à un qu'elle ne pouvait éliminer qu'elle avait révélé sa nature de femme. Elle soupira de nouveau.

...Tu devrais oublier les faiblesses illusoires de ton sexe, tu as le pouvoir d'atteindre le but que tu t'es fixé, je le sais. Maintenant à toi de choisir si tu souhaites y arriver en restant caché derrière un homme qui n'existera jamais, ou en affirmant une fois pour toute qui tu es...

La femme un sexe faible... Cette phrase la dérangeait, elle la dérangeait plus que de raison. Le fait d'être un homme était pour elle un refuge qui lui apportait crédibilité et pouvoir. C'était faux ? Mais en tant que femme dans son milieu, elle aurait dû affronter tellement de regards désagréables et de remarques déplacées. Non, c'était mieux ainsi. Ce n'était pas elle qui commettait ses meurtres, ce n'était pas elle qui protégeait les truands et les aidait leurs règnes et leurs méfaits. Elle vivait en un personnage qui n'existait que pour les autres. Elle se cachait derrière un masque qui lui permettait de ne pas affronter le monde. Elle était déjà morte en restant vivante. Elle était morte avec ses frères, sa sœur, ses parents dans cette petite maison un soir d'hiver. La femme en elle n'existait que par l'homme qu'elle était devenue.



Car elle était l'homme et la femme en une même personne.
Set et Hana en un seul corps.

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Lorsque l'excitation détrône l'ennuie... [Clos]

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